J'ai déjà abordé le thème à propos des carrés militaires, français (105 noms), russes et britanniques, puis du cimetière allemand créé pendant la guerre. Dans le premier sujet, je n'ai fait que citer (et photographier) les plaques lues sur les tombes, même si pour quelques-unes j'avais déjà eu l'occasion de demander rectification.

     Le hasard de la recherche dans les registres du CICR m'ayant fait découvrir trois noms de prisonniers de guerre décédés à l'hôpital militaire allemand de Valenciennes durant la guerre, je passe maintenant en revue, trop souvent avec une certaine surprise, les informations disponibles sur les soldats français du carré militaire.

     Le site officiel "Sépultures de Guerre" reprend simplement les noms tels que sur les tombes, ainsi que régiment et date de décès quand ils figurent. Il faut donc chercher dans les fiches des "Morts pour la France" quand on en trouve avec ces pauvres informations de départ. On peut alors compléter avec les États Signalétiques et des Services et acte ou jugement de décès (original, transcription) disponibles aux archives départementales quand ces documents sont accessibles. L'acte de naissance est parfois nécessaire pour une ultime confirmation (de l'orthographe des nom-prénom par exemple).
De nombreuses demandent de rectification, tant auprès de MdH, de SdG que du pôle des sépultures, ont été déposées. Malheureusement les sites de généalogie qui ont déja transcrit ces informations sans vérification ne seront pas actualisés.

     Les données ci-dessous en italique sont celles lues sur les tombes et sont appelées à être corrigées après une stricte vérification de chacun des 96 inhumés:

     22 soldats décédés en Août 1914 victimes des combats auxquels ont pris part les rares troupes françaises du secteur qui faisaient face à l'envahisseur, notamment à Crespin. S'y ajoutent 9 autres inhumations jusqu'en décembre, puis :

  •  7 décès en 1915
  •  1 en 1916
  • 11 en 1917
  • 17 en 1918
  • 20 en 1919
  •  9 en "1914-1918"

 

S'y ajoutent 8 sans information mais qui passent pour être de la seconde guerre mondiale (avéré sauf pour deux d'entre eux encore "inconnus"), ainsi qu'un soldat belge décédé en 1940, répartis en 3 tombes de 3.

      Même si Valenciennes n'a plus été le lieu de combats durant la grande guerre, les civils qui ne manquaient pas de se rendre sur les tombes des soldats Français (ou tel que mon père d'assister à leur enterrement comme enfant de chœur) en ont été les témoins.

Je tente de rendre hommage à ceux qui sont "(un peu) oubliés" en publiant au fur et à mesure de mes investigations, jetant parfois une bouteille dans la mer du web, en espérant ....

Je rappelle qu'il s'agit de ceux qui sont toujours inhumés à Valenciennes, bien d'autres (probablement 40) l'ont été durant la guerre, puis restitués aux familles sur leur demande. Près d'un siècle s'est écoulé depuis cette restitution, et pour la plupart il n'est plus possible de savoir où ils ont reposé, ni si la tombe a été conservée.


 


22 septembre 2018

     Chaque cas a donné lieu à un examen minutieux, de l'acte de naissance à celui de décès, en passant par les documents militaires individuels, les Journaux de Marches et Opérations ou les Historiques Régimentaires ainsi que les archives de la Croix-Rouge concernant les prisonniers de guerre et les recherches des familles, jusqu'aux documents et monuments de reconnaissance d'après-guerre.

     Il manque malheureusement à cet ensemble les archives allemandes : tant que les décès étaient transmis en mairie de Valenciennes - et donc officialisés - la confrontation des données est possible, mais après le 14 juillet 1917, les soldats décédés dans les hôpitaux - tous réquisitionnés par la VIe armée allemande, y compris les lycées et asiles - n'ont plus été transmis.
L'occupant est-il parti avec ses archives ? Les a-t-il détruites dans sa retraite ? Abandonnées ont-elles détruites au lieu d'être transmises aux archives municipales ou départementales ? 
En tout état de cause, il est impossible de procéder à une vérification.


  • Sur 96 cas étudiés - dont un civil pour lequel j'ai déjà demandé que la mention "fusillé" soit apposée, ce qui a été refusé - seuls 40 ne présentent aucune contradiction ou manque. Pour les autres, bien qu'il y ait peu de renseignements gravés sur la plaque : nom-prénom, régiment, date de décès,
    101 demandes de rectification ou de complément ont été déposées tant sur le site Mémoires des Hommes, pour leur fiche individuelle de (non-)mort pour la France (35) ou la base des Sépultures de Guerre (29) qu'au Pôle des Sépultures de la Somme (37) gérant les tombes elles-mêmes.


  • Il reste cependant quelques cas très particuliers :

    •  3 pour lesquels je n'ai pu qu'émettre une hypothèse au vu des différences rencontrées :
      • TAILLANT Joseph Jean : Hypothèse cependant assez vraisemblable pour pouvoir être acceptée.
      • GONDOUIN Abel : Hypothèse également revendiquée par la famille, mais refusée une première fois faute de preuves tels que des actes de décès. Il n'y a pourtant aucun autre mort avec un nom de consonance voisine, compte tenu également de la germanisation -au moins phonétique- de certains noms.
      • GAUTHROT Alphonse :  C'est encore aujourd'hui l'hypothèse la plus probable.
        
    • 3 pour lesquels il a été totalement impossible de trouver d'autre renseignement que celui de la plaque tombale, ce qui fait d'eux des inconnus malgré un nom :


  • Les décès s'étendent du 24 Août 1914 au 12 décembre 1919 (sans compter deux dont la date précise est inconnue : "1914-1918" (POIRRIER C.) ou "en 1918" (KRUG Emile) pour lesquels aucune information n'a encore été trouvée). En ce qui concerne les décès survenus après l'armistice, ce sont des blessés ou des retours -malades ou épuisés- de camps de prisonniers, des décès dûs à la grippe dit espagnole ou à des accidents. Ce dernier fait n'est jamais expressément mentionné, mais 3 soldats du 6e Régiment de Tirailleurs Algériens sont décès les 21 et 22 février 1919, simultanément à 3 prisonniers de guerre allemands (voir).

    Si la cause importe finalement peu, il me semble anormal que 2 de ces 3 tirailleurs ne soient pas reconnus Morts pour la France, ce qui est également le cas d'un 3e tirailleur algérien décédé le 28/02/1919.
    Ces 3 "oubliés" vont faire l'objet d'une demande auprès du Bureau des Archives des Victimes de Conflits Contemporains à Caen, d'autant que la plaque tombale porte clairement la mention "Mort pour la France":

  • Les lieux de décès des inhumés du carré St-Roch se répartissent de la façon suivante :

Stats

 

 Il reste à espérer que mes demandes aboutissent avant le centenaire de l'Armistice, bien que les soldats concernés ne soient plus à quelques semaines d'attente près.

 


 

Leur étude est désormais répartie alphabétiquement par 10 sur les pages suivantes :