Mise à jour du 19/09/2016

    J'emploie a dessein pour le titre le terme de la Gazette des Ardennes pour sa rubrique quasi-quotidienne :

VDLC

     Il n'est pas possible de citer tous les noms parus, mais je relève ici ceux qui traitent du valenciennois.

 

     Publication du 20 août 1916 :

A BLANC-MISSERON (Nord)

Le 12 août 1916

 

  • LAMOTTE Henri, 35 ans, tué.

  • MARISSAL Victor, 59 ans, tué.

  • DUÉE Gilbert, 13 ans, tué.

  • DUÉE Paul, 10 ans tué.

  • DUÉE Auguste, 48 ans, blessé.

  • DUÉE Marcel, 7 ans ½ , blessé.

  • GENIN François, 40 ans ½ , blessé.

  • La femme FREMERY-GAUCHER Zelia, 55 ans, blessée.

  • NAVEAU Octave, 43 ans, blessé.

  • MORY Nestor, 51 ans, blessé.

  • STORDEUR Victor, 25 ans, blessé.
     

 

     Blanc-Misseron n'est pas une commune, c'est un quartier bien connu car lieu d'implantation de nombreuses industries, dont ferroviaires, à cheval sur Crespin et Quièvrechain, deux communes voisines limitrophes de la Belgique. Le nom viendrait d'un misseron (moineau en patois) blanc comme neige, dont Charles Deulin raconte l'histoire dans les Contes d'un buveur de bière, à lire sur Gallica. (Remarque : La source St Landelin n'est pas loin ;o) )

 


(cliquer pour accéder au site et à la suite de l'histoire)

 

     Le bois d'Amblise existe toujours, il a donné son nom à une aire de l'autoroute A2 qui le coupe, le chemin d'Amblise est à l'ouest de Crespin sur cet assemblage de plans du cadastre, le long de la frontière entre Crespin et Quarouble 3e commune qui est aussi limitrophe de Quiévrechain, la Belgique est à l'Est.

B-M

     La rue "Entre deux bois" est l'ancien chemin de Quarouble (à Crespin). Ces rues permettent, à partir des actes de décès, de localiser le lieu du drame. Je n'ai pu retrouver que 3 des 4 actes :

 

  • LAMOTTE Henri, né à Holain (Aisne) le 15/05/1881, décédé à Crespin au lieu-dit "Entre deux bois",

  • MARISSAL Victor, né à Quarouble le 20/04/1857, décédé à Quarouble au lieu-dit Amblise,

  • DUÉE Paul, né à Crespin le 8/08/1906, domicilié chemin d'Emblise à Quiévrechain y décédé :"tué par une bombe lancée par un aéroplane".

    Les heures de décés de ces 3 actes coïncident : 14h et 15h. Bien que l'acte de Paul Duée comporte une rature ("Gilb") je n'ai pas trouvé l'acte de Gilbert Duée : Paul avait un frère de ce prénom, né à Quarouble le 11/08/1903.

 

A noter qu'à Blanc-Misseron (Quiévrechain), la fonderie Ruelle, transformé en fabrique de munitions sera le théâtre d'une explosion le 1er juin 1918. Voir sur ce blog : Explosion à Quièvrechain

 


 

     Publication du 5 octobre 1916, des blessés à Anzin : la gazette pousse le souci du détail en citant pour chaque victime les membres de sa famille proche qui sont au front, ou prisonniers.

A ANZIN (Nord)

Le 2 Août 1916

  • LENNE Eugène, 19 ans, grièvement blessé. (Son père, Lenne Eugène, 43 ans, est soldat au 127e régimenet d'infanterie ; un oncle, Moriamoz [sic mais plus probablement Moriamez] Henri, est prisonnier de guerre ; un deuxième oncle, Moriamoz (sic) Léon est soldat au 127e régiment d'infanterie.)

  • LEGRAND Georges, 19 ans, grièvement blessé. (Son frère, Legrand Alfred, 28 ans, est soldat au 127e régiment d'infanterie.)

  • La femme PREAT Désirée, 57 ans, grièvement blessée. (Son fils, Preat Léon, 27 ans, est soldat au 40e régiment d'artillerie.)

  • CARLIN Noël, 55 ans, grièvement blessé. (A deux fils et un gendre dans l'armée française : Carlin François, 25 ans, Carlin Noël, 24 ans, tous deux soldats au 1er régiment d'infanterie, en garnison à Commercy ; son gendre Duchesne, 24 ans, est soldat au 127e régiment d'infanterie.)
  • DERBANNE Alexandre, 14 ans, grièvement blessé. (A un frère, Derbanne Henri, 22ans, soldat au 43e régiment d'infanterie ; un oncle, Godeau Clémence; 40 ans,soldat au 127e régiment d'infanterie et prisonnier de guerre.)

