Extraits du livre de René Delame : "Valenciennes Occupation allemande 1914-1918. Faits de guerre et souvenirs" Hollande & Fils ed. 1933

 

PRISONNIERS DE GUERRE



1er mai 1915. - Mille prisonniers Russes arrivent et sont logés à la caserne Vincent. Ce sont des hommes bien bâtis, qui viennent travailler à la démolition des usines, réparer les routes et s'occuper des travaux des champs.
D'autres arrivent à Trith pour charger les minerais qui sont expédiés à Hambourg.
Ceux-là sont dans un état pitoyable, les uns avec des manteaux anglais, d'autres avec des képis français : ils font peine à voir.
Ces malheureux meurent de faim et demandent : " Pain! Pain! " Sur la route, les braves gens qui veulent partager avec eux sont brutalement repoussés par les Allemands. On mettait parfois avec intention, dans les bacs à ordures, devant les portes, des morceaux de pain sur le passage de ces malheureux prisonniers ; mais dès qu'ils voulaient s'en emparer, les soldats allemands les repoussaient avec brutalité.

Le 22 Juin 1915. - Nous arrivent 1.500 prisonniers, dont la plupart sont Russes. Ils viennent faire la moisson, et sont, comme tous ceux que nous avons vus, dans un état lamentable.

Le dimanche 27 juin 1915. - Nous arrivent 250 prisonniers venus de Havelburg. La dévouée Mme Besnard passa la matinée avec ces malheureux, qui étaient dans un état pitoyable. Ils étaient partis du camp le lundi, s'étaient arrêtés deux jours à Malmédy, pendant lesquels ils n'eurent pour toute nourriture qu'un peu de café et un morceau de pain. Ils seraient morts de faim si ce séjour s'était prolongé.
Dans ce camp, ils étaient environ 7.000 : Russes, Polonais, Belges, Anglais. Ils n'y étaient pas trop maltraités, mais souffraient de la faim, étant trop faibles pour travailler.
Rien ne peut décrire l'état de saleté dans lequel ils se trouvaient. Chemise usée, sans couleur, vêtements déchirés, souliers éculés, enfin la misère la plus complète.

Le mardi 9 novembre 1915. - M. Guérin étant de passage à Valenciennes, nous dit qu'il rentrait de Berlin où il était allé traiter avec le Gouvernement allemand l'échange de prisonniers. Il avait pu visiter cinq camps, et avait trouvé nos compatriotes en assez bon état, mais seulement lorsqu'ils recevaient des colis, car la nourriture était insuffisante. Le ravitaillement des Anglais était, par contre, très bien organisé, les prisonniers étant nourris par le régiment auquel ils appartenaient. Par contre, les pauvres Russes n'étant aidés de personne, étaient dans un état lamentable. M. Guérin avait pu faire changer quelques chefs, vraiment trop durs avec leurs prisonniers.

Janvier 1916 -ENFANTS DE FRANCE


Voici une petite histoire qui mérite d'être contée : elle est bien française dans sa courageuse simplicité.
Un groupe de prisonniers russes, hâves, décharnés, misérables, traversait les rues de Vieux-Condé au moment où les garçons entraient à l'école, ayant presque tous leur goûter en mains.
Les pauvres prisonniers mourant de faim, en voyant leurs tartines, ne purent s'empêcher d'exprimer leur fringale par le geste. Il n'en fallut pas davantage pour toucher le bon cœur des petits écoliers. D'un élan spontané, tous ceux qui avaient des tartines se précipitèrent et les donnèrent aux prisonniers, bien que ce fût défendu. Les soldats de l'escorte les chassèrent et, comme une nuée de moineaux effarouchés, ils disparurent dans la cour de l'école.

A peine y étaient-ils entrés qu'un sous-officier allemand y fit irruption et, d'une voix terrifiante, leur cria en mauvais français : " Qui a donné du bain aux prisonniers? Lefez la main, ceux-là iront en prison ".
Sans hésiter, tous levèrent la main.
L'Allemand, un peu déconcerté par cette généreuse unanimité, hésita, puis, d'une plus forte voix encore, reprit : " Ah! fous avez tous tonné du bain ; levez la main ceux qui promettent de ne plus en tonner aux Russes, les autres iront trois jours en prison ".
Pas une main ne se leva.
L'Allemand, cette fois, fut stupéfait, et leur infligea à tous trois jours de prison dans l'école. Calmes comme de vieux braves, sans baisser la tête ni les yeux, un petit sourire bien français au coin des lèvres, tous les écoliers croisaient les bras sans plus attendre, et firent leur punition sans murmurer!

