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Les civils du Valenciennois dans la Grande Guerre 1914-1918
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17 février 2024

Soldats valenciennois décédés au cours du conflit 1870-71

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 Le premier chapitre du livre de Gabriel Piérard sur la Croix-Rouge dans l'arrondissement de Valenciennes, partiellement retranscrit dans le sujet précédent, relate l'action de l'organisme lors de la guerre de 1870, et notamment la première intervention de la croix-rouge auprès des prisonniers de guerre. Les délégués visiteront un certain nombre de camps (loin du nombre de lieux de détentions connus ensuite, voir plus bas) accomplissant ainsi un long périple jusqu'en Prusse Orientale.

 

Périple des délégués
Périple des délégués

 

 La guerre malheureuse de 1870 va susciter la naissance inopinée de la Croix-Rouge à Valenciennes alors qu'elle vient à peine d'être officiellement reconnue par les futurs belligérants. [1863]

 (............)

 Metz vient de capituler [27 octobre 1870 après un siège de plus de 2 mois] ajoutant 150 000 prisonniers supplémentaires à ceux déjà capturés depuis le début de la campagne.
C'est alors que le Comité prend l'initiative sans précédent d'envoyer deux de ses membres en Allemagne pour visiter les camps de prisonniers et secourir les Valenciennois.
Il fallait une belle dose de dévouement et d'opiniâtreté pour mener à bien un tel projet. De larges extraits de lettres du Président Boulan et du rapport publié par son adjoint Fribourg permettent de se rendre compte des difficultés qu'ils ont dû surmonter.

 Le 8 décembre 1870, tous deux franchissent la frontière belge avec un premier wagon contenant plus de 7 000 vêtements. A Bruxelles, l'ambassadeur prussien [Hermann Ludwig von Balan,1812-1874] refuse d'accorder le parcours gratuit sur tous les réseaux ainsi qu'un sauf-conduit en règle. Par contre, Monsieur Peeters, avec qui M. Fribourg est en relation d'affaires, remet à ce dernier une lettre pour son beau-frère, aide de camp du Général commandant la place de Cologne. En outre, un inspecteur belge, M. Ohnet facilite le passage de la frontière au-delà de Liège et nos deux émissaires arrivent le lendemain à Cologne.
Là M. Boulan se fait recommander par les Chevaliers de Malte fort influents en Rhénanie, tandis que M. Fribourg rend visite à son coreligionnaire Schwartz, le Grand Rabbin. Celui-ci le met en rapport avec M. Berger, Président de la Croix-Rouge locale. Ils obtiennent ainsi des recommandations dans les principales villes du Nord où se trouvent des prisonniers, et l'emblème de la Croix-Rouge est apposée sur leur wagon.

 Grâce à un aumônier volontaire, l'abbé de Bras, chargé de lazarets, ils apprennent, en outre, qu'un convoi de mobiles valenciennois faits prisonniers près d'Amiens est passé en gare il y a 2 jours. Ils visitent le camp de Deutz [près de Cologne] où croupissent sous des tentes et dans des baraques en bois environ 35 000 prisonniers. Certains sont encore vêtus de blouses de toile malgré les rigueurs de l'hiver. La dysenterie et le typhus y font des ravages effrayants.

 A leur retour à Cologne, ayant distribué de l'argent à des officiers prisonniers sur parole, les deux vaillants valenciennois sont suspectés, bien à tort, de vouloir favoriser leur évasion. Ils sont arrêtés par la gendarmerie et conduits chez le général commandant la province.
M. Fribourg sort opportunément sa lettre de recommandation pour Fischer, l'aide de camp de ce général. Ils sont enfin libres de poursuivre leur voyage « Aucun Valenciennois, écrit M. Boulan, ne sera tenté de le renouveler. Il est certain que nous ne trouverions pas plus de difficultés si nous devions aller à la découverte du Nil ».


 Le 18 décembre, nos deux bons samaritains arrivent à Magdebourg « après 17 heures de chemin de fer par un temps affreux ». Ils y visitent un camp de 25 000 prisonniers. Un aumônier allemand les accompagne. « Cet ecclésiastique s'est chargé avec beaucoup de bonne volonté de remettre à 70 de nos compatriotes, dont nous avions les noms, une somme de 5 Frs, une chemise et un tricot de laine. Nous avons aussi secouru 3 officiers de francs tireurs arrivés au lieu d'internement sans argent et presque sans vêtements ».
« Il y a partout de grandes misères à secourir, nous nous efforçons de faire tout le bien que nous pouvons. Dans les hôpitaux, nos ressources ne sont malheureusement pas à la hauteur des besoins qui sont extrêmes. Les chaussures et les vêtements de laine sont les plus nécessaires. Si on pouvait expédier ici un wagon de sabots, ce serait ce qu'il y aurait de mieux; ce genre de chaussures étant inconnu en Allemagne ».

 Le 20 décembre, le Ministre de la guerre reçoit à Berlin les 2 délégués de la Croix-Rouge et les autorise à poursuivre leur bienfaisante tournée.
Le 23 décembre, M. Boulan écrit de Stettin : «Arrivés hier, nous avons aujourd'hui passé la journée dans les camps où nous avons vu une vingtaine des nôtres. Il y a 1 200 malades dans les lazarets, mais la mortalité y est relativement moins grande qu'ailleurs.
«Il y avait à midi 15 degrés en dessous de zéro et à 7 heures 18 degrés. Le pays est couvert de neige et notre barbe chargée de glaçons semble couverte d'une couche de cristal de roche ce qui n'est pas laid ».
Ils diront, à leur retour, qu'ils sont successivement tombés malades, souffrant d'épuisement et de cholérine.
« Nous avons trouvé au Camp Guillaume plus de cent des nôtres sur 20 000 prisonniers ».

Les deux délégués de la Croix-Rouge Valenciennoise écrivent le 25 décembre de Posen qu'ils ne sont pas encore parvenus à retrouver le convoi de mobiles prisonniers. Leur wagon est, suivant leur expression, comme un boulet qu'ils traînent après eux. Les autorités ne cessent, en effet, de l'expédier par des voies détournées ou de réclamer ensuite des frais de transport très élevés. Heureusement M. Fribourg qui parle fort bien l'allemand alterne les réclamations et les pourboires pour que le wagon les suive dans leur périple.
Le cœur navré, nos 2 compatriotes assistent à l'arrivée en gare de Posen de 1 200 prisonniers venant d'Orléans et qui étaient en route depuis 15 jours. Certains n'ont même pas de chaussettes ni de souliers par un froid de 24 degrés en dessous de zéro. Avant que 50 d'entre eux soient transportés à l'hôpital à moitié morts de froid, M. Fribourg arborant son brassard fait ouvrir les salles d'attente et distribuer des boissons chaudes. Six cadavres restent étendus dans le train.
MM. Boulan et Fribourg voient encore leur mission contrariée par un commissaire de police qui leur intime l'ordre de quitter la ville dans les 4 heures. Ils profitent de ce délai pour se rendre chez le gouverneur, le général Steinmetz. Son aide de camp leur montre brutalement la porte. C'est alors que M. Fribourg déploie prestement la lettre du Ministre. « Ce fut comme un talisman », écrit M. Boulan. Aussitôt cet officier les comble de politesse et les assure que la police ne les inquiétera plus.

 A Glogau, ils trouvent 15 000 prisonniers dans un état aussi lamentable que dans les camps précédents. C'est à l'aide de traîneaux qu'ils portent leurs dons de la gare jusqu'au camp. «Notre Société, écrit son président, a été la première de toutes les villes de France qui s'est portée dans ces rigoureux climats à près de 400 lieues de distance pour secourir des compatriotes aussi son nom est-il de tous, amis comme ennemis, honoré et respecté ».
MM. Boulan et Fribourg constatent « avec un sentiment d'horreur» que les prisonniers sont entassés dans des hangars non chauffés à raison de 18 hommes par 4 mètres carrés. La neige fondue tombe goutte à goutte sur ces corps vautrés dans une demi-obscurité. « La plupart n'ont ni chemise ni tricot. Il y en a qui n'ont ici qu'un pantalon de toile. Au dehors, il y a 50 centimètres de neige. Nous gelons sur place, nos jambes se refusent à marcher. Il meurt tous les jours 8 à 10 malades.
On les place à 4 dans une caisse et voilà leur bière. Affreux! Affreux !
»

Avant de quitter Glogau, M. Boulan reçoit une députation d'officiers prisonniers à qui il a donné mission de répartir les dons en nature ainsi que 1.125 Frs en argent liquide.

 Le 29 décembre, il arrive à Leipzig où cette lettre de reconnaissance lui est remise: «Les captifs de la ville de Leipzig remercient de tout leur cœur les honorables dames de Valenciennes de leur générosité envers des soldats malheureux. En retour de ce dévouement si patriotique et d'une aussi admirable charité, nous ne pouvons en ce moment leur offrir que notre éternelle reconnaissance ».

Comme des officiers leur affirment que les mobiles valenciennois doivent être internés à Minden, nos deux infatigables pèlerins s'y rendent immédiatement. Ils passent en train leur troisième nuit consécutive sans pouvoir s'étendre. Là encore nouvelle déception, les mobiles n'y sont pas. Le camp de 7 000 prisonniers de Minden a pour commandant « une espèce de brute » qui les met carrément à la porte. Par bonheur, ils trouvent un aumônier qui leur fait visiter l'hôpital. Près de 300 marins de l'armée de la Loire viennent d'arriver avec les pieds gelés. Leurs jambes sont noirâtres, un certain nombre devront être amputés. Des Sœurs de charité se dévouent au chevet de ces malheureux.
Avant de quitter l'Allemagne où il a voyagé durant 70 jours, M. Boulan écrit ces mots qui sont la digne conclusion de son odyssée:

«Pour moi, si après ce long et pénible voyage, je n'ai pu entièrement répondre aux vœux des familles, je n'aurai rien à me reprocher. J'aurai la conscience d'avoir fait, comme Français, au milieu de tous les malheurs qui accablent notre Pays, tout ce qu'il était humainement possible de faire pour le servir utilement.
Si, à Dieu ne plaise, cette terrible guerre devait encore se prolonger, je continuerai à me consacrer avec le même zèle à cette œuvre de charité, malgré les difficultés sans nombre que je rencontre à chaque pas ».

 En novembre 1871, M. Boulan est décoré de la médaille de la Croix-Rouge et reçoit un diplôme pour ce qu'il a fait en faveur des prisonniers en Allemagne.

 

 Les délégués Valenciennois étaient loin d'avoir parcouru tous les lieux de détention au vu de cette liste extrait du livre "La captivité à Ulm" : il y est question de 300.000 prisonniers. Tous les lieux ne sont pas cités, comme Stralsund, en Poméranie Prussienne.
 

APPENDICE N° 2
NOMS DES VILLES OÙ DES MONUMENTS ONT ÉTÉ ÉRIGÉS SUR LES TOMBES DES SOLDATS FRANÇAIS MORTS PENDANT LA CAPTIVITÉ DE 1870-1871.

