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Les civils du Valenciennois dans la Grande Guerre 1914-1918
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20 novembre 2012

Gazette des Ardennes : listes de soldats français inhumés derrière le front allemand.

 

GdA

  

LISTES DE SOLDATS FRANÇAIS INHUMÉS DERRIÈRE LE FRONT ALLEMAND :
Januar 1916 - Dezember 1916

 "La « Gazette » commence à s'acquitter aujourd'hui d'un triste devoir qu'elle s'est proposé d'accomplir. Il s'agit de la publication d'une liste de soldats français morts et inhumés derrière le front allemand. Nous donnons, aussi précises que possible, les informations qui ont pu être recueillies avec l'aide des autorités militaires et civiles. Là où il nous est pas possible de donner les noms des soldats enterrés, nous précisons tous les détails dont nous disposons : régiment, matricule, etc. Nous ferons remarquer qu'il ne nous est pas possible de donner aucun renseignement supplémentaire."

 

Lieux d'inhumation 

BELGIQUE
ou
ALLEMAGNE 
AISNE   ARDENNES

NORD
Si gras :
info-bulle
(survol avec
arrêt
) :
affectation
majoritaire

MOSELLE

MEURTHE ET MOSELLE

 MEUSE  PAS de CALAIS RHIN (Haut-)  SOMME


24 Mai 1916   Liste N°1.     Page 280

BELGIQUE

AISNE

ARDENNES

NORD

MEURTHE et MOSELLE MEUSE PAS de CALAIS RHIN (Haut-) SOMME
    Amagnes-Lucquy,
Le Chesnoy-Auboncourt,
Avesnes
Avesnelle
Boulogne
Flaumont
Grand-Fayt
Leval
Marbaix
Maroilles
Ramousies
Sassegnies
Saint-Hilaire-sur-Helpe
Sains-du-Nord
Semeries,
         


28 Mai 1916 Liste N°2.   Page 288 

BELGIQUE

AISNE

ARDENNES

NORD

MEURTHE et MOSELLE MEUSE PAS de CALAIS RHIN (Haut-) SOMME
  Méziéres-sur-Oise
Anisy-le-Chateau
Brancourt
Amagne-Village
Sorcy-Bauthémont
Alland'huy
Ecordal
Vaux-Montreuil
Wignicourt
Tourtebon
Guincourt
Saint-Loup-Terrier
La-Sabotterie
Suzanne
Lamets
Rilly-aux-oies
Chabbogne
Attigny
    Maizeray
Marchéville
Harville
Saulx
     


04 Juin 1916 Liste N°3.   Page 304 

BELGIQUE

AISNE

ARDENNES

NORD

MEURTHE et MOSELLE MEUSE PAS de CALAIS RHIN (Haut-) SOMME
Ardoye-Spinneken
Boncourt,
Bruges
Saint-Georges,
Ostende,
Beytem
Berthenicourt
Bohain
Maubert-Fontaine
Regniowez
Bayonville
Bazeilles
Bavay Friauville
Brainville
Anderny
Murville
Landres
Preutin
Combres
Herbeuville
Dompierre
Baalon 
     


11 Juin 1916 Liste N°4.   Page 320

BELGIQUE

AISNE

ARDENNES

NORD

MEURTHE et MOSELLE MEUSE PAS de CALAIS RHIN (Haut-) SOMME
  Benay   Crespin Xivry-Circourt
Igney
Briey, 
Woinville
Apremont
     


18 Juin 1916 Liste N°5.   Page 336

BELGIQUE

AISNE

ARDENNES

NORD

MEURTHE et MOSELLE MEUSE PAS de CALAIS RHIN (Haut-) SOMME
  Coucy-le-Chateau,
Bourguignon
Trosly-Loire,
Champs,
Landricourt,
Courson,
Bellenglise,
Le Hautcourt, 
La Capelle
Rocquigny, 
Lerzy, 
Gergny,
Remaucourt
Cerizy,
Trembloy,
Fromy, 
Sapogne,
Carignan
Crévecoeur
Séranvillers,
Le Cateau
Conflans
Labry
Hatrize
Varneville,
Bruxières,
Buxerulles,
Heudicourt,
Chaillon
Crépy     


25 Juin 1916 Liste N°6.   Page 352

BELGIQUE

AISNE

ARDENNES

NORD

MEURTHE et MOSELLE MEUSE PAS de CALAIS RHIN (Haut-) SOMME
  Buironfosse
Guise & environs
Hérie-la-Viéville
Landifay
Grandes-Armoises
La Besace
La Cassine
CremeryLe Chesne
Sauville
Stonne
Verrières
Vendresse
           


02 Juillet 1916 Liste N°7.   Page 368

BELGIQUE

AISNE

ARDENNES

NORD

MEURTHE et MOSELLE MEUSE PAS de CALAIS RHIN (Haut-) SOMME
  Chauny              


09 Juillet 1916 Liste N°8.   Page 384

BELGIQUE

AISNE

ARDENNES

NORD

MEURTHE et MOSELLE MEUSE PAS de CALAIS RHIN (Haut-) SOMME
  Chauny (Ferme)
Bertaignemont
Monceau-sur-Oise
Audigny
Puisieux
Flavigny-le-Petit
   Cambrai           


16 Juillet 1916 Liste N°9.   Page 400

BELGIQUE

AISNE

ARDENNES

NORD

MEURTHE et MOSELLE MEUSE PAS de CALAIS RHIN (Haut-) SOMME
      Cambrai (suite),
Vendegies
Saint-Martin
Sommaing
Saulzoir
Iwuy
          


23 Juillet 1916 Liste N°10.   Page 416

BELGIQUE

AISNE

ARDENNES

NORD

MEURTHE et MOSELLE MEUSE PAS de CALAIS RHIN (Haut-) SOMME
      Estrun
St-Hilaire-Quiévy
Wambaix
Seranvillers
Paillencourt
Gurvillers
  Dun-Haut
Dun
     


30 Juillet 1916 Liste N°11.   Page 432

BELGIQUE

AISNE

ARDENNES

NORD

MEURTHE et MOSELLE MEUSE PAS de CALAIS RHIN (Haut-) SOMME
Deinze,
Strooibomhoek
Melle
Gand
    Avesnes-le-Sec
Bouchain
Haspres
Hordain
Denain
Douchy
Haveluy
Wavrechain
Aulnoy
Monchaux
Thiant
Douai
         


06 Août 1916 Liste N°12.   Page 448

BELGIQUE

AISNE

ARDENNES

NORD

MEURTHE et MOSELLE MEUSE PAS de CALAIS RHIN (Haut-) SOMME
  Essigny-le-Grand Frénois
Givonne
Glaire-et-Villette
Fourmies
Anor
Wignehies
      Hartmanns
weilerkopf
Ercheu


13 Août 1916 Liste N°13.   Page 464

BELGIQUE

AISNE

ARDENNES

NORD

MEURTHE et MOSELLE MEUSE PAS de CALAIS RHIN (Haut-) SOMME
Houthult
Jonkershove 
            Hartmanns
weilerkopf
 


21 Août 1916 Liste N°14.   Page 486

BELGIQUE

AISNE

ARDENNES

NORD

MEURTHE et MOSELLE MEUSE PAS de CALAIS RHIN (Haut-) SOMME
Draibank
Hoekske
Houthulat (sic)
Handzaeme
Hoogkwartier
Iseghem
Kattestraet
Kalve
Wallemolen
Kortrijk
Loupmont
Homblières
Harly
Hirson
Holmon
Fayet
Gricourt
Thorigny
Fresnoy-le-Grand
    Herserange        


28 Août 1916 Liste N°15.   Page 502

BELGIQUE

AISNE

ARDENNES

NORD

 MOSELLE MEUSE PAS de CALAIS RHIN (Haut-) SOMME
        Biberkirch 
Bruderdorf
       


03 Sept.bre 1916 Liste N°16.   Page 518

BELGIQUE

AISNE

ARDENNES

NORD

 MOSELLE MEUSE PAS de CALAIS RHIN (Haut-) SOMME
        Bruderdorf         


10 Sept.bre 1916 Liste N°17.   Page 534

ALLEMAGNE

AISNE

ARDENNES

NORD

 MOSELLE MEUSE PAS de CALAIS RHIN (Haut-) SOMME
 Buehl, près de la
Peterskapelle
      Bruderdorf         

 

Les liens renvoient sur la page permettant une recherche plein-texte (onglet OCR-Volltext)

La liste N°17 n'est pas la dernière, les publications reprennent en mars 1917 jusqu'à la liste 60 en avril 1918 (voire cette page).

On trouve également des listes de blessés rapatriés, et des listes de prisonniers ; ces dernières ont été répertoriées ICI et LA.

 


Source: Edition numérisée sur le site de l'Université d'Heidelbeg :

logo_hhbd

 

 

 

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11 septembre 2012

Le Testament de Guillaume

 

Extraits du livre de René Delame : "Valenciennes Occupation allemande 1914-1918. Faits de guerre et souvenirs" Hollande & Fils ed. 1933

 

Un document bien encombrant

 

27 Aout 1914 : La découverte.

            Le commandant Kintzel étant venu prendre le gouvernement de la ville, commença naturellement par une visite à notre édifice communal. Me trouvant en ce moment sur le seuil de la Mairie, il me pria de l'accompagner.
Notre pauvre Hôtel de Ville, si propre il y a quelques jours, ressemblait à une véritable écurie. Les marches des escaliers disparaissaient sous la paille et les immondices. Il fallait chercher un endroit pour poser le pied. Le commandant entra dans une grande colère en voyant les meubles éventrés ou renversés, le coffre-fort brisé, les débris de papier et les immondices de toutes espèces couvrant le parquet.
           En descendant, il se calma et me fit des excuses pour la façon dont s'étaient comportés les soldats.
Il me pria d'aller chercher le Maire, M. Tauchon. Il lui renouvela ses excuses, lui ordonnant de faire nettoyer la Mairie, et d'en reprendre possession. C'est à la suite de cette première entrevue que les Allemands trouvèrent, dans le bureau de police, de nombreux exemplaires du pamphlet, alors fameux, ayant pour titre: « Le Testament de Guillaume », que vendait un camelot le 14 juillet dernier, bien qu'il ne fût nullement question de guerre à cette époque, et qui avait été saisi. En tout cas, lors de ma visite au bureau de police, dans la nuit du 24 au 25 août, je n'avais pas remarqué ce paquet déposé dans un coin.


Ce Testament valut à la Ville une amende d'un million.

Voici le pamphet dont il est question :

TdG

 

Il en existe une version anglaise, sous le nom de "The Kaiser's Despair" ( Le désespoir du Kayser) au Canadian War Museum :

KD

 

 31 août 1914 : L'amende.

Le Conseil municipal se trouvait réuni dans son nouveau local provisoire, quand un officier demanda à parler au Maire.
Il fut aussitôt introduit, et déclara être délégué par le corps des officiers qui était gravement offensé par la découverte d'un imprimé injurieux pour leur empereur. Il adressa de vifs reproches à M. le Maire, puis il y eut un échange d'explications pénibles entre cet officier et les conseillers qui essayèrent de lui faire comprendre qu'il s'agissait d'un factum ridicule apporté par un camelot étranger à la ville, avant l'occupation.
M. le Maire ajouta que, bien loin d'en avoir favorisé la publication, il en avait ordonné la saisie pour en empêcher la vente. Il précisa même en disant aux personnes qui, à ce moment voulaient la libération du camelot : « S'il est du devoir de chacun de combattre un ennemi, il n'est jamais permis de l'outrager! » L'officier se retira en prononçant ces paroles: « Très honorable M. le Maire, je vais continuer mon enquête sur ces données nouvelles ».


Puis, quelques instants après, survint le Colonel Kintzel, et le dialogue suivant s'engagea entre le Maire et lui :


LE LIEUTENANT-COLONEL KINTZEL. - Comme vous l'avez pu voir lorsque je suis entré, j'ai la figure décomposée, car j'ai passé une mauvaise nuit. J'ai pensé sans cesse à vous, et je suis fort désolé. Il s'est passé un fait épouvantable. On a trouvé ce papier dans vos bureaux. C'est une insulte terrible contre notre empereur. Vous savez toute l'affection, tout le culte que nous avons pour le Kaiser, et c'est un cri unanime chez nous qu'il faut en tirer vengeance.
M. LE MAIRE. - Je connais ce factum, j'en ai défendu la vente et j'ai fait saisir tout ce qu'il y avait. Ce que je vous dis est vrai, je vous donne ma parole d'honneur. Je n'ai jamais menti et ne pourrais le faire, même pour sauver ma vie.
LE LIEUTENANT-COLONEL. - Je ne crois pas cela, car vous êtes de race latine, et vous savez mentir sans que cela se voie sur votre visage : Nous autres, Allemands, si nous mentions, on le verrait dans nos yeux.
M. LE MAIRE. - Je vous affirme sur le ruban que je porte à ma boutonnière que j'ai défendu la vente de ce factum. J'ai même répondu à ceux qui sollicitaient la levée de cette interdiction que l'on devait combattre des ennemis, mais non les insulter.
LE LIEUTENANT-COLONEL. -- Mais vous faites une guerre horrible. En Belgique, les soldats coupent le cou de nos blessés dans les hôpitaux; il en est de même de la Croix-Rouge, où on leur crève les yeux. Et voyez du reste cette cartouche, c'est une cartouche «dum-dum » (*). qui fait des plaies atroces, et votre armée se sert de ces armes, qu'on n'emploierait même pas contre des sauvages.
M. LE MAIRE. - Je vous affirme, Colonel, que la France ne se sert pas de ces cartouches. Notre nation est trop fière, trop honnête, trop civilisée pour les employer. Je ne crois pas aux atrocités dont vous nous parlez en Belgique; du reste, Si vous avez résolu de me fusiller, je suis prêt!
LE LIEUTENANT-COLONEL. - Non, j'ai eu avec vous des rapports très corrects, et j'ai pu obtenir de notre corps d'officiers que l'on se borne pour le moment à exiger de la Ville la somme de un million.
M. LE MAIRE. - C'est une somme énorme que l'on ne pourra pas trouver dans la Ville; vous n'ignorez pas que toutes les banques ont versé à la Banque de France toutes les sommes dont elles disposaient, et que la Banque de France a transporté au loin son encaisse. C'est seulement à Paris que l'on pourrait trouver cette somme.
LE LIEUTENANT-COLONEL. - Je vous donnerai alors un sauf-conduit pour aller la chercher à Paris.

A la suite de cet entretien, une délégation fut immédiatement désignée par le Conseil municipal pour se rendre à Paris.
Elle se composait de MM. Damien, P. Dupont fils, Turbot, Levrat, qui se mirent en route le 1er septembre 1914.

Mais la délégation ne put dépasser Cambrai, par ordre du général commandant du corps d'armée. A leur retour, le Maire les remercia.
« Ils avaient droit, dit-il, à toute la gratitude de leurs concitoyens. »

 (*)Le lieutenant-colonel utilise un fait de propagande maintes fois répété : l'occupant avait saisi des stocks de cartouches Lebel, dont les "modèles de stand"; la pointe de balle était creusée pour éviter les ricochets, ou son profil avait été modifié pour perdre en vélocité. On les retrouve fréquement dans les journaux allemands de l'époque, qualifiés de "dum-dum", contraires aux lois de la guerre :

DGK

DGKB

C'était peut-être une réponse de la propagande à la protestation Française contre les mêmes projectiles :

 

(l'Ouest-Eclair de Caen 17/08/1914)

 


 

Mardi 15 septembre : nouvelle tentative de financement.

Le Commandant Kintzel exigea de nouveau l'amende d'un million pour le fameux pamphlet sur Guillaume, sous peine de prise d'otages ou de représailles.
Il offrit à nouveau un sauf-conduit pour aller demander cette somme au gouvernement français.
Le Député Durre partait ce jour-là sans laissez-passer pour Paris, empruntant le tramway de Saint-Amand à Hellemmes.(1)
Chose extraordinaire, les Allemands avaient autorisé le tramway de Saint-Amand à Hellemmes à circuler, ce qui permit à bon nombre de jeunes gens de passer les lignes; mais ils le supprimèrent peu de temps après. Ayant seul l'autorisation de circuler en auto, le Conseil me délégua donc pour aller avec Durre à Lille, demander à M. le Préfet du Nord son appui afin d'éviter des représailles.

     Ayant passé les lignes allemandes je rejoignis M. Durre en route et le fis monter dans mon auto. Je lui remis comme cela était convenu le rapport qui nous était parvenu sur la chute de Maubeuge pour qu'il en donnât connaissance au gouvernement à Bordeaux. Nous fûmes surpris de passer aussi facilement les lignes des deux armées, ne rencontrant ni Français ni Allemands.


     En arrivant à Cysoing la population nous regardait avec effroi, je m'aperçus seulement alors que j'avais oublié d'enlever le drapeau blanc et le drapeau allemand qu'avait exigé le Commandant Kintzel pour traverser les lignes.
Lille était en fête pour l'arrivée des Anglais. Dès notre arrivée nous nous rendons directement à la Préfecture où M. Trépont nous reçoit. Après l'avoir mis au courant de la situation, M. Durre lui demande si nous pouvons compter sur la somme de 500.000 francs, pour sauver notre maire M. Tauchon.
Sa réponse ne se fit pas attendre, il refusait tout subside pour les Allemands, même s'ils devaient nous éviter les représailles.
 
     Ne pouvant rien obtenir, avant de le quitter, nous lui fîmes part de nos craintes, Lille devant bientôt avoir le même sort que Valenciennes. Nous lui conseillâmes de prendre ses dispositions pour faire partir les jeunes gens, les banques, les autos, etc...
Mais le préfet loin d'approuver ma manière de voir me dit:
«- Je vous défends de jeter la panique dans la population et de répandre ce bruit; dans 48 heures Valenciennes sera délivrée.
Je vais d'ailleurs faire démobiliser votre Sous-Préfet M. Cauwes pour qu'il reprenne son poste
«- Je souhaite que les circonstances vous donnent raison, lui répondis-je mais si vous aviez été témoin de l'invasion vous ne raisonneriez pas de la sorte

     Je laissai M. Durre avec le préfet et je rentrai à Valenciennes pour faire-part de ma réponse.
Naturellement le Commandant Kintzel n'en fut pas satisfait et dit à M. Tauchon de tenter une autre démarche à Lille auprès des banquiers.....

19140915


(1) Cette ligne tramways à vapeur - ayant plutôt le caractère d'un chemin de fer départemental- à été exploitée par les Chemins de fer Economiques du Nord entre St Amand-les-Eaux et Hellemmes-lez-Lille de 1891 à 1933, longue de 32km,  elle désservait :
la Gare de St Amand - Lecelles - Rumegies - Mouchin - Bachy - Cysoing - Bouvines - Sainghin - Lezennes - Hellemmes.

 

tramStA-H

 


 

Mercredi 16 septembre 1914 : conciliation ?

Deux notaires allemands remettent à la municipalité la convention suivante au sujet de cette fameuse amende de un million.

« Valenciennes le 15 septembre 1914

« La Ville de Valenciennes a été imposée le 31 août 1914 d'une contribution de guerre de un million de francs par M. le Lieutenant Colonel Kintzel, commandant des Etapes.
« Sur cette somme 500.000 francs ont été payés comptant.
« La Ville de Valenciennes s'oblige à payer le reste de cette contribution soit 500.000 francs en or ou en billets de la banque impériale d'Allemagne dans un délai de quatre mois après la cessation des hostilités et au plus tard dans un délai de quatre mois après la conclusion du traité de paix qui mettra fin à la guerre. Le paiement aura lieu au ministère de la guerre prussien à Berlin.
« La Ville de Valenciennes met toute sa fortune en garantie de la présente obligation.
« Le lieu du paiement est Berlin.
« A cette obligation est jointe une copie de la délibération du Conseil municipal de Valenciennes autorisant M. le Maire à la souscrire.

« Il n'est pas besoin d'une autre autorisation des autorités françaises pour donner toute validation à cette obligation.
« Signé :Kintzel-Billiet F. Damien ».


     Le Conseil félicita M. le Maire pour l'heureux résultat de ces négociations qui permettaient un paiement différé du solde de la rançon imposée à la Ville.


 

Lundi 28 septembre,  où l'on repasse la ligne :

      Je partis de nouveau à Lille avec M. Vergeot percepteur et M. Levrat caissier de la Banque de France, délégués par le conseil municipal. Il était 11 heures 1/2 du matin à l'issue de la réunion du Conseil municipal. quand nous quittâmes la Grand 'Place de Valenciennes.
Nous avions pris soin de mettre bien en règle tous nos saufs-conduits et de fixer de chaque côté de l'auto le fanion blanc et le fanion allemand exigés par l'autorité allemande  
Le passage des lignes ne fut pas aussi facile que la première fois; à Saint-Amand les troupes allemandes paraissaient agitées.
Le colonel nous arrêta sur la place et voulut absolument prendre l'auto. Nous lui montrâmes nos papiers qui étaient en règle et pendant qu'il s'entretenait avec M. Emile Davaine, nous partîmes ayant reçu son autorisation de continuer notre route. Mais nous étions bientôt arrêtés de nouveau par un premier poste, puis par un second à Lecelles où nous fûmes fouillés. Heureusement les 700 lettres des prisonniers de Maubeuge que j'avais cachées sous la voiture ne furent pas découvertes.
Enfin après bien des difficultés nous franchissons les lignes et apercevons la première sentinelle française, avec quelle émotion et quelle joie patriotique! Nous la faisons monter sur le marche-pied et arrivons dans un groupe de deux à trois cents hommes paisiblement assis sur le bord de la route. Ces malheureux ne se doutaient même pas qu'ils étaient si près de l'ennemi, quelle différence entre les deux avant postes.

     Plus loin, sur le talus du chemin de fer nous apercevons un sergent avec ses culottes rouges, nous lui faisons signe de descendre et prenons à part le capitaine en lui recommandant de se tenir sur ses gardes.
Nous sommes étonnés de voir si peu de troupes et comptons rencontrer à Tournai le reste du régiment.
Complète déception! Nous ne rencontrons aux portes de Tournai que deux gros gendarmes belges à la mine réjouie qui nous arrêtent et nous racontent qu'ils étaient à Ostende au moment de la découverte des espions allemands.
En traversant la Ville nous prenons pour tout déjeuner une tablette de chocolat et continuons notre route à toute vitesse.
En traversant Hellemmes, un cycliste, qui tenait sa droite, traverse juste au moment de notre passage. Sa machine roule sous l'auto et lui reste suspendu sur le capot, pendant vingt à vingt-cinq mètres. Nous le relevons, le transportons dans un estaminet, la foule arrive, et nous repartons après nous être assurés qu'il n'a rien. Pour être tout à fait rassurés nous faisons envoyer un médecin aussitôt notre arrivée à la Préfecture de Lille.

     A la Préfecture où M. Durre nous a rejoints, n'étant pas encore parti pour Paris, M. le Préfet Trépont nous reçoit et nous fait la même réponse. « Impossible, dit-il, de vous donner de l'argent pour les Allemands. » Puis il ajoute: « Voici d'ailleurs votre Sous-Préfet M. Cauwés, que j'ai fait démobiliser et qui bientôt va reprendre son poste ». Après lui avoir répondu qu'il était malheureusement dans l'erreur, nous le quittâmes pour commencer nos démarches chez les banquiers sans perdre une minute.
Nous allons directement au Crédit du Nord où le directeur fait ce qu'il peut pour nous aider à sauver notre maire. Avec lui nous allons chez M. Dubar président du conseil d'administration qui, après nous avoir écoutés avec bienveillance nous promet de réunir le conseil pour le lendemain à midi.
Pendant que M. Levrat va à la banque de France, je vais seul à la banque Verley-Decroix. M. Verley ne veut pas se rendre compte de la situation. Je lui explique qu'à Valenciennes son directeur a quitté la banque au moment de l'arrivée des Allemands emportant les titres et la comptabilité, et que les gendarmes ont pris possession de la banque, parlant même de faire sauter les coffres. Il serait donc préférable de mettre l'encaisse à l'abri en la prêtant à la Ville qui la lui rendrait après guerre. M. Verley fit alors venir son fondé de pouvoirs qui lui dit qu'il devait rester en caisse 75.000 francs, d'en remettre 70.000 à la Ville et de prendre le reste. Ne pouvant revenir à Valenciennes demander la signature du maire, ces messieurs me firent signer sur papier timbré la reconnaissance de cette somme sur ma fortune personnelle ce que je fis bien volontiers pour sauver la situation.
M. Vergeot de son côté fit d'autres démarches.

     Après une journée si fatigante, nous nous retrouvâmes à l'Hôtel de l'Europe où nous rencontrâmes Mlles Lepez, Regard et Auvray, qui toute trois se trouvant bloquées attendaient une accalmie pour rentrer à Valenciennes. Nous dînâmes ensemble et fûmes aussitôt entourés, surtout par des Anglais.
Puis, avant de monter dans nos chambres nous partageâmes l'argent : Levrat, 50.000; Vergeot, 100.000; moi, 50.000.
Le lendemain matin ces demoiselles pendant notre déjeuner se mettent à l'ouvrage pour coudre dans les cols de nos pardessus les 200.000 francs. Ce fut Melle Lepez qui s'occupa de moi.


Puis nous fîmes de notre côté une dernière démarche auprès des banquiers. M. Verley me remit les clés du coffre et me donna le chiffre. Nous nous arrêtâmes au Crédit du Nord, où ces Messieurs nous promirent un chèque de 100.000 francs sur Berlin.
M. le Préfet du Nord nous ayant bien recommandé de ne prendre aucun papier pour rentrer à Valenciennes, et éviter la saisie des 200.000 francs, nous fîmes au chauffeur la même recommandation.

     Nous quittâmes Lille à midi et demie et fîmes un grand détour en passant par Tournai, Condé, Vicq, Onnaing pensant éviter les avants postes pour rentrer. Le seul point dangereux était le passage à niveau d'Onnaing où nous dûmes descendre.
Le poste arriva immédiatement, nous entoura, sortit les coussins, visitant la voiture de fond en comble, nous regardions paisiblement sachant que les Allemands ne trouveraient rien.
Quelle ne fut pas notre stupéfaction en voyant sortir de la boite d'outils un paquet de lettres dissimulé dans les chiffons.
Aucun de nous n'ouvrit la bouche et nous nous éloignâmes laissant le chauffeur se débrouiller. Mais l'officier du poste vint à nous et pendant une heure nous questionna, examina nos papiers et finalement nous laissa passer. Nous poussâmes un soupir de soulagement et rentrâmes à Valenciennes sans échanger une parole.

19140928

Puis, nous rendîmes compte à M. le Maire de notre mission.
En résumé les établissements financiers de Lille avaient prêtés à la Ville de Valenciennes pour le paiement de sa rançon:

Crédit Lyonnais :   50.000 francs;
Société Générale : 100.000 francs;
Verley-Decroix :   70.000 francs;
Crédit du Nord : 100.000 francs;
Comptoir d'Escompte :   10.000 francs.


Il ne s'agissait plus maintenant que d'ouvrir le coffre de la succursale de la banque Verley-Decroix à Valenciennes...



Mercredi 30 septembre : Arrivée du Commandant Priess

           Ayant été désigné comme otage, je devais me rendre à midi à l'Hôtel du Commerce, aussi dès la première heure, je me mis à la recherche de Mme Lebeau, la femme du directeur qui n'avait osé rester à la succursale. Avec le mot que m'avait remis M. Verley, elle me donna les clés du coffre. Puis, en présence de Me Cartigny, notaire, de M. Levrat et de M. Meurs le coffre fut ouvert et un procès-verbal dressé.
Il restait exactement en caisse 73.810 francs. Je versai donc 70.000 à la ville et conservai 3.810 francs pour les appointements des employés.

HdCL'Hotel du Commerce,
à l'emplacement de l'actuel immeuble de La Poste

PdI


          L'heure était arrivée de me rendre à l'hôtel du Commerce, aussi laissai-je à Me Cartigny, mon notaire, le soin de régulariser en mes lieux et place ce prêt à la ville de Valenciennes dont j'étais moralement responsable et qui fut d'ailleurs remboursé à la banque quelque temps après l'armistice.

Quelques jours plus tard le Commandant Priess remit à M. le Maire une lettre réclamant le versement de 500.000 francs qui avait été stipulée payable quatre mois après la guerre, dans une reconnaissance remise à M. le Commandant Kintzel, précédemment gouverneur de la Ville.
Après bien des pourparlers, noous tombâmes d'accord pour que cette somme soit réduite à 300.000 francs.

 


Vendredi 16 octobre : Rebondissement.

         Le Commandant Priess écrivit de nouveau au Maire la lettre suivante:

        « Le Commandant vous fait connaître qu'il attend demain le 17 octobre, à midi, Je versement de la somme de 200.000 francs ainsi que le 31 octobre, celui de la somme de 219.300fr60 (2) en billets de Banque de France.
« En ce qui concerne la somme de 300.000 francs qui reste à payer dans huit jours, vous étiez tenus de fixer votre réponse jusqu'à lundi, le 19 octobre, à midi. Mais le Commandant vous avertit que les ordres donnés par le Chef d'Etat-Major ne peuvent être changés en aucune façon.

Puis le Commandant ajoutait:
« C'est à regret que je dois porter à votre connaissance ce qui suit:
« Un ordre du Grand Quartier général français tombé entre les mains des autorités allemandes, daté du 17 septembre 1914, signé : le Général de division Laffon de Ladebat, indique le paragraphe suivant:
     « Toute troupe de plus de trois Allemands en armes, rôdant en arrière des lignes sera considérée comme un groupe commettant des actes de banditisme.
« Par cet acte, la France s'est mise hors de la Convention de Genève. Elle ne peut donc plus attendre qu'elle soit traitée avec des égards. Nous nous voyons, par conséquent, forcés d'agir sans considérations.

« PRIESS, « Oberleutnant et Commandant. »


(2) Il s'agit là des impôts des contribuables que la ville se devait également de payer.


 Il donna ensuite connaissance de l'affiche en question, dont un exemplaire, rédigé en français et en allemand figure aux archives départementales du Nord (cote 9R183):


République Française,
Au Grand Quartier général,
Quartier général des Armées de l'Etat le 17 septembre 1914.
Direction de l'arrière.
ORDRE
  « Tout Allemand rencontré en arrière des troupes françaises, ayant quitté son uniforme et revêtu d'habits civils, sera considéré comme espion, et traité comme tel. La personne qui aura fourni volontairement lesdits habits, sera poursuivie comme complice devant le Conseil de Guerre.
« Tout Allemand rencontré sans armes en arrière des troupes françaises devra être appréhendé et enfermé dans un local sûr d'un village voisin, s'il ne peut être emmené de suite.
« Aucune autorité municipale ne peut refuser d'accepter en dépôt un prisonnier, sous peine de s'exposer à des mesures de rigueur. Si la capture est faite par les autorités civiles, ou si celles-ci connaissent la présence dans leur commune ou dans son voisinage d'un Allemand qu'elles n'ont pû arrêter, elles doivent en avertir de suite les autorités militaires les plus voisines, qui prendront les mesures nécessaires pour diriger les prisonniers vers l'intérieur du territoire.
« Tout Allemand rencontré en arrière de nos lignes, commettant des actes de banditisme sera exécuté sur-le-champ. Il en sera de même de tout Allemand armé qui ne se rendra pas à la première sommation.
« Toute troupe de plus de trois Allemands en armes, rôdant en arrière des lignes sera considérée comme un groupe commettant des actes de banditisme.
« Des patrouilles de gendarmes, des agents de la force publique, et de toute troupe feront d'ailleurs des tournées incessantes dans la région.
« Tout individu, civil ou militaire, quelle que soit sa nationalité, rôdant sur le terrain des champs de bataille et convaincu d'y avoir commis des vols sur les morts ou sur les blessés, dans des maisons abandonnées ou autres, etc... sera traduit en Conseil de guerre. La peine peut dans certains cas être la peine de mort.

« Le Général de Division,
« Directeur de l'arrière:
« LAFFON DE LADEBAT. »

 

Der General de division
Oberbefehlshaber des Etappendienst Laffon DE LADEBAT,
grosses Hauptquartier, den 17 september 1914

 (................), il fallait payer !!

Comme les fois précédentes, le Maire avait fait appel à la Banque L-.Dupont et Cie, et à la Banque Piérard, Mabille et Cie, qui nous répondirent qu'il ne leur restait en caisse que le strict nécessaire pour subvenir à leur clientèle et à leurs employés, mais que, devant le pressant appel de M. le Maire, ils mettaient une dernière fois à la disposition de la Ville: 
Banque L. Dupont et Cie : 200.000 fr.
Piérard, Mabille et Cie : 100.000 fr.
Le Percepteur avait en caisse :200.000 fr.
Mais alors, comment régler le 31 octobre les 219.309 fr. 60 pour les contribuables ? La question devenait de plus en plus angoissante.

Aussi, M. le Maire répondit-il la lettre suivante: 

« Monsieur le Commandant,

« Nous vous accusons réception de la lettre que vous nous avez envoyée pour nous faire savoir que votre Général exige dans le délai de huit jours le paiement de 500.000 francs, complément de la somme de un million demandée par le Commandant Kintzel, plus, fin du mois, la somme de 216.300 fr. 60, pour le solde des contributions d'octobre.
« Nous avons, de suite, en vertu d'un référé de M. le Président du Tribunal Civil, requis les banquiers de verser à la Caisse municipale toutes les sommes encore disponibles, qui existent dans leurs caisses.
« De cette façon, nous serons en mesure de verser le 26 de ce mois, 300.000 fr. plus 216.300 fr. 60, à la date du 31 octobre.
« Nous vous faisons remarquer qu'en dehors des contributions mensuelles que nous aurons déjà beaucoup de peine à payer, puisqu'elles dépendent de recettes éventuelles. Cet effort est le dernier que nous puissions faire, n'ayant plus aucun moyen de puiser à d'autres caisses et dans d'autres villes, l'argent dont nous pourrions avoir besoin.
« Veuillez constater, de plus, que depuis deux mois, nous avons nourri vos troupes et en même temps, distribué par jour, plusieurs milliers de portions d'aliments aux familles indigentes et aux ouvriers dépourvus de travail.
« Veuillez nous permettre, en terminant de vous dire que l'on a certainement mal interprété le sens de l'alinéa de l'affiche du Général français que vous avez porté à notre connaissance.
« Le mot « rôdeur », dans notre langue, s'interprète toujours en mauvais sens. Il exclut toute idée de combattant. Pour vous, comme pour nous, un soldat qui traverse les rangs ennemis pour couper ses communications, ou dans un but militaire, accomplit un acte noble et courageux: c'est un combattant! « Mais, celui qui « rôde» derrière les armées pour y commettre des actes de banditisme, s'appelle pillard. C'est dans ce sens, à notre avis, qu'il faut interpréter l'ordre du Général.

« Je vous remercie des sentiments personnels que vous voulez bien formuler envers moi.
« TAUCHON. » 



La Commandanture répondit le lendemain la lettre suivante:

« Le Commandant de Valenciennes,
A M. le Maire de la Ville de Valenciennes,


« Le Commandant a reçu votre lettre du 19 octobre, et il accepte vos propositions.
« Ainsi, vous avez à payer le 26 de ce mois, à midi la somme de 300.000 francs.
« Le 31 de ce mois, à midi, 216.309 fr. 60.


« Au nom du Commandant :
« VON MIKUSCH, Adjudant. »
Valenciennes, le 20 octobre 1914.

 

Ainsi, se termina l'incident du Testament du Kaiser, la Ville ayant évité des représailles terribles à ses concitoyens, en payant l'amende imposée.

 

 

 

26 mai 2014

1919 - a - Décès de Militaires & Civils Français à Valenciennes

 

      Dès la libération, les municipalités ont repris le contrôle des actes de décès qu'il s'agisse des civils, de soldats décédés sur le territoire de la commune, qu'ils soient déclarés "Morts pour la France" -ou pas.

      En voici la liste dans l'ordre des actes pour 1919, pour les soldats ainsi que pour des cas particuliers. Une liste alphabétique, complétée d'une liste des affectations lui succède.

 

  •  Outre des militaires à divers titres et travailleurs des colonies requis, figurent :
     
    • Une civile, acte transcrit le 26 mai 1919 à la requête de son mari  (Acte n°435 vue 110) :
      LAUDE Estelle Berthe née à Marcoing (Nord) le 04 juin 1877, décédée à Diest (Belgique) le 17 oct 1918 au cours de l'exode forcé des habitants de Valenciennes.
       
    • Un enfant réfugié de Lens, fils de parents dont les noms sont inconnus (Acte n°731 vue 185) :
      CAPELLE Henri Jean, âge 8 ans, décédé à l'Hôpital général Canton Sud le 15 déc 1919.

 

 

PICT8279


 

Dans la version Canalblog, le survol d'une icône près du n° d'acte permettait de visualiser la fiche "Mémoire des hommes" (tous n'en ont pas une situation qui peut évoluer au vu des demandes). La fonctionnalité à disparu, il faut accéder au site.

