A suivre : bombardements de 1918 

 

Bombardement de Mai 1917

 

Le 3 mai 1917, par un beau soleil de printemps, les aviateurs vinrent se rendre compte, à la fin de l'après-midi, du mouvement des troupes et lancèrent trois bombes, qui malheureusement firent parmi les civils de nouvelles victimes.
La première tomba à l'angle de l'avenue de Saint-Amand et du quai des Mines, occasionnant les accidents suivants, ainsi qu'il ressort d 'un rapport émanant de la police française.


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Les victimes furent:
1°    Dubois Eugène, 12 ans, rue du Chauffour, tué.
2°    Lavallée Suzanne, 11 ans, quai des Mines, tuée.

3°    Barotteau Jules, 49 ans, cabaretier, quai des Mines, blessé grièvement à la tête et au bras.
4°    Mme Barrotteau Joséphine, 49 ans, même adresse, blessée légèrement à la figure.
5°    Blangenois Cyrille, 54 ans, avenue Faidherbe, blessé assez grièvement à la tête (a été conduit à 1'hôpital).
6°    Marissal Raphaël, 36 ans, blessé grièvement à l'oeil gauche.
7°    Séreuse Hippolyte, domicilié à Escaupont, blessé légèrement à la tête.
8°    Berthe Louis, chemin du Halage, blessé assez grièvement à la tête et aux jambes.
9°    Delforge Désiré, 80 ans, domicilié à Bruay-sur-l'Escaut, bras gauche enlevé (décédé à l'Hôtel-Dieu).
10°    Deham Alphonsine, 29 ans, rue du Chauffour, blessée légèrement à la tête.
11°    Manez Albert, 30 ans, chemin des Bourgeois, blessé légèrement à la tête.
12°    Un inconnu dépourvu de papiers d'identité, grièvement blessé à la mâchoire inférieure qui a été complètement enlevée.

En outre, les dégâts occasionnés par l'explosion des bombes furent considérables.


                     D'autre part, le garde Hagard signalait qu'une bombe était tombée dans un champ situé à environ 200 mètres à gauche des habitations de la rue Lomprez. D'après les dires du garde, cette bombe qui avait pénétré à environ 80 centimètres de profondeur dans le sol, n'aurait pas éclaté.
Une autre bombe, qui avait éclaté, était tombée dans une prairie située au hameau de Lomprez, sans occasionner d'accidents.
Une troisième bombe était tombée dans l'après-midi, derrière le mur de l'école de filles de Saint-Vaast, brisant toutes les vitres.
                   Du côté allemand, il n 'y eut que deux soldats tués, près de l'usine à gaz. Le Conseil Municipal, salua à nouveau avec émotion ces victimes civiles de la guerre.


                  Nous étions étonnés de voir les progrès que réalisaient les Allemands dans l'aviation. ils faisaient des essais avec leurs nouveaux appareils à double hélices, dont les ailes mesuraient 30 mètres, ils étaient munis de deux mitrailleuses et d'un petit canon. Jamais nous n'avions vu autant d'avions dans la région, d'ailleurs, au dire des aviateurs allemands, notre champ d'atterrissage était le meilleur qu'ils aient rencontré jusqu'ici.

 

Extrait du livre de René Delame : "Valenciennes Occupation allemande 1914-1918. Faits de guerre et souvenirs" Hollande & Fils ed. 1933

 

     Le 30 mai 1917, la Gazette des Ardennes publie la liste dans la rubrique "Victimes de leurs compatriotes" (voir sur ce blog) ; journal de propagande diffusant de vraies informations pour motiver son achat, la Gazette cite les parents des victimes qui sont soldats dans l'armée française ; les noms sont parfois un peu déformés, seule la lecture des actes d'état-civil permet de retrouver les tués.

 

 

GDA 1917-312

 

Voir égalementBombardements de Pâques 1917

 

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