Altenburg, Altona, Anclam, Arolsen, Aschersleben, Asperg, Aix-la-Chapelle, Augsburg, Ansbach, Bauzen, Bayreuth, Bielefeld, Blankenburg, Bonn, Brieg, Brandenburg, Braunschweig, Bromberg, Brucksal, Burghausen, Bamberg, Berlin, Billens (Suisse), Caditz, Cobleutz, Cœrlin, Cologne, Cosel, Colberg, Chemnitz, Creuznach, Crimitschàu, Custrin, Carlsruhe, Cassel, Dantzig, Dahlen, Diez, Dortmund, Dresde, Dillingen, Eichstaedt, Ems, Erfürt, Essen, Ellwangen, Ebcrbach (Alsace), Francfort-sur-Mein, Freising, Freiburg, Friedland, Francfort-sur-Oder, Frœschwiller, Giessen, Greifswald Germersheim, Gœrlitz, Golka, Graudenz, Gmünd, Genève, Hanau, Halberstadt, Hanovre, Heidelberg, Hof, Ichtershausen, Ingolstadt, Insterburg, lülich, Kœnigsberg, Kœnigstein, Kempten, Labes, Leipzig, Lamsdorf, Liegnitz, Lichtenfels, Lingen, Ludwigsburg, Ludwigslust, Luneburg, Lokstaedter-Heide, Landshut, Lechfeld, Lichtenfels, Marbach, Marburg, Memel, Meineigen, Merseburg, Moritzburg, Mannheim, Mayence, Munich, Morsbronn (Alsace), Naunburg, Neuburg, Neustrelitz, Niederingelheim, Nordhorn, Nordhausen, Nurnberg, Neu-Ulm Neustadt, Niederbronn, Osnabruck, Oldenburg, Ottobeuren, Parchim, Passewalk, Pappenburg, Pillau, Plauen, Posen (2 cimetières), Paderborn, Passau, Ratibor, Rendsburg, Rostock, Rudolstadt, Reichshoffen, Ratisbonne, Roggenburg, Rastadt, Schleswig, Schneidemuhl, Schwerin, Sommerfeld, Sondershausen, Stade, Stolp, Swinemünd, Schwetzingen, Spandau, Saar-Louis, Saarbruck, Tilsit, Trier, Uelzen, Uebigau, Ueberraggern, Ulm, Vallendar, Graefenhainchen, Colberg, Wesel, Glukstadt, Stargau, Polzin, Rosenberg, Aurich, Deuz, Aix-la-Chapelle, Asperg, Schoenebek, Gerolstein, Schiefelbein, Zeis. Lechfeld.


 Ci-dessous, avec le maximum de détails retrouvés et vérifiés, la liste non exhaustive (et toujours en cours) des soldats Valenciennois décédés au cours du conflit, (31 à l'heure actuelle, ordre alphabétique). Certains états-civils n'ont pu être retrouvés, comme L’ÉVÊQUE Farcy, DUPONT Alfred (acte de décès non documenté) ou BECARD Léon, alors que la municipalité a demandé copie de son acte de décès aux autorités militaires.

 Ils ne sont que 2 dans ce dernier cas, prisonniers (décédés du typhus) à ULM. Il est possible que leurs noms proviennent du livre du R.P. Joseph, aumônier des prisonniers de guerre, intitulé "La captivité à Ulm" (4e édition éditée en 1872), disponible sur Gallica, et qui se termine par une liste de soldats décédés, dont les 2 dits "de Valenciennes", BECARD Léon et LANDRECY Auguste.

A noter : Auguste LANDRECY avait été exempté lors du recrutement de sa classe (1864) comme ayant un frère "mort en service". Il s'agit de LANDRECY André, tué à la bataille de Solférino en 1859, et que j'ai ajouté à la liste.

J'indique aussi les délais de transmission de l'acte de décès qui varient de 1 à 44 mois.

 


 

  • BAILLON Constant Joseph
    Né le 17/01/1850 à Valenciennes (Nord) Faubourg de Famars,
    fils de Constant Joseph Benjamin et CHEVAL Marie Rosine Joséphine
    Soldat au 3e (Régiment de) Zouaves
    Classe 1870, centre de recrutement de Valenciennes, Matricule 4664.
    Recensé au canton de Valenciennes-nord, classe 1870
    Engagement volontaire pour la durée de la guerre le 04/09/1870 à l'age de 20 ans au 3e Régiment de Zouaves
    Décédé le 08/01/1871 à Chateauneuf-sur-Loire (Loiret) : Ambulance du Château à l'âge réel de 20 ans et 11 mois.
    Acte n°122 à Valenciennes le 21/03/1872 ; délai de transmission : 14 mois et demi

 

  • BECARD Léon
    Né le 04/11/1848 à ? (Nord) ,
    fils de ? et ?? ?
    La copie de l'acte de décès a été demandée par la Mairie de Valenciennes,
    malgré la date de naissance (sans lieu précisé) il n'a pas été possible de confirmer celle-ci ;
    la transcription traduite de l'original (en allemand) comporte une liste des objets laissés par le défunt

    Canonnier 9e Régiment d'Artillerie.
    Prisonnier de guerre, Décédé le 07/10/1870 (Typhus) à Ulm (Wurtemberg ) : Hôpital Royal de la Forteresse à l'âge sur acte de env. 22ans.
    Inhumé le 08/10/1870, Cimetière d'Ulm
    Acte n°48 à Valenciennes le 01/02/1872 ; délai de transmission : 16 mois

 

  • BIRCANN Pierre Eugène
    Né le 07/02/1825 à Valenciennes (Nord) caserne sise rue de Lille, Corridor 6, chambre 2,
    fils de Jean Henry et GOMBAUD Jeanne
    Marié à Lunéville le 01/02/1858 avec LALLEMAND Caroline Adèle.
    Le père est maitre-passementier au 1er Régiment de Hussards de Chartres, en garnison à Valenciennes en 1825.

    Lieutenant à la compagnie hors-rang du 100e Régiment d'Infanterie de Ligne
    Classe 1845.
    Recensé au canton de
    Prisonnier de guerre, Décédé le 10/04/1871 à Stralsund (Poméranie Prussienne) : Ambulance des prisonniers de guerre, Hotel Bismark à l'âge réel de 46 ans et 2 mois.
    Acte n°31 à Lunéville le 24/01/1872 ; délai de transmission : 9 mois et demi

 

  • BOUCLY Alfred Hippolyte
    Né le 22/05/1848 à Valenciennes (Nord) 47, rue de Mons,
    fils de Hippolyte Joseph et FIEVET Alexandrine Ruffine
    Brigadier de la 9e Batterie d'Artillerie Mobilisée
    Classe 1868, centre de recrutement de Valenciennes, Matricule 4602bis (voir "BOUCHY").
    Recensé au canton de Valenciennes-est, classe 1868
    Décédé le 13/01/1871 à Lille (Nord) : Hôpital Militaire à l'âge réel de 22 ans et 7 mois.
    Acte n°333 à Valenciennes le 05/04/1871 ; délai de transmission : 3 mois

 

  • BRICARD Jude Adolphe
    Né le 29/07/1831 à Valenciennes (Nord) grand-place,
    fils de Adolphe Joseph et POTONNE Marie louise Michel
    époux de MARLIVO Julienne Augustine, demeurant 10 rue Amélie Paris
    Garde National à la 3e compagnie du 105e bataillon
    Classe 1851.
    Recensé au canton de Valenciennes-nord classe 1851
    Décédé le 19/01/1871 à Rueil-Malmaison (Seine-et-Oise) : Champ de bataille de Buzenval (exhumation du 17/03/1871 non rapportée) à l'âge réel de 39 ans et 5 mois.
    Inhumé le 19/01/1871, sur le champ de bataille
    Acte n°161 à Rueil-Malmaison (Jugement du 25/08/1871, 1ère chambre du Tribunal Civil de Versailles, 1ere instance) le 13/09/1871 ; délai de transmission : 8 mois

 

  • CAFFEAU Alphonse
    Né le 11/11/1832 à Saint-Saulve (Nord) ,
    fils de Augustin et LEMAIRE Védastine
    domicilié à Valenciennes 4, rue derrière le Béguinage (actuellement rue Gabriel Hécart)
    Sous-Lieutenant de la Garde Mobile
    Classe 1852, centre de recrutement de Valenciennes.
    Recensé au canton de Valenciennes-est, classe 1852
    Décédé le 17/01/1871 à Lille (Nord) : 8,10 Place St Martin à l'âge réel de 38 ans et 2 mois.
    Acte n°565 à Valenciennes le 03/08/1871 ; délai de transmission : 6 mois et demi

 

  • CARLIN Henri Joseph
    Né le 29/07/1850 à Valenciennes (Nord) 123, Rue du Quesnoy,
    fils de François Joseph et DUVIVIER Séraphine
    Chasseur de 1ere Classe à la 1ère compagnie du 17e Bataillon de Chasseurs à Pied
    Classe 1870, centre de recrutement de Valenciennes, Matricule 3203.
    Recensé au canton de Valenciennes-est, classe 1870, demi page manquante.
    Décédé le 27/05/1871 à Versailles (Seine-et-Oise) : Hôpital militaire à l'âge réel de 20 ans et 9 mois.
    Acte n°680 à Valenciennes le 19/10/1871 ; délai de transmission : 5 mois

 

  • CARTEGNIES Vincent (CARTENI)
    Né le 05/03/1849 à Villers-Pol (Nord) ,
    fils de Vincent et Josephine (PALLE)
    Au vu du peu d'information et de leur nature, il est fort probable qu'il s'agise de CARTEGNIES Vincent Joseph, né à Villers-Pol le 05/03/1849, de Vincent et Marie Joseph MARISSAL.
    Habitant ensuite Préseau il figure dans les registres matricules de Valenciennes-Est, classe 1869.
    L'état des services porte la mention : "Manque à l'appel du 09/03/1871, (...) rayé des contrôles pour longue absence"


    Classe 1869, centre de recrutement de Valenciennes, Matricule 4903.
    Décédé le 06/05/1871 à Paris VIII° (Seine) : Ambulance du Cours la Reine à l'âge réel de 22 ans et 2 mois.
    Acte n°546 vue n°2 à Paris le 19/08/1871 ; délai de transmission : 3 mois et demi

 

  • DAYEZ Charles Emile
    Né le 11/08/1844 à Valenciennes (Nord) 6, rue des Chartreux,
    fils de Charles Joseph et LALOU Joseph Marie
    cavalier de 2e classe au 2e Régiment de Lanciers
    Classe 1864, centre de recrutement de Valenciennes.
    Recensé au canton de Valenciennes-est, classe 1864
    Engagement volontaire de 7 ans le 05/05/1862 à l'age de 17 ans au 7e Régiment de Lanciers
    Décédé le 14/11/1870 à Vichy (Allier) : Hôpital Militaire à l'âge réel de 26 ans et 3 mois.
    Acte n°702 à Valenciennes le 08/12/1870 ; délai de transmission : 1 mois

 

