Les registres étant en cours de dépouillement, la liste actuelle - publiée dans la largeur admise pour ce blog - est chronologique, et sera réorganisée une fois terminée, elle est destinée aux éventuels descendants ou membres de la famille de ces soldats qui en feraient une recherche sur Internet. Le cas échéant, je complèterai leur actuel lieu d'inhumation.

Bien qu'il s'agisse généralement de militaires, je reste dans le cadre de ce blog, car les civils voyaient couramment passer les cortèges se rendant au cimetière, et lorsqu'une cérémonie religieuse catholique avait lieu, il n'était pas rare que des enfants de choeur de la commune accompagnent le desservant, ce qui fut le cas de mon père.

 

PICT8279

 Relevés dans les registres de décès de l'état-civil. (Archives Départmentales du Nord)

 

  1914 1915 1916 1917 1918  Total
Français
(Militaires prisonniers
          et décédés au combat
et civils fusillés)
 114 noms  66 noms  24 noms 30 noms

79 noms

 313
Allemands
(Militaires)
 83 noms  103 noms  166 noms 196 noms

 Aucun

 548

Australiens, Britanniques,
Canadiens, Indous, Irlandais
(Militaires prisonniers)
Belges
(Prisonniers et travailleurs civils)

 5 noms

dont 1 Belge
 34 noms  10 noms 51 noms

dont 8 Belges
7 noms  106
Russes & Roumains
(Militaires prisonniers)
     12 noms 122 noms

1 nom
ci-dessous

 135
Total Annuel
201 203 212 399

87

 1102

 

                  Dès le début des hostilités, l'état-civil de Valenciennes fait état des décédés pour fait de guerre dans ses registres, la cité est occupée le 24 Août 1914 et les services municipaux continuent de fonctionner sous la férule de l'occupant.
Les soldats de toutes nationalités, alliés prisonniers, allemands soignés dans les ambulances de la commune, civils fusillés sont normalement répertoriés durant les années 1914, 1915, 1916 et au début de 1917.

Les principales ambulances sont

  • L'Ambulance du Lycée Henri Wallon, place de la République.
  • L'Ambulance du Collège de Jeunes Filles, Boulevard Pater ( parfois dénommée Lycée de J.F.)
  • L'Ambulance du Collège Notre-Dame, Rue des Capucins.

                   Ces trois édifices existent toujours, quasiment à l'identique.
  • L'Ambulance des Petites Sœurs de Pauvres, 22 Avenue Duchesnois, désormais habitation privée, les Petites Soeurs officieront également faute de place dans divers autres lieux (dont le 21 de la même rue).

    Le 13 Juillet 1917, les actes (de Valenciennes) portent la mention "heure actuelle de l’Hôtel de Ville", précisant ainsi que les territoires occupés sont à l'heure allemande, soit une heure d'avance ; écrit ainsi, c'est l'horloge qui est mise à l'heure, pas nécessairement l'esprit des administrés, forme de résistance passive à l'occupation. Dans les registres d'Uccle (Belgique) en Juin 1918 - pour au moins un acte transcrit à Valenciennes-  l'heure est suivie de la mention "trentième degré longitude est Greenwich", ce qui est la limite Est de l'empire colonial belge, où l'horaire est également GMT+2, comme l'heure d'été allemande, imposée le 1er juin 1916, et qui rechangeait au 30 septembre.

   De même à partir de Mai 1917, il y a décalage important dans l'enregistrement des décès de militaires, qui se font en Juillet pour Mai et Juin en Aout pour Juillet, etc ...... Plus aucun décès de soldat allemand ne sera enregistré après le 8 septembre 1917. Les derniers à apparaitre dans les 3 premiers jours d'octobre sont des régularisations du trimestre précédent, avec la mention "dressé sur l'ordre de la Commandanture" qui remplace la déposition réglementaire de 2 témoins.

