Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Les civils du Valenciennois dans la Grande Guerre 1914-1918
Publicité
6 novembre 2019

Octobre-novembre 1918, le 55 RIR combat à Valenciennes

 

 L'historique du 55e Régiment d'Infanterie de Réserve allemand retrace avec précision les déplacements et actions quotidiennes durant la période du 11/10/1918 (où le régiment se trouvait à  Bouchain) et le jour de l'Armistice, puis la marche de retour vers Lippstad où il était cantonné qui lui prit un autre mois.

 Ce sont ces deux mois que je relate ici, en traduisant au plus près l'historique rédigé en allemand - et écrit en fraktur- aimablement communiqué par Bernard C. que je remercie. Ecrit ca 1930, on y sent déjà poindre dans certaines remarques (non traduites) l'avénement du IIIe Reich et de son chef (cité), ainsi que ses conséquences.


couv p00
En 1914, le régiment appartenait à la 26e brigade d'infanterie de réserve,
2e division de la réserve de la Garde,
X. Corps de réserve 2e armée.
En 1917 il est transféré à la 4e Brigade de la Garde,
220e Division,
où il est accompagné des IR 190 et RIR 99 que l'on retrouve dans le texte

 

 J'ai divisé ce parcours en 3 pour utiliser au mieux les fonctionnalités de MyMaps, il suffit de cliquer sur un lieu pour faire apparaître son nom dans le volet gauche ; les lieux repérés sont en gras dans le texte français.
Cliquer donne, tout en bas du volet de gauche, la posibilité de changer le fond de carte. Le tracé, adapté aux piétons, suit évidemment les routes actuelles, qui coïncident avec celles d'époque, sauf aux abords des grandes villes ou des autoroutes.

Du 11 octobre 1918 au 11 novembre 1918

      On y découvre les combats dans Valenciennes et ses faubourgs sous la pression des forces canadiennes.
La carte-itinéraire est insérée au moment où le bataillon franchit la frontière franco-belge
FB.

WK

Weitere Kämpfe.

Am 11. 10. gelang es dem Gegner, den Kanal südlich Iwuy zu überschreiten und den Ort zu nehmen. R. 55 soll alles Verfügbare nach links verschieben und den Schelde-Kanal..............

Derniers combats.

Le 11 octobre, l'ennemi a réussi à traverser le canal au sud d'Iwuy et à prendre la ville. Le 55e régiment de réserve doit déplacer tout ce qui est disponible vers sa gauche et sécuriser le canal de l’Escaut au nord du Bassin Rond jusqu’à Basse Ville [quartier de Bouchain au sud de l’Escaut]. En attendant, le 3e bataillon ainsi que des unités du 190e à son aile gauche, s’est replié vers le sud et 4 mitrailleuses sont en position. L'attaque ennemie s'est arrêtée. 
La brigade a ordonné un autre repli pour la nuit jusqu'à la colline de Lieu-St. Amand. Le 55e régiment de réserve remplacé par des éléments de la 35e Div. Inf. arrive à Douchy, au sud de Douai [très à l’est ! plutôt sud de DENAIN], le 12 octobre à 2h30. Il devait voir le pont de l'Escaut. L’Etat-Major du régiment était à Douchy. Il y avait une section de pontonniers près de Bouchain, uniquement, jusqu’au nord de Denain, ainsi que des patrouilles d’observation. Le 12, la 225ème brigade d'infanterie remplaça le régiment. Les tronçons de canal affectés aux 3e et 1er Btn., et particulièrement à l'ouest de la ligne Douchy-Lourches à l'ouest de Denain, étaient sous le feu de l'artillerie de tous calibres. Le régiment se trouvait en sécurité le 13 à Rouvignies sur la route au sud-est de Denain. Le chef du bataillon commandait [la défense] du pont. Le poste de commandement du régiment était installé dans un quartier Est de Denain.
51 hommes sont arrivés en remplacement le 14 et sont affectés au 1er Btn. Le 15 octobre le pont de chemin de fer a été dynamité.
Le lieutenant Kühling a succédé à la tête du 3e Btn. Le 16, Denain était sous le feu de l'artillerie lourde.
A réception du mot clé "Wotan" a commencé le retrait sur la position « Hermann » (Valenciennes), d’où le 17, à 4 heures du matin, le train de ravitaillement [train des équipages] a été envoyé en avant-garde à Quiévrechain, (au nord-est de Valenciennes). Le Lt. Hollmann est parti à 10h du matin pour une nouvelle affectation dans le régiment. À la même heure, le pont ferroviaire sur la route Lourches Douchy a sauté. Fort tir d'artillerie. Le 18, à 15 h 30, mot clé "Hermann". 8 heures du soir, départ du régiment.
Arrivée à minuit à Valenciennes (heure allemande.)

-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-

Tout d'abord, la position a été occupée le 19 avec des éléments avancés. De 17h30 à 18h30, explosion de trains et de la gare de Valenciennes. Le capitaine Brédan a pris la direction du 1er bataillon et le capitaine [de cavalerie] Wrede celui du 3e. Ce jour-là, le lieutenant Eichert est blessé. Le 20, à 11 h 15, le pont du canal et de la voie de chemin de fer sur l’aile droite du régiment ont été dynamités, puis le 21, le clocher de l'église et l'usine de traitement des eaux d’Anzin, et plus loin, le carrefour et le pont du canal.
La cavalerie ennemie est apparue entre Oisy et Aubry, à 10 heures du matin à Aubry même, à 10h45, fortes escarmouches le long d’une ligne allant de Bellaing et Aubry jusque Le Moulin. [au centre de la carte]

Le Moulin

Ils ont été repoussés par la 1ère batterie de la 51e artillerie de campagne. A 12h50, le 2ème bataillon évite que Hérin soit occupé par l'ennemi et envoie de fortes patrouilles de Hérin à St. Waast-la-Haut. Les messages ont été transmis. À 3 heures de l'après-midi, l'ennemi était assez puissant pour attaquer sur la ligne Valenciennes-Rouvignies-Hérin-Aubry le régiment et son voisin au sud, le 176e régiment d’infanterie. Nos patrouilles (sous commandement d’un gradé) se sont retirées, mitrailleuses et fusils d’infanterie tirant vivement, et sont de retour. Mais l'ennemi a réussi à pénétrer dans le dédale des maisons de La Sentinelle, et à pénétrer les faubourgs Est de Valenciennes. Cependant la 5e compagnie avec mitrailleuses s’est maintenue sur la gauche avec des pertes. Plus au sud, une partie de la Compagnie du 176 a été capturée. L'ennemi s'est tourné vers le nord et a contourné la 5e compagnie par la gauche. Une mitrailleuse légère a perdu tous ses servants dans une défense courageuse. La 5ème compagnie a tourné son aile gauche et aidée de mortiers, mitrailleuses et infanterie a arrêté l’ennemi. L’IR 176 a réussi à se mettre à nouveau en position ici et repousser un peu l’adversaire. L’aile droite de la 6e compagnie tient victorieusement sa position défensive, l’artillerie a considérablement aidé.
Le 22 octobre, de 8h00 à 10h00, des avions de reconnaissance ennemis ont largué plusieurs bombes sur le sud de Valenciennes. De fortes patrouilles ennemies sur l'aile droite de notre position ont été repoussées. L'adversaire a continué à faire pression. 40 à 50 hommes s'installent dans les fermes devant La Sentinelle. Une patrouille d'officiers de la 10ème compagnie a demandé un important feu de couverture, permettant ainsi aux patrouilles de revenir.
Un tir d'artillerie et de mines (lieutenant Müller) attaque l'ennemi à La Sentinelle. Le Lt. Oberfohren a maintenu le contact avec la IIe compagnie du 176e, commandée par le Lt. Lorber. Avant les attaques avec des véhicules blindés les [avant-]postes du 1er Btn sont de retour. Ils se tenaient dans la soirée à l'ouest de la gare et d'un sentier à proximité.
Le 23, tirs de mortiers et mitrailleuses ennemis au carrefour des routes du Monument. [selon le schéma qui accompagne l'historique, il s’agit de la pyramide Dampierre] Notre artillerie a tiré sur les sections ennemies de même que sur les mortiers. Dans l'après-midi, les forces ennemies et nos renforts au monument se sont livrés à de vifs combats. C’était un pur chaudron de sorcière comme l’a écrit le Lieutenant Reichenbach. La force écrasante de l'ennemi a obligé nos troupes à retourner à l'écluse, mais elles ont gardé l'ennemi à l'écart du carrefour du monument. L'après-midi, l’aviation a été très active. Dans la soirée, l'artillerie et les mortiers ont tiré des deux côtés.

Entre-temps, les négociations entre le gouvernement allemand et l’alliance ennemie ont progressé. Malheureusement, les Allemands se concentrent sur les 14 points du président Wilson. La suprématie de l'ennemi étant écrasante, les alliés de l'Allemagne l’abandonnant, le commandement suprême fut contraint de rechercher un cessez-le-feu.

Le 25 octobre, le major Böge de l’état-major de la 220e Inf. Div. [prend] le commandement du régiment. Il avait été à plusieurs reprises chef de bataillon et de régiment par intérim. Le 26 le 2e Btn a réintégré l’IR 176.

Le même jour, le général Ludendorff reçut son congé à sa demande. Le général Groener a pris sa place comme officier d'état-major responsable de toute une armée. La perte du général victorieux bien connu a eu un effet accablant sur l'armée et a été à juste titre considérée comme un signe de la gravité de la conduite de la politique (etc.) allemande

Le 26 à 8h30 du matin, un orage d’acier, soutenu par mortiers et M.G., s'est soudainement abattu sur toute la section du régiment. La partie sud-ouest de Valenciennes a reçu des obus incendiaires. De fortes patrouilles ennemies qui avaient traversé l'écluse et le canal et tenté de forcer un passage ont été aperçues à temps et obligé de faire demi-tour devant le réseau de barbelés sous le feu des mitrailleuses Le tir d’annihilation de notre artillerie a immédiatement fait le reste. Au cours de l'après-midi, le niveau d'eau du canal a baissé de 1,5 mètre. [inondant les faubourgs]

Le 27, Valenciennes a reçu 4000 obus, engendrant de nombreuses destructions. À 19h15, le 1er. Btn. est remplacé par le I/190 et reste sur le pied de guerre dans la ville Lt. Gebauer a été blessé en service. Le lendemain, à 6h20, des tirs de barrage ont pilonné la division voisine à gauche. Le I/55 était prêt à marcher. À 10h15, il a reçu l'ordre de se rendre au sud de Valenciennes.
Le commandant Kiesel, commandant le régiment de réserve 99, qui avait été nommé commandant de la place, le renvoya dans ses quartiers à 11 h 15.
Le 29, de 14 heures à 16 heures, de violents coups de feu ont eu lieu au passage à niveau et plus tard au moulin [Gilliard au faubourg de Paris]. Une patrouille ennemie, qui se trouvait à sa gauche, en direction du faubourg de Paris, a été prise sous le feu des mitrailleuss.
Le lendemain (30), l'ennemi a bombardé le sud-ouest de la ville en s’aidant d’avions d’observation. L'eau du canal a continué à inonder. Bombardements supplémentaires le 31.
Le 1er novembre a commencé par un pilonnage sur l’aile gauche. Le 1er Btn., prévenu par message que le 396e régiment reviendrait en arrière reçoit à 7h25 l’ordre d’occuper la position-clé précédemment explorée dans le but de contre-attaquer. Deux mortiers lanceurs de mines lui ont été assignés. Des obus incendiaires ont touché la ville. À 8h30 du matin, la zone autour de l'écluse et de l'église était obscurcie. A 9h55 3e Btn. rapportait que l'ennemi avait traversé le canal à gauche de l'écluse et s'était avancé jusqu'à l'église. La ligne de chemin de fer a été prise. A présent le 2e Btn. est refoulé du sud avec grandes pertes. Cette nouvelle a été transmise à la division par pigeons à 10h15 du matin. 2 compagnies du 99e régiment de réserve ont été appelées en renfort. Le 1er Btn n’a pas été capable de voir de nouveau la position de l’écluse puisque le 396 régiment avait été refoulé au-delà. Même une contre-attaque n’était plus possible car la compagnie avait déjà été tournée par le feu des mitrailleuses. Les 1ère et 3ème compagnies se sont retirées à l’intérieur de la ville, la 2e Cie occupe le boulevard, son aile droite le long de la voie ferrée en connexion avec le 2e Btn. Une auto blindée [canadienne] qui avait pénétré jusqu’à place de Famars [actuelle place du Canada] a été mise en fuite par le feu des mitrailleuses et des mortiers. À 12h55 ordre du régiment au 3e Btn d'avancer au sud de l'écluse, à l'est de l’Escaut pour faciliter la contre-attaque du II/99 et du I/55 en direction du chemin de fer. À 13h15, le 1er bataillon du 99e Régiment de Réserve fait parvenir la nouvelle que deux bataillons du Régiment (99e) ont pris toute la voie ferrée jusqu'au pont. Malheureusement, ce message s'est avéré faux par la suite La 3e  compagnie a rencontré avant la Place Famars des éléments du I/99, qui constituait ici la ligne la plus avancée. La 3ème comp. est allée au-delà et des éléments ont poussé à travers la place à l'est de la route jusqu'à 100 mètres de la voie ferrée. À 1 heure de l'après-midi, ordre de la division: "Tous les éléments du front de la bataille sont sous les ordres du major Kiesel". A 3h15 de l'après-midi, l'adversaire occupait la gare. La 9e compagnie doit se retirer dans les faubourgs de la ville et se retrancher au nord. Dans la soirée, la 3ème compagnie du 55e Régiment et la 3ème compagnie du 99e Régiment parviennent à atteindre la ligne de chemin de fer. À 10 h 40, la brigade ordonna l'évacuation de Valenciennes. Le 2e bataillon a été dissous et ses unités attribuées au 1er et 3e Btn. Le capitaine Hermann s'est joint à l'état-major du régiment.
Le 2 novembre, la nouvelle position a été prise à 6h30 du matin. A 6h35 « Trommelfeuer » -orage d’acier. A 7h45 rapport du 1er Btn, l’adversaire a percé le III/24 RR, le 1er Btn recule sur son flanc. Ordres reçus de la division par porteur : « le 24e Regt est en grande partie sur la hauteur au sud de la route menant à Etrun [plus certainement Estreux], des actions ont lieu à la limite nord de Marly. Le régiment se bat sur place, l’aile gauche doit se replier. "
L’attaque a été déclenchée sur cette partie du régiment, le 1er bataillon a dû revenir. A 8h50 du matin le 3e Btn tient toujours sa position contre une forte attaque frontale. Peu après son aile droite est revenue également. A 9 heures nouvelles du 3e Btn qui repousse l’adversaire vers la droite Quand à 10 heures au sud de la grand-route une grande partie de nos forces est revenue, le 3e Btn qui était isolé est revenu sur une nouvelle position Le régiment a décidé de retourner au chemin creux à 10 heures du matin, avant de risquer un double encerclement. Les bataillons ont commencé le mouvement à 11 heures, message à la brigade. Forts tirs d'artillerie. À 11h45, le mouvement est terminé et des connexions sont établies. Immédiatement après avoir atteint la ravine, feu d'artillerie lourde de gros calibre, jusqu'à 13 heures. A 13h20 message que le flanc droit a été obligé de se replier. Ordre au 3e Btn. de maintenir la position et affiner le flanc droit en repliant la compagnie avec une mitrailleuse en soutien. Ordre renouvelé à 15h55. A 10 heures du soir, le 3e Btn. signale qu’il tient toujours son emplacement. À 11 h 30, il a rejeté les patrouilles ennemies. À minuit, il envoie un message à la brigade.

-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-_-

Le décompte des pertes pour les combats de Valenciennes s'élève à 32 tués en actions, ou blessés et décédés à Valenciennes. (source : liste publiée dans l'historique)
Peut-être est-ce l'un d'entre eux photographié  le 2 ou le 3 novembre au faubourg de Paris

Le 3 novembre à 3 heures du matin, ordre de la division : départ pour la première position d'arrière-garde. À 5 heures du matin commencent les tirs d'artillerie lourde jusque 6h30. Les patrouilles (sous commandement d’un gradé) sont restées en arrière. Le recul a été effectué dans les délais. A 7h30 du matin, la plus grosse partie du 1er Btn. et une partie du 3e Btn. sont à la sortie ouest d'Onnaing. Il ne restait plus à ce moment que 70 hommes pour l'ensemble du régiment. L’arrière-garde occupait la position sur une zone de 2 kilomètres. A 11 heures du matin, forts tirs d'artillerie ennemie. Les hommes se sont enterrés rapidement, mais ont trouvé peu d’abri. Les patrouilles ennemies sont arrivées. À 12h30, l’ordre est arrivé de la 187e brigade pour que le régiment n'abandonne la position d'arrière-garde que sous la pression de l'ennemi. À quatre heures de l'après-midi, l'ennemi s'approchait en tirailleurs, par colonnes denses, avec cavalerie, le long de la route Saint-Saulve–Estreux. Notre mitrailleuse l’a forcé à faire une pause. Sur le chemin, l'artillerie ennemie s'est mise en position. Depuis 16h30 tirs d'artillerie lourde. L’ennemi se déplace par bonds. À 6 heures de l'après-midi, le régiment se replie sur ordre. En se battant, la deuxième position d'arrière-garde a été franchie. Au niveau de la troisième se tenaient des sentinelles de la 187e Division d’Infanterie. À 8 heures du soir, la ligne de résistance principale a été atteinte et la marche vers Élouges, dans le sud-est de Condé, a commencé. [Élouges est en Belgique à 10 km de Quarouble où ils doivent se trouver actuellement]
Le 4 novembre 1918, à 3 heures du matin, le régiment est en alerte. A 5h40 arrivée au commandement divisionnaire. À 8h45, le déménagement par camions d’Élouges vers Quiévrechain vers commencé. [sic, Soit les camions étaient à Élouges et sont venus les chercher pour les emmener à Quiévrechain, soit les camions étaient à Quarouble]. À 10 heures du matin, la plus grande partie du régiment était assemblée à la sortie sud-ouest de cet endroit.
Par ordre de la 187ème Division d’infanterie [le régiment] est allé à Quiévrechain et a assuré la liaison sur place avec la 187e brigade. A 11h15, par ordre, le régiment doit se déployer à l’Est de Quiévrechain. Ce qui a été réalisé avec l’aile droite sur la route de Mons. Le 1er Btn. à droite, le 3e à gauche. À 8h10 de l'après-midi ordre de la brigade : s’éloigner en direction d’Élouges. Entre 11 et 12 heures du soir, les compagnies sont à Elouges en cantonnement. 

[ Parmi les poursuivants sur la route Valenciennes-Onnaing-Quarouble-Quiévrechain se trouve la 1st Canadian Motor Machine Gun Brigade ].

5 Novembre jour de repos.
Le 6 novembre, à 6 heures du matin, marche vers Hainin (en état d’alerte). Ordre de la brigade : le régiment doit se tenir prêt au domaine Saulzoir. [La Cense du Saulsoir : (3,716 E 50,409 N) actuellement sur le chemin Saulçoir] Le bataillon a avancé à 11h10 et est arrivé au chemin creux à 12 heures. A 12h30 le 1er Btn. Reçoit l’ordre de contrattaquer, en plaçant l’aile droite au sud de la propriété. Il faudrait reprendre la hauteur à l’ouest de la ligne de chemin de fer Quiévrain-Elouges. Le 3e Btn. est resté en réserve. À 1 heure de l'après-midi, le bataillon arrive. 1ère et 3ème compagnie devant, 2ème compagnie en tant que 2ème vague, distance 100 mètres, connexion à droite avec 190e Régiment d’infanterie, et à gauche les 24e et 396e. Malgré le sol détrempé, les choses se passèrent rapidement ; sous le feu, la poussée a été ramenée à la première maison de Baisieux. Mais comme il n'y avait pas de liaison à gauche ni à droite, le bataillon s’est replié et rassemblé ses deux ailes. C'était 600 mètres au-delà de la position à prendre. À 15h15 Ordre de la division : retraite dans la soirée. À 10 heures, le régiment part pour Hainin où il arrive à 11h30.
Le 7 novembre, à 3 heures de l'après-midi, départ pour Saint-Ghislain. Arrivée à 6h30 de l'après-midi. Le 1er Btn. était dans la section du 121e Régiment de Réserve, le 3e Btn. dans la section du 119e Régiment de Réserve, et le 189e Régiment d’infanterie, une patrouille sous commandement d’un gradé chacun, ripostant. Le 8 novembre à 7 heures du matin. Le III/55 a remplacé le I/190 en tant que bataillon de combat. Le bataillon I/55 était en attente. À 6 heures de l'après-midi le I/55 et à 7 heures de l'après-midi le 2e Btn. se déplacent dans une nouvelle position sur la digue au nord de Ghlin, le 1er Btn. en première ligne, le 3e en position d’attente. Position tenue le 9 novembre à 2h30 du matin. Une patrouille est restée face à l'ennemi jusqu'à 7 heures du matin et n'est revenue que vers midi. L'ennemi ne l'avait pas suivie. La patrouille que le lieutenant Reichenbach commandait, étant à Saint-Ghislain, a été la cible de civils. Les aviateurs ennemis étaient très actifs. L'artillerie tire peu.
Le 10 novembre, le régiment s'est déplacé à Naast entre 3 et 4 heures de l'après-midi pour tenir la position T.-r [Tr stellung]. le 3e bataillon en formation de combat, le 1er bataillon en attente. L'artillerie ennemie a bombardé le pont avec des obus de 23 centimètres sur l'aile gauche. Notre propre artillerie a bombardé Ghlin.

Le 11/11 des patrouilles ont été envoyées à [La]Coulberie [Ferme : 4,065 E 50,547 N] et à Siercoux [?Sirieu? : 4,063 E 50,526 N]. À 12 heures [heure allemande], comme ordonné précédemment, l’armistice est entré en vigueur.


 

Du 12 au 23 novembre 1918 

 Dès le lendemain, le régiment entreprend de rejoindre Lippstadt, en rejoignant d'abord  la frontière germano-belge, sans qu'aucun heurt avec la population ne soit relaté.

 La nouvelle du renversement en Allemagne, de la proclamation de la République, a agi comme un coup de foudre sur toutes les troupes. Il était rassurant de savoir que le maréchal Von Hindenburg allait renvoyer l'armée dans son pays natal. Les détails des terribles journées du début du mois de novembre au 11 novembre et d’autres événements au pays ne sont apparus que progressivement et par la suite à la connaissance des troupes, qui avaient longtemps eu peu de liens avec la patrie.

Le 12 novembre, le régiment s’est réuni à Ecaussines-Lallaing pour s’installer dans un hébergement. Le train [des équipages] nous rejoint. Le retour pédestre fut ordonné.
Le 13, le régiment marche à partir de 12h30 via Ronquières, Ittre, Haut-Ittre et Bois-Seigneur-Isaac vers Lillois-Witterzée. [25 km] La marche a été très difficile pour cause de pentes raides. Sur le chemin, il y avait des forts ralentissements à cause d’autres régiments en marche et même la rencontre avec une autre division dans la même rue.
Le 14 novembre jour de repos à Lillois-Witterzée.
Le 15 novembre, à 9 h 15, le régiment se rend via Chapelle d'Ellencourt, [50.642648,4.4197813] au sud de Vieux Manant, [dernier QG de Napoléon 18/06/1815, actuel chemin Vieux Manands] jusqu'à Maransart, dans des lieux d’hébergement.
Le 16, jour de repos. Sur ordre ont été élus les conseils de soldats. Le commandement a gardé les officiers.
Le 17 à 13h marche via Lasne, Rixensart et Bierges vers Wavre et Aisémont (17 km).
Le 18, à 10 heures du matin, via Gastuche et Grez Paiseau [Grez-Doiceau] jusqu'à Le Culot et La Bruyère [50.714819,4.724114] où se trouve le cantonnement (17 km).

 

 

 

Le 19/11 a été jour de repos. A midi l’ordre est arrivé : le 3e Btn va protéger le magasin aux vivres de Liège, il est parti à 2h de l’après-midi. Il arrive à Trognée [32km] à 10h du soir (heure locale).
Le 20 à 8h du matin partent le QG du régiment et le 1er bataillon via Mélin, Jodoigne, Mallines [Marilles], Grand Orp [Orp-le-Grand], Petit-Hallet, Grand-Hallet, Avernas-le-Bauduin vers Bertée [Bertrée], où ils arrivent à 4h30 de l'après-midi (28 kilomètres). Le 3e Btn se dirige vers Bovenistier à 12h30.
Le 21, l'état-major du régiment et le 1er Btn. partent à 15h45 via Trognée, Abolens, Geer, Hollogne-sur-Geer, Limont et Vooille [Noville] vers Fexhe-le-Haut-Clocher (25 km). Le 3e Btn est arrivé à Liège ce jour-là à onze heures du matin, il assure la surveillance du magasin aux vivres.
Le 22 novembre, l'état-major du régiment et le 1er Btn. via Bierset, St. Nicolas, Liège, Grivegnée atteignent Chenée (O.U.) [heure non spécifiée]. Le 3e Btn reste à Liège.
Le 23 le régiment devra se déplacer via Vaux-sous-Chêvremont, Romsée, Ayéneux, Soumagne, Chaineux jusqu'à peu avant Welkenraedt. Régiment et 1er Btn partent à 10h15 du matin de Chenée, le 3e Btn de Liège à 8 heures du matin (39 kilomètres). Le bivouac s’installe sur place.  

 On peut être étonné de ne voir aucun incident relaté lors de la progression en pays (précédemment ?) envahi, comme ici ce long parcours en Belgique, que les troupes ont réalisé à pied, traversant les villes et villages. Il est vrai qu'à la joie de voir partir l'occupant il faut ajouter la peur que peut encore susciter cette troupe qui défile avec armes et bagages.
 Probablement les municipalités avaient-elles donné des consignes de calme. Je n'ai trouvé qu'une photographie, prise à Liège, que les troupes allemandes traversent, alors que la ville est pavoisée aux couleurs de tous les alliés.

Liège

 La photo est prise devant l'hotel Central, situé au coin de ce qui est actuellement la Place de la République Française. Tous les anciens immeubles ont disparu, reste la coupole de l'Eglise Saint-André de Liège visible tout au fond dans la perspective de la rue.

Une autre photo montre un bivouac improvisé sur la place St-Lambert devant la cour d'appel :

Place st lambert liege

 


 Du 24 novembre au 11 décembre 1918

 Une fois la frontière de l'époque traversée, le régiment marche à travers l'Allemagne vers son cantonnement.

Le 24, marche via la frontière allemande à Herbesthal, puis Geinebret [? non trouvé ?], Walhorn, Raeren-Hohn vers Venwegen, au sud-est d’Aachen [Aix-la-Chapelle] (32 km).
25 novembre jour de repos.
Le 26, départ de Venwegen, via Breinig, Vicht, Mausbach, Gressenich, Schevenhütte, Gürzenich et Düren sur de mauvaises routes. [30km]
Le 27 novembre, nous sommes partis de Düren en passant par Distelrath, Golzheim, Blatzheim, Kerpen, Modrath et Grefrath [36km].
Le 28, nous nous sommes arrêtés à Cologne-Lindenthal.
Le 29 : le jour de repos.
Le 30 via Deutz, Mülheim, Delbrück, Bergisch-Gladbach, Odenthal, Schallemich, Eikamp, Oberscheid, Hochscherf.
Le 1er décembre via Dabringhausen, Dörperheide, Krähwinkelbrücke vers Honsberg.
Le 2 décembre via Heide, Radevormwald, Elspe, Förde [non trouvés sur le trajet (existent vers Grevenbrück 100km Est!)]puis
le 3 décembre via Destern, Eilpe, Hagen jusqu'à Wehringhausen,
Le 4 : jour de repos.
Le 5 via Westhofen, Schwerte, Gliselle [Geisecke], Ardey,
Le 6 via Ostbüren, Stockum, Werl jusqu'à Scheidingen.

 

Du 7 au 9 décembre, repos.
Le 10 décembre depuis Scheidingen via Klotingen, Stocklarn, Oestinghausen, vers Hovestadt (20 kilomètres).
Le 11 décembre, à 7 heures du matin, l’approvisionnement a pris la direction de Lippstadt, où il est arrivé le 11 au matin. À 9 h 30, les troupes suivirent Ostinghausen, Benninghausen, Overhagen jusqu'à Lippstadt, où se trouvait depuis longtemps déjà le bataillon de remplacement du régiment. Le régiment, accueilli avec enthousiasme par une immense foule, est arrivé à Lippstadt à 14h30, où il devait être démobilisé.

 Une profonde tristesse face à l'issue de la guerre s'est immiscée dans la joie de rentrer au pays. A l’entrée de la ville, le régiment a été reçu par les officiers du bataillon de remplacement dont les hommes se sont levés dans une prairie l’acclamer. Le major Böge avait dirigé le régiment. Le très populaire commandant de brigade, le major général von Fabeck, prend congé après des exploits glorieux dans presque toutes les parties du théâtre occidental de la guerre, .....

 

 

 

 

Publicité
19 février 2018

Les exilés

 

    C'est au hasard d'un rangement de bibliothèque que j'ai relu ce passage d'une oeuvre d'un auteur célèbre. Je ne résiste pas au plaisir de le soumettre dans ce blog plus spécialement destiné à 1914-1918, sachant qu'il a été écrit plus de 60 ans avant cette guerre où tant de civils ont été déplacés, et qu'il reste de nos jours particulièrement approprié.

 

lBaPN
Lucien Jonas in " Les Boches au pays noir"

Les exilés sont épars ; la destinée a des souffles qui dispersent les hommes comme une poignée de cendres. Les uns sont en Belgique, en Piémont, en Suisse, où ils n’ont pas la liberté ; les autres sont à Londres, où ils n’ont pas de toit. Celui-ci, paysan, a été arraché à son clos natal ; celui-ci, soldat, n’a plus que le tronçon de son épée qu’on a brisée dans sa main ; celui-ci, ouvrier, ignore la langue du pays, il est sans vêtements et sans souliers, il ne sait pas s’il mangera demain ; celui-ci a quitté une femme et des enfants, groupe bien-aimé, but de son labeur, joie de sa vie ; celui-ci a une vieille mère en cheveux blancs qui le pleure ; celui-là a un vieux père qui mourra sans l’avoir revu ; cet autre aimait, il a laissé derrière lui quelque être adoré qui l’oubliera ; ils lèvent la tête, ils se tendent la main les uns aux autres, ils sourient ; il n’est pas de peuple qui ne se range sur leur passage avec respect et qui ne contemple avec un attendrissement profond, comme un des plus beaux spectacles que le sort puisse donner aux hommes, toutes ces consciences sereines, tous ces cœurs brisés.


Ils souffrent, ils se taisent ; en eux le citoyen a immolé l’homme ; ils regardent fixement l’adversité, ils ne crient même pas sous la verge impitoyable du malheur : Civis romanus sum ! Mais le soir, quand on rêve, – quand tout dans la ville étrangère se revêt de tristesse, car ce qui semble froid le jour devient funèbre au crépuscule, – mais la nuit, quand on ne dort pas, les âmes les plus stoïques s’ouvrent au deuil et à l’accablement. Où sont les petits enfants ? Qui leur donnera du pain ? Qui leur donnera le baiser de leur père ? Où est la femme ? Où est la mère ? Où est le frère ? Où sont-ils tous ? Et ces chansons qu’on entendait le soir dans sa langue natale, où sont-elles ? Où est le bois, l’arbre, le sentier, le toit plein de nids, le clocher entouré de tombes ? Où est la rue, où est le faubourg, le réverbère allumé devant votre porte, les amis, l’atelier, le métier, le travail accoutumé ? Et les meubles vendus à la criée, l’encan envahissant le sanctuaire domestique ! Oh ! que d’adieux éternels ! Détruit, mort, jeté aux quatre vents, cet être moral qu’on appelle le foyer de famille et qui ne se compose pas seulement des causeries, des tendresses et des embrassements, qui se compose aussi des heures, des habitudes, de la visite des amis, du rire de celui-ci, du serrement de main de celui-là, de la vue qu’on voyait de telle fenêtre, de la place où était tel meuble, du fauteuil où l’aïeul s’était assis, du tapis où les premiers-nés ont joué ! Envolés, ces objets auxquels s’était empreinte votre vie ! Evanouie, la forme visible des souvenirs ! Il y a dans la douleur des côtés intimes et obscurs où les plus fiers courages fléchissent. L’orateur de Rome tendit sa tête sans pâlir au couteau du centurion Lenas, mais il pleura en songeant à sa maison démolie par Clodius.


Les proscrits se taisent, ou, s’ils se plaignent, ce n’est qu’entre eux. Comme ils se connaissent, et qu’ils sont doublement frères, ayant la même patrie et ayant la même proscription, ils se racontent leurs misères. Celui qui a de l’argent le partage avec ceux qui n’en ont pas, celui qui a de la fermeté en donne à ceux qui en manquent. On échange les souvenirs, les aspirations, les espérances. On se tourne, les bras tendus dans l’ombre, vers ce qu’on a laissé derrière soi. Oh ! qu’ils soient heureux là-bas, ceux qui ne pensent plus à nous ! Chacun souffre et par moments s’irrite. On grave dans toutes les mémoires les noms de tous les bourreaux. Chacun a quelque chose qu’il maudit, Mazas, le ponton, la casemate, le dénonciateur qui a trahi, l’espion qui a guetté, le gendarme qui a arrêté, Lambessa où l’on a un ami, Cayenne où l’on a un frère ; mais il y a une chose qu’ils bénissent tous, c’est toi, France !


Oh ! une plainte, un mot contre toi, France ! Non, non ! On n’a jamais plus de patrie dans le cœur que lorsqu’on est saisi par l’exil.


Ils feront leur devoir entier avec un front tranquille et une persévérance inébranlable. Ne pas te revoir, c’est là leur tristesse ; ne pas t’oublier, c’est là leur joie.

 

    Dévoilant l'auteur à ceux qui ne l'auraient pas encore reconnu, cet avertissement de l'éditeur de l'édition de 1877 révèle la censure de l'époque, toujours active dans les années de guerre :

Avertissement
Edition numérique disponible sur Gallica

 

 

LjP

 

 

21 décembre 2016

Soldats restés derrière les lignes et fusillés

     On trouve dans la partie numérisée des archives royales de Belgique des affiches annonçant que des soldats français ont été fusillés par les Allemands car ils se trouvaient en zone occupée (peut-être depuis 1914) et ne s'étaient pas dénoncés avant le 20 novembre 1915. L'un d'entre eux était soldat au 127e RI, le régiment stationné à Valenciennes ; je cite également les autres car pour certains je n'ai pas plus d'information à leur sujet :

 

  • Oscar Olivier du 127e régiment d'infanterie, fusillé à La Fère le 4 janvier 1916. L'affiche est datée du 6 à Fourmies et signée du major SCHLICHTEISEN commandant de l'Etape de Fourmies, terreur de la ville, probablement à titre d'exemple : 

    Oscar Olivier


     
  • Salem OUILDALI, corps colonial indigène, fusillé le 12 février 1916 à Rozoy. Affiche datée du 16 à Fourmies (même signature).
    Le lieu d'exécution (Rozoy-sur-Serre dans l'Aisne) est étrangement proche (10 km) du lieu de capture.

    OUILDALI Salem
    Plus probablement une combinaison de Salem, Ould et Ali

          Une fiche lui correspond sur MemorialGenWeb .
 

  • Albert VALISSANT du 94e RI, fusillé le 11 mars 1916 à Crécy. Affiché à Fourmies le 16 mars. (SCHLICHTEISEN)

    VALISSANT Albert



    VALISSANT Théodule Albert, né le 15 février 1890 à Crécy-sur-Serre, Matricule 1049 au recrutement de Laon, classe 1910.
    On lui trouve sur le site Mémoire des Hommes une fiche de "Non mort pour la France" datée de 1923.

    VALISSANT T Ab

         Son état Signalétique et des Services précise bien "Décédé le 11 mars 1916, à Crécy sur Serre, (fusillé par les Allemands)" ce dont l'administration semble avoir eu connaissance le 31 juillet 1919.

    Il a été fusillé sur son lieu de naissance, là où il s'était réfugié, je n'ose dire "sur place".

         Comme souvent, pour un soldat porté disparu, la famille de la zone libre demande à la Croix-Rouge s'il n'est pas possible qu'il soit prisonnier : une fiche à son nom renvoie vers le registre de décès, non dans un camp, mais bien au cimetère "E" de Crécy-sur-Serre, tombe n°1, funérailles le 11 mars 1916.