PRISONNIERS RUSSES -1916


Le 4 mars 1916, j'assistai à un bien triste spectacle sur la place des Tramways.
Trois cents prisonniers Russes qui, depuis trois jours, étaient enfermés dans nos Académies, mourant littéralement de faim, attendaient le tramway pour aller travailler à la démolition des usines dans les environs. Immédiatement, sans se préoccuper des représailles, les commerçants et les personnes présentes donnèrent ce qu'ils pouvaient à ces malheureux affamés qui se battaient pour ramasser ce qu'on pouvait leur jeter. Heureusement, aucun incident ne se produisit, tandis que la veille, à Saint-Saulve, en face de la propriété de M. Ch. Dubois, une femme ayant donné au passage un morceau de pain à un pauvre prisonnier, fut sur-le-champ rouée de coups, à la grande indignation des passants, qui ne purent intervenir.
Le lendemain, voulant voir ce qui s'y passait, je pus entrer aux Académies. Ces misérables Russes attendaient avec patience leur pauvre pitance. La cour était transformée en cuisine ; une grande chaudière étant enterrée dans le sol, le tirage se faisait par une cheminée improvisée.
Afin de ne rien perdre, le cuisinier, à plat ventre, ramassait le fond de cette chaudière crasseuse.
Dans les salles des Académies, de la mauvaise paille leur servait de litière. Aussi, vivaient-ils dans une saleté repoussante.
Le Maire, M. Tauchon, fit, à la suite de ces scènes déplorables, une démarche auprès de la Commandature, afin de permettre à la population de remettre des vivres aux Russes affamés.
Une jeune femme, causant le russe, put leur parler, et ces malheureux décrivirent la situation lamentable dans laquelle ils vivaient, ayant été quatre jours sans manger avant l'arrivée à Valenciennes.
Mais le commandant ne se laissa pas convaincre, et rien ne fut changé à la situation.
Ces prisonniers Russes furent employés par les Allemands pour abattre les arbres dans la forêt de Raismes. Sur l'ordre de la Commandature, à partir du lundi 20 mars, à midi, les prisonniers civils en détention préventive au patronage Saint-Nicolas et à l'Hôtel de Ville furent nourris aux frais de la Ville.

PRISONNIERS RUSSES -1917


Le lundi 23 janvier 1917, les écoles du faubourg de Lille furent réquisitionnées, après avoir licencié les élèves, pour recevoir quatre cents prisonniers Russes. Ils arrivèrent par un temps glacial, dans un état lamentable, pour travailler au quai d'embarquement de Saint-Saulve et à la nouvelle voie raccorl1ant la ligne de Quiévrain à celle de Maubeuge, sans passer par la gare de Valenciennes : ils devraient ensuite coopérer à la destruction des usines.
A Saint-Saulve, les écoles furent également licenciées pour en recevoir deux cents ; en même temps, arrivaient au Poirier deux cents ouvriers civils pour extraire du gravier.
Les prisonniers Russes de Saint-Saulve, sans feu et sans nourriture, furent très particulièrement éprouvés. Ils ramassaient les pommes de terre pourries et les tiges de choux en bordure des champs, car ils mouraient littéralement de faim.
Voyant M. Grosjean, mari de l'institutrice, couper une betterave pour ses lapins, ils la lui demandèrent pour la manger crue. Ils étaient en haillons, et la plupart les pieds nus dans des sabots. Malgré leur mauvais état de santé, ils devaient marcher, car les soldats qui les escortaient les frappaient avec leur sabre.
Indignée, une dame ne put s'empêcher de leur dire : " Sales bêtes ". Son nom fut relevé, et elle fut punie sévèrement.
Dans l'impuissance où nous étions de les soulager, et ne pouvant les approcher, quelques personnes compatissantes jetaient du pain sur leur passage, lorsqu'ils se rendaient au travail. Ce fut alors des scènes terribles : ces hommes se battaient comme des sauvages pour ramasser ces quelques morceaux de pain.
Dans la nuit du 26 janvier 1917, quelques-uns, mourant de faim, escaladèrent le mur de l'école du faubourg de Lille où ils étaient enfermés, et se battirent avec le poste qui, ayant reçu du renfort, les fit rentrer à coups de crosses.
Partis mille de Russie, ils n'étaient plus, quelques semaines plus tard, que six cents.
A la suite de ces privations, six moururent à l'école de Saint-Saulve, au milieu de leurs camarades, sans recevoir aucun soin : deux des cadavres restèrent toute la journée du dimanche 28 janvier 1917 dans le couloir de l'école, exposés sans cercueil.
Les membres de la Croix-Rouge française ayant été avertis qu'à quatre heures avait lieu l'enterrement des deux Russes, se rendirent à l'Hôpital ; mais il fut impossible de trouver les corps, et ils durent rentrer chez eux.
Ces prisonniers étaient dans un état lamentable ; leurs vêtements étaient en lambeaux, ils les raccommodaient comme ils pouvaient avec des morceaux de couvertures retenus avec des ficelles, qui laissaient voir leurs membres à nu.
A Denain, le commandant défendit également que la population leur vînt en aide, prétextant, ce qui était faux, que le gouvernement russe avait laissé mourir de faim mille sept cents officiers allemands.
Tous les jours je voyais passer devant moi ces malheureux Russes, se soutenant les uns les autres, alors qu'ils revenaient de Trith où ils travaillaient au démontage des usines du Nord et de l'Est, ce qui leur faisait chaque jour plus de 15 kilomètres de chemin. A les voir, on se serait cru au temps le plus reculé de l'esclavage. Il est impossible de décrire ce groupe d'infortunés, encadré de soldats allemands, suivis de gendarmes chargés de faire un procès à quiconque leur parlerait ou leur porterait secours.
En sortant, je rencontrai justement un agent de police portant des feuilles où étaient inscrites les condamnations de la justice allemande, car pour ménager leurs hommes, nos agents étaient obligés de faire signer aux intéressés les jugements qui les concernaient.
Sur l'une de ces feuilles, je lus : " Mme Derrenbourg, femme Lemaire, est condamnée à cent marks d'amende pour avoir voulu donner de l'argent aux prisonniers Russes qui passaient. "
Sur une autre :
" Mme Bare, Célestine, est condamnée à cent cinquante marks d'amende pour avoir donné un morceau de pain aux prisonniers Russes qui passaient. ".