  • MARCHAND Gaston, 14 ans, légèrement blessé. (un de ses frères, Marchand Julien, 25 ans, est dans une colonne du train ; un deuxième frère, Marchand Emile, 19 ans ½ , est prisonnier civil ; un troisième frère, Marchand Henri, est soldat au 127e régiment d'infanterie ; son beau frère, Marianny Emile, 33 ans, est soldat au 91e régiment d'infanterie, en garnison à Mézières ; son oncle, Leuleu Félicien, 40 ans, soldat au 327e régiment d'infanterie, apparemment prisonnier de guerre au camp de Friedrichsfeld.)
  • TOMBA Hocine, 15 ans, légèrement blessé.
  • AVORTE Jules, 13 ans, légèrement blessé. (A un oncle qui est soldat dans un régiment d'infanterie en garnison à Nancy.)

     Les renseignements, qui, vu certaines imprécisions, semblent avoir été donné par les familles, mettent en évidence - pour nous qui les lisons 100 ans plus tard - l'implication des familles dans la guerre, et reposent la question de l'information dans les territoires occupés, question à laquelle répond très partiellement la Gazette des Ardennes, (notamment avec les listes de prisonniers), même si le but est multiple dans un journal émis par l'occupant.

 Voir le sujet sur la Gazette des Ardennes dans ce blog.

     La cause exacte n'est pas indiquée, mais Anzin étant situé loin du front, il est plus que probable que ce soit un bombardement aérien.

 


A SAINT-AMAND-LES-EAUX (Nord)

le 17 octobre 1916

 

  • QUESNOY Louis, 68 ans, tué. (Il avait un gendre, M. Flour, soldat dans l'armée française.)

  • HOUZÉ Émile, 33 ans, tué. (Il avait un frère soldat dans l'armée française.)

  • BRUON Edouard, 39 ans tué.

  • VERGIN Pierre, 50 ans, tué.

  • La femme VERGIN-MARCHAND Pauline, 42 ans, légèrement blessée.

  • La femme CHALANT-EDOUARD, 49 ans, légèrement blessée.

  • Veuve LEMAIRE-DHOTE Louise, 47 ans, légèrement blessée.

 

Les actes de décès à St-Amand donnent peu d'information

  • QUENOY Louis Arthur, né le 26/12/1848 à Bruille-lez-Saint-Amand, décédé en sa demeure 17 rue Gambetta.
  • HOUZÉ Émile Edouard, né le 03/08/1883 à St-Amand, décédé en sa demeure, Croix du Petit-Dieu, 37.
  • BRUON Édouard, né le 20/04/1877 à Ethe, province du Luxembourg (Belgique), décédé en sa demeure, 36 rue du Bruille.
  • VERGIN Pierre, né le 07/01/1867 à St-Amand, décédé en sa demeure, Croix du petit-Dieu, 37.

     Les lieux de décès (leurs domiciles, assez éloignés les uns des autres) ne permettent pas de déterminer un endroit pour ce qui a fort probablement été un bombardement aérien. Il faut souligner que la tenue de l'état civil était surveillée par l'occupant : au début de tels actes de décès étaient plus détaillés, puis beaucoup moins, ne nous laissant guère d'indice (de trace ?). Il faut parfois comprendre entre les lignes, quand, à Valenciennes par exemple, il est indiqué que l'acte est dressé sur ordre de la Commandanture, pour deviner qu'il s'agit d'un fusillé.

QUENOY, HOUZÉ et VERGIN figurent au monument aux morts de St-Aland : voir sur ce blog.

     A noter que la Croix du Petit-Dieu désignait un quartier où se trouve la placette éponyme du quartier du Moulin des Loups, à l'angle de la rue Roger-Salengro et du chemin de l'Empire. Là se trouvait comme à l'époque une grande croix, devant laquelle passaient les condamnés avant d'être emmenés au Mont du Gibet, situé au sud, un peu au-dessus de la rue de la Cense-au-bois. Voir une des gravures de l'album de Croy .

 


A VALENCIENNES

Dans la Gazette du 20 mai 1917 : bombardement du 2 mai 1917 : voir sur ce blog  suivre les années  pour 1918


 

 

Cette page est susceptible d'apports en fonction des parutions de la gazette.