    VALISSANT CICR


     
  • Gustave MORAUX du 28e Régiment de dragons, fusillé le 9 mars 1916 à La Capelle (Aisne). Affiché à Fourmies le 10 mars. (signé : SCHLICHTEISEN) 

    MORAUX Gaston Gustave

 

  •  3 exécutions le 26 février 1916 à La Fère (Aisne), datée du 29 février à Fourmies et signée HUMMEL Hauptmann und Adjudant (de SCHLICHTEISEN)

    CUVELIER LANCIAUX DECROIX



     
      • Henry CUVELIER du 148e RI, fusillé le 26 février 1916 à La Fère (Aisne).
     
    CUVELIER Henri, né à Colleret (Nord) le 20/10/1893, Matricule 898 au recrutement d'Avesnes (Nord), classe 1913. Son État Signalétique et des Services considère qu'il est disparu le 1/09/1914 à Coucy-le-Château (Aisne):

    CUVELIER H Services
    On remarquera l'immédiateté du secours, payé en octobre 1919
     

    Données que reprend sa  fiche MDH dont les causes de décès ont été surchargées :

    CUVELIER Henri MDH
    La date de décès correspond à la date d'exécution :
    pourquoi celle-ci n'est-elle pas mentionnée ?


     Il figure au monument aux morts de Colleret : sa fiche sur MémorialGenWeb .

     
    •   Amaury LANCIAUX du 148e RI, fusillé le 26 février 1916 à La Fère

    LANSIAUX Amaury Désiré, né le 28 juillet 1891 à Haussy (Nord). Matricule 2037, recrutement de Cambrai, classe 1911
    Là encore son État des Services le considère comme disparu le 01/09/1914 à Coucy-le-Château :

    LANSIAUX Services

    LANSIAUX Amaury MDH
    Comme pour Cuvelier, la date de décès n'est pas attribuée au hasard
     

          Il figure sur le monument aux morts d'Haussy (Nord) : sa fiche sur MemorialGenWeb 
 

    • Paul DÉCROIS du 17e régiment d'artillerie territoriale, fusillé le 26 février 1916 à La Fère (Aisne).


 

  

  • Le même fonds d'archives contient également une copie de proclamation établie par la mairie de Trélon (Nord) concernant :

    Léon ADAM et Andréas OUDELET, en réalité André OUDELET, civils de nationalité française, habitant à Monceau-les-Leups (Aisne), fusillés le 18 avril 1918 sous l'inculpation d'espionnage. Voir sur MemorialGenWeb

    proclamation

  

  • S'y ajoutent deux soldats  fusillés à Laon le 16 février 1916, dont les fiches belges sont peu loquaces : ABDEL KADER et BEN TUALI, mais ceux-ci ont la chance d'avoir une fiche à leur nom  (à défaut d'être reconnus "Mort pour la France") sur le site MemorialGenWeb :
     

    ABDEL Kader BEN TUALI

    • Il faut noter que leur exécution a été suivie de celles de MM. FRICOTTEAUX Aristide, EVRARD Auguste, DERBOIS Auguste respectivement maire, adjoint et garde champêtre d'Anguilcourt-le-Sart, condamnés à mort et fusillés le 15/03/1915, "pour avoir caché et ravitaillé deux tirailleurs sénégalais".
       
    • Le même tribunal à condamné pour les mêmes motifs MM. Hain Albert, Delaporte Eugène, M. Chantreux Lucien et Mmes Fricoteaux et Delaporte à être déportés en Allemagne



    BEN TUALLI  Ben Saïd Ould Abdelkader
     



    et ABD EL KADER
     

     

19 août 2016

Autour d'une affiche à Valenciennes

 entete

     Ainsi commence l'article de la "gazette régionale" de la Gazette des Ardennes. Voici l'affiche en question :

Valenciennes 19160630 c
Théâtre Municipal de Valenciennes
Samedi 1er juillet 1916
Spectacle du théâtre municipal d'opérettes de Leipzig
Direction: Joseph Gross

"Cher Augustin"

Operette en 3 actes de Rudolf Bernauer et Ernst Welisch
Musique de Léon Fall

 

 L'article continue ainsi :

Un rassemblement ne tarde pas à se former. Des hommes et des femmes sont arrêtés devant la dite affiche à laquelle ils ne comprennent qu'une chose : c'est qu'il y aura une représentation au théâtre de Valenciennes, le samedi 1er juillet 1916 et qu'on y jouera une opérette.

Les conversations vont leur train :

- " Si ce n'est pas honteux de faire du théâtre en temps de guerre !" dit une pâle jeune fille d'une vingtaine d'années.

- "Oui, à l'heure même ou se font tuer nos maris, nos fils, nos enfants !" ajoute une femme .

- "A eux aussi, on tue des hommes et ils pourraient bien se dispenser, il me semble, de donner en spectacle des pièces à rire, quand il y a tant à pleurer pour tout le monde !" conclut un monsieur âgé.

Son observation tombe comme une sentence et tous de l'approuver du geste et de la parole .
Ils ne savent donc pas qu'à Paris, qu'à Marseille, qu'à Bordeaux, que dans toutes les grandes villes de France enfin, les cafés-concerts, les bals y sont ouverts, et qu'on y joue, et qu'on y chante et qu'on y danse ?

Ils ignorent que nos soldats prisonniers en Allemagne, ont installé des théâtres dans les camps, fondés des musiques et des chorales, et qu'ils s'amusent, eux aussi, à jouer, à chanter et à danser pour tuer le temps ?
Ou serait-ce qu'ils raisonneraient de parti-pris, avec la Haine plus aveugle encore que l'Amour ?
L'ignorance ou le parti-pris de cette foule à laquelle nous sommes mêlés nous fait pitié et résolument, nous prenons à coeur de lui apprendre, de lui ouvrir les yeux à une plus juste réalité, à un jugement meilleur. Nous lui disons tout cela, à ce troupeau de Panurge dont les "Mauvais Bergers" exploitent la naïveté et la bonne foi, depuis près d'un demi-siècle, dans les journaux, dans les livres, dans les conversations, dans tout et partout ... jusque dans l'histoire.

Et ces hommes et ces femmes qui nous écoutent, bouche bée, les yeux écarquillés de l'étonnement qu'ils ont d'apprendre ce qu'ils ne savaient pas, et le monsieur âgé semble dépité quand, à notre tour nous laissons tomber cette sentence :

"En septembre 1812, les Français parvenaient à établir un théâtre à Moscou, échappé à l'incendie, et l'on y jouait la comédie avec des acteurs français et italiens qui furent payés pour six mois, cela afin de faire croire aux Russes que nous étions disposés à passer l'hiver dans cette ville."

Ce que les Allemands font en 1916, nous l'avons fait il y a un peu plus de cent ans, et si vous en doutez, c'est écrit en toutes lettres, dans les "Mémoires du sergent Bourgogne" mort adjudant de place le 15 avril 1867, ici même, dans la bonne et franque ville de Valenciennes

Vous le voyez, rien n'est nouveau sous le soleil ...

      Je ne commenterai ni le ton ni cet article, ne sachant si le rédacteur était sur place, ni même s'il s'est exprimé, ce dont je doute fortement ..... "Das ist Propaganda".

     Il cite Adrien Jean-Baptiste François Bourgogne, né le 12 novembre 1785 à Condé-sur-l'Escaut, décédé le 14 avril 1867 à Valenciennes et inhumé avec son épouse au cimetière St-Roch :

stele B

Militaire français des guerres de l'Empire, célèbre pour ses mémoires sur la campagne de Russie. Le livre est disponible sur Gallica, en voici le passage cité :

 MSB

 

    L'auteur - pour amadouer le lecteur ? - fait également allusion au chroniqueur Jehan Froissart, né à Valenciennes vers 1337, qui disait :

Si aucun quiert qui je suis, je m'appelle Jehan Froissart, natif de la bonne et franke Valenciennes.

     La pièce, créée en 1912 fut bien entendu jouée comme beaucoup d'autres ; en voici un extrait : "Lass dir Zeit" (Prenez votre temps), chanté par Franz Fehringer vers 1950

 

 

13 août 2016

Civils victimes accidentelles d'engins de guerre

 

Le 20 avril 1916, vers huit heures du matin, quatre enfants du Chemin-Vert ont trouvé un petit obus perdu et se sont amusés à vouloir le défoncer avec un marteau.
Tout à coup cet engin fit explosion et les quatre enfants furent tués.
Aussitôt les officiers et les soldats qui logent dans la commune se sont rendus sur le lieu de l'accident, et c'est les larmes aux yeux qu'ils constatèrent la fin tragique de ces pauvres innocents.
Les obsèques eurent lieu le 21 à trois heures du soir, au milieu d'une nombreuse assistance.
Dans le cortège et en tête on a remarqué la présence d'un très grand nombre d'officiers et de soldats porteurs de gerbes et de couronnes.
La municipalité d'Aulnoy y assistait également.
Pendant l'office, M. le Curé a remercié les autorités militaires et civiles des marques de condoléances qu'elles témoignaient aux familles de ces malheureuse victimes.
A la sortie du cimetière, MM. les officiers se sont rendus chez Mme NEUS, mère de deux victimes, et en termes émus ils adressèrent à cette pauvre femme affolée de douces paroles de consolation et la part de douleur qu'ils prenaient pour la perte cruelle qu'elle venait d'éprouver.
La présence et l'esprit humanitaire des officiers et des soldats furent très commentés dans la commune.

     Cet article parait le 15 mai 1916 dans la rubrique "LA GAZETTE RÉGIONALE" du numéro 191 de la Gazette des Ardennes. Le ton de certains passages de l'article est très largement dû au fait que cette publication est éditée par l'occupant.

    Il n'en reste pas moins que le fait est avéré, il s'agit de :

  • DOOM Estelle Diane Sidonie, 6 ans, née à Hamme (Flandre-Orientale, Belgique) le 17/03/1910.
  • DOOM Maurice Camille, 7 ans et demi, né à Hamme (Flandre-Orientale, Belgique) le 06/08/1908.
  • NEUS Henri, 10 ans et demi, né à Hamme (Flandre-Orientale, Belgique) le 24/12/1905.
  • NEUS Pierre César, 2 ans et demi, né à Aulnoy le 30/09/1913. (Son acte de décès le fait naitre à Hamme, mais son acte de naissance a été rédigé à Aulnoy)

dont les noms figurent au monument aux morts d'Aulnoy :

noms

MaM

 

(A noter que le nom de Jean JAURES est également inscrit sur le monument)

       Le journaliste - qui insiste beaucoup sur la présence des militaires allemands - ne donne aucun détail sur ce "petit obus perdu". Gageons que s'il s'était agit d'un obus français ou anglais, voire une bombe d'avion, il n'aurait pas manqué de le signaler, ajoutant ainsi des noms à la longue liste des "Victimes de leurs compatriotes" qui paraissait dans presque toutes les Gazette des Ardennes.

      Le plus petit calibre d'obus utilisé (des deux cotés) était 37mm, et le calibre allemand le plus courant 7,7cm. Que faisait-il là où les enfants l'ont trouvé ... ?????? Peut-être l'obus était-il sur sa douille en laiton et ont-ils voulu récupérer celle-ci, ou la ceinture de cuivre.....

 


 

     On trouve quelque temps après la relation d'un accident du même type à Berseaucout (hameau de Pertain, Somme). Ce sont les enfants de la famille Alliot qui en ont été les victimes le 3 août 1916 :

Berseaucourt-Pertain 80

deux noms figurent parmi les victimes civiles du monument aux morts de Pertain : André et Fernand ALLIOT

80 Pertain mam
Photo :Stéphane Protois

 

Puis à Bruxelles, décidément malgré la guerre qui les entourait, l'attrait du danger est le plus fort :

Brux
VANNITSEN Joséphine Henriette

 

En juin 1917, c'est à Montmédy que le drame, toujours relaté par la Gazette des Ardennes, arrive :

Montmedy 1917-364
MIGNION Georges

 

 L'Est Républicain du 24/12/1918 signale de pareils accidents à Famars, Curgies, Saint-Amand-les-Eaux, Marly et Vieux-Condé :

Victimes
Paul BOURSE (St Amand les Eaux)
Jules MERIAUX (Marly)

 

Le 7 juin c'est à Lille qu'un accident semblable se produit :

1918-484 Lille
Gazette des Ardennes du 4 aout 1918, VAN HECKE Charles-Louis

Une fois de plus la Gazette des Ardennes, du 21 juillet 1918, relate :

1918-473 Valenciennes

     FERTIN Gaston Léon Emile était né à Valenciennes le 30 octobre 1908, de FERTIN Léon Joseph Jules et de DELATTRE Louise Léonie Agnès.

 
Il y en eut certainement bien d'autres  !

100 ans après ce genre d'accident arrive hélas encore dans nos régions ; n'oublions pas la règle :


"La munition n'a ni amis ni ennemis, elle ne connaît que des victimes"

 

Ces imprudences ne s'arrêtaient pas aux zones de front ou occupées :

1918-316 grenade à Toulon
Mai 1918 Charles JAUME

 

1918-384 obus à Pte-Synthe
Juin 1918, Albert BOHN

 

GdA 1918-599
Gazette des Ardennes du 25 septembre 1918, Marius LAIR

 

    La fin des hostilités va augmenter les risques, l'occupant  n'assurant pas le déminage ni le nettoyage, qui va incomber aux alliés :

Lille

 

Le 20 juillet 1919, le Bulletin de Meurthe et Moselle signale un accident par éclatement de grenade à SORNEVILLE : Jeanne BOTTELIN, 10 ans. (Son nom figure au monument aux morts de Sornéville).

Bulletin M&M 19190720

 

Le 12 avril 1927, Le Grand Echo du Nord relate une nouvelle tragédie, à Cuinchy cette fois :

GENF 19270412

 

 

Publicité
26 novembre 2016

Cimetière St-Roch (Valenciennes) durant la guerre.

 

 

 

GdA 1918-211
Gazette des Ardennes du 6 avril 1918

 

     Lorsque la municipalité de Valenciennes - obéissant à la loi de 1791 interdisant tout inhumation en ville (entendez par là autour des églises situées en ville) - fait la même année l'acquisition d'un terrain au hameau de St Roch pour y créer le cimetière du même nom, elle n'imaginait certainement pas l'ampleur que celui-ci allait prendre, car devant les besoins, la Ville acquiert en plusieurs fois jusque 1900 les terrains sur la rive droite du vieil Escaut jusqu'à la limite de St-Saulve pour donner l'emplacement tel que nous le connaissons actuellement et qui s'est agrandi dans les années 70 du terrain disponible sur la rive gauche, portant la superficie à près de 10 hectares.

Vue IGN
source : IGN

carrés militaires

 Plan

     En 1915, l'ensemble des tombes n'occupait pas tout le terrain disponible, ainsi les Allemands entreprirent de créer "tout au bout" (carrés M & N actuels et peut-être D) le cimetière militaire, non seulement pour leurs soldats, mais également pour les alliés décédés sur le territoire de la commune durant les 4 années d'occupation ; ainsi que le dit l'article de la Gazette, les tombes des premiers soldats inhumés se situaient dans la partie existante du cimetière ; l'inauguration a eu lieu le 12 décembre 1915.

Inauguration

     Les premiers travaux ont révélé la présence à cet endroit d'une nécropole antique. Les recherches ont été reprises en 1918 par Maurice Hénault, (une grande partie des objets recueillis fut perdue lors de l'incendie de de 1940) puis une nouvelle fois en 1947, révélant une centaine de sépultures et des objets permettant de dater celles-ci de l'époque Franque et Gallo-Romaine.

Cimetière mérovingien

    Plus que l'implantation des tombes anciennes, c'est celle du cimetière militaire qui nous intéresse ici sur le plan ci-dessus provenant d'un article de 1983 de Philippe Beaussart en ligne sur Persée : "Sur le cimetière mérovingien de Saint-Roch à Valenciennes".

51aNE St Roch
Sur cette carte britannique de 1917 (dont disposaient les soldats Canadiens en 1918) :
en bleu le terrain du cimetière,                                
le rectangle rouge situe le cimetière militaire allemand, 
le vert l'actuel cimetière militaire britannique.             

    Après la guerre, le cimetière militaire est dispersé : les soldats allemands seront ré-inhumés au cimetière (Deutschen Soldatenfriedhof) de Frasnoy notamment, ceux du Commonwealth sont rassemblés dans un carré spécifique "St.Roch Communal Cemetery", Français et Russes également dans des carrés attenants ; les voici repérés sur cette vue aérienne (mission IGN 1932). Les carrés nationaux ont été créés, le cimetière allemand originel a disparu, restent les rangées d'arbres. Cette partie ne sera réutilisée que dans les années 1970.

cimetière St Roch 1932
A)llemagne-déplacé-, C)ommonwealth, R)ussie, F)rance

 

  • Commonwealth, entretenu par le CWGC (882 identifiés).
  • Russe (et Roumain, Serbe et Hongrois) que je traite ICI  (212 tombes).
  • Français (105 noms), traités ICI

      Avec l'aide du fonds Maurice BAUCHOND (Musée des Beaux-Arts de Valenciennes), de la collection numérisée de la Bibliothèque Municipale de Valenciennes et celui de la bibliothèque de documentation internationale contemporaine (BDIC) ainsi que de ma collection personnelle, il est possible de faire une promenade dans le cimetière :

Après lancement du diaporama, cliquer sur l'icône PE pour voir celui-ci en plein écran (Echap pour revenir au blog)

    L'une des tombes voisines du monument décrit dans l'article de la Gazette des Ardennes, porte le nom de Marcel DORIZON, prisonnier français mort le 27/04/1915, dont j'ai traité le cas particulier sur ce même blog.

 Il n'a pas été facile de déchiffrer les noms inscrits sur le monument de pierre bleue : il est décrit comme portant des noms sur chacune de ses 4 faces. A ce jour, seules les faces avant et droite (voir photo ci-dessous) s'avèrent déchiffrables, dévoilant 178 noms.

MaM allemand

Face avant :

  • Dans la partie ovale entourée de lauriers on peut lire :

"Zum Gedenken an die Opfer des Krieges
 die auf dem Ehrenfriedhof ruhen"

Sei getreu bis in den Tod
(Apokalypse 2-10)


"À la mémoire des victimes de la guerre
 qui reposent dans le cimetière d'honneur"

Soyez fidèle jusqu'à la mort
Apocalypse 2-10

 La dernière phrase, tirée de la Bible, se complète parfois par "et je te donnerai la couronne de vie" : so will ich dir die Krone des Lebens geben.

  • La partie inférieure contient sur 4 colonnes une liste de 50 noms, surmontant l'inscription :

Diese Soldaten ruhen im Massengrab auf dem französischen Friedhof
Ces soldats reposent dans la fosse commune du cimetière français

 Il semble en effet qu'au début des hostilités (qui pour les 2 camps devaient se terminer avant Noël 1914), les premiers morts aient été rassemblés dans une tombe commune (Massengrab, ou Kameradengrab) pourtant déjà surmontée d'un monument portant les noms et les régiments, c'est celui qui est décrit plus bas. Il n'y a aucun numéro de tombe, mais en croisant les archives, on trouve parfois un n° (d'ordre d'ensevelissement ?) jusqu'à ce que les tombes suivantes deviennent individuelles.

On retrouve également 50 noms sur la tombe commune n°4, carré n°2, au cimetière allemand de Frasnoy où la plus grande partie de ceux inhumés à Valenciennes ont été regroupés.

Les dates de décès (retrouvées d'après les noms) vont du 04/09/1914 (Valenciennes a définitivement été investie le 25 Août) au 26/10/1914.

 En croisant les différentes données, on obtient la liste suivante (noms et initiale de prénoms sans autre information), avec parfois une erreur de gravure (Fiermann au lieu de Ziermann, ...) :

plaque bas avec fond

 

 

 Face droite :

 On y lit sur 4 colonnes les noms de 128 soldats allemands, suivis (pas toujours) de l'initiale du prénom, du numéro de tombe individuelle, et dans de rares cas (4), du grade ou de la spécialité. Je les recopie ci-dessous tels qu'on peut les reconnaitre, avec là encore quelques erreurs de gravure possibles (MARSUR pour MASUR, LAUKUER pour LAUKNER, "G" dur et K confondus...) mais qui coïncident avec la date de décès des soldats de ma base de données.

       
   
  Niebuhr S. 59 Röcker K. 103 Lamp J. 139
Knauf A. 78 Schnier A. 61 Hein K. 104 Kabisch B. 140
  Berlet R. 62 Schmitz T. 105 Just B. 141
Kaltenegger H. 111 Ruffert J. 63 Birkeneder M. 106 Hostert M. 143
  Maass H. 64 Buschenhagen G. 107 Allendorf G. 144
Lehmann G. Arzt 90 Hadrzynski L. 65 Borchers R. 108 Mahr E. 145
  Baass M. 66 Siebigs H. 110 Händel A. 146
Linker L. 118 Spörl J. 67 Pohritzsch K. 112 Cegielny P. 147
Weidmann P. 119 Brohseit E. 68 Krüger E. 113 Kusserow A. 148
  Schulz A. 69 Widera K. 114 Theissen J. 149
       
Biermann A. 6 Jhle G. 70 Schlecht K. 116 May E. 150
Köck M. 8 Ziegler J. 71 Truckenbrud A. 117 Jmme F. 151
Wiedmann K. 10 Pauli A. 72 Seebacher S. 120 Stiller A. 153
Voigt M. 11 Kröning E. 73 Matloch V. 121 Martin M. 154
Ebelt R. 34 Schmieg G. 74 Godehardt M. 122 Kaufmann W. 155
Lange F. 35 Banzer F. 76 Lardong F. 123 Seeger 156
Fitzinger A. 36 Walgenbach P. 77 Jänichen O. 124 Böttger F. 157
Raffel W. 37 Von Hofen G. 78 Fix P. 125 Bergner K. 158
Brüsewitz P. 38 Paetz G. 79 Niebauer J. 126 Fritzke E. 159
Andler A. 41 Schäfer A. 80 Fend H. 127 Marsur J. 160
       
Rattey W. 39 Schlund H. 82 Eckert H. 128  
Genetzki K. 40 Möltgen M. 83 Schummer J. 129  
Buhlmann H. 42 Schneider P. 85 Möbius F. 130  
Bitsch G. 43 Liebl V. 86 Schumacher H. 131  
Hartinger J. 44 Treitz G. 87 Braun J. 132  
Klöhn H. 45 Lindinger A. 88 Raider J. 133  
Schmitt O. 46 Schmitt A. 89 Hofmann F. 135  
Herber 47 Landwehr J. 99 a Morweiser K. 136  
Seemann E. 48 Bocker A. 91 Ziegler A. 137  
(Namenlos) 49 Raaf R. 92 Nopens J. 138  
       
Krawczyk S. 50 Giesemann F. 93 Wersler R. Offizier Stellvertreter 139  
Stendle A. 51 Krämer M. 94    
Kreh F. 52 Baumann A. 95 Kehrer J. Leutnant 152  
Neuss K. 53 Kasper A. 96    
Franke A. 54 Jugenwegen J. 97 Luyken F. Hauptmann 9 a  
Hoffmann H. 55 Vetter A. 98    
Rüdenbender J. 56 Gerlach W. 99    
Malik P. 57 Purschke F. 100    
Deutschmann 58 Rossnagel G. 101    
Laukuer R. 60 Wohlschlegel E. 102    
       
     

 Cette fois les dates de décès s'échelonnent du 19/10/1914 au 06/10/1915 ; le monument a été inauguré le 12 décembre 1915.

Ces soldats figurent dans les listes disponibles sur ce blog, avec les informations recueillies :

1914 : sujet n°
45
1915 : sujet n°
47
1916 : sujet n°
50
1917 : sujet n°
56
1918a : sujet n°
164
1918b : sujet n°
165
1919 : sujet n°
73
1940-45 : sujet n°
173

 

     Les deux derniers monuments portent des plaques assez lisibles, l'une aux alliés, l'autre aux soldats allemands décédés en 1914. Les voici retranscrites, aux fins de comparaisons avec les informations disponibles, notamment celles de l'état-civil de Valenciennes dont j'ai effectué les relevés ICI ce qui permettra ensuite de recouper les informations, au moins pour 1914. En cas d'erreur de lien aux AD59 (ils ne sont pas encore tous pérennes) utiliser la cote du document avec le n° d'acte, toujours correct.

P laqueD

Hier Ruhen tapfere deutsche Krieger
Ici reposent de braves soldats allemands
tombés en sept et oct 1914

  FISCHER Ch.
3 B.F.A.R 43
(05/10/1914)
MARKLE Karl
13 A.K.3 San K.
(21/10/1914)
 
  FRANK H. Feldwebel
J.R. 27
(20/09/1914)
MARTENS W.
6.K. J.R.81
(22/09/1914)
 
BAARS Willy
2.K. GardeJag.Bat
(01/10/1914)
FRANZ F. Sergant
J.R. 28
MEINHARDT E.
3.K. R.J.R. 116
(20/10/1914)
ROHWEDER W.
1.K. R.J.R. 76
(28/09/1914)
BADEN Karl
1.K. J.R. 121
FRIEDRICH W.
10.K. R.J.R. 35
(17/09/1914)
MERKE Ernst
4.ESK. 2 Leib Hus. R.
(08/10/1914)
SPECHTMANN Unterof
6.K. J.R. 31
(28/09/1914)
BÄDER Johann
Füs. R. 35
(24/10/1914)
GÜNSCH A.
1.K Füs R. 36
(01/10/1914)
MUCH Friedr.
2.K J.R. 26
(12/10/1914)
STEINBRECHER L.
21.Mun.Kol. F.A.R. 18
(27/09/1914)
BECKS Heinr.
2.K J.R. 153
(03/10/1914)
GUSTER A.
2.K.1. J.R. 35
(25/09/1914)
MÜLLER Feldwebel
12.K. R.J.R. 66
STEINER Aug.
8.K.1. J.R. 13
(25/09/1914)
BERGMANN W.
3.K. 1 Garde R.z.F
(11/10/1914)
GUTZMANN G. Unterof
12.K J.R. 118
(01/10/1914)
MURSCHEL W.
13 A.K. 3.San.K.
(25/10/1914)
URBANSKI Joh.
8.K R.J.R. 27
(26/09/1914)
BESECKE Rob.
1.K J.R. 9
(16/10/1914)
HENNING Otto
2.K. L.J.R. 35
(24/09/1914)
NETTELNBRECHER W.
2.K. J.R. 15
(28/09/1914)
VOGT Peter Unterof.
9.K. J.R. 81
(01/10/1914)
BUHLER K. Unteroff
8.K. J.R. 121
(14/10/1914)
HONTSCH G.
2.Esk. 5 Leib Hus. R.
(25/09/1914)
NEUMANN P.
10.K. J.R. 8
(01/10/1914)
VOLMER Herm.
5.B. F.A.R. 22
(30/09/1914)
BUSCH Franz
12.K. J.R. 17
(18/10/1914)
JUNGE Ernst
9.K. 1.Garde R.z.F
(11/10/1914)
OPPERMANN G.
Jäg. z. Pf. 7
(22/10/1914)
WEBER Rud.
2.K. Leib Gren.R. 100
(03/10/1914)
BUSCH O. Unteroff.
7.K. L.J.R. 55
(25/09/1914)
KNAPP Heinr.
1.K J.R. 79
(25/09/1914)
PROPP Rud.
5.K. J.R. 49
(07/09/1914)
SLUTE Franz
(vermutlich)
DATER
2.K. R.J.R. 27
KÖSSNER
4.B.1.garde R.A.R
(12/10/1914)
PRUFER
7.K. L.J.R. 66
? Erk. Marke 148
Fus. R. 90
ECKERT Heinr.
F.A.R. 13
(25/10/1914)
KOVALESKI Joh.
8.K. Fus. R.A.R
(14/10/1914)
REISSE K. Radf. F.K.
bayr. Jäg. Bat. 1
(01/10/1914)
PAPLEMAN Jul.
Gefang. franz. Sold.
FIERMANN V.
3.K. J.R. 56
LUND Jabok
1.K R.J.R 86
(28/09/1914)
RESENBERGER
7.K. Bayr. R.J.R. 3
(17/10/1917)
Geb. im Dep. Bernay
Gebürtig aus Bernay

 

Une date (il n'y en a pas sur le monument) figure sur la transcription lorsque j'ai retrouvé le soldat allemand dans la base de données du cimetière de Frasnoy, en limitant les recherches par analogie aux plus probantes, compte tenu des données de l'état-civil.  (En cours .................)

 

  • Un soldat Français figure en fin de liste :
    PAPLEMAN Jul. dont le nom au registre de décès est PAPLENACE Julien.

    Il est cependant né PAPHENUCE Julien Auguste le 6/12/1879 à St-Paul-sur Risle (Eure). Il est originaire (gebürtig) de Bernay (Eure) qui est son centre de recrutement, né (Geburtsort) à Bernay, d'après la plaque, ce qui n'est pas le cas (à 30km près).
    Il fait partie des Morts pour la France, où il est dit décédé à La Neuville (Marne) le 15/9/1914, son État des Services (Matricule 700) le signalant disparu à cette date.
    Les archives du CICR conservent plusieurs fiches de recherche sur les prisonniers de guerre qui le concernent et renvoient le cas échéant à la même page de registre (P 3655) :
    Outre le nom toujours déformé (PAPHENNCE, PAPHEMUCE) il y est indiqué blessé à la jambe et se trouvant au FeldLazaret 6 de la 12e armée allemande à Guignicourt.
    Renseignement communiqués à son épouse à Sassy.

    P3655


    Aucune de ces informations ne reflétant la réalité du décès, il faudra un jugement du tribunal de Falaise transcrit à Sassy (Calvados) le 15/05/1920 qui le déclarera décédé à sa date de disparition, ignorant donc que le blessé a été emmené dans une ambulance allemande jusque Valenciennes où il décède effectivement 14 jours plus tard.
    Il n'est actuellement pas possible de situer sa sépulture.


  • On trouve comme toujours quelques différences avec ce qui est noté à l'état-civil, sans que je sache qui a raison, par exemple :
    • BACKS Heinrich, gravé Becks
    • LUSTER Albert, gravé Guster A., décédé le 25/09/1914.
    • LUND Jakob, gravé Jabok, écrit LÛND à l'état-civil.

    Les documents transmis à l'état-civil de Valenciennes ne permettaient peut-être pas une lecture correcte (écriture manuscrite, fraktur, papiers endommagés....), de plus le monument a peut-être été gravé sur place par un français, ayant le même problème de déchiffrement.

  • Certains noms (18) ne figurent pas dans les registres de l'état-civil, ils ont donc été soit inscrits dans d'autres communes, soit relevaient de l'état-civil militaire.

  • Certains noms ne figurent pas dans les listes du site www.volksbund.de, que ce soit à Frasnoy ou ailleurs (Assevent, Wambrechies notamment) ; peut-être les corps ont-ils été restitués aux familles, mais comme le précise le site :
    • les documents disponibles n'ont pas permis de déterminer un emplacement de tombe. Étant donné qu'au 20ème siècle, les services français s'occupant des sépultures ont réalisé des travaux de déplacement des corps enterrés dans les lieux environnants pour rassembler ceux-ci dans des cimetières communs, il est possible qu'il ait été inhumé dans la fosse commune du cimetière militaire de .................. créé par le Volksbund.

         Voici les noms tels que j'ai pu retrouver au cimetière de Frasnoy, présentés dans la même disposition que sur la plaque :

      FISCHER Christian MÄRKLE Karl  
      FRANK Heinrich MARTENS Wilhelm  
    BAARS Willi  - MEINHARDT Erich ROHWEDER Wilhelm
     - FRÄDRICH Wilhelm MERKE Ernst SPEHTMANN Heinrich
    BAEDER Karl GÜNSCH Abert MUCH Friedrich STEINBRECHER Ludwig
    BACKS Heinrich LUSTER Albert  - STEINER August
    BERGMANN Wilhelm GUTZMANN Georg MURSCHEL Wilhelm URBANSKI Johann
    BESECKE Robert HENNIG Otto NETTELNBRECHER Wilhelm VOGT Peter
    BÜHLER Karl HÖNTSCH Arthur NEUMANN Paul VOLMER Hermann
    BUSCH Franz JUNGE Karl OPPERMANN Gustav WEBER Rudolf
    BUSCH Otto KNAPP Heinrich PROPP Rudolf  -
     - KÖSSNER Karl Hermann Ludwig BRÜDER Robert  -
    ECKERT Heinrich KOVALEWSKI Johann REIẞL Konrad  
     - LUND Jakob RESENBERGER Michael  

 


 

    Les liens sous les noms qui suivent renvoient soit vers les fiches correspondantes de Mémoire des Hommes soit sur ce blog où je détaille leur parcours, reconnaissable au numéro qui renvoie vers la tombe actuelle, ou encore de la Commonwealth War Graves Commision quand c'est possible, ce qui permet d'accéder à plus d'information : date de décès, date et lieu de naissance. 

 

S 1914

Tués
Sept. Oct. 1914

BOURGES Isaïe  266 26e R.I.T
QUESNE Casimir  231 26e R.I.T.
BOURSIER François Réserviste
RECOURT Eugène  233 7e R.I.T.
FERRAND Eugène  264 16e R.I.T. caporal
SALLARD Eugène 26e R.I.T.
HOCHU Louis  232 84e R.I.
TERREUX E.H. 21e R.I.T.
LEDUC L.F. 1er R.A.T.
TRICHON Eugène 27e R.I.T.
LUNEL Auguste  254 27e R.I.T.
DAVIS Lionel 6e Dragons
MARTIN Auguste  267 27e R.I.T.
HAWE Robert 2e Hussards
MONTRON Ernest  269 26e R.I.T.
HUGHES Denis 79th Brigade R.F.A
PETIT Marcel  265 27e R.I.T.
HULL Harald Wilsh. Reg.
ENGE Albert deutscher Soldat
2° Cie, I.R. 153
  • Parfois l'orthographe des noms propres reste sujet à caution, ainsi
    • BOURCIER et non BOURSIER, François (le lien mène vers la bonne fiche MDH et le nom a été rectifié à l'état-civil)
    • MONTRON Ernest Victrice [Saint Victrice, né probablement dans la région de l'Escaut, embrassa d'abord la carrière des armes, fut évèque de Rouen vers 400 et donc fit le chemin inverse], dont le nom conforme aux actes de naissance et de décès et à la fiche MDH a une tombe au nom de MOUTRON. Une demande de rectification (avec modification de la plaque tombale) est en cours.

 

  • Les numéros qui suivent certains noms sont ceux de la tombe au cimetière actuel, et le lien renvoie vers une photo de celle-ci (collection privée).

  • 4 soldats sont britanniques :
    • HUGHES Denis : on trouve sous ce nom un soldat du 2e Bataillon du Royal Dublin Fusiliers, décédé le 05/09/1914, toujours inhumé à Valenciennes.
    • BULL H.A. (et non HULL) soldat du 1er Bataillon du Wiltshire Regiment, décédé le 14/09/1914, toujours inhumé à Valenciennes.
    • DAVIS Lionel du 6th Dragoon Guards (Carabiniers).
    • HAWE Robert du Royal Dublin Fusiliers.

  • Le soldat allemand ENGE Albert du 153e Régiment d'infanterie, n° (matricule ?) 189 est décédé à l'hôpital qui se tenait dans l'actuel Lycée Watteau, le 4/09/1914. Ce nom ne figure pas sur le site Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge, il a probablement été rendu à sa famille.

 

    On voit également au pied du même monument un écusson (aux couleurs nationales ?) mais illisible. Si la photo a bien été prise durant la guerre, cette plaque "Aux morts pour la Patrie", où le mot "France" apparait, n'a pu être apposée que temporairement :

R écusson

 

 

     A noter qu'une photo de 1915 d'origine allemande dans les albums Valois mis en ligne par la BDIC montre une tombe sans localisation :

Hier ruhen 3 tapfere französischer Soldaten
Ici reposent 3 braves soldats français
Érigé par la llléme compagnie, 2éme section, du 55me Landsturm
et crédité ailleurs du quotidien suisse : La Guerre Mondiale.

1915 3 soldats F

 

L'enterrement de Wilhelm KAUFMANN décédé le 26/09/1915, inhumé tombe individuelle n°155.