 

 Retour au tableau des nationalités par année

 

 

L'accès aux actes se fait  (via la vue et le n° d'acte) dans le registre de 1919 aux
Archives Départementales du Nord cote 3 E 5785

 

 

MALADRY Georges
Soldat au 161eRI,11eCie
Décédé à Valenciennes (Asile des petites sœurs des pauvres, Ave Duchesnoy) le 01/01/1919
Acte n° 2   vue n° 1 en date du 02/01/1919
 
COUVREUR Georges
voir fiche MPLF
Décédé à Valenciennes (Hôtel-Dieu Canton Nord) le 03/01/1919
Acte n° 15   vue n° 5 en date du 04/01/1919
Né le 24 juin 1872 à Beuvrages
 
LEFEBVRE César Henri
"mobilisé"
Décédé à Valenciennes (Asile des petites sœurs des pauvres, Ave Duchesnoy) le 20/01/1919
Acte n° 76   vue n° 20 en date du 20/01/1919
Né le 11 oct 1890 à Marly
 
AGOGNÉ (en réalité AGOGUÉ) François Paul
Soldat de 2° classe au 37° RI, Mat 848
Décédé à Valenciennes (Asile des petites sœurs des pauvres, Ave Duchesnoy) le 24/01/1919
Acte n° 89   vue n° 23 en date du 24/01/1919
Né le 1881 (38ans) à
 
CALATAYND Robert
"mobilisé"
Décédé à Valenciennes (Hôtel-Dieu Canton Nord) le 04 fev 1919
Acte n° 120   vue n° 31 en date du 04/02/19419
Né le 25 août 1894 à Tlemcen (Algérie)
 
DANLOUP Henri Jean
sapeur au 5° Génie, 19° Cie, Mle 2376
Décédé à Valenciennes (Asile des petites sœurs des pauvres, Ave Duchesnoy) le 10 fev 1919
Acte n° 150   vue n° 38 en date du 12 fev 1919
Né le 20 mai 1899 à Paris (16e)
 
SCHIBIAGNE (le vrai nom est SCHIBIAGUE) Paul
Brigadier au 2° Chasseurs d'Afrique, 3° Escadron, Classe 1912-Bordeaux
Décédé à Valenciennes (Asile des petites sœurs des pauvres, Ave Duchesnoy) le 14 fev 1919
Acte n° 160   vue n° 41 en date du 14 fev 1919
 
RENAUD Joseph Marie Grégoire
Soldat au 6° Tirailleurs
Décédé à - (-) le 14 fev 1919
Acte n° 167   vue n° 43 en date du 14 fev 1919
Né le 14 mar 1893 à Paulx ( Loire Inférieure)
 
BRANTHÔME Georges Louis Clément
"mobilisé", Prisonnier de guerre rapatrié
Décédé à Valenciennes (Ambulance 3-56, Caserne Ronzier, Canton Sud) le 16 fev 1919
Acte n° 174   vue n° 44 en date du 16 fev 1919
Né le 09 avr 1894 à La Trémouille (Vienne)
 
LORIOT Eugène Clément
"mobilisé" au 6e Tirailleurs
Décédé à Valenciennes (Ambulance 3-56, Caserne Ronzier, Canton Sud) le 18 fev 1919
Acte n° 181   vue n° 46 en date du 19 fev 1919
Né le 31 déc 1884 à Lavaré (Sarthe)
 
HANQUET Louis
"mobilisé" au 40° d'Artillerie
Décédé à Valenciennes (172, Avenue Dampierre) le 20 fev 1919
Acte n° 185   vue n° 47 en date du 20 fev 1919
Né le 29 juil 1892 à Honnecourt
 
BEN AOUDA Ali Ben Hadji
Tirailleur de 2° Classe au 6e Régiment, Mle 13125
Décédé à Valenciennes (Hôpital général Canton Sud) le 22 fev 1919
Acte n° 191   vue n° 49 en date du 22 fev 1919
Né le - à -
 
HAMIDI dit Hamici Mohamed
arabe du 6° Régiment de Tirailleurs, Matricule 9888, Classe 11917
Décédé à Valenciennes (Hôpital général Canton Sud) le 21 fev 1919
Acte n° 193   vue n° 49 en date du 22 fev 1919
Né le 15 déc 1897 à Douar Akfadou
 
ZENATI Mohamed
arabe du 6e Régiment de tirailleurs, mle 11859;entré au service le 27/03/1915 Tunis
Décédé à Valenciennes (Hôpital général Canton Sud) le 21 fev 1919
Acte n° 194   vue n° 49 en date du 22 fev 1919
Né le 1891 à Sidi Daho, canton de Mascara, département d'Oran
 
BLED Mohamed
Soldat de 2° Classe, 6° Tirailleurs Algériens, 1° Cie, Mle 18464, Cl 1917 Oran
Décédé à Valenciennes (Hôpital général Canton Sud) le 28 fev 1919
Acte n° 215   vue n° 55 en date du 01/03/1919
 
GEORGES Ernest Michel
Maréchal des Logis du Train
Décédé à Valenciennes (Hôpital général Canton Sud) le 02/03/1919
Acte n° 224   vue n° 57 en date du 03/03/1919
Né le 20 juil 1887 à Cany (Seine Inférieure)
 
BENZERGUA OULD BOUCHENTOUF
Soldat au 6° régiment de tirailleurs, Mle 16437, classe 1916, Oran
Décédé à Valenciennes (Hôpital général Canton Sud) le 03/03/1919
Acte n° 228   vue n° 58 en date du 04/03/1919
Né le 1894 (25 ans) à
 
ARQUEY Barthelemy Augustin
"mobilisé"
Décédé à Valenciennes (Hôtel-Dieu Canton Nord) le 08/03/1919
Acte n° 240   vue n° 61 en date du 08/03/1919
Né le 13 oct 1897 à Pompejac (Gironde)
 
GOUMENT Gaston Marcel
Sapeur au 5° Génie, 25° Cie, Mle 1449
Décédé à Valenciennes (Hôpital général Canton Sud) le 09/03/1919
Acte n° 244   vue n° 63 en date du 10/03/1919
Né le 04 sep 1897 à Bretteville (Seine Inférieure)
 
GRICH Addah
Soldat de 2° Classe au 6° régiment de Tirailleurs Algériens, Mle 19468 Classe 1917, Alger
Décédé à Valenciennes (Hôpital général Canton Sud) le 11/03/1919
Acte n° 253   vue n° 64 en date du 11/03/1919
Né le 1897 à
 
BOURDA Laurent
"mobilisé"
Décédé à Valenciennes (Hôtel-Dieu Canton Nord) le 16/03/1919
Acte n° 268   vue n° 68 en date du 17/03/1919
Né le 09 sep 1898 à Bouillon (Basses Pyrénées)
 
LECOEUCHE Jules henri
Soldat au 8°RIT
Décédé à Valenciennes (Hôpital général Canton Sud) le 21/03/1919
Acte n° 280   vue n° 71 en date du 21/03/1919
Né le 25 sep 1878 à Steenwercke
 
NGUYEN VAN SUC
travaleur colonial indo-chinois
Décédé à Valenciennes (Hôpital général Canton Sud) le 24/03/1919
Acte n° 289   vue n° 73 en date du 25/03/1919
Né le 1891 (28 ans) à -
 
MURAT Arnaud (en réalité Armand)
Soldat au 366° RI
Décédé à Valenciennes (Hôpital général Canton Sud ) le 24/03/1919
Acte n° 290   vue n° 73 en date du 25/03/1919
Né le 31 mar 1884 à Fabas (Tarn et Garonne)
 
MOHAMED BEN MOHAMED -
Soldat au 8° Régiment de Tirailleurs Algériens, Mle 20446, Tunis
Décédé à Valenciennes (Hôpital général Canton Nord (sic)) le 25/03/1919
Acte n° 291   vue n° 74 en date du 25/03/1919
Né le 1898 à
 
LEGENDRE Georges Alexandre
Soldat au 11° ETEM, Mle 3586
Décédé à Valenciennes (Hôpital général Canton Sud) le 30/03/1919
Acte n° 307   vue n° 78 en date du 30/03/1919
Né le 21 août 1886 à Abondant (Eure & Loir)
 
LESOIN Gaston Marcel
Soldat au 401° RI, Mle 363
Décédé à Valenciennes (Hôpital général Canton Sud) le 30/03/1919
Acte n° 308   vue n° 78 en date du 30/03/1919
Né le ?/02/1895 à Marchiennes (nord)
 
WASSON Alexandre
Décédé à Valenciennes le 02/04/1919
Acte n° 325   vue n° 82 en date du 04/04/1919
Né le 17 avr 1880 à Escaudain (Nord)
 
CAO VAN XUAN -
Travailleur Tonkinois en subsistance au 5° Régiment du Génie
Décédé à Valenciennes (Hôpital général Canton Sud) le 12/04/1919
Acte n° 327   vue n° 88 en date du 12/04/1919
Né le 1892 à Cien Chân (Tonkin)
 
HARDY Léon
Sergent au 6° régiment de marche de tirailleurs
Décédé à Valenciennes (Hôpital général Canton Sud) le 14/04/1919
Acte n° 353   vue n° 89 en date du 15/04/1919
Né le 02 mai 1897 à Saint-méon (Ille-et-Vilaine)
 
OZEAU Jean
Soldat au 127° RI
Décédé à Valenciennes (Hôpital général Canton Sud) le 24/04/1919
Acte n° 379   vue n° 95 en date du 25/04/1919
Né le 06 jan 1898 à La Coquille (Dordogne)
 
VINCENT Marie Noël François
Soldat au 13° Bataillon de Chasseurs
Décédé à Valenciennes (Hôpital général Canton Sud) le 30/04/1919
Acte n° 388   vue n° 98 en date du 30/04/1919
Né le 09 juin 1897 à Rumilly (Haute-Savoie)
 
GOSSENS Myrtil
Ex-cavalier de 2° Classe au 19° Regiment de Dragons, Réformé n°1
Décédé à Valenciennes (Hôpital général Canton Sud) le 19/05/1919
Acte n° 430   vue n° 108 en date du 19/05/1919
Né le 01 août 1893 à Vieux-Condé (Nord)
 
LAUDE Estelle Berthe
Décédée au cours de l'exode forcé des habitants de Valenciennes
Décédé à Diest (Belgique) (  Voir également le jugement rectificatif, acte 490, vue 124) le 17/10/1918
Acte n° 435   vue n° 110 en date du 26/05/1919
Né le 04 juin 1877 à Marcoing (Nord)
 
VU GIAN -
Travailleur Colonial indo-chinois, Groupe 18, Mle 92, en subsistance au 5°RG, 19° Cie, Mle recrut. 227
Décédé à Valenciennes (Hôpital général Canton Sud) le 02/07/1919
Acte n° 482   vue n° 122 en date du 02/07/1919
Né le 1895 à Tra-Ly (Tonkin)
 
CÔTE Gilbert Alphonse
Soldat de 2° Classe au 127°RI, Mle 2483
Décédé à Valenciennes (Hospice militarisé) le 13/07/1919
Acte n° 500   vue n° 127 en date du 14/07/1919
Né le 24 sep 1897 à Molles (Allier)
 
PHAM VAN LONG -
Travailleur Indo Chinois Mle 130
Décédé à Valenciennes (Hopital Militarisé Canton sud) le 13/07/1919
Acte n° 501   vue n° 127 en date du 14/07/1919
Né le 1889 à Jengia (Tonkin)
 
DUPRE Marius
Soldat au 131° RI, Mle 488
Décédé à Valenciennes (Hopital Militarisé Canton sud) le 16/07/1919
Acte n° 503   vue n° 128 en date du 16/07/1919
Né le 01 fev 1894 à Malesherbes (Loiret)
 
AUDIN Arthur Victor
Soldat à la 6° Section d'infirmiers militaires.
Décédé à Valenciennes (Hôpital Militaire Canton Sud) le 05/09/1919
Acte n° 573   vue n° 145 en date du 05/09/1919
Né le 14 nov 1886 à Le Quesnoy (Nord)
 
MERCIER Joseph Kléber
Canonnier de 2° Classe au 256° Régiment d'Artillerie de Campagne, 27° Batterie, Mle 2631
Décédé à Valenciennes (Hôpital Militaire Canton Sud) le 15/10/1919
Acte n° 628   vue n° 159 en date du 16/10/1919
Né le 14 juil 1891 à Haspres (Nord)
 
CAPELLE Henri Jean
Enfant réfugié de Lens, fils de parents dont les noms sont inconnus
Décédé à Valenciennes (Hôpital général Canton Sud) le 15/12/1919
Acte n° 731   vue n° 185 en date du 16/12/1919
Né le 8 ans à
 

 

 

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Liste alphabétique des 41 noms ci-dessus.

 

  Liste des affectations connues.

 

Noms Acte
AGOGNÉ (en réalité AGOGUÉ), François Paul 89
ARQUEY, Barthelemy Augustin 240
AUDIN, Arthur Victor 573
BEN AOUDA, Ali Ben Hadji 191
BENZERGUA OULD BOUCHENTOUF, 228
BLED, Mohamed 215
BOURDA, Laurent 268
BRANTHÔME, Georges Louis Clément 174
CALATAYND, Robert 120
CAO VAN XUAN, - 327
CAPELLE, Henri Jean 731
CÔTE, Gilbert Alphonse 500
COUVREUR, Georges 15
DANLOUP, Henri Jean 150
DUPRE, Marius 503
GEORGES, Ernest Michel 224
GOSSENS, Myrtil 430
GOUMENT, Gaston Marcel 244
GRICH, Addah 253
HAMIDI, dit Hamici Mohamed 193
HANQUET, Louis 185
HARDY, Léon 353
LAUDE, Estelle Berthe 435
LECOEUCHE, Jules henri 280
LEFEBVRE, César Henri 76
LEGENDRE, Georges Alexandre 307
LESOIN, Gaston Marcel 308
LORIOT, Eugène Clément 181
MALADRY, Georges 2
MERCIER, Joseph Kléber 628
MOHAMED BEN MOHAMED, - 291
MURAT, Arnaud 290
NGUYEN VAN SUC, 289
OZEAU, Jean 379
PHAM VAN LONG, - 501
RENAUD, Joseph Marie Grégoire 167
SCHIBIAGNE (le vrai nom est SCHIBIAGUE), Paul 160
VINCENT, Marie Noël François 388
VU GIAN, - 482
WASSON, Alexandre 325
ZENATI, Mohamed 194
 
Affectation Acte
13° BCP 388
31° BCP 174
2° Ch Af 160
19° Dragons 430
3° ETEM 240
11° ETEM 224
11° ETEM 307
40° RA 185
46° RA 76
256° RAC 628
1° RAP 15
2° RG 120
5° RG 150
5° RG 244
5° RG 327
5° RG 482
37° RI 89
49° RI 268
127° RI 379
127° RI 500
131° RI 503
155° RI 325
161° RI 2
336° RI 290
401° RI 308
8° RIT 280
8° RTA 291
6° SIM 573
6° Tir 167
6° Tir 181
6° Tir 191
6° Tir 193
6° Tir 194
6° Tir 215
6° Tir 228
6° Tir 253
6° Tir 353

 

 

 

 

31 mars 2014

BEUTOM et THERY

courtoi

 

BEUTOM Eric & THERY Paul

Le 7 Janvier 1915 parait cette affiche :

bild_768

                    Après la capture de Douai par les Allemands, ces soldats français, tous deux lieutenant, se réfugient à Hénin-Liétard, (maintenant Hénin-Beaumont) où ils tentent de se cacher, en se déguisant en femme, dans le but de regagner les lignes françaises. Arrêtés par une sentinelle ils sont condamnés à mort le 6/01/1915, les Allemands ayant beau jeu de les faire passer pour espions puisque soldats déguisés en civil. La sentence est mise à exécution le 7 janvier. Une famille d'Hénin, qui les avait aidés, les parents et deux enfants sont condamnés également, mais leur peine commuée en détention pour le père, la mère et la fille étant envoyées en Allemagne.

 

  • THERY Paul Henri Théodore est né le 16 septembre 1876 à Douai.  Matricule 690 au recrutement de Cambrai en 1896, il est dispensé article 23 comme docteur en droit. Il renonce pourtant à cette dispense, et est incorporé au 1er Régiment d'Infanterie le 12/08/1903 ; promu Lieutenant de réserve le 19/02/1908.
    En 1913 il est avocat à la cour d'appel de Douai et conseiller municipal.
          Rappelé à l'activité par la mobilisation générale au 5e Régiment d'infanterie territoriale (1er bataillon, 3e compagnie, qui, lorsque - sous la pluie-  le bataillon rejoint Calais avec l'état Major le 5 août, réside au palais de justice de paix, place Crévecoeur puis le 14 à la bibliothéque populaire Bd Lafayette).
        Il fait partie d'une section d'automitrailleuses constituée par l'E.R. de Calais le 15 décembre 1914, auquel vient se joindre le lieutnant BEUTOM

    JMO 5RIT 19140915a16
    Extrait du JMO du 5e RIT : septembre 1914


    automitrailleuse de calais 1914
    Automitrailleuse "improvisée" de Calais (Courtoisie Gal G.F.)



    Une partie de cette section a été capturée à Douai début octobre 1914 : "n'a plus rejoint le 5e RIT".

    JMO 5RIT19141002
    Extrait du JMO du 5eRIT : Octobre 1914



    JMO 5RIT 19150215
    Extrait du JMO du 5eRIT : Février 1915



    Son décès est fixé au 7 Janvier 1915 par jugement déclaratif rendu le 30/07/1920 du tribunal de Douai. Déclaré "Mort pour la France".

    MDH THERY

  • BEUTOM Erich/Erik/Erick est né à Vienne en Autriche le 3 mai 1876. Ingénieur (Polytechnique 1895) de formation, spécialisation électricité, résidant à Paris .

    Sa photo sur le site de l'école polytehnique.

    Affecté au 22e Régiment d’artillerie en garnison à Versailles en 1897 , promu au grade de lieutenant d’artillerie de réserve en 1906, affecté à Dunkerque au 1er Bataillon d’artillerie (Service photoélectrique).

         La mobilisation le trouve affecté depuis 1910 à Dunkerque comme lieutenant au 1er Régiment d'Artillerie à Pied, au service des projecteurs. Muté sur sa demande à une section d'automitralleuses nouvellement créée [15 décembre 1914, où il rencontre le lieutenant THERY, voir JMOs du 5eRIT ci-dessus], il se porte avec courage dans des missions de reconnaissance. Enfermé dans Douai, il cherche sous un déguisement à rejoindre les lignes françaises. Il est déclaré "Mort pour la France" le 7 Janvier 1915.

    MDH BEUTOM Erick

          Il a été décoré de la légion d'Honneur à titre posthume (mais ne figure pas dans la base Léonore) et de la Croix de Guerre avec palme (paru au Journal officiel du 13/12/1920. Il a été cité :

    BEUTOM Citation (TH Gallica)
    Tableau d'honneur de la Grande Guerre ( Gallica)

    BEUTOM JO 19201213
     JO  du 13/12/1920 (Gallica)



    Son nom est repris dans l'Univers israëlite du 21/05/1925 :

    L'Univers israélite 19250521

 

Voir également sur le site  http://pabqt.free.fr/  la page relatant leurs capture et exécution 

 

 

22 juin 2011

Fusillés cités dans la London Gazette

 

 

  La London Gazette publie dans 3 suppléments de 1919 (1er Août, 29 Août, 15 Septembre) les noms de 2725 volontaires (essentiellement Belges, Français, parfois avec confusion des nationalités, et quelques Britanniques) attachés à l'Armée Britannique en France, section I, section II et C.O.A. (qui connait la signification de ces catégories ?)


Parmi ces noms figurent ceux de 26 citoyens Français décédés dont

 

  • BARBARE Albert



    • Né le 26 Juillet 1874 à Villers-Plouich dans le Nord, chauffeur au service des Eaux à Marcoing, il sera fait Chevalier de la Légion d'Honneur à titre posthume par décret du 31 octobre 1923
    • Il est titulaire de la British War Medal

 

  •  BLONDIAUX Achille, Joseph

    • Né le 1er Mars 1857 à Noyelles ( Nord ) , journalier à Noyelles sur Escaut, il sera fait Chevalier de la Légion d'Honneur à titre posthume par décret du 9 Avril 1924.
    • Classe 1877 il est clairon au 129° de ligne.

    • Il appartenait à un service d'espionnage au profit des armées alliées. Cité dans un ordre du Maréchal Sir Douglas Haig du 6 novembre 1918 pour services rendu durant la campagne, il a reçu 2 médailles.

      Il est fusillé à St-Quentin le 27 Décembre 1916.

       
    • "M. BLONDIAUX, par son attitude courageuse et patriotique, a rendu les plus grands services à son pays."

     
  •  COOL Casimir, Emile

    • Né le 2 Août 1875 à Anzin ( Nord ), Soldat au 2° Régiment d'Infanterie Territorial, était en sursis.
    • Ayant été envoyé en mission par l'Armée Britannique, a été fusillé en région occupée par l'ennemi le 11 Mai 1917. [NDR : il a été fusillé à Charleroi (Belgique)]
    • Il est titulaire de la British War Medal.
    • Sa tombe à Bruay-en-Artois :

      Cool Casimir cimetière Bruay

 

  •  DELACROIX Louis Joseph

    • Né le 19 Novembre 1871 à St. Quentin ( Aisne ), fait Chevalier de la Légion d'Honneur à titre posthume (1930 ?).

 

  • FRANCOIS Lucien

    • Né le 8 Octobre 1890 à Crévecoeur (Nord ), employé au chemin de fer du Nord à Cambrai, il est fait Chevalier de la Légion d'Honneur par décret du 9 avril 1924.
    • Engagé volontaire de 1909 à 1912 au 133° RI, affecté spécial aux Ch. de fer du Nord en 1914 il est mobilisé sur place.
    • "Etant resté en territoire envahi, s'est employé à signaler aux Armées alliées les mouvements des troupes allemandes, à traduire en français les ordres reçus par ces derniers et à les communiquer à l'autorité anglaise. Arrêté au cours d'une de ces missions particulièrement dangereuses, fut fusillé par l'ennemi le 17 Décembre 1916."
    • Il est titulaire de la médaille militaire et de la British War Medal.

 

  • LEFEBVRE Edouard et FAUX Léon


  • MASSE Philippe
    • Né le 17 septembre 1869 à Marcoing (Nord). Garde particulier à Marcoing. Fait Chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume par décret du 31 Septembre 1923.

  • MONIER Henri
    • Né le 12 Janvier 1896 à Bermeraing (Nord). Journalier. Fait Chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume par décret du 31 Octobre 1923.

  • TREDEZ Paul
    • Né le 31 Mars 1881 à Sainghin en Weppes (Nord) Soldat au 7° RI . Détaché au Service de Contre-Espionnage Britannique, tué le 1er Juin 1917 au cours d'une mission en avion.
    • Déclaré " Mort pour la France".

 

 

 

 

 

 

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1 décembre 2012

Le Lieutenant-Colonel BERNARD, Iwuy

Lieutenant-Colonel  Eugène BERNARD

Extrait du livre de René Delame : "Valenciennes Occupation allemande 1914-1918. Faits de guerre et souvenirs" Hollande & Fils ed. 1933

Le colonel Bernard, [du 27° RIT] continuant sa retraite, n'eut pas le temps de monter dans son auto, alors qu'il se trouvait à Iwuy :  un hussard allemand le rejoignit et lui transperça la gorge.
Tel fut le triste bilan de cette tragique journée du 25 août 1914.

  • Le 22 Août 1914, dans sa 61° année, le Lt-Cel BERNARD avait été nommé commandant d'Armes de Valenciennes.
  • Extrait du JMO du 27°RI en date du 25 Août :

027RIT_19140825_Iwuy

 

  •  L'historique (sommaire) du 27e régiment d'infanterie territoriale, disponible sur Gallica décrit la situation des unités engagées :

.....
       Le 2e bataillon, qui se trouve le plus avancé, puisqu'il occupe la région Château-l'Abbaye - Condé-sur-l'Escaut, reçoit cet ordre le 24 au soir ; les 1er et 3e bataillons le reçoivent le 25 au matin. Le mouvement commence aussitôt. Le lieutenant-colonel Bernard a dû, pendant  la nuit, évacuer Valenciennes, que les troupes allemandes commencent à encercler. Il arrive à Avesnes-le-Sec à 6 h. 30, au moment précis où le chef de bataillon Bourdel, qui occupe ce bourg, reçoit de la Division l'ordre d'aller défendre Iwuy afin de permettre aux troupes voisines de traverser l'Escaut sans être inquiétées.


Déjà, la 2e compagnie, capitaine Maury, est, depuis 6 heures, engagée fortement au Pavé-d'Hordain et s'efforce de barrer à l'ennemi la grande route de Cambrai. La colonne, composée des 1re et 4e compagnies et du convoi du bataillon, se met en marche. A 150 mètres du passage à niveau d'Iwuy, à l'entrée même de ce village, elle se voit brusquement attaquée sur son flanc droit.

Le combat s'engage, mais est de courte durée. En quelques minutes, l'artillerie et les auto-mitrailleuses ennemies détruisent le convoi, avec tous ses chevaux, et la section de mitrailleuses française, qui n'a pas même le temps de mettre ses pièces en batterie.

Les deux pelotons de la 1re compagnie, capitaine Hartuis, toute la 4e compagnie, capitaine Martin-Morel, sont décimés, tandis qu'à 8 h. 15, au passage à niveau, le lieutenant-colonel Bernard, commandant le Régiment, est tué d'une balle à la gorge.

Les débris de la colonne, rassemblés grâce à l'énergie et à la présence d'esprit du chef de bataillon, réussissent cependant à se dégager et gagnent Cambrai. Aux portes de cette ville, ils sont rejoints par la 3e compagnie, capitaine Le Motheux du Plessis, laquelle, ayant reçu l'ordre de rallier directement Iwuy, a été engagée de son côté et a réussi, elle aussi, à échapper aux étreintes de l'ennemi.

.....
  • On trouve dans le livre de Cyriaque Dreumont cette relation du décès du lieutenant-colonel Bernard (p. 26 et s.):

    Le combat d'Iwuy (25 août 1914):

    "Le lieutenant Hervé, de la 1ère compagnie, formant pointe d'avant-garde, a disposé ses hommes tout le long de la rue de la Sautière, dans Iwuy même; il les a postés à l'angle de chaque maison permettant une visibilité de tir propice et lui-même, avec le reste de sa section, s'est placé dans la maison du garde-barrière, sur la droite. 

    "Imperturbable, avec un magnifique sang-froid, il fait le coup de feu sur les tirailleurs dissimulés derrière les diziaux de récoltes sur la crête, et tous ses coups portent car il est excellent tireur; mais, il est impossible de s'éloigner de l'angle de la maison sans être aussitôt fauché par les mitrailleuses du cimetière. 

    "Le lieutenant-colonel Bernard, qui était avec le lieutenant Hervé, s'avance un instant pour voir et tombe frappé d'une balle à la gorge, il est 8h15; on le transporte aussitôt dans la maison, mais la position devient intenable, il faut chercher un abri à l'arrière de la Goudronnerie, à gauche, puis du côté de la gare, à droite, mais les obus ne tardent à tomber sur ces bâtiments. Le commandant Bourdel revenant d'une rapide reconnaissance, trouve alors le cadavre du colonel qui avait eu l'artère carotide coupée et était mort dans un flot de sang; le commandant Bourdel détacha rapidement la Légion d'honneur, prit la montre, le portefeuille et les papiers de son supérieur, il serra le tout dans son mouchoir teint de sang et il remit pieusement ces objets à la Mairie de Cambrai le soir même."

 

HS

 

 

  • Le carré communal d'Iwuy ( Nord).

IWUYMaMLe Monument dans le Cimetière d'Iwuy
(à gauche au fond la Great Cross du Cimetière britannique)

 

Cel_BERNARDAu verso du monument, l'inscription :

"1914-1918

27e TERRITORIAL
Cel EUGENE BERNARD
ALPHONSE FREDET
FERNAND GANET

REPOSENT ICI"

   

    Les états de service de cet officier supérieur étaient remarquables : BERNARD Eugène Gabriel était né à Metz le 19 Avril 1854 ; en 1871 il avait 18 ans quand son pays, la Lorraine, fut arraché à la France ; ne voulant pas servir dans l'armée allemande il s'engagea volontairement au 2me Régiment d'Infanterie de Marine le 26 Août 1872, et c'est dans nos colonies qu'il accomplit toute sa carrière militaire :

  • De 1874 à 1875, il est à La Guadeloupe;
  • Le 12 Juin 1877, il passe sous-lieutenant au 1er Régiment d'Infanterie de Marine ;
  • De 1878 à 1879, il est au Sénégal ;
  • Le 1er Juin 1880, il passe lieutenant au 3ème Régiment d'Infanterie de Marine ;
  • De 1881 à 1883, il est en Nouvelle-Calédonie ;
  • De 1883 à 1884, il fait la guerre du Tonkin ;
  • Le 31 Mai 1884, il est promu capitaine au même Régiment ;
  • De 1890 à 1891, il est à La Réunion ; en 1891, il est aux Comores et Mayotte ;
  • Le 21 Avril 1895, il est nommé chef de bataillon au 7ème Régiment d'Infanterie de Marine ;
  • De 1895 à 1897, il retourne à La Réunion; de 1895 à 1897, il est en Cochinchine et le 30 Novembre 1898, il est admis à la retraite et le 2 Août 1914, il est nommé lieutenant-colonel au 27ème R. I. T. ; il était décoré de la médaille du Tonkin, de Chine, d'Annam ; Chevalier de l'Ordre royal du Cambodge en 1888.

     Le Lieutenant-Colonel a été fait Chevalier (1893) puis Officier (1912) de la Légion d'Honneur : son dossier détaillé dans la base Léonore  permet de suivre son parcours au plus près.

    Le site "Sépultures de Guerre" confirme que les 3 hommes sont enterrés au cimetière d'Iwuy, dans une tombe collective, probablement sous le monument. Seul le lieutenant-colonel possède un acte de décès dressé en 1914 (acte n°42 d'un registre détruit par fait de guerre, reconstitué en 1924), situant sa mort au lieu-dit "la Montagne"

  

LaMontagne

 

 

  •  FREDET Francisque Marie Aimable : Alphonse n'étant pas son prénom, né à Pontcharra (Isère) le 21/11/1877. Il s'était marié à Calais en 1911. Caporal au 27e RIT, 2eme section de mitrailleuses, il est tué au combat d'Iwuy le 25/08/1914. Il n'y aura pas d'acte de décès établi à Iwuy, il faudra un jugement du tribunal de Boulogne-sur-mer en 1920, transcrit à Calais le 28/07/1921 - soit quasiment 7 ans plus tard-  pour que son décès soit officiel.  Entre-temps la famille aura tenté d'avoir des nouvelles par l'intermédiaire de la croix-rouge, l'espérant prisonnier comme l'attestent les (fiches de) recherche dans l'intéret des familles en 1915, mais qui n'ont pas abouti, n'ayant pas été inhumé dans une tombe collective que l'occupant avait répertorié.


  • GONET Fernand Jules Auguste et non pas GANET, ce que confirment les actes d'état-civil. Né le 28/12/1877 à Mamers, dans la Sarthe, ville d'origine du 27eRIT où il était sergent-major, il s'était marié en 1902 au Mans. Il est tué au combat d'Iwuy le 25/08/1914. Il n'y aura pas d'acte de décès établi à Iwuy, il faudra un jugement du tribunal de Mamers et sa transcription le 24 mai 1919 pour que le décès soit officialisé. Entre-temps la famille aura tenté d'avoir des nouvelles par l'intermédiaire de la croix-rouge, l'espérant prisonnier comme l'attestent les fiches de recherche dans l'intéret des familles : c'est en Juin 1917 que le CICR aura connaissance de son décès (et de son inhumation) à Iwuy. Une "liste officielle" sera transmise par les Allemands aux ministère français des Affaires Étrangères, puis au Bureau de Renseignements aux Familles le 27 Août 1917, à une date quasiment anniversaire.

 

 

     Ils ne sont pas les seuls à être tombés lors du combat d'Iwuy le 25 Août 1914, 20 autres noms figurent dans le registre d'état-civil de la commune, enregistrés le 27 Août. Ces soldats ne sont plus enterrés à Iwuy, mais ont été exhumés après la fin des hostilités et déplacés à la Nécropole Nationale d'Assevent près de Maubeuge, sauf GIRARD qui repose à Vendegies-sur-Ecaillon, bien que son nom soit gravé à Assevent.

 

     Cependant, très probablement parce qu'ils ont été associés dans une tombe collective (comme le précise souvent leur état signalétique et des services), ils n'ont pas reçu de sépulture personnelle mais sont dans l'ossuaire de la Nécropole.

488Assevent

Les mêmes renseignements sont repris sur le site  Sépultures de Guerre

    Le peu que l'on savait alors sur eux a parfois été altéré lors de ce déplacement, et les noms qui figurent à Assevent sont parfois différents, mais surtout certains ne sont pas morts à Iwuy -ni même durant la guerre- (CHARTIER, GOHON, MAINE), comme l'atteste leur état-civil et parfois même leur fiche matricule.

AsseventIwuy

Comme les autres, ils ont fait l'objet de recherches auprès de la croix-rouge, en attestent les fiches remplies dans l'intéret des familles ; (seuls MULLER et CHARTIER ne sont pas répertoriés, un certain nombre de fiches étant encore manquantes)

Pour tous sauf un (LHUISSIER ) l'acte de décès indique :

décédé le 25/08/1914 au territoire d'Iwuy lieu-dit la montagne lors d'un combat soutenu contre la troupe allemande.

Enfin, l'acte de décès GOHON est annulé à Iwuy le 24/08/1922.

    Les renseignements dont la Croix-Rouge a disposé pour avertir de leur décès sont des listes mises à disposition par l'occupant et collationnées par les soins du CICR, notamment la "Liste N°9 de soldats Français inhumés derrière le front allemand" parue dans la Gazette des Ardennes du 16 juillet 1916. Malgré ce que l'on peut dire de la "gazette" ses renseignements étaient aussi fiables que possible.

GDAIwuy

Là encore, on remarque des variations dans l'écriture de l'Etat-Civil, mais il s'agit bien des mêmes soldats.

 

  • BARDET Clément Théophile né le 24/05/1876 à Villaines s/ Lucé (Sarthe), soldat au 27e RIT.
    Classe 1898, Matricule 1255, centre : Mamers.
    Acte de décès n°47 à Iwuy le 25/08/1914. Ecrit "BARDOT" à Assevent.

 

 

  • BELLANGER Julien Constant né le 06/04/1875 à St Longis (Sarthe), soldat au 27e RIT.
    Classe 1895, Matricule 802, centre : Mamers.
    Acte de décès n°58 à Iwuy le 25/08/1914

 

 

  • BELLANGER Julien Louis né le 30/07/1879 à St Célerins (Sarthe), soldat au 27e RIT.
    Classe 1899, Matricule 1354, centre : Mamers.
    Acte de décès n°60 à Iwuy le 25/08/1914. Prénom Jules à Assevent.

 

 

  • CHARTIER Eugene Marie Ismael né le 14/08/1875 à St Christophe du Luat (Mayenne), soldat au 28e RIT.
    Classe 1895, Matricule 775, centre : Laval.
    Acte de décès n°56 à Iwuy le 25/08/1914.Selon son ESS, il est affecté au 28e RIT et fait prisonnier à Estrun le 26 Aout 1914. Interné à Metz, rapatrié le 05/01/1919, il est libéré du service militaire le 10/11/1924.
    Pas de fiche MDH.
    Une mention marginale de l'acte de naissance établit son décès au 28/08/1952 à Sillé le Guillaume.

 

 

  • DAILLIEZ Polycarpe Jean Baptiste né le 22/04/1873 à Hermies (Pas-de-Calais), soldat au 28e RIT.
    Classe 1893, Matricule 11, centre : Cambrai. (à noter que la fiche MDH donne à la suite d'un déménagement) un second centre  : Mamers, Matricule 245)
    Acte de décès n°61 à Iwuy le 25/08/1914. (Son ESS le signale "décédé en captivité antérieurement au 16/07/1916")

 

 

  • DUBARBIER Ferdinand né le 30/04/1879 à Paris 11e (Seine), soldat au 27e RIT.
    Classe 1899, Matricule 2410, centre : Seine 3e Bureau.
    Acte de décès n°57 à Iwuy le 25/08/1914.

 

 

  • GIRARD Louis Almire né le 28/08/1879 à Mézières sous Ballon (Sarthe), soldat au 27e RIT.
    Classe 1899, Matricule 1359, centre : Mamers.
    Acte de décès n°54 à Iwuy le 25/08/1914. Sa fiche MDH indique Famars comme lieu de décès. Il est inhumé à Vendegies sur Ecaillon, où 26 soldats Français partagent "Crucifix Corner Cemetery" avec 50 soldats du Commonwealth qui sont tombés dans les combats de la libération du 23/10 au 3/11/1918.

Girard

 

 

  • GOHON Jules Bazile né le 15/09/1875 à La Ferté Bernard (Sarthe), soldat au 27e RIT.
    Classe 1895, Matricule 1175, centre : Mamers.
    Acte de décès n°51 à Iwuy le 25/08/1914. Cet acte est annulé le 24/08/1922 par le tribunal civil de 1ère instance de Cambrai.
    Cambrai où il a été soigné pour une blessure à la clavicule gauche à l'ambulance du collège Notre-Dame, comme en témoigne la liste publiée dans l'ouest éclair du 14/11/1914. (voir)
    Il est en réalité interné à Minden,  il figure sur la liste de prisonniers N° 57 publiée par la Gazette des Ardennes du 17/06/1915, puis hospitalisé en Suisse à Interlaken enfin rapatrié le 13/07/1917. Il est libéré du service militaire le 10/11/1924.
    Pas de fiche MDH.
    Sa date de décès ne nous est pas connue.

 

 

  • HUGER Eugene Louis Jules né le 20/05/1878 à Lhomme (Sarthe), soldat au 27e RIT.
    Classe 1898, Matricule 246, centre : Mamers.
    Acte de décès n°59 à Iwuy le 25/08/1914 (décès situé à Famars sur la fiche MDH).

 

 

  • JOUENNE Charles Célestin né le 08/10/1877 à Paris 5e (Seine), soldat au 27e RIT.
    Classe 1897, Matricule 4210, centre : Seine 3e Bureau.
    Acte de décès n°46 à Iwuy le 25/08/1914.

 

 

  • LAVAUD Paul Eugène né le 08/09/1879 à Paris 7e (Seine), soldat au 27e RIT.
    Classe 1899, Matricule 3384, centre : Seine 3e Bureau.
    Acte de décès n°52 à Iwuy le 25/08/1914.

 

 

  • LECOMTE Emile Eugène né le 01/09/1879 à St Michel de Chavaigne (Sarthe), soldat au 27e RIT.
    Classe 1899, Matricule 863, centre : Mamers.
    Acte de décès n°53 à Iwuy le 25/08/1914.

 

 

  • LHUISSIER François Auguste né le 29/07/1874 à St Aubin de Locquenay (Sarthe), soldat au 27e RIT.
    Classe 1894, Matricule 737, centre : Mamers.
    Acte de décès n°32 à Iwuy le 25/08/1914 : "décédé au "Chemin d'Avesnes le Sec". Cependant l'acte est dressé le 11 juin 1917 à la suite d'une exhumation autorisée par l'administration allemande. Le soldat a été identifié par sa plaque.

 

 

  • MAICHE Louis Henri né le 30/07/1896 à St Corneille (Sarthe), soldat au 27e RIT.
    Classe 1896, Matricule 699, centre : Mamers.
    Acte de décès n°50 à Iwuy le 25/08/1914

 

 

  • MAINE Hippolyte Albert Joseph né le 29/05/1876 à Chérancé (Sarthe), soldat au 27e RIT.
    Classe 1896, Matricule 80, centre : Mamers.
    Acte de décès n°55 à Iwuy le 25/08/1914. Sur le mur de l'ossuaire d'Assevent il est affecté au 19e Escadron du Train des Equipages Militaires : il y est en effet transféré le 8 Août 1918, puis libéré du service en 1925.
    Il est déclaré "Mort pour la France" : voir sa fiche MDH
    Son décès est établi (mention marginale de l'acte de naissance) au 11/12/1968

 

 

  • MULLER Robert Alphonse né le 10/07/1879 à Issy-les-Moulineaux (Hauts de Seine), Sergent major au 27e RIT.
    Classe 1899, Matricule 3340, centre : Seine 3e Bureau.
    Acte de décès n°48 à Iwuy le 25/08/1914.

 

 

  • PAPILLON Ernest Auguste né le 08/10/1876 à Dollon (Sarthe), soldat au 27e RIT.
    Classe 1896, Matricule 1376, centre : Mamers.
    Acte de décès n°49 à Iwuy le 25/08/1914.

 

 

  • PAPILLON Jules Louis né le 31/12/1879 à Tresson (Sarthe), soldat au 27e RIT.
    Classe 1899, Matricule 829, centre : Mamers.
    Acte de décès n°43 à Iwuy le 25/08/1914.

 

 

  • PLOUSEAU Jules Armand Théodore né le 03/11/1875 à Montaillé (Sarthe), soldat au 27e RIT.
    Classe 1896, Matricule 1281, centre : Mamers.
    Acte de décès n°44 à Iwuy le 25/08/1914.

 

 

  • SAUVAGE Gustave né le 22/06/1881 à Iwuy (Nord), soldat au 27e RIT.
    Classe 1901, Matricule 1978, centre : Cambrai.
    Acte de décès n°45 à Iwuy le 25/08/1914.

 

    Une question se pose alors : si certains ne sont pas regoupés à Assevent, et si le nombre de corps dans l'ossuaire est correct, quels sont ceux qui y reposent en leurs lieu et place ??????

 

21 octobre 2016

Mai 1940

 

     En 1986, j'avais obtenu que mes parents rédigent chacun leur exode de mai 1940 vécu séparément, la seconde guerre formant à mon sens un tout depuis 1870 jusque 1945. Mon père (Jean DUBOIS) était agent SNCF (alors Chemin de Fer du Nord) et à ce titre mobilisé à son poste, ma mère travaillait au central téléphonique de Valenciennes, élément essentiel des communications, et avait une obligation de service, qui a pris fin avec un ordre de repli lorsque les correspondants ne répondaient plus.

 

     J'ai repris le texte intégral, sans aucune modification. Les protagonistes sont appelés sont quasiment tous des membres de la famille, aussi à chaque fois ai-je rajouté une note (chiffre rouge en exposant (ou noir selon le navigateur) : y placer le pointeur de souris pour une brève description).

 

Pour aérer les récits sans les dénaturer, j'insère les itinéraires au fur et à mesure, hélas sur une carte contemporaine, donc différant quelque peu du trajet d'époque : cliquer pour une image de taille raisonnable. Un projet de report sur carte de 1940 est à l'étude.

   Un résumé des itinéraires de cette "drôle de fuite" figurera en fin de page, après un arbre généalogique montrant les liens de famille.
 


 

 

MÉMOIRES D'UN ÉVACUÉ AU MILIEU DE ... MILLIONS D'AUTRES

(Période du vendredi 10 Mai au mercredi 17 Juillet 1940)

 

     Évacuation ? Repli ? ou ...Fuite ?

 

    Valenciennes le 10 Mai 1940 : 5 heures du matin, les avions allemands survolent la ville à basse altitude. Nous apprenons que la Belgique est envahie.
Vers 17 heures les Stukas piquent : des bombes tombent sur le Pont Villars et Avenue de Liège : 21 civils sont tués dans la cave du café qui faisait l'angle de la Place Poterne et de l'Avenue de Liège.
Du 10 au 16 mai, la pagaille s'installe : nous voyons passer de nombreux réfugiés belges ainsi que des soldats (français) sans armes ni officiers.

 

Le 17 Mai, Valenciennes doit évacuer ses civils. Lieu de repli pour la population : la Bretagne, Quimper pour les employés des PTT. Ma belle-mère (Marie DUVERGER née DANHIER) 1, sa filleMarguerite 2 et notre fille Thérèse 3 quittent Valenciennes par le train vers 17h30 pour...???

 

Mon épouse (Marie) 4 avec sa soeur Hélène 5 ainsi que les employées des PTT quittent Valenciennes (sur ordre) dans des wagons à bestiaux : le train s'ébranle vers 22h30, direction Quimper. Après Orchies puis Calais, leur exode se termine à Merlimont-Village.

 

Moi (Jean DUBOIS 6) je prends vers 24h00 le dernier train jusqu'à Douai, où j'arrive vers 5h le 18 Mai. J'y rencontre ma belle-mère 1, sa fille Marguerite 2 et notre fille Thérèse 3, qui voulait absolument que je donne un "toup de poing" à un réfugié Belge qui l'avait accrochée avec son baluchon. J'arrive à les faire monter dans un train de marchandises, un des derniers, comble, et qui part sous les bombes. Elles iront à Amiens où elles prendront un autorail réservé aux cadres de la SNCF, et de là gagneront Paris puis Vire. En effet à Paris ceux qui avaient de la famille en province avaient le droit de prendre le train, et Vire était la ville où habitait Anne-Marie Bailleux 7, sœur de Pierre-Marie 8. L'ayant appris à Mézidon, j'y suis allé un dimanche (le 2/06, au plus tard le 9. NDR), mais trop "serrés" avec toute le famille Bailleux, elles étaient parties la veille pour Poullan.

 Quant à moi, je suis récupéré par l'ingénieur et nous rentrons à Valenciennes le 18 pour démonter les machines outils (que l'on devra remonter à notre retour).

exode Jean a 2


Le 20 mai nous recevons à 1h du matin l'ordre de repli ; nous partons par groupes, le mien à 9h, moi sur un vélo déglingué avec une valise de 30 kg. (J'avais donné mon vélo à un soldat puisque tout était prévu et je suis parti avec celui d'un ouvrier jusqu'à Dieppe où je l'ai expédié en gare et retrouvé à Mézidon, comment : ????).

 

A Hérin un sous-officier d'artillerie à qui j'avais demandé à combien tiraient les canons de 75 que l'on entendait m'a répondu :"15km, mais ne vous pressez pas, on vient de les refouler de 25km". Je n'ai pas compris. Après Douai puis Arras, où nous sommes séparés de 2 ou 3 gars dont l'un a retrouvé quelques minutes après sa femme tuée par une bombe, nous arrivons à St-Pol-sur-Ternoise où nous couchons dans une voiture de 2de classe (il y avait à l'époque 3 classes). 5 d'entre nous partent pour Berck.