Par la même occasion plus aucun décès de militaire allié, ni même de prisonnier Russe ou Roumain ne sera enregistré dans les Ambulances et Hôpitaux.
 
   Il n'y aura plus en 1918 que des civils, prisonniers -parfois "ouvriers"- ou fusillés, dont les actes seront dressés avec une courte mention permettant de les distinguer ; seuls les actes des fusillés sont dressés sur l'ordre de la Commandanture.

   Avec l'avancée alliée, des civils réfugiés des communes entre Cambrai et Valenciennes apparaissent dans les registres de même que des Belges, et dès la libération de Valenciennes le 2 novembre, nombre d'entre eux furent d'abord soignés dans l'ambulance que tenaient les Petites Sœurs des Pauvres au 22 de l'avenue Duchesnoy, qui est devenue ambulance britannique : la "2nd Casualty Clearing Station"(1) qui y restera jusqu'en juillet 1919 ; y seront également soignés des militaires Français prisonniers rapatriés, dont certains y décéderont.

On y trouve aussi l'acte de décès d'une femme née à Tbilissi, actuelle capitale de le Georgie, peut-être venue avec les prisonniers  requalifiés en travailleurs après la paix signée avec la Russie.

Date de l'acte  N° d'Acte
Natio-
nalité
Nom Prénom Infor-
mations
Précision lieu de décès Date de décès Page du Reg. Date de Naissance Lieu de Naissance
11 déc 1918 986 RU MOUKAMET Djanal Civile Ambulance de l'asile des petites sœurs des pauvres N°2 CCS Anglais, Avenue Duchesnoy, n°21 11 déc 1918 250 20 mai 1899 Tiflies (Russie)

 

     Dès Février 1919, les jugements de décès sont transcrits dans les registres, terminant ainsi la chaine administrative reconnaisant la mort (le plus souvent avec la mention "Pour la France") de soldats nés ou résidant à Valenciennes. Sont transcrits aussi - conformément à la loi, mais non traités ici - les décès de civils hors de la commune (de naissance ou de résidence). Tous ces actes devaient faire l'objet d'une mention maginale dans le registre de l'année de décès, au plus près de la date de celui-ci, ce qui est  rarement le cas.

Soldats Français décédés 
à Valenciennes   

 Actes municipaux rédigés en 
1919 1920 1921    
Soldats Français décédés 
durant la guerre 

 Transcriptions rédigées en    
1919 (en cours) 1920 1921    

 

Prisonniers Allemands
décédés à Valenciennes   

 Actes municipaux rédigés en 
1919  1920 1921    
Soldats Alliés
décédés à Valenciennes   

 Actes municipaux rédigés en 
1919  1920 1921    


  

 (1)Casualty Clearing Station

Ce poste d'évacuation sanitaire faisait partie de la chaîne d'évacuation des blessés, plus en retrait de la ligne de front que les postes de secours et les ambulances de campagne.
Appartenant au Royal Army Medical Corps, le travail de la CCS était de traiter un homme pour qu'il puisse rejoindre son unité, ou, dans la plupart des cas, pour lui permettre d'être évacué vers un hôpital de l'arrière. Ce n'était pas un endroit pour un séjour de longue durée.

Les CCS sont généralement situées sur ou à proximité des lignes de chemin de fer, pour faciliter le mouvement des blessés depuis le champ de bataille et vers les hôpitaux. Bien que de taille relativement importante, les CCS déménagaient fréquemment -d'où le travail conjoint des personnels des Royal Engineers et des hommes de l'Army Service Corps-, notamment dans le sillage des grandes attaques allemandes au printemps 1918 et l'avance des Alliés à l'été et à l'automne la même année. Beaucoup de CCS ont été ensuite déplacées vers la Belgique puis l'Allemagne avec l'armée d'occupation en 1919. Les emplacements de ces postes d'évacuation peuvent souvent être identifiés aujourd'hui par les nombreux cimetières militaires qui les entouraient.