Kaufman

Date d'acte ou de trans-
cription
N° d'Acte (propre ou voisin) Nom Prénom Informations militaires Précision lieu de décès Date de décès Vue N° Date de Naissance Lieu de Naissance
28 sep 1915 607 KAUFMANN
cliquer pour plus d'infos
Wilhelm Pionnier 6° détachement du service d'autos de l'Etape Vimy (am Felsenkeller)
Position allemande dite "Felsenkellerweg"
26 sep 1915 155 25 sep 1885 Muelheim Reg Bez Dusseldorf (sic)
probablement Mülheim bei Dusseldorf

 

 

Je ne connais pas avec précision le nombre de tombes de ce carré militaire, mais par exemple :

  • MEIER Christian, né le 07.6.1888 à Wulften, décédé le 25.03.1918 Krgs.-Laz. VII in Valenciennes, réserviste du 78 régiment d'infanterie a été inhumé tombe n°819  "EinzelTombe" (Tombe individuelle originelle).

 ou encore

  • SCHLIEPHAKE Albert, né le 08.02.1890 à Salzwedel, décédé le 01.01.1918 à Valenciennes du 111e régiment d'infanterie :  "in Valenciennes bestattet, Grab 2058" (enterré à Valenciennes, tombe n°2058)

Voir sur ce même blog le sujet relatif à l'actuel carré militaire

 

 

30 janvier 2015

Une liste au Journal Officiel ......

 

bandeau

 

Par décret en date du 7 décembre 1924, rendu sur la proposition du ministre de l'intérieur,
Vu l'article 2 de la loi du 16 août 1920, Complété par la loi du 14 avril 1923;
Vu la déclaration du conseil de l'ordre en date du 5 décembre 1924, portant que les nominations faites aux termes dudit décret n'ont rien de contraire aux lois, décrets et règlements en vigueur, sont nommés, à titre posthume, au grade de chevalier dans l'ordre national de la Légion d'honneur, les personnes ci-après désignées, qui ont bien mérité du pays au cours de la guerre, pendant l'occupation ennemie dans les régions envahies:

M. TAVERNIER (Nicolas-Prosper), garde champêtre à Petites-Armoises (Ardennes).
M. CRAPART (Albert-Louis), cultivateur à Rieux (Marne).
M. BEAUVOIS (Nicolas), ouvrier tisseur à Rieux (Nord).
M. DUFRESNOY (Jean-Baptiste), journalier à Crévecoeur-sur-Escaut (Nord).
Mme DUFRESNOY, née CORBEAUX (Flore), demeurant à Crévecoeur-sur-Escaut (Nord).
M. CORETTE (Victor), journalier à Crévecoeur-sur-Escaut (Nord).
M. FIERQUIN (Paul), ouvrier d'usine à Hautmont (Nord).
M. GHIENNE (Jean-Baptiste), ouvrier maçon à Escaudœuvres (Nord).
M. HENNION (Jean-Baptiste), bourrelier à Sautes (Nord).
M. HENNION (Pierre), veilleur d'usine à Lys-les-Lannoy (Nord).
M. LEBEAU (Alphonse-Jean-Baptiste), blanchisseur à Lys-les-Lannoy (Nord).
M. LEGRAND (Henri-Fernand-Joseph), professeur délégué à l'école supérieure de Valenciennes (Nord).
M. LEPERS (Louis-Désiré), cultivateur à Linselles (Nord).
M. LEPERS (Désiré-Louis), demeurant à Linselles (Nord).
M. MAISONGROSSE (Joseph-Bernardin), employé des P. T. T. à Tourcoing (Nord).
M. MARLOT (Léon-François-Florimond), employé à Roubaix (Nord).
M. SALEMBIER (Floris-Casimir-Louis), ouvrier fileur à Lys-les-Lannoy (Nord).
M. SAMAIN (Gaston-Renold), demeurant à Maubeuge (Nord).
M. SPEDER (Pierre-Guillaume), directeur d'école primaire en retraite, demeurant à Tourcoing (Nord).
M. THUILLEZ (Pierre-Joseph-Henri), garde-champêtre à Rieux (Nord).
M. VANDECAPELLE (Emile-Joseph), demeurant à Quesnoy-sur-Deûle (Nord).
M. VAUTIER (Louis-François), comptable à Maubeuge (Nord).
M. PRÉVOST (Ernest), herbager à Larouillies (Nord).
M. BLAMPAIN (Napoléon), lamineur à Quérénaing (Nord).

 

(Journal Officiel de la République Française du 9 décembre 1924)

     Mais cette liste n'indique pas les raisons de ces 24 nominations, qu'il faut rechercher dans les bases existantes.

     Certains d'entre eux ont déjà fait l'objet d'une étude, partielle ou plus complète dans ce même blog : cliquer sur leur nom.
Cliquer la rosette LH pour voir le dossier de la Légion d'honneur, ou sur MDH pour la fiche Mémoire des Hommes (MDH) si elle existe : peu de civils ont été reconnus "Morts pour la France" ; a contrario des militaires il fallait en faire expressément la demande (famille, municipalité).

  Nom Prénoms Profession Résidence Dép. Motif MDH LH
M. TAVERNIER Nicolas-Prosper Garde champêtre Petites-Armoises Ardennes Tué par une patrouille allemande le 31/08/1914 MDH LH
M. CRAPART Albert-Louis Cultivateur Rieux Marne Fusillé sans motif le 07/09/1914
- LH
M. BEAUVOIS Nicolas Ouvrier tisseur Rieux Nord Fusillé à Valenciennes pour espionnage  le 23/02/1918
MDH LH
M. DUFRESNOY Jean-Baptiste Journalier Crévecoeur-sur-Escaut Nord Fusillé sans motif le 27/08/1914
MDH LH
Mme DUFRESNOY Flore - Crévecoeur-sur-Escaut Nord Fusillée sans motif le 27/08/1914 - LH
M. CORETTE Victor Journalier Crévecoeur-sur-Escaut Nord Fusillé sans motif le 27/08/1914 - LH
M. FIERQUIN Paul Ouvrier d'usine Hautmont Nord Interné, évadé, mort au bagne de Sedan le 19/09/1917
- LH
M. GHIENNE Jean-Baptiste Ouvrier maçon Escaudœuvres Nord Tué le 26/08/1914
- LH
M. HENNION Jean-Baptiste Bourrelier Santes Nord Fusillé pour espionnage  le 20/11/1917
MDH
LH
M. HENNION Pierre Veilleur d'usine Lys-les-Lannoy Nord Fusillé comme otage le 26/08/1914 - LH
M. LEBEAU Alphonse-Jean-Baptiste Blanchisseur Lys-les-Lannoy Nord Fusillé comme otage le 26/08/1914 - LH
M. LEGRAND Henri-Fernand-Joseph Professeur délégué à l'école supérieure de
Valenciennes Nord Fusillé à Valenciennes pour espionnage le 23/02/1918
- LH
M. LEPERS Louis-Désiré Cultivateur Linselles Nord Tué par des soldats allemands le 05/09/1914  - LH
M. LEPERS Désiré-Louis - Linselles Nord Tué par des soldats allemands le 05/09/1914  - LH
M. MAISONGROSSE Joseph-Bernardin Employé des P.T.T. Tourcoing Nord Fusillé pour espionnage le 19/11/1914  - LH
M. MARLOT Léon-François-Florimond Employé Roubaix Nord Déporté, évadé, Fusillé pour espionnage le  23/07/1918 MDH LH
M. SALEMBIER Floris-Casimir-Louis Ouvrier fileur Lys-les-Lannoy Nord Fusillé comme otage le 26/08/1914 - LH
M. SAMAIN Gaston-Reneld - Maubeuge Nord Fusillé pour espionnage à Charleroi le 30/12/1915
- LH
M. SPEDER Pierre-Guillaume Directeur d'école primaire en retraite Tourcoing Nord Interprète, avocat. Décédé le 13/02/1921 - LH
M. THUILLEZ Pierre-Joseph-Henri Garde-champêtre Rieux Nord Fusillé à Valenciennes pour espionnage  le 23/02/1918 MDH
LH
M. VANDECAPELLE Emile-Joseph  - Quesnoy-sur-Deûle Nord Fusillé le 06/10/1914
- LH
M. VAUTIER Louis-François Comptable Maubeuge Nord Fusillé pour espionnage à Charleroi le 30/12/1915 - LH
M. PRÉVOST Ernest Herbager Larouillies Nord Décédé au bagne de Sedan le 27/08/1917
 MDH LH
M. BLAMPAIN Napoléon Lamineur Quérénaing Nord Dénoncé, condamné, décédé au bagne de Sedan le 03/03/1918
- LH

 

Certains ont été fusillés le même jour :

 

  • 4 otages à Lys-les-Lannoy le 26/08/1914 dont  HENNION (Pierre), LEBEAU (Alphonse-Jean-Baptiste), SALEMBIER (Floris-Casimir-Louis) et LECLERC (Jean-Baptiste), qui semble-t-il n'a pas été décoré.

    LyslesLannoy

          Un monument leur a été élevé en 1931, au lieu-dit "Le Bon Poste" à Lys-les-Lannoy. En 1952 est venue s'ajouter une liste de FFI, puis une plaque aux morts des guerres de décolonisation.

Monument Lys

plaqueLys
(photos Constantin Dubois-Choulik)

 

  • 3 sans motif à Crévecoeur-sur-Escaut  le 27/08/1914 : DUFRESNOY (Jean-Baptiste), Mme DUFRESNOY, née CORBEAUX (Flore),  CORETTE (Victor) dont les noms figurent au monument aux morts de Crévecoeur.

    civils crévecoeur
    Davantage d'information dans la revue de l'association
    "Cambrésis terre d'Histoire" n°10



  • 2 par des soldats le 05/09/1914 à Linselle : LEPERS (Désiré-Louis) 80 ans et LEPERS (Louis-Désiré) 50 ans : le père et le fils.
    La médaille des victimes de l'invasion leur avait été attribuée l'année précédente  (parution au JO du 2 mars 1923).

    Médaille de Vermeil pour le père :

    MVI Lepers DL


    Médaille d'argent pour le fils :

    MVI Lepers LD

 

 

  • 3 pour espionnage à Charleroi le 30/12/1915 : SAMAIN (Gaston-Renold), et VAUTIER (Louis-François), auxquels s'ajoute Désiré DE GUCHT, verrier à Charleroi (affiche parue à Charleroi).

    Avis

       Par jugement du 28 décembre 1915 du tribunal de campagne, les personnes suivantes ont été condamnées pour trahison commise pendant l'état de guerre :

       à la peine de mort :
    1. Désiré de Gucht, verrier à Charleroi;
    2. Louis Vautier employé à Maubeuge;
    3. Gaston Samain, employé des chemins de fer à Sous-le-Bois près de Maubeuge;

       à 15 ans de travaux forcés :
    4. Charles Frank, mécanicien à Hautmont.

       à 10 ans de travaux forcés :
    5. Philibert Tricot, ouvrier à Sous-le-Bois près de Maubeuge;
    6. Jules Tricot, ouvrier à Sous-le-Bois près de Maubeuge;
    7. Martial Gaupart, cafetier à Quévy-le-Grand;
    8. Epouse jean Sirjakobs, à Charleroi.

       De Gucht, Vautier et Samain, condamnés à mort, ont été fusillés ce matin.

       Charleroi, le 30 décembre 1915.

    Die militärgouverneur
    1. V.           

    gez. Frhr. von SENDEN
    Generalmajor.  

    Je porte le présent avis à la connaissance de tout le territoire placé sous mon autorité.

       Bruxelles le 10 janvier 1916.
    der General-Gouverneur in Belgien
    Freherr von BISSING
    Generaloberst. 

     

    19151230_Charleroi



  • 3 pour espionnage : le 23/02/1918 au Rôleur à Valenciennes  BEAUVOIS (Nicolas), THUILLEZ (Pierre-Joseph-Henri), et LEGRAND (Henri-Fernand-Joseph) .
             Le document de la base léonore situe la mort de Legrand le 18 février, mais les 3 hommes ont été fusillés en même temps,  leurs 3 actes de décès, dressés à Valenciennes  le 26/02/1918 attestent de la date et de l'heure : 7h15.

 

Cette liste est en fait le complément d'une autre, plus difficile à trouver, de 1923 : voir cette page.

 

  

29 mai 2014

1919 - a - Décès de soldats alliés à Valenciennes

 

Le 12 décembre 1919  décède le Lieutenant Evans du 7th Bn. des Royal Welsh Fusiliers, agé de 27 ans selon le CWGC (24 sur l'acte de décès) ; il est inhumé dans le carré britannique du Cimetière St-Roch, tombe II D 6.

 

L'accès aux actes se fait  (via la vue et le n° d'acte) dans le registre de 1919 aux
Archives Départementales du Nord cote 3 E 5785

 

EVANS John Harold, Soldat Britannique.
Lieutenant de l'armée britannique
Décédé à Valenciennes (Hopital Mixte) le 12/12/1919
Acte n°  726 vue n° 183 en date du 13/12/1919
24 ans

 

Photo de sa tombe :

Evans

 



 Retour au tableau des nationalités par année

 

 

24 juin 2014

Libération de Valenciennes : Musée des Beaux-Arts

 

        Le musée des Beaux-Arts de Valenciennes avait été choisi comme « dépôt central des œuvres d’art évacuées » en raison de ses sous-sols spacieux et solides et de sa situation à l’abri des opérations militaires. Il abritait non seulement les chefs-d’œuvre des musées du Nord, ceux de Lille notamment, mais aussi quelques milliers d’œuvres d’art d’autres provenances confondues. (.....) Depuis le mois d’octobre 1918, cette fois-ci avec l’accord et sous la surveillance des responsables français ou de leurs représentants, les collections déposées à Valenciennes, ainsi que ce qui restait dans les musées de Douai et de Cambrai, entre-temps pillés par les troupes allemandes lors de leur retraite, étaient transférées en train et par voie fluviale à Bruxelles .
Lire à ce sujet un intéresant article dans la Revue Germanique Internationale

 

Les photos N&B proviennent de la Bibliothèque Archives du Canada dont les légendes sont en italique. Les photos couleurs du musée viennent d'être prises, avant une année de fermeture.

 

"Notices found on the walls of the Museum in Valenciennes."
Avis trouvés sur les murs du Musée de Valenciennes.

 

3561 a003481-v8

 


 "The only picture left behind by the Germans; [Valenciennes Museum]. " Nov. 1918
Le seul tableau laissé au Musée des Beaux-Arts de Valenciennes par les Allemands.

 
 

a003493-v8

 

      Cette grande aquarelle (1,2

0m x 3,41m), de Louis François Cassas (1756-1827) qualifié de peintre orientaliste, à l'inventaire du Musée de Valenciennes s'intitule "Constantinople" : Vue de la Corne d'Or et de la pointe du Sérail. Au premier plan, un cimetière turc ; des bateaux et des barques mus par des rameurs animent le paysage - don du baron de Maingoval en 1887.
Le musée de Tours possède un dessin au crayon dans un carnet de voyage.

Il semble qu'il existe comme souvent plusieurs versions du même auteur sur ce thème :

Source: Externe

Était-ce parce que la Turquie était leur alliée que le tableau est resté ????

tableau cassas
Reconstitution ( et non colorisation) à partir des photos de Musenord

     


 "In the Hall of the Museum of Valenciennes; all the bronze statues, paintings and tapestries have been taken away by the enemy." November, 1918.
Dans le hall d'entrée du Musée : toutes les statues de bronze, peintures et tapisseries ont été emportées par l'ennemi.

 

3568 a003485-v8

     On s'en doute,  la statue équestre du Maréchal Villars est un plâtre :
"Plâtre original, à demi-grandeur de la statue équestre de Villars élevée à Denain (médaille d'or du Salon 1912). Le maréchal, monté sur un cheval qui se cabre, les rênes dans la main gauche et le bâton de commandement dans la droite, le chapeau à plumes sur la tête, se tourne vers sa droite en relevant la tête pour donner un ordre."

Oeuvre de Henri GAUQUIE, Flers 1851 - Paris 1927, Ancien élève des Académies de Valenciennes. (Inventaire du Musée des Beaux-Arts)

le maréchal de villars

 

 

     La statue de Denain élevée en 1913 n'a pas échappé aux réquisitions comme toutes celles qui en bronze, présentaient un intèrêt "stratégique" :

 ENLÈVEMENT DE LA STATUE DE VILLARS A DENAIN

"Le 26 avril 1918, on enleva, à Denain, la statue de Villars. Je fis aussitôt une démarche auprès du conservateur allemand Burg, qui me répondit que, la maquette étant au Musée, les Français avaient encore assez d’argent pour en faire refondre une autre."

(in Delame : "Valenciennes Occupation allemande 1914-1918. Faits de guerre et souvenirs" Hollande & Fils ed. 1933)

Ainsi, à la libération de Denain, les cérémonies se feront au pied d'un socle privé de sa statue :

"Civilians released by Canadians passing through Denain [France] stop and look where a huge bronze statue of Marshal Villars once stood. The bronze horse, rider and inscription plates were taken away by retreating enemy". October, 1918.

The bronze horse, rider and inscription plates were taken away by retreating enemy
Etonnement des soldats et des premiers Denaisiens à revenir,
la plaque de bronze à l'effigie du Maréchal a aussi disparu
.

"The Prince of Wales takes the salute on the steps of the Statue erected to Marshal Villars who delivered the town of Denain in 1712"

Veterans CDN Bde Villars 01
Défilé des vétérans de 1870-71 devant le Prince de Galles,
les Généraux Currie (Corps Expéditionnaire Canadien) et Watson (4th CDN Division)
ainsi que des officiers dont un Français qui les saluent.

(photos :  Bibliothèque Archives du Canada)

L'actuel Monument :

 

villars01

 villars02

 Villars03

 

Revenons à la photo originale :

3568 a003485-v8

     On reconnaît au fond à gauche derrière Villars la statue d'Antoine Watteau par Jean Baptiste CARPEAUX (Valenciennes 1827-Courbevoie 1875), plâtre patiné ; projet initié en 1860 pour la fontaine qui se trouve devant l'église St Géry, remanié en 1867, le monument complet sera terminé par Ernest Hiolle et inauguré en 1884 : il semble que l'une au moins des 4 statues d'enfants (Gilles, Arlequin, Finette, Colombine) de la base -en plâtre !- soit restée au pied de Watteau.

Watteau par Carpeaux
La statue est toujours présentée au même emplacement.

    Derrière la tête de Watteau apparait "Le triomphe de Flore" dont je parle plus bas

     Au pied à gauche de cette statue: La douleur de Jean Escoula (Bagnères de Bigorre 1851-Paris 1911), inscrite au catalogue du Musée comme  : Tête en bronze donnant une impression de torture ; montée sur une pierre brute. Don de M. le baron de Rotschild en 1898. Est-ce la tête de bronze que l'occupant a laissé, ou un moulage en plâtre ?????

P1020974

 

et à droite "Icare essayant ses ailes" par Jules Louis MABILLE (Valenciennes, 1843-1897) Plâtre, Hauteur 2m.
Le gracieux adolescent, debout sur la pointe du pied droit, les ailes déployées, achève de serrer sur sa poitrine les courroies qui fixent ses ailes et se prépare à quitter le sol. (présenté au salon de 1877)

Icare

 


 

"A plaster statue in the Museum at Valenciennes, damaged by the enemy." Nov. 1918. 
Une statue de plâtre au musée de Valenciennes, endommagé(e) par l'ennemi

 

3565 a003482-v8

     La statue est "Le crépuscule" de Charles VITAL-CORNU (Paris, 1851 ; Paris, 1927) exposée au Salon de 1893. L'original est une statue de marbre, le musée en détient une version en plâtre : "[le crépuscule] est figuré par une jeune femme nue, debout, les yeux fermés, s'entourant la tête de fleurs de pavots." Hauteur 1,92m Don de l'état.

crepuscule

 

     Au fond au dessus de la porte "Le triomphe de Flore", étude en terre cuite pour le pavillon de Flore du Louvre, par Jean-Baptiste CARPEAUX, (Valenciennes 1827-Courbevoie 1875)

P1180208

 


 

"Only empty pedestals left in Valenciennes Museum". November, 1918
Il ne reste que des piédestaux vides.

3566 a003483-v8

Est-ce l'inventaire de la salle que lit l'officier Britannique ?

 

P1020955


 

"Caretaker showing Canadian where famous picture hung, valued at 3 1/2 million francs, which was taken away by the enemy." Nov. 1918. 
Gardien montrant à un Canadien était accroché le célèbre tableau [ ?], d'une valeur de 3,5 millions de francs, emporté par l'ennemi.

 

3567 a003484-v8
Au sol les restes d'un cadre sommairement démonté.

 

P1020956
La salle en juillet 2014

 


 

 

 

2 avril 2016

Henri DURRE, député du Nord

 

     Pour les Nordistes, et plus certainement pour ceux du (très large) valenciennois, le nom de Henri DURRE évoque une rue, une avenue, une place, une école, voire une station de bus. D'ailleurs si vous en connaissez "hors région", merci de me laisser un commentaire.

photo HD

 

  • Henri DURRE est né à Maubeuge le 15 septembre 1867 où lui sont donnés les prénoms de Théodore Henri ; vous trouverez son nom dans le Dictionnaire des Parlementaires Français, mais aussi sur le monument aux morts du Palais Bourbon.

    Monument AN


    "Sa tombe est l'un des monuments que le promeneur peut voir au cimetière St Roch de Valenciennes : date du décès 28 octobre 1918.

    Partisan du rapprochement Franco-Allemand, à 18 ans il épouse une Allemande.

    Établi Représentant de commerce à Valenciennes, c'est un socialiste actif, rédacteur à "L' Avenir de Valenciennes" ; conseiller municipal dès 1900, puis conseiller général, il se présente à la députation : battu en 1902, élu en 1906, battu en 1910, réélu en 1914, il prend ses fonctions deux mois avant la déclaration de guerre : "Sont déclarés élus pour les 3 circonscriptions de Valenciennes, MM. Pierre MELIN, Henri DURRE et François LEFEBVRE" [ce dernier était maire de Denain] (Journal officiel du 3 juin 1914)."

    Le Journal Officiel des débats parlementaires fait état des séances de juin, de celles (12) de la première quinzaine de juillet, puis de la session extraordinaire du 4 Août. Il faudra attendre ensuite la 2de session extraordinaire du 22 décembre pour que les députés siègent à nouveau. Henri DURRE assistait aux séances des 15 juillet et 22 décembre. Entre-temps, le député était dans Valenciennes occupée.

 

La Municipalité lors de la déclaration de guerre se composait de :

M. le Docteur Tauchon, Maire;
MM. Damien et Dugnolle, Adjoints;

des Conseillers, au nombre de 27:
MM. Thellier de Poncheville, J. Billiet, Lepillez, Durre (Député), Dupont père, René Delame, Fourmeux, Boulanger, H. Mabille de Poncheville, Tromont, Douay, Guillaume, G. Pillion, Giard-Motte, Hédot, Lajoie, Debaralle, Millot, Armbruster, Jeanjean, Vilain, Mineur, Derudder, Coulon, Bouillon.

M. l'Adjoint Dugnolle étant mort le 8 août 1914, fut remplacé par M. Jules Billiet comme deuxième Adjoint.
MM. Millot et Carlier-Daniaux, mobilisés, allèrent rejoindre leur corps.

Le Conseil se réunissait chaque matin à 9 heures sans convocation.

 

 

Le député Henri DURRE avait rejoint le conseil municipal dont les délibérations actent sa présence dès le 5 Août ; je ne relate que les faits marquants auxquels il participe.

  • Séance du Lundi 31 août 1914. Le peu d'argent qui restait dans les banques ayant servi à payer les premières réquisitions et l'achat de denrées de première nécessité, le Conseil municipal, chassé de la Mairie, se réunit au Café Français, place d'Armes.

         Les Allemands voulant absolument se procurer de l'argent, le Commandant Kintzel donna un permis à MM. les députés Durre et Melin, accompagnés de M. Vergeot, percepteur, pour se rendre à Paris afin d'obtenir du Gouvernement l'autorisation de contracter un emprunt pour faire face aux besoins urgents de la Ville. Au début de l'occupation, le flanc droit de l'armée allemande était mal gardé, leur seul objectif étant alors Paris qu'ils comptaient atteindre le 25 août, ce qui les perdit d'ailleurs, n'ayant pas compté sur la résistance héroïque de nos amis les Belges. Il était donc assez facile, les premiers jours de l'occupation, de traverser les lignes allemandes qui ne dépassaient pas Saint-Amand-Orchies.

         Après un voyage assez mouvementé, ils furent assez heureux pour rencontrer le ministre des Finances et le ministre de l'Intérieur qui leur firent d'abord espérer qu'un décret paraîtrait le lendemain à l'Officiel, autorisant les communes de l'arrondissement de Valenciennes à emprunter pour la continuation du service des lois sociales et notamment des secours aux familles des ouvriers mobilisés. [Il n'y eut pas de décret, mais une lettre écrite au nom du gouvernement, ceci pour éviter toute jurisprudence]

         Quelques heures après le départ de Valenciennes des députés, la situation s'était singulièrement compliquée pour nous par la rançon importante imposée à la Ville de Valenciennes, nécessitant concours des banques de la ville pour faire face à cette exigence ; il eût fallu, pour le bien, pouvoir remplacer au moins la somme décaissée, mais un nouveau sauf-conduit à cet effet, qu'avait permis d'espérer l'autorité allemande locale, ne fut pas accordé par le général commandant à Cambrai le corps d'occupation.

         Quoi qu'il en soit, nos députés rentrèrent ici jeudi soir, [3 septembre] et dès vendredi, une commission spéciale, que nous nous empressâmes de constituer, se mit à l'œuvre et élabora le projet que nous allons vous soumettre, et qui permettra, nous l'espérons, de remédier aux besoins les plus urgents.
  • 15 septembre 1914 ici se place l'épisode du "Testament de Guillaume" que raconte René Delame

    "Le Commandant Kintzel exigea de nouveau une amende d'un million, sous peine de prise d'otages ou de représailles. Il offrit à nouveau un sauf-conduit pour aller demander cette somme au gouvernement français.

    Le Député Durre partait ce jour-là sans laissez-passer pour Paris, empruntant le tramway de Saint-Amand à Hellemmes. Chose extraordinaire, les Allemands avaient autorisé le tramway de Saint-Amand à Hellemmes à circuler, ce qui permit à bon nombre de jeunes gens de passer les lignes; mais ils le supprimèrent peu de temps après. Ayant seul l'autorisation de circuler en auto, le Conseil me délégua donc pour aller avec Durre à Lille, demander à M. le Préfet du Nord son appui afin d'éviter des représailles.

    Ayant passé les lignes allemandes je rejoignis M. Durre en route et le fis monter dans mon auto. Je lui remis comme cela était convenu le rapport qui nous était parvenu sur la chute de Maubeuge pour qu'il en donnât connaissance au gouvernement à Bordeaux. Nous fûmes surpris de passer aussi facilement les lignes des deux armées, ne rencontrant ni Français ni Allemands.
    (.....)
    Je laissai M. Durre avec le préfet du Nord à Lille et je rentrai à Valenciennes pour faire part de ma réponse. Naturellement le Commandant Kintzel n'en fut pas satisfait."

 

  • A la séance du 28 octobre 1914, M. Durre, Député, rendit compte de son voyage à Lille et de son entrevue avec M. le Préfet du Nord, qui approuve les décisions du Conseil en ce qui concerne l'application des lois sociales et le paiement des allocations journalières.

 

  • séance du 3 décembre 1914, après que le Maire fût allé faire une démarche à la Commandature.
    Le lieutenant Von Mikusch lui répondit que, avant de permettre et d'organiser l'envoi de correspondance aux prisonniers, il serait avantageux de nous procurer, par l'entremise de la Croix-Rouge de Genève, l'indication du lieu de leur internement, mais il ne donna aucun renseignement sur le moyen de faire parvenir nos lettres à Genève.
    MM. Durre et Melin, députés, devant se rendre quelques jours plus tard à Paris pour participer à la session de la Chambre, proposèrent de faire une démarche auprès du Comité de la Croix-Rouge, à Paris, pour obtenir que les lettres expédiées par les soins de la Croix-Rouge de Genève, nous parviennent, via Bruxelles, par les soins de la Poste allemande.

 

  • 5 décembre 1914 : Constitution d'une Commission d'études formée pour préparer le ravitaillement de l'Arrondissement.
    M. Durre, au moment où son nom fut proposé, déclara que lui-même et son collègue M. Melin tenaient à prévenir l'assemblée de leur prochain départ, si, comme le bruit en était parvenu à Valenciennes, le Parlement français avait été convoqué pour la fin du mois, il vaudrait donc mieux, croit-il, introduire dans la Commission une autre personne. [Les députés seront également présents à la séance du 7/12]

 

  • Vendredi 11 décembre 1914. - Coup de théâtre. - La réunion du Conseil municipal touchait à sa fin, quand entre le Sous-préfet de Valenciennes, M. Cauwes, accompagné de son collègue de Cambrai.

    Tous deux étaient revenus depuis peu à Lille. Le général allemand qui commandait à Lille les avait envoyés administrativement pour s'entretenir avec le commandant supérieur de Valenciennes, le Général [allemand] de Mongelas.

    Une grande altercation eut lieu entre le Sous-Préfet et les Députés Durre et Melin; ce fut un véritable réquisitoire au sujet de l'abandon de son poste avant l'arrivée de l'ennemi.
    (…)
    Quoi qu'il en soit, Durre et Melin, trouvèrent que le Sous-préfet aurait dû donner des ordres et des instructions avant son départ, et puisqu'il était parti, il n’y avait pas de raison qu’il revînt.

  J'ouvre une parenthèse pour le cas de M. Cauwes :

La règle de droit public est que les fonctionnaires d'autorité, qui représentent directement le Gouvernement, se replient en cas d'invasion, alors que les autres fonctionnaires demeurent en principe à leurs postes.

A la veille de l'invasion, les instructions, non écrites, étaient identiques. C’est ainsi que M. Trépont, Préfet du Nord, a reçu et exécuté l'ordre de se rendre à Dunkerque, lors de la première occupation de Lille. M. Cauwes répondit qu'après avoir assisté le 23 août, à un engagement le long de la frontière de Belgique, à Blanc-Misseron et Crespin, il avait reçu des ordres de se replier en en même temps que l'administration des Postes, et qu'il avait brûlé à Saint-Quentin, tous les papiers de mobilisation.

S'étant rendu le 26 août au Ministère de l'Intérieur, le Ministre se refusa même à croire que les Allemands fussent à Valenciennes. Selon les ordres du Gouvernement, il partit immédiatement rejoindre son corps, où il fut affecté au début de septembre au 6e régiment d'Infanterie Territoriale.

Plus tard, il reçut l'ordre du Gouvernement de rejoindre M. Trepont à Lille. Plusieurs jours plus tard, le Gouvernement sur la demande des élus modifia sa doctrine, et des ordres nouveaux ont maintenu à leur résidence les fonctionnaires de l'administration préfectorale, de la zone située plus en arrière et qui fut bientôt envahie. C'est ainsi que le Sous-préfet de Saint-Quentin dût rester à sa place, et que M. Trepont qui avait exécuté les premières instructions du Gouvernement, lors de la première invasion de Lille, et qui était rentré dans Sa Préfecture après le départ de l'ennemi, y est resté quand Lille, par la suite, a été occupée pour la seconde fois.

Pour faciliter la réintégration du Sous-préfet dans ses fonctions, le Maire M. Tauchon, [qui avait refusé la proposition de l’occupant de le nommer officiellement sous-préfet, alors qu’en l’absence de M Cauwes il en assurait les fonctions] envoya sa démission de suppléant à l'autorité allemande, le 13 décembre. Son geste fut unanimement approuvé par le Conseil municipal. M. Douay ajouta qu'il le comprenait parfaitement, aucune investiture officielle ne lui ayant été donnée par le Gouvernement français, ce geste ne pouvait que l'honorer.

A la séance du 16 décembre, M. le Maire eut le regret de faire savoir au Conseil que la demande de M. Cauwes n'avait pas été admise par l'autorité allemande.
« Je conserverai donc, ajouta-t-il, les fatigues et les responsabilités de l'administration de l'arrondissement ».

Les deux Sous-préfets, au cours de divers entretiens avec l'autorité allemande ayant refusé de participer en quoi que ce soit aux réquisitions et à toute exécution des ordres ennemis concernant le travail forcé de la population civile, furent faits prisonniers de la 6e armée allemande, et astreints à des résidences fixes, comportant surveillance et visite journalières.

C'est ainsi que M. Cauwes fut interné à Tournai. Mme Cauwes, restée à Valenciennes, dans une clinique où elle venait de mettre au monde un enfant, étant atteinte de plus de phlébite aux deux jambes partit avec son mari et ses deux enfants à Tournai, où ils restèrent pendant toute la durée de la guerre.

Pendant son séjour dans cette ville, M. Cauwes put rendre des services aux armées alliées, ce qui lui valut la Croix de Guerre (citation à l'armée) la Croix Britannique et citation civile (Officiel du 24 octobre 1919) VOIR .

 Montgelas figurera après la guerre sur une liste de personnes destinées à être jugées :

Montgelas

  • séance du 31 décembre 1914 : Nous envoyons notre meilleur souvenir à M. Durre, Conseiller municipal et Député, à M. Melin, Député, qui ont bravé les dangers d'un long voyage pour accomplir leur devoir de représentants de notre région.

 

     Il n'y a aucun détail sur la façon dont les députés ont rejoint la zone libre ; même avec une autorisation de l'occupant, impossible de tenter la traversée du front qui s'était stabilisé et fermé depuis la fin de ce qu'il est convenu d'appeler la course à la mer qui est tout à fait terminée fin octobre. Voir sur le site cartographie14-18. Il était déjà assez extraordinaire qu'Henri DURRE aît pu faire l'aller-retour en septembre-octobre.
Restent deux hypothèses :

  • passage par la Suisse comme évacué : fort peu probable en 1914 et l'occupant s'en serait vanté, et 11 jours au plus n'auraient pas suffi,
    ou
  • embarquement dans un port néerlandais (ceux de Belgique étaient occupés), ce qui suppose d'abord un passage -évidemment interdit- de la frontière.

     A noter qu'il ne s'agit pas- comme je l'ai vu écrit dans un journal de l'ouest - de se réfugier à Paris, mais bien d'y faire son devoir de député : défendre au mieux sa région occupée.

Toujours est-il qu'il participe à la session exceptionnelle du 22 décembre 1914. Celle-ci est inaugurée par deux discours qui ont eu la chance d'être enregistrés et disponibles sur Gallica (hors panne de leur serveur) :

 Celui de Paul DESCHANEL, Président de la Chambre des Députés :

deschanel
Disque 80t/mn, 2 faces (A & B) d'une seule plage

 

Celui de René VIVIANI, Président du Conseil des Ministres.

Viviani
Disque 80t/mn, 2 faces (A & B) d'une seule plage

 

Le 2 septembre 1916, il prononce un discours lors des funérailles de Gustave DUBLED, autre député - socialiste- du Nord (6e circonscription de Lille) décédé le 23 août 1916 à St Maur, et inhumé à Paris au cimetière de Pantin. Le député Mélin l'y accompagnait. A noter que l'épouse du député décédé était restée en zone occupée. (Merci à julienpop pour le signalement)

L'Humanité 19160903
(L'Humanité du 3 septembre 1916)

 

Le 11 avril 1917, le nom du député apparaît dans la Gazette des Ardennes n°378, le journal donnant périodiquement dans la rubrique "Nouvelles Régionales" des informations sur des personnes résidant en zone libre (civils ou militaires). Parfois pour l'annoce de décès, parfois pour signaler qu'ils sont en bonne santé (b.s.). L'origine de l'information n'est pas connue (faits divers relevés dans les journaux de France libre ?)