 

Le mardi 21 mai, ayant perdu mes compagnons, j'arrive à Abbeville qui venait d'être bombardée : 3 à 4 000 morts dont certains encore dans les rues. J'y retrouve Mon père (Henri) 9 et ma mère Nathalie 10 Dubois, Marguerite Dubois-Hainaux 11 et son fils Marc 12 réfugiés chez Jeanne 13 et Joseph Holin 14 qui habitaient sur les bords de la Somme. La ville était aménagée pour recevoir les soldats permissionnaires en transit, mon frère Henri 15 y était affecté en tant que sergent d'Intendance. On y a fait entrer tous les réfugiés, et le lendemain une division d'infanterie. Les allemands l'ont bombardée. Deux de l'atelier et leurs familles ont été enterrés là, je les retrouverai tous dans une tombe de 1mx1m en allant en septembre rechercher ma belle mère 1, Marguerite 2 et Thérèse 3 revenues de Bretagne et arrêtées par la fameuse ligne de démarcation. Mon père9 et ma mère 10 qui n'avaient pas voulu quitter Valenciennes étaient venus chez nous (5 rue Charles Quint NDR) du 5 au 17 mai mais quand je suis revenu le 18, pris de panique ils ont pris un train, sont arrivés à Abbeville puis sont partis pour Cabourg où étaient Auguste 16, Marie-Louise 17, Christiane 18 et une sœur de Marie Louise. Ils sont passés en taxi à Mézidon, (tous sauf Auguste 16 mobilisé) en direction de la Bretagne : Poullan. J'ai aussi rencontré à Abbeville mon frère Henri 15 qui venait voir son épouse Marguerite 11.

 

exode Jean b 2De Valenciennes à Dieppe en Vélo (près de 250km)

Le 22 mai au soir je couche à Dieppe (Seine-Inférieure) chez une vieille dame bombardée : celle-ci (70 ans) d'abord réticente devant mon allure (barbe de plusieurs jours, pas lavé, fatigué) me donne à manger et m'offre de coucher dans la serre. Je me suis réveillé le matin du samedi 23 glissé sous une table, plus un carreau à la serre, et la dame qui pensait que j'étais mort tué par le bombardement de nuit : je n'avais rien entendu ( Ah! jeunesse...!) J'ai abandonné le vélo et pris le train pour Paris par Rouen. J'arrive à Paris qui ignorait tout des événements et pars vers Droué (Loir & Cher) que j'ai quitté le 24 pour Mézidon où je suis arrivé le 25 mai au matin.

 

Le Journal 19400528
Communiqué officiel "rassurant" paru dans "Le Journal " du 28/05.
Comme en octobre 1914 la situation exacte autour de Valenciennes occupée était cachée, pour ne pas dire ignorée.
Les lieux cités rappellent étrangement ceux de 1914.
La poche de Dunkerque se resserre dans une autre course à la mer, Lille en sort le 28 .
Quant au front, il était le 27 précisément sur la ligne Somme-Aisne, 100km au sud de Valenciennes.
Cette fois, l'ennemi ne ratera pas Paris à 110km au sud.

A Droué où Joseph Holin 14 avait eu un poste aux Ponts et Chaussées jusqu'en 1937, comme on connaissait des amis de Jeanne 13 je suis allé voir, mais ils n'étaient pas arrivés à ce point de chute éventuellement prévu.
Mézidon étant le chef-lieu de repli officiel pour les ateliers de Valenciennes, j'ai travaillé à l'entretien des machines outils. Les ouvriers de Valenciennes travaillaient à la modification des wagons trémies de transport de ballast datant de 1900 (et dire qu'on a perdu la guerre quand même) Je suis logé à l'auberge de Mme YON, 1m60, 100kg.

Le mardi 11 juin (je crois) les raffineries de pétrole brûlent à Rouen : on se serait cru sous un ciel d'orage violent. L'atelier de Sotteville-les-Rouen évacué est arrivé à Mézidon comme nous (?). Bruits de canon vers Lisieux.
Le 13 au matin on nous rassure : "Restez à vos postes tout va bien" mais le soir à 19h30 "Repliez-vous par vos propres moyens". L'armée se repliait depuis le matin : un conseiller municipal de Mézidon surpris à 6h du matin en train de charger sa voiture fut arrêté comme défaitiste. On fusillait pour moins que ça.

exode Jean c2bt
De Dieppe à Mézidon


Le 13 juin au soir je suis parti vers Rennes dans une Peugeot 202, la voiture de Gustave Carlier de Villers-Pol (à coté de Valenciennes) forgeron à l'atelier, époux de Lucie Carlier, chez qui nous allions. Philibert Matta, soudeur, nous accompagne ; c'est un très brave et honnête type qui parlait le patois du Nord aux gens de Saintes et râlait de ne pas être compris "en français", mais qui est capable de trouver du pain et de l'essence partout !

 

En passant à Fougères, nous sommes bloqués par les gendarmes qui laissent passer camions, vélos et piétons, mais pas les voitures légères sans un nouvel ordre de mission.
Nous y avons vu le chef de gare saoul au possible qui expédie un train de la croix-rouge plein de soldats, mitrailleuses aux fenêtres. Il nous envoie au sous-préfet qui nous dit : "vous êtes des soldats en civil". Nous allons voir de ce fait le commandant de la place qui ne peut rien faire, nous mangeons et en sortant rencontrons des soldats anglais installés au coin d'une rue, dans une tranchée, fusil-mitrailleur pointé qui nous disent :"Allemands venir vite !". Les gendarmes sont toujours là, et nous laissent passer sans rien dire... c'est presque drôle.
Nous arrivons à St Armel près de Rennes, point de chute pour la nuit car là avaient été réfugiés en 1915 les grands parents d'un ouvrier, Eugène Luez, également de Villers-Pol. A Rennes courent des bruits d'armistice les 14 et 15 juin ; nous nous présentons, ou plutôt nous tentons de nous présenter à l'ingénieur de Rennes, mais les Stukas repèrent un train de munitions diverses poursuivi par les avions allemands depuis 2 jours et qui a été placé sur une voie de garage au milieu de 3 ou 4 trains de réfugiés. Ceci expliquera le nombre de victimes : 4500 morts, dont on ne parle plus jamais.

 

Nous remontons en voiture et couchons à Cadillac près de Bordeaux où nous rencontrons les "locataires" de la centrale de Melun qui donnent à Matta des boites de pâté trouvées dans un camion. L'ingénieur de Saintes m'avait dit : "Si vous pouvez, partez, car il y a à Saintes 15 000 habitants et 40 000 cheminots, nous allons crever de faim ". En route le verre d'eau (du puits) se vend aux réfugiés moins pour le profit que pour éviter le gaspillage.

 

Lundi 17 juin nous arrivons à St-Palais (Basses-Pyrénées). Il y a là des wagons pleins de matériel garés et pillés jusqu'à la frontière d'Espagne, et nous n'avons pas assez d'argent pour aller plus loin. A Arbouët, près de St-Palais où Gustave Carlier comptait trouver ses parents qui étaient remontés à Limoges (c'est le village natal de la femme du frère de G. Carlier) nous rencontrons la Princesse Douairière de Broglie et ses enfants : il ne leur restait qu'un château, les pauvres.

exode Jean d2 abtTrajet Rennes-Puyoo

Nous restons là quelques jours puis partons à pied vers Puyoo sur la route de Lourdes : 40km à pieds en 9h. Nous dormons sur la pelouse en face de la gare, puis prenons un train pour Bordeaux où nous voyons entrer les allemands musique en tête entre deux haies de "curieux" parmi lesquels beaucoup de soldats et officiers français en tenue (les résistants de 1945 NDA).

 

Le 18 ou 19 juin nous arrivons à Limoges par le train, d'où nous partons pour Neuvic-Entier, village natal de la mère de Lucie Carlier qui nous accueille à bras ouverts. On y retrouve les parents et la femme de G. Carlier. Nous couchons dans une ferme à coté, sur la paille et faisons la fenaison. Le patron, démobilisé, s'appelait JOFFRE...
Nous nous présentons à l'ingénieur du matériel roulant de Limoges qui nous fait donner une paire de godillots pris dans un wagon. Je casse d'un coup de pied la vitre du guichet parce que l'employé avait dit : " Encore des boches du nord" ; scandale et excuses du type, ah mais !

 exode Jean e2btDe Puyoo à Paris via Bordeaux

Le 12 Juillet, sur ordre, nous repartons pour notre lieu de travail habituel ?? Après bien des arrêts nous arrivons à Paris le 13, et y passons le 14 Juillet.
Le 15 à 7h nous quittons Paris... par un train de permissionnaires allemands. Je suis passé au contrôle de la police française en confiant mon bagage à Matta et en disant au brigadier :" Dubois, Inspecteur, Valenciennes "... Matta a eu plus de difficulté avec eux, je me suis retourné et j'ai dit :" Alors Matta, c'est pour aujourd'hui ou pour demain ?" et lui au flic :" T'as entendu l'ingénieur, tu vas m'faire révoquer" et il passe.

 

Dans le train une voiture était réservée aux cheminots ; elle était déjà comble, il a fallu pousser des français pour monter. Un officier allemand est monté en route, ils se sont levés pour lui faire une place.

 exode Jean f2bt
De Paris à Valenciennes

Arrivés à Douai vers 18h nous partons à pied pour Valenciennes. Nous avons couché à Abscon chez un cheminot et le 16 juillet pris le 1er train rétabli de la compagnie (des mines) d'Anzin. Nous arrivons à St-Waast vers 5h du matin : personne dans les rues, le couvre-feu n'est levé qu'à 6h30. On rencontre Clovis Bailleux 19 ancien militaire de carrière, revenu de Vire pour la 2ème fois en vélo à 72 ans, qui me dit tout naturellement : "Ta femme est chez sa mère". J'arrive au 63 avenue de Verdun à 5h54 où Angèle 20 et Hélène 5 m'ouvrent la porte : je dis "Marie ?" Angèle me répond :"Al est cor couquée". Je grimpe 4 à 4 l'escalier et la trouve "muchée" sous les couvertures : elle croyait vu l'heure matinale et au bruit des godillots que c'était un soldat. Elle a pleuré, je lui ai dit que Thérèse était sauve à Poullan, elle a repleuré. Elle vivait là avec Angèle 20 et Hélène 5 qui avaient repris du service à la Poste de Valenciennes où avaient vécu d'autres employées du téléphone. Ma belle-mère 1, sa fille 2 et Thérèse 3 sont rentrées de Poullan par Abbeville le 18 septembre 1940.

 

Nous retrouverons la maison du 5 rue Charles-Quint pillée, fort probablement par des militaires français en déroute : il ne reste que l'étui du violon de maman, ma carabine Francotte a disparu, les porte-couteaux en forme d'animaux ont des pattes et des oreilles brisées...

 

Moralité : En cas d'invasion, restez chez vous ...

 Jean DUBOIS Mars 1986

 

 


 

 

Evacuation..

 

Après avoir tenté vainement de joindre le bureau de Solesmes évacué pour la caserne Vincent qui demandait le 6 à Romeries à 13h20, je (Marie DUBOIS 4) suis partie le vendredi 17 Mai 1940 à 21h30 dans un wagon à bestiaux direction Quimper et arrivée à Pont d'Ardres le samedi 18 à 12h35. Nous prenons là un autobus pour Calais, faute de train, et couchons chez un particulier face à la mairie. Bombardés, nous nous réfugions en vitesse à l'Hôtel de ville de Calais.

Le lendemain, nous abandonnons nos valises au bureau des Postes de Calais (celui-ci sera bombardé et tout disparaîtra).

 

Dimanche 19 pas de train. A 14h nous trouvons un autobus pour Boulogne. Les terrasses des cafés sont pleines, les gens nous regardent d'un air ironique, ils ne veulent pas croire que les allemands arrivent. Nous gagnons Etaples puis Paris-Plage à pied, où nous couchons par terre sur de la paille au centre d'accueil : je priais tout haut toute la nuit, toujours bombardés, et j'avais perdu mes chaussures.

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Lundi 20 depuis Etaples, autobus pour Berck. Nous y couchons chez un particulier (une grand-mère) où Angèle 20 restera n'ayant pas voulu nous suivre. Mardi nous partons à pied pour traverser l'Authie, mais le pont a sauté et nous rebroussons chemin, c'est la débandade. Nous arrêtons en chemin une voiture des PTT de Douai, et arrivons à Trépied ; nous couchons dans la forêt dans le camion. Nous devons nous réfugier plusieurs fois sous celui-ci, car les avions passent et bombardent.
Nouvelle nuit chez un particulier, une ferme, sur la place de Merlimont-Village, où l'on étend de la paille dans la maison.. Mercredi et jeudi nous occupons le bureau de poste, le receveur partait en abandonnant tout. La villa "La Closerie" en face du bureau de poste est également occupée, j'y enferme ma soeur Hélène 5, les Allemands sont arrivés.
Nous restons là de vendredi à mardi 28 mai où nous assistons à l'enterrement d'un douanier de Cambrai qui s'est pendu pour ne pas répondre à l'appel.

 

Dimanche 2 juin, messe pour l'anniversaire de ma fille 3. Jeudi 6 juin pas de changement. Un lieutenant allemand [Martin, voir plus bas] qui s'étonnait de me voir toujours pleurer s'étant fait traduire par un postier qui avait été prisonnier pendant l'autre guerre et parlait allemand, que je n'avais pas de nouvelles de ma petite fille et de ma mère, se rend à Valenciennes et rapporte des cerises de la maison, signe de son passage au 63 Ave de Verdun, personne, maison pillée .
Parties pour Abbeville en vélo voir après la famille. Nous avons vu Tante Marie 21 et sa fille Sidonie 22 à St-Pol sur Ternoise, Mais Abbeville est bombardée, impossible d'y rentrer.

Nous rentrons à Valenciennes le mercredi 12 juin avec les postiers de Douai (les allemands nous ont donné de l'essence) avec Mme Masfayon, Melle Canaguier, Mme Delmouly et Hélène 5 nous ne nous sommes pas quittées.

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Rentrées au bureau le 27 juin. J'ai des nouvelles de Jean 6 par M. Moreau. J'y ai rouvert les recouvrements, puis j'ai été déplacée au bureau d'Ordre avant de remonter au téléphone.
Samedi 29 juin j'ai des nouvelles de Maman 1, Marguerite 2 et Thérèse 3 par Clovis Bailleux 19 qui rentre en vélo de Vire.
Samedi 6 juillet étant dehors je vois une voiture allemande s'arrêter et klaxonner ; je pense "tu peux toujours courir". L'officier qui en descend en riant était le lieutenant allemand Martin qui prenait de nos nouvelles.
Lundi 8 juillet nouvelles par Mme Fleury, mardi 9 juillet nouvelles par M. Legros.
Mardi 16 Juillet tôt le matin retour de Jean 6 qui me trouve au lit Avenue de Verdun où nous vivons à trois Hélène 5, Angèle 20 et moi. Il était temps, car nous vivions sans eau, sans pain ni électricité depuis notre retour jusqu'au 15-20 juillet

Mercredi 18 septembre à 18h, retour de Maman 1, Marguerite 2, et Thérèse 3 ainsi que la famille de ma soeur Jeanne 13 que Jean 6 a été chercher à Abbeville.

 Marie DUBOIS-DUVERGER Mars 1986

 

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Parcours des postières : au bas mot 550km.

 


 POULLAN, fin du voyage

     Le récit de Marie se termine avec le retour des réfugiés depuis Poullan ; par "famille de Jeanne" il faut comprendre ses 3 enfants : Freddy (10 ans), Janet (9 ans) et Josée (8 ans). Ceux-ci resteront -jusqu’après la libération- chez les "valenciennois". Ce n'est pas mentionné dans les récits, leurs parents les ayant très certainement confiés lors d'une rencontre à leur grand-mère qui se dirigeait vers la Bretagne.

     On possède peu de photos de cette courte période à Poullan : 2 "reçues le 12 août 1940" à Valenciennes et montrant les enfants en bonne santé, et celle ci-dessous prise "en mai 1940" sans date précise, probablement par Auguste Dubois 16, à l'occasion de la (première) communion des enfants Holin : qu'ils en aient eu l'âge ou pas, il faut y voir une volonté d'intégration à la communauté. Figurent sur cette photo devant l'entrée de l'église de Poullan les 6 qui reviendront dans le Nord le 18 septembre 1940 : [Marie DANHIEZ 1, sa fille Marguerite 2 , Thérèse 3, Freddy (10 ans), Janet (9 ans) et Josée (8 ans) HOLIN]

Poullan
Poullan Mai 1940

    5 autres membres : les grand-parents DUBOIS [Henri 9 et Nathalie 10] leur fils et sa famille [Auguste 16, Marie-Louise 17, Christiane 18] resteront à Poullan jusqu'à la libération. Le grand-père y mourra le 16 novembre 1940, enterré au cimetière communal jusqu'après la libération, Auguste et Marie-Louise y auront un fils, Jacques, né le 21 août 1942, et qui dispose d'autre photos de la période 1942-45.

     Le témoignage de ce dernier confirme (via des photos de juillet-août 1940) la présence de Marc 12 à Poullan en même temps que Thérèse 3. Il est probablement arrivé en même temps que ses grand-parents paternels auquel il a pu être confié à Mézidon, sans qu'il soit possible de connaitre sa date de retour, ainsi que de la sœur de Marie-Louise citée plus haut (Claudia LALOUX, épouse PERRIER) qui acccompagnait Auguste 16, Marie-Louise 17, Christiane 18 .
 

     Ce seront donc 13 personnes de ma famille ou apparentés accueillies à Poullan (maintenant Poullan-sur-Mer) et -d'après les témoignages recueillis- parfaitement admis et intégrés. Le témoignage de Jacques DUBOIS né en 1942, cite les familles GOURLAOUEN du bourg et KERIVEL de Kerguerrien. Le père, Auguste 16, y faisait alors commerce de tissus ramené du Nord, en échange de produits du terroir breton.

  • Jean et Auguste avaient deux autres frères : Henri 15 et Léon, mobilisés l'un dans l'intendance et l'autre dans la DCA. Faits prisonniers en juin 1940, ils reviendront de leurs stalags respectifs en mai 1945.

    Dans son récit Jean indique "tous sauf Auguste 16 mobilisé" ce qui n'est pas exact : il était repassé le 31 janvier 1940 devant la commission de réforme de Valenciennes qui l'avait exempté ( il avait alors 37 ans, était l'aîné de 4 enfants dont deux mobilisés et un affecté spécial ). Cette décision est reportée dans son livret militaire en possession de son fils, son État Signalétique et des Services ayant brûlé dans l'incendie du centre de Valenciennes en mai 1940. A noter qu'il y figure aussi qu'il avait passé son permis de conduire le 4 mai 1940, ce qui lui permettra de partir en voiture, probablement de la Maison Billiet où il travaillait.

 


 

     Parcours Valenciennes-Poullan des DUBOIS-DUVERGER [Marie DANHIER 1, Marguerite 2 et Thérèse 3] : quelques 900km, presque autant pour en revenir via Abbeville le 18/09/1940 (à peine 4 mois plus tard).

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Valenciennes-Poullan, mai 1940


     L'étape de retour par Abbeville pour le retour s'avère indispensable car les réfugiés devaient justifier d'un parent qui vienne les chercher sur une ligne (ici sur la Somme) qui n'était pas celle de démarcation entre les zones occupée et libre qui deviendront Zones Nord et Sud en novembre 1942, mais une amorce de découpage du territoire français : l'occupant ayant fait de la Belgique et des départements du Nord & du Pas-de-Calais une zone administrée militairement (Militärverwaltung in Belgien und Nordfrankreich), le passage interzones était contrôlé. A noter une "zone de peuplement allemand", interdite au retour des réfugiés.

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D'après une carte d'Eric Gaba, voir.

 

Le parcours (aller) des grands-parents DUBOIS-DEBEVE [Henri 9 et Nathalie 10] est sensiblement le même, au détour par Paris près :

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       Que ces 13 personnes se soient finalement retrouvées tient essentiellement au fait qu'en cours de route, les réfugiés étaient orientés selon leur origine géographique. Bien entendu la destination de ceux du Nord n'était pas "Poullan", mais la Bretagne -le Finistère entre autres-, ce qui n'assurait pas pour autant le regroupement des familles.

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Extrait d'une circulaire préfectorale d'Indre-et-Loire du 18 mai 1940

      C'est ainsi qu'une partie de la municipalité de Valenciennes se retrouve à Quimper, et  que de nombreux Valenciennois seront à St-Brieuc, que les Allemand investissent le 18 juin, avant qu'on ne les autorise -difficilement- à rejoindre leur lieu de départ quelques mois après.


 

 

Arbre généalogique des intervenants dans les 2 récits. (clic pour agrandir)

 

    On retrouve dans cet arbre qui établit les liens familiaux l'ensemble des protagonistes (reconnaissables à leur n°). Sont ombrés ceux qui ont atteint Poullan.

 

     Le dernier ticket du standard téléphonique de Valenciennes établi par Marie 4 alors que le repli était déjà effectif, l'étui à violon, veuf de son instrument, les porte-couteaux orphelins de leurs pattes sont toujours en ma possession, ainsi que le saladier emprunté à Valenciennes par le lieutenant Martin pour ramener des cerises à Marie 4 en exil à Merlimont, et la boucle de ceinture portée par Marguerite 2, représentant un lévrier, visible sur la photo devant l'église de Poullan.

 


Pour aller plus loin :

 

6 octobre 2024

Le 111e Régiment allemand d'Artillerie de Campagne à Valenciennes et Sebourg

   

 

 

 

 

Historique du 111e
Régiment d'Artillerie de Campagne

 

 

Rédigé d'après les journaux de guerre
officiels et des notes privées
de
Otto Höfer
durant la guerre, en dernier lieu officier d'ordonnance
et de renseignement
à l'état-major du régiment

 

Avec 24 photographies et de nombreuses images, 22 croquis
et une carte générale du théâtre d'opérations occidental

 

Impression et Edition : Bernhard Sporn, Imprimerie
et maison d'édition
Zeulenroda (Thuringe)

(Merseburg, octobre 1932)

 

          Le livre comporte 35 chapitres, de la constitution du régiment (Mars 1915) à la démobilisation (Novembre 1918). D'abord affecté au front de l'Ouest en Champagne, il est transféré à l'Est, contre l'armée russe, sur le front Tarnow—Gorlice (voir encadrés rouges sur la carte du chapitre 4, en bas à droite) le 3 Mai 1915 que l'auteur raconte dans le chapitre 3 : Campagne de Galicie.
J'extrais du livre les chapitres relatifs à Valenciennes et à Sebourg. Pour plus de clarté, je transcris la traduction  en bleu. Les batteries sont désignées par un chiffre arabe, les  autres sections du régiment par des chiffres romains.

          Les forces austro-allemandes vont repousser l'armée russe qui, dans une retraite précipitée, va perdre des milliers de soldats et plus de 140 000 prisonniers. Au cours de l'année 1915,  avec la reprise de la Galicie, les empires centraux occupent le Pologne russe, la Lithuanie, une partie de la Biélorussie, une autre de la Lettonie. Cette débâcle russe est rentrée dans l’histoire comme “la Grande Retraite de 1915". Le 30 septembre, le front de près de 1000km va de Dvinsk (Daugavpils en Lettonie) à Czernovicz (
Tchernivtsi, en actuelle Ukraine)

Font le 30/09/1915

 

Chapitre 4. Repos et formation à Valenciennes
(29 juin — 27 juillet 1915).

 

29 juin — 3 juillet. Transport ferroviaire du régiment par Jaroslaw — Cracovie — Częstochowa — Kluczbork — Posen — Francfort-sur-Oder -- Berlin — Hagen — Düsseldorf — Aix-la-Chapelle — Liège — Bruxelles — Valenciennes.

Itinéraire emprunté par le FAR 111 du front de l'Est à celui de l'Ouest

Avant de franchir la frontière orientale de l'Allemagne, les officiers et les hommes de troupe ont été épouillés à Stradom dans le «Lausoleum » nouvellement aménagé, c'est-à-dire que toutes les personnes du convoi ont eu droit à des douches et, pendant ce temps, les vêtements, le linge et les pièces d'équipement ont été désinfectés à la vapeur ; les hommes ont reçu un nouveau linge de corps. En outre, les officiers, les hommes et les chevaux ont changé de voiture, seuls les véhicules sont restés sur les mêmes voitures.

L'auteur avait préalablement donné un peu plus de détails à la fin du chapitre précédent :

Le 29 juin, vers 4 heures du matin, le voyage commença. Le chroniqueur tomba immédiatement dans un profond sommeil et ne peut donc pas rapporter de sa propre expérience que nous avons été bombardés par un avion avec des "bombes qui sont certes tombées à proximité du train, mais qui n'ont causé aucun dommage". Mais comme des personnes fiables, comme le chef de la batterie, l'affirment, cela doit être vrai. . . . .

Nous sommes arrivés le 30 juin au matin à Stradom près de Częstochowa. Un homme a tout de suite couru le long du train et a collé des papiers verts sur les wagons, sur lesquels on pouvait lire que nous venions de Russie (?), que nous étions susceptibles d'être humides (sic) et qu'il fallait nous désinfecter et nous épouiller.
On pénètre dans un établissement construit à cet effet, où l'on entre « avec » à une extrémité et où l'on sort « sans » à l'autre. Toute la matinée, on entendit les cris de détresse des suceurs de sang en train de mourir et un tapis roulant s'éloignant sans cesse avec les victimes rassemblées à la pelle. . . . .
 

Je reprend le récit de Otto HÖFER :
 

Du 2 au 27 juillet. Le 2 juillet après midi et le 3 juillet avant midi, les différents convois atteignirent la gare de débarquement de Valenciennes après 120 heures de voyage. Dès leur arrivée, les batteries se sont mises en marche vers les lieux de cantonnement qui leur avaient été attribués. Toutes les formations ont été logées sur place, à savoir :
Etat-major régimentaire et Etat-major I à Aubry, 1ère et 2ème batteries à Petite Forêt, 3ème batterie à La Sentinelle, colonne de munitions légères I à St. Waast-la-Haut, Etat-major II, 4ème et 5ème batteries à Raismes et Anzin, 6ème batterie à Beuvrages, colonne de munitions légères II à Bruay au nord et au nord-est de Valenciennes.

Le logement local était en général bon. Presque tous les chevaux ont pu être logés dans des écuries. Malgré le fait que l'hébergement ait eu lieu dans un district avec de nombreuses mines de charbon et de vastes installations industrielles, il y avait souvent la possibilité de faire paître les chevaux. Dès son arrivée, le régiment reçut l'ordre de mettre sur pied une section de la IIe division à Raismes pour la défense antiaérienne, qui fut cependant remplacée dès le 4 juillet par le groupe de canons de défense contre les ballons 104, affecté au régiment. La division resta ici en réserve de l'armée.

 

Par ailleurs, remise en état du matériel, notamment des pièces dans l'atelier d'artillerie de Douai, et de l'équipement. Visite sanitaire, cours d'équitation, manœuvres d'artillerie. Le terrain était extrêmement défavorable à la pratique d'exercices d'attelage et d'exercices tactiques en formation de détachement et de régiment, d'autant plus que les routes de desserte locale sont pavées et qu'il fallait éviter les dégâts dans les champs cultivés. Les équipes et les attelages des colonnes de munitions légères I et II ont été mis à la disposition de la kommandantur d'étape de Valenciennes pour l'exécution de travaux agricoles.
 

Le 8 juillet, le nouveau commandant de la division, le lieutenant-général Sonntag, a salué les officiers du régiment à l'état-major du régiment et, le 26 juillet, S.A.R. le Grand-Duc de Hesse a visité les 1ère et 2ème batteries, la colonne de munitions légères I et les citoyens Hessois des autres formations du régiment.

Les congés dans la patrie ont été nombreux. Certaines demandes originales ont été présentées. Une épouse fidèle a écrit textuellement :

« Demande concernant N. N.

Je prie l'autorité militaire de bien vouloir accorder à mon mari un congé de 10 à 14 jours, selon le temps et les circonstances, afin de régler la vie intime de la famille.
Dans l'espoir que vous prêterez attention à ma demande, avec tout le respect que je vous dois

Madame N. N. »

Et l'homme de guerre a certainement obtenu son congé.

 


Suivent les chapitres :

- 6. Sur le front de Champagne
- 7. Repos à Sedan
- 8. Bataille de Verdun
- 9. Combats de position en Artois (Lens, Givenchy)
- 10. La bataille de la Somme

 

Chapitre 11. Repos et entraînement au polygone d'artillerie de Sebourg
(1-31 Janvier 1917)

Les formations se sont installées dans leurs sous-espaces de travail. Les quartiers étaient tous de bonne qualité. L'hébergement des chevaux était également satisfaisant. Le ravitaillement, suffisant en soi, pouvait encore être amélioré par des achats de toutes sortes auprès de la cantine départementale, qui complétait ses stocks en provenance de localités belges. Toutes les conditions étaient donc réunies pour un repos complet et bien mérité, mais le repos signifiait la préparation à de nouveaux combats et c'est pourquoi le service s'est immédiatement remis en place, tenant le groupe en haleine jusqu'au nouvel engagement, augmentant son aptitude au combat et permettant à chacun de se reposer pleinement et de se distraire.

Exercices de pointage, manœuvres d'artillerie et présentation d'engins, notamment pour les 63 nouveaux de la IIe section de remplacement, 70 remplaçants pour la première section, équitation pour les sous-officiers et les conducteurs, entretien minutieux du matériel, des vêtements, du harnachement et surtout des chevaux, cours quotidiens pour les téléphonistes sur le fonctionnement des téléphones et le service des signaux lumineux se sont alternés. Cependant, des exercices sur le terrain devaient être tout particulièrement organisés, mais les conditions météorologiques défavorables (gel et épaisse couche de neige depuis le 11 janvier 1917) les ont fortement entravés.

Les tirs de combat et les exercices de tir ont commencé le 13 janvier et se sont répétés chaque semaine.

Le dernier jour, 31 chevaux arrivèrent du dépôt de chevaux d'étape de la 1ère armée en remplacement. Le même jour, l'état-major du régiment et le 1er groupe reçurent l'ordre du Commandement Suprême de l'Armée de se mettre à la disposition de la 1ère armée à partir du 1er février. Le départ de l'état-major du régiment et du 1er groupe eut lieu le 1er février 1917.

Suivent 5 chapitres avant le second repos à Sebourg :

- 12. combats de la IIe division.

- a) Camp de position à l'est de Reims
- b) Repos à St. Quentin
- c) Bataille de la Somme

- d) Jours de marche et repos à St. Quentin

- 13. Bataille de la Somme et combats devant la position Siegfried
- 14. Combats sur l'Aisne, double bataille Aisne-Champagne
- 15. Repos et instruction au champ de tir de Maubert-Fontaine

- 16. Bataille des Flandres
 

17. Repos et entraînement au polygone d'artillerie de Sebourg
(6 Août—17 Septembre 1917
)

Le 6 août, le régiment rejoignit la réserve de la Direction Suprême de l'Armée et reçut le même jour l'ordre de partir. Embarqué à Meulebeke, le régiment arriva après 6 heures de train à la station de débarquement de Marly près de Valenciennes et atteignit le 7 août, après une courte marche d'environ 12 km, le champ de tir et d'exercice d'artillerie de Sebourg, que nous connaissions déjà depuis janvier 1917.
 

Les cantonnements suivants, assez satisfaisants pour nous autres «combattants du front », ont été occupés :

État-major du régiment, 1ère. et 2ème batteries. à Eth,
État-major I et 3e batterie à Bry,
État-major II à Marchipont,
4e et 5e batteries. à Rombies

 

Le séjour sur le terrain d'exercice a servi, en plus des tirs de précision, à la formation des remplaçants, à la remise en état du matériel et aux soins des hommes et des chevaux. Des cours spéciaux ont été organisés pour la formation de téléphonistes et de signaleurs ainsi que de techniciens de batterie. Deux sous-officiers et 85 hommes du groupe de base 1001, qui était logé sur le champ de tir, ont été transférés au régiment à titre de remplacement. Les chevaux inutilisables pendant la guerre ont été échangés. Le commandant du groupe et les chefs de batterie pressentis ont été transférés au régiment depuis le IIIe groupe constitué dans le pays.

Le 7 septembre, le régiment reçut l'ordre de partir. Il fut affecté par la direction générale de l'armée au «Groupe d’armée du Kronprinz Allemand».


Le livre se termine avec les chapitres suivants:
- 18. Combats près de Verdun
- 19. Combats de position en Champagne
- 20. Combats au Chemin des Dames

- 21. Repos et formation au champ de tir de Maubert-Fontaine
- 22. Bataille de Cambrai
- 23. Repos et instruction en Belgique (province de Luxembourg)
- 24. Combats en Champagne
- 25. Combats à Chauny
- 26. Repos sur le terrain d'exercice d'artillerie de Ciney (Belgique)

- 27. Participation à la grande bataille en France (près de Reims)
- 28. Repos à Aire

- 29. Bataille offensive près de Reims
- 30. Combats de position en Flandre

- 31. Sur le champ de tir de Ciney
- 32. Bataille de Terny-Sorny [Aisne]
- 33. Sur le champ de tir de Maubert-Fontaine
- 34. Derniers jours de combat
- 35. Évacuation de la zone occupée : marche de retour, démobilisation

 

___________________________________

D'autres régiments d'artillerie viendront s'exercer sur le polygone de Sebourg, à suivre donc ...

 

23 décembre 2024

Octobre 1914 le 83e Régiment allemand d'infanterie de réserve passe à Valenciennes

        Le 86e régiment d'infanterie de réserve ne faisant qu'un bref passage à Valenciennes, il m'a paru intéressant de donner un aperçu de son repli -précédant le repos chez nous- après la bataille de la Marne, ainsi que sa participation au mouvement de contournement qui a suivi, chaque armée cherchant sans succès à dépasser l'autre, et ce jusqu'à la côte belge. Mouvement connu a posteriori sous le nom de "course à la mer". (voir également sur le site http://www.carto1418.fr/ )

 

 

Le 8 septembre [1914], Le 168e régiment d’infanterie prend la position du 1er bataillon qui est engagé à Laimont [Meuse] à la gauche du 3e bataillon auquel est affectée la section de mitrailleuses de réserve. Un feu nourri s'abat ce jour et le 9 septembre sur la position, le village et les routes de communication, rendant difficile le ravitaillement, en particulier l'acheminement des cuisines de campagne.

Le 10 septembre à 5 heures du matin, le lieutenant-colonel Schollmeyer, commandant du régiment, est malheureusement tué par un obus, alors qu'il avait été le premier du régiment à recevoir la Croix de fer de 2e classe peu avant. Le commandement du régiment est d'abord assuré par le Major Boedtke, celui du 1er bataillon par le capitaine Rehr.

La situation de la division est restée la même ces derniers jours, mais elle évolue de jour en jour. Les troupes combattant au sud étaient en train d'avancer victorieusement et le XVIIIe corps d'armée était en train d'attaquer.

« La jonction avec l'armée de Metz est imminente et l'encerclement de la forteresse de Verdun sera achevé. Il faut donc tenir bon », disait-on encore le 10 septembre.

 

Repli en 1914 et combats de position près de Servon [Servon-Melzicourt, Marne]

Évacuation vers Valenciennes.

du 11/9 au 13/10/1914

C'est alors que le 11 septembre, à 5 heures du matin, arrive inopinément l'ordre d’évacuer la position. Sans pertes, les bataillons décrochent de l'ennemi. Des patrouilles restent en arrière pour faire croire à l'occupation de la position, qui continue à être violemment bombardée par l'ennemi. Le régiment recule jusqu'à Villers-aux-Vents où il bivouaque. Il pleut à verse tout l'après-midi, et le soir, après que l'ennemi se soit aperçu de l'évacuation de la position, le lieu de bivouac est pris pour cible, heureusement sans perte. Le creusement de tranchées de couverture avait été arrêté selon l'ordre indiquant que la division continuerait à reculer en raison de la situation générale.

Tout le monde était plus ou moins trempé et se languissait de la nourriture chaude de la cuisine de campagne, mais ce n'est qu'à 3 heures du matin que l'on réussit à ramener les cuisines de campagne qui avaient été retirées pendant le tir d'artillerie et à distribuer la nourriture. Et déjà à 6 heures du matin le 12, la retraite commence par Laheycourt, Sommeilles, Givry jusqu'à la Neufville-aux-bois, où le régiment arrive à 3 heures du matin et s'installe dans les cantonnements sur place

Mais il n'y a pas de repos aujourd'hui non plus, car à 10h30 du soir, les avant-postes du 168e RI sont attaqués. Le régiment, alerté, avance par un temps épouvantable et par une nuit noire jusqu'à Le-Vieil-Dampierre, s'y repose en état de combattre jusqu'à 3 heures du matin le 13 et repart ensuite par Daucourt, Argers et St Ménehould sous une pluie toujours battante. La pluie s'arrête dans la matinée.

De Laimont à Ste Menehould

Sur les hauteurs au sud-ouest de Ste Menehould, le régiment prend une position d'arrière-garde à 1 heure du matin (3e Bataillon à droite, 1er au centre, 2e à gauche, les mitrailleuses leur sont réparties) ; celle-ci est à peine prise que les Français prennent déjà sous leur feu d'artillerie les compagnies qui se retranchent à une grande distance. A 3h30 du matin, l'infanterie et la cavalerie ennemies sont déjà à distance de tir et se préparent à attaquer après que le 3e bataillon ait ouvert le feu.

En raison de la situation générale, il n'est cependant pas prévu d'accepter l'attaque dans cette position et à 5h30 du matin, l'ordre est donc donné de partir. L'ordre est donné de partir vers le nord. Le 2e Bataillon du 83e RI, en tant qu'arrière-garde, doit retarder l'ennemi qui se presse fortement jusqu'à ce que les colonnes de la division en marche arrière soient sorties de Ste-Menehould, complètement encombrée, où les troupes du VIe corps d’armée sont passées à travers le XVIIIe corps de réserve et où parfois quatre colonnes (infanterie avec véhicules et artillerie) sont côte à côte et ne peuvent s'insérer que peu à peu dans la colonne de marche.

Dans cette confusion, l'artillerie ennemie commence à tirer, heureusement sans toucher la route, et finalement, malgré le feu de l'ennemi, on réussit à se détacher de l'adversaire sans pertes sanglantes. Mais il faut laisser à l'ennemi les blessés et quelques membres du régiment qui n'avaient pas réussi à rejoindre la troupe à temps, entre autres le médecin-major der Landwehr Boc (1er Bataillon) et le capitaine de la territoriale Kehr, qui était tombé malade et avait remis à Ste Menehould le commandement du 1er Bataillon au capitaine Domitzlaff du 168e RI.

Vers 11h30 du soir, Vienne-la-Ville est atteinte et le bivouac est installé au nord de la ville. Après les efforts extraordinaires des derniers jours, la troupe fatiguée peut au moins s'accorder quelques heures de repos, car la marche du 14 septembre ne commence qu'à 9 heures du matin, via St Thomas, vers Servon.

De Ste Menehould à Servon

 

(…………..................)

Jusqu'au 2 octobre, le régiment reste dans sa position, qui continue à être renforcée et offre ainsi une certaine protection contre le feu ennemi, qui diminue un peu lorsque l'utilisation des renforts d'artillerie arrivés le 27 septembre se fait sentir.

L'infanterie de l'adversaire se limite principalement à des bombardements nocturnes qui, tout au plus, provoquent un peu d'inquiétude chez les ravitailleurs se rendant à Servon, mais ne gênent guère le développement de la position.

Relevé par le 118e régiment d’infanterie de réserve, le régiment retourne à La Mare-aux-Boeufs le 2 octobre au soir.

Le 5 octobre, le nouveau commandant du régiment, le colonel Bohlman, prend la direction du régiment et le lendemain, le premier convoi de remplacement, si nécessaire, arrive ici.

Logé dans des tranchées de couverture recouvertes d'arbustes contre l'observation aérienne, le régiment reste jusqu'au 7/10 à La Mare aux Boeufs comme réserve de division et, comme la division doit être utilisée ailleurs, il est ramené le soir à Condé lez Autry avec le 1er bataillon et le corps de mitrailleuses en cantonnement sur place, après avoir été relevé par le 118e. C'est là que le 3e bataillon, qui avait été avancé depuis le 6 octobre pour creuser une tranchée de liaison entre le 116e régiment de réserve et le 11e régiment de grenadiers, le rejoint dans la nuit.

Il n'y a pas de longue nuit de repos car déjà à 4 heures du matin le 8 octobre le régiment doit partir pour atteindre Challerange avant l'aube, sans être observé par l'ennemi, d'où il est acheminé à 4h15 du matin avec le 1er bataillon et le 9/10, à 3h15 du matin, avec le 3e bataillon à Hirson via Charleville. Débarqués là, les bataillons marchent par Fourmies jusqu'à Avesnes et, transportés par chemin de fer, arrivent le lendemain à 8 heures du matin (1er bataillon) et à 10 heures du matin (3e bataillon) au point de destination : Valenciennes.

De Laimont à Valenciennes

 

A Valenciennes, les officiers et les hommes de troupe, [arrivés le 9 octobre] dont certains sont logés en cantonnements, peuvent bénéficier de leurs premiers vrais jours de repos, mais seulement jusqu'au 12 octobre, car le régiment doit se tenir prêt à servir de réserve au XIIIe corps d'armée Fabeck, auquel la division est désormais subordonnée, à partir du matin du 13 octobre, date à laquelle les autres régiments de la division partent. C'est également à cette date qu'arrive le 2e convoi de remplacement en provenance de la mère patrie, qui permet la reconstitution du IIe bataillon sous les ordres du capitaine Ilgner.

Photo aérienne de Valenciennes parue dans le livre, On distingue au premier plan : le château d'eau (à droite) , le musée au centre, et au second plan la basilique Notre-Dame du St Cordon.

 

Combats de Lille du 15 au 27/10
                         puis de 
                         l’Yser (Wytschaete)  du 28/10 au 27/11

A la mi-octobre 1914, toutes les tentatives d'incursion et de percée de l'ennemi avaient été victorieusement repoussées sur l'ensemble du front ouest, de la frontière suisse à l'Aisne. De même, les tentatives des Anglais et des Français de contourner l'aile nord allemande avaient totalement échoué et celle-ci s'était étendue jusqu'à Lille. L'armée de siège [de Lille] libérée, renforcée par les jeunes divisions d'origine, fut alors engagée comme nouvelle 4e armée pour une attaque frontale de Gand sur Calais, tandis qu'un groupe de combat plus faible, dont faisait partie la 25e division de réserve, partit de la région de Lille pour attaquer par le flanc l'armée franco-britannico-belge de l'Yser.

L'ordre de marche du régiment est donné pour le 14 octobre. A 2 heures du matin, les mitrailleurs et les fourgons avec les chevaux de selle partent pour la gare de Templeuve. Le régiment suit en deux transports, à 4h30 et 5h30 du matin, par le train et rejoint à 9h du matin à Templeuve la progression de la division vers Linselles en passant par Lille qui porte encore les traces fraîches des combats.

