C'est le titre du livre bien connu de l'écrivain Allemand Erich Maria REMARQUE (22/06/1898 - 25/09/1970) : Im Westen nichts Neues écrit en 1929. Il y décrit principalement la guerre et ses abominations de façon réaliste. Une fois, cependant, il y évoque Valenciennes et le bon temps passé au repos :

 

 

 

 

 

extrait
A côté de moi siffle un petit obus. Je ne l'ai pas entendu venir et je suis saisi d'une vive frayeur. Au même moment une peur insensée s'empare de moi. Je suis là tout seul et presque perdu dans l'obscurité ; peut-être que depuis longtemps deux yeux m'observent d'un entonnoir et qu'une grenade est déjà prête à être lancée pour me mettre en pièces. Je cherche à me ressaisir. Ce n'est pas ma première patrouille et, de plus, elle n'a rien de particulièrement dangereux. Mais c'est la première fois que je vais en reconnaissance depuis mon retour de permission et je connais peu le secteur. Je me dis bien que mon émotion est stupide, que probablement dans l'obscurité rien ne me guette, autrement le feu ne serait pas si plat.
C'est en vain. Pêle-mêle, les pensées bourdonnent sous mon crâne : j'entends les exhortations de ma mère, je vois les Russes aux barbes flottantes s'appuyer au grillage ; j'ai devant moi l'image claire et merveilleuse d'une cantine avec des sièges, celle d'un cinéma de Valenciennes ; dans mon imagination douloureuse, je vois l'horrible bouche grise d'un fusil implacable qui se déplace sans bruit en me menaçant et qui suit les mouvements de ma tête. La sueur me coule par tous les pores.
Je suis toujours couché dans mon trou. Je regarde l'heure ; il ne s'est écoulé que quelques minutes. Mon front est mouillé, mes orbites sont humides ; mes mains tremblent et je halète tout bas. Ce n'est qu'un terrible accès de peur, une peur vile et intense d'allonger la tête et d'avancer.

 

     L'auteur - ou son personnage- revient de permission et contrairement à ce qui avait été avancé ne va pas sur le front Russe.  Peut-être n'est-il pas passé à Valenciennes, où de toutes façons personne ne se souviendrait l'avoir croisé, mais c'est une de ces réminiscences qui humanise le soldat, quelque soit sa nationalité.