GdA 378

       Le député DURRE apparaît dans de nombreuses interventions et discussions reportées au Journal Officiel, certaines ayant plus particulièrement trait aux réfugiés venus des régions occupées, aux otages, aux prisonniers, aux militaires des régions envahies, ouvriers spécialisés, que leurs patrons ne peuvent réclamer, ou à caractère social, comme une proposition de loi ayant pour objet de décider que, pour les accidents du travail, les frais médicaux et pharmaceutiques seront, dans tous les cas et quelle que soit l'incapacité occasionnée par l'accident, à la charge du chef d'entreprise. En n'oubliant jamais sa région envahie :

BRN 19161104
Bulletin des réfugiés du département du Nord 04/11/1916
 

Huma 19180129
 L'Humanité du 29/01/1918

 

     A la 121e séance, celle du 22 octobre 1918, le Président de l'Assemblée fait une déclaration à l'ouverture :

Mes chers collègues, (...) Une affreuse nouvelle vient de nous parvenir. (MM. les députés se lèvent.) Notre collègue Durre a été tué près de Valenciennes par une balle de mitrailleuse, et notre collègue Mélin a été blessé. Ils avaient voulu à tout prix, rejoindre leurs compatriotes au premier moment de leur délivrance. Leur cœur n'avait pas assez calculé le danger.
Déjà, en pleine occupation allemande, ils avaient traversé, au péril de leur vie, les lignes ennemies pour revenir prendre place parmi nous. Et c'est à l'heure où ils allaient recueillir la récompense de leur courage qu'ils ont été frappés. L'émotion douloureuse de la Chambre sera unanime. (Applaudissements.) Durre était né à Maubeuge en 1867. Il devint voyageur de commerce. Il fut élu député de la 2e circonscription de Valenciennes en 1906.
Vous vous rappelez la part active qu'il prit à nos travaux, ses nombreuses interventions à la tribune sur des sujets très divers, le dévouement avec lequel il défendit les intérêts des populations envahies à propos des dommages, des réfugiés, des orphelins, des victimes civiles et des prisonniers de guerre.
C'était un homme de cœur. Il me disait naguère son ardente impatience de voir Maubeuge et Valenciennes enfin affranchies du joug de l'étranger. Ses concitoyens, ses électeurs seront consternés, comme nous, en apprenant cette fin tragique. Nous sommes tous auprès de sa famille en ces horribles heures. (Vifs applaudissements.) J'adresse, en votre nom, à notre collègue Mélin, sur l'état duquel nous sommes d'ailleurs rassurés tous nos vœux pour sa prompte guérison. (Applaudissements unanimes.)
 

     Effectivement, le pire est arrivé au Député décédé la veille, la nouvelle devait paraître dans la presse comme en témoigne le Journal des Débats à qui l'on a demandé de reporter l'annonce après celle de la Chambre. C'est Le Petit Parisien du 30 octobre qui relate les faits le plus complètement, avec le concours d'un témoin qui accompagnait les députés : M. Roger MILLOCHAU, de Lille, rédacteur au Petit Parisien.

 

Le Petit Parisien
Mercredi 30 Octobre 1918
1549e JOUR DE LA GUERRE

 

petit parisien 19181030 1


    Deux membres du Parlement, MM. Durre et Mélin, députés du Nord, ont été atteints par des balles allemandes, aux portes des Valenciennes, avant-hier matin. Le premier a été tué le second blessé. C'est au cours d'une mission qui leur était dictée par leur dévouement qu'ils ont été frappés.
Témoin du drame, je vais essayer d'en dire l'horreur.


    Nous étions partis de Paris en auto, samedi matin, et, le soir, nous arrivions près de Denain. Nous dûmes passer la nuit à Douchy parce qu'on ne pouvait passer sur les passerelles de l'Escaut que de jour. Il y avait dans la voiture MM. Durre et Mélin, députés de Valenciennes, Deffaux, industriel de cette ville, l'adjudant-chef Lévy et moi-même.

    A dix heures du matin, nous entrions dans Denain au moment de la cérémonie de la délivrance, à laquelle assistait le prince de Galles. Bientôt, le maire de Denain, M. François Lefebvre, également député de Valenciennes, vint se joindre à nous. Il nous exposa la situation douloureuse des derniers habitants restés dans des communes voisines, exposés aux bombardements et à la famine. Les trois députés résolurent de visiter les villages non évacués complètement et de prendre l'initiative de toutes les mesures nécessaires.

    L'après-midi Durre et Mélin se rendirent à Petite-Forêt, dont le maire, M. Corbeau, nous accompagnait. Nous étions à peine arrivés que des obus allemands éclatèrent à deux cents mètres. L'ennemi visait une batterie anglaise. Ce jour-là, déjà, les deux députés risquaient leur vie comme ils l'avaient risquée quelques jours auparavant à Saint-Amand. De là on gagna Raismes, Oisy et Anzin. La nuit tombait. On décida de revenir le lendemain de bonne heure.

    Avant-hier lundi, dès neuf heures et demie du matin, nous étions à Anzin. Notre auto nous déposa place de la Mairie, au coin de la rue de Saint-Amand, grande avenue menant tout droit à Valenciennes, qui n'était distante que de quelque centaines de mètres. Cette fois, il y avait Durre, Mélin, François Lefebvre, Deffaux, l'adjudant Lévy et moi. Dans Anzin c'était la ruine : maisons éventrées, intérieurs pillés dévastés. Il faisait un temps délicieux, ciel bleu, soleil clair. Le village paraissait désert et, en effet, seuls quelques rares habitants s'y trouvaient, cachés dans des caves. Un grand silence impressionnant pesait, solitude louche, inquiétante. Nos voix résonnaient comme dans une nécropole surtout celle de Durre, joyeuse, claironnante.

    Nous marchions d'abord sur le trottoir de droite, le long des façades. Mais l'amoncellement des décombres, de verre brisé nous gênait. On prit le milieu de la chaussée. En route, deux vieillards, MM.Dumoulin et Fosse, sortis de leurs cachettes et voyant passer leurs amis, s'étaient joints à nous. Ils encadraient Durre qu'ils renseignaient sur la situation. Peu à peu, en avançant tout en causant vers Valenciennes, nous nous étions fractionnés machinalement: François Lefebvre et moi en avant, à quelque trente mètres derrière, en plein milieu de la rue, Durre et ses deux interlocuteurs; puis, un peu sur la droite, Mélin et M. Deffaux. L'adjudant avançait en côtoyant les maisons, sur le trottoir de gauche.

Le drame

    Il était dix heures. Nous étions rue de Saint-Amand, tout près des premières maisons de Valenciennes, dont le faubourg prolonge, sans solution de continuité, l'agglomération d'Anzin. L'endroit où commence Valenciennes est marqué par un croisement de rues qu'on nomme la croix d'Anzin. Le carrefour ne formait plus qu'un vaste et profond entonnoir. Les Allemands en retraite, le dimanche précédent, l'avaient fait sauter à la dynamite.

petit parisien 19181030 2
[l'auteur de ce texte est à la droite de M. Lefebvre, n°6]

    Lefebvre et moi nous avançons pour nous rendre compte de la façon dont on pourrait franchir l'obstacle. Au moment précis où nous venions de nous arrêter au bord de l'excavation, une mitrailleuse allemande, que nous n'apercevions pas, entre en action. Elle était dissimulée, sans doute, dans une des premières maisons de Valenciennes. Aux premières détonations, nous croyons, Lefebvre et moi, que c'est un avion qui entame un combat. Nous levons la tête. Soudain, derrière nous, des exclamations, des pas précipités, un cri poignant. Nous nous retournons. Durre était, tombé, les bras en avant, au milieu de la rue, il tâchait de se relever. Mélin,le visage ensanglanté, était entraîné par M. Deffaux dans la direction d'où nous venions. Il y eut un mouvement instinctif chez les autres. En courant, nous allâmes nous coller contre les murailles de gauche les plus proches. Cela dura quelques secondes. Mais une voix implorante s'éleva "Venez à mon secours, ne m'abandonnez pas." Durre nous appelait : la mitrailleuse s'était tue. Nous eûmes tous trois, j'en suis sûr, le même serrement de cœur. Les mêmes mots nous vinrent aux lèvres « On ne peut pas le laisser comme cela, allons le chercher. »

    En nous avançant courbés, au ras de terre, nous parvînmes aux côtés de notre pauvre ami.
Deux de nous le prirent sous les épaules, un lui soutint les pieds. En nous traînant presque, nous pûmes le déposer dans le vestibule d'une petite maison à demi ruinée, en face de nous, 3, rue de Saint-Amand. Le couloir était si étroit que nous ne pouvions retourner notre ami. Pour que son visage ne touchât pas le carrelage, on lui soutenait la tête.
Doucement, il nous dit « Adieu, mes amis, merci, c'est fini; j'ai fait mon devoir. » Puis, il entra dans le coma. L'un de nous fouilla la maison et revint avec un traversin et un vieux coussin. Nous le portâmes alors dans une petite salle à manger attenante. On le mit sur le dos, à même le plancher. Il n'y avait pas de matelas, les Allemands ayant tout pillé, tout dévasté. On le palpa, on examina son pardessus. Il n'avait sur lui aucune tache de sang. Enfin on découvrit un petit accroc dans la région du cœur. Une autre petite déchirure à égale hauteur dans le dos marquait la sortie de la balle. MM. Dumoulin et Fosse partirent pour prendre chez eux un pansement. L'adjudant Lévy courut chercher un brancard ou de quoi en improviser un.

    Quelques minutes se passèrent. Notre ami eut un faible râle, quelques soubresauts. Le malheur était consommé. François Lefebvre sortit à son tour pour prévenir que tout secours était inutile. Le drame n'avait pas dure vingt cinq minutes.
Je restai auprès du corps.

    Au bout d'un temps qui me parut effroyablement long et qui, en réalité, avait été d'une demi-heure, le médecin-major d'un régiment écossais se présenta. Il me dit que mes compagnons avaient prévenu le poste de secours installé cinq cents mètres plus loin qui avait transmis un ordre à l'ambulance canadienne du secteur. Une auto allait venir enlever notre pauvre Durre.

    Mais, entre temps, un combat aérien s'était livré au-dessus d'Anzin. Notre chauffeur, Emile Tasselin, de la R. G. A. T., dont la limousine avait été vue, avait été attaqué à la mitrailleuse, heureusement sans être atteint. Une escadrille anglaise força l'avion ennemi à s'enfuir.
Un peu après, une douzaine d'obus se mirent à pleuvoir sur la Grand'Rue, empêchant l'auto-ambulance de passer. Ce fut un cauchemar...

    Enfin, vers onze heures et demie, le corps de Durre fut placé dans la voiture et amené à Denain.

Voilà ce que j'ai vu.
René MILLOCHAU.

 
     Le schéma de l'article ne tient pas compte des distances, voici les numéros reportés sur un plan d'Anzin de cette époque, la rue de St Amand ayant pris depuis le nom d'Anatole France ; la numérotation n'a pas changé, mais les maisons sont devenues commerce, et le n°3 ne se ressemble plus..

Anzin no

 

Une photographie de la rue où s'est déroulé le drame :

croix d'anzin b

    Le même Petit Parisien nous fait part le lendemain de l'inhumation à Denain, et c'est d'ailleurs dans l'état-civil de cette commune que l'acte de décès a été enregistré le jour même à 11h du matin.

petit parisien 19181031

 

     L'enterrement n'ayant pas eu lieu de façon officielle, il est décidé en 1920 que les restes seront transférés -en grande pompe- au cimetière St Roch de Valenciennes : Le journal L'HUMANITE lui consacre une colonne à la une.

 

Les obsèques officielles de Durre

---o+o---

Le transfert des restes de notre camarade a donné lieu à une émouvante cérémonie.

   C'est au milieu d'une affluence des plus considérables que l'on a procédé dimanche au transfert des restes de notre regretté camarade Henri Durre qui avait été provisoirement inhumé à Denain. L'on n'a pas encore oublié en quelles circonstances tragiques le député Valenciennois a trouvé la mort.
[... l'auteur rappelle les événements décrits plus haut ...]
La cérémonie d'hier avait été organisée à l'occasion du transfert des restes de Durre à Valenciennes.
Une assistance des plus considérables dans laquelle figuraient des délégations de tous les groupements socialistes et de toutes les organisations syndicales ainsi que les principaux élus du Parti, assistaient à la cérémonie.
Au cimetière de Valenciennes, ou a eu lieu l'inhumation définitive, des discours d'une profonde émotion furent prononcés par Ernest Saint-Venant [les noms varient Saint-Revenard à Stiévenard] au nom du conseil municipal, [Louis] Blemant au nom de la section socialiste de Valenciennes, Lebas [Jean-Baptiste, député-maire de Roubaix] au nom du groupe parlementaire, [Olivier] Deguise député de l'Aisne, et par MM. Lauwereyns [Dr] au nom du conseil général et le sous-préfet Lachazen.
R.F.

 
     D'autres journaux, comme le Temps citent aussi Ernest Couteaux, député du Nord ; Le Gaulois évalue "une foule de 30 à 40,000 personnes"

Funérailles 19200905
photo des funérailles

cpa HD

 

 

     Sa tombe, dont la stèle est l'oeuvre du sculpteur Valenciennois Felix Desruelles, au cimetière St Roch ; la dernière des trois Moires (ou Parques pour les romains) Atropos, représentée ici comme une vieille femme, coupe le fil de la vie après que Lachésis ait déroulé ce qu'avait tissé Clotho. Le hibou est l'interpète d'Atropos.

IMG_1381

Un buste mortuaire du député est posé sur sa tombe :

PICT7976

 

  • En novembre 1921, un cargo charbonnier de 6500 tonnes, de type Marie-Louise, sortira des chantiers navals de Caen et portera le nom de "Député Henri Durre".
     
  • Le 20 février 1924, le Journal Officiel publie le décret d'attribution de la médaille de la Reconnaissance française de première classe (Vermeil) à MM DURRE et MELIN.

    MRF Durre Melin

  • Voir également sur ce même blog la page consacrée à la médaille de la Reconnaissance française.
     
  • A noter : Henri DURRE n'a pas été reconnu Mort pour la France.

    . .
     
  • Le 3 novembre 1918, soit le lendemain de la libération de Valenciennes, parait dans "Le petit journal" du parti social français, l'article ci-dessous concernant le député Mélin :

    Le_Petit_journal

 


Sources
Gallica: Journaux d'époque numérisés;
Bibliothèque municipale de Valenciennes ;
Base de données des députés ;
René Delame : "Valenciennes Occupation allemande 1914-1918. Faits de guerre et souvenirs" Hollande & Fils ed. 1933 ;
Documents personnels.

 

 

15 août 2014

Prisonniers civils : Listes du CICR (II)

Liste précédente

Liste suivante

 

     Avec la mise en ligne des fiches et listes du Comité International de la Croix-Rouge apparaissent des noms de civils internés ou déportés depuis Valenciennes. (Il peut s'agir de civils "pris" à Valenciennes, donc de réfugiés, Belges par exemple, ou de résidents de pays de l'Entente : Anglais).

fiches
(source CICR)

 

      Seules les fiches étant indexées, et uniquement par nom, on trouvera ci-après les noms, camps, et rares informations retrouvées dans ces listes.
Il s'agit pour l'instant d'une simple transcription quasi à l'identique, mettant au moins les noms disponibles à la recherche, et qui fera l'objet d'un traitement des données une fois l'ensemble de celles-ci recueillies, même si l'on peut prévoir que ce sera loin d'être exhaustif, les délégués du CICR n'ayant pas visité tous les camps.

 

A l'écriture, parfois en fraktur manuscrit ne facilitant la lecture,

 fraktur

 

     Vient s'ajouter la difficulté d'une première transcription "à consonance germanique" pour la rédaction de ces listes, faisant que l'on peut trouver écrit Garpeutier pour Carpentier, ou même Misscipipi pour  - mention manuscrite d'un lecteur perspicace des listes ? - Missy-lès-Pierrepont !

 

Hihihi

 

     Voici donc les noms au fur et à mesure de ma lecture des listes.


     A partir de ceux-ci, tels qu'écrits, on peut accéder aux fiches nominatives et se faire parfois une idée des camps de prisonniers  fréquentés, voire retrouver la date de décès et une petite information sur le lieu d'inhumation.

     Cependant le terme utilisé pour l'origine est - quand il est écrit- gefangennahme : capture, comme pour les militaires, ce qui n'est pas l'appellation correcte pour des civils déplacés, internés ou pris en otage. "Valenciennes" signifie donc bien parfois qu'ils ont été envoyé en camp depuis cette ville où il se trouvaient, avec parfois des confusions comme ce prisonnier originaire de Trith (en France) relâché en Belgique, et classé comme Belge dans les listes. Il peut également s'agir de réfugiés, Belges ou autres, rattrapés par l'avance ennemie.

   Si d'aventure vous reconnaissez un nom, et d'autant plus si vous avez des informations complémentaires, merci de me contacter.

    A titre d'exemple, quelques noms pris un peu au hasard font l'objet d'un lien vers la fiche correspondante du CICR. Parfois cette fiche précède ou suit d'autres fiches, il ne faut donc pas hésiter à consulter les fiches voisines (Voir MORAGE Bonenfant 5 fiches, il apparait ci-dessous), parfois les fiches d'une même personne ont été assemblées.

Remarque : Il arrive que la date soit .... étonnante comme 26.7.1914  ! Il s'agit d'une erreur de recopie, la bonne date étant 26.Oct.1914 . Dans les textes de l'époque, septembre ( 9° mois de l'actuelle année civile) était fréquemment abrégé 7bre.

Accès : Il est possible de voir la page d'origine du registre en tapant le lien suivant dans la barre d'adresse du navigateur, après avoir remplacé xxx par le numéro de la page tel qu'il est écrit en dernière colonne :

http://grandeguerre.icrc.org/fr/List/1616244/1927/xxx    (sauf changement sur le site et parfois à une page près)

exemple pour ROUSSY Gilbert page 2206  : http://grandeguerre.icrc.org/fr/List/1616244/1927/2206

(ce lien sera automatisé dans une prochaine version)

 


 Belgier 7.9.1915 Gefangenenlager Holzminden

 

Name Vorname Beruf Geburtsort Gefangennahme Reg Page
ROUSSY Gilbert Arbeiter Valenciennes Valenciennes 12 2206
VERSCHOOTE Oscar Elektriker St. Amand Valenciennes 12 2209
VIART Augustin Kaufmann Hausmont Valenciennes 12 2209
VIART Désiré Kaufmann Hausmont Valenciennes 12 2209
VIART Emile Kaufmann Hausmont Valenciennes 12 2209
DESSY Armand Schlosser Famars Valenciennes 12 2213

 


 Gefangenen Lager Merseburg 9 juni 1915

 

Name Vorname Heimatsort Dienstgrad Truppenteil Ort der Gefangennahme Reg Page
20 DUBOIS Maurice Sentinelle (Nord) Zivilist Zivilist Lourches 12 2223
26 FRESSARD Achille Douai Zivilist Zivilist Valenciennes 12 2223
27 FILLON Théodore Valenciennes Zivilist Zivilist Augy 12 2223

 


 

 

Franzosen 17-09-1915 gefangenenlager Holzminden

 

Name Vorname Beruf Geburtsort Festnahmeort Reg Page
GRISARD Marcel Hotelier Valenciennes Moulon 12 2231
OLIVAUX Raphael Unternehmer Lasentinelle Valenciennes 12 2236
PATIN Adolf Buchdrucker Valenciennes Valenciennes 12 2236

 


 Zivilgefangene Franzosen Kriegs Gefangenenlager Munster II

 

Name Vorname Gef. in Heimat Reg Page
ANCELIN René Valenciennes Elincourt Ste Marguerite 12 2245
BATAL Arthur Valenciennes Valenciennes 12 2245
CARON Charles Valenciennes Nampcel 12 2245
GOBERT Victor Valenciennes Valenciennes 12 2245
HUREZ Maurice Valenciennes Valenciennes 12 2245
HUTIN Gaston Valenciennes Walincourt 12 2245
LEMAIRE Gilbert Valenciennes Watigny 12 2245
MAROTINE Lucien Valenciennes Passel 12 2245
RENAUT Henri Valenciennes Valenciennes 12 2245
SAINT-QUENTIN Fernand Valenciennes Valenciennes 12 2245

 


 Aufenthalsort : Strafanstalt Rheinbach 06.10.1915 Franzosen

 

Zu & Vorname   Beruf Letzt. Wohnort Aufenthaltsort Reg Page
BERTIAUX Jules Bergmann Anzin Strafanstalt Rheinbach 12 2290

 


Fin du  Registre n°12


Franzosen 03.11.15 AUFENTHALSORT : strafanstalt Rheinbach

Name Vorname geburstag Wohnort Beruf Strafanstalt Reg Page
DREYFUS Léon 14.08.59 Valenciennes Kaufmann Rheinbach 13 2403

 


 Lager Kommando n° 8658 L Kgfl SAGAN 16 November 1915

Name Vorname Heimatsort   Gef in Gefl. Reg Page
      Departem.          
28 MOREAU Antoine Bonschau Valenciennes Zivil-Gef Bonschau Sagan 13 2423
30 PAUL Etienne Bonschau Valenciennes Zivil-Gef Bonschau Sagan 13 2423

 


 Belgier Merseburg 10 oktober 1915

Lfd Nr Name Vorname Heimatsort Dienstgrad Truppenteil Ort der Gefangennahme Reg Page
1 DRIS René Jemmapes Zivilist Zivilist Valenciennes 13 2431

 


 Gefangenerlager Cellelager Uberwisen aus Cassel Franzosen 27/12/1915

 

Name Vorname Geburtsort Heimatsort Geb. tag Beruf Gefangen in Reg Page
ANCEL Gustave Valenciennes (Nord) Valenciennes 18 Fabrikarbeiter Valenciennes 13 2453
        07.1897        
BATAILLE Octave Valenciennes (Nord) Valenciennes (Nord) 10.12.1894 Kesselschmid Valenciennes 13 2453
BEUHLE Fernand Valenciennes (Nord) Valenciennes (Nord) 20.04.1897 Schreiber Valenciennes 13 2453
CANION Raoul Maurois (Cambrésis) Marly (Nord) 19.04.1897 Schuster Valenciennes 13 2454
CARIGNAND Paul Valenciennes (Nord) Valenciennes (Nord) 20.05.1897 Schreiber Valenciennes 13 2454
CHIGARD Georges Valenciennes (Nord) Valenciennes (Nord) 18.10.1884 Eisenarbeit. Valenciennes 13 2454
CORDIER Jean Valenciennes (Nord) Valenciennes (Nord) 12.11.1896 Schreiber Valenciennes 13 2454
DEBLIQUY Marcel Valenciennes (Nord) Valenciennes (Nord) 02.03.1895 Tagelöhner Valenciennes 13 2454
DELETTREZ Raphaël Liège (Belgien) Valenciennes (Nord) 21.06.1897 Fabrikarb. Valenciennes 13 2455
DELCAYE Georges Valenciennes (Nord) Valenciennes (Nord) 10.09.1897 Eisenarbeiter Valenciennes 13 2455
DAVOINE Pierre Neuville (Nord) Valenciennes (Nord) 25.03.1877 Fabrikarb. Neuville (Nord) 13 2455
DELETVILLE René Montreuil s/ Mer (Nord) Valenciennes (Nord) 26.11.1896 Fleischer Valenciennes 13 2455
DOMERY Léon Valenciennes (Nord) Valenciennes (Nord) 24.06.1887 Eisenarbeit. Valenciennes 13 2455
DAYEZ Fernand Valenciennes (Nord) Valenciennes (Nord) 29.09.1877 Fabrikarb. Valenciennes 13 2455
DELALEUX Pierre Valenciennes (Nord) Valenciennes (Nord) 01.01.1897 Eisenarbeit. Valenciennes 13 2455
DUFAY Henri St Omer (Nord) Valenciennes (Nord) 11.03.1887 Eisenarbeit. Valenciennes 13 2455
DEDISE Jules Valenciennes (Nord) Valenciennes (Nord) 03.12.1896 Eisenarbeit. Valenciennes 13 2455
DEBRABANT Jean Bte Valenciennes (Nord) Valenciennes (Nord) 05.10.1886 Tagelohner Valenciennes 13 2456
DEDISE Jules (Père) Anzin (Nord) Valenciennes (Nord) 03.05.1878 Eisenbahnarbeiter Valenciennes 13 2456
FERIN Emile Valenciennes (Nord) Valenciennes (Nord) 13.12.1878 Kuster Valenciennes 13 2456
GRATTEPANCHE Charles Valenciennes (Nord) Valenciennes (Nord) 24.08.1870 Fabrikarb. Valenciennes 13 2456
GOSSELIN Louis emile Valenciennes (Nord) Valenciennes (Nord) 06.01.1878 Maler Valenciennes 13 2457
HANNEVART Henri Valenciennes (Nord) Valenciennes (Nord) 18.11.1895 Schuster Valenciennes 13 2457
HULOUP Philippe Valenciennes (Nord) Valenciennes (Nord) 10.05.1890 Arbeiter Valenciennes 13 2457
HOURDEQUIN Georges Aulnoy (Nord) Valenciennes (Nord) 22.11.1896 Beamte Valenciennes 13 2457
GORIEUX Albert Valenciennes (Nord) Valenciennes (Nord) 02.02.1896 Tagelohner Valenciennes 13 2457
LEGRAND Léon Valenciennes (Nord) Valenciennes (Nord) 1895 Maurer Valenciennes 13 2458
LEGRAND Eugène Valenciennes (Nord) Valenciennes (Nord) 18.10.1895 Drücker Valenciennes 13 2458
LECU Paul Marly (Nord) Marly 07.07.1884 Eisenarb. Valenciennes 13 2458
LAMBOUR Henri Ruesnes(Nord) Valenciennes 10.031887 Bäcker Valenciennes 13 2458
LEVISSE René Marquise (Nord) Valenciennes 09.04.1896 Gärtner Valenciennes 13 2458
MORELLE Albert Valenciennes (Nord) Valenciennes 22.01.1895 Eisenarb. Valenciennes 13 2459
MACHU Raphaël Le Cateau (Nord) Valenciennes 02.06.1896 Eisenarb. Marly ( Aisne) 13 2459
MARTEL Alexandre Valenciennes (Nord) Valenciennes 23.01.1878 Kesselschmied Valenciennes 13 2459
MESSAGER Alfred Angle Fontaine (Nord) Valenciennes 28.05.1882 Beamte Valenciennes 13 2459
MERIAUX Fernand Catteaux (Nord) Valenciennes 15.152.1874 Maler Valenciennes 13 2459
MOMBRE Louis Valenciennes (Nord) Valenciennes 28.10.1895 Landarb Valenciennes 13 2459
OBRINGER Edouard Marly (Nord) Marly 13.10.1885 Eisenarb. Valenciennes 13 2459
PHILIPPART Jean Bte Valenciennes (Nord) Marly 06.04.1897 Furhman Valenciennes 13 2460
ROMBEAU Joseph Marly (Nord) Marly 26.08.1886 Ingénieur Valenciennes 13 2460
RICHARD Gaston Valenciennes (Nord) Valenciennes 22.03.1896 Ohne Valenciennes 13 2460
SETAN Henri Valenciennes (Nord) Valenciennes 15.05.1896 Arbeit Valenciennes 13 2460
TOURILLE Adolphe Valenciennes (Nord) Valenciennes 26.09.1895 Eisenarb. Valenciennes 13 2461
TAVERNE Louis Valenciennes (Nord) Valenciennes 08.03.1895 Eisenarb. Valenciennes 13 2461
VIGNAUD Alphonse Valenciennes (Nord) Valenciennes 09.01.1890 Eisenarb. Valenciennes 13 2461
VIEVILLE Jules Marle (Aisne) Marle 30.01.1895 Landarb. Valenciennes 13 2461
WANTY Albert Valenciennes (Nord) Valenciennes 28.12.1895 Eisenarb. Valenciennes 13 2461
WALBRECQ Arthur Maubeuge (Nord) Valenciennes 25.11.1895 Schreiner Valenciennes 13 2461

 

 


 

Franzosen 24/12/1915 Gefangenerlager Holzminden

Name Vorname Beruf Geburtsort Ort der Festnahme Reg Page
CROIX Adrianne Ehefrau St Ebert Valenciennes 13 2466
DELEEUW Heinrich Arbeiter Valenciennes Neville 13 2466
DELEPANT Adrianne Ohne Boulogne Valenciennes 13 2466

 


 Gefangenenlager CELLELAGER Uberwiesen aus Cassel Gefangenenlager Belgier 26/12/1915

Name Vorname Geburtsort Heimatsort Geb. tag Beruf Gefangen in Reg Page
ARCHELON Léon Maisières (Ardennes) Vervierss (Liège) 26.01.1884 Maurer Valenciennes (Nord) 13 2472
DETOURNAY Firmin Gaurain (Hainaut) Valenciennes (Nord) 15.05.1892 Füsermann Valenciennes (Nord) 13 2472
GOISSE Maurice Crespin (Nord) Valenciennes (Nord) 25.11.1878 Draher Valenciennes (Nord) 13 2472

 


Fin du  Registre n°13


 

 

 

 


Liste précédente

Liste suivante

 

 

15 juillet 2013

Les affiches


Journal Officiel du 13 Avril 1928

61e CONGRÈS
des
SOCIÉTÉS SAVANTES DE PARIS ET DES DÉPARTEMENTS
A LILLE

SECTION D'HISTOIRE MODERNE (depuis 1715) ET D'HISTOIRE CONTEMPORAINE


Séance du mercredi 11 avril 1928, matin.
Présidence de M. A. de Saint-Léger.

p4314

            Communication de M. Adrien Legros, ancien professeur à l'école primaire supérieure de Valenciennes, trésorier du cercle archéologique et historique de Valenciennes, sur «Les affiches de la grande guerre et l'occupation allemande à Valenciennes
Les Allemands qui ont occupé Valenciennes pendant 1.530 jours ont apposé sur les murs de cette ville plus de 1.900 affiches. Ce nombre considérable s'explique si l'on considère que Valenciennes est restée pendant toute cette période un centre d'inspection d'étapes. A Gand, en Belgique, il n'a été posé que 1.229 affiches, dont le recueil trilingue (français-flamand-allemand) a été publié par les soins de la municipalité gantoise en cinq énormes volumes. Rien de semblable n'a encore été fait pour aucune ville des régions occupées, pas même pour Lille.
Quand on a classé ces 1.900 affiches, on s'aperçoit qu'on pourrait en faire cinq catégories :

1° L'invasion, l'occupation, les responsabilités de l'Angleterre;
2° L'armée allemande :
    a) le logement des troupes;
    b) nourriture; 
    c) sécurité;
    d) santé publique;
    e) besoins moraux;
    f) communications
    g) contrôle des habitants;
3° Alimentation et ravitaillement de la population;
4° Questions financières;
5° La vie municipale et publique.

L'importance des collections d'affiches constituées pendant la guerre est considérable. Ces documents authentiques ont un intérêt certain, et ils sont même au premier chef des documents historiques irréfutables.
Cette communication donne lieu à un intéressant échange de vues entre MM. de Saint-Léger, Camille Bloch, le chanoine Dinan, M. Gavelle, M. Henri Lemaître, à la suite duquel est émis le vœu dont voici la teneur:

"Le congrès, après avoir entendu la communication de M. Adrien Legros sur les Affiches de la grande guerre et l'occupation allemande à Valenciennes, considérant le grand intérêt historique que présente ce genre de documents,
Émet le vœu qu'une publication d'ensemble des affiches allemandes apposées dans les régions françaises envahies soit entreprise sous la direction des bibliothèque et musée de la guerre, institution d’État."
source  gallica

    

pca

Ce sont certaines de ces affiches que j'ai utilisées dans les précédents messages (souvent transcrites pour une meilleure recherche), j'ignore si cette publication d'ensemble a vu le jour et/ou si elle a été détruite, ni si l'ensemble de ces documents ont été conservés dans leur totalité en archives, départementales ou nationales.

5 août 2015

Evacués du Département du Nord

 

     La Bibliothèque Nationale de France, a mis en ligne sur son site Gallica 21 listes de noms de personnes du département du Nord évacuées en zone libre, ainsi que leur destination ; ces listes ont été publiées en 6 fascicules par la Direction de la Sûreté Générale.

entete


     Le premier de ces volumes (listes 1 à 3) a été imprimé en Octobre 1914, le dernier en Janvier 1915. Il s'agissait non seulement de tenir à jour le flux des personnes déplacées, à cette date fuyant l'arrivée de l'ennemi, que de découvrir d'éventuels espions parmi les réfugiés. La publication des listes -par voie de presse ?- devait permettre de renseigner les familles, pour autant qu'elles aient accès aux documents !

Ces listes, qui contiennent 33890 noms, ont été mises en ligne dans leur seule version image, peut-être parce que le contraste de la numérisation n'autorisait pas une bonne reconnaissance de caractères. C'est donc un travail que j'ai dû refaire, mais surtout il a fallu palier aux coquilles du typographe, et aux incohérences des relevés. On peut très certainement accorder plus de crédibilité aux lieux de destination, car ces listes ont été composées à partir des rapports établis sur place.

     Il n'en est hélas pas de même pour les villes de provenance, d'autant qu'il est probable que les réfugiés ne possédaient pas -ou peu- de documents officiels d'identité, le préposé aux relevés ayant dû composer avec leurs déclarations, et l'accent tout particulier du Nord : ("Carop" par exemple pour Quarouble). Ce qui conduit -en enchaînant les fautes de transcription- à l'exemple suivant dans lequel je cherche encore le nom de la ville de départ :

ville

    De même il est possible que certaines des personnes déplacées aient donné, non leur ville d'origine du Nord, mais leur précédente ville refuge, ou encore que le Nord aît déjà été pour elles une étape (venant de Verdun, de Cons-la-Grandville, de Tournai en Belgique, etc.).

     J'ai reproduit à titre d'exemple la liste n°6, contenant 1440 noms, dont les informations ont été corrigées ; j'ai laissé quelques cas -marqués "sic"- pour montrer les difficultés rencontrées. Il est parfois indiqué "et enfants" ou "et famille" dans la liste originale, mention que je n'ai pas reproduite. Tout y a été relu, et je tiens à disposition au format texte les autres listes, de façon à ce que d'autres chercheurs puissent y accéder, bien qu'il n'y ait pas eu de correction complète, et que l'OCR soit parfois .... surprenant.

 

    Surtout, j'ai mis en ligne la totalité des évacués de Valenciennes.

 

    J'ai commencé à faire de même pour le valenciennois (actuelle communauté de communes), mais faute de résultat probant de la reconnaissance de caractères, malgré les retouches préalables, c'est un travail de romain...... voir la liste en l'état

 

  • Fascicule 1
    • Liste n°1 (8336 noms)
    • Liste n°2 ( 349 noms)
    • Liste n°3 (1085 noms) 
  • Fascicule 2
    • Liste n°4 (1111 noms)
    • Liste n°5 (1961 noms)
  • Fascicule 3 (5539 noms)
  • Fascicule 4
    • Liste n°10 (2103 noms)
    • Liste n°11 ( 832 noms)
    • Liste n°12 ( 566 noms)
    • Liste n°13 (1238 noms) 
    • Liste n°14 (1122 noms) 
    • Liste n°15 1638( noms)
  • Fascicule 5
    • Liste n°16 (2814 noms)
    • Liste n°17 ( 646 noms)
    • Liste n°18 ( 440 noms)
    • Liste n°19 (2140 noms)
  • Fascicule 6
    • Liste n°20 (1309 noms)
    • Liste n°21 ( 661 noms)

 

 


 

 

 

3 février 2015

Le Gouvernement porte à la connaissance du pays la belle conduite de.... (I)

 

     A partir de janvier 1915, le Journal Officiel de la République Française publie des listes de noms sous le label "Le Gouvernement porte à la connaissance du pays la belle conduite de :" relatant les faits et actes de civils confrontés à l'invasion, et notamment, dès que ce fut possible, ceux qui étaient restés en territoire occupé.

 

    Il peut s'agir de victimes des exactions du début de l'invasion (cas signalés en rouge) ou d'un comportement exemplaire face à l'occupant, d'actes se révélant dangereux et conduisant souvent les intéressés en prison, en camp d'internement ou à être fusillés : objets réquisitionnés non présentés (bicyclettes), soldats cachés ou qu'on aide à rejoindre les lignes, actes d'espionnage, notamment à l'aide de pigeons voyageurs parachutés (cas signalé en vert).

    On y trouve parfois de petits actes de sabotage comme celui de M. Merlevède (Paul), quinze ans, élève de l'école professionnelle Baggio à Lille  (Nord) : en mars 1915, il a retiré la charge de poudre d'environ 503 cartouches appartenant à des soldats allemands logeant chez ses parents et a faussé la hausse de leurs fusils.(voir dans la liste transcrite ci-dessous)

    Certaines des personnes citées se verront récompensées par une médaille, Légion d'Honneur pour les fusillés,  médailles des victimes de l'invasion,ou des otages et prisonniers, ou encore de la reconnaissance française lorsqu'elles seront créées, ou ont déjà fait l'objet de citation dans un précédent JO. Certaines citations sont reprise dans  des journaux plus spécialisés (Bulletin des réfugiés du département du Nord, Bulletin des régions libérées etc.

