ENTRÉE DES ALLEMANDS EN FRANCE  PAR MACOU ET BONSECOURS
(Dimanche 23 août 1914)

Quittant la Belgique, venant de Bonsecours, le premier petit village que l'on rencontre avant Condé, porte le nom de Macou.

  • Le matin, vers 7 heures, M. le curé de Macou, M. Delorme, entendant du bruit sur le parvis de son église, sort. Il aperçoit douze soldats français, ignorant complètement la présence des Allemands, et leur crie: "Mais, malheureux, prenez vos précautions! " Au même instant, venant de Blaton et de Bernissart, arrivent les uhlans. Immédiatement, le sergent dit au Curé: "Retirez-vous, nous tirons!" C'est alors que fut blessé le premier soldat français, qui fut reconduit à Condé.
    Du côté allemand, l'officier qui commandait le détachement de uhlans, reçut une balle dans la tête, et tomba devant le curé, des hommes le relevèrent, et le portèrent chez celui-ci, lui disant de le bien soigner, que sans cela il serait fusillé.
    La voiture de l'ambulance de Peruwelz vint pour le prendre sur l'ordre des Allemands, mais M. le curé, ne voulait pas le laisser partir, disant qu'il était prisonnier, Macou n'étant pas alors aux mains des Allemands.
    Pendant ces pourparlers, l'officier mourut et fut emporté.
    Comme remerciements, M. Delorme eut sa maison brûlée le lendemain matin.


  • Il existe à Macou les vestiges de la vieille abbaye de Saint Calixte, qui est transformée en ferme. Elle était alors habitée par Albéric Houzé, vieillard de 86 ans. A leur passage, les Allemands prétendirent qu'il avait tiré sur eux. Or, Houzé ne possédait aucune arme, et eût été du reste, bien incapable de s'en servir. Malgré cela, il est fusillé sur 1'heure et sans jugement, et le feu est mis à la ferme.


  • Emile Rousseau, 60 ans, se trouvant dans la cour de sa ferme, reçoit une balle dans la cuisse. Il se sauve, et se cache dans le haut de sa grange. Ce n'est que 48 heures plus tard qu'il en sort, et va se faire soigner à l'ambulance de Condé.


  • Joseph Vincent, 39 ans, qui eut l'imprudence de regarder à sa fenêtre, reçoit une balle dans 1'œil, dont il meurt.


  • Les soldats s'arrêtent le soir, et logent dans le village; ayant frappé à la porte du sieur Delburie, 45 ans, qui dormait. Comme il n'ouvrait pas assez vite, ils enfoncent la porte et le tuent à coups de crosse dans son lit.



  • En quittant le village, ils brûlent par plaisir la ferme de Léon Lannoy, qui était inoccupée.



Ce récit est extrait du livre de René Delame : "Valenciennes Occupation allemande 1914-1918. Faits de guerre et souvenirs" Hollande & Fils ed. 1933