Le 8 Novembre 1915 une affiche apparaissait à Valenciennes, énonçant le verdict d'un nouveau conseil de guerre  :

 


 

AVIS

 

Il est porté à la connaissance du public que le conseil de guerre du rayon de la Commandanture de Maubeuge a prononcé en date du 22 Octobre 1915, les arrêts suivants, contre les personnes ci-dessous énumérées pour s'être livrées à des actes d'espionnage, de recels d'espions, d'assistance à l'espionnage et des tentatives d'amener des soldats sur le front ennemi: 

Arrêts de mort 

 1. Daluin Eugène, surveillant dans une fabrique de machines aratoires, de Croix.
 2. Doucedame Achille, fonctionnaire des chemins de fer en retraite, de Cambrai.

15 ans de réclusion

 3. Vandamme Marie, née Laroche, de Maubeuge.

13 ans de réclusion 

 4. Lauridon Clémentine, née Nevejans, d'Avesnes-les-Aubert.
 5. Vandamme Auguste, employé d'une fabrique, à Maubeuge.

12 ans et demi de réclusion 

 6. Hublart Oscar, garde-voie, Louvroil.

12 ans de réclusion 

 7. Colenthier Henri, rentier, de Cambrai.
 8. Corbent Arthur, aubergiste, de Cambrai.

10 ans de réclusion

 9. Dauchez Marie, née Pontdieux, ménagère de Cambrai.
10. Dislaire Auguste, maire et fabricant, de Rieux.
11. Pierquin Paul, Tonnelier, de Hautmont.

2 ans et demi de réclusion

12. Woël Charles, de Cambrai.

3 ans de prison


13. Lestoquoy Henri, collégien, de Cambrai.
14. Fierquin Germaine, couturière, de Hautmont. 

D'autres personnes inculpées ont été acquittées de l'accusation d'espionnage.
Les arrêts de morts prononcés contre Daluin et Doucedame ont été exécutés.

 ETAPPEN-INSPEKTION 6. 


Valenciennes, 8 Novembre 1915.

 


Daluin Eugène, dont le nom s'orthographie D'HALLUIN a été reconnu Mort pour la France, il a été fait Chevalier de la Légion d'Honneur le 11 janvier 1921 : DHALLUIN Eugène MDH

 

Doucedame Achille a une rue à son nom à Cambrai, fait Chevalier de la Légion d'Honneur le 11 janvier 1921, mais ne semble pas avoir de fiche sur Mémoire des Hommes.

 

  • Dans leur livre "Cinquante mois d'occupation allemande.... Vol. 1. 1914-1915", les auteurs : Louis Gille, Alphonse Ooms et Paul Delandsheere ajoutent d'autres noms

 

maubeuge

  Retrouvez Charles SIMONET sur le site Médecins de la Grande Guerre

 

  • Le 22 janvier 1921, "La Presse" publie un article, à la suite, dit-il, d'une remarque faite à la générale de la pièce de Maeterlinck "Le Bourgmestre de Stilmonde" [voir ci-dessous], alors que la Légion d'Honneur vient d'être attribuée à certains des fusillés :

 

La presse

                         DÉCORÉS A TITRE POSTHUME

Treize Héros français fusillés par les Allemands

     Les actes de courage des Français pendant la guerre sont légion. Combien sont restés anonymes ! Combien de civils tombés sous les  balles allemandes, pour avoir voulu servir leur pays, ou ne pas trahir la cause sainte de la Patrie ! Combien ont accepté de notre gouvernement des missions périlleuses au cours desquelles ils ont laissé leur vie.
     Dans la pièce de Maeterlinck, qui se joue actuellement au Théâtre Moncey, Le Bourgmestre de Stilmonde, on voit les Allemands fusiller un bourgmestre qui ne veut pas laisser exécuter un vieux jardinier. "Effet de théâtre ! " ont dit quelques spectateurs à la répétition générale .
 
    Or, lisez le Journal officiel, parmi la liste de tant de décorations posthumes, vous découvrirez, comme on en découvre si souvent, treize noms civils, treize héros auxquels vient d'être décernée la croix de chevalier de la Légion d'Honneur. Qu'ont-ils fait ? Des actions d'éclat que l'on rappelle et qui leur ont valu d'être fusillés par nos ennemis.


Paul-Jean-Baptiste Jacquemin, Emile Raijot, tous deux de Monthermé (Ardennes), sont restés en territoire occupé pour servir la France. Fusillés !
Même sort, pour des motifs semblables fut réservé à
Achille Doucedame, de Cambrai
Augustin Delbecque, de Maing (Nord)
Joseph-Henri-Victor Fréal, de Chaumont-Porcien (Ardennes)
Eugène Dhalluin de Croix, près Roubaix
Jules Mohr, de Valenciennes
Emile Gressier, de Saint-Amand-les-Eaux
Henri Legrand, de Bapaume
Félix Lemoine et Ernest Boizard, de la Vallée d'Aouste (Ardennes)
Ernest Hugueville, Charles Aubry et Léon Oudart, de Flaignes-les-Oliviers, (Ardennes).

La croix d'honneur honore leur mémoire, moins que la reconnaissance de leurs compatriotes.
Leurs noms doivent rester au livre d'or de la postérité.

 

JACQUEMIN Paul, fusillé à Monthermé le 24 juin 1915, a été fait chevalier de la Légion d'Honneur par décret du 11 Janvier 1921

Le nom de Raijot Emile est BAIJOT Emile "Victime civile, né en 1863 - fusillé par les allemands au Fort des Ayvelles pour faits de résistance à l'ennemi. Citation à l'ordre de l'armée lu le samedi 10 avril 1919 au cours d'une prise d'armes à Monthermé, par le lieutenant colonel Germain, commandant le 91ème Régiment d'Infanterie de Mézières : - "Resté en territoire occupé, à apporté le concours le plus précieux à l'accomplissement d'une mission périlleuse, a donné en outre, à maintes reprises, des secours dévoués à des soldats français. Victime d'une trahison, et arrêté par l'ennemi, a gardé au cours de son procès, la plus fière attitude. - Condamné à mort, a refusé de laisser bander les yeux et est tombé sous les balles allemandes, le 6 janvier 1916. - Signé : - Général PETAIN"
Au même endroit ont été fusillés le douanier GOULARD Charles, (36 ans) le 28 octobre 1915, et PRATDESSUS Gabriel (46 ans), le 7 octobre 1915.

DOUCEDAME ET DHALLUIN ont été évoqués ci-dessus.

FREAL Joseph a été fusillé à HIRSON le 10 avril 1917, il a été fait chevalier de la légion d'Honneur avec JACQUEMIN.
(Seuls FREAL et GOULARD ont une fiche MDH)

Felix LEMOINE, BOIZARD Ernest, HUGUEVILLE Ernest, AUBRY Charles et OUDART Léon ont été fusillés à Laon le 3 Août 1916 et faits chevalier de la Légion d'Honneur (même décret).

L'abbé DELBECQUE, fusillé à Valenciennes le 17 septembre 1914 est évoqué  ICI

Jules MOHR et Henri GRESSIER, fusillés à Bruxelles le 19 avril 1916 ont leur page sur ce blog.

Henri LEGRAND, fusillé à Valenciennes le 23 janvier 1918 est honoré  ICI.

 

 


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 (A suivre)