  • DENDELEUX Auguste
    Né le 30/06/1833 à Valenciennes (?) (Nord) 18, rue de la Vieille Poissonnerie,
    fils de Auguste Charles Rémi et HUBERT Louise
    Chevalier de la Légion d'Honneur. Cité comme mort au champ d'honneur,
    promotion de Turquie 1853-1855 de St-Cyr "Capitaine d’Infanterie, à la Garde impériale"

    Capitaine Adjudant Major au 37e Régiment de Marche
    Classe 1853, centre de recrutement de Valenciennes.
    Recensé au canton de Valenciennes-nord, classe 1853
    Engagement volontaire de 7 ans le 10/11/1853 à l'age de 20 ans au 9e Régiment d'Infanterie de Ligne
    Décédé le 31/05/1871 à Paris VIII° (Seine) : à l'âge réel de 37 ans et 11 mois.
    Inhumé le 02/06/1871, Cimetière de Montmartre (Paris).
    Transféré à Valenciennes St Roch le 23/12/1871. Tombe toujours présente.
    Acte n°78 à Valenciennes le 11/02/1873 ; délai de transmission : 20 mois

 

  • DUPONT Alfred
    Né le à - () , de et
    aucune donnée personnelle disponible ; peut-être adressé à Valenciennes comme ville de dépot du 65RIL
    Soldat à la 1ère comapgnie du 1er bataillon du 65e Régiment de Ligne, Matricule 3479.
    Décédé le 18/08/1870 (Tué à l'ennemi - Bataille de St-Privat) à Amanvillers (Moselle) : à l'âge sur acte de -.
    Acte n°192 à Valenciennes le 18/04/1874 ; délai de transmission : 44 mois

 

  • FLAMENT Constant Robert
    Né le 07/08/1822 à Valenciennes (Nord) Place du commerce,
    fils de Jean Baptiste et DECARPENTRIES Sophie Joseph
    Caporal à la 1ere compagnie du 49 bataillon de la Garde Nationale Sédentaire
    Classe 1842.
    Décédé le 05/10/1870 (Coup de feu au coté droit) à Saint-Mandé (Seine) : Hôpital Militaire de Vincennes à l'âge réel de 48 ans et 1 mois.
    Acte n°41 à Saint-Mandé le 16/06/1874 ; délai de transmission : 44 mois et demi

 

  • HARMANT Henri (HORMANT)
    Né le 05/06/1840 à Valenciennes (Nord) 18, rue basse du rempart,
    fils de Jean Baptiste et BONENFANT Thérèse
    le journal officiel du 15/07/1872 fait état d'un jugement sur requête du tribunal de Valenciennes établissant que :
    ''Harmant (Henri), soldat au 47e régiment d'infanterie de ligne; disparu le 6 août 1870 à la-bataille de Wœrth.''

    Soldat au 47e Régiment de Ligne
    Classe 1860, centre de recrutement de Valenciennes, Matricule 2243.
    Recensé au canton de Valenciennes-sud classe 1860
    Décédé le 22/09/1870 à Haguenau (Bas-Rhin) : à l'âge réel de 30 ans et 3 mois.
    Acte n°546 à Haguenau (acte originel) le 23/09/1870 ;

 

  • HAVREZ Adrien Camille
    Né le 28/03/1840 à Valenciennes (Nord) 8, rue Sainte-Croix,
    fils de non nommé et HAVREZ Albertine
    époux de BLONDEAU Thomassine Augustine, demeurant 142, rue Oberkampf, Paris 11e
    Garde National à la 2e compagnie du 9e bataillon du 19e Régiment de Marche de Paris
    Classe 1860, centre de recrutement de Valenciennes.
    Recensé au canton de Valenciennes-est, classe 1860
    Décédé le 27/01/1871 (Plaies de poitrine) à Paris IV° (Seine) : Hôpital civil Hôtel-Dieu du 4e arrondissement (place du parvis Notre-Dame Paris)
    à l'âge réel de 30 ans et 9 mois.
    Acte n°252 à Valenciennes le 29/05/1872 ; délai de transmission : 16 mois

 

  • HECQUET Léon
    Né le 21/08/1844 à Valenciennes (Nord) 37, rue du Petit Fossart,
    fils de Auguste joseph et DUEZ Rosalie Joseph (-)
    Sergent Major du 2e de Marine
    Classe 1864, centre de recrutement de Valenciennes.
    Recensé au canton de Valenciennes-est, classe 1864,"résidant à Mexico (Mexique- guerre du)"
    Engagement volontaire de 7 ans le 28/08/1861 à l'age de 17 ans au 2e Régiment de Carabiniers
    Décédé le 19/11/1870 à Brest (Finistère) : Hôpital maritime à l'âge réel de 26 ans et 2 mois.
    Acte n°360 à Valenciennes le 19/04/1871 ; délai de transmission : 5 mois

 

  • HOLAIN Joseph Donat
    Né le 27/08/1842 à Valenciennes (Nord) 3, rue St-Jacques,
    fils de Pierre Joseph et BONHOME Catherine
    Soldat au 2e Régiment de Zouaves
    Classe 1862.
    Recensé au canton de Valenciennes-sud classe 1862
    Décédé le 01/11/1870 à Josnes (Loir-et-Cher) : Camp de Josnes à l'âge réel de 28 ans et 2 mois.
    Acte n°30 à Josnes (acte originel) le 02/11/1870 ;

 

  • LANDRECY Auguste
    Né le 22/02/1844 à Valenciennes (Nord) rue des Canonniers,
    fils de Emile Louis Joseph et BELOT Thérèse
    La copie de l'acte de décès a été demandée par la Mairie de Valenciennes
    Soldat 18e Bataillon de Chasseurs
    Classe 1864, centre de recrutement de Valenciennes.
    Recensé au canton de Valenciennes-nord classe 1864
    Prisonnier de guerre, Décédé le 12/10/1870 (Typhus) à Ulm (Wurtemberg ) : Hôpital Royal de la Forteresse à l'âge réel de 26 ans et 7 mois.
    Inhumé le 13/10/1870, Cimetière d'Ulm
    Acte n°276 à Valenciennes le 12/06/1872 ; délai de transmission : 20 mois

 

  • LANDRECY André Emilien
    Né le 15/07/1834 à Valenciennes (Nord) 10, Rue Basse du Rempart,
    fils de Emile Louis Joseph et BELOT Thérèse
    frère de LANDRECY Auguste
    Soldat au 1er bataillon de la 1ère compagnie du 6e Régiment de Ligne
    Classe 1854, centre de recrutement de Valenciennes, Matricule 6841.
    Recensé au canton de Valenciennes-sud, classe 1854
    Engagement volontaire de 7 ans le 27/01/1855 à l'age de 20 ans au 92e Régiment d'Infanterie de Ligne
    Décédé le 24/06/1859 (Coup de feu à la poitrine) à Solférino (Italie) : à l'âge réel de 24 ans et 11 mois.
    Acte n°586 à Valenciennes le 25/11/1859 ; délai de transmission : 5 mois

 

  • LECAILLE Louis Joseph
    Né le 28/07/1849 à Valenciennes (Nord) 9, Chemin des Bourgeois,
    fils de Philippe Joseph et BILOUX Françoise
    Soldat au 6e Régiment de Ligne
    Classe 1869, centre de recrutement de Valenciennes, Matricule 5150.
    Décédé le 04/02/1871 à Lunéville (Meurthe-et-Moselle) : Hôpital temporaire à l'âge réel de 21 ans et 6 mois.
    Acte n°567 à Valenciennes le 04/08/1871 ; délai de transmission : 6 mois

 

  • LECERF Augustin
    Né le 31/12/1848 à Le Quesnoy (Nord) "Faubourg de Ruesnes",
    fils de Evariste et DERVILLERS Renelde
    Garde Mobile à la 7e compagnie du 1er bataillon du 46e Régiment de Mobiles du Nord
    Classe 1868, centre de recrutement de Avesnes (?).
    Décédé le 08/03/1871 à Saint-Lô (Manche) : Hospice à l'âge réel de 22 ans et 2 mois.
    Acte n°434 à Valenciennes le 16/05/1871 ; délai de transmission : 2 mois

 

  • LEDENT Alfred
    Né le 17/01/1844 à Valenciennes (Nord) route d'Aubry,
    fils de Louis et SERUZELLE Célénie
    (décédé durant siège de Metz du 20 août au 28 octobre 1870)
    Soldat à la 3e compagnie du 1er bataillon du 9e Régiment d'Infanterie
    Classe 1864, centre de recrutement de Valenciennes.
    Recensé au canton de Valenciennes-nord classe 1864
    Décédé le 09/09/1870 à Metz (Moselle) : Ambulance du Sacré-Cœur à l'âge réel de 26 ans et 7 mois.
    Acte n°2294 à Metz (acte originel) le 09/09/1870 ;

 

  • L'EVEQUE Farcy
    Né le 14/02/1844 à Valenciennes (Nord) ,
    fils de Pierre Joseph et DURAND Ben(o)îte
    Aucune donnée (naissance filiation) n'a pu être retrouvée.
    Elles sont données ici à titre indicatif de l'acte de décès

    Matelot aux Equipages de la Flotte
    Classe 1864, centre de recrutement de Valenciennes.
    Décédé le 13/02/1871 à Paris V° (Seine) : à l'âge réel de 26 ans et 11 mois.
    Acte n°21 à Paris (acte originel) le 16/02/1871 ;

 

  • MARCHEUX Adolphe Henri
    Né le 24/03/1845 à Valenciennes (Nord) 51, rue Basse du Rempart,
    fils de Henri Joseph et MIRE Désirée Joseph (Joséphine)
    L'acte de décès original le place au 5e de Ligne 3e Bataillon 1ere Compagnie
    Soldat à la première compagnie du 2e bataillon du 2e de ligne
    Classe 1865, centre de recrutement de Valenciennes.
    Recensé au canton de Valenciennes-sud, classe 1865
    Décédé le 11/09/1870 à Lille (Nord) : 104, quai de la Basse Deûle à l'âge réel de 25 ans et 5 mois.
    Acte n°98 à Valenciennes le 28/01/1871 ; délai de transmission : 4 mois et demi

 

  • MARISCAL Alfred
    Né le 27/12/1850 à Valenciennes (?) (Nord) 9, rue des Anges,
    fils de Joseph et LHUISSIER Créscence
    Chasseur de 2e classe au 17e Bataillon de Chasseurs à Pied
    Classe 1870, centre de recrutement de Valenciennes, Matricule 3191.
    Recensé au canton de Valenciennes-nord, classe 1870
    Décédé le 19/01/1871 (Blessures reçues à la bataille de St-Quentin) à Saint-Quentin (Aisne) : à l'âge réel de 20 ans.
    Acte n°40 à Valenciennes le 16/01/1874 ; délai de transmission : 36 mois

 

  • PINET Henri Jacques
    Né le 24/07/1848 à Valenciennes (Nord) 19, Rue des Anges,
    fils de Joseph Antony et EVE Marie Anne Virginie
    L'acte de décès transcrit a été rédigé à Besançon (Doubs) et place le décès au 01/09/1870,
    sur la foi de 3 témoins, sans connaissance probablement de l'acte établi à Charleville.

