"Tôt le matin, le 2 novembre 1918, le 38e bataillon canadien, soutenu sur la droite par les troupes de 11ème Brigade qui passant au milieu de la 10e Brigade dans la nuit, et à gauche par le 72ème bataillon, traversa la ville jusqu'à sa limite Est.
Ce matin-là à dix heures, deux artilleurs canadiens, accompagnés de deux interprètes de français, ont grimpé dans la tour de l'Hôtel de Ville, amené le drapeau allemand et hissé le drapeau tricolore. Valenciennes était à nous."

(in JFB Livesay : Canada's hundred days)

     Le drapeau allemand n'a pas été détruit, c'est une prise de guerre comme le montre cette photo conservée par les Archives du Canada :

"The German flag which was taken down from the Hotel de Ville, Valenciennes, by some Canadian Artillery Officers". Nov. 1918."Drapeau allemand descendu de l'Hôtel de Ville par des officiers de l'artillerie Canadienne."

Il s'agissait du lieutenant Arthur Edward CHATWIN, MC. de la 14e brigade d'Artillerie de Campagne Canadienne, 58e batterie et du capitaine Wynn BAGNALL, MC. 14e brigade, 53e batterie.


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Voir le sujet sur ce blog.

L'officier à droite (avec 3 clous sur son épaulette) est capitaine, et serait donc Wynn BAGNALL  :

BAGNALL W
(depuis le site Durham at war)

accompagné d'un militaire qui pourrait être CHATWIN, sans certitude. Voir sur mon autre blog sa citation pour la Military Cross.

Il semble que le drapeau français ait été hissé par l'un des interprètes français : Aubertin.

Il ne manquait plus qu'un drapeau aux couleurs des libérateurs, qui fut hissé juste après et qui est conservé au Musée Canadien de la Guerre sous le n° 19890086-409

flag

y est adjointe une étiquette :

tag

    "Ce drapeau a été réalisé par les citoyens de Valenciennes pour accueillir les Canadiens dans la ville. Ce fut le premier drapeau britannique qui ait été hissé au sommet de l'hotel de ville avec le drapeau français.
Il a été utilisé durant la réception de son Altesse Royale le Prince de Galles avec les généraux Horne, Currie et Watson ainsi que la 4e Division Canadienne qui a libéré la ville."

Hugh Crawford WALKEM Lt. Col, Commandant de la ville.

Le verso du drapeau porte sur l'ourlet du bas une inscription manuscrite à l'encre noire :

handwritten

 

Ce drapeau symbolise le Red Ensign Canadien, ancien drapeau du Canada -alors dominion britannique- en service de 1868 à 1921

re

 

Bien entendu l'Histoire, suivant les témoins, subit quelques variations :
Je compris également que le drapeau allemand de l’hôtel de ville avait été décroché à 10h10, qu’un jeune officier canadien avait grimpé pour attacher le drapeau tricolore à sa place, et qu’ensuite 2 interprètes français de la première brigade à être entrée dans la ville avaient hissé le drapeau britannique sur Valenciennes.

Sir Philip Armand Hamilton GIBBS pour le New York Times ( Voir l'article sur ce blog )

 

Victory parade, Fête de la délivrance

     Le 7 novembre, (voir ICI) le général Watson, commandant de la division qui s'est emparée heureusement de Valenciennes, et le Prince de Galles, arrivent en automobile.
La réception officielle peut commencer. La Municipalité présentera un drapeau français à titre de souvenir au Prince de Galles, et aux généraux Watson et Curie. Ces drapeaux (brodé aux armes de Valenciennes selon Thirioux, par les dames de Valenciennes dont l'épouse de Jules Billet faisant fonction de maire selon d'autres) porteront cette légende :

« La Ville de Valenciennes à ses libérateurs ».

      Effectivement, M. Damien remit à chacun des Généraux un diplôme, ainsi qu'un pavillon de soie aux couleurs françaises, sur lequel étaient peintes les armes de Valenciennes.

Des fleurs seront offertes par des enfants, petites filles et jeunes garçons, au Prince de Galles et aux autres généraux.
(in René Delame: mémoires)

 

 

Toujours à propos de drapeaux, et pour la petite histoire, René Delame raconte :

Le mot d'ordre était de faire le vide quand les Allemands donnaient un concert ou une fête quelconque, ce qui les exaspérait, et c'est pourquoi le Conseil ne se réunit pas le 7 janvier 1915, jour de la Fête du Roi de Bavière qui fut célébrée avec pompe.
La Mairie était décorée de drapeaux. Comme
il leur en manquait, les Allemands réquisitionnaient les drapeaux français pour les transformer. Lorsqu'ils se présentèrent à la Banque de France, M. Mathieu leur fit cette belle réponse :
« Le drapeau français ne se donne pas, il se prend sur le champ de bataille ».