Les photos proviennent de la Bibliothèque Archives du Canada dont les légendes sont en italique, auxquelles j'ai adjoint détails et commentaires. Elles illustrent essentiellement les premiers jours des troupes Canadiennes à Valenciennes, parfois juste avant la libération : 

 

"Four Germans captured by Canadians near Valenciennes." Octobre, 1918.
Quatre Allemands capturés par les Canadiens près de Valenciennes

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     Deux en uniformes, et donc ... 2 déjà en civil ! On aurait effectivement pu croire à des gens du coin. Le soldat de gauche, très fier, arbore à sa casquette un insigne non réglementaire ....

soldat gauche

     Le militaire de droite bras dessus-dessous avec le femier qui n'a pas laché sa pelle, porte à la ceinture un révolver qui n'a rien d'un webley, et qui pourrait bien être un Smith & Wesson cal .38

etui

 


"Large Marrow found by 1st Canadian Machine Gun Battalion near Valenciennes, presented to the Prince of Wales."
Grande courge trouvée par le 1er Bataillon de Mitrailleurs Canadiens, et présenté au Prince de Galles.

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     On peut y lire, gravé au couteau lors de la pousse, et que le terme "trouvé" présente comme abandonné :
Marguerite WAUTIER
(Lewarde)
VIVE LA FRANCE
(2 AOUT)
1918
    Acte de patriotisme qui aurait pû couter cher à son auteur si la découverte avait été faite par l'occupant !
Lewarde est une commune minière du Nord, à 8km au Sud-Est de Douai, où le 1st CMG Btn entre le 19 octobre. Le Prince de galles est présent sur le font en octobre 1918, et sera des premiers officiels à entrer dans les villes libérées.
   Il est remarquable que la date soit celle du premier jour des "Last Hundred Days", les derniers 100 jours canadiens.

"Civilians returning to their homes on the Valenciennes Front, after Canadians had driven the Germans across the Canal. November, 1918."
Civils regagnant leurs maisons à Valenciennes, après que les Canadiens les aient repoussés au-delà du Canal [de l'Escaut]

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     Pont sur une voie de chemin de fer, que l'on entr'aperçoit par la déchirure que l'explosion a causé au tablier. Celui-ci d'environ deux mètres est plein et je n'ai pu encore le localiser. Peut-être entre Denain et Valenciennes.

Une autre photographie des archives canadiennes, - sans précision de lieu - montre le même pont et sa déchirure depuis l'extérieur :

"A Canadian helps Mother and children through a hole in a bridge". November, 1918.
Un Canadien aide mère et enfants à passer par une ouverture dans un pont

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 la plaque photographique a été préparée pour un recadrage :

recadré

 


 

"Canadians with French Gendarmes and civilians outside the Hotel de Ville, Valenciennes. November, 1918."
Canadiens, gendarmes et civils Français sur le perron de l'Hotel de Ville.

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    La photo a été prises dès l'arrivée des premiers Canadiens à l'Hôtel de Ville : la pancarte Kommandantur n'a pas encore été enlevée, ni le drapeau à droite :

drapeau

     Au sol à droite des débris qui provienne de la statue de l'Escaut à gauche de l'horloge et qui a reçu un obus le 2 novembre. Est-ce la chute de pierre qui a renversé la guérite allemande ou la vindicte populaire ? On reconnaît un pompier et des gardiens de la paix Français ainsi que des civils dont on devine la joie.

personnes

        A gauche une pancarte porte encore en allemand : Zum Kriegsgericht (Pour la cour martiale)

ZK



 
"An old French lady talking to a Canadian sentry". November, 1918.  (Valenciennes (France))
Une vieille dame Française parlant à une sentinelle Canadienne.
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     On pourrait imaginer la remarque de la dame
- "C'est bien la première fois depuis plus de 4 ans que je suis contente de voir un soldat devant cette guérite ! On vous a attendu longtemps ......"
- "Yes Madam !"
     Le temps est beau pour un 2 Novembre, ensoleillé (il doit être midi) comme l'indiquent nombre de journaux de guerre canadiens (fine weather)
       La guérite est située devant le 19 place Jehan Froissart qui deviendra un centre de premiers soins : l'abri sera doté d'un fanion de la Croix-Rouge.

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La maison n'a pas beaucoup changé :

pourguerite

 



"The German flag which was taken down from the Hotel de Ville, Valenciennes, by some Canadian Artillery Officers". Nov. 1918.
Drapeau allemand descendu de l'Hôtel de Ville par des officiers de l'artillerie Canadienne.

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    Peut-être est-ce celui que l'on aperçoit encore au campanile sur la photographie du centre ville. Il a dû rejoindre les trophées, comme ce casque à pointe que le soldat de gauche a déniché :

casqueD

     les deux hommes portent encore la sacoche en toile contenant le masque à gaz, preuve que tout danger n'est pas écarté . L'ennemi qui recule s'en sert en effet fréquemment pour retarder ses poursuivants.

MaGB

 


"It did not matter if one were shy or timid, one had to be kissed. This happened to nearly every Canadian when he passed through Valenciennes." November, 1918. 
Peu importait que l'on soit timide ou timoré, on doit être embrassé. C'est arrivé à presque chaque Canadien passé par Valenciennes.