   

     Voici une transcription complète de la liste publiée au JO du 24 octobre 1919, environ 150 personnes, hommes et femmes, ainsi que des personnels et une harmonie municipale.


 

191704

 



M. Mathiot, ex-sous-préfet de Château-Thierry (Aisne) : demeuré dans son arrondissement pour assurer les dernières évacuations, a réussi cette tâche difficile malgré les dangers les plus sérieux. N'a pas hésité à se rendre sur les points les plus menacés et a rendu des services signalés, non seulement aux populations, mais même aux troupes en campagne. A été victime, en service commandé, d'un accident d'automobile.

MM. Fricoteaux, maire d'Anguilcourt-le-Sart (Aisne) ; Evrard, premier adjoint au maire d'Anguilcourt-le-Sart (Aisne) ; Darbois, garde-champêtre d'Anguilcourt-le-Sart (Aisne). Condamnés à mort et fusillés par les Allemands.

MM. Hain (Albert), d'Anguilcourt-le-Sart (Aisne) ; Delaporte (Eugène) d'Anguilcourt-Ie-Sart (Aisne) ; M. Chantreux (Lucien), d'Anguilcourt-le-Sart (Aisne) ; Mmes Fricoteaux, d'Anguilcourt-le-Sart (Aisne) ; Delaporte, d'Anguilcourt-le-Sart (Aisne), condamnés et déportés en Allemagne pour avoir caché et ravitaillé deux tirailleurs sénégalais.

M. Flament, commis des postes à Laon (Aisne) ; Mme Flament, institutrice à Laon (Aisne), condamnés à deux ans de prison et emmenés en captivité pour avoir caché des bicyclettes.

M. Gallès, vicaire à Moncornet (Aisne) : envoyé en captivité pour avoir manifesté son patriotisme.

M. Verlon (Auguste), entrepreneur de menuiserie à Laon (Aisne) : condamné à quinze ans de travaux forcés, emmené en Allemagne de janvier 1917 à l'armistice ; dénoncé comme ayant caché des armes et des bicyclettes.

M. Campion, sous-préfet de Soissons (Aisne) : dans un arrondissement fréquemment bombardé, a rempli ses fonctions avec beaucoup de dévouement et a témoigné d'un zèle digne d'éloges.

M. Simon-Fourceaux, conseiller municipal de Vigneux-Hocquet (Aisne) : dénoncé comme ayant prévenu les autorités militaires françaises de l'arrivée imminente des avant-gardes allemandes, M. Simon a dû fuir ses foyers et se réfugier dans les bois environnants, où pendant toute la durée de la guerre, il a vécu dans les conditions les plus difficiles, donnant ainsi l'exemple d'une énergie physique et morale extraordinaire pour un homme de son âge.

M. Pamart (Charles), conseiller municipal, faisant fonctions de maire de Saint-Christophe-à-Berry (Aisne) : s'est offert pour remplir dans la commune de Saint-Christophe-à-Berry les fonctions de maire depuis juin 1915 à juin 1917 ; en cette qualité, a rendu à ses concitoyens les plus signalés services sous les bombardements et au péril de sa vie.

M. Nottelet, instituteur et secrétaire de mairie à Venizel (Aisne) : resté à son poste, à Venizel, pendant toute la campagne, a assuré avec courage et sang-froid ses fondions d'instituteur et de secrétaire de mairie. S'est dévoué à ses concitoyens aussi bien au moment du passage des troupes ennemies à Venizel, en septembre 1914, que pendant les bombardements auxquels cette localité a été soumise dans la suite. A montré le plus grand calme en sauvant à deux reprises les archives communales lors de l'avance ennemie sur Crouy, en 1915, et sur Château-Thierry, en 1918.

Mme Dromart (Marie-Louise), demeurant à Haybes (Ardennes) : demeurée à Haybes sous le bombardement, le 16 août 1914, a réconforté et rassuré par son attitude courageuse la population affolée, et particulièrement les femmes et les enfants. Par sa crâne intervention, elle a sauvé ce même jour la vie d'un douanier mis en joue par un Allemand ; quelques jours plus tard, ses protestations énergiques ont amené l'ennemi a cesser ses menaces de mort à l'égard de civils, hommes et femmes, faits prisonniers avec elle. A fait preuve du plus admirable dévouement en prodiguant ses soins aux blessés civils et militaires jusque sous le feu de l'ennemi.

M. Martinet (Henri-Alfred), instituteur public à Poix-Terron (Ardennes) : maître actif et courageux ; pendant toute la durée de l'occupation allemande, a assuré seul l'administration de la commune, les services de la perception et de la caisse d'épargne. A continué sa classe, même pendant la période des vacances. Par sa fermeté, a évité à ses concitoyens de nombreuses amendes et réquisitions. A été pour tous un bel exemple de dévouement et de patriotisme.

M. Madaye (Emile), industriel, ancien maire de Vienne-le-Château (Marne) : industriel, conseiller municipal, ancien maire de Vienne-le-Château (Marne) ; a dû, par sa situation et son intelligence, prendre en mains la direction effective des affaires dans la commune pendant l'invasion allemande. A assuré, durant l'occupation et pendant les premières semaines de la bataille de l'Argonne, le ravitaillement de la population. A su protéger la population contre les exigences de l'ennemi, soit au sujet des réquisitions, soit contre le pillage dont il a pu préserver les maisons non abandonnées lettre de félicitations du 5 octobre 1916).

M. Baudet (Victor), fondé de pouvoir de la maison Pommery, de Reims (Marne) ; en l'absence des chefs, mobilisés, a assuré sans interruption, depuis le début des hostilités jusqu'à l'exode obligatoire de la population civile en mars 1918, la direction intérimaire de la Maison Pommery. Par sa bravoure calme et confiante, son dévouement et son activité, a réussi à grouper et à maintenir autour de lui aux caves Pommery, un noyau d'ouvriers et ouvrières qui a permis d'assurer le fonctionnement de cette maison à proximité de la ligne de feu et dans des conditions matérielles extrêmement difficiles en raison des bombardements incessants et de la pénurie des moyens de transport. A réussi à loger et à alimenter dans les caves plusieurs centaines d'ouvriers et de réfugiés. Très vaillamment secondée par sa femme, tuée à Reims en 1917, par un obus en portant secours à un blesse au cours d'un violent bombardement, a réussi a créer dans les caves une école qui a compter jusqu'à 50 élèves et une salle de jeu avec cinéma pour distraire le personnel. Fortement intoxiqué par les gaz, en 1918, est resté bravement à son poste et a assuré l'évacuation, en bon ordre et sans pertes, du personnel civil de la maison.

M. Corpart (Albert-Auguste) régisseur du vignoble de Reims de la maison Pommery de Reims (Marne) : serviteur d'un dévouement et d'une bravoure à toute épreuve., A assuré pendant quatre ans de guerre, la culture de son vignoble situe en pleine vue des Allemands et très violemment bombardé. A rendu en outre des services incomparables dans la propriété dépendant de la maison Pommery qui avait été confiée à sa garde. Resté sur la brèche jusqu'au jour de l'évacuation forcée de mars 1918 a été fortement intoxiqué par les gaz mais est resté vaillamment à son poste et n'a pas craint de retirer son masque pour être plus à l'aise pour éteindre un commencement d'incendie causé par un obus au cours d'un très violent bombardement.

M. Bijot (Albert) Adjoint au maire de Fère-Champenoise (Marne) : resté courageusement à son poste, en l'absence du maire mobilisé assuré pendant l'invasion et plus particulièrement pendant la bataille de la Marne, sous le feu des combats la direction des services de l'importante mairie de Fère-Champenoise. A réussi, grâce il son énergie et à son sang-froid à sauvegarder les intérêts de ses administrés contre les exactions de l'ennemi. Ne cesse depuis, malgré son âge, de se prodiguer dans l'exercice de ses fonctions.

M. Legey (Auguste), juge de paix de Fère-Champenoise (Marne) : resté courageusement à son poste s'est, pendant la bataille de la Marne malgré ses soixante-quatorze ans, mis à la disposition de l'adjoint au maire de Fère-Champenoise pour assurer, en l'absence du secrétaire emmené en otage, les services municipaux. Est toujours resté depuis pour l'administration communale, un collaborateur que ses longues années de secrétariat à la sous-préfecture de Vitry-le-François rendent particulièrement précieux.

M. Robin, curé de Mondemont (Marne) resté courageusement à son poste au moment de l'invasion. Désigné comme otage n'a dû qu'à la reprise subite du combat de ne pas être capturé et emmené en captivité pendant les batailles du mois de septembre 1914, a, sous les obus, rendus aux blessés et aux troupes françaises de signalés services. Témoin attentif et fidèle de l'action qui a eu lieu dans les marais de Saint-Gond, continue à être pour els historiographes de la victoire de la Marne dont M. l'abbé Robin a noté jour le jour les phases les plus violentes, un documentateur particulièrement précieux.

Mme Dalstein, institutrice à Réméreville (Meurthe-et-Moselle) : en l'absence de son mari, mobilisé, a accepté les fonctions de secrétaire de mairie dès le 2 août 1914 et les a conservées pendant toute la durée des hostilités. Est restée courageusement à son poste en dépit du danger que présentait la proximité des lignes. S'est particulièrement signalée par son calme et son sang-froid pendant les journées d'occupation allemande et durant les violents combats qui se sont livrés autour du village, plusieurs fois pris et repris.

M. Geoffroy (Joseph), adjoint au maire de Réméreville (Meurthe-et-Moselle) : a tenu tête aux exigences des Allemands pendant les journées d'occupation, en août et septembre 1914 et a fait preuve, dans des circonstances véritablement périlleuses du plus grand calme et de la plus grande énergie. Emmené en otage et revenu ensuite dans là commune presque entièrement détruite par les bombardements et les incendies, y a exercé les fonctions de maire depuis le début de 1916 jusqu'à ce jour, gérant les intérêts du village avec dévouement, en dépit des difficultés qui résultaient de la proximité des lignes ennemies.

M. Lamy (Emile), demeurant à Mailly (Meurthe-et-Moselle) : a eu une attitude patriotique pendant l'occupation allemande, subissant les mauvais traitements du commandement ennemi et pris plusieurs fois comme otage. A été blessé, le 1er mai 1916, au cours d'un bombardement.

M. Allix (Henri), comptable aux salines de Dieuze (Lorraine) (Meurthe-et-Moselle) : au péril de sa vie a entretenu, pendant le cours des hostilités avec son frère demeurant à Nancy, des correspondances contenant des renseignements militaires précieux au commandement français, sur les mouvements de l'ennemi.

M. Oberhoffer (Joseph), demeurant à Nancy (Meurthe-et-Moselle) : au cours d'un bombardement de nuit par avions, s'est courageusement porté au secours de personnes ensevelies sous les décombres d'une maison qui venait d'être atteinte par une bombe.

M. Picard, propriétaire à Vigneulles (Meuse) : emmené comme otage bien qu'atteint d'une grave maladie. Est tombé sur la route succombant à la fatigue, s'est relevé, mais, ne pouvant suivre les autres otages, a été tué d'un coup de lance, le 25 septembre 1914, à la lisière du bois de Vigneulles.

M. Lehalle (Pierre), facteur receveur des P.T.T. à Vieville-sous-les-Côtes (Meuse) : ayant été arrêté, le 21 septembre 1914, par les Allemands, sous l'inculpation d’espionnage, a été emmené avec d'autres habitants. Est disparu et doit avoir été fusillé à Hattonville, le 22 septembre 1915. A fait preuve de courage et d'abnégation en restant résolument à son poste sous le feu de l'ennemi.

M. Colin (Pierre), domestique à Jubécourt (Meuse) : requis par les allemands pour convoi de porcs volés par eux à Jubécourt dans les maisons des habitants qui avaient fui leur domicile, n'est jamais rentré à Jubécourt. Présumé décédé en pays envahi.

M. Pagnon (Aristide), conservateur des hypothèques à Montmédy (Meuse) : resté à son poste pendant l'occupation allemande, M. Pagnon fut en janvier 1918, désigné comme otage, emprisonné d'abord a Montmédy, puis déporté en enfin interné comme prisonnier de Rastad. Fut rapatrié en France, le 15 juillet 1918. Pendant toute la durée de l'occupation, a rendu les plus grands services aux prisonniers français et alliés internés à Montmédy. Sa conduite a été digne des plus grand éloges.

M. Leloup (Pierre), rentier a Pareid (Meuse) : emmené en captivité et interné au camp d'Amberg (Bavière). Y est décédé, le 6 janvier 1915.

Mme Havette, née Leloup (Philomène) (soixante-huit ans), demeurant à Pareid (Meuse) : emmenée en captivité et internée au camp d'Amberg (Bavière). Y est décédée, le 19 janvier 1915.

Mme Leloup (Marie) (soixante-treize ans), demeurant à Pareid (Meuse) : emmenée en captivité et internée au camp d'Amberg (Bavière). Y est décédée, le 24 novembre 1914.

M. Lesuisse (Pierre), soixante-dix-sept ans, demeurant à Pareid (Meuse) : emmené en captivité et interné au camp d'Amberg (Bavière) Y est décédé, le 14 décembre 1914.

M. Joly (Constant), soixante-seize ans, manoeuvre, demeurant à Pareid (Meuse) : emmené et interné au camp d'Amberg. Y est décédé en janvier 19l5.

Mme Curely née Willaume (Rosine), soixante-quinze ans demeurant à Pareid (Meuse) : emmenée en captivité et internée au camp d'Amberg (Bavière). Y est décédée en janvier 1915.

M. Chardebas (Félicien), soixante-dix ans, maréchal ferrant, demeurant à Pareid (Meuse) : emmené comme otage, est décédé le 30 juin 1915.

Mme Chardebas (Marie), née Geoffroy, soixante-dix ans, demeurant à Pareid : emmenée en captivité et internée au camp d'Amberg (Bavière), y est décédée le 30 novembre 1914.

M. Lahaye (Prosper), soixante-neuf ans, berger, demeurant à Pareid : emmené en captivité et interné au camp d'Amberg (Bavière), y est décédé le 1er janvier 1915.

M. Bouchet (Gabriel), domestique à Récécourt (Meuse) : comme le 9 septembre 1914 dans l'après-midi, M. Bouchet sortait du village pour aller voir les travaux qu'exécutaient les Allemands, il fut arrêté par ceux-ci et fusillé.

M. Perotin (Nicolas), marchand de faïence (quatre-vingts ans) aux Islettes (Meuse) : M. Perotin était resté aux Islettes quand les Allemands envahirent le village, le 5 septembre 1914. Lors du départ de l'ennemi, le 29 septembre, il avait disparu. Son cadavre fut découvert par la suite dans le jardin de l'hôtel de l'Argonne, légèrement enterré. Un témoin constata alors qu'il avait eu le crâne fracturé.

M. Chopinet (Nicolas), cultivateur à Brocourt (Meuse) : emmené en captivité, le 10 septembre 1914. Interné au camp de Grafenvohr où il est décédé, en décembre 1914, à la suite de privations et de violences.

M. Aubiat (Alcide), soixante-huit ans, garde champêtre à Aubréville (Meuse) : les Allemands ayant enjoint aux habitants de ne pas sortir de leur demeure, M. Aubiat fut tué de deux coups de feu par un soldat allemand.

Mme Cheval (Léonie) à Cléry-Grand (Meuse) : occupée à laver à la fontaine du village, fut atteinte par une balle provenant, du champ de tir où des soldats allemands s'exerçaient. Est morte des suites de sa blessure.

 

 
M. Cauwes (Georges), sous-préfet de Valenciennes (Nord) : vers la fin de 1914, les Allemands lui ayant interdit de continuer ses fonctions, ce sous-préfet, fut déporté à Tournai (Belgique). Y séjourna jusqu'au jour de l'armistice. Modèle de ténacité et de vaillance ; rendit de grands services à la cause de la défense nationale, quoique sous la surveillance continuelle de l'autorité militaire allemande. A donné aide, assistance et asile à de nombreux Français évadés, cherchant à gagner la Hollande. A fourni des vivres et des secours aux prisonniers victimes du travail forcé, maintenant, par son attitude énergique et fière, le moral de ses compatriotes exilés.

M. Lévy (Frédéric), négociant, directeur par intérim de l'institut départemental des sourds-muets et jeunes aveugles de Ronchin-Lille (Nord) : remplaçant le chef de service mobilisé, a parfaitement et à titre bénévole, assuré la direction de l'institut départemental des sourds-muets et jeunes aveugles. Contraint par les Allemands d'évacuer sans délai l'établissement de Ronchin, s'est installé à Lille et a procédé, avec des moyens de fortune, à la complète réorganisation de cette importante maison. Grâce à son intelligente initiative, à son dévouement de tous les instants, l'éducation de ces déshérités a pu être continuée malgré les entraves apportées par l'occupant. A ainsi rendu de réels services à l'administration départementale et à ses concitoyens.

M. Conem (Charles), adjoint au maire d'Armentières (Nord) : pendant toute la durée des hostilités a prêté le concours le plus précieux et a fait preuve d'un dévouement sans bornes, contribuant à maintenir le moral de ses concitoyens restés dans une ville soumise pendant quatre ans aux bombardements les plus violents (déjà cité au Journal officiel du 28 novembre 1915).

M. Baudon (René), adjoint au maire de Lille (Nord) : a montré la plus grande activité comme membre du comité de district du comité d'alimentation du nord de la France. Se préoccupant de toutes les œuvres sociales de la ville de Lille, a contribué pour une large part à la création et au bon fonctionnement des cours d'apprentissage pour adolescents. Au cours des bombardements de Lille a assuré ses fonctions avec sang-froid, aidant à maintenir le moral de la population Lilloise.

M. Crépy (Lucien), conseiller général du Nord, adjoint au maire de Lille (Nord) : a, depuis le début de la guerre et au cours des bombardements de 1914, montré un dévouement de tous les instants et une haute conscience des devoirs de sa fonction. S'est particulièrement distingué comme président du comité local de ravitaillement de Lille : a admirablement secondé M. le maire de Lille comme adjoint aux finances, opposant a toutes les exigences et vexations de l'ennemi, un parfait sang-froid et une attitude pleine de dignité.

M. le docteur Ducamp (Louis-André), directeur du service d'hygiène de la ville de Lille (Nord) : d'un concours absolu, d'un dévouement sans bornes, sans jamais prendre un jour de repos, a évité par son action incessante, patiente et énergique, que l'autorité allemande s'empare de ses services et impose à la population civile les mesures vexatoires dont elle était menacée. Prodiguant ses soins aux pauvres, organisant partout la prophylaxie avec des moyens de fortune contre de graves épidémies qui régnèrent à Lille, il a fourni le concours le plus précieux et le plus dévoué, contribuant personnellement à maintenir le moral de la population sur laquelle il exerce un grand ascendant.

M. Monsarrat (Jules), vétérinaire départemental en chef, délégué intercommunal du comité d'alimentation à Lille (Nord) : a prêté le concours le plus absolu au comité d'alimentation du nord de la France. N'a jamais cessé pendant toute la durée de l'occupation allemande à Lille de maintenir le moral de la population par son attitude fière et patriotique.

M. Dérome, docteur en médecine, maire de Gommegnies, conseiller d'arrondissement du Quesnoy (Nord) : a rempli ses fonctions pendant des heures critiques avec une parfaite compétence, se dépensant sans compter pour toutes les œuvres charitables qu'il patronna. A contribué à réconforter ses administrés et à maintenir leur moral par la fermeté et la dignité de son attitude vis-à-vis, de l'ennemi.

M. Moity (Alcide), faisant fonctions de maire d'Avesnes (Nord) : d'un zèle et d'un dévouement infatigables, dès le début de l'occupation allemande, a fait fonctions de maire d'Avesnes, remplissant une tâche lourde et difficile avec une réelle compétence. Son attitude calme, énergique et ferme à l'égard de l'autorité ennemie, a contribué à assurer le bon moral de la population.

M. Antoine, maire d'Avesnelles (Nord) : a rempli ses fonctions avec un zèle auquel chacun se plait à rendra hommage. Délégué de la commission "for relief in Belgium" pour la région d'Avesnes, a rempli sa mission avec un parfait dévouement. Son attitude digne a contribué à maintenir le moral de ses concitoyens et de la population agricole.

M. Meresse, notaire à Berlaimont (Nord) a fait preuve, pendant toute la durée de l'occupation allemande, d'un zèle et d'un dévouement inlassables, se consacrant sans comptera toutes sortes d'œuvres d'assistance, s'acquérant par là des titres certains à la reconnaissance de ses concitoyens et contribuant par son attitude énergique à maintenir leur moral.

M. Fievet (Léon), capitaine, commandant la compagnie des sapeurs-pompiers do Maubeuge (Nord) : très belle conduite, pendant le siège et le bombardement de 1914, a, par son courage et son sang-froid, donné le meilleur exemple a ses hommes. Malgré les obus et la mitraille les a entraînés partout où leur présence était nécessaire pour combattre les nombreux incendies. A contribué, par son exemple, à maintenir le moral de ses concitoyens.

M. Wattiez (Joseph), cinquante six ans curé-doyen de Maubeuge (Nord) d'une attitude particulièrement digne durant toute la période do l'occupation. n'a cessé de prêter un concours efficace à la municipalité. A contribué par son calme et son sang-froid, à maintenir le moral de la population et à la réconforter..

M. Derieux, maire d'Avesnes-lez-Aubert (Nord) : a prêté le concours le plus précieux pendant toute la durée de l'occupation allemande à la commune qu'il administre et à la chambre de commerce de Cambrai. A protesté avec énergie contre toutes les exigences de l'ennemi et contribué à assurer le bon moral des populations.

M. Pluvinage, secrétaire général de la mairie de Cambrai (Nord) : a dirigé les services municipaux de Cambrai pendant toute la durée de la guerre avec une rare énergie en s'opposant aux exigences de l'ennemi, surtout en ce qui concerne les réquisitions et les contributions de guerre. Par son attitude ferme et courageuse, a rendu les plus grands services à la ville de Cambrai et à la population dont il a contribué à maintenir le moral.

M. Seydoux, industriel au Cateau (Nord) : a prêté, pendant toute la durée des hostilités, le concours le plus actif aux œuvres sociales et à l'organisation du service du ravitaillement dans le canton du Cateau. Par son attitude énergique en face des exigences allemandes, a rendu de grands services aux populations dont il a pris la défense.

M. Posselle, directeur du ravitaillement de Caudry (Nord) : a dirigé pendant toute la durée de la guerre et continue à assurer la direction de l'important service du comité de ravitaillement de la région de Caudry. A fait preuve dans l'exercice de ses fonctions, du plus grand dévouement et d'une rare énergie dans la défense des intérêts de la population civile contre les exigences et les menaces des autorités allemandes.

M. Glorieux, desservant à Montay (Nord) : en l'absence du maire de Montay, a été chargé par ses concitoyens de la direction de la municipalité de cette commune pendant toute la durée de la guerre. A rempli ses fonctions avec énergie et courage, tenant tête à l'ennemi, rendant ainsi de signalés services à la population.

M. Demolon, conseiller général du Nord : placé à la tète de la municipalité de Cambrai, depuis 1916, s'est acquits de ses fonctions avec zèle et compétence, s'opposant avec fermeté à toutes les mesures vexatoires de l'ennemi et protestant avec énergie contre les abus de tout genre. En but aux tracasseries, aux exigences, aux brutalités de la kommandatur, M. Demolon fit, pendant les deux dernières années, preuve d'un dévouement constant et d'une rare énergie pour la défense des intérêts de ses concitoyens.
En donnant l'exemple du plus pur patriotisme, M. Demolon a contribué pour une grande part à maintenir le moral des populations, qui lui gardent leur reconnaissance.

M. Picard (Emile), premier adjoint au maire de la municipalité du Cateau, faisant fonctions de maire : à la tête de la municipalité du Cateau pendant la guerre, M. Picard s'est signalé en toutes circonstances par son zèle et son dévouement le plus complet. Son attitude ferme et énergique, ses protestations véhémentes contre les abus et vexations de toute nature surent en imposer à l'ennemi et contribuèrent grandement au maintien du moral de la population dont il s'est attiré l'estime et la reconnaissance.

M. Bigo (René), maire de Marchiennes (Nord) : membre du comité de ravitaillement de l'arrondissement de Douai, a fait preuve en cette qualité d'une compétence exceptionnelle et d'un dévouement absolu. A réussi par son habileté à obtenir des adoucissements au sort de ses malheureux concitoyens qu'il a toujours réconfortés de son exemple et de ses conseils. S'est distingué particulièrement en fournissant à l'aide des ressources communales et des collectes, des vivres et vêtements aux prisonniers alliés internés dans sa commune.

M. Labalette (Alfred), maire d'Arleux (Nord), médecin-vétérinaire : a fait preuve de la plus grande fermeté de caractère à l'égard des autorités allemandes dont il n'a pas craint de dédaigner les ordres, pour sauvegarder les intérêts de ses concitoyens. A fait tous ses efforts pour maintenir le moral des populations dont il était le guide et le soutien et leur inspirer sa confiance inébranlable dans les destinées de la patrie.

M. Merlin (Narcisse), adjoint au maire d'Arleux (Nord) : s'est particulièrement distingué en défendant les intérêts agricoles du canton, malgré les entraves incessantes et les menaces de l'ennemi qui n'ont jamais réussi à l'émouvoir. Bel exemple de courage et de patriotisme.

M. Deville, président de la commission des hospices de Douai (Nord) : durant toute la guerre, n'a cessé de se prodiguer avec zèle et distinction en toutes circonstances pour diriger, malgré les entraves apportées par l'autorité allemande, les services de l'hôpital général, faisant l'impossible pour venir en aide aux évacués des régions avoisinantes. Est resté à Douai jusqu'au dernier moment pour venir en aide aux divers habitants malades ou infirmes qu'il faisait transporter dans les bateaux maintenant leur moral par son exemple et sa belle attitude.

M. le baron de Warenghien, à Douai (Nord) : malgré son grand âge, n'a cessé de mettre toute son activité au service de ses concitoyens qu'il a défendus en toutes circonstances et avec le plus grand courage coutre les abus de pouvoir des Allemands. Evacué, le 3 septembre 1918, a été le premier à rentrer à Douai pour y reprendre le cours de ses bonnes actions. A fait partie de la commission des notables dont il a été l'un des membres les plus actifs et les plus dévoués. Par sa noble et fière attitude vis-à-vis de l'occupant, a contribué dans la plus large mesure à assurer le bon moral des populations.

M. Beuzart, pasteur protestant à Douai (Nord) : a toujours prodigué aux blessés civils et militaires les soins les plus attentifs souvent sous de violents bombardements. Est resté à Douai jusqu'au dernier moment pour accompagner les infirmes sur la Belgique.

M. l'abbé David, aumônier, militaire, détaché aux hospices de Douai (Nord) : a toujours prodigué aux blessés et aux malades civils et militaires les soins les plus attentifs. Est resté à Douai jusqu'au dernier moment pour accompagner les infirmes évacués sur la Belgique, contribuant par son exemple à maintenir le moral des populations.

M. Doumergue, percepteur de Marchiennes (Nord) : a, durant toute l'occupation, assuré le service de perception d'une façon irréprochable. A été pour les communes un guide sûr et éclairé. Délégué par la région de Marchiennes pour l'achat des denrées alimentaires do provenance hollandaise, a résisté aux injonctions de l'ennemi pour qu'elles ne soient pas détournées de leur destination. Prodigue de son temps et de son activité, contribua à maintenir le moral des populations.

Mme Lauvergeat, Mlle Lebetre à Douai (Nord) : n'ont cessé de venir en aide aux prisonniers français arrêtés par les Allemands, leur fournissant soit à l'aide de collectes, soit sur leurs propres ressources, tout ce qui était nécessaire à leur habillement et à leur alimentation. Ont fait preuve d'un zèle et d'un dévouement absolus. Ont contribué par leur énergique attitude à maintenir le moral des populations.

Les supérieures et les communautés des Filles de la Charité de l'Hôpital général et de l'Hôtel-Dieu à Douai (Nord) : n'ont cessé sous les bombardements les plus violents d'exercer leurs fonctions. Sont venues en aide aux blessés militaires ou civils, ainsi qu'aux évacués ou réfugiés. Deux sœurs de cette communauté ont été tuées par les projectiles ennemis.

Mlle Ballon, inspectrice départementale des écoles maternelles, faisant fonctions d'inspectrice primaire à Valenciennes (Nord): malgré la situation particulièrement difficile qui résultait pour elle des circonstances, Mlle Ballon a su avec beaucoup de courage et de fermeté maintenir les prérogatives de ses fonctions et assurer dans les communes la continuité des services d'enseignement, contribuant par son exemple à maintenir le moral de ses subordonnés et d'assurer le bon fonctionnement des services.

M. Dhenin (Bertin), agent-voyer en retraite à Condé (Nord) : au début de la guerre, a fait preuve d'un sang-froid magnifique en conduisant jusqu'au dehors des lignes allemandes un groupe de soldats qui s'étaient cachés dans le pays. A contribué par son exemple à maintenir le moral des populations.

Mme Trocmé, directrice de l'hôpital civil de Saint-Amand-les-Eaux (Nord) : s'est dépensée sans compter pendant toute la durée de l'occupation ennemie, assurant avec un dévouement complet la direction de l'hôpital civil de Saint-Amand-des-Eaux. En maintes circonstances, sous des bombardements particulièrement violents s'est portée au secours de victimes, donnant à tous le plus bel exemple de courage et de sang-froid.

M. le docteur Fourmeaux, chirurgien civil de Saint-Amand-les-Eaux (Nord) : a fait preuve pendant toute la durée de l'occupation allemande d'un dévouement sans bornes. Au mépris du danger, a donné les premiers soins à des victimes civiles sous de violents tirs d'artillerie. A manifestement contribué à maintenir le moral de la population.

M. l'abbé Hallard, curé du Moulin des Loups, à Saint-Amand-les-Eaux (Nord) : s'est signalé d'une façon toute particulière pendant l'occupation allemande par son complet dévouement et son mépris du danger. A porté secours pendant de violents bombardements à obus toxiques à des victimes civiles contribuant au maintien du moral de la population.

M. Villerval, secrétaire général la mairie de Tourcoing (Nord) : d'un dévouement sans bornes et d'un concours absolu, a été une aide précieuse pour la municipalité en des heures délicates et difficiles. A contribué dans une large mesure à maintenir le moral de la population.

M. Vandevenne, faisant fonctions de premier adjoint au maire de Tourcoing (Nord) : s'est dépensé sans compter pendant toute la durée de l'occupation allemande. Très dévoué, a fait fonctions de maire de Tourcoing depuis l'arrestation de M. le sénateur Dron. A contribué par son énergique attitude, à maintenir le moral de la population.

M. Brassart, adjoint au maire de Tourcoing (Nord) : s'est dépensé sans comptée pendant la durée de l'occupation ennemie, pour toutes les questions de ravitaillement. A toujours fait preuve vis-à-vis de l'occupant d'une énergique attitude qui a contribué à maintenir le moral de la population.

Les administrateurs, les médecins et le personnel des établissements hospitaliers et charitables du Nord envahi : sans interruption aucune depuis le début des hostilités ont donné des preuves constantes du plus grand dévouement en assurant parfaitement la direction des services à eux confiés oU en prodiguant de jour et de nuit aux victimes des projectiles les soins les plus empressés.

Le personnel de l'enseignement technique professionnel du Nord envahi. Malgré les difficultés de l'heure, a apporté dans sa tâche ardue, beaucoup de zèle, de conscience et de dévouement. Par son attitude calme et énergique, a donné le meilleur exemple à la population.

Le personnel de l'enseignement primaire du nord envahi : dans des circonstances difficiles et délicates a continué, malgré l'absence des locaux, à assurer l'instruction à une nombreuse population scolaire, a constamment donné l'exemple d'un calme digne déloges dans l'accomplissement de son devoir contribuant par son attitude énergique, à maintenir le moral des populations.

Le personnel des mairies des communes du Nord envahi : a assuré pendant l'occupation la bonne marche des services administratifs. Par son zèle et son activité, a contribué au maintien du moral de la population donnant l'exemple du sang-froid dans l'accomplissement du devoir.

Le personnel de la préfecture du Nord à Lille, des sous-préfectures et des services départementaux du Nord envahi : n'a cessé depuis le début des hostilités, dans des circonstances difficiles, d'assurer parfaitement la marche des services administratifs. A contribué, par son zèle, son activité et son esprit d'abnégation, au maintien du moral de la population.

M. Carré, capitaine des sapeurs-pompiers, receveur municipal a assumé ses deux fonctions avec un zèle égal et un parfait dévouement. Au mépris du danger fit preuve du plus grand courage à la gare de Cambrai pendant l'explosion de plusieurs trains de munitions. Modèle d'énergie, son attitude fut un vrai réconfort pour la population.

Les directeurs et le personnel des établissements pénitentiaires du Nord envahi : sous la menace constante de l'ennemi, n'ont cessé d'exercer leurs fonctions avec un dévouement et une conscience dignes d'éloge.

M. Peers (Paul) à Roubaix (Nord) : pour ses beaux services rendus en pays occupé par l'ennemi. Soupçonné et arrêté par les Allemands, a subi une condamnation à un an de prison.

M. Legrand (Henri), professeur de l'école supérieure de Valenciennes (Nord) : transmettait à l'armée française d'utiles renseignements par le moyen de pigeons voyageurs. Découvert par les Allemands, emprisonné, condamné à mort et fusillé à l'endroit dit « Le Rolleur » à Valenciennes, le 23 février 1918, faisant preuve avant d'être exécuté du plus bel exemple de courage civique et de patriotisme.

Mlle Adriencense (Louise), demeurant à Rosult (Nord) : sommée de travailler pour l'armée allemande a été arrêtée, mise en cellule, traduite devant l'officier de justice, condamnée à une première peine de douze jours ; convoquée devant un officier qui la fit interner, condamnée à une nouvelle peine de quinze Jours de cellule, à la suite de laquelle elle maintint sa résolution. Arrêtée de nouveau, le colonel Hellingrath la fit condamner à la prison. Attitude particulièrement courageuse et fière devant l'occupant.

M. Denis (Charles-Auguste), vice-président de la commission administrative du bureau de bienfaisance, à Armentières (Nord) : membre du comité spécial du ravitaillement, a rempli sa tâche avec un zèle averti, que rien n'a ralenti. A contribué à assurer, malgré le bombardement des plus violents, les distributions de dix a douze mille rations quotidiennes, rendant ainsi à la population civile d'Armentières d'inappréciables services, en même temps qu'il maintenait au plus haut degré, par l'exemple de son courage, le moral de tous les habitants.

M. Ducrocq (Désiré), maire d'Erquinghem-Lys (Nord) : a donné à tous l'exemple du courage et du sang-froid, maintenant intact le moral de ses administrés et assurant avec zèle et dévouement, dans des conditions souvent difficiles, le ravitaillement de sa commune située a proximité de la ligne de feu. A été fait prisonnier au moment de l'avance allemande du 9 avril 1918.

M. Gailly (Charles), adjoint faisant fonctions de maire de la Gorgue (Nord) : s'est consacré avec un dévouement infatigable à l'administration de la ville, donnant a tous l'exemple du courage et maintenant par son calme et son sang-froid le moral de ses concitoyens. N'a quitté son poste au moment de l'avance allemande que sur l'ordre donné par l'autorité militaire et après avoir pris toutes les mesures voulues pour assurer, sous les bombardements, l'évacuation des habitants. Rentré un des premiers à la Gorgue, n'a eu d'autre préoccupation que d'assurer le ravitaillement et la reprise économique de sa commune.

M. Coquelle (Félix), maire de Rosendaël, conseiller municipal (Nord) : n'a cessé d'assurer avec beaucoup de dévouement la marche régulière des services municipaux dans une commune soumise à de fréquents bombardements par avions et obus de gros calibre. A donné, en toutes circonstances, l'exemple du courage et du sang-froid, contribuant par son énergique attitude au maintien du moral de ses concitoyens.

M. Marquis, maire de Saint-Pol-sur-Mer (Nord) : n'a cessé d'assurer avec beaucoup de dévouement la marche des services municipaux dans une commune fréquemment bombardée par avion et obus de gros calibre. A donné en toutes circonstances à la population l'exemple du courage et du sang-froid.

M. Fontaine, maire de Coudekerque-Branche (Nord) : n'a cessé d'assurer avec beaucoup de dévouement la marche des services municipaux dans une ville fréquemment bombardée par avions et obus de gros calibre, donnant en toutes circonstances à la population l'exemple du courage et du sang-froid.