    Caporal de 2e classe de la 5e compagnie du 2e bataillon 30e Régiment de Ligne
    Classe 1868, centre de recrutement de Valenciennes, Matricule 3364.
    Recensé au canton de Valenciennes-sud, classe 1868
    Engagement volontaire de 7 ans le 30/06/1868 à l'age de 19 ans au 30e Régiment d'Infanterie
    Décédé le 04/10/1870 (Eclat d'obus à la poitrine reçu à la bataille de Sedan.) à Charleville (Ardennes) : Ambulance du Petit-Bois à l'âge réel de 22 ans et 2 mois.
    Acte n°629 à Valenciennes le 13/09/1871 ; délai de transmission : 11 mois

 

  • PREVOST Auguste
    Né le à Valenciennes (?) () , de et

    Classe 1868.
    Décédé le 04/01/1871 à Paris IX° (Seine) : Ambulance municipale du 9e arrondissement, 29, rue Condorcet
    à l'âge sur acte de 22 ans.
    Acte n°73 à Valenciennes le 10/02/1873 ; délai de transmission : 25 mois

 

  • REBOUL Toussaint
    Né le 04/06/1837 à Valenciennes (Nord) Caserne Poterne, 2e batiment, corridor n°6, chambre 4,
    fils de Joseph François et COURTOIS Elisabeth (Bernardin sophie)
    décoré de la médaille militaire
    époux de Léontine Marie Gabrielle GREGOIRE
    sa filiation est celle des actes de naissance et mariage.
    Le journal officiel du 12/08/1900 fait etat d'une succession en cours.

    Gendarme, Sergent surveillant à Prison militaire du Fort Lamalgue
    Classe 1857.
    Décédé le 07/09/1870 à Toulon (Var) : Hôpital Maritime à l'âge réel de 33 ans et 3 mois.
    Acte n°1753 à Toulon (acte originel) le 07/09/1870 ;

 

  • RENAULT Amédée Louis
    Né le 30/12/1834 à Valenciennes (Nord) 16, Rue du Boudinet (actuelle Rue Honhon),
    fils de Joseph Stanislas et ESNAULT Anne Louise
    Lieutenant au 2e escadron du 3e Régiment de Chasseurs d'Afrique, Armée du Rhin.
    Classe 1854, centre de recrutement de Valenciennes.
    Décédé le 02/09/1870 (Coup de feu à la poitrine) à Sedan (siège de) (Ardennes) : (probablement à la charge d'Illy) à l'âge réel de 35 ans et 8 mois.
    Acte n°601 à Valenciennes le 26/08/1871 ; délai de transmission : 12 mois

 

  • SOYE Joseph Horace Charles
    Né le 27/12/1825 à Valenciennes (Nord) rue de Famars,
    fils de Jean Louis et BRIOT Louise Caroline
    Le père dans l'acte de naissance : "Maréchal de Camp Baron SOYE, lieutenant du Roi de la place de Valenciennes"
    Acte de décès rédigé le 28/07/1871 à Oran (Algérie) selon 3 témoignages.

    Chef de bataillon du 2e Régiment de Zouaves
    Classe 1845, centre de recrutement de Valenciennes, Matricule 340.
    Décédé le 06/08/1870 à Froeschvillers (Bas-Rhin) : à l'âge réel de 44 ans et 7 mois.
    Acte n°568 à Valenciennes le 04/08/1871 ; délai de transmission : 12 mois

 

  • TRANCHANT Jules
    Né le 28/12/1850 à Saint-Amand (Nord) Rue de Valenciennes,
    fils de Jean Baptiste et DEBAISIEUX Colette
    Son nom figure au monument aux morts du cimetière de St-Amand
    Caporal de 2e classe au 65e Régiment de Ligne
    Classe 1870, centre de recrutement de Valenciennes, Matricule 7466.
    Décédé le 03/01/1871 (Coups de feu à la poitrine) à Bapaume (Pas-de-Calais) : à l'âge réel de 20 ans.
    Acte n°159 à Valenciennes le 11/04/1872 ; délai de transmission : 15 mois

 

  • VALLIANT Jean Baptiste (VAILLANT)
    Né le 20/04/1849 à Valenciennes (Nord) 4, rue des Chartreux,
    fils de Désiré Adolphe et URBAIN Sophie Adèle
    Garde Mobile de la 6e compagnie du 10e Bataillon du Nord
    Classe 1869, centre de recrutement de Valenciennes, Matricule 4961bis.
    Recensé au canton de Valenciennes-est, classe 1869
    Décédé le 18/12/1870 à Arras (Pas de Calais) : Ambulance des sourds-muets à l'âge réel de 21 ans et 7 mois.
    Acte n°363 à Valenciennes le 20/04/1871 ; délai de transmission : 4 mois

 

  • VANDEMBOSSCHE Auguste (WANDEBOS(S))
    Né le 05/01/1835 à Valenciennes (Nord) rue Malplaquet,
    fils de Jean Philippe Joseph et TIÉCHON Aimé Henriette Josèphe
    titulaire de la médaille d'Italie (2d Empire)
    Soldat au 5e Bataillon de Chasseurs à Pied, 11e Régiment de Marche
    Classe 1855, centre de recrutement de Valenciennes.
    Décédé le 30/12/1870 à Blois (Loir-et-Cher) : Ambulance du Château à l'âge réel de 35 ans et 11 mois.
    Acte n°1129 à Blois (acte originel) le 31/12/1870 ;

 

 

 

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23 décembre 2014

Réfugiés Valenciennois : suite.

 

            Pour  la description de la situation et des conditions de "rapatriement" des habitants des territoires occupés en 1914-1918, lire cette autre page.

            Les listes partagées par l'auteure du site "Histoire de famille" sont ici recopiées telles quelles, en espérant aider les descendants des familles citées  (174 noms) à reconstituer leurs parcours, ou du moins retrouver leurs destinations :

 

Lieux

  

Montluçon (Allier) 01/06/1916

NOM Prénoms Situation familiale Age Profession Domicile actuel
MIDOZ Jules Marié. La femme restée en pays ennemi 28 Coiffeur -
LOMME Augusta Mari à l'armée belge 35 - -
LOMME Madeleine - 7 - -
LOMME Emile - 3 - -
BODEL Marie Seule. 59 Sans profession -

 

 

Theneuille (Allier) 28/05/1916

NOM Prénoms Situation familiale Age Profession Domicile actuel
MIENS Charles Joseph Réformé Autorité Militaire 22 Métallurgiste Actuellement au village de La Faix

 Ce cas est particulier, puisque la mairie de Theneuille signale que :

"Il n'y a pas de réfugiés français [7 Belges sont répertoriés] à moins de considérer comme tel le nommé Charles Joseph MIENS originaire de Valenciennes"

      C'est un soldat du 46e régiment d'artillerie -né le 25/02/1893 à Marquette- en convalescence : il a été blessé à la cuisse gauche par un éclat d'obus à Trésauvaux (Meuse) le 23 octobre 1914, sa batterie (la 7e) où il était 2d canonnier ayant été prise sous le feu de l'ennemi.  Son état signalétique et des services indique qu'il a déjà rejoint son dépôt le 24 avril 1915 et est reparti au front le 26 octobre. Il obtiendra la croix de guerre pour sa "belle attitude au feu les 15-16-17 et 18 avril 1917". Cité à l'ordre du 268e R.A (où il est passé au 1/4/1917) le 23/4/1917.

 

Arles (Bouches du Rhône) 04/1916

NOM Prénoms Situation familiale Age Profession Domicile actuel
VIDAL Thérèse née Bonefoy, épse Fernand Vidal 24 - Habite chez son père ancien coiffeur à Arles
VIDAL - jumeaux 2 - Habite chez son gd père ancien coiffeur à Arles
VIDAL - jumeaux 2 - Habite chez son gd père ancien coiffeur à Arles

 

 

Marseille (Bouches du Rhone) 15/04/1916

NOM Prénoms Situation familiale Age Profession Domicile actuel
DOLPHIN   Veuve, née Maurel à Valenciennes le 20/11/1859 56 Sans profession Rapatriée d'Allemagne. Gde rue chez son gendre Laderrière depuis le 10/4
DOLPHIN - enfant 16 - -
WAUQUIER Charles né à Roubaix le 7/4/1861 55 Artiste lyrique  
WAUQUIER - femme - -  
WAUQUIER - enfant 27 -

Marseille, 4 Rue Corneille depuis le 10/4

DUBOIS Adèle née Dubois à Valenciennes le 22/06/1868 47 Sans profession Marseille, rue Corneille depuis le 19/01
HERDEWYN Jean né à Valenciennes le 10/08/1894 21 Mineur Marseille, 87 la Capelette depusi le 12/01
TOURCOIN Olivier né à Valenciennes le 08/02/1889 27 garçon de restaurant Marseille, 13 rue Pastret depuis le 14/01
TOURCOIN - épouse - - Marseille, 13 rue Pastret depuis le 14/01
VIDAL née Bonefoy à Arles le 24/11/1891   24 Sans profession Arles depuis le 25/09/1914
VIDAL - jumeaux 2 - Arles depuis le 25/09/1915
VIDAL - jumeaux 2 - Arles depuis le 25/09/1916
DESHUIS Germaine née DUBOIS à Valenciennes le 06/05/1892 23 Couturière Marseille, 4 rue Corneille depuis le 20/03
DESHUIS - - 5 - Marseille, 4 rue Corneille depuis le 20/03
DESHUIS - - 3 - Marseille, 4 rue Corneille depuis le 20/03
DESHUIS - - 1 - Marseille, 4 rue Corneille depuis le 20/03

 

 

Aurillac (Cantal) 03/1916

NOM Prénoms Situation familiale Age Profession Domicile actuel
DEFROYENNE Angèle - 22 ménagère Place de l'Hôtel de Ville

 

 

Riom ès Montagne ( Cantal) 04/1916

NOM Prénoms Situation familiale Age Profession Domicile actuel
CAUVET Alphonse - 22 Usinier -

 

 

Rezentières (Cantal) 04/1916

NOM Prénoms Situation familiale Age Profession Domicile actuel
ROUX Julien - 43 Jardinier -

 

 

Anduze ( Gard) 02/1915

NOM Prénoms Situation familiale Age Profession Domicile actuel
CORNU Louise - 26 - -
CORNU Paul - 3 - -
CORNU Albert - 8 mois - -
GABET Maria - 66 - -
GABET Louisa - 22 - -
HOMMECKER Henriette - 23 - -
HOMMECKER Louise - 14 - -
HOMMECKER Marceau - 9 - -
HOMMECKER Charles - 7 - -
HOMMECKER Marie - 5 - -
HOMMECKER François - 13 - -

 

 

Castillons de Gagnères (Gard) 26/03/1916

NOM Prénoms Situation familiale Age Profession Domicile actuel
HOMMECKER Marceau - 9 - -
DELVIGNE Jean-Baptiste - 46 Mineur -

 

 

