Delame ( "Valenciennes Occupation allemande 1914-1918. Faits de guerre et souvenirs" Hollande & Fils ed. 1933) raconte la saisie des dernières statues de la ville en 1918 :

 

ENLÈVEMENT DES STATUES -MONUMENT DE LA VICTOIRE

Jusqu'ici, les Allemands avaient respecté le monument de la Victoire, œuvre du sculpteur Crauck qui faisait le plus bel ornement de la petite place Verte. Dans l'après-midi du 25 février 1918, le Lieutenant Kollmann me pria de prévenir officiellement M. Billiet qu'il avait reçu des ordres supérieurs pour l'enlever et le fondre, ainsi que le « Brennus» du jardin de la Rhônelle et le « Joueur de Billes» du sculpteur Raset. Il ajouta qu'afin d'éviter tout ennui avec la population, il se chargerait de l'enlèvement. Je lui répondis que pour mettre la Ville à couvert, il fallait un ordre écrit, et que, de toute façon, M. Billiet adresserait à la Commandanture une requête, afin de conserver ses sculptures artistiques.

En me quittant, il ajouta qu'il en serait de même du monument «Duchesnois », à Saint-Saulve, et du monument « Fontaine », à Anzin, et qu'il ne pouvait rien contre les ordres supérieurs.

Après en avoir conféré avec le conservateur allemand, il fut décidé que le. « Joueur de Billes» et le « Brennus» seraient pris, et que la « Victoire » serait laissée à la Ville, seuls le socle et la colonne devant être fondus.

En effet, le samedi 6 avril 1918, les Allemands apportaient, sur la petite place Verte, des madriers pour construire un grand échafaudage devant servir à l'enlèvement de la statue.

J'obtins qu'elle fût déposée dans mon jardin du boulevard Watteau, espérant la sauver. En effet, les Allemands l'apportèrent le 18, mais le soldat allemand, pour avoir plus de bronze, scia, sous la plante des pieds, le socle en forme de boule sur lequel elle reposait.

Je me rendis immédiatement à la Commandanture pour reprendre le socle : il était naturellement trop tard. A cinq heures, le Commandant Von Witzendorff, accompagné du Capitaine Krauss vinrent la voir, afin de donner suite à ma réclamation ; il voulut faire un mot d'esprit et me répondit: « Vous n'avez qu'à l'asseoir ».

Cet enlèvement leur coûta cher : trois soldats furent tués en la descendant. De plus, la colonne qu'ils croyaient pleine n'était formée que d'un bloc de ciment recouvert d'une mince couche de bronze.

La Municipalité replaça la « Victoire » sur son socle le 14 juillet 1932, au milieu d'une nombreuse assistance.

 

  • Le monument de la Défense Nationale :

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Le monument avant-guerre

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Les ruines du monument.

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Monument actuel

 

  •  Le monument à La Duchesnoy, tragédienne, née Catherine Raffin (St-Saulve 11777, Paris 1835) :

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Le monument à La Duchesnoy avant 1914

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Un enlèvement qui n'a pas plu !

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Le monument après la guerre 14-18

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La seconde guerre mondiale est passée par là, une fois de plus le bronze a été récupéré
par l'occupant ; ne reste que le socle, à l'avenir incertain, quasi-oublié,
le long d'une ancienne voie ferrée, au bas marais de St Saulve.

  •  Le monument à Pierre-Joseph Fontaine :

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A Anzin, le monument à l'inventeur d'un parachute
destiné à freiner la chute des cages de mines.

 

  • Le monument de Brennus : chef gaulois du IVe siècle avant Jesus-Christ, à qui l'on attribue "Vae victis!"

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A l'entrée du Boulevard Carpeaux, par Henri Gauquié, et une copie vendue sur le net il y a quelques années

 

  • Le joueur de billes d'Elie Raset (Valenciennes 1874-1956) :

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     Disparurent également en 1917 la plupart des cloches (écoles, usines, églises), après moult tractations pour conserver les plus historiques dont la bancloque (cloche du ban) dite "Jehanne de Flandre" ; enlevés aussi en avril 1918 les 1200 réverbères en fonte de la commune, plongée dans le noir. Les grilles et balustrades des balcons échapperont à la saisie pour cause de libération ........

     Comme expliqué plus haut, les oeuvres du Musée des Beaux-Arts, ainsi que celles qui avaient été razziées à Lille, Douai, etc,  seront emmenées pour être ensuite restituées au fur et à mesure de leurs découvertes.

     Seule la tapisserie du Tournoi, enlevée en octobre 1914 comme appartenant au roi de Saxe sera restituée par celui-ci un mois plus tard, (mais c'est une autre histoire).