Un grand nombre de soldats blessés aux pieds sont transportées dans des charrettes récupérées.

Les mitrailleurs et les équipements, qui parcourent ce jour-là 65 km à pied et pour qui la marche est particulièrement pénible par ce temps pluvieux, n'arrivent à Linselles que vers 11 heures du soir. 6h30 du matin, la marche vers Comines se poursuit le 15 octobre. Le 1er bataillon est en avant-garde - La cavalerie anglaise, apparemment aussi des troupes cyclistes, sont signalées à Ypres.

Après avoir atteint Comines, les trois bataillons sont immédiatement engagés. Le 1er bataillon prend la tête de pont au nord de Comines, en Belgique ; Le 2e bataillon à l'est et le 3e bataillon à l'ouest de Comines en France s'installent de ce côté-ci de la Lys pour se défendre. Des pionniers sont affectés aux bataillons pour accélérer le développement de la position.

Comines (F) et Comines-Warneton (B) de part et d'autre de la rivière Lys ; la frontière franco-belge suit toujours l’ancien cours de la Lys, canalisée et redressée depuis.

 

(………............................)

L’étape suivante jusqu’en mars 1915 sera le front de l’Est ;

Ils passeront leur premier Noël de guerre aux environs de Varsovie

 

19 décembre 2018

Heroïnes françaises : Mme Baudhuin et le soldat Cruikshank

     Dans les précédent sujets, j'ai traité de 3 des 4 héroïnes présentes sur cette photo de l'agence Rol que Gallica à mis en ligne récemment, Mme BELMONT-GOBERT et sa fille Angèle, ainsi que Mme CARDON.

 

Londres

 

      De gauche à droite sur cette photo prise à Mansion House, résidence officielle du lord-maire de Londres le 8 avril 1927 :

Lord Burnham, propriétaire du Daily Telegraph,
Mme Marie-Louise Cardon, de Bertry,
Mme Angèle Lesur, de Bertry,
Patrick Fowler, au centre de cette histoire, sortant de la fameuse armoire-cachette,
Mme Veuve Marie Belmont-Gobert, de Bertry, mère d'Angèle Lesur,
Sir Rowland Blades, lord-maire,
Mme Julie-Célestine Baudhuin, de Le Cateau-Cambrésis
M. de Fleuriau, ambassadeur de France,
L'épouse du lord-maire.

                              Elles étaient accompagnées de M. Bracq, maire de Bertry, et de M. Lebeau, maire de Le Cateau qui ne figurent pas sur la photo.

 Quoi de mieux en introduction que le témoignage du petit-fils du soldat britannique au cœur de ce sujet :

Le soldat David Waddell Cruickshank est mon grand-père paternel. Il est né à Glasgow en 1894.
Il a rejoint le 1er bataillon des Cameronians (The 1st Scottish Rifles) au début de 1914. Matricule 11132. Le régiment s'entraînait dans les Highlands, dans le Perthshire, lorsqu'ils ont été rappelés à la caserne Merryhill d’Hamilton.

Le régiment prit le train pour Southampton et débarqua au Havre. De là, il se rendit à Mons, où les Cameronians furent intégrés à une nouvelle division [19e Brigade de la 6e Division]. Le 19 Août 1914, ils furent placés sur la gauche du canal Mons-Condé.
Après la bataille de Mons, le 2e Corps fut le dernier à s'enfuir. Ils marchèrent nuit et jour dans la chaleur étouffante du mois d'août, sans eau ni nourriture, et furent impliqués en cours de route dans des escarmouches.

Finalement, atteignant Le Cateau, on ordonna au régiment de se rendre à la gare ou de se reposer sur la place de la ville. La bataille de Le Cateau a commencé le lendemain matin vers 6 h 30.
Mon grand-père et un autre soldat des Cameronians étaient pris au piège dans la ville, il a couru dans une rue, mais les Allemands venaient dans l'autre sens, il est entré par une porte où se trouvait une femme de la localité avec un seau d'eau. Un coup de feu a été tiré mais l’a manqué et a frappé le seau et la robe de la dame.
Il avait déjà été blessé avant la bataille. Il s'est donc couché dans la rue en feignant d'être mort. Comme il le disait dans une interview à Paris en 1927, la rue était pleine d'hommes et de chevaux morts. Je me suis donc allongé en espérant que l'ennemi me dépasserait, ce qu'ils firent.
Il a rampé dans une ruelle et a trouvé un jardin plein de fleurs et d'arbustes, il y est resté pendant des heures et il a dit qu'il pouvait entendre tirer l'artillerie britannique.
Puis il a rampé dans la cave d'une maison où Mme Baudhuin s’est occupé de lui.


Cette courageuse dame le garda plus de deux ans, jusqu'à sa capture en 1916. Il a été condamné à mort par un juge allemand et Mme Baudhuin a été condamnée à dix ans de prison en Allemagne.

La sentence de mort n’a pas été exécutée, sinon je n’écrirais pas ces lignes.

IWM Lives of the great war

     Ce n'est que le début de l'histoire, on la trouve largement détaillée sur des sites anglophones, par exemple celui de J. Anderson dont je traduis les extraits qui suivent, certains racontés par David Cruikshank lui-même :

Extraits du Journal de Marche du bataillon :

24 Août 1914. 2 heures. Avons reçu l'ordre de nous retirer immédiatement. Très heureux de sortir de cette position nous dûmes marcher 1 mile et demi le long du front de l'ennemi. Déplacement effectué avec succès à l'aube. La retraite nous amène à Jenlain. Les sous-officiers et les hommes ont les pieds endoloris et sont fatigués.

25 Août 1914. Arrivons sous les éclats d'obus pour la première fois. Nous replions sur Le Cateau, cantonnement à la gare de marchandises.

26 Août 1914. Nous nous remettons en route. Nourriture rare. Peu de temps après avoir quitté la ville la bataille a commencé.

 

Il y avait au moins un Cameronian qui n'avait pas quitté Le Cateau avec son bataillon : nous ne savons ni pourquoi ni quand David en a été séparé, mais ce garçon de 19 ans, avec une formation militaire de quelques mois, était seul face à l'armée allemande entrant dans Le Cateau lorsqu'il a rencontré Mme Baudhuin qui s'est trouvée en présence d'un garçon qu'elle qualifiera plus tard de "si petit".

Le mari et le fils aîné de Mme Julie Célestine Baudhuin étaient mobilisés, elle a donc offert un refuge à ce jeune garçon en pensant à eux, (argument qui sera repris lors du procès) ; comme elle le dira plus tard : "Je ne savais à quel saint me vouer", mais elle ne pouvait refuser un abri. Elle l'a donc conduit vers un hangar au fond du jardin qui est devenu sa cachette.

Les Allemands occupèrent Le Cateau avec ses environs et de nombreux foyers devinrent des cantonnements pour les soldats allemands. Bien qu'il n'y ait pas de soldat allemand vivant dans la maisonnée des Baudhuin, (Julie-Célestine vivait avec ses 2 autres enfants Léon et Marie) ils s'y parfois sont rendus à l'improviste alors qu'ils cherchaient de la nourriture ou des articles ménagers. Au début, David passait la majeure partie de son temps à l'abri de sa cachette mais, au fil du temps, il retrouva ses forces et passa de plus en plus de temps dans les locaux d'habitation de la famille. Un jour, les soldats allemands se sont présentés si rapidement que David n'a pas eu le temps de se rendre à sa cachette et Julie-Celestine l'a poussé dans le panier à linge, devant lequel elle se trouvait tout au long de la perquisition. Pendant son séjour dans la maison de la rue Louis Carlier, il a dû se cacher dans le panier à linge à plusieurs reprises.

Au bout de trois mois, le jeune soldat s'était plus ou moins complètement remis de ses blessures et avait commencé à faire des plans qui impliquaient davantage que de rester confinés à la maison ou à la remise. La première tentative de Julie-Célestine de dissimuler "Avid" comme elle l'appelait maintenant consistait à teindre en noir son uniforme kaki qu'il portait en sortant la nuit avec Leon.

Cependant, David n'était pas satisfait de ces circonstances et peu de temps après, une rencontre providentielle lui permit de tirer un tour mémorable contre les Allemands et d'avoir un impact énorme sur le reste de sa vie.

Il a rencontré Aimée Olivier qui vivait à proximité et qui était dans la confidence. Aimée a souvent rendu visite à David, lui apportant parfois du tabac et ils sont devenus de solides amis. On ne sait pas qui est à l'origine de l'idée, mais un plan a été élaboré pour que David soit déguisé en femme. À seulement 19 ans et de son propre aveu, dans une interview de 1919, il déclara qu'il était "au visage frais et sans pilosité faciale à proprement parler".

Un neveu de Julie-Celestine était un coiffeur et avec son aide, ils ont obtenu une perruque. Le reste de la tenue féminine de David était assez facile à obtenir auprès d'amis proches et de la famille à qui on avait confié le secret. Aimée a passé beaucoup de temps avec David et l'a aidé à acquérir une apparence plus féminine à la fois dans ses manières et ses mouvements.

Une difficulté était la longueur de sa foulée, beaucoup trop longue pour une Mademoiselle française. David, vêtu de son déguisement de femme a défilé devant la famille et, même s'ils sont convenus qu'il avait l'air d'une femme, il se déplaçait comme un jeune homme. Aimée a aidé à le préparer en posture et, à un moment donné, on lui a suggéré d'attacher une longueur de ficelle à ses chevilles pour raccourcir sa foulée. Cela a été fait et après beaucoup de pratique, David a pu se déplacer comme une femme. Prenant confiance en lui il a enfin pu quitter la maison des Baudhuin pendant la journée. Passant pour une cousine de la famille, Mademoiselle Louise est née.

Ce déguisement permit à David de se fondre dans la communauté et se trouva plusieurs fois en présence de soldats allemands. "Je leur faisais un sourire enchanteur, ils étaient ravis qu'une jeune femme française ait l'air si amicale avec eux."

David et Aimée se rapprochèrent alors qu'ils passaient du temps à perfectionner son nouveau personnage. Connaissant les peines terrifiantes qui leur seraient infligées, lui ainsi que la famille Baudhuin si David était pris ou trahi, il n'est peut-être pas surprenant qu'ils soient tombés amoureux et se soient secrètement mis d'accord pour se marier une fois cette terrible guerre terminée.

C'était sous l'apparence de Melle Louise que David se fondait dans la vie quotidienne de la ville occupée, mais un jour il s'est approché d'une dame que nous connaissons seulement comme Madame D. Celle-ci est venue voir David et lui a dit qu'elle savait qu'il était un soldat britannique. D'après le récit de David en 1919, il s'en souvenait : "Le jour de la bataille de Le Cateau, je m'étais réfugié dans une porte où se trouvait une dame avec un seau. Une balle qui m'était destinée est passée à travers le seau et a frôlé la jambe de la femme. Un instant, nous nous sommes regardés et mon visage a dû être gravé dans sa mémoire."

C'est lors d'une de ces rencontres peu fréquentes et non désirées avec Mme D. que celle-ci a commencé à manifester son intention de nouer des relations avec lui ; mais David était amoureux d'Aimée et a rejeté ses avances. À un moment donné, Mme D. lui a dit qu'il regretterait ces refus et a presque menacé de le dénoncer auprès des forces d'occupation. David était troublé, mais il ne pouvait qu'espérer qu'elle ne réaliserait pas sa menace.

Julie-Celestine a raconté la nuit du 10 septembre lors d'une interview en 1927;

"Le 10 septembre 1916, vers minuit, un certain nombre de soldats allemands se sont présentés et ont demandé à entrer. David, ayant abandonné sa cachette, était endormi et partageait un lit avec Léon. Il n'y avait pas de temps pour cacher David dans son ancienne cachette. Dès qu'ils sont entrés dans la maison, les Allemands sont allés directement au lit dans lequel les deux hommes étaient couchés. J'étais terrifiée à l'idée de savoir ce qui se passerait si David était découvert.
Pointant vers Léon, ils ont demandé :
"Qui est-ce" ? "Mon fils Léon" ai-je répondu. Je tremblais et pouvais voir qu'ils avaient compris. David était caché sous les draps, mais les Boches étaient évidemment bien informés, ils ont tiré les draps et ont dit : "Et qui est-ce?!" "Un cousin," leur ai-je dit, sachant qu'ils savaient avoir trouvé leur soldat britannique."

Les Allemands ont arrêté non seulement David, mais aussi Julie-Célestine et son fils Léon. Madame Baudhuin a tenté de toucher leurs cœurs en les suppliant de ne pas éloigner une mère de sa jeune fille, sans personne pour prendre soin d'elle, mais son appel a été vain et tous les trois ont été emmenés en captivité.

Ils ont été maintenus dans de très mauvaises conditions jusqu'au 16 octobre 1916, date à laquelle ils ont été traduits devant un tribunal militaire allemand. Julie-Célestine a été condamnée à 10 ans de prison, Léon à des travaux forcés dans un camp de travail et David fut condamné à être fusillé. Il semblait que son destin était scellé.

C'est à présent que Julie-Célestine, dans ce qui devait être l'un des actes les plus émouvants et les plus passionnants de la Grande Guerre, a demandé à la Cour une grâce au bénéfice du soldat britannique. Rassemblant pleinement toute la chaleur de son grand cœur maternel, elle a parlé avec éloquence de sa jeunesse, puis avec une émotion incontrôlée, elle a parlé de la perte de son fils Jules sur le champ de bataille et de l'adoption du jeune soldat.

"Cette guerre a pris mon fils ; Dieu m'a envoyé un autre à sa place."

Les officiers en jugement doivent avoir été émus par le plaidoyer de cette courageuse femme française et mère merveilleuse car, miraculeusement, la peine de mort de David a été commuée et il a été condamné à une peine de vingt ans d'emprisonnement.

David et Julie-Célestine ont passé le reste de la guerre en prison, Léon dans un camp de travail. Tous trois ont beaucoup souffert des mains de leurs ravisseurs. Marie a dû se débrouiller seule et Aimée a attendu son Cameronian.

Dans une interview de 1922, David se souvint : "Enfin, l'armistice est arrivé et j'ai été libéré de prison le 2 décembre 1918."

David a ensuite montré à quel point il était homme de parole, car après avoir rejoint le domicile de son père en Écosse depuis Cologne, il a réussi à obtenir l'autorisation de retourner au Cateau et le 12 février 1919, moins de deux mois après sa libération de prison, lui et Aimée étaient mariés.

Aimée    David


Baudhuin Julie-Célestine, son fils Léon et son mari ont été réunis et se sont installés pour reconstruire leur vie dans la ville ravagée par la guerre, leur maison détruite. Tous avaient souffert. Marie avait bénéficié de l'aide des braves gens de Le Cateau et avait également survécu à la guerre, mais sa santé fut altérée.

Madame D. a été arrêtée pour collaboration et condamnée à mort ; la peine n'a pas été exécutée.

 


Comme toujours en cas de disparition, les parents de David se sont adressés à la Croix-Rouge :

CICR 01

Il semble qu'ils n'apprendront qu'en 1916 qu'il est en vie. On retrouve David dans les registres du CICR, à Soltau en 1918, venant de Cottbus :

Soltau

 


 

Julia Célestine FARCAGE est née à Le Cateau le 28 février 1867, elle y épouse Jules BAUDHUIN (né dans la même ville le 2 août 1873) le 31/10/1896.

Julie celestine Baudhuin

Elle porte à coté du ruban de rappel qui pourrait être celui de la médaille commémorative,
TASM_the Allied Subjects' Medal de bronze décernée par les Britanniques récompensant ainsi ceux qui sont venus en aide aux soldats du Commonwealth derrière les lignes ennemies pendant la guerre.

Seules 134 médailles ont été décernées en argent et 574 en bronze, la moitié des bénéficiaires étaient des femmes.

Ils ont 3 enfants Jules Arthur, né le 12/11/1893 ; Léon, né le 05/01/1897 ; Marie Antoinette née le 29 avril 1902, tous trois à Le Cateau.

Le père, qui avait effectué son service militaire au 84e RI est mobilisé (à 41 ans) au 4e régiment d'infanterie territoriale le 14/08/1914. Affecté à la défense de la place-forte de Maubeuge, il sera fait prisonnier à la reddition de celle-ci le 7 septembre 1914 et emmené à Friedrischfeld, dont il sera rapatrié le 18/12/1918.

Le fils Jules Arthur est incorporé au 60e régiment d'artillerie le 27/11/1913 ; il est sous les drapeaux à la déclaration de guerre. Il est tué le 6 septembre 1914 à Haraucourt (Meurthe & Moselle).
Il y aura 3 morts et 25 blessés au 60e RA pour la seule journée du 6.

MDH Baudhuin J

Il est inhumé dans la Nécropole Nationale de Courbesseaux (Meurthe & Moselle) tombe 558.

Julie Célestine Baudhuin décède en 1936, Aimée Cruikshank-Olivier en 1964, David, qui travaillait à l'entretien des cimetières pour la CWGC, en 1973, ils ont eu deux fils, un petit-fils qui a commencé ce récit.

Le document, remis par le maire de Londres à Mme Baudhuin, publié sur twitter

testimonial

 Mmes Belmont, Lesur et Cardon ont reçu le même

 

16 décembre 2024

Le 118e régiment d'infanterie allemand au repos en 1915 autour de Valenciennes

 

Régiment d'infanterie « Prince Carl » (Grand-Duché de Hesse) N° 118

"Le voyage [commencé fin juin 1915 depuis la Galicie] s'est poursuivi par Jaroslaw, Cracovie et Sosnowice, où nous sommes arrivés le 29. À Sosnowice se trouvait l'un des plus grands établissements d'épouillage, dans lequel 2000 hommes pouvaient être épouillés chaque jour et nettoyés à fond avec du savon mou et une brosse de chiendent. Après le bain, chacun a reçu du linge propre sur demande. Les hommes en ont tous profité. Après quelques heures, les vêtements étaient également nettoyés. Pendant ce temps, les hommes étaient assis en chemise ou en peignoir de loden dans une salle de séjour située à côté du bain, ou bien ils allaient à la cantine pour se reposer des fatigues du bain. Après une restauration complète, les trains se remettent en route à 8 heures du soir. Nous sommes passés par Breslau [Wrocław], Dresde, Gotha, Bebra, Hanau, où nous sommes arrivés le 1er juillet et où nous avons pu retrouver des « connaissances de Worms » qui avaient été informées par télégramme de notre passage dans cette ville.

Après un bref arrêt, les trains sont partis en direction de l'ouest, via Coblence, Luxembourg et Namur vers Valenciennes, où nous sommes arrivés dans la nuit du 2 au 3 juillet."

Itinéraire depuis le front de l'Est.

"Lors de notre traversée de l'Allemagne, nous avons eu le fier sentiment d'avoir également fait notre devoir à l'Est et avons à nouveau été accueillis partout avec enthousiasme. Le train était à nouveau décoré de verdure, des drapeaux allemands et autrichiens étaient déployés et le tableau coloré était complété par des foulards colorés que les hommes portaient en guise de foulards et qu'ils avaient « achetés » à de « belles » Galiciennes en souvenir. La division est devenue réserve militaire du grand quartier général."

 

Le repos à Valenciennes
              
Juillet 1915

"Le régiment a passé une longue période de repos dans les environs de Valenciennes ; l'état-major du régiment, le bataillon de mitrailleurs et le 2e bataillon se trouvaient à Saultain ; le 1er bataillon se trouvait à Estreux et Curgies et le 3e bataillon à Jenlain. Comme ce dernier présentait quelques cas de maladies intestinales (suspicion de choléra), la division avait ordonné la mise en quarantaine du bataillon et interdit toute communication de l'extérieur avec lui. Les logements étaient très bons. Les officiers et les sous-officiers logeaient chez les habitants des villages, les équipages étaient très bien logés en partie dans des appartements, en partie dans des étables et des granges. Cette période de repos, qui dura en fait jusqu'au début de la bataille d'automne en Champagne, était considérée comme la plus belle dont le régiment avait pu profiter jusqu'alors.

Durant les premiers jours de repos, le régiment reçut un grand nombre de distinctions, dont 9 médailles autrichiennes "Pour la bravoure".

Les compagnies avaient été complétées par des remplaçants venus de la patrie, de sorte que le fier chef de compagnie partait avec 30-32 groupes à l'entraînement ou à l'exercice de combat. Le capitaine baron Von Buttlar-Brandenfels a été promu major ces jours-ci.

Dans les cantines de compagnie confortablement aménagées, où tout le monde se retrouvait après le service pour entonner des chants anciens et nouveaux, on entendait aussi plus d'un excellent discours.

Le 20 juillet, les drapeaux du régiment ont été transférés au commandement général adjoint du XVIIIe corps d'armée à Francfort-sur-le-Main.

Le 26, S.A.R. le Grand-Duc de Hesse a salué le régiment (sans le IIIe bataillon) à la sortie sud de Curgies.

Le 28, le régiment a été embarqué à la gare de Marly et est passé par Sedan, Metz, Arzweiler et finalement installé " [dans les environs de St Louis en Moselle]

(….)

Le régiment se trouvait donc sur le sol allemand et s'exerçait à la « guerre en montagne ». Selon toute vraisemblance, il devait donc aller au « Tyrol ou en Serbie ». Les périodes en formation de bataillon alternent avec celles en formation de régiment.

Les permissions à Saverne ont été largement utilisées pendant cette période et plus d'un camarade a pu y rencontrer pour la dernière fois ses proches et ses amis.

Était-ce simplement pour les occuper ? En réalité fin septembre ils partent pour la région d’Arras : leur prochain combat sera celui de Champagne (Die Herbstschlacht [bataille d’automne] in der Champagne)

On notera que le rédacteur situe le régiment alors en Moselle  "sur le sol allemand", par opposition aux territoires occupés, qui  dans son esprit, restent français.

 

 

11 janvier 2011

MOHR Jules & GRESSIER Emile



M. MOHR, SON ARRESTATION, SON EXÉCUTION

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M. Mohr Jules, inspecteur d'Assurances, né le 6 décembre 1858, était par conséquent âgé de 57 ans, lors de son arrestation par les Boches, le 11 octobre 1915.

Marié et père de sept enfants, dont l'un était décédé en bas âge, il lui restait donc à la déclaration de guerre : trois garçons et trois filles : deux des fils en service actif au 4° Tirailleurs Algériens à Bizerte (Tunisie), l'un comme adjudant et l'autre comme sergent. Le troisième, âgé de 15 ans, donc trop jeune pour être incorporé, est resté en pays occupé.

L'adjudant au 4° Tirailleurs, médaille militaire et croix de Guerre, fut tué en juillet 1916 à Villers-Bretonneux. Celui qui était sergent à la mobilisation est revenu comme adjudant, décoré de la Médaille Militaire, Croix de guerre avec palmes et citations, après avoir été blessé cinq fois.

Depuis longtemps M. Mohr faisait de l'espionnage : renseignements, plans, etc... lorsqu'il fut arrêté. Il transmettait sa correspondance à Flessingue (Hollande) par un courrier, et malgré son âge, traversa une rivière à la nage pour sauver les renseignements qu'il portait.

Peu avant son arrestation, il fut suivi par un Allemand en civil qui se disait belge résolu à rendre service à sa patrie, il demandait à entrer dans la combinaison de M. Mohr comme agent, et se recommandait d'un personnage affilié à Flessingue, tout en citant les noms de quelques personnes faisant déjà partie de ladite combinaison: ceci, bien entendu, pour inspirer confiance à M. Mohr, qui, ayant flairé la supercherie ne se laissa jamais aller à aucune confidence. Il se défendit au contraire de faire quoi que ce soit contre les Allemands, invoquant surtout qu'il était père de six enfants, qu'il ne pouvait dans ces conditions risquer sa vie, et qu'ayant trois fils et un beau-fils à la guerre, il jugeait le sacrifice suffisant.

Plusieurs fois, il fut relancé par le même individu, tant dans la rue que chez lui, ce qu'il cherchait c'était une preuve convaincante et irréfutable.

L'arrestation eut tout de même lieu quelques jours après: sorti l'après-midi en ville, il fut arrêté vers sept heures du soir.

Mme Mohr ne vit plus jamais son mari, et n'eut jamais plus de nouvelles, si ce n'est une lettre écrite in-extremis. Le soir de l'arrestation. on s'inquiétait dans sa famille, quand vers huit heures quarante-cinq, la porte d'entrée de la maison s'ouvrit, les enfants se précipitèrent vers l'entrée, croyant à l'arrivée de leur père, mais ils se trouvèrent en face des agents boches qui avaient ouvert la porte au moyen de la clef prise sur M. Mohr, et qui perquisitionnèrent de la cave au grenier sans rien découvrir.

Il resta dix-sept jours au secret de la caserne Vincent, rue de Lille, et fut dirigé ensuite sur Bruxelles, ou il occupa à la prison Saint-Gilles, la cellule 86. Le flagrant délit n'ayant pas été constaté, l'instruction dura six mois.

La condamnation à mort fut prononcée le 12 avril 1916, et l'exécution eut lieu le 19 du même mois au Tir National de Schaerbeek près Bruxelles, où son nom figure sur la plaque commémorative de tous les suppliciés, plaque inaugurée par le Roi et la Reine, le 10 avril 1921; toutes les familles étaient représentées à cette inauguration.

La lettre d'adieu qu'il écrivit à sa famille pendant la journée qui précéda son exécution était d'une grande élévation d'âme, faisant le sacrifice de sa vie, il disait notamment:

" L'on vient de m'informer que mon recours en grâce a été rejeté. Nous serons donc fusillés demain matin, 19 avril 1916.

" J'ai demandé à Monsieur l'aumônier que l'on prenne la précaution de ne pas vous annoncer cette malheureuse nouvelle trop durement, et il m'a promis de faire en sorte que vous soyez prévenus avec précaution par Monsieur l'aumônier de Valenciennes.

" Quand il faut dire que depuis plus de six mois que je vous ai quittés, 11 octobre 1915, je ne vous ai plus vus, ni même reçu un mot de vous, et que maintenant je ne peux espérer vous revoir que dans un autre monde, c'est terrible. Seul en cellule depuis si longtemps, c'est horrible! horrible!

" Les paroles ne peuvent pas exprimer ce que l'on ressent, mais nous nous reverrons, et du haut du ciel je ne pourrai que vous aimer davantage.

" 18 avril, minuit. -Dans ma dernière prière, ce jour, après avoir prié pour vous tous, je vous envoie ma dernière bénédiction, et j'espère vous revoir dans un lieu plus clément.

" Adieu! Adieu! Adieu!

" Votre malheureux mari et père.

J. MOHR.

" Un dernier mot qui devra vous consoler, c'est que je meurs en brave et pour la Patrie. "

 

Loin d'annoncer avec ménagement cette terrible nouvelle. à sa famille, la Commandanture fit placarder en face de la maison de M. Mohr, le matin même, une grande affiche rouge annonçant son exécution.

affiche

 

Comme on peut s'en rendre compte par sa lettre, M. Mohr fut énergique jusqu'à la mort. Il le prouva en refusant d'être attaché à la chaise d'exécution et d'avoir les yeux bandés.

Après sa mort, il fut enterré au Tir National, à proximité de Miss Cavell et fut transféré en France, en même temps que M. Gressier de Saint-Amand, en juillet 1919 après une cérémonie aussi grandiose que solennelle à Bruxelles et devant une foule considérable.

Il fut décoré à titre posthume des Croix de Guerre, Croix de la Légion d'Honneur , Croix Anglaise.

Mme Mohr ne se consola jamais de cette si brusque séparation, elle mourut subitement le 10 décembre 1923.

 

 

Ces informations sont extraites du livre de René Delame : "Valenciennes Occupation allemande 1914-1918. Faits de guerre et souvenirs" Hollande & Fils ed. 1933

 

  •      Mohr et Gressier appartenaient au service de Renseignements "Hernalsteen" du GQG Français pour la région de Bruxelles, groupe de Valenciennes-St. Amand. les régions de Lille, Douai, Maubeuge, Avesnes, Douai, Cambrai et St Quentin étaient représentées par Dalhuin, Doucedame, Delnatte et Mme VanDamme. (source : archives royales de Belgique)
     
  •      Fait Chevalier de la Légion d'Honneur à titre posthume par décret du 11 janvier 1921.

 

  •      La plaque nominative dans l'Enclos des Fusillés, anciennement "Tir national" à Bruxelles (B)

plaqueEFB(photo ADC)

 

  • Une vue actuelle ( juillet 2010) de l'Enclos des Fusillés à Schaerbeek ; bien que les tombes de la première guerre aient disparu, remplacées par d'autres de la guerre suivante,  la vue de ce ilot de verdure au pied de la tour de radio et télévision n'est pas sans rappeler le cimetière originel où l'on peut voir non loin de la tombe d'Edith CAVELL, celle de Jules MOHR, prénommé EMIL, confusion avec le prénom d' Emile Gressier de St Amand les Eaux fusillé le même jour et qui porte le prénom de Jules ; initialement les croix de bois ne portaient que des numéros.

EdF (photo ADC)

 tombesTN19(collec. pers.)

tombe gressier(collec. pers.)

   voir pour ce cimetière la liste des fusillés des deux guerres sur le site BEL-MEMORIAL

 

  • Son nom figure également sur la stèle de la prison de St Gilles, toujours sur le site BEL-MEMORIAL

 st gilles

Plan de la prison de St-Gilles
où fut également internée Miss Edith Cavell,
fusillée au Tir National le 12 octobre 1915.

  • Jules MOHR est né à Ham (Somme) le 7 décembre 1858 à 9h du matin, de MOHR Hyacinthe et LOMBARD Lucie ; il épouse à Douilly le 17 avril 1883 Marie Valérine BAQUET. Parmi leurs sept enfants (Marie-Pauline 1889-1968, Lucienne, René , Yvette 18976-1966, Raphaël, Paul, André) naît le 6 juillet 1885 MOHR Jules Arthur, (source: Archives Départementales de la Somme) adjudant au 4° Régiment de Marche des Tirailleurs Algériens, qui sera tué le 26 juin 1916 à Villers-Bretonneux (Somme) voir la page du fils sur ce blog :

  •  
  • Le père, son épouse, une fille et le fils sont enterrés au cimetière St ROCH de Valenciennes, tombe 83, section I1 3° droite.

 

FAMILLE
MOHR - BACQUET
JULES 1858 - 1916
FUSILLE PAR LES ALLEMANDS
VALERIE 1859- 1923
RAPHAEL 1885 - 1916
MORT POUR LA PATRIE
YVETTE 1897 - 1966

StRoch

Le fils Mort pour la France porte le prénom de Raphaël,
comme le précise l'état signalétique "Jules Arthur dit Raphaël",
le prénom de Mme MOHR est devenu Valérie
sur une pierre tombale relativement récente..

 

  • Une rue de Valenciennes raccourcie depuis la création du terrain de sports, porte le nom de Jules MOHR.
  • Le récit de René Delame mentionne plus loin la famille MOHR à l'occasion des bombardements de 1918

Le 23 Août (....)

Les premières bombes étaient tombées à l'entrée de la rue Famars, entre les n°s 6 et 8. Au n° 11, les meubles avaient été déchiquetés.

Au n° 9, chez M. Williams, et au n° 6, chez M. Lesieur, les maisons étaient effondrées. .

Le n° 10 était habité par la famille Mohr, dont le père avait été fusillé pour avoir fait passer des documents. Les trois jeunes filles, pour la première fois étaient descendues dans leur cave, la bombe avait traversé le plafond, et leurs lits; leur mère était encore sous le coup de la première impression.

(....)

Le 29 Août

Un autre [obus] tomba au milieu de l'Esplanade, près de laquelle stationnait un train de la Croix-Rouge. Toutes les vitres du quartier volèrent en éclats.

Cette pauvre famille Mohr qui, quelques jours auparavant avait eu sa maison détruite par une bombe, était venue s'installer rue d'Anzin, où une autre bombe vint casser toutes les vitres de sa nouvelle demeure.

 

  •  Jules MOHR, ainsi que bien d'autres, dont Emile GRESSIER, Edith CAVELL, Gabrielle PETIT ont été jugés dans une salle actuellement celle du Sénat de Belgique (voir sur le site BEL-MEMORIAL) où de chaque coté de la tribune une plaque rappelle dans les deux langues les noms et les jugements de ceux qui ont été :

"Fusillés pour crime de fidélité à leur patrie"

12_S_foto_Plaat F   13_S_foto_Plaat N
(merci à Danny D. du site Bel-Memorial)

  •  Le 29 juillet 1919, le Journal Officiel publie sa citation à l'ordre de l'armée, ainsi que celle d'Emile Gressier :

 citation MOHR

 

citation GRESSIER
Ce dernier sera également cité dans le JO du 14/07/19 dans la rubrique "Le Gouvernement porte à la connaissance du pays la belle conduite de :"

GRESSIER_BC

 Il est fait chevalier de la Légion d'honneur à titre posthume par décret du 21 septembre 1983.
 

  •  Par décret présidentiel paru au JO du 5 avril 1930, la médaille de la Reconnaissance française de 1ère classe (vermeil) est attribuée à Jules MOHR :

    MRFJM


     
  •  Tombe commune primitive au cimetière de Bruxelles :

 

Tombe Commmune

 

  •  "La Presse"  (éditée à Paris) du 29 juillet 1919  lui rend hommage, ainsi qu'à Emile Gressier.

    La Presse 19190729
     

  •  Photo du Tir National prise en décembre 1918 par l'ECPAD :

    Tombes ECPAD


     

  • Retour des corps le 19 juillet 1919.
    L'annonce parait dans "le Grand Echo du Nord de la France" en date du 22/07/1919 :

    GENF

Un article similaire était paru dans le journal "L'Excelsior" du 21 juillet 1919


 

N'hésitez pas à m'apporter compléments, rectifications, remarques. : Contactez l'auteur

27 février 2012

Les chiens durant l'occupation

LES CHIENS, TAXES ET RÉQUISITIONS

Extraits du livre de René Delame : "Valenciennes Occupation allemande 1914-1918. Faits de guerre et souvenirs" Hollande & Fils ed. 1933

 


Les réquisitions et l'impôt sur les chiens jetèrent un grand  trouble dans la population.
D'abord les Allemands qui étaient grands chasseurs réquisitionnèrent  les chiens de chasse et les chiens bergers pour leurs gendarmes, en affichant l'avis suivant:

« Par ordre de la Commandanture, tous les chiens bergers, de garde, chiens-loups, de chasse, doivent immédiatement être déclarés à la Mairie, salle du Tribunal de simple police.
Les déclarations sont reçues jusqu'au 28 septembre à midi.


« Valenciennes, le 27 septembre 1915 ».

Le lendemain une nouvelle affiche paraissait ainsi conçue:

« Les chiens visés dans l'affiche d'hier, et déclarés à la. Mairie, devront être présentés par leurs propriétaires sur le Marché aux Bestiaux, le mercredi 29 septembre, à 10 heures du matin (heure allemande).

 
 
« Valenciennes, le 28 septembre 1915. »

Les Allemands purent ainsi faire leur choix et prendre les meilleures bêtes.
Nous ne pensions plus à ce nouvel ennui, quand l'arrêté suivant fut affiché sur les murs de la Ville, il s'agissait de la perception d'une taxe sur les chiens :

« Dans la région des opérations et des Etapes située en France en supprimant tous les décrets allemands et français relatifs à la taxe sur les chiens, et particulièrement les lois et décrets français du 2 mai 1885, 4 août 1885 et 3 août 1861, il est ordonné ce qui suit :

« 1° Tout possesseur d'un chien devra payer annuellement avant le 1er avril 1916, une taxe à la Commandanture du lieu ou d'Etape ou à l'Autorité désignée par elle.

« Sont exemptes de cette taxe les troupes, autorisées, et les personnes appartenant ou attachées à l'armée allemande.

« 2° Les chiens imposables sont classés en deux catégories :

        Catégorie I, porte sur les chiens qui gardent les troupeaux, les chiens de trait et ceux de garde proprement dits.

        Catégorie II, porte sur tous les chiens qui ne sont pas compris dans les catégories suivantes (chiens d'agrément, ou servant à la chasse, etc.),

Dans les cas douteux, les chiens sont rangés dans la deuxième catégorie. Les taxes seront fixées par les Commandants en chef des Armées.

« 3° Jusqu'au 1er avril 1916, les possesseurs de chiens devront faire une déclaration à la Commandanture du lieu ou d'Etape, ou à l'Autorité désignée par elle.
« Quiconque deviendra possesseur d'un chien après le 1er avril 1916, ou quiconque viendra dans une commune avec un chien, devra en faire la déclaration dans un délai de deux semaines, et en même temps payer la taxe pour la totalité de l'année courante, si toutefois cette taxe n'a pas été acquittée. Dans ce cas, la quittance devra être produite. Les jeunes chiens devront être déclarés, et seront imposables dix semaines après leur naissance.
« Quiconque cesse d'être possesseur d'un chien devra également en faire la déclaration dans le délai de deux semaines.

« 4° Le nom et la demeure des contribuables ainsi que le nombre et la catégorie des chiens doivent être inscrits sur un registre spécial de perception.
« Contre paiement de la taxe, il sera délivré une carte spéciale en guise de reçu. Les Commandants en chef des Armées décideront, s'il y a lieu d'établir des plaques de taxe.

« 5° Les Commandants du lieu ou d'Etape ordonneront la présentation et la visite des chiens pour faire constater qu'ils sont exempts de maladies contagieuses. Ils prendront également les mesures nécessaires pour la guérison ou la destruction des chiens malades.

« 6° Dans le cas où les contribuables auraient déjà acquitté la taxe sur les chiens pour l'époque à partir du 1er janvier 1916, en vertu des prescriptions antérieures, il sera tenu compte comme suit des sommes perçues:

        « a) si la taxe a été perçue à la Commune française, elle sera remboursée par cette dernière.

        « b) si la taxe a été payée à l'Autorité allemande, elle sera déduite de la somme due en vertu du présent arrêté.

« 7° Les Communes recevront un quart du produit des taxes perçues.

« 8° Les prescriptions nécessaires à l'exécution du présent arrêté seront dictées par les Commandants en Chef des Armées.

En ce qui concerne les territoires occupés de Longwy et Briay, le Gouverneur de Metz se substituera au Commandant en Chef de l'Armée.

« 9° Toute contravention aux paragraphes 1 et 3 ainsi qu'aux prescriptions émises par les Commandants en Chef des Armées, le Gouverneur de Metz ou les Commandants de lieu ou d'Etapes, en vertu des paragraphes 5 et 8 sera punie d'une amende jusqu'à 1.500 marks ou de détention jusqu à six semaines ou d'emprisonnement jusqu'à six mois.

« De plus le chien pour lequel les prescriptions concernant la taxe, la déclaration ou la présentation n'auraient pas été observées pourra être confisqué ou détruit.


« Grand Quartier Général, 1er janvier 1916,
  « Der Generalquartiermeister,
« FRHR. Von FREYTAG,
« Generalleutnant ».

 

« En vertu des paragraphes 2, titre 2 et titre 4, du décret précité, le Commandant supérieur de l'Armée ordonne ce qui suit, concernant le territoire de l'Armée :

L'impôt s'élève à 

Dans les localités   ayant 

  ayant  de  3.000 habitants et au-dessous. plus de 3.000 habitants

Pour le chien de 1re catégorie d'impôt .   

M.: 5.   M.: 10.

Pour chaque chien en plus en 1re catégorie d'impôt

  M.: 10.   M.: 20.

Pour le chien de 2e catégorie.

  M.: 20.   M.: 30

Pour chaque chien en plus en 2e catégorie d'impôt.

  M.: 30.   M.: 30

« S'il y a deux chiens appartenant à différentes classes d'impôts, un chien de la première catégorie sera considéré comme premier chien.

« Dans les localités ayant 3.000 habitants et au-dessous, une quittance sera délivrée aux contribuables contre paiement de l'impôt, dans les localités ayant plus de 3.000 habitants, les contribuables recevront en outre une plaque d'impôt, qui devra être fixée bien visiblement aux colliers des chiens.

« En cas de perte, une nouvelle plaque sera demandée dans les 15 jours au bureau, où le paiement de l'impôt a été fait, en présentant la quittance; la plaque sera remise contre paiement de la somme de deux francs.


  «Fait au Quartier Général de l'Armée,
« Le 7 février 1916
« Le Général commandant d'Armée ».
  S.47



Cet arrêté fut bientôt suivi de l'avis suivant:

« Comme complément à l'ordre du Général en Chef de l'Armée en date du 7-11-17 il est ordonné ce qui suit :

« Tous les Propriétaires de chiens ou personnes qui ont des chiens de garde, doivent pour le 8 mars 1916, déclarer tous leurs chiens en indiquant l'âge, le sexe, la race ainsi que l'usage.
« Doivent être déclarés tous les chiens qui, au 1er mars 1916, avaient 10 semaines ou qui atteindront cet âge dans le courant du mois prochain.
« Les classifications des chiens dans les deux catégories d'impôt seront faites par la Commandanture après présentation des chiens. Le paiement de la taxe sera effectué en bon argent à la Commune qui remettra les fonds à la Commandanture.
« Les jours de revue des chiens seront publiés, ainsi que l'époque à partir de laquelle on devra payer les impôts.
« Les chiens devront être amenés à la revue isolément par une personne sure (propriétaire ou représentant); tenus par une laisse munis d'une muselière. On prendra des précautions spéciales pour les chiens qui mordent.
 « Les contraventions seront punies conformément aux prescriptions générales de l'ordre ci-dessus mentionné.


   « PRIESS ».



Naturellement, cet impôt sur les chiens fut discuté à la séance du Conseil du 28 février 1916.