Le 13 février 1917, sur le pont Jacob, passait un groupe de prisonniers Russes, encadrés de soldats allemands. Les regardant passer, la jeune Dufont, âgée de seize ans, habitant le coron Miroux, mangeait un morceau de pain, Les prisonniers, affamés, regardaient avec convoitise cette " tartine " La jeune fille s'en aperçut et voulut la leur donner, mais le gendarme l'en empêcha, lui disant :
" Prison ".
Elle lui répondit : " Égal ", et la leur donna quand même.
Elle fut condamnée à trois semaines de prison. Que de braves enfants comme elle auraient droit à la reconnaissance française!
Chaque fois que je voyais passer ces malheureux, j'avais l'âme remplie de tristesse. Il se forma alors un Comité pour essayer de les soulager et leur venir en aide.
Tout ceci prouve bien la lâcheté et la morgue du Haut Commandement allemand, qui n'eut jamais osé traiter pareillement des prisonniers français, anglais ou américains, ceux-ci auraient pu se défendre et agir de représailles, tandis que les Russes étaient abandonnés de tous.

PRISONNIERS MASSACRES


Les prisonniers Russes qui démontaient les usines étaient de plus en plus malmenés ; c'est ainsi que le 9 mars 1917, l'un d'eux se rendant à l'usine du Nord et de l'Est, s'étant écarté de son groupe d'une dizaine de mètres pour prendre un morceau de pain, fut appréhendé par la sentinelle. Le malheureux se mit à genoux pour s'en excuser et, au moment où il relevait la tête, Je soldat le mit en joue et le tua à bout portant. Il fut transporté à l'hôpital sur une brouette, sans même être recouvert.

RAVITAILLEMENT DES PRISONNIERS


Le 15 mars 1917, nous voyions arriver de Belgique quatre cents ouvriers civils qui venaient démonter les usines. Par ironie, ils avaient mis leur chapeau haut de forme : ils furent dirigés sur Marly, encadrés de soldats allemands. En juin, la ville recevait pétitions sur pétitions venant de différentes communes, demandant à ce que l'on secourût les prisonniers Russes et Anglais, qui étaient dans un état lamentable et que l'on ne pouvait approcher. A Condé, M. Pureur réclamait pour cent cinquante Russes qui étaient dans la misère la plus complète ; à Denain, trois cents Anglais mouraient de faim. Un jour, une femme mangeait un morceau de pain sur sa porte : un Anglais se précipita et le lui prit des mains pour le dévorer. La sentinelle roua de coups cette femme et la mit en prison. A Raismes, quatre cent soixante-huit Anglais étaient également dans la plus grande détresse. Les habitants essayèrent par tous les moyens possibles, au risque d'être mis en prison, de soulager ces martyrs, ce qui fut très difficile et périlleux.