Les Plantiers (Gard) -

NOM Prénoms Situation familiale Age Profession Domicile actuel
GABET Germaine - 20 Sans profession -
GABET Gaston - 3 Sans profession -
GABET Léontine - 1 Sans profession -
GABET Augustine - 26 Sans profession -
GABET Eléonore - 8 Sans profession -
GABET Albert - 7 Sans profession -
GABET Léontine - 3 Sans profession -
CLEMENT Pauline - 35 Sans profession -
CLEMENT Charles - 15 Sans profession -
CLEMENT Alida - 19 Sans profession -
CLEMENT Henri - 10 Sans profession -
CLEMENT André - 8 Sans profession -
CLEMENT Pauline - 6 Sans profession -
CLEMENT François - 4 Sans profession -
CLEMENT Paul - 2 Sans profession -
CLEMENT Raymonde - 1 Sans profession -
CLEMENT Raymond - 4 mois Sans profession -

 

 

Nimes (Gard) -

NOM Prénoms Situation familiale Age Profession Domicile actuel
BAILLY - Née Herbert 30 Journalière -
BAILLY Louis - 12 Sans profession -
BAILLY Robert - 7 Sans profession -
BAILLY Marcelle - 4 Sans profession -
BOUREZ Adélaïde née Hébert 34 Journalière -
BOUREZ Héléna - 14 Sans profession -
BOUREZ Charles - 11 Sans profession -
BOUREZ Marguerite - 9 Sans profession -
BOUREZ Noël - 8 Sans profession -
BOUREZ André - 5 Sans profession -
COMTE Léonie Louise née à Condé sur Escaut 22 Piloutière Sans domicile fixe. Domiciliée à Valenciennes, emmenée en Allemagne puis rapatriée
COPIN Henri - 69 Journalier Assomption
HOLSTEIN Mathilde Adèle - 39 Marchande de journaux Assomption
HESPART Aurélie Rapatriée d'Allemagne 23 Journalière Rue Racine n°8
HESPART enfant - 4,5 ans - Rue Racine n°8
LEDUC Berthe Rapatriée d'Allemagne 17 Ménagère Rue d'Avignon n°6
LAUT Charles Victor né à Denain, veuf Pontonial 60 Marchand de casquettes ambulant non connu
PREVOST Joséphine Rapatriée d'Allemagne 32 Journalière Rue Grizot n°6

 

 

St Laurent d'Aigouze (Gard) 31/05/1916

NOM Prénoms Situation familiale Age Profession Domicile actuel
ROSELLE Lucienne - 20 Journalière Déclaration du 3/04/1915
ROSELLE Noel Julien - 2 - Déclaration du 3/05/1915
BOUTIGNY Louise - 20 Journalière Déclaration du 3/06/1915
BOUTIGNY Henri - 1 - Déclaration du 3/07/1915
BOUTIGNY Auguste - 17 Journalier Déclaration du 3/08/1915
TURBEZ Elise - 23 Journalière Déclaration du 3/09/1915
TURBEZ Arthur Jules - 2 - Déclaration du 3/10/1915
TURBEZ Joseph - 16 Journalière Déclaration du 3/11/1915
JALAIN Jeanne née Turbez 33 Sans profession Déclaration du 3/12/1915
JALAIN Lucien - 14 Sans profession Déclaration du 3/13/1915
JALAIN Jeanne - 8 - Déclaration du 3/14/1915
JALAIN Marie Louise - 6 - Déclaration du 3/15/1915
JALAIN Henri - 3 - Déclaration du 3/16/1915
PLANCHON Lucien - 20 Journalier Déclaration du 23/06/1915
PLANCHON Léon Jules - 2 - Déclaration du 23/07/1915
ANTOINE Louise Veuve, née malaquin 64 Sans profession Déclaration du 03/04/1915
ANTOINE Emile - 15 Journalier Déclaration du 03/05/1915
ANTOINE Fernande - 11 - Déclaration du 03/06/1915
BOUCHER Elise laure Veuve, née Millevieille 53 Journalière Déclaration du 03/07/1915
SIX Henriette - 59 Journalière Déclaration du 03/08/1915
LEGER Sylvie veuve, née Delbois 69 Journalière Déclaration du 03/09/1915
CORNU Louise Veuve, née Gabet 26 Journalière Déclaration du 25/07/1915
CORNU Paul Henri - 3 - Déclaration du 25/07/1915
CORNU Albert - 1 - Déclaration du 25/07/1915
GABET Louisa - 22 Journalière Déclaration du 25/07/1915
HAUTCOEUR Auguste - 64 Journalier Déclaration du 06/03/1916
MORAGE Marie épouse Hautcoeur 64 Journalière Déclaration du 06/03/1916
DONNAY Léontine - 15 Journalière Déclaration du 24/05/1916

 

 

St Ambroix (Gard) 04/1916

NOM Prénoms Situation familiale Age Profession Domicile actuel
BOUQUEAU Julia - 42 - -
BOUQUEAU Louise - 20 - -
BOUQUEAU Marie - 12 - -
BOUQUEAU Jeanne - 15 - -
DOMBRET Emile - 40 - -
DOMBRET Marie - 30 - -
DOMBRET Louise - 19 - -
DOMBRET Lucie - 16 - -
DOMBRET jeanne - 12 - -
DOMBRET Emilie - 8 - -
DOMBRET Robert - 6 - -
DOMBRET Albert - 3 - -
DOMBRET Emilienne - 3 - -
DOMBRET Helena - 1 - -
DOMBRET Emilia - 1 - -
MARIAGE Jeanne - 42 - -
MARIAGE Aurélie - 17 - -
MARIAGE Georges - 9 - -

 

 

St Théodorit (Gard) 26/05/1916

NOM Prénoms Situation familiale Age Profession Domicile actuel
MAGRY Marie née Busigny 28 Sans profession -
MAGRY Alfred - 6 - -
MAGRY Emile - 3 - -
RODRIQUE Angèle née Marcant 35 Sans profession -
RODRIQUE Anna - 11 - -
RODRIQUE Jules - 9 - -
RODRIQUE Germaine - 6 - -
RODRIQUE Maurice - 5 - -
RODRIQUE Gustave - 4 - -
RODRIQUE René - 1 - -

 

 

Uchaud (Gard) 26/05/1916

NOM Prénoms Situation familiale Age Profession Domicile actuel
SILLE Louise mère 38 Sans profession -
SILLE Adolphine - 19 - -
SILLE Alfred - 17 - -
SILLE Kléber - 16 - -
SILLE Romain - 112 - -
SILLE Désiré - 10 - -
SILLE Germaine - 8 - -
SILLE Georges - 6 - -
SILLE Jeanne - 3 - -

 

 

Lardenne (Hte Garonne) 

NOM Prénoms Situation familiale Age Profession Domicile actuel
BAVAY Maria - - Modiste -
BAVAY - mère - - -
DARTIER Renée - - Employée de commerce place St Géry -

 


 

Toulouse 

NOM Prénoms Situation familiale Age Profession Domicile actuel
ADAM Victor Louis - 17 - Lardenne Chemin Savit
ADAM Victoria - 21 - Lardenne Chemin Savit
ADAM Laure jeanne - 13 - Lardenne Chemin Savit
ADAM Kléber Maurice - 5 - Lardenne Chemin Savit
ADAM Eugène - 46 - Lardenne Chemin Savit
ADAM Emilienne - 11 - Lardenne Chemin Savit
ADAM Charles Albert - 14 - Lardenne Chemin Savit
ADAM Carmen Emilie - 7 - Lardenne Chemin Savit
ADAM Adèle - 4 - Lardenne Chemin Savit
ADAM Adèle Eugénie - 10 - Lardenne Chemin Savit
BATAILLE Albertine - 1857 - rue Tolosane 27
BATAILLE Arthur - 1857 - rue Tolosane 27
BATAILLE Eugénie - 1882 Bobineuse rue Tolosane 27
BATAILLE Marie Angèle - 1884 - rue Tolosane 27
BAVAY Angélique - 1870 - Lardennes Toulouse
BAVAY Maria - 1899 Modiste Lardennes Toulouse
BOURGOIN Gaston - 1886 - Toulouse
BOURGOIN Louise - 1891 - Toulouse
DARTIER Marie-Louise - 1895 - Toulouse (Lardenne)
DENAYER Jean - 1897 Employé de commerce Toulouse, rue du Feretras Coopérative
DERUELLE Hippolyte - 1878 - Toulouse, 1 rue St Michel chaudronnerie
DUEZ Maurice - 1892 Traceur 39 rue St Rome (Toulouse)
DUMORTIER Alfred - 1863 Peintre Rue du Port Garaud 17
GRAFSON Alphonse - 1888 Marchand ambulant Avenue patte d'Oie 40
MILOT Angélique - 1884 - rue Tolosane , 7
MILOT Laurent - 1909 - rue Tolosane , 7

 

 

Laverune (Hérault) 02/05/1916

NOM Prénoms Profession Age Adresse à Valenciennes En Bonne Santé
FLAME - Boulangère - Rue de Mons En Bonne Santé
GREF - Limonadière   Rue Honhon En Bonne Santé

 

      Comme à ORNOLAC-USSAT-les-Bains dans l'Ariège, où la liste de 151 noms est précédée d'un résumé de la situation en territoire occupé, l'instituteur de Laverune rassemble les informations données par les réfugiés :

 

Renseignements sur la situation de la commune de 
V A L E N C I E N N E S.- Dépt du NORD
                                           29 Avril 1915

-----------------------------------

 

        Des renseignements que j'ai pu recueillir par Monsieur MARSY, originaire de Valenciennes, il résulte qu'à la date du 29 Avril 1915 :

        1°- Aucun immeuble n'avait été détruit ou incendié. Certains ont été occupés par des soldats.

        2°- La population avait de quoi manger, mais elle était rationnée pour le pain seulement (300 grammes par personne et par jour) les principales denrées n'avaient pas augmentée de prix

        3°- Les habitants d'une façon générale n'étaient pas maltraités. Cependant cette famille a vu les soldats allemands s'introduire par effraction dans une maison bourgeoise, et après avoir chassé le domestique, seul hôte de l'édifice, s'y sont installés.

        4°- les habitants pouvaient circuler librement munis de passeports.

        L'annonce de mauvaises nouvelles se faisaient assez fréquemment. "les Allemands approchait (sic) de Paris, les troupes allemandes ont fait 20.000 prisonniers Russes. On sonnait alors des cloches. Mais Monsieur le maire TAUCHON rassurait la population et lui disait de ne pas croire à ces nouvelles.

        Les voies de communications sont en très bon état mais les édifices publics sont minés. Les soldats ont creusé au dessous du Lycée, de la Gare etc...,

        Les Usines et fabriques ont été réquisitionnées et les hommes restés à Valenciennes étaient occupés aux travaux.

        Les machines agricoles, les autos, les vélos ont été réquisitionnés et envoyés en Allemagne.

        On a pris le cuivre, le zinc.

        Les monnaies avaient conservé leur valeur.