LE MAIRE. -Nous ne savons si nous pouvons accepter la part qu'il plaît aux Allemands d'attribuer à la Ville.
MABILLE DE PONCHEVILLE. -Le percepteur peut-il recevoir un impôt allemand?
J. BILLIET. -Peut-être s'il s 'agissait d 'un impôt français qu'ils percevaient à leur profit. Mais l'affiche commence par proclamer l'abrogation des lois françaises applicables à la matière.
Donc, c'est un impôt allemand.
M. DOUAY. -Cet impôt est contraire à la Convention de La Haye. Aux termes de l'annexe de cette Convention, l'occupant seulement a le droit de percevoir les impôts d’État et non ceux dus aux Communes.
M. DERRUDER. -Je prie M. le Maire de faire une démarche pour que la taxe ne soit pas exigée en monnaie d’État, mais en bons communaux. Cet impôt, ajoute-t-il, est l'arrêt de mort d'un grand nombre de nos toutous.
UN CONSEILLER. -Les Allemands préfèreront 30 marks à la mort d'un chien. Cependant la vie humaine ne comptant pas pour eux, pourquoi voulez-vous qu'ils ajoutent plus de prix à la vie d'un caniche?

Cependant la plupart de nos concitoyens préférait tuer les chiens plutôt que de verser de l'argent aux Allemands. Aussi, les vétérinaires eurent-ils fort à faire.
Comme l'en avait chargé le Conseil, M. le Maire avait adressé à la Commandanture la lettre suivante:

« Valenciennes, le 1er mars 1916,

« Monsieur le Colonel,
« Aux termes de la Convention de La Haye, l'impôt sur les chiens étant un impôt municipal, ne peut être perçu par l'occupant.
« Il ne peut en tout cas, être perçu par la municipalité, puisqu'il entre en contradiction avec les lois et décrets français, et serait certainement, après la guerre, l'objet d'une action en répétition.
 « D'autre part, votre mesure va amener le sacrifice pénible d'animaux toujours aimés dans les familles.
 « Nous vous prions donc de rapporter l'ordre que vous avez donné ou, si vous persistez à vouloir cette perception, la faire par vos bureaux et ne pas exiger le paiement en monnaie d’État lequel nous paraît actuellement irréalisable.


   Le Maire de Valenciennes,
   Docteur TAUCHON.


La Commandanture envoya la lettre avec l'inscription suivante au dos:

« Retourné à la Mairie de Valenciennes, conformément à l'ordonnance de la VIe armée du 7 février 1916. Toutes les lois et ordonnances relatives à la taxe des chiens sont annulées. Il faut alors suivre exactement les prescriptions de la Commandanture.


  « Valenciennes, le 2 mars 1916,
  « Signé : PRIESS,
  « Oberstleutnant und Commandant ».


L'abbé Eberlé, qui était officier avant d'être prêtre, logeait depuis un an chez ma sœur, Madame Delcourt, 50, rue de Paris. Il lui fit demander si l'acquisition d'un petit chien ne lui serait pas désagréable.
Comme elle était gravement souffrante, elle lui fit répondre que cela lui déplairait beaucoup. Mais l'abbé Eberlé d'ajouter: « Eh bien! à moi, cela me serait très agréable! »
Il se rendit chez le vétérinaire, M. Poutrain, pour faire son choix, mais les chiens manquaient, ils venaient d'être tués, il se rejeta sur le roquet jaune du gardien du square Watteau, lequel voulait s'en défaire, ne pouvant payer la taxe exorbitante de 30 marks. L'abbé Eberlé, en allant dire sa messe chaque matin à St-Géry, l'avait remarqué et pris en affection. C'est ainsi qu'il l'installa chez Mme Delcourt où il se comporta d'ailleurs très bien.

Au 10 mars, il restait dans le périmètre de Valenciennes 925 chiens qui avaient été déclarés, ce qui était encore beaucoup trop.

 

 

AVIS : DESTRUCTION DES CHIENS

 

« Il y a lieu de croire qu'à la suite de l'introduction de l'impôt des chiens, un certain nombre de propriétaires de chiens veulent se débarrasser de leurs chiens en les tuant.
« Celui qui a cette intention est tenu de livrer à l'Autorité allemande les chiens pour lesquels il ne veut pas payer d'impôt.
« Il faut indiquer à la Mairie pour le 16 mars 1916 quels chiens ne seront pas taxés, mais doivent être abattus. La Mairie en fournira la liste le 17 à la Commandanture, qui donnera ensuite des ordres conséquents. Cette déclaration ne libère pas de l'obligation de présenter les chiens aux jours qui seront indiqués.
« L'Autorité Allemande dispose des chiens livrés. Aucune indemnité ne sera donné pour les animaux livrés.
« L'abatage des chiens par leurs propriétaires ou le fait de s'en débarrasser en leur donnant la liberté, seront punis d'une amende pouvant s'élever à 1.000 marks, ou d'une peine de prison jusqu'à 3 mois.

 

« Signé: PRIESS ».

 

A la séance du Conseil municipal du 17 mars 1916, le Maire nous dit qu'il a cru devoir faire un retour en arrière sur la taxe des chiens. Il est pénible, dit-il, à la Municipalité de faire percevoir cette contribution par les bureaux de l'Hôtel de Ville. Aussi, a-t-il adressé à la Commandanture une nouvelle note dont voici le texte :

« Valenciennes le 17 mars 1916
« Monsieur le Colonel,
« Permettez-moi de revenir encore à la question de la taxe sur les chiens.
« Cette taxe constitue un impôt municipal auquel l'autorité allemande n'a pas droit.
« Nous ne devons donc pas collaborer à la perception d'un impôt contre lequel nos lois et règlements nous obligent à protester.
« Nous vous prions donc d'en opérer le règlement par vos bureaux.


Signé: Le Maire de Valenciennes ».

 

M. BOUILLON. -Il faudrait d'abord ne pas s'immiscer dans la perception. Il ne peut être question de toucher ce quart pour le remettre aux: propriétaires des chiens. Ceux qui ont fait passer leur amitié pour les chiens au-dessus de la haine pour l'Allemand ne sont pas intéressants.

M. DOUAY. -Encaisser une quotité quelconque de la taxe, ce serait ratifier l'abus commis. Il faut refuser, puisque la, taxe perçue, contrairement aux conventions internationales doit être pour le tout sujette à répétition.

Le Conseil, après en avoir délibéré, décida d'encaisser la part de la taxe mise à la disposition de la Ville par l'autorité allemande, pour la tenir aux ordres de l'Etat français.
Puis, comme pour les chevaux, il y eut la revue des chiens, comme l'indique l'affiche suivante ainsi conçue :

 

REVUE DES CHIENS

 

« Complément à l'ordonnance du 29 février 1916

« La revue des chiens à Valenciennes aura lieu place des Forains pour les propriétaires de chiens, dont le nom commencé par la lettre :
« A et C, le 24 mars 1916 de 3 heures à 6 heures;
« D, le 25 mars 1916, de 9 heures à 12 heures;
« E et K, le 26 mars 1916, de 9 heures à 12 heures;
« L et M, le 27 mars 1916, de 9 heures à 12 heures;
« Net Z, le 27 mars 1916, de 3 heures à 6 heures.
« Tous les chiens doivent être présentés.
« Les listes d'impôt seront déposées à la Mairie à partir du 3 avril. L'impôt doit être payé à la Mairie pour le 8 avril 1916.

« Etappen-Kommandantur 6/JIV 130.
 « Valenciennes, le 14 mars 1916.
 « PRIESS,
 « Oberstl. und Kmdt. »

 

 

Ceci prouve que la Commandanture ne tint aucun compte de la lettre du Maire du 17 mars 1916.
Un ordre du 20 mars 1916 vint d'ailleurs confirmer l'établissement de la taxe, bien qu'elle fut contraire au droit international.
Ce qu'il y avait de plus pénible encore, c'est que les Mairies étaient tenues d'en assurer le recouvrement.

« Etappen-Kommandantur 6/JIV
« Valenciennes, le 20 mars 1916.
« A la Mairie de Valenciennes,

« Suivant l'ordre du Général en chef de l'armée, en date du 9 février 1916, toutes les lois et ordonnances françaises relatives à la taxe des chiens sont supprimées. Il faut donc donner suite à l'ordre de la Kommandantur d'Etape, en date du 29 février 1916, qui exige le recouvrement de la taxe par les Maires.

« PRIESS,
« Obersleutnant und Kommandant. »

 

Le 26 mars 1916, le capitaine Kolb parla à M. Billiet de la perception de cette-taxe; lui disant qu'il donnait ordre à la Mairie d'en faire le recouvrement.
M. J. BILLIET lui répondit que cela ne se faisait pas ailleurs. Le capitaine termina l'entretien en disant : « Trouvez un moyen, c'est à vous d'en faire la perception ».
M. le Maire en fut naturellement très ennuyé, ayant fait le nécessaire pour ne pas exécuter cet ordre. Mais sans se décourager il tenta une dernière démarche, à la suite de laquelle, il reçut la lettre suivante :

 

« Etappen-Kommandantur 6/XIV.
« E. H. O., 28 mars 1916.
« A la Mairie de Valenciennes,

« Dans votre lettre du 25 mars 1916, vous vous élevez contre la coopération de la commune à la perception de l'impôt des chiens, imposé à la population du territoire occupé par ordonnance du général-Quartier-Master, en exprimant la crainte que la coopération demandée pour la perception de l'impôt puisse être considérée suivant le principe des lois françaises, comme un abus de vos fonctions officielles vis-à-vis de votre pays.
« Les exemples exprimés par vous ne peuvent être considérés comme autorisés et n'ont effectivement aucun fondement
« D'abord, il ne s'agit pas ici d'un impôt allemand à introduire, mais d'un impôt imposé par l'armée occupante à la population du territoire occupé, dont l'admissibilité est reconnue par la Convention de La Haye V-18-X. 07, art. 48-49, et il ne peut y avoir aucun doute que pour le recouvrement de cet impôt, l'armée occupante peut prétendre à la coopération des autorités restées en fonction dans le territoire occupé :
« L'art 52 de cette convention reconnaît expressément qu'il peut être réclamé des services aux communes.
« Le service demandé ici à la commune consiste dans la coopération à la perception des taxes imposées que l'armée occupante doit' se servir en première ligne des autorités locales pour la perception des impôts; cela ressort même d'ailleurs de l'art. 48 de la Convention.
« Au surplus, la Mairie pourra toujours attirer l'attention de ses concitoyens sur ce point que la perception des impôts par les autorités locales, signifie une dureté moindre pour les habitants que si les impôts étaient perçus par les organismes de l'armée occupante.
« Dans un livre des droits de la guerre que j'ai sous les yeux (La loi de la guerre continentale), publié sous la direction de la section historique de l'Etat-Major de l'armée de Paris 1913, il est dit textuellement à l'article 79 :
« L'occupant doit s'efforcer d'assurer le concours du plus « grand nombre de fonctionnaires. »
« D'après tout ceci, vos scrupules apparaissent donc comme non fondés, et je dois, par conséquent, m'en tenir à la perception de l'impôt sur les chiens avec la coopération des communes ordonnées par moi.

« PRIESS. »

 

En effet, à la suite de cette lettre, la Ville recevait de la Commandanture l'ordonnance suivante :

« Valenciennes, le 2 avril 1916.
« A la Commune de Valenciennes,

« Les quittances ci-jointes (980 exemplaires) portant le cachet de la Commandanture pour l'impôt des chiens, doivent seulement être remises avec le cachet de la Mairie et si l'impôt est payé en argent d'Etat. Les chiens pour lesquels il ne sera pas payé d'impôt pour le 8 avril 1916 doivent être amenés à la Commandanture pour le 9 avril 1916 pour leur destruction.
« L'impôt total de la Commune doit être payé à la Commandanture pour le 9 avril 1916.

« KOLB,
« Haupman und Adjudant. »



A la suite de cette lecture, le Maire nous dit:
« Nous avons résisté autant qu'il était possible de le faire :Nous avons la main forcée.

M. DERUDDER. -M. le Maire, vous avez fait votre devoir jusqu'au bout en protestant vivement contre cette taxe, mais puisqu'elle doit être perçue, je regrette que M. Fournier, notre receveur municipal qui a toujours bien mérité de la Ville et de la Patrie soit chargée de cette perception humiliante. J'estime qu'il faudrait lui épargner cette peine, et faire recevoir cet impôt allemand par quelqu'un de ceux qui n'ont pas assez compris leur devoir de citoyen. .

M. BILLIET. -L'ordre des Allemands est formel, la perception doit être faite par le fonctionnaire attribué.

 

C'est un petit employé, et non M. Fournier qui fera le service, mais la même obligation subsistera toujours d'effectuer ce service à la Mairie. Pour faire suite à la perception qui eut lieu dans la salle de simple police, la Commandanture faisait afficher l'avis suivant:

 

TAXE SUR LES CHIENS

 

« Les personnes qui ont acquitté l'impôt sur les chiens sont priées de se présenter à la Mairie (Tribunal de Simple police) munies de leurs quittances pour y prendre la plaque de contrôle.»

 

Pour les personnes qui avaient conservé leur chien, n'ayant pas de monnaie d’État, la Commandanture fit paraître les deux avis suivants :

« Etappen-Kommandantur 6/XIV.
« Valenciennes, le 24 avril 1916.
« A la Mairie de Valenciennes,

« Exceptionnellement, il est permis que les sommes non encore payées pour l'impôt des chiens soient payés en bons d'émission à la Mairie le 29 avril 1916, au plus tard.. Elles devront être versées à la Commandanture le 30 avril 1916.
« De même pour la commune, rendra à la Commandanture toutes les quittances pour lesquelles aucun paiement n'aura été effectué. La liste des impôts de la Commune sera présentée pour contrôle.
« A l'avenir, la Commune s'occupera toujours d'observer strictement les prescriptions des art. 3 et 4 de l'ordonnance.
« Toutes les additions et tous les retranchements des chiens devront être signalés à la Commandanture, le premier de chaque mois.
« Pour les chiens supprimés, il faut rendre la plaque de la Commandanture.
« La Commandanture tient à la disposition de la Commune, le 6 mai 1916, la part qui lui revient de l'impôt du 29 avril 1916.
« Des ordres seront donnés au début de Mai, concernant les chiens qui n'ont pas acquitté l'impôt.

« PRIESS. »

 

 

Les propriétaires des chiens, qui n'ont pas encore acquitté l'impôt faute d'argent d'Etat sont exceptionnellement autorisés à effectuer le paiement en bons de ville, à condition de le faire avant le 29 avril 1916.



Puis, les Allemands arrêtèrent tous les chiens qui n'avaient pas leur plaque pour les conduire en fourrière. Mais beaucoup de propriétaires, ne voulant pas s'acquitter de cette taxe, préférèrent les noyer. Aussi, la Commandanture adressa-t-elle à la Mairie, la lettre suivante :
 

« Etappen-Kommandantur 6/XIV.
« Valenciennes, le 7 avril 1916.
« A l'Administration municipale,

« On a observé ces jours derniers que des cadavres de chiens flottent sur les canaux.
« C'est ainsi qu'aujourd'hui on a compté cinq cadavres de chiens à la grille de la rivière qui traverse le Parc municipal.
Sur le canal de Valenciennes à Condé, flottent également différents cadavres de chiens.
« L'Administration municipale est invitée par la présente note à s'occuper de faire enlever ces cadavres. A l'avenir, une surveillance régulière des canaux au sujet des chiens doit être exercée. »

 

Cette dernière note mit fin à cette question des chiens, mais la perception continua à se faire régulièrement.

 

 

  • On trouve un décret sur ce sujet dans le

du 16 Mars 1916.

 

  • En Mai 1916, une affiche parut à Artres, on pouvait récupérer la peau de l'animal..... :
Artres

 

 

28 mai 2014

1919 Décès de Prisonniers Allemands à Valenciennes

 Entre le 25 Août 1914 -date de l'invasion de Valenciennes- et le 2 novembre 1918 -date de la libération de la ville-, de nombreux soldats allemands ont été soignés dans les divers hôpitaux "militarisés", initialement tenus par la Croix-Rouge puis par l'occupant lui-même ; certains d'entre eux y sont décédés et figurent dans les registres d'état-civil de la commune jusqu'à ce que les autorités d'occupation cessent de communiquer les décès à l'administration :
Jusqu'en juin 1917 les actes portent réglementairement le nom de 2 témoins (français) ; ce n'est qu'en octobre que la mairie consigne 30 actes succincts antérieurs au 8 septembre et portant la mention "Dressé sur l'ordre de la Commandanture" ; ils seront les derniers de la période d'occupation à être enregistrés.

C'est donc grâce à d'autres sources que je continue de les recenser, mettant à profit celles-ci pour compléter les listes de 1914 à 1917 qui avaient déjà été publiées et seront mises à jour.

cimetière allemand Valenciennes

1068 soldats allemands de la Grande Guerre sont actuellement connus comme décédés à Valenciennes.

L'inhumation se faisait au cimetière St Roch, voir sur ce même blog le sujet sur le cimetière durant la guerre.

Il n'y a pas eu à proprement parler de combats dans la ville lors de l'invasion d'Août 1914, depuis cette date il s'agit donc de blessés amenés du front dans les Lazarett et qui n'ont pu être sauvés. A partir de mi-octobre 1918 il s'agit de combats face aux alliés qui progressent jusqu'à investir la ville le 2 Novembre, des blessés décèderont après cette date lors du repli jusqu'à l'Armistice du 11/11/1918, puis des prisonniers en 1919.

Les sources -toujours signalées- sont :

  • Les Archives Départementales du Nord, registres des décès de Valenciennes,
  • Le site Denkmalprojekt,
  • Le site Frontflieger,
  • Photos & informations personnelles
  • Des historiques régimentaires, dont celui du Régiment d'Infanterie de Réserve n°55, pour le dernier mois de guerre,
  • Le site Verlustlisten 1. Weltkrieg.

 

  • Pour chaque soldat ci-dessous un lien sous le nom permet d'accéder à la source principale (signalée après celui-ci) figurent ensuite :
    • Grade et unité - dans la mesure des informations,
    • Date et lieu de naissance (id°),
    • Date et précisions sur le lieu de décès.
      • Informations complémentaires ; le cas échéant, un lien permet d'accéder à la source, si différente de la principale.
      • Lorsque j'en ai connaissance, le lieu d'inhumation est précisé ; selon le site Volksbund.de, près de la moitié des soldats allemands inhumés au cimetière de Frasnoy (Nord-France) venaient de Valenciennes. Je n'ai cependant pas obtenu de liste auprès de l'organisation chargée des tombes, qui m'a répondu "ne pas donner de renseignements aux chercheurs", et lors de ma visite au cimetière fin janvier 2020, le livre des noms (Namenbuch) était remplacé par un avis de leur antenne française de Metz indiquant la conservation du livre "à l'abri des conditions hivernales". Ce n'est qu'après le confinement que j'ai pu revenir (le 2/06/2020) et, toujours faute de livre, photographier chaque tombe, ce qui m'a permis de dresser un plan détaillé de l'implantation de celles-ci à Frasnoy

        Les informations retrouvées sur le site Volksbund.de étant le plus souvent parcellaires, j'ai étendu la liste des noms à ceux qui sont décédés dans les derniers combats avant l'Armistice, à Valenciennes ou dans les communes voisines exclusivement

  Certains renseignements sont rédigés en allemand, avec l'usage habituel des abréviations, parfois réduites à quelques lettres, comme
i.Kr. pour Tod infolge Krankheit (ou Kriegsverwundung) : Décédé des suites de maladie (ou de ses blessures de guerre).

  En ce qui concerne l'État-Civil de Valenciennes (noté ci-dessous "ECV") aux Archives Départementales du Nord, le lien renvoie via la cote du microfilm à la page d'accueil de celui-ci faute de lien pérenne avec cette vesion du site. Il convient donc pour le moment de relever les n°s d'acte et de vue.
L'historique du RIR55 ( dont il a déjà été question ici) n'étant pas numérisé, aucun lien n'est disponible.

 

  Liste der deutschen Soldaten, die zwischen 1914 und 1919 in der Stadt Valenciennes starben, entweder im Zivilregister eingetragen oder gesammelt, insbesondere auf der Website "DenkmalProjekt".
Manchmal geben die Einträge einige Informationen über diese Soldaten, wie z.B. ihre Einheit, die ich ebenfalls wiedergebe. Diese Soldaten wurden in der militärischen Abteilung des städtischen Friedhofs von Saint-Roch begraben.
Die Leichen wurden nach dem Krieg auf den Friedhof von Frasnoy überführt oder zu ihren Familien zurückgebracht.

 

Retour au tableau des nationalités par année

Voici les 17 noms connus au 14/03/2025 pour 1919, dans l'ordre des décès :
parmi eux, 12 sont recensés au cimetière militaire allemand de Frasnoy.

Une liste alphabétique au bas de la page renvoie vers les informations personnelles.  

 

  • PFEILER/PFEIFER Willy      Source : Etat-Civil de Valenciennes, Décès : 1919 Acte 190 vue n°48
      Grade & Unité  Prisonnier ; Infanterie-Regiment Nr.66, 7e Cie
      Naissance  30.10.1894 Thalheim
      Décès  21.02.1919 Hôpital général Canton Sud
      Inhumation  St-Roch.

 

 

 

  • PÖHLAND Otto      Source : Etat-Civil de Valenciennes, Décès : 1919 Acte 206 vue n°52
      Grade & Unité  Prisonnier ; 2° IR
      Naissance  19 nov 1894
      Décès  27.02.1919 Hôpital général Canton Sud
      Inhumation  St-Roch.

 

 

 

 

 

  • PESTEL Albert      Source : Etat-Civil de Valenciennes, Décès : 1919 Acte 291 vue n°74
      Grade & Unité  Prisonnier ; GR 101 1er Btn 2e Cie
      Naissance  03 fev 1892
      Décès  24.03.1919 Hôpital général Canton Sud
      Inhumation  St-Roch.

 

 

 

 

 

  • GOTTCHE Karl      Source : Etat-Civil de Valenciennes, Décès : 1919 Acte 366 vue n°92
      Grade & Unité  prisonnier ; IR 16 12e Cie
      Naissance  19.09.1898
      Décès  21.04.1919 Hôpital général Canton Sud
      Inhumation  St-Roch.

 

  • FRITZ Christian      Source : Denkmalprojekt
      Grade & Unité  freiwilliger Krankenpfleger ; bayer. Laz.-Gruppe 62 Valenciennes
      Naissance  03.02.1865 Sulzbach an der Murr (OA Backnang)
      Décès  25.05.1919 Res.-Laz. Bad Ditzenbach (OA Geislingen)
      Inhumation  pas d'information connue.
      • Infos complémentaires : 
        infolge Krankheit verstorben

 

 

 

BECKERSCHMIDT Heinrich
BLÄNKLE Karl Gottlieb
ENGEL Walter Ernst Hermann
FISCHER Otto
FRITZ Christian
GEIGER Rudolf
GOTTCHE Karl
HOFFMANN Fritz
HOLZ Heinrich
OHLERKING Otto
OKUNIEK/OKUNCK Ludwig
PESTEL Albert
PFEILER/PFEIFER Willy
PÖHLAND Otto
RÜTTINGER Franz
SCHUFT Otto Gustave
SIEBERT Erich
27 juin 2018

09-Soldats français inhumés dans l'actuel carré militaire St Roch : de RIVIERE à SOHIER

 

◄ De PIGUET à RIBLIER

RIVIERE Charles
RIVIERE Hippolyte
ROMMÉ Jean-Marie Ernest
ROSSET Jacques Joseph
ROYER Vital Eugène François
SAID BEY GUERBI
SAINT PAUL Georges Emile
SALES Elie Louis
SCHEBIAGUE Paul Gaston
SOHIER Victor Marie

De TAILLANT à ZENATI ►

 

 

La migration du blog vers le https a fait perdre les liens initiaux vers les photos ;
 je les remets au fur et à mesure,
 elles figurent toutes
dans cet album.

Tombe n° : 228

 

RIVIERE Charles
Soldat 7e R.I.T.
Mort pour la France 9-5-1918

 

RIVIERE Charles né le 03/12/1886 à La Chapelaude (Allier) de Blaise et DECHET Marie. Classe 1906 matricule 1203, il effectue son service militaire au 139e RI ; rappelé à l'activité le 9 juin 1915 il est affecté à la maison Courbaise à Maurs (extraction du tanin du bois de châtaignier), puis à la poudrerie de St Thomas. Affecté au 3e RI le 01/07/1917, puis au 7e RI le 13/03/1918, il est porté disparu au combat de Hangard le 24 avril 1918.
 

Hangard
Le JMO du régiment le 24 Avril est visible ici
L'Historique du 7eRI (qui cite le nom de Rivière) ici.

En réalité prisonnier, blessé et soigné à Le Quesnoy (Nord), il y décède  le 09/05/1918.
 

CICR Rivière
Soldat au 7e régiment d'infanterie, 131e division d'infanterie,
né le 06/12/1886 à la Chape-Claude, décédé le 09/05/1918
  suite à un éclat d'obus dans la cuisse droite
à l'hôpital de guerre bavarois de Le Quesnoy.
Enterré au cimetière municipal local.
(source CICR)

Son nom figure au monument aux morts de La Chapelaude.

MaM Chapelaude

  Une demande a été déposée auprès du pôle des sépultures pour la rectification du régiment.

 


Tombe n° 298 :

 

RIVIERE Hippolyte
Soldat 21eRI
Mort pour la France 20-1-1915

 

RIVIERE Hippolyte né le 23/10/1881 à Valay (Haute-Saône) de Jean Baptiste et LAPRET Marie. Classe 1901 matricule 1013, il effectue son service au 109e RI. Rappelé au 21eRI à la mobilisation, parti le 6/9/1914 il est fait prisonnier le 4 ou 5/10/1914 à Ronchin (59) au sud de Lille, lors de l'encerclement de la ville par les troupes allemandes qui - cherchant à déborder nos troupes par l'Ouest - remontent vers la côte belge.

JMO 19141005


Blessé par balle, il est soigné à l'Hôpital Auxiliaire n°2 de Valenciennes que les allemands ont investi le 24 Août ; ambulance initialement française située au lycée de jeunes filles, boulevard Pater. Il y décède le 20 janvier 1915, et est inhumé au cimetière St Roch, carré militaire construit par l'occupant, tombe n°25. Les communications à travers le front étant inexistantes, la famille a tenté les démarches habituelles auprès de la Croix-Rouge. Il semble qu'il ait fallu attendre juillet 1917 pour que le décès leur soit communiqué alors que l'acte d'état-civil avait été dressé en mairie.

7152

Son nom figure au monument aux morts de Valay :

MaM Valay

 


Tombe n° 221 :

 

ROMME Jean-Marie
Soldat au 26e R.I.T.
Mort pour la France le 24-8-1914

 

ROMMÉ Jean-Marie Ernest né le 16/03/1878 à Averton (Mayenne) de Clément et BOUVIER Marie, classe 1898 matricule 386. Il effectue son service militaire au 102e RI. Rappelé au 26e Régiment territorial d'infanterie à la mobilisation, il est tué le 24 août 1914 à Crespin (Nord) et inhumé dans le cimetière municipal.
(Voir les détails de l'affrontement à Crespin dans le parcours ci-dessus du soldat PREVERT)


      L'acte de décès à l'état-civil de Crespin, ainsi que la fiche du CICR sont établis au nom de RAUMET Jean ou J. Marie. Il ne semble pas qu'il y ait eu de recherche menée par la famille, la seule fiche de la croix-rouge renvoie vers une liste parue dans la Gazette des Ardennes N°206 du 11 juin 1916 qui relève les soldats inhumés originellement à Crespin.

Son nom figure au monument aux morts d'Averton :

MAM Averton
Site : Pierres de Mémoire

 


  Tombe n°295 :

 

ROSSET Jacques
Soldat 15e R.I.T.
Mort pour la France le 24-8-1914

 

ROSSET Jacques Joseph, né le 14 juillet 1875 à Larchamp (Mayenne) de Louis François et FOUCHER Françoise. Classe 1895 matricule 1180, il effectue son service au 102e RI. Rappelé à l'activité  le 1er Août 1914, et parti le 12 avec le 26e Régiment d'Infanterie Territoriale (et non 15e RIT), il est tué à Vieux-Condé, Rue Castiau,  le 24 août 1914 (acte de décès établi en mairie de Vx-Condé). Il y est probablement inhumé jusqu’après la guerre lorsqu'est créé le carré militaire de Valenciennes. (Voir les détails de l'affrontement à Crespin dans le parcours ci-dessus du soldat PREVERT).

 

La famille le pense disparu vers le 13-26 Août, peut-être à Dinant, c'est Louis Bailleul, vicaire de son domicile, Fougerolles du Plessis, qui demande des informations à la croix-rouge, et c'est finalement lui qui avertira du décès dont on sait pas comment il en a pris connaissance (peut-être par un compagnon d'arme). Il est cité au tableau d'honneur de l'Historique du 26e RIT.

 

Son nom figure au monument aux morts de Fougerolles du Plessis :

Photo GO 69 – Wikimedia Commons – 7 Mai 2015

 Une demande a été déposée auprès du pôle des sépultures pour la rectification du régiment.

 


 Tombe n°224 :

 

ROYER Vital
Soldat 26e R.I.T
Mort pour la France le 15-7-1915

 

ROYER Vital Eugène François né le 21 août 1878 à St Georges le Gaultier (Sarthe) de Vital et TETU Henriette. Classe 1898 matricule 322, il effectue son service au 103e RI. Rappelé au 26e R.I.T. à la mobilisation, il est tué le 24 août 1914 à Crespin. (Voir les détails de l'affrontement à Crespin dans le parcours ci-dessus du soldat PREVERT).

Une enquête sera demandée auprès du CICR par la famille et l'Union des Femmes de France à Paris où il réside depuis 1902, qui pensent qu'il a disparu près de Bapaume le 26 août. Le comité répond d'abord qu'il a été blessé et porté disparu le 22 août dans la région de Condé-sur-l'Escaut. Ce n'est qu'avec la parution le 11/06/1916 des listes de soldats inhumés derrière le front allemand par la Gazette des Ardennes que la famille apprendra la nouvelle le 7/08/1916.
Inhumé initialement à Crespin, il sera après la guerre transferré dans le carré militaire de Valenciennes.

Son nom figure au Livre d'Or de Paris XIIIe :

Royer LO Paris13

 Une demande a été déposée auprès du pôle des sépultures pour la rectification de la date de décès.

 


Tombe n°289 :

 

SAID BEN GUERBI
Soldat 6e tir.
Mort pour la France le 18-12-1918

 

SAID BEY GUERBI né vers 1897 à Alger (Algérie) fils de Karbi et de feue Fatna, célibataire est décédé à l'Hospice de l'Hotel-Dieu le 18 décembre 1918 à 10h du matin. Aux maigres informations de son acte de décès dressé en mairie de Valenciennes, sa fiche de mémoire des Hommes n'ajoute rien qu'une confirmation sur le nom : SAID BEY GUERBI.

Le "6e tirailleurs" s'est vu confier -selon son historique- des tâches plus modestes que la poursuite de l'ennemi ou l'occupation de la Rhénanie : la mise à disposition des municipalités pour des travaux d'utilité publique dans les régions libérées qui manquent de tout.
Le 6e régiment "de marche" de Tirailleurs Algériens (ex 3e régiment mixte de zouaves depuis mai 1918) a été dirigé sur Valenciennes le 24 Janvier 1919, il y relève à partir du 27 le 165e RI parti pour la garde sur le Rhin. Les bataillons sont affectés essentiellement à la surveillance frontalière et au service de place.

Gare

  Une demande a été déposée auprès du pôle des sépultures pour la rectification du nom.

 


  Tombe n°300 :

 

SAINT PAUL Georges
Caporal  42e R.I.C.
Mort pour la France le 1-7-1916

 

SAINT PAUL Georges Emile né le 28/04/1889 à St Michel (Aisne) de Apollinaire et HANNEVART Marie. Classe 1909 matricule 1298 à Valenciennes où ses parents sont installés.
Caporal au 42e régiment d'infanterie coloniale 20e compagnie, il est tué aux Loges, commune de Beuvraignes dans la Somme le 01/07/1916 à 12h30. Peu d'informations à son sujet, faute de Journal de Marches et Opérations de cette période, et d'Etat Signalétique et des Services disparu dans la tourmente de mai 1940 et très partiellement reconstitué.
 

En tant que Valenciennois, son nom figure au monument aux morts de Valenciennes et à l'entrée du cimetière St-Roch sur le monument aux morts de la paroisse St-Nicolas :

MaMStNic

 


Tombe n°290 :

 

SALLES Elie
Sergent 7e R.I.
Mort pour la France le 29-5-1918

 

SALES Elie Louis né le 2 octobre 1890 à Cambayrac (Lot) d'Abel et LAVERGNE Françoise. Classe 1910 matricule 96 au recrutement d'Agen, incorporé en septembre 1911 au 7e Régiment d'Infanterie, passé sergent le 5/10/1913, il est rappelé au 7eRI le 1 Août 1914.

L'Etat Signalétique et des Services est très peu documenté sur son parcours entre son arrivée au corps le 3/8/1914, sa disparition le 24/04/1918, l'avis officieux (du ministre) le déclarant prisonnier en Allemagne le 3/5/1918 et celui de décès "dans un lazaret de guerre" le 29/05/1918 (en l'occurence celui de Valenciennes), mais garde heureusement les citations du sergent :

Citation1
A l'ordre du régiment, 18/07/1916

Citation2
A l'ordre de la division, 20/07/1916

Citation3
A l'ordre de la division, 02/08/1917

citation4
A l'ordre du régiment, 23/10/1917
 

On peut lire dans le Journal de Marche et opérations du 7eRI le déroulement de la journée du 24/04/1918 page 28/116.

Au journal officiel du 23 novembre 1920 parait une dernière citation : croix de guerre avec palmes.

 JORF 19201123

    Il n'y a pas moins de 6 fiches de recherche à son nom dans les dossiers du CICR. Il faut dire que l'occupant avait à partir d'avril 1918 beaucoup d'autres sujet d'inquiétude que le mécontentement de la croix-rouge à qui dans le cas présent on ne peut reprocher d'avoir enquêté, ainsi par exemple un prisonnier de Darmstadt, Georges CAJET témoigne : "Je l'ai quitté le 25 avril à Cayeux", c'est début août qu'apparait enfin son nom dans une liste de décès, c'est une dernière enquête à Valenciennes le 14/10/1918 qui permettra d'avertir la famille.

totenliste
Sergent au 7e régiment d'infanterie, 11e Compagnie,
décédé le 29.5.18 en raison d'une blessure à une côte (Rippe)
à l'hôpital militaire de Valenciennes
enterré au cimetière du lieu.

     La blessure était plus grave qu'une simple côte brisée, puisqu'un autre document indique lungenentzündung : pneumonie.

Son nom figure au monument aux morts de Cambayrac :

MaM Cambayrac

 Une demande a été déposée auprès du pôle des sépultures pour la rectification de l'orthographe du nom.

 


Tombe n°241

 

SCHIBIAGNE Paul
Brigadier au 105e R.I. ou  2e Chass. d'Afr.
Mort pour la France le 14-2-1919

SCHEBIAGUE Paul Gaston est né à Bordeaux (Gironde) le 16 janvier 1894 à 5h du matin de SCHEBIAGUE Jeanne. Engagé volontaire pour 3 ans au 5e Régiment (de cavalerie) des Chasseurs d'Afrique le 8/02/1913 à Libourne, classe 1912 puis 1913 matricule 510 au recrutement de Périgueux (Dordogne). Il passe au 2e RCA en octobre 1913, au 1er Régiment Léger à sa création début juin 1916 et repasse le 21 du même mois au 2e RCA. Nommé brigadier au 3e escadron en 1917. Cet escadron cantonnera à Saint-Amand les-Eaux en Janvier 1919. Il décède de blessures par éclats d'obus suivies de fièvre typhoïde à l'asile des Petites Soeurs des Pauvres, 22 (l'actuelle numérotation est 104) avenue Duchesnois à Valenciennes le 14 février 1919.

Il s'était marié à Bordeaux le 30/04/1918 avec DUVAL Marie Suzanne.

Son état signalétique et des Services énonce sa citation à l'ordre du régiment ; à la date du fait rapporté, le 3e escadron participe à la prise de Vervins (Aisne):

citations

 

Il n'y a pas de Journal de Marche et Opérations du 2e RCA, mais l'Historique est disponible sur Gallica.

Il semble que son nom ne figure sur aucun monument aux morts.

 Une demande de rectification des informations (nom, régiment, recrutement) a été déposée auprès du site Mémoire des Hommes et du Pôle des sépultures de guerre.

 


 Tombe n° 230

 

SOHIER Victor
soldat 412e R.I.
Mort pour la France 21/08/1918

 

SOHIER Victor Marie né le 5 avril 1884 à Loudéac (Côtes du Nord) de Louis Marie et LALLICAN Jeanne Marie. Classe 1904 matricule 1326 au recrutement de St-Brieuc, il effectue son service militaire au 71e RI.
Rappelé à l'activité lors de la mobilisation au 247e RI, il passe au 412e RI le 16/9/1917. Lors de la 3e bataille de Picardie, il est blessé à la cuisse droite par éclats d'obus et capturé le 19 Août 1918. Probablement se trouve-t-il au sud de Lassigny, non loin de l'Ecouvillon.

19180819

Il décède le 21/08/1918 à l'hôpital de campagne allemand de Le Quesnoy (Nord) où il a été transféré; il n'y a de ce fait pas d'acte de décès en mairie. Inhumé au cimetière local, il est déplacé à Valenciennes lors de la création du carré militaire du cimetière St-Roch.
Il avait épousé VIET Anne Marie Françoise à Loudéac le 11/10/1910.

Son nom figure sur la liste des disparus du Journal de marches et opérations 412e RI qui pour cette seule journée du 19 Août perdra 51 tués, 174 blessés et 45 disparus.

Disparu

Les registres de la Croix-Rouge énoncent les conditions de son décès :

CICR
Sohier Victor, soldat au 412e régiment d'infanterie,
décédé le 21 août 1918 des suites d'une blessure
par éclat d'obus à la cuisse droite,
à l'hôpital de campagne de Le Quesnoy.
Enterré au cimetière militaire du dit, tombe 217.

Les registres matricules d'origine de St-Brieuc, probablement détruits par fait de guerre, ont été remplacés par des fiches nominatives de contrôles reconstituées ; celle de Victor Marie Sohier garde par chance la trace de sa citation à l'ordre du 247e RI :

citation

Son nom figure au monument aux morts de Loudéac,

MaM Loudéac


mais également à la Nécropole Nationale de Noyon, où il aurait une tombe, carré G n°38 - source: Sépultures de Guerre.
 Une demande de rectification de la date de naissance a été déposée auprès du site Mémoire des Hommes 
 Une demande de vérification a été déposée auprès du site "Sépultures de Guerre".
 
J'ai créé une fiche complète sur le site MémorialGenWeb, en signalant le doublon des tombes, et en ai fait le signalement en mairie de Loudéac.

 


 

 

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RIVIERE Charles
RIVIERE Hippolyte
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ROSSET Jacques Joseph
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SAID BEY GUERBI
SAINT PAUL Georges Emile
SALES Elie Louis
SCHEBIAGUE Paul Gaston
SOHIER Victor Marie

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27 juin 2018

08-Soldats français inhumés dans l'actuel carré militaire St Roch : de PIGUET à RIBLIER

 

 

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à PHAM VAN LONG

PIGUET Louis Hippolyte
PLANTIN Antoine Laurent
POIRRIER C.
POURCELLE Paul Isidore
PREVERT Alfred Alexandre
QUESNE Casimir Joseph
RÉCOURT Eugène
RENAUD Joseph Marie Grégoire
RENAULT Joseph Michel Florentin René
RIBLIER Alcide Octave André

De RIVIERE à SOHIER ►

 

La migration du blog vers le https a fait perdre les liens initiaux vers les photos ;
 je les remets au fur et à mesure,
 elles figurent toutes
dans cet album.

 

 Tombe n° 272 :

 

PIGUET L.
Mort pour la France en 1914-1918

 

     PIGUET Louis Hippolyte est né le 24/10/1897 à St Amour (Jura) de Jules Marie Victor et BACHELARD Jeanne Marie, matricule 993 de la classe 1917 à Lons-le-Saunier, il est incorporé avec celle-ci par anticipation le 8 janvier 1916 au 5e Bataillon de Chasseurs à Pied et passe au 67e BCP 6e compagnie le 19/02/1917.

 

Il est blessé à Chevreux près de Craonne, Chemin des Dames le 3 juin 1917.

 

Chevreux

 

 

 

Puis cité à l'ordre du bataillon le 26/01/1918 :

 

Piguet Citation

 

Il est fait prisonnier le 12/07/1918, probablement avec ceux du Bois du Billot près de Moreuil (Somme), actuel Bois des couleuvres.

 

PG Bois du Billot

 

Bois du Billot

 

PIGUET PG

 


Probablement blessé, il décède au Kriegslazarett 122 de Valenciennes le 8 septembre 1918.

Il n'y a pas d'acte de décès à son nom à Valenciennes, l'occupant ne transmettant plus à cette époque les informations à l'état-civil. Ses actes de naissance et de décès (transcription du 15/10/1920) à St-Amour ne sont pas disponibles.

 

    Si l'on peut aujourd'hui dérouler la chronologie, il n'en était pas de même au moment du décès. On trouve en effet dans les fiches du CICR une demande de renseignement faite le 22 janvier 1919 par Melle Léa PIGUET. Peut-on imaginer la détresse de la famille sans nouvelle 6 mois après le décès, la Croix-Rouge ne trouvant rien au camp de Limburg. Espérons qu'ils ont été avertis avant la transcription de 1920.

 

  • Sa fiche "Mort pour la France" sur le site Mémoire des Hommes.
  • Son État Signalétique et des Services fait état de la Croix de Guerre étoile de bronze.
  • Son nom figure au monument aux morts de St-Amour.

 

 Une demande a été déposée auprès du Pôle des sépultures pour que la plaque de la tombe comporte prénom, date et régiment.

 


 Tombe n° 248 :

 

PLANTIN Antoine
Soldat 12e Chasseurs à cheval
Mort pour la France le 21/04/1918

 

 PLANTIN Antoine Laurent est né le 28/06/1891 à Simiane (basses-Alpes) d'Auguste et de ARNAUD Caroline. De la classe 1911 il est engagé volontaire pour 3 ans le 16/08/1909 au 13e Régiment de chasseurs à cheval. Nommé brigadier, réengagé à partir du 16/8/1912 au 12e RCC pour un an, puis pour un second. Parti aux armées à la mobilisation, il est blessé au combat du 7/8/1914 à Champey (Meurthe et Moselle) et cité à l'ordre du régiment.