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"French nuns in Valenciennes and civilians greet the first Canadians to enter that part of the town". November, 1918. 
A Valenciennes, des religieuses Françaises et des civils saluent les premiers Canadiens à entrer dans cette partie de la partie de la ville

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     Les religieuses, de la COMPAGNIE DES FILLES DE LA CHARITÉ DE SAINT VINCENT DE PAUL, SERVANTES DES PAUVRES, sont de celles que l'on rencontrait partout où il y avait malades et blessés à soigner ; reconnaissables à leur grande cornette, maintenant abandonnée pour une plus discrète.
     Des drapeaux français ont été ressortis, d'autres apparaissent au fond, dont un fanion de type "Union Jack" :

fanion     hampe


Le soldat de droite porte au coté une boite qui pourrait détenir les plaques photographiques :

boite

 


"Sisters of the Hotel Dieu, Valenciennes, welcome the first Canadians". November, 1918. 
Soeurs de l'Hotel-Dieu accueillant les premiers Canadiens.

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     L'Hôtel-Dieu, détruit, se tenait alors Rue Amédée Bultot, près du Boulevard Saly, sensiblement où se trouve maintenant le commissariat de police.

La photo parait un peu composée, les religieuses attendant dans la cour l'arrivée des soldats.

 


 
"Vive les Canadiens". Sisters of the Hotel Dieu, with some of their charges including a Canadian who was wounded soon after he entered the town". November, 1918.
"Vive les Canadiens". Sœurs de l'Hôtel-Dieu, avec quelques-uns de leurs pensionnaires, dont un Canadien blessé peu après son entrée dans la ville ".

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     Devant la façade de l'Hôtel-Dieu, Rue Amédée Bultot. Cette fois on a sorti également un drapeau des Etats-Unis (qui devrait présenter 48 étoiles), et un autre, du Commonwealth, avec l'Union Jack dans le canton.

 


 

"Three wounded Canadians with French Sister of Mercy, Hotel Dieu, Valenciennes" Nov 1918
Trois blessés Canadiens avec une sœur française de la Charité, Hôtel-Dieu.

 

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L’intérêt de cette photo est aussi de nous montrer des blessures "légères", mais qui retiraient le soldat du front et que l'on a tendance à mettre de coté : joue, crâne, main...

 


 

"Wounded Canadian with Nun and little French girl in Valenciennes." Nov. 1918. 
Canadien blessé avec une religieuse et une petite fille Française à Valenciennes.

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"A Fort Garry Horse Trooper who was with the squadron which made the well known charge at Cambrai, November, 1917. "
Un soldat du Fort Garry Horse qui était avec l'escadron qui a effectué la charge bien connue à Cambrai en Novembre 1917.

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"Meets a comrade in Valenciennes. He escaped from the enemy a few days ago, when he at once changed his khaki for civilian clothes and was passed by the Germans as a French Civilian". Nov. 1918.
Rencontre avec un camarade à Valenciennes. Il s'est échappé des mains de l'ennemi, il ya quelques jours, quand il a échangé son uniforme pour des vêtements civils ets'est fait passer auprès des Allemands pour un civil français.
     L'homme en tenue arbore en effet les écussons du "Fort Garry Horse" composante de la 1ère Brigade de Cavalerie.

FGH

Pour le récit de cette charge, voir la transcription du War Diary
L'unité, devenue Fort Garry Horse tank regiment, à participé avec ses blindés au débarquement à Juno Beach le 6 juin 1944.

 
 


   Quelques jours avant la libération les rues étaient encombrées de convois : occupant commençant la retraite, et surtout population déplacée vers le nord ; on distingue à gauche devant le soldat allemand de dos une pancarte "Fliegerdeckung" : Abri anti-aérien pour 40 personnes dont l'entrée est creusée dans  le trottoir au niveau du soupirail du n° 60.

retraite allemande rue de mons

     Par chance, on est encore en ville, mais une fois sur la route de Mons ce sera l'exode, avec toute sa cuauté. Je reprends quelques lignes du livret de Marcel BOUILLON :

      Tout le long de la route pêle-mêle avec l’armée allemande en retraite, c’est un défilé ininterrompu d’évacués, il pleut et ces malheureux s’esquintent à traîner leurs poussettes et leurs brouettes par la pluie et dans la boue épaisse souvent de 20 à 30 centimètres, car le pavé de la route est réservé aux chariots, aux hommes et aux chevaux de l’armée allemande et à chaque instant les évacués sont rejetés sur les côtés de la route où leurs poussettes enfoncent jusqu’à l’essieu et souvent se brisent.

Dans ce cas arrivé à des centaines de personnes, les malheureux propriétaires désolés, n’ont plus qu’à abandonner leur véhicule dans le fossé avec son chargement, souvent toute leur fortune qu’ils ont eu tant de peine à amener jusque là.

     Spectacle plus triste encore, à chaque pas on rencontre, assis sur l’herbe mouillée de fossés, des malades incapables d’aller plus loin, attendant un secours problématique, ou la mort qui sera pour eux, une délivrance.

Et toujours sur la roue, la longue cohorte des soldats et des évacués, poussés par la fatalité, marchent jusqu’à l’épuisement de leurs forces pour arriver le soir à un gite problématique, car ils savent que beaucoup d’entre eux, ne trouveront même pas une grange pour se mettre à l’abri et devront coucher dehors ; aussi combien parmi eux ne reverront jamais leur maison.

     La photo est prise Rue de Mons, en regardant vers la ville. Les grandes maisons du fond disparaitront à la guerre suivante lors de l'incendie de 1940 avec une bonne partie du centre ville, mais le reste n'a pas changé :

Rue de MonsTN


     Il existe une série de photos édités en Allemagne : Der deutsche Rückzug im Westen (La retraite allemande à l'ouest), dont une reproduisant cette même photo.
Elle est intitulée - de façon à mettre le comportement de l'occupant en valeur - : "Vor der englischen Beschiessung in Sicherheit gebrachte Zivil bevölkerung auf dem Transport durch Valenciennes". Devant le bombardement anglais, la population civile est amenée en sécurité par transport à travers Valenciennes. Intitulé à rapprocher des listes des "Victimes de leurs compatriotes".