 

Faut à LAVERUNE (Herault)
Le 2 mai 1916
BASSAGET Instituteur
A LAVERUNE
     

 

       Si l'on compare la description avec celle que fait l'instituteur d'ORNOLAC-USSAT-les-Bains en Janvier 1916, la situation en territoire occupé s'y est très dégradée en 6 mois, et le pire est à venir .......

 

 Ce témoignage est à rapprocher de celui qui parait dans le journal "Le Temps" du 10 janvier 1915 :
 

     Une dame, qui a quitté Valenciennes vers le milieu de décembre, a apporté les renseignements suivants sur la situation dans cette ville
     De nombreuses troupes y logent dans les maisons et les casernes : environ 30.000 hommes. La kommandantur est installée à l'hôtel de ville, où se rendent les otages à tour de rôle. La ville a déjà été frappée de 3 millions d'indemnité, une première fois de 2 millions parce qu'on avait trouvé au commissariat de police des exemplaires saisis d'une chanson intitulée «Le Testament de Guillaume» jugée offensante pour le kaiser ; une autre fois d'un million parce que la ville n'avait pas pu fournir la quantité de farine exigée. Toute la population se cotisa pour réunir les sommes nécessaires, les moins fortunés apportant tout ce dont ils pouvaient disposer pour éviter que M.Tauchon, maire, ne fût fusillé suivant la menace des Allemands.

     La vie est calme ; il n'y a guère que des femmes et des enfants, tous les hommes ayant été faits prisonniers, sauf les hommes de métier qui travaillent sous les ordres de l'occupant. A partir de six heures du soir (sept heures en Allemagne), il est interdit d'avoir de la lumière chez soi ; d'ailleurs le gaz ne fonctionne guère que quelques jours par mois.

     L'alimentation est à peu près suffisante on ne mange que du pain bis. Les indigents reçoivent des cartes du bureau de bienfaisance pour participer aux distributions. Les autres particuliers sont également pourvus d'une carte où figure leur nom, avec celui du boulanger où ils doivent s'adresser. Les clients payent leur achat, mais ne peuvent obtenir plus de 350 grammes de pain par jour et par tête. La pain vaut un prix raisonnable 0fr.50 à 0fr.55 les trois livres. Deux moulins seulement fonctionnent, et naturellement sous le contrôle allemand. Les boulangers ne peuvent obtenir qu'une quantité de sacs déterminée par jour, faute de quoi ils sont passibles d'une amende de 6.000 francs par balle de farine trouvée en trop chez eux.

     Il ne reste plus guère de denrées dans les épiceries, ni même dans les maisons particulières, car il a fallu faire un état de toutes ces provisions, et la plupart des maisons ont été visitées. Le lait ne manque pas et vaut 0fr.35 le litre. Les œufs, par contre, sont très chers 5fr.40 le quarteron. La viande est hors de prix 22fr.50 la livre de bœuf de qualité inférieure.

     Le mobilier a été enlevé dans les maisons inhabitées, les chevaux et les voitures ont été réquisitionnés. Aussi, par exemple, pour se procurer de la bière (qui devient rare), il faut aller chercher des tonneaux sur des brouettes.

     Les banques ont été respectées, mais transformées en ambulances. La poste fonctionne, mais pour les Allemands seulement ; un poste de télégraphie sans fil a été installé sur la Grand'Place où, tous les magasins ont été pourvus de mitrailleuses, ainsi que les clochers des églises. Dans l'intérieur de la ville une palissade a été posée le long de la voie ferrée pour éviter la curiosité des habitants et il est défendu d'y stationner.

 

      Les 20 et 22 janvier 1918, la Gazette des Ardennes publiée à destination des habitants des territoires occupés donne sans sa rubrique "Nouvelles Diverses", une liste - non nominative - de près de 4000 civils rapatriés et arrivés à Evian du 10 au 19 janvier :

  • Evian, 12 janvier. - Avant-hier soir 659 rapatriés venant de Valenciennes, Denain, Abscon, Douchy, Marcoing et Hem (Nord), sont arrivés à Evian : ils comprenaient 148 hommes, 310 femmes et 206 enfants.
    Hier matin, un autre convoi a amené 650 rapatriés du Nord, dont 79 hommes, 357 femmes et 214 enfants venant de Denain, Aniche, Valenciennes, Bruay et Anzin.
         Ces divers rapatriés seront dirigés sur le département de l'Hérault.
     
  • Evian, 13 janvier. - Le convoi d'hier soir comprenait 647 rapatriés de Valenciennes, Denain, Saint-Saulve; Auby, Le Cateau, Masnières, Catillon, Rumilly, Villers-Faucon, Dompierre, Péronne, Saint-Quentin, Homblières, Vendin-le-Vieil, Harnes et Oignies qui iront à Annemasse.
     
  • Evian, 14 janvier. -Un convoi a amené, hier matin, 650 rapatriés du Nord, dont 79 hommes, 357 femmes et 214 enfants, venant de Denain, Aniche, Valenciennes, Bruay et Anzin.
         Ces rapatriés seront dirigés sur le département de l'Hérault.
     
  • Evian, 15 janvier. - 652 rapatriés sont arrivés vendredi soir qui venaient du Nord, (Marly, Valenciennes, Bruay, Préseau et Anzin) comprenant 151 hommes, 313 femmes et 188 enfants.
     
         Le convoi d'hier matin comprenait 652 rapatriés, dont 124 hommess 278 femmes et 250 enfants, Venant de Denain, Valenciennes et Préseau (Nord) ; de Saint-Léger et Frémicourt (Pas-de-Calais)
     
  • Convoi de samedi soir [12 janvier],  647 : 209 hommes, 292 femmes et 146 enfants venant de Valenciennes, Denain, Auby, Dompierre et le Cateau (Nord); de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) et de Saint-Quentin.
                  ainsi que d'autres voir ci-dessous

    Au début on ignore la source de ces données, la prise en charge des rapatriés par l'Allemagne cessant lors de leur arrivée à la frontière germano-suisse en direction de Schaffouse, il ne pouvait s'agir que d'informations parues dans la presse française et reprises par la Gazette, et effectivement le 23 janvier la Gazette cite ses sources : le journal "Le Temps" (du Vendredi 18 janvier) dont je reproduis l'article ci-dessous, moins comme une preuve que parce que la qualité de numérisation est meilleure :

Le temps 19180118

 

 A noter les 122 internés civils venant de Suisse, sans autre précision.

27 juin 2018

01-Soldats français inhumés dans l'actuel carré militaire St Roch : de ABRAHAM à BERNARD

 

◄ De TAILLANT à ZENATI

ABRAHAM Adolphe
ADDE Louis Alfred
ALI BEN EL HADJI BEN AOUDA
ARQUEY Barthélemy Augustin
AUGE André Léopold Joseph
AURECHE Marius Urbain
BAILLEUL Charles Augustin
BARRÉ Pierre Marie
BENZERGUA OULD BOUCHENTOUF
BERNARD Henri Gabriel

De BERSON à CARPENTIER ►

 

La migration du blog vers le https a fait perdre les liens initiaux vers les photos ;
je les remets au fur et à mesure, elles figurent toutes

dans cet album.

 


 

Tombe n° 304

ABRAHAM Adolphe
Soldat 21e R.I.T
Mort pour la France le 24-8-1914

 

ABRAHAM Adolphe Joseph, né le 9/10/1875 à Thiédeville -maintenant Val-de-Saône- (actuelle Seine Maritime) de Léonard Adolphe et JOUENNE Sophronie Désirée. Classe 1895 matricule 1838, il est ajourné pour être finalement incorporé au 94e RI en 1898, puis effectue deux périodes au 39e RI puis une au 21e RIT. Mobilisé le 4 août 1914 dans ce dernier régiment, il décède à Orchies (Nord) le 25 août 1914 selon son état des services et sa fiche Mémoire des Hommes.

    La ville d'Orchies ayant été incendiée par représailles en septembre de la même année (voir sur ce même blog La destruction d'Orchies, les registres d'état civils du mois d'août ont été détruits, ne subsistent que de rares reconstitutions (loi du 15/12/1923) à l'aide de copies envoyées aux mairies et retrouvées. Le seul acte de décès établi le 25/08 est celui d'un inconnu, décédé 22 rue des casernes (actuelle rue Gaston Leroy), à l’hôpital ambulance, comme par exemple Louis PRIÉ, autre soldat du 21e RIT, reconnu par sa plaque d'identité.

Le 21e régiment d'infanterie territoriale faisait partie du très mince rideau de forces alliées qui ont dû faire face aux armés allemandes arrivant par la Belgique malgré sa neutralité.

     L'historique du régiment est laconique sur ces journées  :

Histo21

    Mais le Journal de Marches et Opérations décrit les journées plus en détail, insistant sur la totale désorganisation (qui aura un écho en mai 1940).
Carte des armées en présence, sachant que les alliés à l'est reculent déjà  :

82DT
(site : https://www.carto1418.fr/)

Son nom figure au monument aux morts de Criel-sur-Mer.

  Deux demandes conjointes ont été déposées auprès du site Sépulture de Guerre et du Pole des Sépultures pour que la date de décès soit modifiée (25/8 et non 24). 

 


Tombe n° 268 :


ADDE Louis
Soldat au 26e R.I.T.
Mort pour la France le 24-8-1914

 

ADDE Louis Alfred né le 7 octobre 1876 à St-Calais-du-Désert (Mayenne) de Jean et VANNIER Philomène. Classe 1896, matricule 456, il effectue au 130e RI une année de service militaire (ayant déjà un frère au service) puis deux période réglementaires en 1903 et 1906, et passe dans la territoriale en 1910. Il est rappelé à la déclaration de guerre, affecté le 4/8/1914 à 38 ans au 26e régiment d'infanterie territoriale. Il sera tué à Crespin (Nord) en défendant la frontière avec ceux de la 84e Division d'infanterie territoriale devant le 1er corps d'armée allemand qui vient d'envahir la Belgique pourtant neutre (voir par exemple ICI).
Inhumé d'abord à Crespin, son nom figure dans la liste n°5 du Docteur Allée, médecin au 26e RIT, et dans le registre de décès de Crépin spécialement établi pour les soldats tués ce jour-là :
     "Le 24 Août 1914 à 10h du matin, Adde Louis, soldat au 26e RIT, domicilié chez sa mère à Couptrain (Mayenne) est décédé à Crespin"
Il sera réhinumé à Valenciennes lors de la création après-guerre du carré militaire.
Son nom figure dans la Gazette des Ardennes n° 206 du 11/06/1916, dans une liste qui a servi de base au CICR.
Il est inscrit au monument aux morts de Cormeilles-en-Parisis (Val d'Oise, où il résidait depuis 1909) comme on peut le voir sur la photo issue de ce site :

 

 


 

Tombe n° 288 :


ALI BEN EL AOUDA
6e Tir.
Mort pour la France le 22-02-1919

 

Voir  ICI


Tombe n°292 :


ARQUEY Barthelemy
Soldat au 3e escadron du train
Mort pour la France le 08/03/1919

 

ARQUEY Barthélemy Augustin né le 13 octobre 1897 à Pompéjac (Gironde) de Jean et SENSEY Marie. Classe 1917 mais recensé par anticipation en 1915, il est ajourné puis classé service auxiliaire en mai 1917. Incorporé en septembre au 7e régiment d'infanterie coloniale, il passe au 144e RI en février 1918, au 8e escadron du train en avril et enfin au 3e escadron du train en juin.
Il décède le 8 mars 1919 à l’Hôtel-Dieu de Valenciennes de tuberculose pulmonaire "au cours des opérations militaires" précise sa fiche mémoire des hommes. Son acte de décès à Valenciennes porte la mention "Mort pour la France" Ministère des Pensions, 13 août 1924.