 

ESS citation 1

 


Maréchal des Logis en 1915, Croix de guerre avec étoile de bronze en juillet 1915, il cité à l'ordre du 67eRI, auquel le 1er escadron du 12e RCC a été associé, la 12e DI ne disposant pas initialement de cavalerie divisionnaire, dans l'opération du 12 Août 1917.

 

12eDI 1917

 


Croix de guerre avec 2 étoiles de bronze.

 

ESS citation 2

 


     Il est porté disparu le 31/03/1918 à Grivesnes (Somme). L'avis du ministère du 16/5/1918, précise officieusement qu'il est prisonnier.

 

12DI 19180330

 


L'enquête auprès de la Croix-Rouge le signale décédé au Lazaret de Valenciennes le 21/04/1918, son ESS indique qu'il y a été inhumé au cimetière des Héros. (Ehrenfriedhof dans les documents allemands.)

 

CICR Plantin

 

Il n'y a pas d'acte de décès dans les registres de Valenciennes, les Allemands ne communicant plus l'information. La transcription faite à Simiane le 7/12/1921 n'est pas disponible en ligne.

Le décret présidentiel du 4/10/1919 lui attribue la croix de guerre avec palme à titre posthume.

 

JORF 19191119


Son nom figure au monument aux morts de Simiane-la-Rotonde.


Tombe n° 276 :

 

POIRRIER C.
Mort pour la France en 1914-1918

 

     On ne pouvait pas démarrer avec moins d'information. A ces nom et initiale ne correspondent que 3 soldats morts pour la France qui n'ont pas été faits prisonniers ni déclarés disparus et dont le lieu de décès est clairement exprimé. Même constatation parmi les prisonniers recensés par le site de la Croix-Rouge (45 avec ces références) dont seuls 3 sont décédés en captivité sans que rien n'indique que ce soit à Valenciennes ou environs. Si le nombre de réponses augmente avec la recherche sur la variante POIRIER C. (32 sur Mémoire des Hommes, voire plus avec un second prénom) aucun ne correspond au lieu d'inhumation. Les variantes POIRIEZ/POIRRIEZ/POURRIER n'apportent rien de plus.

 

  Pour le moment ce soldat est un inconnu avec pour seul élément de mémoire un nom de famille sans certitude.

 


Tombe n° 284 :

 

POURCELLE Paul
15e Section Infirmiers Formation Sanitaire
Mort pour la france le 26-4-1918

 

POURCELLE Paul Isidore est né le 14/01/1888 à Lille de Théophile et CARDINAEL Léonie. Matricule 1427 classe 1908 à Lille, il fait son service dans les Sapeurs-Pompiers.

Rappelé le 2/8/1914 à la 1ère Section d'Infirmiers Militaires, puis à la 15e SIM ; il est porté disparu à Hangard(-en-Santerre) "lors de la prise de ce village par l'ennemi" d'après son ESS qui donne la date du 12 Août (1917), alors le combat débute le 12 avril 1918, qui s'accorde mieux avec la date de décès du 26 avril. Son décès ne sera notifié que le 10/10/1918.
Récit du Capitaine Delvert (source BNF) :

 

Delvert

 

     Ces douze journées du 13 au 25 Avril, au milieu des nappes de gaz asphyxiants, ont causé de lourdes pertes au régiment, le 165e RI : 29 officiers, 89 sous-officiers, 840 caporaux et soldats sont tués, blessés (181 hommes seront intoxiqués et devront être évacués) ou disparus dont le chef de bataillon Delache (cité ci-dessus) fait partie.

Paul POURCELLE apparait 3 fois dans les liste de décès du CICR, sans apporter plus de précision quant à sa capture ; cette version décrit cependant les causes du décès

 

11718
Soldat à la 15e Unité Sanitaire, né le 14.1.1888 résidant à Lille, - décédé le 26.4.1918
à la suite d'une amputation de la cuisse droite à l'hôpital de guerre de Valenciennes.
- Enterré dans le cimetière d'honneur de cette ville.

 

Il est déclaré Mort pour la France : sa fiche MDH confirme les circonstance du décès.

 

Son nom figure au monument aux morts d'Haubourdin (Nord).


Tombe n° 220 :

 

PREVERT Alfred
Soldat 26e R.I.T
Mort pour la France le 24-8-1914

 


PREVERT Alfred Alexandre est né à Courberie (Mayenne) le 01/10/1878 d'Etienne et RIOULT Victoire. Matricule 562 classe 1898 à Mayenne, il effectue son service au 102e RI. Rappelé au 26e Régiment d'Infanterie Territoriale à la mobilisation, il est tué le 24 Août 1914 à Crespin (Nord) et y est inhumé avant de l'être dans le carré militaire de Valenciennes.

 

Le 84e Division d'infanterie Territoriale (25, 26, 27 et 28emes RIT) ne pouvait espérer repousser la 1ère armée allemande arrivant par la Belgique -dont tous les plans français adoptés estimaient que la neutralité serait respectée- et qui repousse le petit Corps Expéditionnaire Britannique (en orange sur la carte ci-desous). Le désavantage est si net que douaniers et gendarmes feront également le coup de feu. L'état-civil de Crespin -première ville après la frontière- a dédié un registre particulier aux 51 morts (dont 45 du 26eRIT) de cette journée.

 

carto19140824
(extrait de la carte du jour sur le site carto14-18)

 

Historique du 26e RIT.

 Il est déclaré Mort pour la France : sa fiche MDH

 

Son nom figure sur la plaque d'église faisant office de monument aux morts de Courberie, maintenant Lassay-les-Châteaux.

 


 Tombe n°231 :

 

QUESNE Casimir
Soldat du 26e RIT
Mort pour la France le 15-10-1914

 

QUESNE Casimir Joseph né à Courcité (Mayenne) le 28/09/1873 est l'ainé des 7 enfants d'Isidore et MAITRE Anne. Classe 1893 il fait son service en 1894 au 102e RI. Rappelé lors de la mobilisation au 26e Régiment d'Infanterie Territoriale, 3e bataillon, 9e Compagnie, il est déclaré Mort pour la France le 18 octobre 1914 à l'hôpital auxiliaire n°2a, sis au Collège de Jeunes filles, 8 Boulevard Watteau (actuel Collège Watteau) de Valenciennes (en territoire occupé depuis près de 2 mois). Son acte de décès (n°688) est disponible à l'état-civil de cette ville.

 

    Les recherches effectuées auprès du Comité International de la Croix-Rouge par son épouse et le curé de Courcité indiquent dans une première réponse du 17/12/1914 qu'il est porté disparu de sa compagnie le 9 octobre au combat de Mouchy les Aeillettes qui pourrait être Douchy les Ayettes, au sud d'Arras.

 

En réalité à cette date le 3e Bataillon recule en retardant l'ennemi qui tente de le déborder sur la route de Ransart à Monchy-aux-Bois, plus à l'ouest que Douchy, et à la gauche de laquelle se tient le 3e bataillon ; il y aura probablement été blessé, capturé et soigné à Valenciennes. La journée du 9/10 aura coûté 5 officiers et 637 hommes au régiment.

 

19141009
carte complète des positions sur carto14-18

 


Une autre réponse du CICR à la famille indique également la capture à Solesmes le 25/8 de Quesne Joseph du 26RIT, date à laquelle le régiment faisait effectivement face à la 1ère armée allemande (voir le parcours de PREVERT Alfred ci-dessus).

 

    Il faudra cependant attendre la parution de l'information dans l'une des listes de "soldats inhumés derrière le front" par la Gazette des Ardennes du 29 avril 1917 pour que le CICR communique la nouvelle aux demandeurs le 16 juin de la même année.

 

Son nom figure sur la plaque apposée dans le cimetière d'honneur (Ehrenfriedhof) où étaient enterrés les militaires (Allemands et Alliés)

 

plaque
Cliquer

Sa fiche sur le site Mémoire des Hommes

 

Son nom figure au monument aux morts de Courcité :

 

courcité

 

  Une demande a été déposée auprès du pôle des sépulture pour la rectification de la date de décès.

 


 Tombe n° 233 :

 

RECOURT Eugène
Soldat 7e R.I.T.
Mort pour la France le 25/10/1914

 

RÉCOURT Eugène est né le 11/10/1879 à Eperlecques (Pas-de-Calais) d'Albéric et DELHELLE Marie. Classe 1899, il effectue son service au 127eRI. Rappelé au 7e Régiment d'Infanterie Territoriale (2e bataillon, 6e compagnie, 1re section) lors de la mobilisation, il décède le 25/10/1914 à l'Hôpital Auxiliaire n°2bis de Valenciennes.
Inhumé au cimetièe allemand (voir plaque ci-dessous) il sera transféré en 1923 dans l'actuel carré militaire.

Plaque cimetière allemand
Cliquer

     On n'a pas de détail sur sa capture ni sa blessure : le Journal de Marches et Opérations du 7eRIT, comme souvent dans les JMO de cette période, ne donne pas d'information précise. Seul l'Historique du régiment reconstitue les faits, alors que le celui-ci était affecté à la défense du camp retranché de Calais. Dès le recul des Allemand sur la Marne, il faut placer entre eux et la mer un "rideau de troupes pour donner l'illusion" que les forces françaises y sont déjà concentrées.

 

 Le 25 septembre 1914, un bataillon de marche avait été formé à Calais. Un premier détachement, comprenant la 1ère et la 2e compagnie, avec la première section de mitrailleuses, est dirigé avec des éléments du 5e territorial, sur Douai, sous le commandement du chef de bataillon Bricout, du 7e. Il prend part aux combats de septembre et d'octobre, devant Douai, à Hénin-Liétard et à Beaumont et est capturé presque en entier par un ennemi infiniment supérieur en nombre. Le 27 septembre 1914, les deux autres compagnies du bataillon de marche (6e et 7e) partent sur Tournai avec la deuxième section de mitrailleuses, sous le commandement du chef de bataillon Caron, du 5e territorial, et participent aux combats livrés au nord de Lille, notamment à Lesquin. Ces deux détachements ont été particulièrement éprouvés.

 C'est donc dans l'action au Nord de Lille que RÉCOURT Eugène aura été blessé et capturé.

     Comme toujours dans le cas de soldats décédés en territoire occupé, la famille tarde à recevoir des informations ; il y a 3 fiches au CICR : n'ayant plus de nouvelle depuis le 2 octobre 1914, Mme Récourt à Wisques questionne la Croix-Rouge.

L'une des réponses, dont on espère qu'elle a précédé la date de communication écrite, donne des précisions sur le lieu et sur le fait que le cercueil (n°18) a été déposé en fosse commune.

 

Réponse Récourt

 

La référence (+7152) correspond à l'une des multiples listes de soldats inhumés (Gräberliste),

 

DC 7152

 

Information qui est de la même époque que la parution dans la Gazette des Ardennes d'une liste de "Soldats Français inhumés derrière le front" le 29 avril 1917, mais qui n'est pas accessible aux Français du territoire non occupé.

 

Il a été déclaré Mort pour la France : (fiche MDH)

 

Son nom figure aux monuments aux morts de Wisques et d'Eperlecques

 


 Tombe n° 259 :

RENAUD Joseph
Soldat 6e Tir.
Mort pour la France le 14-2-1919

RENAUD Joseph Marie Grégoire né le 14/03/1893 à Paulx (Loire-Inférieure) de Joseph et PEROYS Marie. Matricule 1482 classe 1913 au recrutement de Nantes. Incorporé au 1er Régiment de Zouaves à compter du 8/12/1913, il passe au 6e Régiment de Tirailleurs le 8 mai 1918.
Le régiment participe à la reconstruction après l'armistice, et c'est à Valenciennes qu'il décède le 14/02/1919, à 5h du matin selon l'acte dressé en mairie, de broncho-pneumonie contractée en service (grippe dite espagnole).
Il sera transféré le 13 novembre 1923 dans l'actuel carré militaire.

Son nom figure sur la plaque commémorative de l'église de Paulx, mais ne semble figurer sur aucun monument aux morts

Il avait obtenu la croix de guerre avec étoile de bronze les 16 juillet 1917 et 12 septembre 1918. Voir le blog familial.

 


Tombe n° 227 :

 

RENAULT Joseph
Soldat 26e R.I.T.
Mort pour le France le 24-8-1914

 RENAULT Joseph Michel Florentin René, né le 1/10/1876 à Larchamp (Mayenne) de Florentin et PORTAIS Marie, Matricule 877 classe 1896 a effectué son service au 103e RI puis au 2e Régiment d'Infanterie de Marine. Rappelé à la mobilisation il est affecté au 26e Régiment d'infanterie territoriale qui se trouve confronté à l'avance de la 1ère Armée allemande, alors que la défense du secteur était plus que légère le long de la frontière, la Belgique -neutre- ne devant pas être envahie selon les plans français. (voir carte ci- dessus, parcours du soldat PREVERT).

 

Sa fiche Mémoire des Hommes le signale décédé à Crespin le 24 Août 1914.
Il n'y a cependant pas d'acte à ce nom dans le registre spécial de Crespin pour ce jour où le 26eRIT y subit de lourdes pertes (44 morts), mais on y trouve celui-ci :

 

AD RENAULT Crespin
qui est sans conteste (malgré une inversion nom/prénoms due probablement à des documents abimés) celui de RENAULT Joseph. C'est d'ailleurs à ce même nom déformé que l'on trouve une fiche du CICR renvoyant vers une liste parue dans la Gazette des Ardennes N°206 du 11 juin 1916 qui relève les soldats inhumés originellement à Crespin. Il ne semble donc pas qu'une enquête ait été demandée durant la guerre : peut-être la famille a-t-elle été avertie rapidement par un camarade de combat.

 

Son nom figure au Monument aux Morts de Larchamp :

 

MaM_Larchamp

 


Tombe n° 238 :

 

 

RIBLIER Alcide
Soldat 233e RI
Mort pour la France 3-8-1918

 

RIBLIER Alcide Octave André, né le 21 août 1897 au Chènedouit, canton de Putanges, arrondissement d'Argentan, département de l'Orne, de Louis Auguste Isidore et DUFAY Maria Zoé. De la classe 1917, matricule 455 au recrutement d'Argentan, il est incorporé le 7 janvier 1916 au 5e RI, passe au 36e RI le 11 novembre 1916, puis au 233e RI, 23e Cie le 17 août 1917.
Il est tout d'abord porté disparu au combat de Corgy le 12 juin 1918 :

 

JMO p99 sur 167

 

Gorcy

 


      Déclaré prisonnier (depuis le 8 juin) en Allemagne sur les informations reçues de la mairie de Chènedouit qui avait entamé des recherches auprès du CICR, le comité, près avoir mentionné qu'il a écrit "par" Limbourg qu'il était malade le 17 juin, reçoit une nouvelle demande d'information de M. Pierre Riblier à Paris le 7/10/1918, pour apprendre ensuite qu'il est décédé le 3 août 1918 à Valenciennes.

 

  • A-t-il réellement été prisonnier au camp de Limburg, qui l'aurait renvoyé au Lazarett de Valenciennes et pourquoi ?? Son état signalétique et des Services indique qu'il est décédé dans ce camp .....
    Son nom figure bien sur les listes de décès de Limburg du 10 octobre, avec toutefois quelques inconnues, comme son lieu de capture :

    Riblier LimburgIl figure sur une liste de décès émise en Janvier 1919 :

    13045

    • RIBLIER Alcide, soldat au 233e RI, 2e Compagnie, né le 21/08/1897 au Chedenedouit, Orne. Agriculteur. Décédé le 03/08/1918 à l'hopital militaire de Valenciennes, suite à une blessure au poumon, enterré au cimetière d'honneur de Valenciennes, tombe 1597.  No de dossier 29365/W.
  • Son nom figure sur le monument aux morts de Chenedouit :

    MaMChenedouit

 


 

 

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RENAULT Joseph Michel Florentin René
RIBLIER Alcide Octave André

De RIVIERE à SOHIER ►

 

18 juillet 2014

Réquisitions : 1917 Enlèvement des cloches

 

 

RÉQUISITION DES OBJETS EN BRONZE, DES CLOCHES,
PERQUISITION DANS LES ÉGLISES


     Les églises ne furent pas épargnées : une équipe se rendit le 21 août 1917 dans chacune d'elles, pour examiner les coffres-forts et les cloches.
Mgr Jansoone, doyen de Saint-Géry, s'en émut et en fit la remarque aux prêtres allemands qui, chaque matin, venaient dire leur messe.
Ils lui répondirent que depuis longtemps, en Allemagne, les églises n'avaient plus de cloches : quant aux coffres-forts, on les prendrait également, car tout ce qui pouvait servir à faire des canons serait enlevé.

     Mgr Jansoone fit immédiatement une démarche pour conserver la plus ancienne des cloches, qui datait de 1610. Cette question de cloches agita également la population, qui tenait à conserver sa « Jeanne de Flandres ».
Jules Billiet vint me chercher le 25 août de bonne heure, afin de faire un démarche auprès du Lieutenant Kollmann, pour éviter à la Ville l'humiliation de livrer ses cloches.
Il nous reçut très correctement, comme d'habitude, nous disant qu'il avait reçu des ordres pour ne pas blesser les sentiments religieux de la population, et qu'il s'entretiendrait avec la Commandanture pour prendre à sa charge le transport et la démolition. Il fut décidé qu'une cloche serait laissée à chaque église, pour le service du culte.

     Pour mieux se rendre compte des cloches qui avaient un caractère artistique, sur la demande de M. Jules Billiet, le Lieutenant Kollmann téléphona au Lieutenant Hitterman, devant nous, pour en faire prendre des photographies, avant de prendre une détermination. Il fit commencer par Notre-Dame, où se trouvait la cloche portant « Jeanne de Flandre », qui datait de l'an 1358 et avait déjà été sauvée lors de l'écroulement du beffroi.
Le 23 août 1917, la Municipalité recevait l'ordre suivant:


« A l'Administration municipale de Valenciennes,
« La Mairie doit faire descendre elle-même toutes les cloches jusqu'au poids de 125 kilos (cloches d'écoles, cloches d'usines, de petites chapelles, etc.) et les envoyer au Bureau de rassemblement des métaux, à Valenciennes, avenue du Quesnoy, 4.
« En même temps, on fournira à la Commandanture la liste de ces cloches et le reçu de leur livraison pour le 1er septembre.

« HITTERMANN, Premier Lieutenant. »


     Cette circulaire, adressée conjointement aux municipalités et aux curés, mit en éveil leur susceptibilité.
M. Billiet se rendit immédiatement à la Commandanture, dévoilant nettement ses sentiments personnels, patriotiques et religieux qui l'empêcheraient de se prêter à une exécution de ce genre.
Puis un rapport fut demandé à M. Bauchond, conservateur adjoint du Musée, afin d'apporter quelques précisions sur le côté artistique de ces cloches. Voici la copie de ce document intéressant:

MUSÉE DES BEAUX-ARTS
« Valenciennes, le 27 août 1917.
« Monsieur le Maire,
« J'ai l'honneur de vous donner la, liste des cloches qui se trouvent dans les églises de Valenciennes et qui, à mon avis, présentent un intérêt historique et artistique permettant d'en demander la déconsignation :

Eglise Notre-Dame-du-Saint-Cordon
1° Cloche du Ban, ou Bancloche, vulgairement appelée « Jeanne de Flandre ».
 Cette cloche provient du beffroi écroulé en 1843; elle est l'œuvre de Guillaume de Saint-Omer, et a été fondue en 1358. Elle servait à annoncer les proclamations du magistrat et les solennités de la Ville.


 2° Cloche du XVIe siècle, portant l'inscription : « Jhenne sus nomée à ma bénédiction. Che nom me fut doné en l'an MCCCCCXXXIII. »
 Cette cloche, très précieuse, provient de Notre-Dame-la-Grande. Elle porte les armes de l'abbaye d'Hasnon (de sable à quatre clefs d'argent) et de Jean Thiéry, abbé d'Hasnon de 1519 à 1534 (de sable au chevron d'or à trois besons de même).

Eglise Saint-Géry
 3° Cloche du XVIe siècle, provenant du beffroi, très curieuse, fondue en 1592. Elle porte des sceaux, des armoiries et une inscription en vieille langue tudesque.
 4° Cloche du XVIe siècle fondue en 1592.
 Il y a de plus dans le chœur, servant à l'office pour annoncer l'élévation, une petite cloche très belle du XVIe siècle, avec une inscription (parent à Tournai), une guirlande très fine et des médaillons (St-Jean-Baptiste).

Eglise Saint-Nicolas
5° Cloche du XVIe siècle, très remarquable, provenant du beffroi, portant l'inscription : « Philippe Regu, Alexan. Parmens, Belez, Guhec 1592, Le Coyvre de Rosel de Rouchy Lujüs, pas prosfect D. Anto. Du duc de Parme, du prévost de Capue, de la Ville ».
 6° Cloche du XVIe siècle, 1592, avec l'inscription: « Tempora lobructus tacites quece senescinius aimo ».
7° Cloche aux armes de la Ville: « Lyon et Cygne », armes de l'Abbaye, armoiries d'Antoine Vernious, abbé de Vicoigne, XVIe .siècle.

Notre-Dame du Sacré-Cœur, église du Faubourg de Paris
« 8° Cloche du XVIIe siècle, avec l'inscription: « L'an 1686, Jacques Perdrix m'a faite à Valenciennes ».
« 9° Collège Notre-Dame. Cloche du XVIIIe siècle, avec l'inscription: « M. Antoine Miroux, chapelain du Béguinage Perdrix, nous a faite l'an 1757. »

M. Bauchond appelait l'attention sur ces deux dernières.

     A la réunion des Maires, le 1er septembre 1917, le Capitaine Hiltermann entra dans une colère furieuse, menaçant les Maires de punitions sévères si, pour le lundi, les cloches n'étaient pas livrées. Jules Billiet essaya de le calmer, lui disant que c'était à l'autorité allemande à s'en charger. Très ennuyé, il vint me trouver le soir, à sept heures et demie, pour me prier de l'accompagner le lendemain matin à dix heures, dans les bureaux du Lieutenant Kollmann, afin de le mettre au courant de cet incident, une réunion devant avoir lieu le soir à cinq heures à la Commandanture avec le capitaine Hiltermann, pour régler cette question.
Entre temps, M. Thiroux avait été appelé à la Commandanture, l'officier s'étant imaginé qu'on s'était moqué de lui. De son côté, M. Billiet ayant été le voir deux fois sans le rencontrer, lui avait écrit pour lui faire part de son entrevue avec le Lieutenant Kollmann.
Aussi, il se calma et envoya la réponse suivante :


 Monsieur le Maire de la Ville de Valenciennes,
     Je vous confirme la réception de votre lettre du 1er septembre, dans laquelle vous cherchez à expliquer l'inexécution d'un ordre qui vous a été donné par la Commandanture le 23 août. Si vous aviez lu attentivement, comme vous le deviez, cet ordre, vous auriez vu qu'il ne s'agissait que des cloches des particuliers (usines) et des cloches communales (écoles). On vous confiait le soin de démonter ces cloches, parce qu'elles n'ont aucune relation avec le culte.
Je regrette de n'avoir pas été chez moi lors de vos visites, et je suis certain que si j'avais été là, ce malentendu ne se serait pas produit.
En m'en rapportant à l'ordre donné le 23 août, je vous prie de me faire savoir le mardi 4 septembre, à midi, que les cloches d'écoles et d'usines ont été démontées et livrées.

HILTERMANN,
Premier Lieutenant et Aide de camp.


     A la suite de cette lettre, un employé de la Ville fut désigné pour assister à l'enlèvement des cloches des écoles, afin d'éviter les accidents et les dégradations, les Allemands se chargeant de ce pénible travail.
Mais les incidents n'étaient pas terminés, car le Grand Quartier Général examinait la valeur artistique des anciennes cloches des églises.
Le Lieutenant Kollmann nous apprit que le Grand Quartier reconnaissait la valeur artistique pour les cloches suivantes, qui seraient exemptées de réquisition :

  • « Jehanne de Flandre », 1438, Notre-Dame,
  • La cloche flamande de 1483, église Saint-Géry,
  • Les cloches de Perdrix de Valenciennes, 1686, et une autre de 1576, au Sacré-Cœur de Dampierre.

     Puis le lieutenant Kollmann nous indiqua comment il allait procéder pour les autres cloches. La Ville devait désigner un représentant, qui fut M. Bauchond, afin de signaler les cloches qui avaient une valeur artistique, un expert allemand devant également donner son avis et déciderait de leur sort.

    M. Kollmann nous ayant dit qu'il commencerait le jeudi, ne voulant pas froisser les sentiments religieux, nous allâmes chez Mgr Jansoone, doyen de Saint-Géry, pour le prévenir que l'on délibérerait à propos de son église. Il nous répondit qu'il en avait fait le sacrifice, et que les Allemands pouvaient commencer.
Le lieutenant Kollmann nous avait également avisé que l'on prendrait les tuyaux d'orgue dont les jeux étaient morts, et qu'un spécialiste passerait pour le démontage, mais tous furent enlevés.
Je présentai donc, avant l'enlèvement des cloches, MM. Bauchond, expert, et Savois, interprète.

     On commença, comme il avait été dit, par les cloches de Saint-Géry, l'une de 1831, l'autre de 1856.
Le dimanche 30 septembre, celles de Notre-Dame sonnèrent pour la dernière fois, pour annoncer la Grand'messe
Le 16 novembre, des ouvriers commencèrent les échafaudages pour descendre les grosses cloches que M. le Doyen espérait garder; aussi, l'entrée du grand portail fut-elle interdite pour huit jours.

     Par contre, la cloche de l'Hôtel de Ville, qui était condamnée, l'échafaudage étant même préparé pour la descendre, fut laissée à la Ville sur la demande de M. Bauchond, conservateur adjoint au Musée, qui fit valoir sa valeur historique. Elle sonnait depuis 1386 pour nos ancêtres.
Sur la proposition de M. Billiet, le Conseil, à l'unanimité, adressa ses remerciements à M. Bauchond.


     A Saint-Saulve la cloche ne pouvant être descendue, les soldats la cassèrent sur place pour la fondre ensuite.
S'attaquant à nouveau aux églises, la Commandanture décida d'enlever les tuyaux d'orgues, on commença par les registres morts et finalement tout fut enlevé.

 

(in Delame : "Valenciennes Occupation allemande 1914-1918. Faits de guerre et souvenirs" Hollande & Fils ed. 1933)

 

En 1925, 2 cloches sont replacées dans le clocher de la basilique :

clochesNDSC

 

      On trouvera sur cette page la description de la basilique Notre-dame du St Cordon. On peut écouter ici le son caractéristique de la Bancloque, faute de l'entendre réellement : la basilique est fermée pour restauration depuis 2008 et pour encore probablement très longtemps ( Elle est toujours fermée en 2025, sans grand espoir de rénovation ni d'ouverture).

 

23 juillet 2011

Monument aux Morts - Valenciennes

  • Lors d'un récent hommage aux soldats Français et du Commonwealth de la Grande Guerre

 

PICT1984

 

PICT1989t

 

  •  Le monument et le gisant dont le linceul est un drapeau :

    statue
    gisant
  •  Derrière ceux-ci un hommage aux civils fusillés :

 

  • Avant l'inauguration du monument actuel, Boulevard Carpeaux, un monument avait été érigé au cimetière St Roch :

    MaM 14-18 St Roch
    "AUX HEROS DE LA GRANDE GUERRE
    1914 1915 1916 1917 1918"

  • La liste des 871 noms des Morts pour la France de la Grande Guerre au jour de l'inauguration (le dimanche 2 novembre 1924, voir  après la liste de noms), liste également déposée sur le site MémorialGenweb, où de nombreux détails complémentaires figurent.
     (pour les morts des autres guerres, me contacter)

P01-1020604 P02-1020603 P03-1020602 P04-1020601 P05-1020600 P06-1020599 P07-1020598 P08-1020597 P09-1020596 P10-1020595 P11-1020594

  

ADAM Émile
ADAM Eugène
ADAM Eugène
ALGLAVE Florimond
ALONDEAU Henri
AMORY Émile
ANCEL Hippolyte
ANSELME Léon
ANTOINE André
ANTOINE Jules
ARBOUX Achille
ARGAUX Gaston
AUDEBERT Marcel
AUDUBERT Georges
AUVERDUN Gaston
BACHELET Alexandre
BACHIMONT Jules
BAERT Alphonse
BAILLEUL Pierre
BAILLEUX Adolphe
BAILLEUX Ferdinand
BAILLON Eugène
BAILLY Albert
BAILLY Paul
BALLEUX Eugène
BALLEUX Léon
BARBET Abel
BARBET Charles
BARBET Jean
BARBET Paul
BASQUIN Louis
BASSEZ Albert
BASTIEN Marceau
BATAILLE Albert
BATAILLE Auguste
BAUDOUR Louis
BAUDUIN Gaston
BAUDUIN Jules
BAVAY Eugène
BEAUMONT Georges
BEAUMONT Jean
BEAUVOIS Paul
BECK Maurice
BEGHIN Léon
BELURIÉE Désiré
BENAULT Ernest
BENIAUX Henri
BERGER Adhémar
BÉRIN Constant
BÉRIOT Fernand
BERNARD André
BERNARD Auguste
BERNARD Jules
BERTOUILLE Victor
BÉTHOUART Henri
BIGARÉ Georges
BILLEMONT Gaston
BILLIET Étienne
BILLIET Roger
BIREMBAUX Arsène
BISIAU Henri
BISIAU Michel
BISSIAU Adolphe
BLANQUART Émile
BLAS Alfred
BLAS Émile
BLAS Jean
BLAS Jules
BLONDEAUX Marcel
BOCQUET Georges
BODART Émile
BOISSART André
BOISSART Louis
BOISSART René
BOLLENGIER Isaïe
BOMBLED Marcel
BONEILL Rene
BONENFANT Henri
BONENFANT Paul
BONNIER Léon
BOQUET Auguste
BOQUET Pierre
BOTTIAU Alphonse
BOUCAUT Léon
BOUCHERIE Paul
BOUCLY Nestor
BOUCLY Paul
BOUCQ Valéry
BOUILLON Félix
BOULAN Élie
BOULANGER Ernest
BOULEAU Joseph
BOULET Joseph
BOULET René
BOULINGUIEZ Victor
BOULVIN Félix
BOURDON Albert
BOURDON Paul
BOUSCARY Paul
BOUSSER Marcel
BOUTEFEU Alphonse
BOUTELIER Maurice
BOUTRIAUX Jules
BOUTRY Pierre
BRASSELET Auguste
BRAUX Gustave
BRETEZ Jean
BRICOUT Arthur
BRIFFAUT Édouard
BRIGNOLI Jean
BRISSET Marcel
BRIZARD Auguste
BROUILLARD Désiré
BROUILLARD René
BRUNEBARBE Georges
BRUNIAUX Edmond
BRUNIAUX Marcel
BRUX Paul
BRUYÈRE Charles
BRUYÈRE Léon
BUISINE Maurice
BULTÉ Gaston
BULTEZ Paul
BURETTE Auguste
BURETTE Jean
BURETTE Louis
BURGGRAEVE Louis
BURY Léonnard
BUSIGNIES Élie
BUSIGNIES Émile
BUSIN Alphonse
BUSIN Robert
CACHEUX Léon
CAFFENNE Alfred
CAILLERET Victor
CAILLOUX Paul
CALONNE Jean
CAMBRELENG Albert
CANIPEL Émile
CANTIN Adolphe
CARDON Albert
CARDON Gustave
CAREZ Jules
CARION Jules
CARION Léon
CARLIER Achille
CARLIER Adolphe
CARLIER Gaston
CARLIER Jérémie
CARLIER Joseph
CARLIER Louis
CARLIER Michel
CARTIGNY Charles
CARTIGNY Fernand
CARTON Léon
CARTRY Henri
CASTEGNIER Arthur
CASTIAN Georges
CATALA Louis
CATTIAUX Lucien
CAUDERLIER Maurice
CELLIER Louis
CHAMBODUT Henri
CHARLET Albéric
CHARTIER Emile
CHARVET Joseph
CHAUDESAIGUES Henri
CHEVAL Georges
CHIARAMONTI Félix
CHIGAR Jules
CHINOT Marcel
CHIPPEY Alfred
CHOIN Augustin
CHOQUET Alexandre
CHOTTEAU Paul
CLAUSE Louis
CLIQUET Charles
COENS Marcel
COGET Émile
COILLOT Désiré
COLBEAU Édouard
COLICHET Raymond
COLIN François
COLLIGNON Émile
COLLOT Georges
COMON Roméo
CONTRERAS François
COQUELET Léon
COQUELET Louis
CORDIER Victor
CORNIL André
CORNIL Félix
CORNU Octave
COUCKERCKE Louis
COUEZ Camille
COULON Albert
COULON François
COUPÉ Émile
COUPÉ Fernand
COUSIN Barthélemy
COUTIEZ Jean
CRAUC Léopold
CRÉPIN Henri
CRÉTEUR Charles
CRETEUR Georges
CRETEUR Henri
CRÉTEUR René
CRETIN Gaston
CRETIN Ludovic
CROISIER René
CROY Léon
CUISINIEZ Robert
CUVELIER Arsène
CUVELIER Henri
DALLENNE Arthur
DANCRE Fernand
DANHIÈRE Léon
DANHIEZ Henri
DANIEL Edmond
DANJOU Henri
DARRAS Georges
DAUBRESSE Augustin
DAUPHIN César
DAUPHIN Félix
DAVID Joseph
DAYEZ Henri
DE LA
DE VIENNE
DEBRABANT Georges
DECAUDIN Olivier
DECOURTET Henri
DEFAUX Jean
DEFOSSE Paul
DEFRANCE Joseph
DEGARDIN Henri
DEGRÉAUX Henri
DEGRÉAUX Léon
DEGREMONT Arthur
DEHAY Edmond
DEHON Jules
DELACROIX Paul
DELANNOY Alexandre
DELANNOY Joseph
DELANNOY Louis
DELANNOY Paul
DELATTRE Raymond
DELATTRE René
DELBECQ Fernand
DELBECQ Jean
DELCOURT Marc
DELEEUW Félix
DELÉPINE Gaston
DELESTIENNE Adolphe
DELESTIENNE Jean
DELFORTRIE Louis
DELFOSSE Émile
DELFOSSE Léon
DELGRANGE Henri
DELGRANGE Hippolyte
DELGRANGE Théophile
DELHAYE Charles
DELHAYE Clovis
DELHAYE Joseph
DELHAYE Paul
DELIGNE Constant
DELOT Alfred
DELSARTE Charles
DELSARTE Georges
DELSAUT Robert
DELVAL Georges
DELVALLÉE Ferdinand
DELVALLÉE Victor
DELVIURIEZ Arthur
DEMARET Gilbert
DEMENEZ Émile
DEMEYER Victor
DEMOL Pierre
DEMONCHY Arnold
DEMORY Odéi
DENEVAULT Raymond
DENIS Alfred
DENIS René
DENNERY André
DEPRET Firmin
DEQUESNE Jules
DERCHE Antoine
DEROME Albert
DERQUENNE Charles
DERVAUX Louis
DERVIN Camille
DESBONNETS Jean
DESCAMPS Gaston
DESCARPENTRIES Joseph
DESJARDINS Georges
DESMOULIN Jean
DESMOUTIER Henri
DESSAINT Charles
DETOURBE Alfred
DÉTREZ Augustin
DEUDON Aimable
DEVAUX Ernest
DEVELAY Philippe
DHAINAUT Léon
DHAMELINCOURT Aimé
DHERBOMEZ Maurice
DHOUAILLY Léon
DIDION Joseph
DIÉRYKX VISSCHERS Jean
DION Lucien
DOFFE Alcide
DOLET Henri
DOMART Jules
DOMBRET Maurice
DOR Charles
DOR Jules
DORIRY Albert
DRANCOURT Abel
DRANCOURT Émile
DRAP Louis
DRAPIER François
DREMIÈRE Jules
DREUMONT Fernand
DREUMONT René
DRUESNE Henri
DRUESNES Théodule
DUBOCAGE Jules
DUBOIS Alfred
DUBREUCQ Raoul
DUBUS Edmond
DUCATEZ Paul
DUCLENT Fernand
DUFOUR Auguste
DULIEU Alexandre
DULIEU Jules
DUNK Albert
DUNK Gustave
DUNKE Arthur
DUPAS Jacques
DUPIN Oscar
DUPONT Arthur
DUPONT Arthur
DUPONT Henri
DUPONT Jacques
DUPONT Jules
DUPONT Marc
DUPONT Théodule
DUPONT DE SAINT OUEN Gérard
DUREUX Henri
DURIEUX Élie
DURIEUX Louis
DUSSART Charles
DUTERNE Jules
DUVANT Edmond
ÉMAILLE Alphonse
ÉVRARD François
EVRARD Léon
FACON Paul
FACON Pierre
FAGNIART Henri
FAILLE Paul
FALCE Victor
FAUCHOUX Raoul
FAYOLA Gaston
FÉLIX Achille
FINCK Henri
FINET Charles
FLAMENT Jules
FLAMENT Louis
FLAMME Jules
FLEURIN Ernest
FOLLET Auguste
FOLLET Léon
FONTAINE Alexandre
FOUGNIES Émile
FOURMEUX Arthur
FOURMY Léon
FOURNIER Désiré
FOURNIER Louis
FOYOT Charles
FRANÇOIS Alphonse
FRANÇOIS Armand
FRANÇOIS Fénelon
FRANÇOIS Maurice
FRANKINET Édouard
FRAPPART Eugène
FRAPPART Jules
FROMONT Arthur
FROMONT Auguste
FROMONT Gustave
GABELLE Émile
GABET Alfred
GABET Jean
GABET Joseph
GABET Marcel
GALIOT Georges
GALLOIS Louis
GARDAVOIR Léon
GARDINAL Henri
GASTE DIT CASTEL Fernand
GAUTHIEZ Lucien
GAUTIER Jean
GELEZ Alfred
GELEZ Georges
GELLÉ Alexis
GENOUX Adolphe
GEORGE Maurice
GEORGE René
GEORGEL Antoine
GERMAIN Jean
GIARD André
GIARD Michel
GILLIARD Maurice
GITS Henri
GIVERT Émile
GLINEUR Alfred
GLINEUR Robert
GLORIA Géry
GOMY Camille
GORGUET Gustave
GOSSELIN Albert
GOSSELIN Edmond
GOUGET Georges
GOUT Guillaume
GRAFTIEAUX Maximilien
GRAS Daniel
GRATEPANCHE Julien
GRATTEPANCHE Alfred
GRATTEPANCHE Louis
GREFFE Charles
GRÉGOIRE Gustave
GRESSIER Louis
GREVIN Albert
GROMAS Alphonse
GRUSON Albert
GUÉRIN Albert
GUILLAUME Jean
GUILLAUME Robert
GUILLEZ Arthur
GUILLEZ Louis
GUIOT Henri
GUITTARD Thibaut
GUSTIN Alfred
GUSTIN Jean
HAESMANS René
HAGEMAN Maurice
HAINAUX Maurice
HARMANT Albert
HARMANT Charles
HAUTCOEUR Arthur
HAUTOIT Célestin
HAY Achille
HELLE Fernand
HELLIN Marcel
HENNETON Georges
HENRY Éloi
HERBAUT Alexandre
HERBIN Henri
HERDEWYN Émile
HERLEMONT Gaston
HERNOUD André
HERNOULD Charles
HERRENT Hubert
HEUILLE Alcide
HIANCE Pierre
HINCK Albert
HINCK Émile
HIRSOUX Alfred
HOHWEILLER Émile
HOLIN Julien
HOLLANDE Georges
HOLLANDE Henri
HOLLANDE Jules
HOLLANDE Robert
HOURIEZ Charles
HOYAUX Alfred
HOYAUX Camille
HUBERT Charles
HUBERT Théodule
HUET Alfred
HULOT Pierre
HUMILIER André
HUREZ Jules
HUREZ Léon
HURIAUX Albert
HUS Édouard
HUTIN Alfred
HUVELLE Georges
JALAIN Fernand
JANSSENS Émile
JÉRONNEZ Adolphe
JONGBLOED Léon
JONGBLOED Paul
JONNART Gaston
JONQUOIS Paul
JOURDAN Henri
JOURDAN Paul
JOUVENEAUX Auguste
JUSTE Léon
KEIP René
KYNDT Jules
LACQUEMENT Octave
LAFOSSE Frédéric
LAGACHE Louis
LAGNEAUX Alfred
LALANDE Émile
LALOU Abel
LALOU Arthur
LALOU Edmond
LALOU Georges
LALOUX Clément
LALOUX Paul
LAMBERT Désiré
LAMBERT Fernand
LAMBERT Léon
LAMBERTY Charles
LAMENDIN Daniel
LANCELOT Clovis
LANDA Louis
LANGLAIS Jules
LANGRAND Fernand
LANGRAND Paul
LANSMAN Alphonse
LANTREBECQ Charles
LAPLACE Julien
LAPLACE Octave
LATEUR Alfred
LATINUS Fernand
LAUDE Henri
LAURENT Raoul
LAURETTE Désiré
LAUVERGEON Gaston
LAVAL Léonard
LEBAS Alfred
LEBEAUX Jacques
LEBLANC Louis
LEBRUN Fernand
LECAILLE Albert
LECERF Charles
LECHAT Camille
LÉCHELLE Maurice
LECHEVIN Roméo
LECLERCQ Lucien
LECLERCQ Viçtor
LECOCQ Émile
LEDENT Alfred
LEDENT Alphonse
LEDENT Arthur
LEDOUX Paul
LEDUC André
LEDUC Henri
LEDUC Victor
LEFEBVRE Alfred
LEFEBVRE Alphonse
LEFEBVRE Émile
LEFEBVRE Gustave
LEFEBVRE Louis
LEFEBVRE Louis
LÉGER Édouard
LÉGER Léon
LÉGER Noël
LEGRAND Émile
LEGRAND Henri
LEGRAND Henri
LEGRAND Joseph
LEGRAND Louis
LEJAY Clément
LEJEUNE Adhémar
LELEU Arthur
LELEU Jules
LELEU Paul
LELIÈVRE Eugène
LELONG Maurice
LEMAHIEU Marius
LEMAIRE Léon
LEMOINE Émile
LEMOINE Émile-Parfait
LENGLET Émile
LENNE Désiré
LENNE Louis
LENQUETTE Vulmar
LERICHE René
LERMISSION Gabriel
LEROUX Armand
LEROUX Maurice
LEROY Aimé
LEROY Édouard
LEROY Jean
LEROY Paul
LEROY Rameau
LEROY René
LESAINT Sylvain
LESIEUX Gustave
LETENDART Élie
LEVY Léon
LÉVY Pierre
LHUISSIER Gaston
LIBRE Jules
LIBRE Jules
LIENARD Julien
LIETARD Gustave
LIEVIN Jean
LOBRY Nestor
LOILLIEUX Charles
LOISELEUX Constant
LOOTEN Auguste
LOREAULT Charles
LOUCHEUX Paul
LUCAS Jules
MACQUART Achille
MAGRY Joseph
MAGUET Gustave
MAGY Maurice
MAHIEU Henri
MAHIEU Pierre
MAILLARD Ernest
MAILLARD Eugène
MAILLARD Marcel
MAILLARD René
MALAQUIN Alfred
MALÉCOT Alphonse
MALIAR Désiré
MANCHE Alfred
MANIER Henri
MANIEZ Victor
MARCHAL Louis
MARCUS Léon
MARETS Léon
MARIAGE Auguste
MARIN Paul
MARLIÈRE Abel
MARMOUSET Émile
MARONNIER Émile
MARQUER Joël
MARTIN Louis
MASCLET Lucien
MASSE Léon
MASSE DE LA FONTAINE Gust
MASSINON Édouard
MASUVE Adolphe
MAUSSET Jules
MAWART Camille
MEMBRE Georges
MENIELLE Émile
MERCIER Maurice
MERCIER Pierre
MERLIN Henri
MERLIN Jean
MERVILLE Narcisse
MICHEAUX Auguste
MICHEAUX Léon
MICHEL Louis
MICHIELS Alexandre
MILLANCOURT Jules
MINET Charles
MINOT Gaston
MIOT Paul
MIRLAND René
MIROUX Albert
MIROUX Léon
MIROUX Léon
MOHR Raphaël
MOIZAN Eugène
MONCEUX Albert
MONCEUX Charles
MONIER Antoine
MORAGE Ferdinand
MOREAU André
MOREAU Dominique
MOREL Hippolyte
MOUCHE Maurice
MOUTON Édouard
MOYAUX Pierre
MOYEN Lucien
MULLER Albert
MULLER Auguste
MUREZ Étienne
MUREZ Ferdinand
NEF Georges
NICODEMME Georges
NICOLAS Eugène
NISON Désiré
NOEL Émile
NOLLIN Georges
NORABE Hubert
OLIVIER Alfred
OSTER Henri
PACHE Charles
PAINTENDRE Nicolas
PAINVIN Alfred
PAINVIN Gondran
PARENT François
PARIS Victor
PATOUX François
PATTE Léon
PATTE Louis
PATTE Robert
PECQUEUX Georges
PENANT Georges
PEPIN Émile
PÉRONNE Henri
PETIT Apollon
PETIT Émile
PETIT Marcel
PEZIN Lucien
PHILIPPE Oscar
PICHOIS Marcel
PICHON Robert
PIÉRARD André
PILLION Numa
PILLOIS Maximilien
PINET Charles
PINNING Charles
PLICHON Victor
PLOUCHARD Bruno
POIX Alfred
POMPON Armand
PORTE Henri
PORTIER Georges
POSTILLE Étienne
POSTILLE Prudent
POTTEAU Charles
POTTIER Émile
POTTIEZ Louis
POULAIN Albert
POUPART Fernand
PREUX Victor
PRÉVOST René
PRUVOST Fernand
QELEZ Jules
QUANTILI Audemond
QUAREZ André
QUEMPE Gaston
QUENNESSON Maurice
QUILLET Albert
QUIVY Émile
QUIVY Jules
RABELLE André
RAIMOND Raymond
RASET Léon
RASEZ Élie
RAVIART Henri
REGHIM Marius
RÉGNIER Célestin
REGUÈME Henri
RÉMY Albert
RÉMY Mauriçe
RENARD Jules
RENARD Zénon
REUMONT Jules
REUMONT Kléber
RICHEZ Maurice
RINGOT Albert
RIQUET Léon
RISBOURG Henri
ROCHE Victor
ROGER Georges
ROLÉ Adolphe
ROMBAUX Marc
ROPPE Jules
ROSIGNEUX Henri
ROSSIGNON Jules
ROTY André
ROUTARD Henri
RUDANT Louis
RUFFIN Émile
RUFIN Jules
SAINT PAUL Georges
SAINT QUENTIN Émile
SALAUN Louis
SANIEZ Florent
SAROT Clodomir
SAUDRAIS Ernest
SAUDRAIS Marcel
SAUTIÈRE Ernest
SCAVAIL Marcel
SCHENIDRE Charles
SCHNEIDER Louis
SCHNEIDER Prosper
SÉGARD Émile
SÉGARD Octave
SEIGNER Octave
SELLE François
SELLE Jules
SENECHAL Marcel
SERGEANT Alfred
SIMAR Alfred
SOHIEZ Jules
SPAR Auguste
STEFFE Émile
STIÉVENARD Marceau
SUEUR Raymond
SULTER Paul
TABARY René
TAHON Désiré
TAISNE Léonce
TAQUET Alfred
TAQUET Alphonse
TAQUET Auguste
TAQUET Désiré
TAQUET Marcel
TAVERNE Henri
TAVERNE Henri
TELLE Paul
THÉBAULT Ferdinand
THELLIER DE
THIÉRY Henri
THIÉTARD Paul
TIBERGHIEN Louis
TIÉTARD Georges
TIÉTARD Joseph
TIRLEMOND Louis
TISON Georges
TISON Jules
TISSOT Joanny
TORDEUX Xavier
TORREZ Eugène
TOURIL Octave
TOURILLE Adolphe
TOURILLE Arthur
TOURILLE Auguste
TRAMPONT Maurice
TRÉHEUX Henri
TRÉHOUT Charles
TRIBOUT Ernest
TRINQUET Arthur
TROMONT Marcel
TURBEZ Noel
ULMO Lucien
VAILLE Paul
VAN BRUSSEL
VAN RAAY
VANDEBEULQUE Joseph
VANDENBERGHE Élie
VANDESQUILLE Alexandre
VAN DORPE Marius
VANDROMME Gabriel
VANGRAMBEREN Michel
VANHOOF René
VANIEZ Georges
VAN LEUVEN Désiré
VERDIER Félix
VERDIER François
VERDIER Henri
VÉRET Léonce
VERMEILLE Henri
VERNUS Paul
VÉRON Octave
VERVERS André
VEUBELOT Arthur
VIEILLE Marcel
VIGNAUD Léon
VILETTE Émile
VINCENT Léon
VINCHON Émile
VOITON Albert
VRAND François
WAGRET Henri
WAILLIEZ Désiré
WALLON Arthur
WANTY Alfred
WANTY Léon
WATTIEZ Jules
WAUTIER Amédée
WEILL Jean
WÉRY Henri
WESTERLOP Joseph
WIBAUT Florimond
WIDIEZ Maurice
WILMORT Charles
WOITTEQUAND Apollon
WOLFER Auguste

