Le 29 Janvier 1918 le tribunal de Guerre Allemand condamne pour "Espionnage par pigeons voyageurs"

  • Edouard LEFEBVRE
  • Léon FAUX

Le 25 Février 1918 ils sont fusillés dans les remparts de Condé sur l'Escaut où un monument leur rend hommage.

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  •  Face à leurs actes de décès, le registre d'état civil contient la note suivante :

 

 

Ville de Condé

           Extrait de la traduction en français d'une note écrite en allemand de la Commandanture de condé n°707 du 25 février 1918.
                   "A la Ville de Condé
 
            " Les deux Français Lefebvre Edouard et Faux Léon, qui ont été condamnés à mort par le conseil de guerre de la Commandature pour espionnage, ont été exécutés ce matin.
       " Les deux corps seront rendus à la Ville pour faire le nécessaire pour l'enterrement
                                      "C. 25.2.18

                            " Le commandant d'étape (signé) : Lidl, général major
                                              Pour extrait conforme, à annexer au registre des actes de décès de l'année courante
                                                               Le Maire 

Condé le 25 février 1918        

 

 

  • Léon FAUX est né à Condé sur Escaut le 1er mars 1882, ouvrier mineur, il fait chevalier de la Légion d'Honneur à titre posthume par décret du 25 mars 1924. Son acte de décès établi sous l'autorité d'occupation mentionne simplement "est décédé dans les fortifications en cette ville".

    • "Mobilisé en Août 1914, est resté sous les drapeaux jusqu'en Octobre 1915. Placé en sursis d'appel, pour être employé dans les mines en octobre 1915."

    • "Etant en sursis d'appel et employé dans les mines du Pas-de-Calais, a été mis, en 1916 ou 1917, à la disposition de l'autorité militaire britannique qui l'a chargé d'une mission d'espionnage à Condé et Vieux-Condé, d'où il était originaire.
      Dénoncé aux Allemands qui occupaient le pays, a été fusillé à Condé, le 26 Février 1918."

    • Les Britanniques lui ont décerné la British War Medal.

 

  • Edouard LEFEBVRE est né à Condé sur Escaut le 27 Mars 1886, ouvrier mineur, il fait chevalier de la Légion d'Honneur à titre posthume par décret du 25 mars 1924. Son acte de décès établi sous l'autorité d'occupation mentionne simplement "est décédé dans les fortifications en cette ville".

    • "Mobilisé en Août 1914 jusqu'en 1916, mis en 1916 en sursis d'appel comme mineur pour travailler en France libre."
       
    • "Étant en sursis d'appel et employé comme mineur en France libre, a été mis en 1917 à la disposition de l'autorité militaire britannique qui l'a chargé d'une mission d'espionnage à Condé-Vieux-Condé d'où il était originaire.
      Dénoncé aux autorités allemandes d'occupation Lefebvre a été pris et fusillé à Condé le 26 Février 1918. "

     

  • A noter que les dossiers de la légion d'honneur ont interverti les dates de Naissance de Faux et Lefebvre, ce qui tendrait à montrer qu'ils ont été traités simultanément, et les citent fusillés le 26/02.
    De même, sur l'acte de décès de Léon FAUX la date de naissance est majorée d'un an.

 

Portraits arch 405
Portraits de LEFEBVRE (à gauche) et FAUX (à droite) conservées aux
Archives Générales du Royaume de Belgique
Commission des Archives des Services patriotiques établis en Territoire occupé au Front l'Ouest


     Ces mêmes Archives Générales du Royaume possèdent les photos recto-verso des dernières lettres adressées à leur famille par les condamnés le matin de leur exécution (Léon Faux la signe en écrivant 26 février, il s'agit bien du 25).
Malheureusement, ce sont des tirages sur plaque de verre sans contraste, de documents originaux qui ont été pliés en 8 puis maintenus à plat par des punaises (!), ce qui les rend peu facile à déchiffrer (encore plus sous le grand tampon des AGR), et je n'ai pu malgré mes efforts obtenir une copie lisible, aussi en ai-je fait une transcription dans laquelle j'ai repris la syntaxe originale, mais utilisé une orthographe exempte de fautes.

Mes chers parents.
Voila Léon Faux qui fait ses à Dieux à sa femme et à ses enfants.
Ma chère femme et mes chers enfants,
Voici les dernières paroles que je te dis par écrit ; je vais te quitter pour toujours, mais ne prend pas trop de chagrin, car il faut que tu vives pour élever nos enfants. Tu leur parleras souvent de leur Père qu'ils se rappellent de moi et les les embrasseras assez souvent pour moi. Maintenant chère femme voici ce que je peux donner pour souvenir à les enfants : tu donneras ma montre à Léon, et ma pipe et à blague à tabac à Eugène ; et mon cache-nez à Napoléon ; et à mes deux filles tu lui donneras les mouchoirs; et toi chère Céline tu prendras le panier et mon portefeuille pour toi, la bague ce sera pour mon frère Lucien ; et (partie barrée illisible).
Maintenant chère femme que nos enfants seront très sages avec toi leur maman, et tâche bien ma chère Céline d'être sérieux avec nos enfants, tu seras heureux avec eux, car il vont tous travailler pour toi.
Maintenant tu passeras la lettre à mon frère Lucien il passera à nos sœurs et à tes tan(???) et il pourra la lire à ton père que je fais mes à Dieux avant de mourir à toute la famille.
Maintenant chère Aline, et mes enfants, et mes frères et mes soeurs et mon père Eugène et mes tandres.
Au revoir * ma femme, au revoir mes enfants, au revoir toute la famille, au revoir et encore au revoir encore au revoir à toute la famille pour toujours
Enfin ma chère femme et mes enfants et mes frères et mes soeurs
Je vais mourir prenez courage.
Je vous embrasse pour la dernière fois (illisible p-e Avoire) à tous,
Le 26 février fusillé à Condé à 6 heures du matin.
                          Faux Léon

401t

 

 

 

Condé le 25 Février 1918
Chère femme
Voici ma lettre d'adieu car je vais te quitter pour toujours, ne prend pas trop  de chagrin car il faut que tu vives pour nos enfants ; tu leur parleras souvent de leur père et tu les embrasseras souvent aussi pour qu'il se rappellent de moi.
Maintenant chère femme voici ce que je laisse comme souvenir à mes enfants, chacun une montre à mes garçons, et chacun un rasoir, tu réclameras celui que Charles Abraham a en sa possession qu'il est à moi. Le petit mouchoir de pochette en tulle à ma fille. Ma belle pipe est pour Théodore et celle que j'ai en poche pour mon frère Adolphe.

Chère femme voici ma dernière demande que je te fais et j'espère que tu m'obéiras même en étant dans mon tombeau.
Je (... ... illisible ... pliure ...) te remarier car je pense qu'ils pourraient avoir un beau-père et qu'ils auraient de la misère, Tu auras du mal pour les élever pendant leur jeunesse et tu seras heureuse quand ils auront l'âge de travailler.


Enfin chère femme et chers enfants je vais mourir prenez courage. Je vous embrasse pour la dernière fois.
     Lefebvre Edouard

 

404t

 

 

    • La partie illisible à la pliure de la lettre pourrait être interprétée par "te demande de ne pas" au vu de ce qui suit.

       
    • Les deux lettres portent au verso un tampon du Tribunal de la Commandanture d'Etape n°113 (Gericht von Etappen Kommandantur Nr 113)  ainsi qu'une mention manuscrite en allemand.