Angèle Adelaïde LECAT est née le 10 janvier 1889 à Rumegies (Nord). Domiciliée 158 rue Dassonville à Rumegies.

"En Juillet 1917 a hébergé et facilité la fuite de deux soldats anglais prisonniers de guerre évadés qui tentaient de gagner la Hollande.
                   Le 29 Août de la même année un pigeon voyageur et un questionnaire ayant été découverts par la jeune BOSQUELLE Régina, Mademoiselle LECAT Angèle a fourni par ce moyen aux troupes alliées les renseignements d'ordre militaire demandés.
                   Arrêtée à Rumegies au début d'octobre 1917 pour le premier fait, a été incarcérée à Malines, Anvers et St-Amand où elle fut condamnée à 6 mois de prison.
                   Poursuivie a nouveau sous l'inculpation d'espionnage devant le Conseil de Guerre de St-Amand, elle fut condamnée à mort et fusillée dans cette ville le 25 Mars 1918.
                   A eu jusqu'à sa mort une attitude très digne."

 

  • Faite Chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume le 25 Mars 1924, Croix de guerre et Médaille de la Reconnaissance Française, British War Medal.
    Son dossier dans la base Léonore

 

 

  • Voici ce qu'en dit René Delame dans son livre  : "Valenciennes Occupation allemande 1914-1918. Faits de guerre et souvenirs" Hollande & Fils ed. 1933

           Les aviateurs français et anglais, nous l'avons dit, laissaient souvent tomber par parachute, des paniers contenant des pigeons voyageurs.
Le 1er septembre 1917, Angèle Lecat, fille d'un riche cultivateur de Rumegies, patriote dans l'âme, jolie, brune, pleine de santé, ayant ses cinq frères sur le front, n'hésita pas à répondre elle-même par écrit au questionnaire, signant les renseignements militaires demandés : c'était la mort.


          Les Allemands en ayant eu connaissance, la conduisirent à Malines le 20 novembre; elle fut mise en cellule avec un " mouton" (espion déguisé). Elle ne sut résister aux nombreux pièges qui lui furent tendus et avoua le fait. Son procès se termina le 2 février 1918, et elle fut condamnée à mort.
Le recours en grâce qu'avait sollicité Angèle Lecat ne fut jamais envoyé. Le commandant Von Hellingen, de la Commandature de Saint-Amand, dirigea le procès avec une haine féroce. Il s'était même vanté, paraît-il, de ne pas quitter la région sans une tête française.


Il quitta son poste dans l'après-midi du 25 mars 1918, jour de l'exécution d'Angèle Lecat.
Le commandant allemand qui le remplaça aussitôt, déclara que s'il eût été là, il eût tout fait pour sauver la tête de cette jeune fille.


L'exécution fut très émouvante.
             A cinq heures du matin, le peloton vint chercher cette pauvre fille pour la conduire au Clos, situé à un kilomètre de là. Les scènes qui se passèrent sur le trajet furent terrifiantes. Mlle Lecat se cramponnait aux soldats qui la traînèrent sur le lieu d'exécution. Eux-mêmes étaient très émus. Là, les scènes de douleur furent plus violentes encore, les soldats ne pouvant arracher la pauvre fille de leurs bras. Ils se virent dans l'obligation de lui donner un narcotique quelconque pour l'endormir. Un soldat ayant refusé de tirer fut immédiatement envoyé au front. C'est ainsi que fut fusillée Mlle Lecat, pour avoir voulu servir sa Patrie.

           Aussi, après l'armistice, le 17 juillet 1919, la ville de Saint-Amand et la commune de Rumegies, où son corps fut reconduit, s'associèrent pour faire à cette héroïne des funérailles imposantes. La famille avait auparavant fait ouvrir le modeste cercueil de sapin vermoulu, pour replacer le corps dans un autre plus convenable. Sa sœur Marie, qui assistait au transfert, fut stupéfaite de voir, après dix mois de sépulture, le corps et les membres en parfait état de conservation. La figure était d'un rose naturel, ainsi que les jambes. Ce fait, vraiment miraculeux, vengeait la barbarie allemande. J'ai tenu à signaler ce fait qui est authentique et qui m'a été certifié par M. Waymel, de Rumegies, grand mutilé de guerre.
Les cordons étaient tenus par quatre soldats français. Derrière le char funèbre, couvert de fleurs, un sous-officier portait sur un coussin la Croix de Guerre avec palme, dont voici la citation:


" Grand Quartier de l'Est. Ordre 1541.
" Le Maréchal de France, commandant en chef des armées de l'Est, cite à l'ordre de l'armée Mlle Angèle Lecat, de Rumegies (Nord). Jeune fille d'une abnégation et d'un patriotisme admirables, a payé de sa vie les services exceptionnels qu'elle a rendus à la France. "
Le Grand Quartier, le 6 avril 1919. "

Signé: Maréchal PETAIN. "


M. Cauwez, sous-préfet de Valenciennes, au nom du Gouvernement de la République, salua une dernière fois la dépouille mortelle de l'héroïne.
M. Waymel, maire de Rumegies, retraça les faits qui amenèrent son arrestation, lui donnant la place d'honneur au pied du monument aux Morts pour la Patrie.


M. le docteur Dupré parla au nom des démobilisés et des combattants de 1870, et enfin Mlle Maria Pottier, au nom de ses compagnes et amies, lui apporta le témoignage de sa sympathie et de son admiration.
Puis, pendant que la musique jouait la Marseillaise, la foule émue défila devant la tombe de cette grande Française. Pour compléter cette affaire de pigeons, si douloureuse, il importe, au point de vue historique, d'en écrire la genèse.


               La sœur de la victime, Marie Lecat, épouse de Paul Mounier, avait hébergé, nourri et vêtu des prisonniers anglais qui s'étaient évadés. Une dizaine de personnes de Rumegies les avaient ravitaillés, dont Mlle Philomène Lecat et sa sœur. Connaissant un peu d'anglais, Mlles Eugénie Waymel et Fontaine leur servaient d'interprètes; voulant leur faire franchir les lignes, Angèle Lecat les conduisit en Belgique. Malheureusement, ils furent arrêtés à la frontière hollandaise et mis en prison. Que se passa-t-il ? Personne ne le saura jamais. En tout cas, comme ils connaissaient le trafic de pigeons, il est possible que sous les menaces, ils aient été forcés de dévoiler leur secret. Toujours est-il que toutes ces personnes furent arrêtées et mises en cellule à Malines et Anvers.


Mme Yvonne Bosquelle, également condamnée à mort, vit sa peine réduite à 12 ans de prison.
Mlle Régina Bosquelle fut condamné à 5 ans de prison.
M. Casimir Delannoy, 5 ans de prison; il mourut en captivité.
Mme Wasevil, 5 ans de prison. Elle mourut également en captivité.

 

 Le 3 Juin 2012, en l'honneur d'Angèle Lecat, à l'initiative de la Directrice et de ses élèves, l'école de Rouvray (Yonne, près d'Auxerre) a été baptisée "Ecole Angèle Lecat", à l'issue d'une cérémonie rassemblant les personnalités et des représentants de la famille :

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Les détails sur le site de l'école Angèle LECAT ; que tous soient ici remerciés.

 

  • Le 29 juin 1919 paraissait au Journal Officiel de la république française la citation d'Angèle LECAT à l'ordre de l'armée :

 

  • Sa tombe au cimetière de St. Amand-les-Eaux auprès de ses parents.

    TombeALecat

    plaque
    (Merci à MJL)