 

     Certains d'entre eux apparaissent dans le livre d'or du Collège Notre-Dame, dont ils étaient, avaient été élèves ou enseignants, dont j'ai commencé la transcription  sur ce blog

      "C'est au lendemain de l'Armistice qu'une Commission extra-municipale pour l'embellissement de la ville en avait été présenté une première maquette due à la collaboration de l'architecte Henri Armbruster et du sculpteur Elie Raset. Le projet avait été adopté. En septembre 1920, la mauvaise situation financière de la ville avait amené le Conseil municipal à l'accéder l'idée d'une souscription publique pouvant couvrir une partie des 120 000 francs prévus pour le monument. En décembre, le principe et le financement ayant été votés, on assista au début de l'exécution : une maquette en grandeur réelle, mais réalisée en plâtre et en bois, fut installée au Cimetière St Roch qui était l'emplacement prévu pour le monument définitif. Certes, des voix s'élevaient au Conseil municipal pour protester par avance contre une récupération politique, patriotique et militaire, ...au moment de l'inauguration. Mais elles étaient minoritaires et le principe de cet hommage n'était pas remis en cause pourvu qu'il restât pacifiste ! En août 1922, on imagine le monument, cette fois devant l'entrée du cimetière. Quelques mois plus tard, la décision d'inscrire dans la pierre les noms de toutes les victimes fit affluer les demandes. On passa rapidement de six cents à plus de huit cents (861 noms furent solennellement appelés le jour de l'inauguration). On ne pouvait plus conserver l'idée initiale de la stèle au pied de laquelle gisait un Poilu. Il fallait agrandir. C'est ainsi qu'on en vint à l'hémicycle que nous connaissons - encore élargi après la dernière guerre, en 1951/53 - et à son emplacement sur un lieu plus vaste, le square de la Dodenne.
 
     "Mais le devis se montait maintenant à 206 861 francs. On lança donc une nouvelle souscription publique. Le Monument au Morts de Valenciennes pouvait être inauguré le dimanche 2 novembre 1924, Jour des Morts et jour anniversaire de la délivrance de Valenciennes. En présence des autorités civiles, religieuses et militaire, le Maire, Jules Billiet, dans un beau discours, exalta l'assemblée à faire taire des discordes fraternelles et à demeurer unie, dans l'intérêt commun, comme les héros l'avaient été dans la tranchée, dans la bataille, dans la mort.

      "Douloureusement recueillie, tendre dans les plis de pierre qui l'enveloppent, Valenciennes veille désormais pieusement sur son enfant, un Poilu de bronze ayant le revêtu le drapeau pour manteau. Le sculpture de Raset, parfaitement mise en scène par l'architecture sobre d'Armbruster, assiste dignement aux cérémonies commémoratives. Ni revancharde, ni héroïque, ni glorieuse, ni véhémente, elle est un appel au respect devant le sacrifice; elle salue, affligée, ceux qui sont morts pour leur patrie; elle est un désir de paix."

(extrait de Jean-Claude Poinsignon, "Bienvenue dans l'Athènes du Nord, Petite histoire des statues de Valenciennes", Éditions Spratbrow, 1998)

 


  

           Un monument aux morts est inaccessible pour le moment : c'est un grand tableau très réaliste, don de Lucien Hector Jonas représentant "Le poilu crucifié" - ou plutôt "ressuscité"- qui se trouvait dans le transept gauche de la basilique Notre-Dame du Saint-Cordon (actuellement fermée) et actuellement en l'église St-géry, entouré de 2 colonnes de noms reproduits ci-dessous dans l'ordre alphabétique.

En-dessous du tableau est gravé ce verset de l'Epitre aux Hébreux 4.15 :

"Il compatit à toutes nos infirmités, pour nous ressembler Il les a toutes éprouvées sauf le péché."

LJ
Photo de Jean Poncet publiée sur le site HainautPédi@

 

AUDEBERT Marcel   HOLLANDE Henri
AUDUBERT Georges   HOLLANDE Jules
BAILLEUX Fernand   HUREZ Léon
BECK Maurice   JONQUOIS Paul
BERNARD André   LAMBERT Léon
BILLEMONT Gaston   LATEUR Alfred
BILLIET Roger   LÉCHELLE Maurice
BILLIET Étienne   LEFEBVRE Alfred
BLONDEAUX Marcel   LEFEBVRE Alphonse
BOUCLY Paul   LEMOlNE Émile
BOULET René   LEROY Aimé
BRUYÈRE Charles   LUCAS Jules
BRUYÈRE Léon   MAHIEU Henri
CANTIN Adolphe   MAHIEU Pierre
CARDON Albert   MAILLARD Emile
CARLIER Joseph   MARLIÈRE Abel
CARLIER Michel   MASCLET Lucien
CELLIER Louis   MASURE Adolphe
CHARLET Albéric   MEMBRE Georges
COQUELET Henri   MOREAU André
CRÉTEUR René   MOREAU Dominique
DEHON Jules   NICOLAS Eugène
DEROME Albert   PATTE Léon
DERQUENNE Charles   PATTE Louis
DEVIENNE Robert   PATTE Robert
DOLET Henri   PIÉRARD André
DOR Charles   POMPON Armand
DOR Jules   PRÉVOST René
DREMIÈRE Jules   PRUVOST Fernand
DUCATEZ Paul   RABELLE André
DUCLENT Fernand   REUMONT Jules
DUPAS Jacques   ROGER Georges
DUPONT Jacques   SEGARD André
DUPONT Marc   SÉGARD Émile
FACON Paul   SOHIEZ Jules
FACON Pierre   SULTER Paul
FAILLE Paul   TAQUET Marcel
FLORENT Georges   THELLIER_DE_PONCHEVILLE Georges
FOLLET Auguste   TORDEUX Xavier
GUILLAUME Jean   TRÉHEUX Henri
GUILLET Edmond   TRIBOUT Ernest
HERLEMONT Gaston   WAGRET Alphonse
HERNOULD André   WALLON Arthur
HERNOULD Charles   WIDIEZ Maurice

 


 Le cimetière St Roch dispose face à l'entrée principale d'un monument aux morts de la paroisse St Nicolas :

 

MaMStNic

 

    Monument dont le modèle original, plus "orné", était destiné à l'église St Nicolas, transformée en auditorium du même nom depuis la réouverture de l'église St Géry voisine :

projet

94 noms classées d'abord par année de décès y figurent :

 1914

ARMAND Charles
BASSET Albert
BISIAU Henri
BONENFANT Paul
BOTTIAU Alphonse
BOURDON Paul
CHOQUET Alexandre
COUPÉ Émile
CRETEUR Henri
DAUBRESSE Augustin
DEFAUX Louis
DELGRANGE René
DELGRANGE Théophile
DESMOUTIER Henri
DUPONT Jules
DUVANT Edmond
EVRARD François
FAYOLA Gaston
FLAMME Jules
FROMONT Arthur
HIANCE Pierre
HOLLANDE Robert
OLIVIER Alfred
PAINVIN Alfred
PAINVIN Gondran
PETIT Apollon
PHILIPPE Oscar

 1915

ANCEL Hippolyte
BAVAY Eugène
BOISSART René
BUISINE Maurice
BUSIGNIES Elie
BUSIN Robert
CASTIAN Georges
COULON François
DANJOU Henri
DELBECQUE Ernest
DELGRANGE Charles
DUPONT Arthur-Émile
GELEZ Georges
GERVOIS Auguste
GREF César
HINCK Albert
HOLLANDE Georges
LEFEBRE Emile
LERNOULD Paul
LESNES Léon
MAGY Maurice
MASSON Aimé
MILLIEZ François
MOYAUX Pierre
PEPIN Émile
SENECHAL Marcel
SPAR Auguste
VERMEILLE Henri
VERNUS Paul

 1916

ADAM Eugène
BAERT Alphonse
BISIAU Michel
BOISSART André
BOQUET Auguste
BOQUET Hippolyte
DUNK Gustave
DUPAS Jacques
DUPAS René
EVRARD Léon
LECHEVIN Roméo
SAINT-PAUL Georges

1917

BONEILL René
CORDIER Victor
DUPONT Arthur-Désiré
GABELLE Émile
GENOUX Adolphe
LELEU Paul
LEROUX Armand
VIGNAUD Léon

 1918

CACHEUX Maurice
DEBRABANT Georges
DEFRESNES Marius
DEMURIEZ Arthur
GELEZ Alfred
LANDAS Louis
MAILLARD Désiré
MANGE Alfred
PENNING Charles
ROMBAUX Marc
TORREZ Eugène
VANDROMME Gabriel
VANLEVEN Désiré
VEUBELOT Arthur
WAILLIEZ Désiré
WALLON Arthur
WATTIEZ Jules

1919

COURTIER Jean

 

 


    L'église du Sacré-Coeur a vu sa plaque aux morts, posée en 1924 et absente depuis longtemps, refaite et apposée à l'endroit d'origine en 2015 (voir également sur ce blog le sujet consacré à l'abbé Delbecque) :

Sacré-Coeur
A
LA MEMOIRE
DES ENFANTS DE LA PAROISSE MORTS POUR LA FRANCE

Abbé MEURISSE Joseph
Capitaine DELFOSSE
Capitaine TROMONT
Capitaine HERRIOT
Capitaine MACQUART
Capitaine LAMY
Lieutenant DRANCOURT

BAILLEUX Eugène
CARLIER Ferdinand
CATTIAU Lucien
CHAUDESAIGUES Henri
COLAU Georges
CHIARAMONTI René
COUVREUR Joseph
COUTELIER Gaston
 
DANHIEZ Achille
DELSAUT Robert
DEPRET Firmin
DELFORGE Louis
DRUELLE Louis
FELIX Henri
GEORGES Maurice
GREVIN Albert
GUMEZ Nestor
MEURISSE Albert
PETIT Marcel
ROUTARD Henri
ULMO Fernand
VERVERT André
Que par la Miséricorde de Dieu ils reposent en paix
 

 

DELBECQUE CAZER LEGEL CANNONNE COTTEAU HERBAUX LEGRAND BEAUVOIS THUILLIEZ MOHR GRESSIER PAGNIEN
26 novembre 2024

194.- Le 184e Régiment d’infanterie connait un court repos à Valenciennes

 

 

L’historique du 184e RI, du moins la première partie concernant 1915 et 1916 de « Quarante mois sur le front occidental » donne la vision — forcément idyllique pour n’importe quel soldat de n’importe quelle armée sortant des tranchées —  de l’activité dans la ville, dont l’auteur oublie -ou met volontairement de coté (dans un livre publié en 1934), les vicissitudes subies par la population durant les 1530 jours de l’occupation. Le récit met discrètement l’accent sur une partie largement passée sous silence : « les profiteurs de la guerre ».

 

 

Court repos à Valenciennes.
Du 19 au 24 juillet 1916.

 

Du 19 au 21.7.1916. Le 19 juillet, les restes du régiment ont continué leur marche vers la région d'étape avec de joyeux chants de marche sur les lèvres. Le 1er bataillon. a quitté Quéant à 9 heures du matin, et - à 2 heures du matin - prit ses quartiers à Fressies, où l'état-major du régiment se rendit également avec la compagnie de mitrailleuses. Le 2e bataillon partit de Pronville à la même heure, le 3e bataillon deux heures plus tard, arrivèrent à 1h30 et 5h du matin à Bantigny, (lieux au nord de Cambrai) où ils furent logés. A chaque pas, la troupe laissait derrière elle le tonnerre de la bataille et espérait trouver rapidement de bons quartiers de repos. L'état-major du régiment et le 1er bataillon arrivèrent le lendemain à 1 heure du matin à Douchy, le 2e une heure plus tard à Thiant et le 3e un peu plus tôt à Haulchin (localité située au sud-ouest de Valenciennes). Les fatigues des jours de combat ne se font pleinement sentir que maintenant. Les marches, bien que ne dépassant pas 20 km par jour, n'ont pas été faciles pour la troupe et il y a eu de nombreuses défaillances.

De Quéant à Anzin 60km effectués en 3 jours ( ne pas tenir compte de l'stimation de Google Maps)

 

Le dépôt de recrues de la 183ème Division d’infanterie, le 2ème bataillon de remplacement du 165e Régiment de Réserve et le 66e Régiment d’infanterie de Réserve ont fourni des remplaçants, le 1er bataillon a reçu 7 sous-officiers et 155 hommes, le 2ème : 14 sous-officiers et234 hommes et le 3ème bataillon : 2 sous-officiers et 236 hommes.

Le 21 juillet, la dernière marche a eu lieu. Vers une heure du matin, les bataillons arrivèrent à Anzin, dans la banlieue de Valenciennes. La Compagnie de mitrailleuses était déjà parvenue jusque là le jour précédent. Heureusement, presque tous les éléments du régiment ont pu être logés dans des quartiers bourgeois, dont la plupart étaient de très bonne qualité. Comme les jours suivants devaient être un véritable repos pour le régiment, seuls des appels et un court service d'exercice léger étaient prévus. Deux sous-officiers du 26e régiment d’infanterie ont été transférés au 1er Bataillon, tandis que du même 26e le 2e Bataillon a reçu 6 sous-officiers et 146 hommes de remplacement. A ce moment, une citation à l’ordre de la 2e armée fut également publiée, qui exprimait la reconnaissance du chef de guerre suprême pour la résistance héroïque contre un ennemi largement supérieur dans la Somme.

 

Du 22 au 24.7.1916. Les 22 et 23 juillet, des services religieux ont eu lieu. Après le nettoyage des armes et des pièces d'équipement, parfois très abîmées, on a pu se baigner dans la piscine de Valenciennes, un vrai bienfait. Le nouveau remplaçant s'est entraîné à lancer des grenades réelles et le 24 juillet, le lieutenant Fröbel (9e compagnie) a été blessé. Le 23 juillet, le lieutenant Straub a été nommé commandant de la 2e compagnie, le lieutenant Lucas de la 5e compagnie, le lieutenant Vogel de la 10e compagnie et le lieutenant Heberle de la 12e compagnie. Le Lt. Muris a été transféré à la 11e compagnie, mais a repris le 24 le commandement de la 9e compagnie en remplacement du Lt. Fröbel blessé. Par Ordre du Corps d’Armée du 19.7.16, les officiers suppléants Werner (4ecompagnie) et Wehde (9e compagnie, blessé le 10.7.1916) ont été promus respectivement au rang de lieutenant d'ordonnance et de lieutenant.

Bien entendu, tout ce qui faisait partie du temps de repos d'une troupe n'était pas oublié, comme le contrôle et le réajustement des masques à gaz dans la « salle puante » et le « coup de poignard dans la poitrine du héros », c'est-à-dire la vaccination contre le choléra, etc.

Le temps libre était utilisé pour se promener à Valenciennes, où régnait une vie et une activité intenses. L' « éternel féminin » attirait aussi le rude « guerrier grisonnant sous la poussière ». Dans les nombreux magasins encore ouverts de la ville, il était possible d'acheter toutes sortes de choses en échange de sa solde, notamment des « souvenirs » de la ville : de la dentelle, à envoyer à la maison à la mère, à la fiancée ou à la femme. Des Français entreprenants s'étaient reconvertis dans ce secteur d'activité qui enrichissait certainement des hommes [déjà] fortunés.

« . . . de magnifiques bâtiments, en particulier l'hôtel de ville et quelques églises. Puis la fabrication de dentelles et les ouvrages réalisés à la main. C'est ainsi que nous avons acheté et envoyé dans notre pays de nombreux objets artisanaux tels que des foulards, des écharpes, des petits papillons d'une merveilleuse finesse »
(Sous-officier. Janecke, 6e compagnie).

 

On pouvait boire un bon coup à l'auberge de la gare, dirigée par un restaurateur allemand du Rhin assisté de deux chefs. Les foyers de soldats, où l'on servait de la bière belge, ainsi que deux cinémas, offraient également des distractions pendant les heures de repos..

 

Les nerfs pouvaient se calmer, se reposer. Le tonnerre de la bataille, qui avait bourdonné dans les oreilles pendant des jours et des nuits, ne résonnait plus que comme un grondement sourd et continu. Pour l'instant, il n'était pas question de s'engager à nouveau sur ce front, mais certains malins, qui ne cessaient de murmurer et de faire circuler des rumeurs de latrines [Latrinengerüchte sic], pensaient : « C'est trop bien ici pour nous, les cochons du front, nous allons vite nous en aller ». - Et ils ont eu raison. Le 25 juillet, la 183e Division d’infanterie fut placée sous les ordres du IIIe Corps d’armée bavarois, qui donna l'ordre de relever la 1ère division de réserve de la Garde dans ses positions devant Neuville-St Vaast. Pour la prise en charge et l'orientation dans les quartiers et les positions à reprendre, des pré-commandos spéciaux sont partis le 24. (état-major, 3e bataillon, compagnie de mitrailleurs.), puis le 25 les 1e et 2e bataillons.

 

Ainsi, la période de repos qui avait commencé de manière si prometteuse avait rapidement pris fin. « Beau, mais trop court », tel était le jugement général

 

 

 

 

20 janvier 2025

Le 88e Régiment d'infanterie allemand à Valenciennes en 1915

 

Une carte postale conservée aux archives fédérales d’Allemagne et représentant l’étang du parc de la Rhonelle, mais adressée depuis les environs de Phalsbourg - secteur alors considéré comme appartenant  toujours à l’Allemagne - laissait penser que le soldat du 88e RI qui l’avait écrite était précédemment passé par chez nous.

«« Fais-toi donner de l'argent par ma mère et envoie-moi une carte claire sur les combats dans les Vosges. Fr. »

 

«4 Août 1915

Cher Fritz (M. Fritz Ziegler, 64 Katharinenstrasse, Mannheim-Neckarau,  Bade)

 

J'ai reçu ta carte du 18 juillet pour laquelle je te remercie vivement, surtout mes remerciements sincères pour les témoignages d’amitié envers les parents, qui me sont parvenus par ma sœur. Nous sommes dans les Vosges, une région magnifique près de Phalsburg. Ici, nous vivons comme des touristes. Mes bagages sont un peu lourds, mais tout va très bien.

Tu vas dans l'infanterie, je te souhaite bonne chance.

Salutations chaleureuses, Fritz.

Salutations chaleureuses à tes chers parents.

Klamm 88e Régiment d’Infanterie, 3e Bataillon, 12e Compagnie. 56e Division, 112e Brigade» 
 

KLAMM Friedrich, qui signe cette carte, est signalé le 01/11/1915 comme légèrement blessé. Il était originaire de Neckarau, district de la ville allemande de Mannheim (Bade-Wurtemberg), il n’y a pas d’autre renseignement.

Le destinataire, ZIEGLER Fritz, habitait ce même district de Mannheim, une maison existe toujours au 64 Katharinenstrasse.  Je ne l’ai pas trouvé dans les « Verlustlisten 1. Weltkrieg ».

 

L’Historique du 88e RI fait effectivement état d’un repos chez nous avant de partir pour les Vosges puis la Champagne.

 

Valenciennes y est citée une première fois dans la description du plan d’invasion d’Août 1914. La ville sera investie dès le 25 Août 1914, sans interruption jusqu’à sa libération par l’armée canadienne le 2 novembre 1918.

 

L'avancée à l'ouest.

 

Le 18 août [1914], l'avancée allemande à l'ouest avait commencé. Les colonnes feldgrau de l'armée allemande progressaient comme prévu.

La 1ère armée du général d'infanterie Von Kluck avançait à marches forcées en direction de Bruxelles. Elle devait pénétrer en France par la Belgique, entre Valenciennes et Maubeuge.

La 2e armée du général en chef Von Bülow avait pour instruction d'avancer sur Maubeuge via Charleroi.

La 3e armée du colonel général Von Hausen avait pour mission d'avancer le long de la Meuse par Givet.

La 4e armée du duc Albrecht de Wurtemberg devait marcher sur Sedan.

La 5e armée, sous les ordres du prince héritier allemand, avait pour mission de progresser vers Longwy.

La 6e armée du prince héritier Rupprecht de Bavière devait protéger la Lorraine, et la 7e armée du général en chef Von Heeringen devait couvrir l'Alsace.

La progression des 1ère, 2ème, 3ème, 4ème et 5ème armées était conçue comme un énorme virage à gauche avec le groupe fortifié Metz—Diedenhofen [Thionville] comme point d'appui. Les 6e et 7e armées, qui devaient défendre l'Alsace-Lorraine, devaient s'y raccorder. La 1ère armée sur l'aile droite devait être déterminante pour la progression du mouvement tournant.

 

 

Le plan Schlieffen établi en 1905 prévoyait un contournement de Paris par l’ouest, mouvement que devait assurer la 1ère armée de Von Kluck, qui a cependant rejoint les armées de son aile gauche pour participer à la bataille de la Marne.

(……….)

 

En 1915 le 88e RI participe aux combats de Galicie, sur le front Russe dnt les Batailles de Cetula et Radawa en mai.  Le dernier cantonnement est à Lubaszow, 70km NO de Lviv, actuellement en Ukraine.

 

Notre position de départ [le 28 juin 1915] était derrière la [rivière] Lubaczowka, dans la forêt ! Le trajet vers le nord de la France se fait via Cracovie, Poznan, Berlin, Hanovre, Cologne, Bruxelles puis Valenciennes. (Itinéraire)

 

 

 

En réserve de l'armée dans le nord de la France et dans les Vosges
ainsi que la participation à la bataille d'automne en Champagne.

 

Dans le nord de la France, le régiment a été débarqué à Valenciennes. Depuis le début de la guerre, le régiment avait été presque sans interruption en première ligne et pouvait maintenant à juste titre se réjouir que la 56e D.I. soit désignée comme réserve de l'armée. Le commandement de la division fut confié au lieutenant-général Sontag. Le régiment prit ses quartiers avec l'état-major du régiment et le 1er bataillon à Valenciennes, le 1er bataillon et le M.G.K. à Hérin et le 3e bataillon à Aubry. Peu après l'arrivée du régiment, un transport de remplacement de 2 officiers et d'environ 120 hommes en provenance de Mayence arriva également à Valenciennes.

Située au confluent de la Rhonelle et de l'Escaut et connue pour son ancienne industrie de la dentelle, Valenciennes était un joli chef-lieu de département d'environ 30 000 habitants, avec un bel hôtel de ville sur une grande place et de magnifiques églises.

Seuls quelques officiers savaient que cette ville avait appartenu à l'Allemagne de l'an 870 à l'an 1678, c'est-à-dire qu'elle avait été allemande pendant plus de 800 ans avant d'être cédée à la France par la paix de Nimègue en temps de faiblesse allemande. Les deux villages voisins d'Hérin et d'Aubry n'offraient guère de distractions, c'est pourquoi les commandants de compagnie se rendaient souvent à Valenciennes l'après-midi, suivis de leurs ordonnances, ou se rendaient en ville avec l'un des officiers de leurs compagnies dans la voiture de promenade à deux roues et à un cheval en usage dans le pays. Lorsque notre fanfare régimentaire, dirigée par le chef de musique Jung, donnait un concert dans le jardin de la ville de Valenciennes, également appelé Jardin de la Rhonelle, il régnait une ambiance de manœuvre.

Le 1er bataillon, logé en ville, a été placé dans des cantonnements collectifs, aménagés dans des bâtiments publics par l'installation de paillasses avec couvertures, afin d'assurer une meilleure surveillance. Le ravitaillement des troupes se faisait à Valenciennes par auto-approvisionnement contre des indemnités journalières. Pour les compagnies, les achats et la cuisine étaient effectués en commun et seul un petit reste de l'indemnité de subsistance était versé aux équipages. Le ravitaillement des autres bataillons se faisait à la réception. Le temps de repos était utilisé pour une remise en état approfondie de la tenue et de l'équipement. Dans les bataillons et les compagnies, un service régulier était organisé comme en garnison. Outre les exercices, les exercices de combat et les marches d'entraînement, les moins bons tireurs pratiquaient sur des stands de tir déjà existants ou créés par les bataillons à proximité de leurs cantonnements.

 

Sur le séjour du régiment dans la région de Valenciennes, le Lt. de Réserve Zeh raconte :

« Comme nous avons vite oublié toutes les fatigues de la Galice et de la Champagne ! Maintenant, nous pouvions aussi profiter d'un peu du climat de l'étape. Notre 1er bataillon se trouvait exactement à Valenciennes. J'ai eu avec mon commandant de compagnie, le Lt. d. R. Bernards, un magnifique cantonnement dans la rue de la Viewarde. Comme les logements ne manquaient pas, nous occupions seuls une maison entière, et quelle maison ! Aménagée de haut en bas avec une élégance plus que correcte. Le propriétaire «était parti» pour Paris, à l'époque où les Allemands approchaient en 1914. Le ravitaillement était assuré par la ville, qui distribuait des bons de réquisition. Les compagnies faisaient leurs achats en commun et nous, les officiers, nous avions installé une petite table ronde à l'hôtel du Commerce. Le soir, nous nous retrouvions parfois dans un grand café autour d'un verre de bière, où l'ambiance était toujours joyeuse.

« Nous, les jeunes gens, profitions aussi de l'occasion pour visiter les grandes villes voisines, comme Lille et Bruxelles. C'est ainsi qu'un après-midi, l'ami Stiehl et moi nous sommes échappés vers Bruxelles. C'est là que nous avons eu la malchance de rater le dernier train pour Valenciennes. Maintenant, un bon conseil était précieux ! Nous devions absolument rentrer, car le commandant du régiment avait prévu une visite de l'ensemble du régiment pour le lendemain matin. Et nous ne pouvions pas faire cela à notre cher commandant de régiment, que nous soyons pour ainsi dire déserteurs pour la visite du régiment.

 

« Mais aucune situation ne peut être si critique qu'elle ne puisse être maîtrisée. Nous avons donc décidé de nous rendre à la petite gare de banlieue pour voir s'il n'y avait pas quelque chose à faire.  Là, nous nous sommes adressés au commandant de la gare pour lui demander de l'aide, et nous avons eu la chance de trouver un camarade tout à fait remarquable, qui a fait preuve d'une compréhension totale de notre situation critique. Nous avons mis une locomotive à quai et, assis sur le tender au milieu des charbons, nous sommes arrivés à Valenciennes vers le matin. Encore une petite marche forcée jusqu'à nos quartiers, et nous sommes arrivés à temps pour le défilé. La visite s'est bien passée, je me suis même fait remarquer avec mon train, mais cette fois-ci dans le bon sens. »

 

Le 10 juillet, le capitaine Eger écrivait dans une correspondance :

« Aujourd'hui, cinquante hommes du bataillon sont partis en permission. Je leur souhaite de tout cœur de se détendre. Le capitaine de réserve Euler, forestier de profession à Arnsberg, un vieil homme de quatre-vingt-huit ans, est arrivé hier soir au régiment avec un autre transport de réserve. Il fait très beau à Aubry. Hier, Lindwurm, Debes et mon ancien adjudant Rickert m'ont rendu visite. Nous avons passé quelques heures très agréables »

 

Le 18 juillet, le capitaine Eger a écrit :

« Aujourd'hui, j'étais à Valenciennes avec le capitaine de réserve Euler pour le concert à l'église. Le concert était très solennel et beau. J'ai été singulièrement touché par le fait que, dans une cathédrale française, différents régiments s'étaient réunis pour se recueillir. Les chants étaient interprétés par un sous-officier de l'I.R.118. Il était accompagné d'un organiste français grisonnant. Hier soir, j'ai vidé quelques tonneaux de bière avec mes équipes et j'ai eu l'occasion de faire plus ample connaissance avec les gens de la 10e compagnie. Nous nous sommes bien amusés. Des chansons, des morceaux de musique et des blagues ont été interprétés, si bien que le temps a passé très vite. Je me suis peu à peu attaché à ma nouvelle compagnie. »

 

 

Dans la région d'Hérin, le paysage offrait déjà une image singulière. Au milieu des terres fertiles, on voyait à l'ouest et au nord du village, à une distance plus ou moins grande, les terrils des charbonnages locaux qui émergeaient de la plaine. Les compagnies profitaient des installations thermales des mines de charbon et allaient de temps en temps se baigner. Lorsque le vent d'ouest soufflait, on entendait clairement le bruit des canons venant d'Arras, où les Français continuaient d'attaquer le front allemand.

Grâce à un service rigoureux, la troupe a atteint un état que l'on pourrait presque qualifier de paisible. Cela s'étendait également à la tenue. Tout d'un coup, les guêtres enroulées, qui étaient devenues populaires en Galicie, étaient mal vues, et la botte prussienne devait à nouveau être le seul vêtement de pied. Ce changement s'est toutefois accompagné de certaines difficultés. Lors des marches en Galicie, de nombreux sous-officiers et hommes avaient porté leurs chaussures à lacets au lieu de leurs bottes de service, même si celles-ci n'étaient pas toujours endommagées, car ils marchaient souvent plus facilement en chaussures à lacets en raison de la chaleur ambiante

Mais comme les pantalons longs n'étaient pas appropriés en campagne, les sous-officiers et les hommes d'équipage concernés avaient utilisé les nombreuses toiles de tente russes vert olive récupérées pour fabriquer des guêtres enveloppantes. Mais lorsqu'elles étaient portées sur des pantalons longs, elles donnaient une impression de lourdeur, raison pour laquelle une partie de nos quatre-vingt-huit, qui, en tant que soldats ordonnés, attachaient aussi de l'importance à leur apparence, avaient soit adapté le bas de leurs pantalons à la forme de leurs jambes, soit simplement coupé la partie inférieure ! Pour les personnes concernées, ainsi que pour leurs chefs de corps et leurs sergents, l' « ordre des bottes de campagne » susmentionné a donc d'abord causé quelques maux de tête. Mais leur habileté a permis de rétablir rapidement la régularité de l'ordre !

 

Plusieurs feldjägers [chasseurs à pied] Hongrois, qui avaient rejoint le régiment car dispersés en Galicie et s'étaient glissés dans les trains de transport lors du départ des bataillons depuis Iaroslav pour se rendre en France avec leurs camarades allemands, ont été renvoyés dans leur pays en transport collectif.

 

Le 20 juillet, les drapeaux des bataillons furent transférés par un commando dirigé par le Lt. Fink, l'adjudant du 1er bataillon, au commandement général adjoint du XVIIIe corps d’armée à Francfort sur le Main.

Une semaine plus tard, le 27 juillet, le régiment embarquait et fut transporté via Le Cateau, Metz et Saarburg [Sarrebourg] à Lützelburg [Lutzelbourg].

 

Ici, les troupes prirent des quartiers civils, à savoir l'état-major du régiment et le 1er bataillon. à Pfalzburg [Phalsbourg], le 2e bataillon à Lützelburg et Dreihäuser [Trois Maisons], le 3e bataillon à Dann-und-Vierwinden [Danne-et-Quatre-Vents], la compagnie de mitrailleuses à Eichbaracken [Les-Baraques-du-Bois-de-Chêne].

Le régiment se sentit tout de suite à l'aise dans le beau paysage des Vosges, où l'on pouvait enfin à nouveau s'entretenir en allemand avec ses logeurs. Pfalzburg était une petite ville vosgienne située en hauteur, comptant environ quatre mille habitants et une grande place de marché. A proximité se trouvaient Dann, Vierwinden et Eichbaracken. La petite localité de Dreihäuser, située entre Pfalzburg et Lützelburg, se trouvait également en altitude. Cette dernière était nichée entre des montagnes boisées au bord du canal Rhin-Rhône et était dominée par les ruines anciennes et pittoresques de son château, situées sur la hauteur nord.

 

(……………………

 

 

3 juillet 2014

Canadiens en ville : 2 Novembre 1918

   Le 2 Novembre 1918, avec l'entrée du Corps Expéditionnaire Canadien s'achevait la libération de Valenciennes, après 1531 jours d'occupation, du 24 Août 1914 au 2 Novembre 1918.
          Les photos proviennent de la Bibliothèque Archives du Canada dont les légendes sont en italique, auxquelles j'ai adjoint détails et commentaires.

 

11/1918     o.3538

"View of Valenciennes from the air."
Vue aérienne de Valenciennes
 

a003469-v8

 

     Cette vue du centre ville a été prise depuis le clocher de l'église St Géry (et non d'un avion) ; elle montre une partie de Valenciennes qui va disparaître dans le grand incendie de Mai 1940 :

  • Au centre le toit et le campanile de la mairie, ce dernier tombera dans cet incendie avec la quasi totalité du bâtiment -sauf la façade- et ne sera pas remis en place. Subsistent les statues par Henri Lemaire :

frontonkc    campanile

à gauche l'Escaut qui reçoit un obus le 2 novembre
et tombe en partie sur le parvis de la mairie :
à droite la Rhonelle entourant
la statue de Valenciennes défendant la Patrie par Carpeaux.

P1180215

  • Un drapeau est accroché au campanile, il semble bien que ce soit le drapeau français (voir plus bas), le drapeau allemand a été décroché par des officiers d'artillerie canadienne.
  • A gauche de la mairie apparaissent dans la fumée les toits caractéristiques (en dents de scie) des maisons dites "espagnoles" à pans de bois. Elles seront démolies en 1924 et 1930 pour laisser place à des immeubles qui existent toujours à coté de celui qui a également résisté en 1940

    toits esp

     

    coinplArmes

coin PA

 

 Revenons à la vue du centre ville :

  • En biais à droite de la photo l'alignement des maisons de la rue des Récollets, dont la partie proche de St Géry subsiste.

    récollets

  • Au fond à droite la silhouette de la basilique Notre-Dame du St Cordon.

    StC

  • Au fond à gauche les toits du musée des Beaux-Arts.

    Musée

  • A noter sur les toits les concentrateurs du réseau téléphonique

concentrateur

 

 


 

"French civilians talking to Canadians in Valenciennes". November, 1918. 
Civils Français parlant à des Canadiens à Valenciennes

 

3539 a003470-v8

 

     La photo a été prise du haut de la rue de Hesques, qui dans sa partie gauche n'a pas changé, le bas du coté droit, après le "Mont-de-Piété" datant de 1625, a été victime de l'incendie de mai 1940. Au fond la basilique Notre-Dame du St-Cordon, le tout rephotographié en Juillet 2014 :

3539T&N

 


 

"Cathedral at Valenciennes."