M. Ardaens, adjoint au maire de Petite-Synthe (Nord) : a assuré avec beaucoup de dévouement dans une commune fréquemment bombardée la marche des services municipaux dont il avait la charge par suite de la mobilisation du maire, contribuant par son attitude au maintien du moral de ses concitoyens.

M. Castelain, conseiller municipal de Malo-les-bains (Nord) : a assuré malgré les bombardements nombreux par avions et par obus de gros calibre la marche des services municipaux dont il était chargé, donnant à la population l'exemple du courage et du sang-froid.

M. Bisiaux (Charles). ouvrier agricole à Villers-en-Cauchies (Nord) ; M. Bisiaux (Alfred), cordonnier à Villers-en-Gauchies (Nord) ; M. Mennechez (Fabien), étudiant à Villers-en-Gauchies (Nord) : au péril de leur vie et sous les yeux même des troupes allemandes, ont recueilli le 7 mai 1917 deux pigeons voyageurs français trouvés dans le panier d'un parachute militaire atterri sur le territoire de la commune. Leur ont fait reprendre leur vol après avoir répondu aux demandes de renseignements militaires apportées par ces volatiles.

M. Heppenheimer (Auguste), rentier à la citadelle (foyer du soldat) à Lille (Nord) : bel exemple de dévouement et de patriotisme. Directeur du « Foyer du soldat » organisé à la citadelle de Lille, a rendu de signalés services tant au point de vue matériel que moral. Se consacre avec un zèle infatigable à l'œuvre d'assistance à la troupe en s'intéressant activement au placement des démobilisés qui trouvent auprès de lui des conseils sages et éclairés.

M. Schotsmans (Auguste), industriel à Lille (Nord) : a collaboré avec le plus grand dévouement au placement des soldats démobilisés. A manifesté le plus beau désintéressement en mettant à la disposition du directeur de l'œuvre d'assistance aux libérés, la majeure partie de son domicile personnel, pour y établir les bureaux nécessaires au bon fonctionnement du service.

Mme veuve Leblond, née Suisse (Sophie) et M. David Lecapitaine, de Roubaix (Nord) : ont fait preuve d'un beau dévouement en prêtant leur concours à un soldat qui a pu ainsi échapper aux investigations de l'ennemi, pendant toute l'occupation.

Mme Boulet, née Bailleul (Eugénie), demeurant à Douai (Nord) : a fait preuve d'un beau courage en hébergeant et en venant en aide à dix soldats français en pays envahi.

M. Merlevède (Paul), quinze ans, élève de l'école professionnelle Baggio à Lille (Nord) : en mars 1915, a retiré la charge de poudre d'environ 503 cartouches appartenant à des soldats allemands logeant chez ses parents et a faussé la hausse de leurs fusils. Des perquisitions ayant été faites au domicile de ses parents dont il redoutait pour ce motif l'arrestation, se décida à avouer et fut traduit devant le conseil de guerre allemand. Condamné à quatre années d'emprisonnement et interné à la prison de Herford (Wesphalie).

Mlles Julienne et Judith Druesnes de Fourmies (Nord) : dénoncées à l'ennemi, arrêtées sous l'inculpation d'espionnage et pour avoir caché des soldats français, ont fait preuve d'un réel courage, de la plus grande énergie et d'un rare sang-froid au cours des pénibles interrogatoires qu'elles ont dû subir et d'une prévention très sévère. Condamnées respectivement à quinze uns et onze ans de réclusion ont été emprisonnées pendant dix-huit mois. Attitude particulièrement élogieuse.

M. Coppeaux (Ephrem), maire de Fourmies (Nord) : resté à son poste pendant l'occupation, malgré un état de santé précaire, a été sans cesse en butte aux vexations de l'ennemi. A contribué à maintenir le moral de la population par son attitude énergique. Condamné à quinze ans de réclusion par un tribunal allemand sous prétexte de trahison, a subi une partie de sa peine à la prison d'Avesnes et n'a été libéré qu'à l'armistice.

Mme veuve Waroquier, née Petit (Pauline), Mlle Waroquier (Angèle) et M. Broux (Emile), maréchal ferrant à Auchy-les-Orchies (Nord) : le 1er septembre 1917, ont recueilli, en pays occupé et au péril de leur vie, deux pigeons voyageurs anglais trouvés dans les paniers de deux parachutes militaires atterris dans le jardin de Mme veuve Waroquier. Ont fait reprendre leur vol à ces pigeons après avoir répondu aux demandes de renseignements militaires apportées par ces volatiles.

M. Corette (Victor), à Crèvecoeur-sur-Escaut (Nord) ; Mme Corette (Rosalie) (née Dufresnoy), il Crèvecœur-sur-Escaut : ont été tués dans leur maison.

M. Dermy (Charles), à Crèvecoeur-sur-Escaut (Nord) : tué dans son estaminet. Est mort des suites de ses blessures.

M. Desnoyelles (Guislain), à Crèvecœur-surEscaut (Nord) : tué dans sa maison.

M. et Mme Dufresnoy, à Crèvecœur-sur-Escaut (Nord) : tués dans leur maison, puis brûlés.

M. Jacquet (Marcel), à Crèvecoeur-sur-Escaut (Nord) : muet. Tué dans la cour de M. Balliard après avoir été violenté.

Mme Lemoine (Henriette), à Crèvecœur-sur-Escaut (Nord) ; a eu le bras cassé et est morte des suites de ses blessures (plaie gangréneuse).

M. Michaux (Charles-Adolphe), demeurant à Outreoux (Nord) : tué chez lui, trainé dans la cour, où il a été retrouvé la boite crânienne ouverte et la cervelle par terre.

Mme Michaux (Clémence- Denoyellce), demeurant à Outreoux (Nord) : blessée en fuyant dans le jardin de son fils, est morte quelques jours après des suites de ses blessures.

M. Telliez (Hubert), demeurant à Crèvecœur-sur-Escaut (Nord) : blessé en fuyant dans son jardin. Transporté à l'hôpital de Cambrai, où il est mort quelques jours après.

M. Vitasse (Henri) père et Mme Vitasse : fusillés contre un mur dans la cour de la ferme Paradis, à M. Raux (Léon).

M. Beauchêne (Charles) à Crêvecoeur-sur-Escaut (Nord) : tué sur la route de Bonavis. A été enterré sur le côté de la route.

L'harmonie municipale de la ville de Compiègne (Oise) : a été une des rares musiques qui ait pu continuer, sous la direction de M. Fain, à fonctionner pendant la durée de la guerre jusqu'au jour de l'évacuation de la ville. Pendant 4 ans ces jeunes musiciens, en l'absence de leurs aînés mobilisés, ont suivi régulièrement les répétitions, malgré les bombardements assez fréquents, afin de pouvoir donner des concerts dans toutes les formations sanitaires de la ville de Compiègne, où les blessés étaient heureux de les applaudir.

MM. Dantin, chef de gare Crépy-en-Valois (Oise) ; Delaporte (Charles), gardien d'entrepôt à Crépy-en-Valois (Oise) ; Benoist (Raymond), courrier auxiliaire à Crépy-en-Valois (Oise), ont occupé un poste souvent périlleux dans une gare située à proximité du front ; y ont fait preuve de courage et de sang-froid. ne cessant pas d'assurer leur service pendant les violents bombardements aériens dont Crépy-en-Valois a été l'objet à diverses reprises.

M. Lorthois (Gustave), facteur des postes à Meurchin (Pas-de-Calais) : a eu pendant l'occupation une attitude énergique en face des autorités ennemies, a recueilli et aidé un soldat français resté dans les lignes allemandes et a pu ainsi, malgré les soupçons qui pesaient sur lui, le faire échapper à la captivité.

Personnel des agents, des sous-agents et des ouvriers des P. T. T., en résidence à Calais (Pas-de-Calais) : depuis le début des hostilités, malgré la fréquence de bombardements souvent violents, a toujours assuré avec régularité à toute heure du jour et de la nuit le service de la distribution de transmissions, de la construction des lignes téléphoniques civiles, officielles et militaires, ainsi que la réparation des dérangements, avec courage et un inaltérable dévouement aux devoirs professionnels. A rendu de grands services à la population civile et militaire par le bel exemple de calme et d'abnégation qu'il a donné.

Personnel des agents et des sous-agents d'Etaples (Pas-de-Calais) ; Mme Legros, receveuse des postes à Etaples (Pas-de Calais) : depuis le début des hostilités, dans une cite soumise à de fréquents bombardements aériens de l'ennemi, ont toujours assure le service avec régularité, sans la moindre défaillance faisant preuve de sang-froid, de courage et d'abnégation.

Personnel des agents, des sous-agents et des ouvriers attachés à la résidence de Boulogne-sur-Mer (Pas-de-Calais) : a assuré régulièrement depuis le début des hostilités sans un instant, de défaillance le service de la distribution et la réparation des lignes militaires et civiles malgré des bombardements aériens violents et l'accroissement du trafic dû à la présence des services départementaux et de plusieurs états-majors français et alliés et montré en toutes circonstances un dévouement professionnel qu'aucune épreuve n'a pu altérer.

M. Canda (Ulysse), soixante-dix ans, adjoint au maire de Lillers (Pas-de-Calais) : pendant la période de bombardement de la ville, du 21 mars à juillet 10918, a toujours assuré son service de vétérinaire sanitaire et d'adjoint faisant fonctions de maire, avec le plus grand courage et le plus grand dévouement, malgré son grand âge. A soutenu le moral de la population, par son attitude courageuse et ses conseils.

M. Broutin (Désiré), cinquante-cinq ans, cultivateur et conseiller municipal à, Lillers (Pas-de-Calais) : pendant la période de bombardement de la ville (mars-juillet 1918), est toujours resté à son poste, collaborant-avec l'adjoint faisant fonctions de maire et s'occupant des questions de ravitaillement avec le plus grand courage et le plus grand dévouement. A, par son attitude courageuse et ses conseils, contribué à maintenir le moral de la population.

M. Carnet (Hippolyte), soixante-sept ans, garde municipal à Lillers (Pas-de-Calais) : a assuré son service, avec dévouement, pendant la période de bombardement de la ville (mars-juillet 1918), dans des circonstances souvent périlleuses.

M. Richebuch (Marius), cinquante-huit ans, garde municipal à Lillers (Pas-de-Calais) : a assuré son service, avec dévouement, pendant la période de bombardement de la ville (mars-juillet 1918), dans des circonstances souvent périlleuses.

M. Queva (Paul), trente-trois ans, agent municipal auxiliaire à Lillers (Pas-de-Calais) : à toujours rempli ses fonctions, avec le plus grand zèle et le plus grand dévouement dans des circonstances souvent périlleuses, Pendant la période de bombardement de la ville (mars-juillet 1918), était tous les jours à Lillers pour assurer la surveillance des propriétés privées.
A été blessé par un obus le 12 mai 1918, alors qu'il s'occupait de faire inhumer le corps d'une jeune fille abandonné en ville.

Mme Marie Pauquet, en religion sœur Marie-Bapt. des Franciscaines de Calais (Pas-de-Calais) : donne depuis plus de 20 ans ses soins aux malades. Evacuée en Belgique, a assuré la garde dès malades et des vieillards qu'elle a soignés avec abnégation jusqu'à son rapatriement en France, ne cessant d'assister le docteur Ovide Hémery, même dans les circonstances les plus périlleuses. Donnait le chloroforme pendant les opérations exécutées sous les obus, exécutait les pansements de ses malades qu'elle ne cessait d'encourager en leur faisant espérer la prochaine délivrance. S'est toujours montrée une excellente patriote, même dans les circonstances les plus difficiles.

M. Edouard, directeur d'école à Lens (Pas-de-Calais) : chargé de la réception et de la répartition des denrées du ravitaillement. N'a jamais quitté le magasin dont il avait la direction, même au moment des plus violents bombardements, donnant l'exemple du sang-froid à son personnel lorsque le magasin était atteint par les projectiles et évitant par sa présence d'esprit de nombreux accidents.

M. Dillies (Jean-Baptiste), garde civil à Lens (Pas-de-Calais) : chargé du service de nuit s'est continuellement porté avec un complet mépris du danger sur les points de chute des obus pour porter secours à ses concitoyens blessés. Grâce à sa courageuse intervention, de nombreuses victimes des bombardements ont pu être dégagées à temps pour recevoir les soins qui leur ont permis d'échapper à la mort.

M. Bourgeois, commissaire de police a Lens (Pas-de-Calais) : par son attitude énergique et son sang-froid a contribué à maintenir le moral de la population. A secondé avec beaucoup de zèle l'administration municipale dans sa résistance aux exigences dé l'ennemi. Au cours d'un violent bombardement, a été grièvement blessé dans l'exercice de ses fonctions, par un éclat d'obus qui lui enleva la jambe.

M. Lefebvre (Louis), économe directeur de l'hospice de Lens (Pas-de-Calais) : pendant l'occupation, a fait preuve du plus grand sang-froid froid et d'un mépris complet du danger en organisant sous les bombardements violents le transport des blessés et leur mise à l'abri. A contribué à l'évacuation des soldats français blessés à l'arrivée de l'ennemi.

M. Delobel (Alphonse), maire d'Oignies (Pas-de-Calais) : la conduite de M. Delobel pendant l'occupation allemande (1914-1918), a été des plus dignes. Malgré les menaces et les représailles dont il était l'objet de la part des autorités ennemies, qui l'ont fait emprisonner plusieurs fois, M. Delobel a toujours en une attitude courageuse, refusant de désigner aux Allemands les personnes pouvant servir d'otages ou les hommes susceptibles de travailler pour eux.

M. Dhumerelle (Louis), maire de Dourgès (Pas-de-Calais) : M. Dhumerelle a eu, pendant l'occupation allemande, une conduite digne d'éloges. Emprisonné plusieurs fois et même menacé de mort par les autorités ennemies, il a résisté à leurs injonctions. Dans les derniers mois de la guerre, alors que la commune était souvent bombardée, M. Dhumerelle, âge de 69 ans, s'est toujours rendu aux endroits sinistrés pour organiser les secours.

M. Leblanc (Jules), premier adjoint au maire de Beuvry (Pas-de-Calais) : malgré son age (68 ans) et ses infirmités, M. Leblanc, n'a pas hésité, alors que le maire était mobilisé, à s'occuper activement de l'administration de la commune, située à proximité des lignes ennemies (3 kilomètres) et soumise à de fréquents bombardements. Lors de l'évacuation de Beuvry, ordonnée le 13 avril 1918, M. Leblanc n'a quitté son poste que le 15 avril, après le départ de tous les habitants. M. Leblanc a montré, en toutes circonstances, l'exemple d'un dévouement absolu et d'un réel courage.

Mme Letaille directrice d'école à Labourse (Pas-de-Calais) : est demeurée courageusement à son poste, malgré de fréquents bombardements, d'octobre 1914 au 13 avril 1918, date de l'évacuation de Labourse. A donné ainsi le plus bel exemple de dévouement et de sang-froid.

M. Mercier, directeur général de la société des mines de Béthune (Pas-de-Calais) : par sa fermeté de caractère, sa présence constante de jour et de nuit, aux points les plus exposés, son exemple incessant a su maintenir en place le personnel, lui conserver son moral excellent et sauver les travaux de fonds et cela malgré une grave intoxication par les gaz.

M. de Broyart-de-Baillescourt, maire de Morchies (Pas-de-Calais) : alors que les Allemands envahissaient Morchies, conserva chez lui un soldat d'infanterie française, qui avait été, quelque temps auparavant, amené mourant dans la localité et qu'il n'avait pas été possible d'évacuer. Ayant fait passer des correspondances il fut, le 2 octobre 1914, traduit en conseil de guerre.

M. l'abbé Bletit, curé d'Annay-sous-Lens (Pas-de-Calais) : resté à Annay, pendant l'occupation allemande, a assuré, avec un grand dévouement et en l'absence de la municipalité, l'administration et le ravitaillement de sa commune, a fait preuve, dans des circonstances difficiles, d'un grand courage et d'une énergique attitude devant les exigences de l'ennemi. A été emprisonné plusieurs reprises. Sa conduite, au cours des hostilités, est digne en tous points des plus grands éloges.

M. Anthime Bucamp, instituteur à Ablainzeville (Pas-de-Calais) : emmené en Allemagne, le 23 octobre 1915, en avril 1915 se dévoua aussitôt sa rentrée en France à ses compatriotes dont il s'est acquis l'estime et la reconnaissance. A fait preuve au cours des deux évacuations du village d'une force de caractère remarquable,

M. Leroy, membre de la chambre de commerce d'Arras (Nord) : est demeuré courageusement dans la ville qui fût l'objet de fréquents bombardements par canons et par avions ; s'est particulièrement distingué, au mépris des plus grands dangers, au sauvetage des œuvres d'art du musée d'Arras que l'incendie du palais Saint-Waast menaçait de destruction. A fait preuve, en des circonstances tragiques, du plus louable dévouement.

Mme Moitel (Léon), à Hermies (Nord) : aux premiers jours de l'occupation, a recueilli de nombreux soldats blessés ou égarés, les a réconfortés et, en leur procurant des habits civils, leur a permis de rejoindre les lignes françaises. S'est courageusement dévouée pour la population.

Mme Ovide Richard à Hermies (Nord) : âgée de soixante-dix ans, a au prix des plus grands-dangers, recueilli, caché et soigné, trois soldats français grièvement blessés qu'elle a pu faire transporter à Douai. A toujours fait preuve pendant l'occupation du plus ferme courage devant l'ennemi.

M. Lecomte (André), prisonnier civil à Colombes (Seine) : prisonnier civil au camp de Hamelin en 1914, s'est signalé par son dévouement à ses compagnons de captivité soutenant le moral, organisant les secours et les évasions. A eu constamment une attitude ferme et patriotique, vis à vis de l'ennemi et a été envoyé pour ce motif au camp de représailles de Holsminden en 1916, où il a continué à rendre les mêmes services à ses compatriotes.

M. l'abbé Manzoni, maître de chapelle de la cathédrale d'Amiens (Somme) : a fait preuve sous les violents bombardements de la ville d'Amiens, d'un courage éprouvé et d'un inlassable dévouement. Dans les circonstances les plus difficiles, a montré une énergie peu commune en prenant part avec les équipes aux travaux périlleux nécessités par les circonstances. Collaborateur précieux a contribué pour une large part, aux sauvetages avec une haute conscience du devoir à accomplir.

Mmes Marchal, demeurant à Senones (Voges) et b, demeurant à Senodes (Vosges) : ont aidé à cacher et à ravitailler pendant 22 mois, trois soldats français qui durent au bout de ce temps, se résoudre à se constituer prisonniers faute de vivres. Ont été condamnées respectivement pour ce fait 1 an et 8 ans de prison par le conseil de guerre allemand.

Mlles Lemaix (Alice et Jeanne), demeurant à Senones (Vosges) : ont aidé à cacher et soustraire aux Allemands trois soldats français qui s'étaient réfugiés dans un grenier. Pendant 22 mois n'ont pas hésité, à prélever sur leur propre nourriture, les aliments nécessaires au ravitaillement des trois militaires. Au bout de ce laps de temps, les soldats durent se rendre faute de vivres. Ont été condamnées, pour ce fait à deux ans de prison par un conseil de guerre allemand.

Mme Virion (Eléonore-Marguerite), à Saint Dié (Vosges) : a soigné en forêt, puis recueilli et entretenu dans une maison plusieurs soldats français pendant l'occupation de la ville de Saint-Dié par les Allemands, en septembre 1914.

Mme Helle, née Lallemand (Octavie), demeurant à Moyennoutier (Vosges) : a recueilli au début de la guerre, trois militaires français du 140e régiment d'infanterie qui avaient perdu leur unité et ne pouvaient songer à rejoindre le pays étant envahi par les troupes ennemies. Munis d'effets civils par ses soins les trois militaires essayèrent de traverser les lignes allemandes, mais échouèrent dans leurs tentatives. Les a ravitaillés pendant 9 jours avec d'infinies précautions en raison des difficultés résultant des rondes de patrouilles et ce n'est que lors de la retraite allemande qu'ils furent délivrés et purent retrouver leur régiment.

M. Grégoire, commissaire spécial adjoint à Besançon (Doubs) : courant février 1916, M. Grégoire, alors inspecteur de police à la 15e brigade de police mobile détachée au service des renseignements (sûreté aux armées) fut chargé d'une mission à l'effet de découvrir l'auteur d'un assassinat. Equipé et habillé en chasseur alpin, passa une dizaine de jours en première ligne, avec différentes unités et parvint à identifier l'assassin, menant ainsi a bonne fin dans des circonstances difficiles et périlleuses la mission qui lui avait été confiée.


Le personnel de l'usine de Gerrer, de Thann (Alsace) ;
Le personnel de l'usine Scheurer-Lauth et Cie de Thann (Alsace) ;
Le personnel de l'usine Weber de Thann (Alsace) ;
Le personnel des ateliers de constructions de Bitscheviller (Alsace) ;
Pendant toute la durée des hostilités, ont constamment travaillé avec le plus grand courage sous le feu de l'ennemi.


page suivante 

 

 

 

4 août 2014

1er Novembre 1918 :Arrivée des Canadiens

 

    Quand commence le mois de Novembre 1918 les derniers préparatifs pour la capture de Valenciennes ont amenés nombre de bataillons Canadiens aux portes de la ville. Notamment, pour une attaque venant de l'Ouest, le 38e Bataillon qui doit pénétrer par le Faubourg de Paris, et le 72e bataillon plus au Nord.

 

97109401_o[1]

     Dans la soirée du 31 octobre 1918, nous apprîmes que l'Autriche-Hongrie, se séparant de l'Allemagne, demandait la paix, acceptant les conditions énumérées par l'Amérique, ce qui nous fit grand plaisir.

     Les soldats allemands ne voulaient plus se battre, étant complètement découragés, aussi, avant les dernières contre-attaques, leur distribuait-on un litre d'alcool, un litre de vin, de la bière et du café.

La sentinelle qui gardait la rue des Incas devant chez moi, me demanda des vêtements civils pour se cacher.

     Le 1er novembre, l'attaque se déclencha à six heures du matin, la ville étant entourée d'un cercle de feu. C'était un roulement indescriptible avec fracas de vitres et de briques. Nos lits tremblaient, mais nous n'étions nullement impressionnés, songeant à notre délivrance.

     De la rue Vieille-Poissonnerie, où nous avions notre quartier dans les caves de M. Gabet, à la Chapelle Saint-Géry, il y a environ 200 mètres. Ne voulant pas passer la Toussaint sans assister à la messe, nous nous y rendîmes en longeant les murs, et accélérant le pas. Les obus éclataient au-dessus de nos têtes et de gros morceaux tombaient à nos pieds. Dans la petite chapelle, il y avait vingt personnes, quand M. le doyen, Mgr. Jansoone, commença la messe qu'il dit le plus rapidement possible. Au moment de la communion, trois bombes tombèrent à quelques mètres causant de grands dégâts. Nous restâmes cependant impassibles, et dès que le doyen eut donné la bénédiction, il se retourna en disant : « Que tout le monde descende à la cave immédiatement ».

Nous y restâmes trois quarts d'heure avant de regagner notre logis dans les caves de M. Gabet. Malgré cette pluie d'obus, M. Jules Billiet qui faillit être tué, se rendit à la Commandature pour demander au commandant que les hommes qui devaient répondre à l'appel restent chez eux, ne voulant pas prendre la responsabilité d'un accident.

C'est sous cette pluie d'obus qu'ils s'empressèrent de rentrer chez eux. .

     Sentant notre délivrance prochaine, M. Billiet rédigea la dépêche que la municipalité devait adresser au Président de la République.

Vers dix heures et demie un grondement formidable de la grosse artillerie succéda à un calme relatif.

    A onze heures, le moment est palpitant, des incendies se déclarant rue de Famars. Un pompier tout essoufflé vient nous dire que les Anglais sont au boulevard Saly et se battent à l'entrée de la rue de Famars, les Allemands se cachaient dans l'embrasure des portes pour leur riposte. Pendant ce temps, les troupes se rassemblent pour battre en retraite, laissant seulement les mitrailleurs pour les protéger.

Les grosses conduites d'eau potable sont crevées. M. Giard, boulanger, arrive essoufflé nous dire qu'un obus est tombé dans son four, et qu'il fut miraculeusement sauvé, la plaine de Mons ayant beaucoup souffert.

    A trois heures, la situation devient de plus en plus palpitante. Nous finissions de déjeuner dans la, cave de M. le doyen Jansoone, avec M. et Mme. Jules Billiet, quand on vient nous dire que les Anglais arrivaient par la rue Saint-Jacques. Nous sortons précipitamment, et voyons en effet les soldats Allemands au coin du magasin « Au Travailleur », arme à l'épaule, prêts à tirer sur eux, et les officiers qui observaient le mouvement du haut de la tour Saint-Géry, descendre précipitamment, pour se sauver.

Pendant ce temps, la maison de M. Chamfort brûlait.

    A cinq heures, on vint nous prévenir que la maison voisine de notre magasin de farine, 115, rue de Famars, brûlait également. Je m'y rendis de suite avec M. Malaquin.

Trois mitrailleuses étaient installées en face de l'Impasse des Cardinaux, tirant sur les Anglais. Il était dangereux de traverser la rue. Les Allemands arrêtèrent leur tir pour nous lais­ser passer. M. Billiet vint nous retrouver avec les pompiers.

M. Malaquin en prit la direction. Comme il n'y avait plus d'eau, il fallut faire la part du feu, les pompiers se servant de leur hache. Au bout d'une demi-heure, M. Malaquin était maître et notre farine était sauvée.

     En rentrant, je m'arrêtai chez M. Verdavaine, rue d'Oultremann, chez qui logeait le commandant du régiment, ce dernier ayant quitté ma maison du boulevard Watteau où il n'était plus en sécurité. Il me dit qu'il avait repoussé les Anglais sur le boulevard Saly, mais comme ils n'étaient plus nombreux, ils se trouvaient dans l'obligation de battre en retraite : En effet ses hommes avaient sac au dos dans la cave, et attendaient une accalmie pour se mettre en route.

Aussi, est-ce tout joyeux que je retournai dans notre cantonnement de la rue Vieille-Poissonnière, ayant la certitude d'être délivré le lendemain matin.

     De son côté, la X° brigade canadienne avait attaqué et pris le mont Houy, et s'était avancée jusqu'au faubourg de Paris. Ce fut un exploit particulièrement brillant, qui avait empêché le bombardement de la ville et des villages du sud où les Canadiens savaient qu'il y avait encore des civils.

La X° brigade avait fait mille huit cents prisonniers, dépassant le chiffre des troupes d'assaut, sans compter les huit cents Allemands qui avaient été enterrés.

     Dans la soirée, les troupes de la XII° brigade d'infanterie canadienne qui s'étaient frayé un passage à travers le canal desséché, près du moulin Gilliard, se disposent à délivrer Valenciennes le lendemain.

(in Delame : "Valenciennes Occupation allemande 1914-1918. Faits de guerre et souvenirs" Hollande & Fils ed. 1933)

 

Lire la suite en images dans mon autre blog : They were there

 

29 août 2012

Evacuation précipitée. (Marcel BOUILLON)

        L'un des membres du conseil municipal de la ville de Valenciennes durant la guerre, M. Marcel BOUILLON (Le Mans 13/12/1863- Valenciennes 1943), que René Delame fait souvent intervenir - notamment lors des bombardements aériens de 1918 - nous a laissé un petit opuscule de 23 pages, dont le contenu mérite d'être largement diffusé, ce qui à mon sens n'est qu'hommage envers l'auteur et le conseil municipal tout entier. Marcel BOUILLON est inhumé au cimetière St Roch de Valenciennes en compagnie de son épouse et de membres de la famille de celle-ci, la tombe est entretenue par la municipalité de Valenciennes.

P1460026

 

 

Imprimé en petit format sur un papier "d'après-guerre" qu'il faut maintenant manier avec précaution, édité à Lille : imprimerie du "Réveil du Nord" en 1918, en voici des extraits :

Évacuation et Bombardements
DE VALENCIENNES
Octobre-Novembre 1918


Le jeudi 10 octobre 1918, vers trois heures du soir, l'affiche suivante fut apposée sur nos murs par ordre de la Commandanture :

 


 

      Cette nouvelle se propagea comme une traînée de poudre, et porta à son comble la terreur et l'affolement dans la population.

Quitter sa maison par ordre, tout abandonner, souvenir de famille, meubles, linge, ustensiles de ménage, les mille choses utiles ou agréables qui garnissent la maison et font aimer la vie, quitter tout cela, pour partir à pied sur les routes boueuses, vers un pays que personne ne connaissait. Nivelles en Belgique, à 75 kilomètres de Valenciennes, tous ceux qui n'étaient pas ici ne peuvent s'imaginer la désolation que cet ordre apporta dans les familles, d'où les hommes valides étaient partis et dans lesquelles il ne restait que des femmes, des vieillards, des malades et des enfants incapables de marcher.
   Cependant, l'ordre est formel : il faut partir en abandonnant les malades alités que l'hôpital recueillera provisoirement, en abandonnant son père ou sa mère, s'ils ne peuvent pas se traîner, si l'on a pas le bonheur de posséder une poussette pour les transporter ou assez d'argent pour soudoyer un conducteur de voitures boches qui demandait couramment 1.000 à 2.000 marks pour vous conduire à Mons.

      Notre horreur de l'évacuation était d'autant plus grande que nous connaissions trop, par les tristes spectacles que nous avions eu sous les yeux, toutes les misères qu'elle engendre.
En effet, dès août 1914, nous avions vu arriver à Valenciennes, des milliers de belges et d'habitants des communes frontières, fuyant l'invasion devant les Allemands victorieux.

      Plus tard, en novembre 1914, nous vîmes arriver ici les habitants des nombreuses communes situées sur la ligne de feu entre Arras et Albert. C'était surtout des populations agricoles qui arrivaient chez nous, dénuées de tout, les Allemands leur ayant tout pris, chevaux, charriots, bestiaux et linge.
Ensuite ce fut le tour des habitants du Bassin minier Lens-Hénin-Liétard, chassés de chez eux par le bombardement.

      Et en dehors de ceux que je cite, combien de milliers étaient passés par notre ville, combien en est-il enterré dans nos cimetières ?
Mais la grande désolation, le spectacle le plus triste qui puisse se voir, celui qui arrachait des larmes aux plus endurcis, c'est l'arrivage en masse, au début de septembre 1918, des habitants des villes de Cambrai et de Douai et des communes si populeuses situées entre ces villes et Valenciennes.

      Ces malheureux, chassés de leurs maisons par les Allemands, ont dû faire la route à pied par un temps abominable, des femmes, des enfants, des vieillards ont mis plusieurs semaines à faire ce trajet, et nous arrivaient dans un état de dépression moral et physique impossible à décrire, en eux toute volonté était annihilée ; jeunes et vieux, il fallait les conduire par la main comme des enfants à leur logis provisoire, et si les dévouements si nombreux qui se sont trouvés à Valenciennes, dans ces moments critiques, ne leur avaient pas porté à manger jusque sur leur couche, ils n'auraient certainement eu, ni le courage ni la volonté d'aller chercher eux-mêmes leurs nourritures.

      Dans la première quinzaine de septembre surtout, les arrivages furent formidables, certains jours, nous eûmes à secourir plus de dix mille évacués arrivant exténués et dénués de tout.
Mais grâce à la direction énergique et intelligente de Messieurs Arthur Gabet et Maurice Delame, auxquels je suis heureux ici de rendre hommage, et aux concours dévoués de tout notre personnel qui, sans murmurer, travaillait souvent 15 et 18 heures par jour, tous les évacués ont trouvé à Valenciennes un gîte pour la nuit, de la soupe et du café chaud, du pain, du saindoux, du lait et des biscuits pour les enfants, toutes nos provisions de réserve furent fraternellement partagées, malheureusement pour eux il n'en fur pas ainsi partout ailleurs.
      Mais les vivres que nous leurs donnions ne pouvaient leur suffire que pour deux ou trois jours et le lendemain il leur fallait se remettre en route pour faire place aux nouveaux arrivants.
Quelle triste chose que ces départs d'évacués, et leurs défilés dans nos rues. Jamais je n'ai ressenti d'angoisse plus poignante, même au plus fort du bombardement.
      Il faut avoir vu des femmes seules avec cinq ou six enfants en bas âge, poussant une voiturette disloquée, dans laquelle étaient entassés, avec les plus jeunes enfants, les provisions et le linge indispensable, les autres enfants suivant, accrochés au tablier de la mère, déjà fatiguée d'avoir fait deux ou trois kilomètres.
      Et d'autres poussettes où, sur l'entassement des paquets est posé un matelas sur lequel est étendue une vieille personne, une infirme ou une malade que ses enfants n'ont pas voulu abandonner.
Que tout cela était triste et pitoyable !


Mais revenons à l'évacuation de Valenciennes.

Nous avons dit plus haut que la première affiche allemande ordonnant l'évacuation fut apposée le jeudi 10 octobre, vers trois heures, le vendredi 11, vers midi, une deuxième affiche, en gros caractères était collée sur nos murs.
En voici le texte :

 

Après la lecture de cette affiche, et sachant ce qui s'était passé récemment à Cambrai et à Douai, la population comprit qu'il n'y avait plus rien à espérer et qu'il fallait en hâte se préparer à partir.

(......)

Resté à Valenciennes, il ne m’appartient pas de décrire toutes les misères endurées sur la route par nos malheureux concitoyens

(.....)

 

MERCREDI 16 OCTOBRE. – Un ami qui arrive de Mons, vient me prévenir que ma femme est assez gravement malade et que ma présence est indispensable auprès d’elle, je me décide à partir de suite.

Ce voyage que je n’oublierai jamais, fut navrant.

     Tout le long de la route pêle-mêle avec l’armée allemande en retraite, c’est un défilé ininterrompu d’évacués, il pleut et ces malheureux s’esquintent à traîner leurs poussettes et leurs brouettes par la pluie et dans la boue épaisse souvent de 20 à 30 centimètres, car le pavé de la route est réservé aux chariots, aux hommes et aux chevaux de l’armée allemande et à chaque instant les évacués sont rejetés sur les côtés de la route où leurs poussettes enfoncent jusqu’à l’essieu et souvent se brisent.

Dans ce cas arrivé à des centaines de personnes, les malheureux propriétaires désolés, n’ont plus qu’à abandonner leur véhicule dans le fossé avec son chargement, souvent toute leur fortune qu’ils ont eu tant de peine à amener jusque là.

     Spectacle plus triste encore, à chaque pas on rencontre, assis sur l’herbe mouillée de fossés, des malades incapables d’aller plus loin, attendant un secours problématique, ou la mort qui sera pour eux, une délivrance.

Et toujours sur la roue, la longue cohorte des soldats et des évacués, poussés par la fatalité, marchent jusqu’à l’épuisement de leurs forces pour arriver le soir à un gite problématique, car ils savent que beaucoup d’entre eux, ne trouveront même pas une grange pour se mettre à l’abri et devront coucher dehors ; aussi combien parmi eux ne reverront jamais leur maison.

 

JEUDI 17 OCTOBRE. – Arrivés à Mons très tard, le lendemain j’en suis reparti de très bonne heure, à pied cette fois, après avoir décidé de ramener ma femme qui veut revenir.

     Sur la route le spectacle est toujours le même, les évacués sont de plus en plus nombreux, car on fait évacuer depuis hier, Anzin, Bruay, Onnaing, Quarouble, Blanc-Misseron et beaucoup d’autres communes. Pour comble de malheur, il pleut continuellement et la route est couverte d’une boue gluante qui empêche d’avancer.

 


 

 

             Puisqu'il s'agit du récit de Marcel BOUILLON, j'en profite pour ajouter à son propos la petite histoire tirée du recueil de Lucien FERNEZ, qui parfois égratigne gentiment un certain nombre de Valenciennois dans ses opuscules intitulés "Souvenirs de l'invasion à Valenciennes 1914-1918", publiés dès 1919, y relatant quelques faits, marquants ou personnels.

 

 

BOUILLON
---x---

    Ce n'est pas un enfant de Valenciennes et quoique inconnu la veille, il a mijoté, bouilli et est devenu consommé et succulent. et en 1914 Bouillon était fait à point pour, comme conseiller municipal, ayant mis de coté ses idées les plus avancées vu les circonstances douloureuses dans lesquelles on se trouvait, pour prendre place à la table du Ravitaillement auprès de ses ennemis politiques d'hier.
   Apprécié, goûté, gourmé par le parti socialiste, il figurait en tête du menu car il était considéré par son parti comme le futur maire de Valenciennes.