Son nom figure au monument aux morts de Pompéjac.


 


Tombe n° 277 :


AUGE André
Soldat au 1er Régiment Mixte Colonial 1ère Div. Maroc
Mort pour la France le 22/12/1914

 

AUGE André Léopold Joseph né le 16 octobre 1882 à Alban (Tarn) d'André et GALTIER Marie. Classe 1902, il est incorporé au 96e RI le 16/11/1903. Caporal tambour en septembre 1905, il termine son service à l'issue des 3 ans puis effectue 2 périodes d'exercices en 1910 et 1912 au 15e RI.
Rappelé le 3 août 1914, il passe au dépôt des Isolés Coloniaux (6e bataillon) le 9 novembre 1914. Blessé le le 18 décembre à Mametz (Somme), il décède le 22/12/1914 à l'hôpital militarisé de Valenciennes. Inhumé au cimetière d'honneur (Ehrenfriedhof), tombe A, cercueil 21.

On pourra lire dans le JMO du 1er RMIC le récit détaillés des combats de Mametz à partir de cette page
L'assaut de la cote 110 y est amplement décrit et illustré.

mametz

Comme toujours en pareil cas, il apparaît dans les relevés du CICR, mais il ne semble pas que la famille ait entamé des recherches,

6458

6947

ainsi que dans la Gazette des Ardennes  N°389 du 2/04/1917, qui n'était pas disponible en France libre !

GDA 389 19170429

Son nom figure au monument aux morts d'Alban.

 Une demande a été déposée auprès du site Mémoire des Hommes pour que la date de naissance soit ajoutée dans la transcription.

 


Tombe n° 299 :


AURECHE Marius
Soldat 26e R.I.T.
Mort pour la France le 24/08/1914

 

AURECHE Marius Urbain né le 10/01/1875 à Nîmes (Gard) de Jean Louis et FRAISSE Antoinette. Classe 1895 matricule 1257 au recrutement de la Seine 3e bureau (il habitait alors dans le 14e arrondissement de Paris). Son Etat Signalétique et des Services est absent dans l'indexation qui a été réalisée aux AD75, sans accès au registre lui-même. J'ai cependant obtenu la page manquante (merci à Monique D.) :
Dispensé article 23 comme élève diplômé de l'école nationale des arts et métiers d'Aix, (il est cependant absent des annuaires des A&M) il effectue un an au 102e RI, libéré en 1897, il part comme dessinateur industriel l'année suivante en Russie à Makeevka dit "en territoire des cosaques du Don" actuellement Ukraine. Rentré en 1900, il repart pour Kharkov puis Dusseldorf avant de s'installer à Paris définitivement. Il accomplit 3 périodes d'instruction au 102e RI et passe dans la territoriale en 1909.

Il est soldat au 26e Régiment d'Infanterie Territoriale lorsqu'il est tué le 24 Août 1914 à Vieux-Condé, Rue Castiau, (acte de décès établi en mairie) en tentant de défendre la frontière face à la première armée allemande qui vient de traverser la Belgique, neutre, donc réputée inviolable, tandis que le Corps Expéditionnaire Britannique recule.

carto19140824
(extrait de la carte du jour sur le site carto14-18)

Il y est probablement inhumé jusqu'après la guerre lorsqu'est créé le carré militaire de Valenciennes.
Son nom figure au livre d'or du 14e arrondissement de Paris :

LO Paris14Mais il est absent du Monument aux morts (virtuel)de la ville de Paris ......

 2 demandes distinctes ont été déposées auprès des archives de la ville de Paris pour l'ESS et le monument virtuel.

 


Tombe n° 302 :


BAILLEUL Charles
Soldat 21e RIT
Mort pour la France le 24-8-1914

 

BAILLEUL Charles Augustin né à Rouen le 3 janvier 1877, de Benoit et BERTHELOT Maria. Classe 1897 matricule 1745, initialement ajourné il est incorporé en 1900 au 45e RI. Après deux périodes d'exercices au 39e RI, il est rappelé au 21eRégiment d'infanterie territoriale le 3 août 1914. Il est tué à Orchies le 24 août 1914, comme en témoigne la transcription de l'acte de décès établi à Orchies, mais qui a été détruit lors de l'incendie de la ville ordonné le 25/09/1914 par Von Mehring. Voir sur ce blog. Cependant la mairie avait eu le temps de transmettre l'information le 6 septembre avant que le front ne se referme. Cette transcription du 3 octobre 1914 à Fontaine-la-Sorêt est disponible aux archives départementales de l'Eure :

     Le 25 août 1914 à six heures et demi du matin nous avons constaté dans le champ situé derrière la maison habité par M. Cordonnier, faubourg de Douai, qu'un soldat du 21e régiment territorial d'infanterie en garnison à Rouen, porteur d'un livret militaire au nom de Bailleul Charles Augustin, né le 3/01/1877 fils de feu Benoit Arthur et de Maria Elise Berthelot est décédé hier, lors de l'entrée des allemands à Orchies. Dressé le 26 août 1914 (... ...) L'acte de décès ci-dessus a été transcrit le trois octobre 1914 après réception de M. le chef de bataillon commandant le dépôt du 39e RI à Rouen (...)

Voir pour les combats d'Orchies le cas de ABRAHAM Adolphe ci-dessus.

Comme souvent, la famille privée d'information, tente -quand elle est en zone libre- une requête auprès du CICR (celle-ci n'a pas abouti, seules les demandes d'information sont reportées) :

fiche CICR

Son nom figure au Monument aux morts de Fontaine-la-Sorêt :

Source: Externe
Photo by Giogo - Own work, CC BY-SA 3.0

Ainsi que sur celui de l'arrondissement de Bernay.

 Une demande de rectification de la date de décès (24 et non 25/8/1914) a été déposée auprès du site Mémoire des Hommes.

 


Tombe n° 296 :


BARRE Pierre
Soldat 7e RIT
Mort pour la France 2-6-1918

 

BARRÉ Pierre Marie né le 28 février 1884 à Augan (Morbihan) de Mathurin et DRUAIS Rose. Matricule 1684 (et non 221  comme indiqué sur sa fiche Mémoire des Hommes) au recrutement de Vannes, il effectue son service au 42e RI de 1905 à 1907. Après 2 périodes d'exercice au 5e Régiment d'infanterie coloniale, il est rappelé à l'activité le 1er août 1914 au 41e RI, puis passe au 7e RI, 3eme bataillon, 9e compagnie le 22/05/1917. Il décède à Valenciennes le 2/06/1918 d'une blessure à la cuisse reçue dans les jours qui précèdent.
L'information sur sa blessure est succincte, mais le 7e RI était engagé depuis le 30 mai (date avant laquelle il était en cantonnement depuis un mois) dans de lourds combats dans la région de Tigny (Aisne), la 9e compagnie est aux avant-postes :

combats
Source JMO du 7e RI, site Mémoire des Hommes

Il figure deux fois dans les registres du CICR, sur une liste de décès

dc 11208


et dans le registre du camp de Limburg an der Lahn (Hesse) qu'il n'a bien entendu jamais atteint :

dc 12180

En 1918 l'autorité allemande ne communiquait plus à la mairie de Valenciennes les informations concernant les soldats décédés sur le territoire de la commune, il faudra un jugement du tribunal de Ploërmel du 10/11/1921 pour que le décès soit inscrit au registre d'Augan le 2/12.

Son nom figure au nouveau monument d'Augan :

MaM Augan

  La double indexation étant possible sur le site MdH, j'ai précisé l'inversion corps/recrutement concernant le n° matricule.

 


 

Tombe n° 214 :


BENZERGUA OULD BOUCHENTOUF
6e Tir. Alg.
Mort pour la France le 3-3-1919

 

BENZERGUA OULD BOUCHENTOUF  (écrit BENZERGA sur sa fiche MDH) et possiblement BOU CHENTOUF. Né en 1896 (à moins que ce ne soit la classe -1916, matricule 839- qui ait défini cette date, bien que dit "agé de 25 ans" sur son acte de décès) à El Bordj département d'Oran (Algérie) selon cette même fiche MDH.
Comme toujours les informations manquent, les archives d'outre-mer sont incomplètes, l'acte de décès précise qu'il est mort à l'hopital général de Valenciennes, sa fiche MdH de tuberculose pulmonaire aiguë.
Copie de l'acte de décès a été adressé à Tircine, municipalité de Saïda, département d'Oran.

Le 6e régiment "de marche" de Tirailleurs Algériens (ex 3e régiment mixte de zouaves depuis mai 1918) a été dirigé sur Valenciennes le 24 Janvier 1919, il y relève à partir du 27 le 165e RI parti pour la garde sur le Rhin. Les bataillons sont affectés essentiellement à la surveillance frontalière et au service de place ; relevé le 1er avril par le 127e RI, une partie sera cantonnée dans l'ancien lycée rue Ferrand :

 

Lycee 1918
Source : Bibliothèque municipale de Valenciennes

   La double indexation étant possible sur le site MdH, j'ai précisé le lieu de transcription : Tircine.


 

Tombe n° 247 :

 

BERNARD Gabriel
Soldat 167e R.I.
Mort pour la France 18-10-1917

 

BERNARD Henri Gabriel né le 16 avril 1884 à Simandre (Saône-et-Loire) de Henri François et PUGET Marie Joséphine. Matricule 1254 classe 1904 recrutement de Lons-le-Saunier. Engagé volontaire en janvier 1903 au 44e RI pour 4 ans, soldat cordonnier (sa profession) libéré en 1907. En 1908 il est commissionné dans le même poste au 56e RI et libéré en 1909.

Rappelé lors de la mobilisation et passé au 167e RI le 31 juillet 1915, il tombe aux mains de l'ennemi à Fleury (Meuse) le 11/07/1916. Cette journée - et d'autres hélas !- a été terrible pour le 1-6-7 : pertes pour ce seul jour 1497

JMO 167 p282
Extrait du JMO du 167e RI
Cliquer ICI pour le début des opérations du jour

 

FleuryCarte des opérations

 

Sa fiche du CICR le donne téléphoniste dans la Compagnie Hors Rang du 167e RI, interné à Doeberitz venant de Giessen (liste en date du 20/02/1917)

Liste54499

Il est cependant déclaré décédé au lazaret bavarois de Valenciennes ("en captivité") le 18 octobre 1917, inhumé dans le cimetière militaire St Roch, tombe 996, puis transféré le 17/11/1923 à l'emplacement actuel du carré français. Comme pour d'autres cas, il est difficile de comprendre le rapatriement depuis un camp de prisonnier vers un hôpital de l'arrière, d'autant que cette fois il s'écoule plus d'un an entre capture et décès, et qu'il est difficile de croire à une erreur administrative dans la gestion des camps de prisonniers ......
     Il ne figure pas dans les registres de décès de Valenciennes, mais c'est à partir d'Août 1917 que l'occupant n'a plus transmis les décès en mairie.

