Dorison M

 

 

     René Delame, auteur de  "Valenciennes Occupation allemande 1914-1918. Faits de guerre et souvenirs" Hollande & Fils ed. 1933, raconte les obsèques de ce soldat du 27e Régiment d'Infanterie Territoriale en citant l'allocution prononcée le 29 avril 1915 par l'aumônier allemand sur la tombe d'un soldat français :

    " Je me permets d'adresser un dernier souvenir à la dépouille mortelle du soldat Marcel Dorizon, décédé le 27 avril 1915, à l'hôpital du collège des jeunes filles, à la suite de ses blessures.
" La mort passe dans tous les rangs; elle est le grand neutre et ne connaît ni amis, ni ennemis.  En présence de la mort, nous nous inclinons tous avec respect.  Devant elle, la haine, ou pour parler plus exactement, la colère guerrière s'évanouit.
" Un soldat qui risque sa vie, et qui verse son sang pour sa patrie, mérite notre vénération et le soldat qui ne consentirait pas à saluer un adversaire tombé au service de son pays, non seulement ne serait pas un bon patriote, mais il mériterait le nom de barbare.
" La guerre, d'ailleurs, n'est pas une lutte contre les hommes considérés comme tels, c'est un combat contre les défenseurs d'une autre nation, contre les représentants d'une autre mentalité,
" Que celui qui a fait son devoir jouisse de l'éternel repos, et que la Croix-Rouge garde sa tombe.
" Au nom de la Kommandatur des Etapes de Valenciennes, je dépose cette couronne. Camarade, nous saluons une dernière fois le soldat français que nous considérons maintenant comme notre frère.
" Et moi, au bord de cette tombe, je donne à celui qui part ce que j'ai de meilleur pour l'accompagner dans le grand voyage vers l'éternité. Je lui donne ma bénédiction de prêtre.
" Au nom du Père, du Fils et du Saint.Esprit, Amen. "

 De telles paroles, un tel exemple, furent hélas! bien rares.


    On trouve également  la relation de cet enterrement dans le livre de Gabriel Pierard " La Croix-Rouge dans l'arrondissement de Valenciennes " de 1870 à nos jours -1963.

A l'occasion des funérailles militaires, les Allemands s'efforcent de prouver leur esprit chevaleresque.
(........)
Les Membres du Comité
[de la Croix-Rouge] ayant des fils sous les drapeaux ne peuvent s'empêcher d'être émus par ces adieux même s'ils viennent de ceux ayant causé la mort de leur compatriote.
Ils le sont encore davantage lors des funérailles du soldat Marcel Dorizon, brave territorial, grièvement blessé le 25 août à Haspres d'une balle à la colonne vertébrale. Totalement paralysé, le dos à vif il s'est éteint après huit mois de souffrance. Ce modeste ouvrier originaire de la Sarthe laisse une femme et six enfants.
Le Commandant de place prévenu du décès à tenu à compléter le piquet d'honneur par une section de musiciens. Il se range d'office en tête du cortège aux côtés du Maire, du président de la Croix-Rouge, M. Paul Dupont et de ses vices-présidents, MM. Achille Lajoie et Henri Mabille de Poncheville.
(....)
Après les trois salves habituelles au bord de la tombe, l'aumônier allemand prononce une allocution empreinte de charité chrétienne.

 
Au bas de la page  de son exemplaire personnel, mon père a indiqué :
J'ai assisté comme  enfant de chœur au Faubourg de Paris à un nombre important de funérailles de soldats de toutes nationalités . (Nous ramassions les douilles)

 

064a Dorizon
     Comme on peut le constater, il avait 6 enfants. Après la guerre son épouse (née Marie GALLET le 3/05/1880 à Issy-les-Moulineaux ; le mariage a lieu le 19/11/1902 à Arcueil) recevra la médaille de bronze de la famille française

JORF 19230811
(Journal Officiel du 11/08/1923)

 

  • Sa fiche sur le site Mémoire des Hommes :

DORISONMDH

        La ville de naissance de DORISON Marcel est CHALLES (Sarthe) authentifiée par le registre d'état-civil de naisssance et les parents le 25 Septembre 1880, alors que l'acte de décès Valenciennois et la transcription du jugement s'obstinent à le déclarer né à Chatte en Isère !

EC ESS

     De plus il apparaît comme "mort de maladie" alors qu'il s'agit des suites de ses blessures reçues le 25 Août 1914, le jour même où les Allemands pénétraient à Valenciennes.

L'hopital auxiliaire où il est décédé était situé dans le collège de jeunes filles, Boulevard Pater, actuel Lycée Watteau.

Il a été déclaré Mort pour la France par le même jugement.

MPLF DORISON Marcel

 

  • Sa tombe au cimetière St Roch de Valenciennes : l'occupant avait créé au bout du cimetière, dansn une partie encore non exploitée le long du mur jouxtant les dernières maisons de Valenciennes avant St Saulve, un cimetière militaire, où furent enterrés soldats Allemands et Alliés décédés à Valenciennes. Sa tombe est la première, on distingue vers la droite de la photo le monument aux soldats allemands.

    Dorizon tombe



  • Sa tombe actuelle, toujours au Cimetière St-Roch :

              La date initialement inscrite n'était pas celle de son décès, mais la date à laquelle il avait été blessé. La même date figurait sur le site Sépultures de Guerre auprès duquel une demande de rectification a été déposée et effectuée.

     Les modifications ont été réalisées en 2014 et voici la nouvelle plaque, un grand merci au Pôle des sépultures de guerre de la Somme :

DMSTROCH2b

 

  •  La même erreur de lieu de naissance (qu'on ne pourra rectifier) est reprise par le Livre d'Or du Ministère des Pensions :

    LO YlM