Le 26 juin 1917, arrivaient à Saint-Saulve, cent cinquante Anglais mourant littéralement de faim. Ils furent logés dans les écoles, les maisons voisines ayant été évacuées afin d'empêcher toute communication. Une femme qui voulut leur passer un paquet de cigarettes fut mise en prison pour vingt-huit jours. Tous faisaient peine à voir ; les Anglais, avec leurs vêtements en lambeaux, ne se laissaient pas abattre comme les Russes, et ils relevaient la tête avec fierté lorsqu'ils se rendaient au travail, encadrés de soldats allemands. Nous les admirions, mais nous étions très attristés de ne pouvoir leur venir en aide.
A Saint-Amand, le jeune Lartoir, âgé de treize ans, fut condamné à vingt et un jours de cellule, au pain et à l'eau, pour avoir donné une cigarette à un prisonnier. Il fut si malmené dans son cachot, qu'il rentra chez lui dans un état lamentable.


A la réunion du Comité régional du 19 août 1917, la question du ravitaillement des prisonniers prit une telle proportion, MM. Turbot et Branquart durent intervenir, tout en nous laissant une grande latitude pour leur venir en aide.
M. Turbot avoua que la question était vraiment très difficile à résoudre.
M. Pureur ajouta qu'à Condé, les prisonniers Russes et Anglais étaient couchés sur des copeaux ou sur des lits de fer, dont les ressorts les martyrisaient les côtes. Deux cents vingt-cinq d'entre eux étaient déjà morts ; trois ou quatre succombent chaque jour d'inanition. Nous sommes obligés de leur venir en aide, en leur faisant une soupe dont les gardiens profitent. Nous ne pouvons cependant pas laisser mourir de faim tous ces malheureux qui se sont battus pour nous.
" Hier, ajouta-t-il, je me trouvais à la gare de Condé où les Russes embarquaient des chevaux. A proximité, se trouvait un champ de choux-navets, sur lequel ils se jetèrent comme des affamés. "
M. Davaine dit qu'à Maulde, les malheureux prisonniers avaient la dysenterie et qu'il y avait parmi eux une très grande mortalité.
M. Turbot termina la réunion en disant qu'il y avait là en effet une question d'humanité, que le Comité de district s'en rapporterait à la probité des Maires, qui établiraient une comptabilité régulière.

AMÉLIORATIONS DU STATUT DES PRISONNIERS


Le 15 novembre 1917
, les officiers qui nous arrivaient du front d'Ypres, nous apprirent que le nombre des morts était effrayant des deux côtés, mais que leur succès sur les Italiens et la révolution russe, leur avait rendu le courage et la confiance qui commençaient, avouaient-ils, à s'ébranler.

En effet, nous remarquons que les prisonniers Russes étaient désormais mieux nourris, et qu'on leur procurait des vêtements : on semblait en un mot, ne plus les considérer comme des prisonniers de guerre.
Par contre, nous voyons passer en gare les malheureux prisonniers anglais, à peine vêtus par ce grand froid, et sans chaussures. Ils allaient, paraît-il, en Allemagne, un accord étant survenu entre les puissantes belligérantes pour que les prisonniers ne soient plus envoyés sur le front.
 
 


 

  •  A ces témoignages je peux rajouter celui de mère qui habitait "La Briquette" avec ses 3 soeurs et leur mère, mon grand-père ayant choisi de traverser les lignes en septembre 1914 pour rejoindre les troupes françaises ; en 1916 un des camps de prisonniers devait être voisin de leur maison, car elle racontait avoir été leur porter un peu de nourriture, ma grand'mère ayant été mise en joue à cette occasion par une sentinelle.