    C'est un ennemi de la procession séculaire de Notre-Dame du Saint-Cordon, qui avait lieu avant la guerre en Septembre. Thellier de Poncheville, Billet, Delame, Mabille, Dupont, ses collègues au Conseil municipal, y portaient un cierge allumé et y faisaient retentir le glorieux magnificat. Marcel Bouillon y répondait par le chant de l'Internationale.
  Il est considéré par certains de ses collègues comme un suppôt de Satan, dégageant une odeur de souffre ; d'autres, moins timorés, l’appellent Bouillon Pointu.

    Depuis le début des hostilités, les divergences politiques et religieuses se sont fondues et Bouillon, qui porte un nom prédestiné au Ravitaillement, a marché la main dans la main avec les processionnards. Et Bouillon est en tête du menu comme Président du Comité d'alimentation pour la distribution des denrées de la rue Saint-Géry et comme Président de viande de la Boucherie municipale. Malgré les difficultés de l'heure présente, on était dans la quiétude, lorsqu'il y a quelques jours, pour être précis le 15 Août, dans la matinée, le jour de l’Assomption, anniversaire de l'enlèvement de la Vierge par les Anges, on apprenait  avec stupeur qu'un gredin de belle envergure, pour commémorer ce beau jour, avait enlevé la caisse de la boucherie au Comité d'Alimentation, munitionnée d'environ 28.000 fr.

    Tous les grands manitous étaient dans la consternation ; Delame invoquait tous les saints du Paradis, Gabet levait les bras au ciel et Bouillon écumait. Toutes les lamentations ne faisant pas retrouver le magot, le Maire publia, par voie d'affiches, un avis qui promettait une prime de 1.000 fr. à celui qui pourrait donner des indications sur le ou les voleurs. Cela fit l'effet au juge d'instruction qui a l'air d'un gaillard à poigne, l'effet d'un cataplasme sur une jambe de bois et il trouva un remède plus énergique. Le samedi 19 Août, à huit heures du soir, heure de l'Hôtel-de-Ville, il fit incarcérer, menottes aux mains, le sieur Bourdon, caissier, qu'il inculpe de vol. Souhaitons qu'on retrouve la somme et que le Comité d'alimentation ne gobe pas le bouillon.

Août 1916.

 

 

 

23 janvier 2011

DESORMEAUX Barthélémy

VICQ ( Nord)

Le 1er décembre 1914 DESORMEAUX Barthélémy agé de 15 ans est tué "par une balle allemande". Son nom figure au dos du monument aux morts de Vicq, sans autre information.

P1010058

P1010061

   Barthélémy DESORMEAUX est né à Quarouble le 9/12/1899 de Ulysse et LEFEBVRE Roseline-Marie. C'est un cousin (au 5e degré) de DESORMEAUX Nestor, traité sur ce même blog.


VILLARS Emile Désiré figurant sur le monument sans indication de régiment est une autre victime civile décédée à Cysoing le 4 octobre 1914.
 

Les mêmes informations figurent au monument aux morts du cimetière communal.

P1130002

 

25 mars 2011

N'oubliez pas l'avion 56

 

Valenciennes et l'aviation (1)


Samedi 25 septembre 1915 : Nouvelle émotion qui dans l'histoire de notre aviation mérite une page spéciale.


Par un temps gris et pluvieux, avec des nuages qui couraient très bas, nous vîmes sortir tout-à-coup parmi les obus, au dessus de la fosse à charbon de la Bleuse-Borne, un avion monté par trois officiers français. Il portait le numéro 56, numéro qui est demeuré gravé dans notre mémoire, et que l'on pouvait lire car il volait très bas, à 30 ou 40 mètres à peine et l'on entendait parfaitement les aviateurs criant aux personnes qui agitaient leur mouchoir: " Mais cachez-vous donc! "
Une bombe manqua le pont du chemin de fer et tomba dans le canal. Continuant son vol, l'aviateur en lança une seconde sur le dépôt des machines. Malheureusement, un mécanicien qui était rentré la veille de permission, reçut en se sauvant la bombe en pleine poitrine, il fut tué net, mais le projectile en tombant sur le côté n'éclata pas, sans quoi les dégâts eussent été considérables.
 
L'avion passant au-dessus de la gare, reçut une véritable salve ; les soldats tirant avec leurs fusils, et les officiers avec leurs revolvers, mais les aviateurs ripostèrent avec leur mitrailleuse, lancèrent une quatrième bombe sur l'usine des fers-à-cheval, où se trouvait un dépôt de munitions. Hélas, cette fois encore le but fut manqué.
Des jeunes recrues [allemandes] qui faisaient l'exercice dans le marais de l'Epaix, croyant que cet avion était allemand criaient et dansaient. Mais en entendant l'explosion, tous se sauvèrent, sans même penser à tirer. Avant de nous quitter l'avion passa sur la ville, frôlant les toits avec une audacieuse ironie, et disparut dans les nuages. Un tel courage nous rendit rêveurs, et tous nous souhaitions qu'une telle prouesse fut récompensée.


Aussi, répétons-nous encore aux pouvoirs publics: " N'oubliez pas l'avion 56 ".


Naturellement, ces exploits de nos aviateurs attirèrent sur la population de nombreuses représailles : nombre de fois après les visites, tous les permis de circulation étaient retirés, et nous étions obhgés de rentrer chez nous avant la tombée du jour.

Extrait du livre de René Delame : "Valenciennes Occupation allemande 1914-1918. Faits de guerre et souvenirs" Hollande & Fils ed. 1933

 

la_bleuse_borne

 

 

 


10 avril 2013

1915 - Soldats Alliés décédés à Valenciennes

 

Retour au tableau des nationalités par année


Tombe d'Edouard WILSON (voir ci-dessous le 8/11/1915) dans le cimetière St-Roch en 1916 un peu à gauche du monument allemand élevé dans le Ehrenfriedhof (Cimetière d'Honneur) regroupant soldats Allemands et Alliés.

Edward WILSON

 

 

L'accès aux actes se fait  (via la vue et le n° d'acte) dans le registre de 1915 aux
Archives Départementales du Nord cote 3 E 5781

 

 

TITCHENER Frank, Soldat Britannique.
Sergent au Regiment de Wiltshire (Angleterre)
Décédé à Valenciennes (Ambulance du Collège de Jeunes Filles, Boulevard pater) le 02/01/1915
Acte n° 3 vue n° 2 en date du 03/01/1915
 
SANTBIR Gurung, Soldat Britannique.
Indou du demi G.R.
Décédé à Valenciennes (Ambulance du Collège de Jeunes Filles, Boulevard pater) le 03/01/1915
Acte n° 5 vue n° 2 en date du 04/01/1915
 
BARBER George, Soldat Britannique.
du régiment de Northampton, soldat anglais
Décédé à Valenciennes (Ambulance du Collège de Jeunes Filles, Boulevard Pater) le 15/05/1915
Acte n° 330 vue n° 85 en date du 15/05/1915
 
MASON Charles, Soldat Britannique.
23 ans, Caporal Northampton Rgt anglais
Décédé à Valenciennes (Ambulance du Collège de Jeunes Filles, Boulevard Pater) le 19/05/1915
Acte n° 343 vue n° 88 en date du 20/05/1915
 
PHILIPP Fréderich, Soldat Britannique.
Soldat de l'armée anglaise, London
Décédé à Valenciennes (Ambulance du Collège de Jeunes Filles, Boulevard Pater) le 21/05/1915
Acte n° 351 vue n° 90 en date du 22/05/1915
 
RYAN Hugh, Soldat Britannique.
Fusilier au Royal Ecossais, Compagnie D
Décédé à Valenciennes (Ambulance du Collège de Jeunes Filles, Boulevard Pater) le 09/06/1915
Acte n° 402 vue n° 104 en date du 10/06/1915
 
WELSCH Sydney, Soldat Britannique.
Sergent à la A Cie 13° de Londres
Décédé à Valenciennes (Ambulance du Collège de Jeunes Filles, Boulevard Pater) le 18/06/1915
Acte n° 417 vue n° 107 en date du 18/06/1915
 
ROBINTOHN Charles, Soldat Britannique.
Soldat 13°Cie de Londres
Décédé à Valenciennes (Hôpital Général) le 08/07/1915
Acte n° 456 vue n° 117 en date du 09/07/1915
 
HEDAN Alfred, Soldat Britannique.
Soldat Anglais 5°Btn 2°Cie 13°Bde de Londres
Décédé à Valenciennes (Ambulance de l'Hôpital militarisé) le 25/07/1915
Acte n° 481 vue n° 123 en date du 25/07/1915
 
DHANRAJ Gurung, Soldat Britannique.
Soldat anglais 2°Cie 5°Reg Grenadiers
Décédé à Valenciennes (Ambulance du Lycée Henri Wallon, place de la République) le 01/08/1915
Acte n° 496 vue n° 127 en date du 02/08/1915
 
WILLONGHBY , Soldat Britannique.
Soldat Anglais 8 RW Kent
Décédé à Valenciennes (Ambulance du Lycée Henri Wallon, place de la République) le 27/09/1915
Acte n° 608 vue n° 155 en date du 28/09/1915
 
DEAS William Davies, Soldat Britannique.
Lieutenant de l'armé Anglaise au régiment Argyle Sutherland Highlanders
Décédé à Valenciennes (Ambulance du Lycée Henri Wallon, place de la République) le 30/09/1915
Acte n° 615 vue n° 157 en date du 01/10/1915
 
ILLROY Robert, Soldat Britannique.
Soldat au ..Rgt Infanterie Légère Ecossaise
Décédé à Valenciennes (Ambulance du Lycée Henri Wallon, place de la République) le 01/10/1915
Acte n° 619 vue n° 158 en date du 02/10/1915
 
DUKE Harry, Soldat Britannique.
Soldat Cie B 3°Rgt Highlanders Gordon
Décédé à Valenciennes (Ambulance du Lycée Henri Wallon, place de la République) le 02/10/1915
Acte n° 621 vue n° 158 en date du 03/10/1915
 
NIKA (Indou), Soldat Britannique.
Soldat S.82 de l'armée anglaise
Décédé à Valenciennes (Ambulance du Lycée Henri Wallon, place de la République) le 03/10/1915
Acte n° 629 vue n° 160 en date du 04/10/1915
 
WHITE Charles, Soldat Britannique.
Soldat 8 Lincoln de l'armée anglaise
Décédé à Valenciennes (Ambulance du Lycée Henri Wallon, place de la République) le 04/10/1915
Acte n° 630 vue n° 161 en date du 05/10/1915
 
NICOL Hugh, Soldat Britannique.
Soldat de l'armée anglaise
Décédé à Valenciennes (Ambulance du Lycée Henri Wallon, place de la République) le 04/10/1915
Acte n° 631 vue n° 161 en date du 05/10/1915
 
PATERSON William, Soldat Britannique.
Soldat 9 Gordon Highlander de l'armée anglaise
Décédé à Valenciennes (Ambulance du Lycée Henri Wallon, place de la République) le 04/10/1915
Acte n° 632 vue n° 161 en date du 05/10/1915
 
DURANT Robert, Soldat Britannique.
Soldat 8 R.W.K. de l'armée anglaise
Décédé à Valenciennes (Ambulance du Lycée Henri Wallon, place de la République) le 04/10/1915
Acte n° 633 vue n° 161 en date du 05/10/1915
 
VAVLES Henry, Soldat Britannique.
soldat au Régiment de Sestland rifles de l'armée anglaise
Décédé à Valenciennes (Ambulance du Lycée Henri Wallon, place de la République) le 04/10/1915
Acte n° 634 vue n° 162 en date du 05/10/1915
 
SLORANE Richard, Soldat Britannique.
Soldat K.O. Ses. Bord. De l'armée anglaise
Décédé à Valenciennes (Ambulance du Lycée Henri Wallon, place de la République) le 06/10/1915
Acte n° 638 vue n° 163 en date du 07/10/1915
 
HOVES Albert, Soldat Britannique.
Soldat B.Q.R.S. de l'armée anglaise
Décédé à Valenciennes (Ambulance du Lycée Henri Wallon, place de la République) le 07/10/1915
Acte n° 640 vue n° 163 en date du 07/10/1915
 
ANDERSON Henry, Soldat Britannique.
Soldat B 8 R.W.K. de l'armée anglaise
Décédé à Valenciennes (Ambulance du Lycée Henri Wallon, place de la République) le 07/10/1915
Acte n° 641 vue n° 163 en date du 07/10/1915
 
WATSON Jones, Soldat Britannique.
Soldat Cameron Highl . De l'armée anglaise
Décédé à Valenciennes (Ambulance du Lycée Henri Wallon, place de la République) le 07/10/1915
Acte n° 644 vue n° 164 en date du 08/10/1915
 
BOLTON Alfred louis Adolphe, Soldat Britannique.
Soldat 8-10. York. Lanc. Régiment de l'armée anglaise
Décédé à Valenciennes (Ambulance du Lycée Henri Wallon, place de la République) le 10/10/1915
Acte n° 650 vue n° 166 en date du 10/10/1915
 
THOMPSON John Walter, Soldat Britannique.
Soldat 7 R.O.S.B. de l'armée anglaise
Décédé à Valenciennes (Ambulance du Lycée Henri Wallon, place de la République) le 11/10/1915
Acte n° 651 vue n° 166 en date du 11/10/1915
 
SUMMERSBY Albert, Soldat Britannique.
Soldat D.Cie 8 Buffs Regt
Décédé à Valenciennes (Ambulance du Lycée Henri Wallon, place de la République) le 13/10/1915
Acte n° 655 vue n° 167 en date du 13/10/1915
 
GILLINGHAM , Soldat Britannique.
Soldat au 6°Btn du régiment de Cheshire anglais
Décédé à Valenciennes (Ambulance du Lycée Henri Wallon, place de la République) le 18/10/1915
Acte n° 669 vue n° 170 en date du 19/10/1915
 
RAI Gumane, Soldat Britannique.
Soldat 2°Cie Regt des Rifles de Gurkha de l'armée anglaise
Décédé à Valenciennes (Ambulance du Lycée Henri Wallon, place de la République) le 22/10/1915
Acte n° 676 vue n° 172 en date du 22/10/1915
 
LEES John Walter, Soldat Britannique.
Soldat auy 11°Btn du Royal Scotes Regt Cie D
Décédé à Valenciennes (Hopital Militaire Canton Sud) le 25/10/1915
Acte n° 682 vue n° 174 en date du 25/10/1915
 
AIFBIR Thapa, Soldat Britannique.
Fantassin au Regt de Gurkaha de l'armée anglaise
Décédé à Valenciennes (Hopital Militaire Canton Sud) le 26/10/1915
Acte n° 688 vue n° 175 en date du 27/10/1915
Né le 1894 à Bombay (Indes Anglaises)
 
MERRICK Gordon, Soldat Britannique.
Soldat au 8 Rgt Buffs, 72°Bde
Décédé à Valenciennes (Hopital Militaire Canton Sud) le 30/10/1915
Acte n° 695 vue n° 177 en date du 01/11/1915
 
HARE Edgar, Soldat Britannique.
du régiment d'infanterie Royal West-Kents
Décédé à Valenciennes (Hopital Militaire Canton Sud) le 07/11/1915
Acte n° 713 vue n° 181 en date du 08/11/1915
Né le 8 à
 
WILSON Eduard, Soldat Britannique.
Soldat 10°Btn, 46°Bde Infanterie Gordon Highland
Décédé à Valenciennes (Hopital Militaire Canton Sud) le 07/11/1915
Acte n° 714 vue n° 182 en date du 08/11/1915
Né le 04 avr 1897 à Manchester
 

 

 

 

Retour au tableau des nationalités par année

 


 

Liste alphabétique des 34 noms ci-dessus.

 

 

 

Noms Acte
AIFBIR, Thapa   (AITIBIR THAPA) 688
ANDERSON, Henry   (ANDERSON, H) 641
BARBER, George   (BARBER, GEORGE) 330
BOLTON, Alfred louis Adolphe   (BOLTON, ALFRED JAMES) 650
DEAS, William Davies   (DEAS, WILLIAM DARLING) 615
DHANRAJ, Gurung   (DHANRAJ GURUNG) 496
DUKE, Harry   (DUKE, HARRY) 621
DURANT, Robert   (DURANT, ROBERT H W) 633
GILLINGHAM,   (GILLIGAN, A) 669
HARE, Edgar   (HARE, EDGAR WILLIAM) 713
HEDAN, Alfred   (HEDEN, A H) 481
HOVES, Albert   (HOWES, ALBERT) 640
ILLROY, Robert   (McILROY, R) 619
LEES, John Walter   (LEES, JOHN) 682
MASON, Charles   (MASON, CHARLES) 343
MERRICK, Gordon   (MERRICKS, GORDON) 695
NICOL, Hugh   (NICOL, HUGH) 631
NIKA, (Indou)   (NIKA SINGH) 629
PATERSON, William   (PATERSON, WILLIAM BAULD) 632
PHILIPP, Fréderich   (PHILLIPS, FREDERICK) 351
RAI, Gumane   (GUMANE RAI) 676
ROBINTOHN, Charles   (ROBINSON, CHARLES FREDERICK) 456
RYAN, Hugh   (RYAN, HUGH) 402
SANTBIR, Gurung   (SANTBIR GURUNG) 5
SLORANE, Richard   (SLOANE, RICHARD) 638
SUMMERSBY, Albert   (SUMMERSBY, ALBERT L G) 655
THOMPSON, John Walter   (THOMPSON, J W) 651
TITCHENER, Frank   (TITCHENER, FRANK) 3
VAVLES, Henry   (VOWLES, HENRY) 634
WATSON, Jones   (WATSON, J) 644
WELSCH, Sydney   (WELCH, SYDNEY) 417
WHITE, Charles   (WHITE, CHARLES) 630
WILLONGHBY,   (WILLOUGHBY, W A) 608
WILSON, Eduard   (WILSON, EDWARD) 714
 
 

 


 

 

 

13 août 2011

L'affiche Rouge de Bruxelles

 

          Les Allemands avaient célébré le Vendredi Saint 21 Avril 1916 en collant sur tous les murs de Bruxelles une grande affiche rouge annonçant les dernières condamnations pour "trahison en temps de guerre "

fac-simile d'après Belgium; a personal narrative

  • En voici le texte :

Avis

Ont été condamnés par jugement des 11 et 12 avril 1916 du tribunal de campagne:

(a) Pour trahison commise pendant l'état de guerre en pratiquant l'espionnage et en y prêtant aide, à la peine de mort:

    1. Oscar Hernalsteens, dessinateur a Bruxelles;
    2. François Van Aerde, dessinateur industriel, a Anvers;
    3. Jules Mohr, inspecteur d'assurances, a Valenciennes;
    4. Emile Gressier, inspecteur des ponts et chaussées à Saint-Amand.

(b) Pour avoir prêté aide à l'espionnage :

    5. Georges Hernalsteens, serrurier à Bruxelles-Boitsfort, aux travaux forcés a perpétuité;
    6. Gustave Desmul, ouvrier du chemin de fer à Gand, à 15 ans de travaux forcés ;
    7. Albert Liénard, entrepreneur a Valenciennes, à 10 ans de travaux forcés;
    8. Oscar Delnatte, directeur de cinématographe à Roubaix, à 15 ans de travaux forcés;
    9. Constant Pattyn, terrassier a Lille, à 12 ans de travaux forcés ;
  10. Jacques Drouillon, marchand de volaille à La Plaigne, à 10 ans de travaux forcés.
  11. Lucien Cabuy, peintre à Bruxelles, a 15 ans de travaux forcés ;
  12. Joseph Vermeulen, propriétaire de briqueterie a Meirelbeke, près de Gand, à 10 ans de travaux forcés ;
  13. Joseph Goosenaerts, professeur à Gand, à 10 ans de travaux forcés ;

  Alfred Gaudefroy, marchand de diamants à Bruxelles, a été acquitté.


"Les condamnés à mort avaient consenti, moyennant payement, à pratiquer I'espionnage pour compte du service d'information de I'ennemi. Longtemps, conformément aux instructions qui leur avaient été remises, ils ont observé nos troupes, mouvements de troupes, transports par chemin de fer, autos, etc., et transmis ou fait transmettre les renseignements ainsi obtenus au service d'information de l'ennemi.

Les autres condamnés ont pratique l'espionnage ou y ont prêté aide de la même manière, mais dans une moindre mesure.

Les condamnés à mort Hernalsteens, Mohr et Gressier ont été exécutés.

En vertu du droit de grâce, la peine du mort prononcée contre Van Aerde a été commuée en travaux forcés à perpétuité."

Bruxelles, le 19 avril, 1916.

Jporte l'avis précédent à l'attention de la population
de tout le territoire placé sous mon autorité.

Bruxelles, le 20 avril, 1916.
Le gouverneur général de Belgique,
Baron von Bissing,
General
oberst.

 

 

15 août 2015

Liste d'évacués du valenciennois

 

  La Bibliothèque Nationale de France, a mis en ligne sur son site Gallica 21 listes de noms de personnes du département du Nord évacuées en zone libre, ainsi que leur destination ; ces listes ont été publiées en 6 fascicules par la Direction de la Sûreté Générale.

entete


     Le premier de ces volumes (listes 1 à 3) a été imprimé en Octobre 1914, le dernier en Janvier 1915. Il s'agissait non seulement de tenir à jour le flux des personnes déplacées, à cette date fuyant l'arrivée de l'ennemi, que de découvrir d'éventuels espions parmi les réfugiés. La publication des listes -par voie de presse ?- devait permettre de renseigner les familles, pour autant qu'elles aient accès aux documents.

Ces listes, qui contiennent quelques 25.000 noms (évaluation), ont été mises en ligne dans leur seule version image, peut-être parce que le contraste de la numérisation n'autorisait pas une bonne reconnaissance de caractères. C'est donc un travail que j'ai dû refaire, mais surtout il a fallu palier aux coquilles du typographe, et aux incohérences des relevés. On peut très certainement accorder plus de crédibilité aux lieux de destination, car ces listes ont été composées à partir des rapports établis sur place.

Voir aussi : Les évacués de Valenciennes  et  Listes d'évacués du Nord

 

