Les civils du Valenciennois dans la Grande Guerre 1914-1918

17 mai 2013

CANONNE, COTTEAU & HERBAUX

 

affiche
René Delame : "Valenciennes Occupation allemande 1914-1918. Faits de guerre et souvenirs" Hollande & Fils ed. 1933

  • Le Mardi 16 octobre 1917 fut pour nous une jounée de deuil, car la ville recevait de la Commandanture l'avis suivant:
    " Les trois civils dénommés ci-dessous, fusillés ce matin, à 7 heures, suivant la loi martiale, ont été enterrés au cimetière civil de St-Roch.
    " Les numéros des tombes sont les suivants:
    Canonne Alfred, tombe 360;
    Cotteau Edouard, tombe 361;
    Herbaux Victor, tombe 362. "
    Les murs de la ville furent immédiatement recouverts d'affiches rouges destinées à impressionner la population, en annonçant l'exécution de ces trois braves Français, morts pour la Patrie.

    Nous n'eûmes à leur sujet que de très vagues renseignements deux de ces prisonniers étaient domiciliés à Honnechy, le troisième seulement habitait Valenciennes. Cannone et Cotteau ayant trouvé un pigeon voyageur porteur d'un message questionnaire, étaient accusés d 'y avoir répondu.
    Herbaux aurait été déposé, paraît-il, en territoire occupé, par un aéroplane, pour y accomplir un service de renseignements. Je rencontrai l'employé des pompes funèbres Dautel, qui, ayant assisté à l'exécution me dit que les condamnés étaient arrivés à sept heures du matin en camion automobile au champ de tir. Une corde avait été tendue le long de la butte, devant laquelle ils furent alignés à deux mètres les uns des autres, le dos tourné au peloton qui devait les fusiller.
    Ils se rendirent à leur place très courageusement, les yeux non bandés et sans être ligotés.
    Tous trois après la salve, tombèrent à la renverse, puis leurs cadavres furent déposés dans des cercueils et conduits par Dautel au cimetière Saint-Roch, pour y être inhumés.
    On ne saura jamais rendre suffisamment hommage à ces braves Français qui tombèrent victimes de leur patriotisme.
    A cette époque, les prisons regorgeaient de monde, et les Allemands durent préparer d'autres locaux. A la prison de St.Jean, où je devais être enfermé le mois suivant, se trouvaient un colonel et une douzaine d'officiers qui avaient tenté de s'évader, c'est pourquoi les patrouilles circulaient jour et nuit, et arrêtaient les passants pour leur demander leurs papiers. La Commandanture voyait partout des espions.
    C'est ainsi qu'au cimetière Saint-Roch ils arrêtèrent un pauvre évadé, qui, depuis deux mois y était caché, des personnes charitables allaient lui porter à manger.

  • Les actes de décès des 3 hommes figurent dans ler egistre des décès de la Ville de Valenciennes de 1917, en ligne sur le site des Archives départementales du Nord, Cote 3E 5783 actes N°s 1117, 1118, 1119 pages 278 & 279.
    Ils portent la même mention :
    "Décédé au lieu-dit le Rôleur, Canton Est. Dressé le 23/10/1917 sur l'ordre de la Commandanture.
     Signé: Sellschopp, Lieutenant et Adjudant.
    "
  • Rien à la lecture de ces actes ne laisse deviner qu'il s'agit d'une exécution. ICependant, ils donnent ou confirment les renseignements suivants :

HERBAUX Victor Edmond

  • Meunier, né à Lille le 07/01/1882, domicilié à Valenciennes, faubourg de Paris, Chemin Latéral, Canton Nord, époux de Maxelende Morchin, il est fusillé à Valenciennes le 16 octobre  1917.
    Déclaré "Mort pour la France".
  • "A été fusillé pour avoir atteri par moyen d'un ballon libre derrière nos lignes, dans l'intention de faire de l'espionnage."
    (Der Oberbefehlshaber)
  • Fait Chevalier de la Légion d'Honneur à titre posthume par décret du 21 septembre 1923.

COTTEAU Edmond Frédéric

  • Menuisier, né à Honnechy le 03/03/1884, de Frédéric Edmond et PROYE Marie Louise, domicilié à Ors (Nord).
  • Classe 1904, Mle 170 au recrutement d'Avesnes - appelé à la 6° section de commis et ouvriers d'Etat à Châlons sur Marne, puis à Verdun, ensuite à la 6° section Mézières-Charleville. Rentré en 1915 en qualité de menuisier aux ateliers de la Compagnie du Nord à Tergnier.
  • Citation à l'ordre de l'armée
    Médaille militaire.
  • A été fusillé à Valenciennes le 16 Octobre 1917, pour avoir tenté de faire parvenir des nouvelles, par pigeon voyageur, aux troupes françaises.
  • Fait Chevalier de la Légion d'Honneur à titre posthume par décret du 25 mars 1924.

CANONNE Alfred Amédée

  • Cultivateur, né à Honnechy le 15/05/1856, domicilié à Ors, rue de Landrecies.
  • Fait Chevalier de la légion d'Honneur à titre posthume par décret du 21 septembre 1923.

 

 

Le lieu de décès, donc de l'exécution, est le même que pour Henri LEGRAND et ses compagnons BEAUVOIS Nicolas et THUILLIEZ Pierre-Joseph qui seront fuisllés le 23/02/1918.

Voir la page du blog qui leur est dédiée

C'est au même endroit que le 28 Août 1944 les nazis fusilleront avant de s'enfuir 21 civils dont les noms figurent sur le monument à l'entrée de l'ancien champ de tir :

Roleur
(photo de l'auteur)

 

Posté par alain dubois à 21:11 - - Commentaires [0] - Permalien [#]

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