  • Les prisonniers Russes ne disposaient, pour remercier ceux qui osaient leur venir en aide, que de menus objets de bois, réalisés au couteau à partir de morceaux de bois de petite taille. Ma famille a conservé ceux que ma mère et mes tantes ont reçus :

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    Le verso porte la date : 1916 et le nom du prisonnier en cursives cyrilliques, qui pourrait être Костецкий Иван  décédé le 29/03/1918 ( Le prénom est certain)

  • Un certain nombre de ces prisonniers sont inhumés au cimetière St Roch de Valenciennes entre le cimetière britannique et le carré français :
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    • Un monument est dédié à "CEUX QUI ONT DONNE LEUR VIE POUR LEURS AMIS 1914-1918" A laquelle une plaque a été rajoutée en 2012
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    • Il remplace un monument original, inauguré en 1927 avec participation du Metropolite Euloge et de l'Ataman des Cosaques du Don Bogaewsky, et dont on ne sait ce qu'il est devenu (détruit lors de la 2nde Guerre ?)
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    • Les 212 tombes du cimetière,  marquées "MORT POUR LA PATRIE"  de 3 Roumains et 207 Russes dont 3 sous-officiers, ainsi qu'1 Hongrois et 1 Serbe inhumés en 1943. (photos de l'auteur).