Communauté de communes du Valenciennois

Liste Nom Prénom Venant de Inscrit à Département
6 DONÉE Henri Abscon Lozon Manche
6 DUFOUR Hyacinthe Abscon Lozon Manche
6 HEUAU Louis Abscon Lozon Manche
6 LECLERCQ Jules Abscon Lozon Manche
6 LEGRAND Clément Abscon Lozon Manche
6 MERCIER Théophile Abscon Lozon Manche
6 PECQUEUX Henri Abscon Lozon Manche
6 POTIER Jean-Baptiste Abscon Lozon Manche
6 RIGEL Alfred Anzin Agen Lot-et-Garonne
6 BINOIS Jeanne Anzin Airvault Deux-Sèvres
6 GAZEAU Mme Anzin Airvault Deux-Sèvres
6 SNAPS Emile Anzin Couleuvre Allier
6 DELAUR Edouard Anzin Equilly Manche
6 VASSEUR Anaclet Anzin Equilly Manche
6 LATIRCHE Edmond Anzin Gouvets Manche
6 DROME Henri Anzin Hagedet Hautes-Pyrénées
6 GRALINOT Emile Anzin Hagedet Hautes-Pyrénées
6 DAYEZ Laure Anzin La Chapelle-sur-Aveyron Loiret
6 OLIVIER Julienne Anzin La Chapelle-sur-Aveyron Loiret
6 ALGLAVE Eugénie Anzin Mondoubleau Loir-et-Cher
6 LEMOINE Alexandre Bellaing Remilly Manche
6 PLUCHARD Moïse Beuvrages Tessy-sur-Vire Manche
6 SPLINGAST Marcel Beuvrages Tessy-sur-Vire Manche
6 VERRIER Léon Beuvrages Tessy-sur-Vire Manche
6 MORTIER Maria Bousignies Moriers Eure-et-Loir
6 MICHEL Blanche Bousignies Moriers Eure-et-Loir
6 MICHEL Blanche Bousignies Moriers Eure-et-Loir
6 POIRETTE Aline Bousignies Moriers Eure-et-Loir
6 BOUILLAUD François Denain Angers Maine-et-Loire
6 LEQUININE Désiré Denain Angers Maine-et-Loire
6 QUIQUEMPOIS Pierre Denain Angers Maine-et-Loire
6 DAILLEUX Alfred Denain Bazillac Hautes-Pyrénées
6 FRANCUS Georges Denain Castelnau Hautes-Pyrénées
6 PARENT Albéric Denain Castelnau Hautes-Pyrénées
6 GEORGES Henri Denain Cologne Gers
6 GRIMAUX Jean-Baptiste Denain Hères Hautes-Pyrénées
6 FIÉVET Victor Denain Le Mesnil-Villeman Manche
6 DÉCAUBUS Emile Denain Lozon Manche
6 GOUBET Alcide Denain Lozon Manche
6 AUDEVAL Auguste Denain Luçay-le-Mâle Indre
6 DUPUIS Rémy Denain Niort Deux-Sèvres
6 DELFOSSE Guy Denain Orléans Loiret
6 IORCK Jules Denain Percy Manche
6 WAUQUIER Marius Denain Percy Manche
6 DELFOSSE François Denain Remilly Manche
6 LÉVÊQUE Damas Denain Remilly Manche
6 MAISON Jules Denain Remilly Manche
6 RICHER Henri Denain Remilly Manche
6 BRIQUE Octave Denain Vic-Fezensac Gers
6 MERCIER Charles Denain Vic-Fezensac Gers
6 MILON Léon Denain Villetou Lot-et-Garonne
6 FRÉMERY Henri Escaudain Boësses Loiret
6 LOUSBERG Charles Escaudain Saint-Hilaire Allier
6 LIÉNARD Adolphe Haveluy Buzon Hautes-Pyrénées
6 LECERF Edmond Haveluy Remilly Manche
6 HERHONNEZ François Hélesmes Le Mesnil-Amey Manche
6 LAMENDIN Adolphe Hélesmes Le Mesnil-Amey Manche
6 MOURA Oscar Hélesmes Le Mesnil-Amey Manche
6 NARCISSE Jean-Baptiste Hélesmes Le Mesnil-Amey Manche
6 PAULVAICHE Marcel hélesmes Maubourguet Hautes-Pyrénées
6 SOYEZ Elie La Sentinelle Le Mesnil-Villeman Manche
6 BAILLIEU Léonard La Sentinelle Le Mesnil-Villeman Manche
6 BERTINCHANT Firmin Lourches Auch Gers
6 HAVEZ Emile Lourches Bazillac Hautes-Pyrénées
6 VAST Eugène Lourches Bazillac Hautes-Pyrénées
6 DEHON Paul Lourches Buzon Hautes-Pyrénées
6 ARONDEL Eugène Lourches Châteauneuf-sur-Loire Loiret
6 ARONDEL François Lourches Châteauneuf-sur-Loire Loiret
6 BERNARD Angelina Lourches Châteauneuf-sur-Loire Loiret
6 CALTIAUX Jean-Baptiste Lourches Lacassagne Hautes-Pyrénées
6 CATHAUX Citonis Lourches Lacassagne Hautes-Pyrénées
6 CATTIAUX Camille Lourches Lacassagne Hautes-Pyrénées
6 CATTIAUX Emile Lourches Lacassagne Hautes-Pyrénées
6 MAINE Henri Lourches Lacassagne Hautes-Pyrénées
6 MARÉCHAL Victorine Lourches Lacassagne Hautes-Pyrénées
6 MARQUIGNY Henri Lourches Le Mesnil-Amey Manche
6 SERVAIN Henri Lourches Le Mesnil-Amey Manche
6 DEGROS Henri Lourches Rabastens Hautes-Pyrénées
6 PARENT Jules Noyelles-sur-Selle Remilly Manche
6 ANVERLOT Gaston Quarouble Biéville Manche
6 COCHET Louisa Quarouble Pontgouin Eure-et-Loir
6 DANGREAU Edouard Quarouble Pontgouin Eure-et-Loir
6 ALGLAVE Mme Quiévrechain Pontgouin Eure-et-Loir
6 BROUILLARD Joseph Raismes Angers Maine-et-Loire
6 HOUPE Léon Raismes Bazet Hautes-Pyrénées
6 SOSHIEZ Auguste Raismes Equilly Manche
6 CREUSIOUX Anna Raismes Levroux Indre
6 PERRUCHON Jean-Baptiste Raismes Saint-Hilaire Allier
6 HOURIEZ Achille Raismes Tarbes Hautes-Pyrénées
6 FARINEAUX Edmond Rosult Tessy-sur-Vire Manche
6 PONCHAUX Gustave Rosult Tessy-sur-Vire Manche
6 DEJENSART Dieudonné Saint-Amand-les-Eaux Hambye Manche
6 DEJENSART Télesphore Saint-Amand-les-Eaux Hambye Manche
6 CHISLE Gaston Saint-Amand-les-Eaux La Feuillée Manche
6 MOTTE Georges Saint-Amand-les-Eaux La feuillée Manche
6 DESCAMPS Louis Saint-Amand-les-Eaux Le Chefresne Manche
6 DUBOIS Fernand Saint-Amand-les-Eaux Pont-Leroy Loir-et-Cher
6 DUBOIS Fernand Saint-Amand-les-Eaux Pont-Leroy Loir-et-Cher
6 KIL Fernand Saint-Amand-les-Eaux Saint-Hilaire-du-Harcouët Manche
6 DERNHEL Charles Trith-Saint-Léger Tessy-sur-Vire Manche
6 GEURY Léon Trith-Saint-Léger Tessy-sur-Vire Manche
6 AUDEVAL Pnaelet Vieux-Condé Hérenguerville Manche
6 JAYET Lucien Vieux-Condé Tessy-sur-Vire Manche
6 MESLIN Rol›ert Vieux-Condé Tessy-sur-Vire Manche
6 SPIESS Daniel Vieux-Condé Tessy-sur-Vire Manche
6 HOËL Pierre Wallers Lagarenne Lot-et-Garonne
6 MALSIN Hippolyte Wallers Lozon Manche
6 ROQUET Joseph Wallers Nérac Lot-et-Garonne
6 LECŒUVRE Antoine Wallers Remilly Manche
6 LOMPRET Pierre Wallers Remilly Manche
7 BAUCHE Louis Abscon Lozon Manche
7 COPPE Henri Abscon Lozon Manche
7 DOMIS Louis Abscon Lozon Manche
7 DUFOUR Hyacinthe Abscon Lozon Manche
7 HÉNAU Louis Abscon Lozon Manche
7 LECLERCQ Jules Abscon Lozon Manche
7 LEGRAND Clément Abscon Lozon Manche
7 MERCIER Boniface Abscon Lozon Manche
7 MERCIER Théophile Abscon Lozon Manche
7 MOLLET Charles Abscon Lozon Manche
7 PECQUEUR Henri Abscon Lozon Manche
7 POTIEZ Jean-Baptiste Abscon Lozon Manche
7 BOUCHER Fernand Anzin Cressat Creuse
7 BRACONNIER Julien Anzin Puymat Creuse
7 CHOTEAU Charles Anzin Cressat Creuse
7 DCLEHAY Prosper Anzin Pionnat Creuse
7 LAEQUEMANNE Léon Anzin La Chapelle-en-Juger Manche
7 LEHOUCQ Charles Anzin La Chapelle-en-Juger Manche
7 LESCHEVIN Louis Anzin Cressat Creuse
7 RABEL Jules Anzin La Chapelle-en-Juger Manche
7 RABEL Marcel Anzin La Chapelle-en-Juger Manche
7 LAUDE Désiré Bellaing La Chapelle-Taillefert Creuse
7 BOULIO Symphorien Crespin Le Héjo Morbihan
7 ALLART Charles Denain Cressat Creuse
7 BOT Louis Denain Cressat Creuse
7 BOUCHEZ Louis Denain Lozon Manche
7 CACHERA Henri Denain Moyon Manche
7 CANIVET Charles Denain Saint-Laurent Creuse
7 DÉCAUDIN Emile Denain Lozon Manche
7 DOUANNE Adolphe Denain Saint-Laurent Creuse
7 DUFOUR Juvénal Denain Saint-Laurent Creuse
7 ESTOQUET Léon Denain Cressat Creuse
7 FELTEN Jean Denain La Chapelle-en-Juger Manche
7 GOUHET Alcide Denain Lozon Manche
7 HERNIE Fernand Denain Cressat Creuse
7 HERNIE François Denain Cressat Creuse
7 LEDENT Cunstant Denain Carnet Manche
7 MAHIEU Arthur Denain Carnet Manche
7 MOREAU Henri Denain La Chapelle-en-Juger Manche
7 MORELLE Désiré Denain Saint-Pierre-Quiberon Morbihan
7 MORELLE Désiré Denain Saint-Pierre-Quiberon Morbihan
7 TILAN Edouard Denain La Colombe Manche
7 TILAN Robert Denain La Colombe Manche
7 WAXIN Léonide Denain Lingreville Manche
7 WAXIN Paul Denain Lingreville Manche
7 JORION Désiré Fresnes-sur-Escaut Pionnat Creuse
7 WIULLOT Ernest Fresnes-sur-Escaut Pionnat Creuse
7 DUQUESNE Jean-Baptiste Hélesmes Le Mesnil-Amey Manche
7 LAMENDIN Adolphe Hélesmes Le Mesnil-Amey Manche
7 MOURA Oscar Hélesmes Le Mesnil-Amey Manche
7 MOURA Henri Hélesmes Le Mesnil-Amey Manche
7 NARCISSE Jean-Baptiste Hélesmes Le Mesnil-Amey Manche
7 BRAQUENIER Bénoni Hérin Banize Creuse
7 BADART Juliette Hordain Saint-Pouange Aube
7 VILLEMOT Marie Hordain Saint-Pouange Aube
7 CAPLIEZ Henri Lourches Le Mesnil-Amey Manche
7 LANFORT Joseph Lourches Etel Morbihan
7 LANFORT Louis Lourches Etel Morbihan
7 LOCQUET Henri Lourches Courtils Manche
7 MARQUIGNY Henri Lourches Le Mesnil-Amey Manche
7 SERVOIN Henri Lourches Le Mesnil-Amey Manche
7 LEKENS Edmond Maing Saint-Christophe Creuse
7 LERICHE Eugène Petite-Forêt Le Grand-Celland Manche
7 DELMOTTE Auguste Raismes Lingreville Manche
7 FROMIGIER Jules Raismes Pionnat Creuse
7 HUBERT Léon Raismes Locmariaquer Morbihan
7 MÍNET Edmond Raismes Pionnat Creuse
7 SELVAIS Albert Raismes Lingreville Manche
7 SELVAIS André Raismes Lingreville Manche
7 BROUTIN Joseph Saint-Amand-les-Eaux Cressat Creuse
7 CARLIER Jean-Baptiste Saint-Amand-les-Eaux Montmagny Seine-et-Oise
7 DAVAINE Jules Saint-Amand-les-Eaux Cressat Creuse
7 ROHINANIL Fortuné Saint-Amand-les-Eaux Cressat Creuse
7 TOUTELLIER Henri Saint-Amand-les-Eaux Moyon Manche
7 WARIN Alfred Saint-Amand-les-Eaux Moyon Manche
7 BÉHIRIER Lucien Vieux-Condé Tessy-sur-Vire Manche
7 BURLET Jules Vieux-Condé Tessy-sur-Vire Manche
7 DIFFEMBOCH Florent Vieux-Condé Cressat Creuse
7 COCHERA Albert Wallers Lozon Manche
7 DENGLOT Emile Wallers Saint-Yrieix-les-Bois Creuse
7 MOHIN Hippolyte Wallers Lozon Manche
8 DUPUIS César Abscon Saint-Saturnin Charente
8 ADRIENSSENS Henri Anzin Saint-Etienne Loire
8 BERTHIÀ LE Marcel Anzin Saint-Etienne Loire
8 BUCHEZ François Anzin Saint-Etienne Loire
8 CAMPAGNE Maurice Anzin Brécey Manche
8 CHEVALIER Joseph Anzin Saint-Etienne Loire
8 DEGALLAIX Alexandre Anzin Saint-Etienne Loire
8 DELRENEZ Armand Anzin Saint-Etienne Loire
8 DERCOURT Paul Anzin Saint-Etienne Loire
8 DERVEÀ LE Paul Anzin Ruelle Charente
8 DEVERCHIN Alfred Anzin Champniers Charente
8 DUSART Victor Anzin Barbezieux Charente
8 FLEURY Charles Anzin Saint-Etienne Loire
8 L'CREUX Joseph Anzin Saint-James Manche
8 MENNEVEUX Maurice Anzin Saint-Etienne Loire
8 MONNIER Prudent Anzin Saint-Etienne Loire
8 PAMELARD Maurice Anzin Saint-Etienne Loire
8 SIELLET Toussaint Anzin Saint-Etienne Loire
8 URBAIN Edouard Anzin Brécey Manche
8 DAUCHY Auguste Avesnes-le-Sec Brie-La-Rochefoucauld Charente
8 DRUBAY César Avesnes-le-Sec Brie-La-Rochefoucauld Charente
8 GULFENS Gaston Beuvrages Saint-Etienne Loire
8 OGIER Albert Beuvrages Tessy-sur-Vire Manche
8 PLUCBARD Moïse Beuvrages Tessy-sur-Vire Manche
8 THIÉTARD Henri Beuvrages Saint-Etienne Loire
8 VERRIE Léon Beuvrages Tessy-sur-Vire Manche
8 DUBOIS ( Bousignies Saint-Etienne Loire
8 DUBOIS Marie Bousignies Saint-Etienne Loire
8 BLAIZEL Germain Denain Saint-Etienne Loire
8 BOITTIÀ LE Henri Denain Brécey Manche
8 BUISSEZ Alexandre Denain Le Loreur Manche
8 CARTIER Julien Denain Saint-Etienne Loire
8 COLIN Nestor Denain Saint-Etienne Loire
8 DASSONVILLE Joseph Denain Jarnac Charente
8 DELOPPE Adrien Denain Luxé Charente
8 DEMANDE Henri Denain Saint-Angeau Charente
8 DÉTOULLET llugène Denain Montbron Charente
8 DOUAI Albert Denain Angoulême Charente
8 DURBEEQ Joseph Denain Gond-Pontouvre Charente
8 DURUT lrénée Denain Barbezieux Charente
8 ESTOUDER Alexandre Denain Saint-Etienne Loire
8 ESTOUDER Alexandre Denain Saint-Etienne Loire
8 FLORENT Georges Denain Ruelle Charente
8 GENEAU Albert Denain Villefagnan Charente
8 GHISGAN Arthur Denain Vitrac Charente
8 GILLE Léon Denain Saint-Etienne Loire
8 GILLES Gustave Denain Saint-Etienne Loire
8 GILLES Gustave Denain Saint-Etienne Loire
8 GILLET Jules Denain Aubeterre Charente
8 GOBERT Victor Denain Saint-Etienne Loire
8 GOSSE Auguste Denain Luxé Charente
8 HELLEIN Alexandre Denain Saint-Etienne Loire
8 KAIBEK Jean Denain Le Loreur Manche
8 MASSE Georges Denain Saint-Etienne Loire
8 PHILIPPE Emile Denain Saint-Etienne Loire
8 PHILIPPE Louis Denain Saint-Etienne Loire
8 TOURNOIS Albert Denain Le Loreur Manche
8 WUILFORT Marcel Denain Le Loreur Manche
8 BAYARD Jean-Baptiste Emerchicourt Saint-Etienne Loire
8 BAYARD Jean-Baptiste Emerchicourt Saint-Etienne Loire
8 DUFOUR Antoine Emerchicourt Brécey Manche
8 DENNAIN François Escaudain Gond-Pontouvre Charente
8 DROULEZ Georges Escaudain Jarnac Charente
8 DUPRÉ François Escaudain Ruffec Charente
8 GUÓDIN Carmen Escaudain La Selle-sur-le-Bied Loiret
8 JOLY Appolonie Escaudain La Selle-sur-le-Bied Loiret
8 JOLY Editte Escaudain La Selle-sur-le-Bied Loiret
8 JOLY Léodor Escaudain La Selle-sur-le-Bied Loiret
8 BURY Ernest Escautpont Bailleau-le-Pin Eure-et-Loir
8 BURY Marcel Escautpont Bailleau-le-Pin Eure-et-Loir
8 BURY Noelta Escautpont Bailleau-le-Pin Eure-et-Loir
8 BURY Olympe Escautpont Bailleau-le-Pin Eure-et-Loir
8 BEUDOUR Auguste Fresnes-sur-Escaut Saint-Etienne Loire
8 CÉLISSE Henri Fresnes-sur-Escaut Saint-Etienne Loire
8 DELAMAIDE Jules Fresnes-sur-Escaut Barbezieux Charente
8 DELPAGE Félix Fresnes-sur-Escaut Marillac Charente
8 DELPAGE Lucien Fresnes-sur-Escaut Marillac Charente
8 DEREGNANCOURT Alcide Fresnes-sur-Escaut Cognac Charente
8 DUBOIS llenri Fresnes-sur-Escaut Saint-Claude Charente
8 DUCARNE Joseph Fresnes-sur-Escaut Saint-Etienne Loire
8 DUCARNE Joseph Fresnes-sur-Escaut Saint-Etienne Loire
8 DUPONT Albert Fresnes-sur-Escaut Saint-Claud Charente
8 FOUQUET Henri Fresnes-sur-Escaut Saint-Etienne Loire
8 FOURDIN François Fresnes-sur-Escaut Nonac Charente
8 PAPIN Arthur Fresnes-sur-Escaut Saint-Etienne Loire
8 PRUVOT Lucie Fresnes-sur-Escaut Marseille Bouches-du-Rhône
8 DUMEZ Henri Hérin Barbezieux Charente
8 DELHAYE François La Sentinelle Saint-Angeau Charente
8 DELTAYE Emile La Sentinelle Saint-Angeau Charente
8 DESTICOURT Jules La Sentinelle Saint-Etienne Loire
8 DEVASME Jean-Bãptiste La Sentinelle Saint-Angeau Charente
8 GRADINEAVD Henri La Sentinelle Saint-Amant-de-Graves Charente
8 BOGNIEZ Paul Lourches Moulidars Charente
8 DANHIEZ Jules Lourches Ferrières-en-Gâtinais Loiret
8 DELALANDC Ange Lourches Ruelle Charente
8 DELALANDE Pierre Lourches Ruelle Charente
8 DELCOURT Louis Lourches Saint-James Manche
8 DUPAS Arthur Maing Saint-Etienne Loire
8 DUPAS Arthur Maing Saint-Etienne Loire
8 BAUDUIN Eugène Neuville-sur-Escaut Saint-Etienne Loire
8 VENNIN Désiré Neuville-sur-Escaut Courtils Manche
8 BLARY Omer Onnaing Saint-Etienne Loire
8 MARIE Irénée Onnaing Beauchamps Manche
8 BIGALION Philippe Raismes Saint-Etienne Nord (sic)
8 COCHET Gaston Raismes Saint-Etienne Loire
8 DAUVERCHAIN Emile Raismes Saint-Etienne Loire
8 DELGRANGE Adolphe Raismes Saint-Etienne Loire
8 DELTOMBE François Raismes Saint-Etienne Loire
8 LEMOINE Albert Raismes Saint-Etienne Loire
8 MORIAMEZ Georges Raismes Saint-etienne Loire
8 FARINEÀ LE Edmond Rosult Tessy-sur-Vire Manche
8 POUCHÀ LE Gustave Rosult Tessy-sur-Vire Manche
8 DONNAINT F rançois Rouvignies Bunzac Charente
8 DUSSORT Alphonse Thiant Luxé Charente
8 DERUHEL Charles Trith-Saint-Léger Tessy-sur-Vire Manche
8 GUERY Léon Trith-Saint-Léger Tessy-sur-Vire Manche
8 ROCHE Charles Trith-Saint-Léger Beauchamps Manche
8 BEHIRIER Lucien Vieux-Condé Tessy-sur-Vire Calvados
8 BURLET Jules Vieux-Condé Tessy-sur-Vire Manche
8 CELISSE Manuel Vieux-Condé Tessy-sur-Vire Manche
8 JAYET Lucien Vieux-Condé Tessy-sur-Vire Manche
8 MESLIN Robert Vieux-Condé Tessy-sur-Vire Manche
8 SPIESS Daniel Vieux-Condé Tessy-sur-Vire Manche
8 DERIEUX Mme Wallers Champniers Charente
8 KAEZOROWSKI Gustave Wallers Saint-Etienne Loire
9 COPPE Henri Abscon Lozon Manche
9 DOVILLERS Léon Abscon Le Garric Tarn
9 SENEZ Nicolas Abscon Champagnat Creuse
9 BASTIEN Adolphe Anzin Marsameix Dordogne
9 BONNERON Marcel Anzin Montmoreau Charente
9 BROCONNIER Louis Anzin Saint-Projet Charente
9 CHÉRUY Constant Anzin Dignac Charente
9 COLLINCT Léon Anzin Wars Charente
9 DÉDISSE Jules Anzin Sainte-Urse Dordogne
9 DUSSART Jules Anzin Agonac Dordogne
9 LACQUEMANNE Léon Anzin La Chapelle-en-Juger Manche
9 LEBOUCQ Charles Anzin La Chapelle-en-Juger Manche
9 LLAHEL Jules Anzin La Chapelle-en-Juger Manche
9 MERCIER François Anzin Vergt Dordogne
9 MICHEL Emile Anzin Lolif Manche
9 MICHEL Emile Anzin Lolif Manche
9 MORJANSE Achille Anzin Sainte-Orse Dordogne
9 SENEZ lldefonse Anzin Champagnat Creuse
9 VICOT Emile Anzin Saint-Michel-de-Villardeix Dordogne
9 WIAILLIEZ Henri Anzin Blaye Tarn
9 LEROY Henri Beuvrages Saint-Georges-de-Chesné Ille-et-Vilaine
9 BENOIST Arsène Bouchain Quettreville Manche
9 DELAUFE Maurice Bouchain Cérences Manche
9 BEAUCHEMIN Paulin Denain Domjean Manche
9 BECERT Gérard Denain Luxé Charente
9 BISIOUX Henri Denain Hocquigny Manche
9 COLIN Emile Denain Blaye Tarn
9 DAUTRICBE Fernand Denain Dourgne Tarn
9 DEGORRE Ernest Denain Bugeat Corrèze
9 DELASALLE Paule Denain Valence Drôme
9 DELASSALLE Eugénie Denain Valence Drôme
9 DELFOSSE Auguste Denain Le Mesnil-Opac Manche
9 DELHAYE Apollinaire Denain Sartilly Manche
9 DELMOTTE Henri Denain Somain Dordogne
9 DEPAUW Auguste Denain Saint-Marc-sur-Couesnon Ille-et-Vilaine
9 DUBOCAGE Alfred Denain Saint-Silvain-Bellegarde Creuse
9 DUMONT Charles Denain Tours Indre-et-Loire
9 DUPRIEZ Marcel Denain Domjean Manche
9 DUPRIEZ Eloi Denain Blaye Tarn
9 DUPUIS Léopold Denain Saint-Paul-de-Serre Dordogne
9 DURUT Eclmonc Denain Gavray Manche
9 GRINEAR André Denain Saint-Martial-d'Albarède Dordogne
9 GUIDEZ Léon Denain Domjean Manche
9 GUIDEZ Octave Denain Cérences Manche
9 HAÃOIN Charles Denain Argentré-du-Plessix Ille-et-Vilaine
9 LEQUEME Alexis Denain Blaye Tarn
9 MASSEUR Marie Denain Saint-Germain Tarn
9 MIOUX Camille Denain Domjean Manche
9 REPORT Aristide Denain Domjean Manche
9 TILLIEUX Louis Denain Saint-Martin-la-Méane Corrèze
9 TRAMOY Eugénie Denain Izon Gironde
9 CANIVEZ Auguste Escaudain Viam Corrèze
9 CAPLIER Ulrich Escaudain Chalais Charente
9 CHOTTEAU Henri Escaudain Angoulême Charente
9 PANIEZ Henri Escaudain Ligueux Dordogne
9 VANOOST Joseph Escaudain Viam Corrèze
9 LATINUS Emile Escautpont Le Mesnil-Aubert Manche
9 SIMON Henri Escautpont Le Mesnil-Aubert Manche
9 BOUQUIOUX Arthur Fresnes-sur-Escaut Fauqueure Charente
9 BAUDRY Augustin Hasnon Vallon-sur-Gée Sarthe
9 BUQUIET Paul Hasnon Jarnac Charente
9 HEMEZ Louis Hasnon Naves Corrèze
9 LANDAS Georges Hasnon Vallon-sur-Gêe Sarthe
9 CARTIGNY Philippe Haveluy Tourriers Charente
9 BOUDIN Mathieu Hergnies Mesnil-Opac Manche
9 CARON Léon Hérin Labruguière Tarn
9 CARONS Léonard Hérin Saint-Augeau Charente
9 CLERQUIN Antony Hérin Jarnac Charente
9 CLERQUIN Clément Hérin Jarnac Charente
9 COLLIER Alfred Hérin lal-ruguière Tarn
9 LECOCQ Henri Hérin Quettreville Manche
9 LIKIELLRO Etienne Hérin Soual Tarn
9 BODA Auguste Hordain Goudeville Charente
9 VASSEUR Henri Hordain Saint-Germain-Beaupré Creuse
9 CARDINAL Désiré La Sentinelle Barbezieux Charente
9 CUVELIER Germain La Sentinelle Lugan Tarn
9 DEMARCQ Clément La Sentinelle Lugan Tarn
9 DEMARCQ Henri La Sentinelle Lugan Tarn
9 BOONE Auguste Lourches Angoulême Charente
9 CAPLIEZ Henri Lourches Le Mesnil-Amey Manche
9 CLÉMENT Arthur Lourches Blaye Tarn
9 HENRY Victor Lourches Villeloin-Coulangé Indre-et-Loire
9 HENRY Victor Lourches Villeloin-Coulangé Indre-et-Loire
9 JACQUEMART Clotilde Lourches Le Grand-Pressígny Indre-et-Loire
9 LANNOY Louis Lourches Montgey Tarn
9 LLÉLIOT Jeanne Lourches Le Grand-Pressigny Indre-et-Loire
9 PERROT Gustave Lourches Blaye Gironde
9 PICHERY Isidore Lourches Dourgne Tarn
9 RIBEAUX Emile Lourches Latronche Corrèze
9 M François Maing Cuq-Toulza Tarn
9 ROMPTEAU Joseph Maing Orleans Loiret
9 WANQUIER Augustin Neuville-sur-Escaut Rozières Tarn
9 COUTEAU Alfred Nivelle Gavray Manche
9 MARTEL Jean Oisy Cérences Manche
9 BOUCHEZ Albert Onnaing Saint-Martin-la-Méane Corrèze
9 CORNETTE Emile Onnaing Rivières Charente
9 DUBOIS Fernand Onnaing Saint-Paul Corrèze
9 LANDERSY Paulin Onnaing Saint-Martin-la-Méane Corrèze
9 GRODECOEUR Henri Raismes Lingreville Manche
9 HUON Jean-Baptiste Raismes Saint-Urcisse Tarn
9 LEMOINE Rolland Raismes Saint-Urcisse Tarn
9 LEMOINE Virgille Raismes Saint-Urcisse Tarn
9 SIMONS François Raismes Saint-Urcisse Tarn
9 ANDRÉ Louis Saint-Amand-les-Eaux Saint-Yriex Charente
9 AUBERT Paul Saint-Amand-les-Eaux Belleserre Tarn
9 BERQUET Henri Saint-Amand-les-Eaux Magnac Charente
9 BLATIAU Marcel Saint-Amand-les-Eaux Lebeterre Charente
9 BROUTIN Gustave Saint-Amand-les-Eaux Marsameix Dordogne
9 BROUTIN René Saint-Amand-les-Eaux Rivières Charente
9 DAVAIN Jules Saint-Amand-les-Eaux Dourgne Tarn
9 DELVAL Jules Saint-Amand-les-Eaux Brouchaud Dordogne
9 DUBOIS Jules Saint-Amand-les-Eaux Saint-Crépin-d'Auberoche Dordogne
9 DUBOIS Paul Saint-Amand-les-Eaux Agonac Dordogne
9 DUVIVIER Francois Saint-Amand-les-Eaux Sorèze Tarn
9 FONTAINE Jules Saint-Amand-les-Eaux Quettreville Manche
9 JACQUEMERT Achille Saint-Amand-les-Eaux Villeneuve-sur-Conie Loiret
9 JACQUEMERT Désiré Saint-Amand-les-Eaux Villeneuve-sur-Conie Loiret
9 LECLERQ Théodore Saint-Amand-les-Eaux Belleserre Tarn
9 MASCAUX Clenthère Saint-Amand-les-Eaux Agonac Dordogne
9 PÉRO Jules Saint-Amand-les-Eaux Saint-Pierre-de-Chignac Dordogne
9 BLARY Célestin Trith-Saint-Léger Fléac Charente
9 CHAMPALLE Victor Trith-Saint-Léger Marsameix Dordogne
9 HUBERT Charles Trith-Saint-Léger Saint-Paul-de-Serre Dordogne
9 LEGRAND Emile Trith-Saint-Léger Laden Loiret
9 LEMPEREUR - Fernand Trith-Saint-Léger Vergt Dordogne
9 ALTGLAME Germain Vicq Saint-Mary Charente
9 CATTAERT Armand Vieux-Condé Champniers Charente
9 CELISSE Manuel Vieux-Condé Tessy-sur-Vire Manche
9 COCHETEY Myrtil Vieux-Condé Luxé Charente
9 BRICHE Floret Wallers Angoulême Charente
9 CACHERA Emile Wallers Saint-Amant-de-Boixe Charente
9 CANIVE Alphonse Wallers Saint-Amant-de-Boixe Charente
9 COCHERA Albert Wallers Lozon Manche
9 LASSELIN Joseph Wallers Quettreville Manche
9 LHOTELLERIE Marcel Wallers Cagnotte Landes

 

A suivre ..............

 

5 mai 2013

1918 - Civils alliés décédés à Valenciennes

 

Retour au tableau des nationalités par année

 

PICT8279

 

L'accès aux actes se fait  (via la vue et le n° d'acte) dans le registre de 1918 aux
Archives Départementales du Nord cote 3 E 5784

 

 

DECLEVE Joseph, Civil Belge
Civil
Décédé à Valenciennes (Hopital Militaire groupe III, Canton Sud) le 01/02/1918
Acte n° 107 "Dressé sur l'ordre de la Commandanture" vue n° 29 en date du 08/02/1918
Né le 22 juin 1873 à Ath (B)
 
BARREZ Henri, Civil Belge
Prisonnier Civil
Décédé à Valenciennes (Hospice Général canton sud) le 14/02/1918
Acte n° 119 vue n° 32 en date du 15/02/1918
Né le 25 fev 1897 à Alost (B)
 
KAHLEN Felix, Civil Belge
Prisonnier Civil
Décédé à Valenciennes (Hospice de l'Hotel-Dieu, Canton Nord) le 18/02/1918
Acte n° 127 vue n° 34 en date du 19/02/1918
Né le 28 oct 1868 à Liege (B)
 
CAULIER Agathon, Civil Belge
Prisonnier Civil
Décédé à Valenciennes (Hospice de l'Hotel-Dieu, Canton Nord) le 29/03/1918
Acte n° 180 vue n° 47 en date du 29/03/1918
Né le 15 jan 1866 à Basècles (B)
 
DELHAYE Noël, Civil Belge
Prisonnier Civil
Décédé à Valenciennes (Hospice de l'Hotel-Dieu, Canton Nord) le 04/08/1918
Acte n° 428 vue n° 109 en date du 04/08/1918
Né le 25 déc 1883 à Basècle (Belgique)
 
COLLET Jules Joseph, Civil Belge
Prisonnier civil
Décédé à Valenciennes (Sur la voie de chemin de fer, gare de débord, canton sud) le 23/08/1918
Acte n° 473 vue n° 120 en date du 24/08/1918
Né le 05 juil 1878 à Bierges (B)
 
BARBIER Léon Joseph, Civil Belge
Mécanicien au tramway de Louvière (B)
Décédé à Valenciennes le 23/08/1918
Acte n° 476b vue n° 121 en date du 17/10/1920
Né le 15 sep 1887 à Wangenies (B)
 

 

 

Retour au tableau des nationalités par année

 


 

Liste alphabétique des 7 noms ci-dessus.

 

 

 

Noms Acte
BARBIER, Léon Joseph 476b
BARREZ, Henri 119
CAULIER, Agathon 180
COLLET, Jules Joseph 473
DECLEVE, Joseph 107
DELHAYE, Noël 428
KAHLEN , Felix 127
 
 

 


 

 

 

8 août 2011

Monuments aux Morts

 PICT7891c

Curgies
Estreux
Gussignies
Marly-lez-Valenciennes
Odomez
Orchies
Quiévrechain
Raismes
Rumegies
Saint-Amand-les-Eaux
Saint-Saulve
Saultain
Sebourg
Valenciennes
Vicq
Vieux-Condé

 

 

                        La liste des victimes civiles inscrites sur les monuments aux morts des communes ne rend pas toujours compte du nombre exact de civils décédés du fait de la guerre, et ceux-ci ne sont pas toujours "Morts pour la France".

          Voici ces monuments ainsi que les noms, au fur et à mesure de leur rencontre, en indiquant ceux pour lesquel existe une fiche "Mort pour la France" sur le site Mémoire des Hommes.(pour autant la recherche nominative n'étant pas aisée, ne pas avoir trouvé la fiche n'est pas une preuve : merci de m'avertir si vous avez de plus amples informations)

 

MARLY LEZ VALENCIENNES

PICT7883

PICT7884c

  • 28 noms :
    • ALLARD Raymond Désiré
    • AUDUBERT Lucrece
    • AVONTS Clément
    • BARBET Flore
    • BRUYERE Simone
    • BURGNIES Eugénie
    • BURGNIES Jeanne
    • BURGNIES Jeannine
    • CARLIER Emile
    • CHEVAL Augustin
    • CHIMOT Marthe
    • COPIN Louis
    • DEFLANDRE Remy
    • DEHECQ Paul
    • DELALEUX Jean-Baptiste
    • DELBOVE Jules
    • DEPASSE Marie
    • DUVAL Maria
    • FRANSON Virginie
    • GALLEZ Amélie
    • HOURDEAU Alberta
    • HOURDEAU Alfréda
    • LECOR Aimé
    • OBJOIE Hortense
    • PAMART Hector
    • PHILIPPE Gaston
    • SOUFFLET Désiré
    • VOLO Marthe

 

CURGIES

P1370250

P1370252b

 

  • 8 noms :
    • BISIAUX Louis
    • DELBOVE Emile
    • DREMAUX Victor
    • FOUGNIES Berthe
    • HOT Louis
    • LOCOGE Arthur
    • TISON Charles
    • VALLE Jules

 

SEBOURG

PICT7840

PICT7837

  • 10 noms :
    • DELCROIX Albert
    26-06-1918
    • PATOU Druon
    05-11-1918
    • HOUZE Emile
    06-11-1918
    • HOT Auguste
    30-05-1917
    • CANIAUX Malvina
    26-05-1918
    • LIERMAIN Aldebert
    25-10-1918
    • CABY Marcel
    26-10-1918
    • JOSPIN EDMOND
    05-11-1918
    • GRAVELLE Albert
    10-11-1918
    • VANHOUTTEGHEM Henri
    10-11-1918

 

SAINT-SAULVE

PICT8303

PICT8307b

  • 10 noms :
    • BAVAY Maurice
    • BLAVIER Virginie
    • DENIS François
    • DUSSART Elizabeth
    • BOUCHEZ Augustine
    • LUSSIEZ Berthe
    • MAES Joseph
    • MEUNIER Raymond
    • RAULIER Augustine
    • COUTIEZ Jeanne Simone

 

SAULTAIN

PICT7870

PICT7872b

    • 7 noms :
      • BLAREAU Henri
      • COCHE Chrysoline
      • DEHON Desiré
      • HACCART Héloîse
      • LEGROS Pierre
      • MOUFTIER Maria
      • RIQUET Rosine

 

             7 Noms que l'on retrouve sur la plaque commémorativde dans l'église :

 saultain_eglise

 

St AMAND LES EAUX

PICT9727

PICT9753b

      • 36 noms :
        • ANGLES BERANGER Léon
        • BERTEAUX Léon
        • BERTHE Julia
        • BERTHE Zélie
        • BOSQUET Adolphe
        • CASTEL Marie-Thérèse
        • COQUERIAUX Jules
        • CROMBEZ Victoria
        • DE BETTIGNIES Louise page de ce blog
        • DELCROIX Célie
        • DELHAYE Marie-Thérèse
        • DELOFFRE Léon
        • DUBOIS Alfred
        • DUMORTIER Philomène
        • FLAMME Léontine
        • FLAMME René
        • GUERIT Ernest
        • HAUTCOEUR Alphonse
        • HENRY Fernand
        • HOUZE Emile
        • HUART Jules
        • LECOCQ Marceau
        • NAVEZ Juliette
        • OSTADT Pierre
        • OSTE Pierre
        • PICQUE Maria
        • PIQUE Joséphine
        • PLATEAU Elice
        • PLUMECOCQ Alice
        • PLUMECOCQ Henri
        • QUENOY Louis
        • RAVEZ Charles
        • THURU Alexandre
        • VERGIN Pierre
        • WALLERS Maurice

 

RUMEGIES

 P1020009
P1020014b

 

ODOMEZ

 

 PICT7309

      • "...Et 10 personnes victimes de l'évacuation." (1918)

 

GUSSIGNIES

P1370896
P1370892
P1370901

      • 8 noms :
        • 1917   DENIS Léon
        • 1918   BATON Louis
        • 1918   DELFOSSE Clément
        • 1918   DRUART Eusébe
        • 1918   FUMIERE Julien
        • 1918   LECOMTE Ernest
        • 1918   LOISEAU François
        • 1918   WAROQUIER Gustave

 

QUIEVRECHAIN

 DSC_1581

DSC_1585b

      •  12 noms :
        • LEFEVRE Arthur
        • LOORIUS Auguste
        • LOUBATIER Georges
        • MERCIER Georges
        • MESTDAGH-PALIGA M.
        • NEUMANS Marie-Th.
        • NEUMANS Solange
        • NOWAK Georgette
        • PRONNIER Benjamin
        • PRONNIER-MOREAU R.
        • SEMIKINE-DOLNY M.
        • STHOREZ Emile
      •  Figurent également sur ce monument les victimes de l'explosion du dépot de munitions du 1er juin 1918 (voir le récit)

        Les_noms
      •  22 noms :
        • AUVERLOT Arsène
        • BLEECKX Jules
        • BRISON Emile
        • CHARLES Jules
        • CHUPIN Francine
        • DELEUWE Florent
        • DELFERRIERE Sidonie
        • DEMOUTIER Alfred
        • DOCHEZ François
        • DUEE Emile
        • DUPONT Dieudonné
        • GARIDA Jules
        • JOLY Gervais
        • LACHAPELLE Arthur
        • LECOMPTE Julie
        • LEMAIRE Pauline
        • PRISSETTE Marthe
        • RABAUX Jules
        • RICHARD Charles
        • TRELCAT Louise
        • VANDERVOORDT Cornelie
        • VILLE Aimable
      •  On trouve également une fiche "Mort pour la France"  le 1/6/1918 au nom de GAUDU Jules, sans qu'on puisse savoir s'il résidait à Crespin ou à Quiévrechain, le quartier " Le Blanc-Misseron" étant à cheval sur les 2 communes.

GAUDU_Jules

 

 

ORCHIES

     Sur le monument aux morts, ainsi que sur la plaque à l'intérieur de l'église (celle-ci inaugurée le 6/09/1827 sera incendiée le 25/09/1914, reconstruite, de nouveau incendiée le 27/05/1940 et rendue au culte en 1953).

 

OrchiesMaM

 

        •  16 noms :
            • Tués par bombes d'avion
              • BERAUD Marie
              • BLEUZET Georges
              • CAGNARD Lucius
              • CLAINQUART Lucien (seulement à l'église)
              • COURBET Jules
              • COURBET Julies
              • OCQUEMAN Henri
              • SIMOULIN Louis

            • Victimes de l'incendie (du 25 septembre 1914)
              • BAILLEUL Charles
              • DECAMACE Pauline
              • LECUTIER Augustine 78 ans
              • ROSSIGNOL Stephanie 81 ans
              • PICQUET Germaine 21 ans

            • Otages
              • DEMESSINE Georges
              • PLUCQUE Augustin
              • WAYMEL Henri

Orchies Civils

 

 

 


VIEUX-CONDÉ

    Dans l'église de Vieux-condé, deux très belles plaques émaillées rappelant les militaires (de la paroisse) morts pour la patrie et les  victimes de l'invasion tués le 24 Août 1914, jour de l'arrivée des Allemands.

Vx Condé

    Un nom a été rajouté au bas de la première plaque, de façon un peu anarchique à l'époque de la photo : BRINKHUIZEN Alcide. (voir sa fiche sur Mémoire des Hommes). N'oublions pas qu'il s'agit des paroissiens de Vieux-Condé, et que lui ou sa famille ne désiraient peut-être pas figurer sur une plaque dans une église.

  •  15 noms de victimes de l'invasion, il s'agit pour les 2 derniers de soldats du 26e RIT-voir l'affaire de Condé-Macou et le monument aux morts du cimetière de Macou. Les autres sont des civils, dont j'ai précisé le lieu de décès, "en leur maison" sauf mention contraire :

    • DUC Charles (Jean-Baptiste Edmond), né à Hornu le 21/07/1861, négociant. Décédé rue Victor Hugo.

    • DUSSENNE Léopold, né à Vieux-Condé le 24/03/1860, forgeron, décédé rue Carnot.

    • CHOQUET Charles, né à Vieux-Condé le 08/06/1866, cultivateur, décédé "en la rivière de l'Escaut"

    • DUBRAY Zénon (Constantin), né à Lez Fontaine le 15/12/1874, journalier, décédé rue de l'Escaut.

    • BOUSSANGE Raymond (Eugène), né à St Mihiel le 14/07/1862, journalier, décédé rue d'Hergnies.

    • CHENEAU Joseph, né à Paris le 16/11/1843, retraité, décédé rue de l'Escaut.

    • BACRO Eugène (Gustave), né à Sebourg le 15/07/1853, journalier, décédé rue du Jard.

    • CRUNELLE Auguste : pas d'acte de décès à Vieux-Condé (peut-être Péruwelz).
       
    • DELFOSSE Billy, né le 15/09/1854, retraité des mines, décédé le 08/09/1914, rue Victor Hugo.

    • MENU Léonie M(me).,  épouse Décout, née à Vieux-Condé le 31/10/1858, décédée rue du Colonel Denfert.

    • SURRANS Mlle : pas d'acte de décès à Vieux-Condé.

    • RELEVART Jules, né à Denain le 08/06/1863, coiffeur, décédé rue Dervaux.

    • DUPRIEZ Achille (Joseph), né  Hergnies le 21/04/1876, mineur, décédé rue de l'Escaut.

    • AURÈGE Marius (AURÈCHE à l'état-civil). Soldat du 26e RIT Classe 1895, Mle 1257, Seine III, décédé rue Castiau.

    • ROSSET Jacques, Soldat du 26e RIT (Regiment de la Mayenne), Classe 1895, Mle 1180, décédé rue Castiau.

Vx Condé Civils

 

    On remarquera également le nom de Léon FAUX, qui semble avoir été rectifié (de sa présence parmi les initiales "L" ?). Voir sa page sur ce même blog.

Vx Condé Faux

 

 

24 janvier 2011

BREUCQ Elie

ESTREUX
25 Aout 1914


A Estreux, où ils [les Allemands] firent leur entrée à 5h1/2 du matin, ils marchaient sur deux files, tenant le milieu de la chaussée. Surpris par l'arrivée des troupes, le sieur Elie Breucq, impotent, pouvant à peine se traîner, âgé de 65 ans,ne put gagner assez vite le côté de la rue. Immédiatement, un sous-officier du 36° de ligne tire son revolver et le tue d'une balle dans le dos ; le vieillard tombe foudroyé, et son cadavre est jeté sur le côté.

Ce récit est extrait du livre de René Delame : "Valenciennes Occupation allemande 1914-1918. Faits de guerre et souvenirs" Hollande & Fils ed. 1933

  • Le nom d'Elie BREUCQ, né en 1849, figure sur le monument aux morts d'Estreux :
   

P1330761 P1330763

    
18 mai 2014

Le Chtimi

 

 

Chtimia

   Les plus malheureux parmi nous ont été certainement les hommes qui appartenaient aux départements envahis et occupés par l'ennemi.
   Leurs souffrances physiques étaient accrues du fait qu'ils ne recevaient jamais de colis. Que pouvaient bien leur envoyer les misérables familles, qui végétaient elles-mêmes dans les conditions les plus difficiles ?
   Mais que dire de leurs souffrances morales ? Tandis que le commun des prisonniers avait le droit d'écrire à sa famille quatre fois par mois, alternant hebdomadairement une lettre et une carte postale, alors que le nombre des lettres reçues était illimité, les "envahis" ne pouvaient, dans chaque sens, écrire et recevoir que deux cartes postales mensuelles limitées à onze lignes.
   Ce n'était pas drôle non plus de savoir son pays occupé par l'ennemi et soumis aux horreurs de la guerre. Que faisait la femme là-bas, au milieu des hordes de soldats ? A quelles brutalités ou à quelles tentations pouvait-elle avoir à résister ?

 

   Et quand les Allemands eurent l'idée saugrenue et cruelle d'employer les femmes et les jeunes filles des régions envahies comme ordonnances, blanchisseuses et femmes de chambre de Messieurs les Officiers, tous les braves gars serrèrent les poings de fureur. S'évader? C'était rompre tout lien avec leurs familles! C'était renoncer à ce petit carton laconique et sévèrement censuré, où pourtant on reconnaissait une écriture chère.
   Nos pauvres camarades du Nord et de l'Est se rongeaient les poings et la captivité pour eux fut atroce. Ceux-là n'eurent aucune détente; l'obsession cruelle les hantait jour et nuit. Nous étions gênés devant eux. On avait beau avoir créé, pour eux surtout, un Comité de secours, qui rendait de précieux services et les empêchait de mourir de faim, nous n'osions pas devant eux, ouvrir nos colis, nous dissimulions notre courrier, notre sourire se figeait sur nos lèvres et nos paroles de consolation et d'espoir sonnaient tellement faux que nous préférions nous taire.

 

   Il y avait parmi nous, un brave camarade, un grand diable de "ch'nord" pur-sang qui parlait son patois avec une telle saveur, que nous ne ne connaissions que sous le nom de "Chtimi".
   Complaisant et bon gars, mais volontiers solitaire, généralement sombre, il avait quelque part, du coté de Loos, une femme et trois gosses qui étaient son permanent souci. Il les aimait d'un rude amour de terrien, d'un amour instinctif et presque animal, et il y avait dans son attitude quelque chose de la bête séparée de ses petits et qui tourne en rond dans sa cage.

 

Chtimib

   Mais la bête eût beuglé, mugi, rugi, bêlé. Lui, ruminait sa souffrance et ne disait rien, mais cela grondait en lui.
Un jour, un camarade accourt :
« Viens vite! "Le Chtimi" s'est pendu.
- Où ça?
- Dans les latrines !  
J'arrive. On avait dépendu le malheureux. A une solive du toit se balançait un morceau de corde. Il avait dû se livrer à une véritable acrobatie pour se hisser là.
On avait téléphoné à l'hôpital et en attendant le médecin, on essayait des mouvements respiratoires. Le corps était tiède, mais le cœur ne battait plus : tout fut inutile.

  Le pauvre gars serait inhumé le lendemain sans les honneurs militaires. Le suicide était considéré comme une lâcheté, indigne d'un soldat.
    Soit ! Mais savez-vous ce que l'on trouva dans la main crispée du mort et qu'il n'avait pas lâché dans son agonie ?
Une carte postale ! Un petit carton plus meurtrier qu'une balle et qui avait cheminé avec indifférence pour l'atteindre en plein cœur.

    Sur cette carte ces simples mots tracés au crayon d'une main malhabile:
« J'ai bien de la douleur à vous apprendre que le village a été bombardé par des avions anglais pendant la nuit. Presque tout est démoli. Votre maison a été entièrement détruite. Votre femme et vos enfants, tués en plein sommeil, n'ont pas dû souffrir ».

  Emile Moussat. (L'âme des camps de prisonniers.)
in
Almanach du Combattant, Durassié 1939

 

Chtimic

 

Publicité
<< < 1 2 3 4 5 6 7 8 9 > >>