 

3540 a003471-v8

    L'abside de la basilique N-D du St Cordon a subit quelques dégâts (ce n'est pas une cathédrale, l'évêché est à Cambrai)

     A noter que le clocher a été le lieu de visites touristiques de la part des soldats Canadiens qui passaient à Valenciennes et qui y ont laissé de nombreux graffitis. Ceux-ci ont dormi paisiblement jusqu'à la rénovation du clocher et n'ont pas été préservés, mais un relevé en a été fait par le Comité de Sauvegarde du Patrimoine Valenciennois

 


 

"The Hotel de Ville, Valenciennes. "

3541 a003472-v8

     Une belle vue de la place d'Armes, (avec ses maisons dites "espagnoles" voir ci-dessus) au plus tard le 2 Novembre 1918 : la guérite allemande est renversée, peut-être par les débris de la statue de l'Escaut qui vient de recevoir un obus et la pancarte "Kommandantur est toujours accrochée au dessus de la première porte en arcade (voir sur cette autre page)

Le fronton de la mairie, où flotte le drapeau français, a perdu la statue de gauche :

campanile

 


 

"Civilians in Valenciennes cheer a Canadian ammunition column passing through the town". November, 1918
Civils acclamant une colonne canadienne de munitions passant par la ville

 

3551 a003450-v8

     La scène se passe au débouché de la rue de Paris sur la place d'Armes, coin aussi célèbre que la Mercerie " Au coin de Rue" qui a subsisté jusqu'aux années 70. Les drapeaux sont nombreux, France, Commonwealth, États-Unis,  Italie (Armes du roi), etc., difficiles à deviner.
On le voit à peine, mais l'immeuble du "Coin de rue" a été touché au 2nd étage donnant sur la grand'place par un obus dont l'ouverture d'entrée est visible. On le distingue mieux sur cette photo, la "Taverne Lorraine" voisine  a également été endommagée :

Coin rue de Paris et place Armes

    Les panneaux indicateurs sont toujours en allemand, et un Wechselstube -Bureau de change- côtoie la Taverne Lorraine, à l'étage de celle-ci on distingue un opérateur de prise de vues avec caméra sur trépied, et l'on aperçoit un officier en képi : suivent-ils la progression de l'armée britannique ou préparent-ils la visite du Président de la République (Raymond Poincaré) le 10 ? Les vestiges trop visibles de l'occupant auront alors disparu. Le 7 pour la Victory parade des troupes Britanniques dont Canadiennes ?

 

opérateurPV

 

     L'entrée de la rue de Paris disparaîtra dans l'incendie du centre ville de Mai 1940, et la maison, en bois à droite, à l'entrée de la rue St-Géry ne résistera pas aux flammes :

la rue de paris

VALENCIENNES - Rue de Paris, angle de la Place d´Armes 1940

Ruedeparis

 

 


 

"Civilians driving to their homes through flooded streets of Valenciennes on a Canadian car." November, 1918. 
Civils conduits à leurs maisons à travers les rues inondées de Valenciennes dans une voiture canadienne.
 

3552 a003449-v8

 

      Parmi les défenses passives, on retrouve comme dans les nombreux sièges de Valenciennes qui ont précédé, la volonté de l'occupant de gêner et ralentir les assaillants par l'inondation d'un certain nombre de terrains avoisinants, inondations qui se sont étendues dans la cité.

      J'ai choisi pour commencer ce message la photographie de civils qu'un soldat Canadien  transporte en automobile, pour les faire probablement traverser "à pied sec" et pour leur plus grande joie. La chance, puisque la seconde guerre - notamment l'incendie de  mai 1940 - et des plans successifs d'urbanisations de la ville ont effacé beaucoup de traces de cette époque, la chance a voulu que le carrefour où se tenait l'Excelsior Bar de Mme Lambour existe encore, ce qui m'a permis de réinsérer l'équipage dans le carrefour moderne aux maisons restaurées :

Excelsior Bar T&N

             Les Valenciennois d'aujourd'hui reconnaîtront certainement le carrefour ... qui se situait à l'origine au croisement des rues St Jacques et du Rempart ; si le tracé de la seconde est inchangé, la première a été amputée de plus de la moitié pour donner place à l'avenue Clemenceau, c'est donc au coin de cette avenue et de la rue du Rempart que se situe l'actuel immeuble. Reste le début de la rue St Jacques sur le tracé original, entre rue de Paris et l'avenue où repasse désormais le tramway.

 


 

"A little French girl walking hand in hand with two Canadians through flooded streets of Valenciennes." November, 1918.
Une petite fille Française marche main dans la main avec deux Canadiens à travers les rues inondées de Valenciennes

 

3552 a003448-v8

 

     Les eaux commencent à se retirer et il est plus facile d'emprunter la rue du Rempart (photographiée ici au niveau du carrefour avec la rue St-Jacques d'alors, voir ci-dessus) dont les premières maisons n'ont pas beaucoup changé :

Ruedurempart

 

 


 

"A Canadian Signaller repairing a wire in a street flooded by the enemy before he left Valenciennes." November, 1918. 
Un soldat Canadien des transmissions répare un fil [téléphonique] dans une rue inondée par l'ennemi avant de quitter Valenciennes.

 

3543 a003474-v8

     Reste à découvrir l'endroit où cette photo a été prise, peut-être non loin des précédentes...

     Devant le soldat un panneau indique un abri où réfugier 15 personnes en cas de bombardement aérien (abri qui se trouve de fait inondé)

abri
Fliegerdeckung für 15 Personen

      L'inscription est répétée sur le mur de la maison : il en existe encore une à Valenciennes, dans une autre rue :

P1150783

 


 

"A German machine gunner who fired his gun until killed by a Canadian sniper in Valenciennes." November, 1918. 
Un mitrailleur Allemand qui utilisait son arme jusqu'à ce qu'il soit tué par un tireur d'élite Canadien.

 

3556 a003453-v8

    La scène a été photographiée place de la gare, en regardant l'angle des rue Tholozé  à gauche et de l'avenue du sénateur Girard (avenue Ferrand à l'époque)

Place de la gare - Avenue Ferrand et rue Tholosé

Pl Gare

     L'immeuble a été rebâti dans le style d'après 45, alors qu'il avait été reconstruit à l'identique après les dommages causés notamment par les explosions qui ont ruiné la gare au départ des Allemands.

 

a003454-v8

Le photographe avait fait un plan plus resserré de ce mitrailleur dont le cadavre ne semble gêner personne, pas plus civils que militaires ; une bâche - qui ne masque pas le visage- a été placée sur son corps. Près de lui sa mitrailleuse mg 08-15, calibre 7,92mm,  bande à peine engagée puisqu'on distingue la tirette d'engagement :

MG

 

tirette

     La scène peut sembler crue, mais mon père -12 ans à la libération- racontait que lui et ses 3 frères s'étaient habitués très vite aux cadavres allemands notamment place de ol'église du Faubourg de Paris. Ils avaient même été filmés par un cameraman, et affirmaient s'être vus "aux actualités". J'ai retrouvé l'extrait à l'Imperial War Museum qui m'en a communiqué copie et qui est maintenant disponible ICI dans une meilleure qualité sur le site deutsches filminstitut. 2 secondes à 8'08.

 

   J'en ai extrait une photo, mon père au premier plan du groupe avec une casquette, son frère ainé derrière le groupe à droite :

pourblogb

 

 


 

"Red Cross lorries unloading supplies for refugees in Valenciennes."
Des camions de la croix-Rouge déchargent des vivres pour les réfugiés de Valenciennes.

3690 a003602-v8

 

   L'antenne de la Croix-Rouge est située Boulevard Pater, précisément au n°4, à la façade reconnaissable de nos jours :

Pater

    La rangée de maisons n'étant pas complètement bâtie en 1918, on aperçoit à gauche la silhouette du château d'eau de Valenciennes, qui n'a pas encore été rehaussé. Élevé en 1908, il verra sa capacité augment de 1000 mètres cubes en 1962 par adjonction d'un nouveau réservoir au-dessus de celui que l'on aperçoit. Cette photo infirme les écrits qui prétendent que le château d'eau a été détruit par les allemands. Ce n'est pas celui du centre, mais un plus petit, format réservoir, bâti dans le quartier de Saint-Waast et qui n'a pas été reconstruit. La rue du château d'eau mène au "complexe sportif des cheminots".

La maison possédait un abri anti-aérien "Flieger Deckung" (probablement une cave solide) que surmonte désormais la pancarte "Canadian Red Cross"

RedCross

     A la maison voisine flottent deux drapeaux, un français et un américain improvisé auquel il semble manquer des étoiles :

drapeaux

 


 

 

"The Conde road near Valenciennes."
La route de Condé près de Valenciennes

3477 a003366-v8

 

     Le soldat sur la droite (le photographe ? boite de plaques au coté ?) se tient devant l'entrée d'un abri anti-aérien pour 20 personnes "Flegerdeckung für 20 Personen" creusé en direction probablement d'une cave solide.

abri2

     Est-ce par précaution ? Il semble regarder vers Valenciennes, tournant le dos à Condé à une douzaine de kms, et se tient aux environs de l'actuel n° 180, rue Jean-Jaurès à Anzin. On distingue à gauche au fond l'église Ste Croix :

perspective Ste Croix vers #180

 


 

3545 a003476-v8

Cette photo nous replace devant la mairie,
avec la guérite culbutée par les débris de la statue de l'Escaut,
et un véhicule conduit par des soldats Français.
Aucune autre information à ce jour.


 

     Dans cette même série, on trouve quelques photos qui nous éloignent un peu de la ville, mais qui sont caractéristiques de la situation début Novembre :

  •  Une colonne de prisonniers

3470 a003368-v8

  •  Des prises de guerre destinées au Musée Canadien de la Guerre

a006226-v8

  • Deux soldats et un panneau devant la gare de Mons, atteinte le 11/11, et où de plus en plus de villes sont barrées comme  inaccessibles :

3714 a003735-v8

 


 

Pour conclure , une affiche qui figure dans les collections du Canadian War Museum :

special town order
"Tenue et comportement corrects exigés !"

 

 

 

 

4 avril 2013

1914 - Soldats Alliés décédés à Valenciennes

     

       Ces soldats ont été inhumés au cimetière St Roch, dans un carré militaire dont les tombes ont été réorganisées après la guerre par les soins du CWGC pour les soldats du Commonwealth, fidèlement à la devise "Puisqu'on ne pourra les ramener tous on n'en ramènera aucun". Les liens sous leur nationalité (initialement recopiés tels que sur l'acte) permettent d'accéder à leur page sur le site du CWGC, et de rectifier les noms et les renseignements.

      La liste actuelle - publiée dans la largeur admise pour ce blog - est chronologique, elle est destinée aux éventuels descendants ou membres de la famille de ces soldats qui en feraient une recherche sur Internet.


Retour au tableau des nationalités par année
 

L'accès aux actes se fait  (via la vue et le n° d'acte) dans le registre de 1914 aux
Archives Départementales du Nord cote 3 E 5780

 

 

HAWE Robert, Soldat Irlandais.
Royal Dublin Hussar, 2° Btn
Décédé à Valenciennes (Amb. Collége Jeunes Filles, 8 Bd Pater) le 31/08/1914
Acte n° 558 vue n° 145 en date du 01/09/1914
 
HUGUES Denis, Soldat Irlandais.
Soldat anglais du Regiment Dub Vas N°7.908
Décédé à Valenciennes (Ambulance du collége de jeunes filles, 8, Boulevard Pater) le 05/09/1914
Acte n° 576 vue n° 151 en date du 05/09/1914
 
BULL Harold Alfred, Soldat Britannique.
du Wiltshire Rgt Mle:6797 Cl:1904
Décédé à Valenciennes (Ambulance du Collége Notre-Dame, rue des capucins, 17,19) le 15/09/1914
Acte n° 598 vue n° 156 en date du 15/09/1914
 
DAVIS Lionel, Soldat Britannique.
Soldat au 6° Rgt Dragons anglais
Décédé à Valenciennes (Ambulance du collége de jeunes filles, 8, Boulevard Pater) le 23/09/1914
Acte n° 615 vue n° 162 en date du 23/09/1914
 
GAILLIET Joseph Damas, Civil Belge
Décédé à 22 Ave Duchesnoy (Ambulance des Petites Sœurs des Pauvres) le 10/10/1914
Acte n° 666 vue n° 174 en date du 10/10/1914
Né le 1837 à Brugelette (B)
 

 

Retour au tableau des nationalités par année

 


 

Liste alphabétique des 5 noms ci-dessus.

 

 

 

Noms Acte
BULL, Harold Alfred   (BULL, H A) 598
DAVIS, Lionel   (DAVIS, LIONEL HENRY) 615
GAILLIET, Joseph Damas 666
HAWE, Robert   (HAWE, ROBERT) 558
HUGUES, Denis   (HUGHES, DENNIS) 576
 
 

 


 

 

 

28 juin 2018

Soldats français inhumés dans l'actuel carré militaire St Roch

     J'ai déjà abordé le thème à propos des carrés militaires, français (105 noms), russes et britanniques, puis du cimetière allemand créé pendant la guerre. Dans le premier sujet, je n'ai fait que citer (et photographier) les plaques lues sur les tombes, même si pour quelques-unes j'avais déjà eu l'occasion de demander rectification.

     Le hasard de la recherche dans les registres du CICR m'ayant fait découvrir trois noms de prisonniers de guerre décédés à l'hôpital militaire allemand de Valenciennes durant la guerre, je passe maintenant en revue, trop souvent avec une certaine surprise, les informations disponibles sur les soldats français du carré militaire.

     Le site officiel "Sépultures de Guerre" reprend simplement les noms tels que sur les tombes, ainsi que régiment et date de décès quand ils figurent. Comme je le décris ci-dessous, c'est un travail d'enquête généalogie, tant civile que militaire, mais surtout de nombreuses demandes de rectification.

     Les données ci-dessous en italique sont celles lues sur les tombes et sont appelées à être corrigées après une stricte vérification de chacun des 96 inhumés:

     22 soldats décédés en Août 1914 victimes des combats auxquels ont pris part les rares troupes françaises du secteur qui faisaient face à l'envahisseur, notamment à Crespin. S'y ajoutent 9 autres inhumations jusqu'en décembre, puis :

  •  7 décès en 1915
  •  1 en 1916
  • 11 en 1917
  • 17 en 1918
  • 20 en 1919
  •  9 en "1914-1918"

 

On trouve également 8 tombes sans grande information mais qui passent pour être de la seconde guerre mondiale (avéré sauf pour deux d'entre eux encore "inconnus"), ainsi qu'un soldat belge décédé en 1940, répartis en 3 tombes de 3.

      Même si Valenciennes n'a plus été le lieu de combats durant la grande guerre, les civils qui ne manquaient pas de se rendre sur les tombes des soldats Français (ou tel que mon père d'assister à leur enterrement comme enfant de chœur) en ont été les témoins.

Je tente de rendre hommage à ceux qui sont "(un peu) oubliés" en publiant au fur et à mesure de mes investigations, jetant parfois une bouteille dans la mer du web, en espérant ....

Je rappelle qu'il s'agit de ceux qui sont toujours inhumés à Valenciennes, bien d'autres (probablement 40) l'ont été durant la guerre, puis restitués aux familles sur leur demande. Près d'un siècle s'est écoulé depuis cette restitution, et pour la plupart il n'est plus possible de savoir où ils ont reposé, ni si la tombe a été conservée.


 


22 septembre 2018

     Chaque cas a donné lieu à un examen minutieux, de l'acte de naissance à celui de décès, en passant par les documents militaires individuels, les Journaux de Marches et Opérations ou les Historiques Régimentaires ainsi que les archives de la Croix-Rouge concernant les prisonniers de guerre et les recherches des familles, jusqu'aux documents et monuments de reconnaissance d'après-guerre.

     Il manque malheureusement à cet ensemble les archives allemandes : tant que les décès étaient transmis en mairie de Valenciennes - et donc officialisés - la confrontation des données est possible, mais après le 14 juillet 1917, les soldats décédés dans les hôpitaux - tous réquisitionnés par la VIe armée allemande, y compris les lycées et asiles - n'ont plus été transmis.
L'occupant est-il parti avec ses archives ? Les a-t-il détruites dans sa retraite ? Abandonnées, ont-elles détruites au lieu d'être transmises aux archives municipales ou départementales ? 
En tout état de cause, il est impossible de procéder à une quelconque vérification.

 

  • Sur 96 cas étudiés - dont un civil pour lequel j'ai déjà demandé que la mention "fusillé" soit apposée, ce qui a été refusé - seuls 40 ne présentent aucune contradiction ou manque. Pour les autres, bien qu'il y ait peu de renseignements gravés sur la plaque : nom-prénom, régiment, date de décès,
    101 demandes de rectification ou de complément ont été déposées tant sur le site Mémoires des Hommes, pour leur fiche individuelle de (non-)mort pour la France (35) ou la base des Sépultures de Guerre (29) qu'au Pôle des Sépultures de la Somme (37) gérant les tombes elles-mêmes.

     
  • Il reste cependant quelques cas très particuliers :
     
    •  3 pour lesquels je n'ai pu qu'émettre une hypothèse au vu des différences rencontrées :
      • TAILLANT Joseph Jean : Hypothèse cependant assez vraisemblable pour pouvoir être acceptée.
      • GONDOUIN Abel : Hypothèse également revendiquée par la famille, mais refusée une première fois faute de preuves tels que des actes de décès. Il n'y a pourtant aucun autre mort avec un nom de consonance voisine, compte tenu également de la germanisation -au moins phonétique- de certains noms.
      • GAUTHROT Alphonse :  C'est encore aujourd'hui l'hypothèse la plus probable.
        
    • 3 pour lesquels il a été totalement impossible de trouver d'autre renseignement que celui de la plaque tombale, ce qui fait d'eux des inconnus malgré un nom :
       

     
  • Les décès s'étendent du 24 Août 1914 au 12 décembre 1919 (sans compter deux dont la date précise est inconnue : "1914-1918" (POIRRIER C.) ou "en 1918" (KRUG Emile) pour lesquels aucune information n'a encore été trouvée). En ce qui concerne les décès survenus après l'armistice, ce sont des blessés ou des retours -malades ou épuisés- de camps de prisonniers, des décès dûs à la grippe dit espagnole ou à des accidents. Ce dernier fait n'est jamais expressément mentionné, mais 3 soldats du 6e Régiment de Tirailleurs Algériens sont décès les 21 et 22 février 1919, simultanément à 3 prisonniers de guerre allemands (voir).

    Si la cause importe finalement peu, il me semble anormal que 2 de ces 3 tirailleurs ne soient pas reconnus Morts pour la France, ce qui est également le cas d'un 3e tirailleur algérien décédé le 28/02/1919.
    Ces 3 "oubliés" vont faire l'objet d'une demande auprès du Bureau des Archives des Victimes de Conflits Contemporains à Caen, d'autant que la plaque tombale porte clairement la mention "Mort pour la France":
     
  • Les lieux de décès des inhumés du carré St-Roch se répartissent de la façon suivante, placer le pointeur sur le nombre pour voir les noms, on les retrouve tous par tranche alphabétique en bas de page :
Lieux décès / Année 1914 1915 1916 1917 1918 1919  n.c.  Total
Crespin 16             16
Orchies 6             6
Valenciennes 13 5 1 10 14 22   65
Vieux-Condé 2             2
Beuvraignes     1         1
Bruay-sur-l'Escaut         1     1
Le Quesnoy         2     2
n.c.         1   2 3
Total  37 5 2 10 18 22 2 96

  Il reste à espérer que mes demandes aboutissent avant le centenaire de l'Armistice, bien que les soldats concernés ne soient plus à quelques semaines d'attente près.

 

 

 

1 janvier 2000

Si image manquante

 

     Il arrive que des images manquent à l'affichage des pages de canalblog lorsqu'elles sont enregistrées dans leurs albums, mais elles sont -sauf panne de serveur- toujours disponibles.

Il suffit de recharger la page (touche F5, ou plus sûrement Ctrl-F5) - souvent plus d'une fois ....

25/09/2018

Il semble que la maintenance du jour ait porté ses fruits.... moins de problème à ce niveau.

30/12/2018 ; 07/01/2019

Il y a toujours des manques, parfois accessibles en cliquant l'emplacement de l'image (on accède à une version plus grande c'est donc un problème de leur serveur). Toutefois certaines-qui sont bien dans les albums- refusent obstinément de s'afficher ... merci dans ce cas de laisser un commentaire.

 

 

 

 

 

 

 

11 décembre 2012

Otages en Lithuanie (III)

 

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PREMIERS TEMOIGNAGES et RETOURS

 

Le 17 avril 1918, arrivait à Valenciennes une lettre de l'abbé J. Bodescot, otage au camp de Jewie en Russie, qu'il écrivait pour remercier les personnes chez qui il avait logé, elle était ainsi conçue ;

 «Je vous remercie de votre cordiale hospitalité, c'était alors le beau temps, le pain gris est venu après le pain blanc. Après six nuits et cinq jours de voyage, sans chauffage, ni éclairage, par un temps froid très rigoureux, nous sommes arrivés en gare de Zosle, le 12 janvier, que nous avons quitté, à pied pour Milejgany, à six ou sept kilomètres, ou se trouvaient quelques bâtiments de ferme, à usage de camp non organisé. Nous y avons passé cinq jours dans une sorte d'écurie ou grange non chauffée.
«Le camp est si insalubre, que douze des nôtres sont morts, dont un en cours de route.
«Le vendredi 18 janvier, cent soixante ont été détachés de ce camp, et dirigés sur celui de Jewie, où nous sommes encore aujourd'hui. Ce camp est installé dans une église bien petite. Nous sommes pêle-mêle cent soixante, dont dix-sept prêtres, trente-cinq restés à Milesjgany, entassés les uns sur les autres, sur des paillasses de copeaux de un mètre carré. Tout se fait dans le local intérieur. bien chauffé.
«Nourriture matin ; jus de malt; midi ; soupe claire ou de rutabaga, ou d'orge ou de semoule, avec quelques pommes de terre et quelques grammes de viande une fois par semaine.»

 

Enfin, le 21 avril 1918, nous apprîmes avec plaisir qu'un wagon entier de vivres venait de partir de Hautmont à destination de Jewie, la C.R.B. de Bruxelles prenant tout à sa charge.
Le 25 avril 1918, par un temps orageux, accompagné d'une pluie torrentielle, nous fûmes surpris de voir arriver à Valenciennes les otages âgés de plus de 70 ans, ou malades, venant de Russie, soit en tout quatre-vingt-dix personnes.
Ces malheureux avaient mis onze jours pour venir de Jewie, ou de Milejgany.

M. Maurice Harpignies que je rencontrai, me raconta la façon cruelle avec laquelle ils furent traités à l'aller, quatre d'entre eux étant morts, le voyage avait duré cinq nuits et six jours, par un froid terrible.

Ils furent d'abord parqués dans une espèce de grange, dans laquelle le trop plein d'un fumier débordait. Ils étaient les uns sur les autres, sans tables, sans chaises, sans bancs, et furent bientôt dévorés par la vermine. On les changea ensuite pour les mettre dans un petite église à Zoslé, où ils furent un peu moins mal. La nourriture était épouvantable. Bientôt tous avaient épuisé leurs ressources pour acheter en fraude quelques denrées. Ils accusaient naturellement le comité, ne se doutant pas de toutes les démarches que nous fîmes pour eux. Il n'y avait dans le camp qu'un médecin otage, qui était impuissant à soulager ses camarades, car il n'avait à sa disposition aucun remède. Il eut bientôt le même sort que ses compagnons et succomba. Vingt de ces malheureux étaient morts; et soixante étaient à l'infirmerie,  plusieurs avaient même du y rester, n'étant plus en état de supporter le voyage.
Ils avaient à peine de quoi s'étendre, tous étaient entassés les uns sur les autres. Quand l'un d'eux mourait, on le mettait sur la table au milieu de la salle. La chose la plus terrible au réveil, était de voir parfois ce cadavre sans nez, sans oreilles, les yeux mêmes ayant été rongés par les rats.
Enfin le consul espagnol vint visiter leur camp [visite du 22 Mars 1918], et c'est à la vue de ce terrible spectacle qu'il entama des pourparlers pour améliorer le sort de ces pauvres gens, qui furent transférés dans un sanatorium à Roon, près de Vilna.
Quand il fit observer à l'officier, qui avait la charge du camp, que les otages devaient beaucoup souffrir, étant si mal traités, celui-ci répondit : « C'est exprès, nous voulons qu'ils souffrent, ce sont des représailles ! »
M. Jules Lefebvre, qui faisait également partie de ces otages, revenait avec un phlegmon à la main, quand le médecin du sanatorium l'examinant lui dit qu'il était grand temps de le soigner, la grangrène commençant à s'y mettre ; mais il fallut amputer la main, quelques jours après.
Pour comble de malheur, toute correspondance avec les pays occupés était interdite, ce qui augmentait leur souffrance morale. Heureusement le premier wagon de biscuits et de chocolat venait d'arriver, quand les otages rapatriés quittèrent Vilna. En résumé, malgré les privations et les souffrances, le moral resta toujours excellent chez tous.
En rentrant chez lui, M. Harpignies constata que ses meubles et son lit avaient été pris pendant son absence, et que sa maison n'avait même pas été respectée.
 


 Juste une remarque sur le Camp de Roon, pourtant composé de baraques en bois, qui leur a paru un Sanatorium.


 

CORRESPONDANCE AVEC LES OTAGES

 

Enfin le 22 juin, la Commandanture, après six mois et demi de pourparlers, donna l'autorisation de correspondre avec les otages :

 1° Il est permis d'envoyer des cartes ou lettres ouvertes écrites au crayon.
 2° Comme adresse, on doit mettre simplement ; X... otage de Valenciennes en Allemagne.
 3° Les cartes ou lettres doivent être déposées à part à la Sous-Préfecture qui, elle-même, les remettra en paquets séparés par otages, hommes ou femmes, au bureau allemand des laissez-passer.

           
L'envoi des colis était également autorisé.
Le 5 juillet [1918], Mme Ewbank recevait seulement les trois premières lettres de son mari qui se plaignait particulièrement des tortures que leur infligeaient les mouches et les moustiques. De plus, un article paru dans un journal allemand le 13 juillet, nous apprenait que les huit cents Alsaciens-Lorrains qui devaient être échangés contre les otages étant arrivés à Singen ; ce qui nous faisait espérer que les nôtres allaient bientôt revenir.
Enfin, le 24 juillet, à cinq heures du matin, M. Tromont, conseiller municipal arrivant en gare avec les otages de la 11e armée vint sonner chez moi pour m'annoncer l'heureux retour des otages de Russie. On put alors servir du café et des biscuits, en attendant mieux, à ces pauvres gens, qui étaient exténués, après dix-sept jours de voyage.
Ils furent conduits dans un immeuble de la rue Flamme, dont ils ne purent sortir que vers dix heures. La plupart d'entre eux allèrent diner dans les maisons qui leur avaient donné l'hospitalité. Les Valenciennois rentrés chez eux en descendant du train, nous donnèrent des renseignements précieux sur leur voyage.

Les hommes avaient quitté le camp de Vilna, le 8 juillet 1918. Arrivés à la frontière allemande, ils restèrent complètement nus pendant deux heures, pour être désinfectés, ce dont ils avaient grand besoin. On les conduisit ensuite au camp d'Holzminden, où ils rencontrèrent les dames otages, qui reçurent l'autorisation de passer quelques instants auprès de leurs maris. Ceux-ci restèrent quatre jours au camp, puis tous partirent pour Montmédy, où ils demeurèrent encore quatre jours, au milieu d'une saleté répugnante. Ils furent ensuite conduits dans la forteresse qu'avaient occupée les Russes. Ils s'y trouvaient si mal, qu'ils allèrent loger dans une église, où on les coucha sur des paillasses infectes. Ils approchaient enfin de Valenciennes, quand avant d'arriver à Avesnes, la machine fut dételée, et ils restèrent toute la nuit au milieu des champs. Les otages de Cambrai et du Quesnoy purent quitter la ville, à six heures et demie du soir, mais ceux de Somain qui faisaient partie de la 6° armée, ne purent continuer leur voyage, que le lendemain. Les otages de Curgies et de Saint-Amand et autres communes de la 6° armée, qui étaient à peu de distance de chez eux, furent obligés de continuer sur Lille, afin de viser leur laissez-passer pour leur Commandanture. M. Ferré, du journal l'Echo du Nord, de Lille, nous raconta dans le détail, les mauvàis traitements qu'ils eurent à subir à Vilna, où vingt-cinq d'entre eux moururent, et d'où une centaine revinrent avec des santés chancelantes. Ils crurent tous au début être condamnés à mourir de faim; aussi, nous furent-ils reconnaissants des colis que nous leur donnâmes à leur départ. Dès que les secours de France arrivèrent, au bout de trois mois, de captivité, ils furent sauvés. A Montmédy, ils avaient rencontré des prisonniers français et américains, qui leur avaient donné des nouvelles très rassurantes de la guerre. En traversant l'Allemagne, ils eurent l'impression que le peuple allemand avait encore plus faim que nous. L'on n'y rencontrait pour ainsi dire pas d'hommes et la tristesse était peinte sur tous les visages.

Dans le camp, les dames souffraient beaucoup de cette vie en commun, devant procéder presque en public à leur toilette. Toutefois leur moral était resté excellent, mais toutes avaient beaucoup vieilli et les mères souffraient plus que toutes autres d'être séparées de leurs enfants.
La première nuit, du 24 au 25 juillet, que passèrent les otages à Valenciennes, fut très mouvementée. Les avions pendant deux heures consécutives étaient venus inspecter les environs, et jeter des bombes sur Fresnes, Blanc-Misseron, et Raismes, tuant plusieurs personnes.
Les otages valenciennois se distinguèrent par leur andurance et leur bon moral.
Le frère du docteur Mariage put dessiner quelques vues de la région qui complétèrent le récit admirable que fit de cette captivité, M. Ferré, rédacteur, à l'Echo du Nord.
Pour passer leur temps dans la petite église où on les avait internés, ces Messieurs firent des conférences le soir. Comme il n'y avait que deux petites lampes pour tout éclairage, l'une était placée à côté du conférencier, l'autre éclairait faiblement l'auditoire. Des fils de fer barbelés entouraient l'église, ne leur laissant que très peu d'espace pour circuler.


En allant chercher à la gare M. Hélot, qui venait de Cambrai pour assister à notre réunion de la C. R. B, je vis encore les otages de Somain et des environs, qui, depuis le matin, attendaient, ayant vu partir devant eux leur train, parce que les policiers voulaient les fouiller. Après une dernière journée d'attente, ils purent péniblement regagner leur home si ardemment désiré.
Le samedi 27 juillet, j'eus le plaisir de déjeuner chez M. et Mme Ewbank, avec MM. La Grange, Thilloy et Théodore Hollande; il ne fut naturellement, pendant ce déjeuner, question que de leur séjour en Russie.
 

RECIT DE CAPTIVITÉ


Nous sommes heureux de donner l'ensemble des impressions recueillies par un de ces otages :


        «Arrivés à Jewie à huit heures du soir – écrit-il – l'officier qui nous accompagnait remit le convoi à son collègue, mais ce dernier, jugeant qu'il était trop tard pour nous conduire au camp, nous fit rester en gare sans manger, grelottant, jusqu'au lendemain matin, après sept jours de voyage.
«Pendant la nuit, la neige était tombée abondamment, et c'est dans cette tourmente, nous frayant un passage, que nous arrivâmes, exténués, à Miljegany.
«Ce nom passera à, la postérité, et restera une honte pour l'Allemagne. C'est après avoir parcouru les 4 kM. 500 qui séparaient la gare de cette ferme isolée, qu'un prêtre, en me voyant passer haletant, ne put s'empêcher de faire cette réflexion que j'entendis : « En voilà un qui n'en a plus pour longtemps!»
«Dans une grange infecte, que des prisonniers russes avaient occupée, comme un troupeau de moutons, cent cinquante otages se précipitèrent, pensant y trouver un peu de repos. M. Gravis, entré l'un des premiers, fit signe à ses compagnons d'infortune de ne pas y pénétrer, ayant reculé d'horreur. Pas une fenêtre; dans le centre, de l'eau croupissait, comme lits, trois étages de couchettes dans lesquelles grouillait la vermine. Aussi, n'est-il pas surprenant que vingt-quatre otages y trouvèrent la mort, sans compter ceux qui y perdirent leur santé.
«Il n'y avait ni médecin, ni remèdes, et l'officier de répondre aux demandes de secours qui lui étaient adressées : « Les malades ne m'intéressent pas, ils peuvent mourir» .

Aussi, les otages écrivirent-ils à l'Ambassade d'Espagne, qui finit par envoyer une Commission. C'est à la suite de cette visite [22 Mars] qu'ils furent changés de camp et allèrent à Roon, dans une église nouvellement construite, qui avait été bombardée.


        «A Milejgany, il n'y avait qu'une table, sur laquelle on mettait l'otage qui venait de mourir, et c'est devant son corps que l'on devait manger la soupe, ou mieux de l'eau claire. Puis, la nuit, les rats venaient à leur tour faire leur macabre festin. Il fallut suspendre avec des cordes ces malheureuses dépouilles, pour éviter qu'elles soient rongées. Comme cercueil, quelques planches prises dans le camp, et que l'on devait payer 13 marks.»


        Nos compatriotes avaient pu trouver dans la cour de cette ferme un petit abri où, tant bien que mal, ils s'étaient blottis. Ils eurent surtout à souffrir du froid et de la soif, car, dans le camp, il n'y avait pas une goutte d'eau.
Enfin, après deux mois de privations et de souffrances, le premier wagon de biscuits envoyé par la C.R.B. arriva, qui sauva la situation. Trois mois après leur départ, certains otages mangeaient encore du pain que nous leur avions donné à Valenciennes.
A la suite de ce déjeuner, en prenant le café, Georges Ewbank nous lut un passage de ses impressions qu'il avait écrites sur le vif, au camp de Milejgany.
D'une manière saisissante, il dépeignait la mort de ces malheureux otages. Plusieurs fois, il dut interrompre cette lecture, les sanglots l'empêchant de parler; et sa femme de lui dire ; « Arrête, arrête donc, c'est horrible...»  Nous mêmes étions émus, et malgré nous, les larmes baignaient nos yeux.
On voyait que M. Georges Ewbank revivait ces moments d'angoisse et de stupeur; ses yeux étaient étincelants, sa voix chevrotante, la haine au fond du cœur.
Pour ne donner qu'un détail de la mort de ces martyrs, je ne citerai que celle d'un Conseiller à la Cour de Douai qui, ayant une maladie de vessie, mourut peu de temps après son arrivée, dans d'horribles souffrances.

        Jusqu'au 8 mars, pour les quarante prêtres otages, il ne fut pas question de service religieux. Soir et matin, on récitait en commun les prières autour du feu; les indifférents écoutaient avec respect sur leur couchette. Le dimanche, dans ces mêmes conditions, ces Messieurs lisaient à haute voix la messe. Plus tard, ils obtinrent une petite chambre, dans laquelle trois prêtres pouvaient célébrer la Sainte Messe en même temps.
Mais l'esprit français reprit le dessus, et bientôt les otages organisèrent conférence sur conférence, chansons, musique et bridge qui ne perdit jamais ses droits, et grâce aux envois de France. Nous en eûmes un agréable échantillon au déjeuner que nous offraient M. et Mme Georges Ewbank, le temps se passa moins péniblement. Il me fut impossible de décrire les mille détails de cette dure captivité, dont le souvenir ne s'effacera jamais. J'ai voulu transcrire ces lignes, auxquelles je n'ai rien changé, M. Ferré, dans son récit, les ayant complétées, ainsi que M. Mariage qui les illustra. Qu'il me soit permis, en passant, de les féliciter, car jamais on ne fera connaître assez les abominations que nous firent subir les Allemands, faisant injustement la guerre aux civils.


Le 28 juillet 1918, j'eus le plaisir de retrouver mes amis M. et Mme Gravis, dont les deux fils avaient passé les lignes pour s'engager, et qui me racontèrent leur captivité et leur séparation qui fut terrible. Ce n'est qu'en avril que M. Gravis apprit l'internement de sa femme à Holzminden, et il me confirma des détails que nous avait donnés M. Georges Ewbank de leur séjour à Miljegany.


      Comme les messieurs, les dames arrivèrent au camp d'Holzminden exténués. On leur confisqua leurs bagages à main, et elles furent enfermées pendant quatre jours dans une petite baraque sans pouvoir sortir. Toutes furent fouillées et déshabillées.
Ces quatre jours leur parurent interminables, n'ayant à manger que de la mauvaise soupe qui leur était servie dans des écuelles. Les unes étaient accoudées, pensives, sur la table; les autres pleurant sur leur mauvaise paillasse de foin. Au bout de ces quatre jours, on leur rendit les sacs, mais sans les médicaments que toutes avaient eu la précaution d'emporter, et sans l'argent. Parmi ces otages, se trouvaient des évacuées du front. L'une d'elles avait sa fortune qu'elle n'avait pas voulu confier à une banque française. Les Allemands n'y mirent pas tant de formes, et ils lui confisquèrent les 30.000 francs or qu'elle portait si précieusement.
Pour leur toilette, ces dames qui, d'habitude, étaitent très coquettes, n'avaient pas le moindre peigne, ni la moindre brosse, ni même un essuie-mains pour se laver. Ce n'est que quelques jours après qu'elles eurent leurs bagages.
Mme Gravis fut assez grièvement malade pendant sa captivité, faisant une fièvre typhoïde et souffrant, de plus, de furoncles, restant couchée sur la dure. Mais, grâce à sa forte constitution, elle se rétablit et elle put reprendre ses fonctions de cuisinière de la baraque.


Quand les otages de Russie arrivèrent à Holzminden, ils passèrent devant la baraque des dames, qui reconnurent à peine leurs maris ou leurs amis, tant ils étaient courbés et vieillis. Mais, heureux de se trouver sur le retour, tous se ressaisirent; aussi, quand ils traversèrent les rues de Montmédy, les Allemands furent étonnés, après tant de souffrances, de constater cette gaieté et cette élégance.
Les dames, surtout, avaient voulu montrer aux Allemands leur résistance. Aussi, répondirent-elles à l'officier qui leur en faisait la remarque : « Les Françaises sont toujours ainsi» .

LA VIE MUNICIPALE REPREND

Le lundi 29 juillet 1918, en ouvrant la séance du Conseil municipal, M. Damien adjoint, souhaita la bienvenue à M. Tauchon [maire de Valenciennes] et le félicita de son heureux retour d'exil. Tous nous lui fîmes part de notre amitié et nous l'accueillîmes joyeusement.

M. Tauchon remercia très simplement, ajoutant ; « En effet, nous avons beaucoup souffert, mais c'était pour la France!» Puis il adressa un souvenir ému aux vingt-cinq otages qui étaient morts en Lithuanie. Il ajouta :«Le premier d'entre nous qui mourut fut le commandant Bodement [Beaudelot], de Sedan, qui ne put supporter le voyage. On le descendit en gare de Crovenow, et nous n'entendîmes plus jamais parler de lui. [il fut inhumé à Hohensalsa/Inowrocław] Vous ne sauriez vous imaginer ce qu'est la mort, rendue bien plus horrible encore dans ces tristes conditions.
«Nous trouvions parfois, gisant sur sa couchette, un compagnon d'infortune qui, épuisé par la souffrance et les privations, ne s'était pas réveillé
Après guerre, il se forma une Association qui devait publier ces atrocités.
Malgré tout, dans cet exil, l'esprit français prenait toujours le dessus, et grâce à M. Gallois, prix de Rome en musique, l'on exécuta quelques chœurs, et les poètes eurent le temps de caresser la Muse. En terminant, M. Tauchon se fit l'interprète des otages pour remercier la Municipalité de Valenciennes des soins qu'elle eut pour eux, les colis qu'ils reçurent leur ayant rendu les plus grands services.
M. Tauchon remercia également le maire de Montmédy, qui n'avait rien négligé pour les ravitailler.
En terminant, M. Tauchon constata «que les Allemands eux-mêmes avaient été honteux de la façon dont nous fûmes traités. C'est seulement à Holzminden que nous pûmes lire la Convention de Berne, qui ne fut jamais affichée dans notre camp. En tout cas, je suis heureux de me retrouver au milieu de mes collègues que je n'ai jamais oubliés dans mon exil.»


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Puis, lecture fut donnée au Conseil municipal de la Convention de Berne, du 26 avril 1918, extraite de la Nordeutsche Allegehrine Zeitung, dont nous n'avions jamais eu connaissance.
Le 31 juillet, je rendis visite également à M. Lequesne, qui avait été aussi en Russie comme otage, et qui mourut des suites de sa captivité. Il me fit le même récit que M. Georges Ewbank, me disant que les six premiers mois avaient été terribles.

Quand ils arrivèrent en gare de Jewie, il partit avec M. Girault, en tête du convoi, pour préparer le logement. Après avoir parcouru 4km. 500 dans la neige, ils se trouvèrent en face d'une grange entourée de fils de fer barbelés, que des ouvriers russes venaient de quitter. J'en ai déjà dit d'ailleurs la saleté repoussante. Ce qu'il leur fut le plus pénible, fut le manque de linge, étant restés six semaines sans bagages. Il avait comme compagnon de lit, dans une couchette de 0 M. 60 de large, M. Fernand de Saint-Ouen, mort également des suites de sa captivité.
Comme cette couchette était trop courte de 0m30, ses pieds dépassaient. Ils se trouvaient dans l'obscurité, un mauvais quinquet fumant éclairant à peine cette pièce dans laquelle ils restaient de quatre heures du soir à cinq heures du matin, ce qui rendait les nuits très longues et plus lugubres encore.


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Plusieurs otages ayant demandé à être évacués, la Commandature envoya à la Mairie la note suivante, datée du 23 août :

«Il est porté à la connaissance de la Mairie que la demande des otages suivants ; Mme Dremaux (Vve Zoude), MM. Lévy-Stein, Dupont Paul, Dupas Maurice, Dupont Abel, Dupont Maurice, Delaralle Emile, Blocaille Eugène, pour renvoi en France non occupée, a été refusée parce que, suivant décision des autorités militaires compétentes, la Convention de Berne ne leur est pas applicable.»

Nous ne pouvons nous empêcher de rendre une fois de plus hommage à ces victimes du devoir qui, par amour de leur Patrie, supportèrent les plus cruelles souffrances
 

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     Un témoignage d'otage revenu de Russie pour cause de maladie (Monsieur A. DANIEL, industriel à Louvroil) est retranscrit à la date du 28/04/1918 dans le livre de Georges DUBUT-MASION "Journal d'un bourgeois de Maubeuge", édité en 1923 et disponible sur le site nordnum.univ-lille pp236 à 238. On y retrouve (avec une orthographe parfois approximative) les lieux d'internement des otages.

 

 

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