       tombes russes

    • La liste chronologique, 17 d'entre eux n'ont pas de date de décès précise, l'un des soldats Roumains est inconnu:
      NOM Prénom Inscription Date de décès
      KOTOWITSCH Fr. SOLDAT RUSSE 13-5-1916
      POLAKOW Gregori SOLDAT RUSSE 31-5-1916
      JAMENEKO Lymitri PRISONNIER GUERRE RUSSE 5-12-1916
      BINECK Jan SOLDAT RUSSE 26-2-1917
      TSCHURUM Karp SOLDAT RUSSE 26-2-1917
      MUSTEKISCH Josef SOLDAT RUSSE 1-3-1917
      SSANNASENKO Gregori SOLDAT RUSSE 1-3-1917
      MINDOROSC Willi SOLDAT RUSSE 3-3-1917
      RATSCHOWSKI Konstantin GEFR. RUSSE 4-3-1917
      DORAKOW Pietr SOLDAT RUSSE 5-3-1917
      JAKONENKO Michael SOLDAT RUSSE 9-3-1917
      PASCHA Stephan SOLDAT RUSSE 9-3-1917
      CHANANOW Abdul SOLDAT RUSSE 12-3-1917
      BARANZEWITSCH Semen GEFR. RUSSE 14-3-1917
      WJATSCHESLAW Anton SOLDAT RUSSE 15-3-1917
      KOSTOLOMOW Iwan SOLDAT RUSSE 16-3-1917
      SKORIK Toma SOLDAT RUSSE 16-3-1917
      SATYSCHOW Rogin SOLDAT RUSSE 18-3-1917
      PASCHELN Michay SOLDAT ROUMAIN 19-3-1917
      APTIKAJEM Chavafislam SOLDAT RUSSE 19-3-1917
      KARPUNIN Friedrich SOLDAT RUSSE 22-3-1917
      SISOJEW Alexy SOLDAT RUSSE 22-3-1917
      BOZKAROW Wassili SOLDAT RUSSE 23-3-1917
      WJALKOW Iwan SOLDAT RUSSE 23-3-1917
      JAKOLOW Alexy SOLDAT RUSSE 25-3-1917
      SCHIPILOW Simon SOLDAT RUSSE 25-3-1917
      KALIMIN Iwan SOLDAT RUSSE 26-3-1917
      DANILOW Daniel SOLDAT RUSSE 29-3-1917
      SIDOROW Dimitri SOLDAT RUSSE 30-3-1917
      LEONTJEW Stefan SOLDAT RUSSE 31-3-1917
      SMIRNOW Nikolei SOLDAT RUSSE 1-4-1917
      TSCHERNOLICHOW Natrofan SOLDAT RUSSE 1-4-1917
      KOLITSCHROW Iwan SOLDAT RUSSE 3-4-1917
      GLODURAN Foror SOLDAT ROUMAIN 5-4-1917
      FUROW Mark SOLDAT RUSSE 6-4-1917
      RISCHKOW Osig SOLDAT RUSSE 6-4-1917
      SERELNAKOW Jakob SOLDAT RUSSE 11-4-1917
      KROPATIOW Iwan SOLDAT RUSSE 12-4-1917
      SCHOLTUNOW Luka SOLDAT RUSSE 12-4-1917
      LEBETJEW Nikolae SOLDAT RUSSE 17-4-1917
      SILBER Leiba SOLDAT RUSSE 17-4-1917
      DERAWEZNIKO Nikolai SOLDAT RUSSE 18-4-1917
      KONOPLITZKI Timosei SOLDAT RUSSE 18-4-1917
      JEWTUSCHENKO Teodor SOLDAT RUSSE 21-4-1917
      SSITNIK Iwan SOLDAT RUSSE 22-4-1917
      BULKA Cerasim SOLDAT RUSSE 23-4-1917
      DAGEL Edouard SOLDAT RUSSE 23-4-1917
      DJAKOW Iwan SOLDAT RUSSE 23-4-1917
      GLEISER Anton SOLDAT RUSSE 25-4-1917
      KURBATOW Sergei SOLDAT RUSSE 26-4-1917
      POPENKO Abraham SOLDAT RUSSE 27-4-1917
      GERGELUK Peeter SOLDAT RUSSE 29-4-1917
      GORDEJENKO Toma SOLDAT RUSSE 29-4-1917
      KIMTSCHIK Theodor SOLDAT RUSSE 29-4-1917
      PIENKO Trofim SOLDAT RUSSE 30-4-1917
      KOSLOW Daniel SOLDAT RUSSE 1-5-1917
      DAYKON Nikolai SOLDAT RUSSE 2-5-1917
      PRATOSENKO Afanasi SOLDAT RUSSE 2-5-1917
      ZYMBAL Tifano SOLDAT RUSSE 3-5-1917
      TRATSCHOW Wassili SOLDAT RUSSE 4-5-1917
      MIESTALEWSKI Julian SOLDAT RUSSE 6-5-1917
      KOTSCHERGIN Piotre SOLDAT RUSSE 8-5-1917
      NAPORKA Theodor SOLDAT RUSSE 9-5-1917
      ZIWINSKI Iwan SOLDAT RUSSE 9-5-1917
      SKOROCHODOW Iwan SOLDAT RUSSE 11-5-1917
      JASCHINSKY Josef SOLDAT RUSSE 14-5-1917
      TROFFINOW Timofe SOLDAT RUSSE 17-5-1917
      SCHESTER Iwan SOLDAT RUSSE 19-5-1917
      IAGODIN Fedoro SOLDAT RUSSE 20-5-1917
      MEDWEDOW Arefi SOLDAT RUSSE 21-5-1917
