Dans son livre "Cinquante mois sous le joug allemand : l'occupation allemande à Cambrai et dans le Cambrésis" édité en 1919, Jules Hélot (Rouen 1850-Cambrai 1924), président de la Chambre de commerce de Cambrai, faisant-fonction de sous-préfet, raconte notamment l'évacuation - et le sac par l'occupant qui se retire - de Cambrai lors de l'avance des troupes britanniques (armée canadienne face à la IIe armée allemande du général Carlowitz, groupe d'armée von Boehn) dans les derniers mois de la guerre.
Une partie de la population reflue (sur ordre de l'occupant) vers Valenciennes avec pour but la Belgique, notamment Bruxelles, alors que le centre ville est presque totalement détruit.

Cambrai 1918_1    Cambrai 1918_2
L'hôtel de ville et rue Rang aux Poulets.              Rue des Trois pigeons et l'hôtel de ville.
(source Gallica, photos agence Rol)

 Ce sont ces dernières pages que j'ai extraites en surlignant les passages concernant Valenciennes. Le livre est disponible à la BnF, malheureusement sans version texte :

 

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Cambrai est libéré le 9 Octobre 1918, (ce que l'auteur ne sait pas encore)
cependant que l'ennemi, qui se retire et cherche au maximum
à protéger sa retraite, oppose une résistance plus vive entre Cambrai et Valenciennes.

 

 C'est d'abord à la nage que 2 soldats du 5e Canadian Mounted Rifles traversent l'Escaut au pied du pont de fer de Cantimpré le 9/10 à 3h du matin, pont en ruines que le reste du bataillon puis le 4e CMR emprunteront ensuite, l'ennemi ayant évacué la ville, avant que les troupes du Génie ne construisent un ponton. (in John Frederick Bligh Livesay: Canada's Hundred Days) :

"The 8th. Brigade was holding the west side of the canal, the 5th. C.M.R., Eastern Townships, being at St. Olle, when at three o'clock of this samemorning orders came to send a patrol across the canal with the view of establishing a bridgehead beyond. Two of our men swam the canal, landed on the other side, and proceeded to bomb out the enemy machine-gun post known to be established at the railway bridgehead. But they found the post deserted. The enemy had evacuated the city half an hour after midnight.
Linked arm in arm, our infantry streamed over this broken-down bridge and by 4.30 a.m. two companies were across.

By six o'clock Canadian Engineers had constructed a pontoon bridge, over which our field batteries crossed, and by 6.30 a.m. we had penetrated the Place d'Armes and an officer's patrol was sent to inform our surprised neighbors, troops of the XVII Corps on our right, that we were in possession."

 

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 A ce dernier regret d'avoir quitté Cambrai s'ajoute le fait que Valenciennes a été largement épargnée par les bombardements : la fin était proche et l'ennemi refluait plus vite, l'artillerie canadienne - qui venait de s'illustrer dans la prise du Mont Houy - a fait son possible pour éviter les destructions et surtout de faire des victimes civiles, une plus grande partie de la population étant finalement restée.