      PESSENKO Theodor SOLDAT RUSSE 23-5-1917
      SWASKO Iwan SOLDAT RUSSE 24-5-1917
      MAMAJEW Trofim SOLDAT RUSSE 25-5-1917
      GRIGORIEW Nikolai SOLDAT RUSSE 27-5-1917
      RUBIN Luka SOLDAT RUSSE 27-5-1917
      KAIDA Trofim SOLDAT RUSSE 28-5-1917
      IWANOW   SOLDAT RUSSE 29-5-1917
      MAKEWITSCH Jakob SOLDAT RUSSE 29-5-1917
      SLONOW   SOLDAT RUSSE 29-5-1917
      KERELENKO Moissi SOLDAT RUSSE 30-5-1917
      BROWENKO Iwan SOLDAT RUSSE 2-6-1917
      SCHLASIN Pawel SOLDAT RUSSE 2-6-1917
      SOSNOWOSKI Stanislaw SOLDAT RUSSE 2-6-1917
      SOSNOWOSKI Stanislaw SOLDAT RUSSE 2-6-1917
      TESCHELSKY Siegmund SOLDAT RUSSE 3-6-1917
      LEPINO Neita SOLDAT RUSSE 5-6-1917
      SEROW Trofim SOLDAT RUSSE 5-6-1917
      MASTENKO Maxim SOLDAT RUSSE 6-6-1917
      POPOW Iwan SOLDAT RUSSE 8-6-1917
      DEMJANOW Michaib UTFFZ RUSSE 11-6-1917
      SUWAK Ludwig UTFFZ RUSSE 15-6-1917
      DELGIN Igor SOLDAT RUSSE 16-6-1917
      SMAGIN Iwan SOLDAT RUSSE 16-6-1917
      TYRLOW Konstantin SOLDAT RUSSE 16-6-1917
      GOLOWKA Peter SOLDAT RUSSE 18-6-1917
      KUJASEW Michael SOLDAT RUSSE 18-6-1917
      TASCHKINOW David SOLDAT RUSSE 20-6-1917
      KAZANZOW Stephan SOLDAT RUSSE 21-6-1917
      NIESTIEROW Iwan SOLDAT RUSSE 23-6-1917
      RISTOWSKI Vikenti SOLDAT RUSSE 25-6-1917
      PODMARILOW J SOLDAT RUSSE 2-7-1917
      SCHMUT Iwan SOLDAT RUSSE 6-7-1917
      TEMTSCHUK Philipp SOLDAT RUSSE 6-7-1917
      ILOUCHIN Iwan SOLDAT RUSSE 8-7-1917
      INOSIENZOW Michael SOLDAT RUSSE 8-7-1917
      TSCHERNAUS Prokof SOLDAT RUSSE 12-7-1917
      KARASIWITSCH Franz SOLDAT RUSSE 20-7-1917
      ROBROW Leon SOLDAT RUSSE 21-7-1917
      KOHWELIS Stanislaus SOLDAT RUSSE 22-7-1917
      GOSTJEW Nikitri SOLDAT RUSSE 23-7-1917
      MEMSER Raphaël SOLDAT RUSSE 28-7-1917
      SOLOMKA Kirill SOLDAT RUSSE 28-7-1917
      TURKIN Konstantin SOLDAT RUSSE 29-7-1917
      ISCHTYKOW Simon SOLDAT RUSSE 30-7-1917
      BERENATZKI Jacob SOLDAT RUSSE 1-8-1917
      KLEUFF Iwan SOLDAT RUSSE 1-8-1917
      BESTUSCHOW Iwan SOLDAT RUSSE 3-8-1917
      OSTROWSKI Anton SOLDAT RUSSE 4-8-1917
      MOSKONZEW Iwan SOLDAT RUSSE 6-8-1917
      BOGATELOFF Iwan SOLDAT RUSSE 9-8-1917
      TURKIN Kulma SOLDAT RUSSE 12-8-1917
      DUNITSCHENKOW Nikolay SOLDAT RUSSE 16-8-1917
      FILIPKIN Dimitri SOLDAT RUSSE 16-8-1917
      ISAKOW Timofe SOLDAT RUSSE 17-8-1917
      ROMANOSKY Thomas SOLDAT RUSSE 19-8-1917
      BRUSCHIMIN Wassili SOLDAT RUSSE 25-8-1917
      MALAMUSCHOW Feodor SOLDAT RUSSE 27-8-1917
      HOLOBIN Sergei SOLDAT RUSSE 30-8-1917
      SCHOLPOAKOW Michael SOLDAT RUSSE 3-9-1917
      KOLESNIK Afanasi SOLDAT RUSSE 5-9-1917
      MALZEW Ossig SOLDAT RUSSE 5-9-1917
      ANTIPENKO Dimitri SOLDAT RUSSE 8-9-1917
      CHOMTSCHUK Hold SOLDAT RUSSE 8-9-1917
      POPOW Michael SOLDAT RUSSE 8-9-1917
      IWANOW Iwan SOLDAT RUSSE 10-9-1917
      MASUR Pawel SOLDAT RUSSE 10-9-1917
      ROMANOW Konstantin SOLDAT RUSSE 10-9-1917
      TOLKATSCHOW Jakob SOLDAT RUSSE 10-9-1917
      GAWLOWSKY Peter SOLDAT RUSSE 14-9-1917
      MAJERENKO Iwan SOLDAT RUSSE 15-9-1917
      SACHAROW Jakob SOLDAT RUSSE 21-9-1917
      GADOLOW Sergey SOLDAT RUSSE 22-9-1917
      SARUBIN Iwan SOLDAT RUSSE 22-9-1917
      NELUBON Dimitri SOLDAT RUSSE 23-9-1917
      LOSCHKIN Gorde SOLDAT RUSSE 24-9-1917
      ALEXEJEW Luka SOLDAT RUSSE 25-9-1917
      BUJAKIN Wassili SOLDAT RUSSE 25-9-1917
      NASAROW Wassili SOLDAT RUSSE 27-9-1917
      BASCHLIKOW Miron SOLDAT RUSSE 28-9-1917
      STRELNIKOW Wassili SOLDAT RUSSE 28-9-1917
      PETROW Peter SOLDAT RUSSE 1-10-1917
      SCHMATOW Feodor SOLDAT RUSSE 1-10-1917
      SHINKARENKO Jakob SOLDAT RUSSE 1-10-1917
      SOLOTUCHIN Teodor SOLDAT RUSSE 6-10-1917
      JEGEROW Simon SOLDAT RUSSE 9-10-1917
      POMOTUCHIN Wassili SOLDAT RUSSE 9-10-1917
      DOLGALOW   SOLDAT RUSSE 13-10-1917
      KOSTSCHEJEW Prokofi SOLDAT RUSSE 14-10-1917
      ANDREEW Jedokin SOLDAT RUSSE 16-10-1917
      BOGDANOW Dimitri SOLDAT RUSSE 19-10-1917
      ALIKIN Moisef SOLDAT RUSSE 30-10-1917
      SOLDAT INCONNU   ROUMAIN 8-11-1917
      MARUSSOW   SOLDAT RUSSE 8-11-1917
      ANDRJUSCHENKO   SOLDAT RUSSE 11-11-1917
      WOROCHOBOW Iwan SOLDAT RUSSE 15-11-1917
      DOWSCHENKO Wassili SOLDAT RUSSE 22-11-1917
      TSCHNIKOW Gregory SOLDAT RUSSE 22-11-1917
      SIBIROW Iwan SOLDAT RUSSE 24-11-1917
      KASPAROWISTH Joh SOLDAT RUSSE 28-11-1917
      SENTSCHENKO Nikita SOLDAT RUSSE 4-12-1917
      POLTARAK Pjotz SOLDAT RUSSE 13-12-1917
      OLIFSENKO Iwan SOLDAT RUSSE 4-1-1918
      GORA Jurka SOLDAT RUSSE 14-1-1918
      BELAN Daniel SOLDAT RUSSE 21-1-1918
      KAMINSKI Vikenti SOLDAT RUSSE 5-2-1918
      ROSIJEW Niken SOLDAT RUSSE 9-2-1918
      DANILOW Dimitri SOLDAT RUSSE 9-3-1918
      SEREDA Efim SOLDAT RUSSE 22-3-1918
      KOSTEZKI Iwan SOLDAT RUSSE 29-3-1918
      PETROW Melashwai SOLDAT RUSSE 4-4-1918
      TOLSTIAKOW Sergey SOLDAT RUSSE 6-4-1918
      LJURTSCHIK Damian SOLDAT RUSSE 29-4-1918
      DAMLJUK Nikolai SOLDAT RUSSE 6-5-1918
      RUKIN Stephan SOLDAT RUSSE 16-5-1918
      MANTSCHENKOW Stephan SOLDAT RUSSE 30-5-1918
      SCHPIRJUCK Iwan SOLDAT RUSSE 2-6-1918
      SPRUN Peter SOLDAT RUSSE 24-6-1918
      ANISKOWETZ Stephan SOLDAT RUSSE 30-6-1918
      FOMENKO Pawel SOLDAT RUSSE 15-7-1918
      TOKOR Foma SOLDAT RUSSE 16-7-1918
      NAGORNY Alfanaey SOLDAT RUSSE 18-7-1918
      KARPIERKA Pieter SOLDAT RUSSE 19-7-1918
      SELITZKI Feodor SOLDAT RUSSE 22-7-1918
      VUJNOVIEU Mihajin SERBE 13-2-1943
      ANTIJ Ilija HONGROIS 19-5-1943
      BORMUTOW Peter SOLDAT RUSSE 1914-1918
      BUDAL   SOLDAT RUSSE 1914-1918
      FOMENKO Stephan SOLDAT RUSSE 1914-1918
      GUSSEW Demjam SOLDAT RUSSE 1914-1918
      IWANOW   SOLDAT RUSSE 1914-1918
      JUDIN Sergei SOLDAT RUSSE 1914-1918
      KRASSORA Semion SOLDAT RUSSE 1914-1918
      KUSMENZUK Theodor SOLDAT RUSSE 1914-1918
      LOKIN   SOLDAT RUSSE 1914-1918
      MACIKAWITSCH   SOLDAT RUSSE 1914-1918
      PEREGRINOW Andrey SOLDAT RUSSE 1914-1918
      PIROSCHKOW Iwan SOLDAT RUSSE 1914-1918
      POLONSKI   SOLDAT RUSSE 1914-1918
      SCHEWTSCHENKE   SOLDAT RUSSE 1914-1918
      SCHTSCHEPAHJAK   SOLDAT RUSSE 1914-1918
      SIMACHER   SOLDAT RUSSE 1914-1918
      SELEZNEOW Peter UTFFZ. RUSSE 1914-1918

 

 Le site  в 1914-1918 гг., военнопленных Русского  regroupe les noms des soldats et prisonniers Russes inhumés en France.

 

       De très nombreux noms à consonance russe apparaissent dans les registres de décès de Condé-sur-l'Escaut, notamment en 1917.  Les difficultés dues à la transcription souvent phonétique rend très difficile la localisation de leurs tombes, si tant est qu'elles aient été conservées.