Son nom figure au monument aux morts style Arts Déco, quai Gambetta à Chalon-sur-Saône :

MaM Chalon
voir la photo sur wikipedia

 Une demande de rectification a été déposée auprès du pôle sépultures de guerre pour la rectification du prénom.

 

 

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ABRAHAM Adolphe
ADDE Louis Alfred
ALI BEN EL HADJI BEN AOUDA
ARQUEY Barthélemy Augustin
AUGE André Léopold Joseph
AURECHE Marius Urbain
BAILLEUL Charles Augustin
BARRÉ Pierre Marie
BENZERGUA OULD BOUCHENTOUF
BERNARD Henri Gabriel

De BERSON à CARPENTIER ►
27 juin 2018

04-Soldats français inhumés dans l'actuel carré militaire St Roch : de FERRAND à GRICH

 

◄ De CASTELAIN à FAVERGEON

FERRAND Léon Eugène
FOUQUÉ Florent Jean Marie
FRANQUET Emile Alexandre Amédée
GAUDRAN ou A. GUNDRAU
GERVOISE Elie Désiré
GOUHIER René Georges
GOUMENT Gaston Marcel
GRENET Barthélémy Edouard
GRENON Fernand
GRICH Addah

De GROFFOS à LEGRAND E. ►

 

La migration du blog vers le https a fait perdre les liens initiaux vers les photos ;
 je les remets au fur et à mesure,
 elles figurent toutes
dans cet album.

 

Tombe n° 264 :

FERRAND Eugène
Caporal 16e R.I.T.
Mort pour la France le 7-9-1914

 

FERRAND Léon Eugène né le 23/02/1878 à Montrouge (Seine) de Eugène Jean François et PIQUET Emélie Amandine. Matricule 913 classe 1898 il est incorporé le 15/11/1899 au 25e RI. nommé caporal en 1900, libéré en 1902, il accomplit deux périodes au 120e RI en 1905 et 1908.
Rappelé au 16e RIT lors de la mobilisation, il est porté disparu le 3/10/1914 à Courcelles-le-Comte (Pas-de-Calais). Voir le Journal de Marches et opérationsdu régiment pour les combats de Courcelles.
Décédé de ses blessures à l'hopital tenu au collège Notre-Dame rue des Capucins à Valenciennes le 7 octobre 1914, il est inhumé au cimetière St Roch, tombe commune, cercueil 11, avant la création de l'actuel carré militaire en 1923.

Plaque cimetière allemand
Cliquer pour accéder à la plaque de 1914

Comme toujours en pareil cas, la famille, qui n'a pas de nouvelles, s'adresse à la croix-rouge depuis la zone libre :

fiche cicr

 C'est en 1917 que l'annonce, au vu du document allemand leur sera faite :

DC7031

Son nom figure sur le livre d'or de Pantin dont le monument au cimetière communal porte cette seule inscription :

"LA PAIX GARDE EN SON LIVRE D'OR LES NOMS DE CEUX QUI SONT MORTS POUR ELLE"
     Une demande a été conjointement déposée auprès des sites Sépultures de Guerre et du Pôle des sépultures pour la mise à jour de la date de décès.
 

Tombe n° 226 :

 

FOUQUET Florent
26e R.I.T.
Mort pour la France en 1914-1918

 

FOUQUÉ Florent Jean Marie né le 10/06/1875 à Vieuvy (Mayenne) de Florent et LAMBERT Virginie. Matricule 452 classe 1895, dispensé comme ainé de 7 enfants, il effectue un an de service au 130e RI en 1896-97, ainsi qu'une période en 1905 et une seconde au 26e RI en 1910.

Rappelé à l'activité au 26e Régiment d'Infanterie Territoriale à la mobilisation, il est tué "à l'ennemi" à Crespin (Nord) le 24 août 1914 alors que le régiment tente -avec d'autres forces en nombre très insuffisant- de contenir la première armée allemande qui vient de traverser la Belgique, pourtant neutre. Voir le cas de PREVERT sur ce blog

Comme toujours en pareil cas, les proches tentent une recherche depuis la France libre auprès du CICR : il existe deux fiches, l'une au nom de FOUQUET, renvoyant à une liste de Gazette des Ardennes du 11/06/1916, l'autre à celui de FOUQUÉ sans référence :

F Fouqué


Il est inhumé à Crespin avant d'être transféré dans l'actuel carré militaire du cimetière St-Roch créé en 1923.
Son nom figure au monument aux morts d'Hercé :

MaM Hercé

 Une demande de rectification du nom et de la date de naissance a été déposée auprès du site des Sépultures de guerre.
 Une demande de rectification du nom a été déposée auprès du pôle des Sépultures.

 


Tombe n° 217 :

 

FRANQUET Emile
Sergent-Major 26e RIT
Mort pour la France 26-8-1914

 

FRANQUET Emile Alexandre Amédée né le 31/07/1876 à Paris (13e) de Napoléon Amédée Émile et RENAUX Alexandrine Elvire. Matricule 1148 classe 1896 au recrutement de la Seine (3e bureau), il effectue un service de 3 ans de 1897 à 1900 au 94e RI durant lequel il passe successivement caporal, sergent puis sergent-fourrier il effectue ensuite 2 périodes au 103e RI en 1903 et 1906, puis une dernière au 130e en 1912, à l'issue de laquelle il est nommé sergent-major.
Rappelé au 26e RIT à la mobilisation, il est porté disparu le 26 août 1914 à Crespin (Nord) alors que le régiment tente -avec d'autres forces en nombre très insuffisant- de contenir la première armée allemande qui vient de traverser la Belgique, pourtant neutre. Voir le cas de PREVERT sur ce blog.

Son état des services le déclare Mort pour la France "antérieurement au 11/06/1916 et inhumé au cimetière de Crespin". Il a fallu en fait attendre la publication d'une liste dans la Gazette des Ardennes du 11/06/1916 pour avoir indication de son décès, l'acte ayant été rédigé à Crespin, en zone occuppée jusqu'en novembre 1918. Les informations de ce type paraissant dans le journal de propagande se sont toujours révélés fiables.

    En attendant la famille s'était adressée à la croix-rouge qui ne disposera que de la même information, qui ne pouvait être connue en zone libre, la gazette y étant prohibée.

Fiche Franquet

Malgré la disponibilité de l'acte de décès après l'armistice, un jugement sera émis par le tribunal de la Seine en 1919 et transcrit à Paris 20e le 17/02/1920....

Son nom figure au Mémorial parisien de la Grande Guerre ainsi qu'au monument aux morts de Cachan (Val-de-Marne) où son acte de décès situe sa résidence.

 


Tombe n° 244 :

 

GAUDRAN ou A. GUNDRAU
sergent 61e RI
Mort pour la France 15-7-1915

 

GAUDRAN ou A. GUNDRAU : pourquoi cette hésitation sur le nom quand on a la date de décès et le régiment, d'autant que l'acte de décès en mairie de Valenciennes précise Alphonse Gundran, sergent à la 8e compagnie du 61e Chasseurs Français (sic) décédé à l'ambulance du Lycée Henri Wallon, place de la République. En fait on ne sait si l'information provient des papiers de l'intéressé ou d'une transmission orale prêtant à confusion, et cette ambigüité est confortée par les documents du CICR où au et an sont souvent associés ; une fiche renvoie vers deux pages de registre qui ajoutent à la confusion :

fiche

DC2816
GANDRAU Alphonse

DC2983
GAUDRAU Alfons

Les deux confirment clairement le décès le 15/07/1915 par péritonite (Bauchfellentzündung) d'un sergent du 61e bataillon de chasseurs blessé par [éclat] de projectile d'artillerie dans la région lombaire droite (rechte Lendengegend) à l'hopital d'étape de la 6e armée situé à Valenciennes, ville principale de l'étape (E.H.O.), et inhumé (beerdigt) à Valenciennes
Un renseignement supplémentaire apparaît : geboren (né) 1887 Troyes (Champagne). Cependant aucun nom ne correspond dans les tables décennales 1883-92. (information qui n'aurait pas été transmise de l'hôpital vers la mairie ?)

Cependant en parcourant les registres de décès sans avoir de fiche de référence on trouve la preuve d'une inhumation dans le cimetière d'honneur allemand, Tome commune B avec cercueil n°35 au nom de GOUDRAU Alfonse :

dc7050

GAUDRAN ou A. GUNDRAU ou GANDRAU Alphonse ou GAUDRAU Alfons ou GOUDRAU Alfonse : 5 versions pour un même soldat ! On peut étendre la recherche à des noms phonétiquement voisins sur la base d'une prononciation gutturale, (Coudrau, Goudron sans plus de succès) ou en acceptant de modifier ou de perdre une information, mais rien de concluant pour autant.

Je ne dispose pour l'instant que d'une seule hypothèse sérieuse
que je développerai si aucune autre information n'apparait .

 En tout état de cause et au vu de l'acte de décès, une demande de rectification a été formulée auprès du site sépulture de guerre et du pôle des sépultures.

 


Tombe n° 271 :

 

GERVOISE Elie
Mort pour la France en 1914-1918

 

GERVOISE Elie Désiré né le 25 août 1876 à Paris 15e de Edouard Joseph et PERDRIAT Jeanne Françoise. Matricule 1454 classe 1896, centre de Paris 3e bureau, il effectue un service militaire de 3 ans au 67e RI de 1897 à 1900 suivi de 3 périodes au 26e RI en 1903 puis au 130E RI en 1906 et 1912. Rappelé à l'activité en Août 1914 au 26e RIT qu'il rejoint le 5, il sera tué le 24 août 1914 à Crespin alors que le régiment tente -avec d'autres forces en nombre très insuffisant- de contenir la première armée allemande qui vient de traverser la Belgique, pourtant neutre. Voir le cas de PREVERT sur ce blog.

     Sans nouvelle, la famille qui réside en zone libre s'adresse à la croix-rouge : 2 fiches de recherches (et une 3e plus classique) reprennent les renseignement fournis par la famille et la même référence, celle d'une liste parue dans la Gazette des Ardennes N°206 du 11/06/1916.

fiche2  fiche3


Ce n'est qu'en août 1916 que la famille sera prévenue. Bien qu'il existe un acte de décès à Crespin qui restera en zone occupée donc inaccessible jusqu'à l'armistice, la famille obtiendra un jugement le 20 juillet 1917, transcrit le 24/09/1917 à Paris-15e, déclarant constant le décès.

Son nom figure sur la plaque de l'ancien abattoir de Vaugirard :

MBV
Merci à Michev pour la photo

     Une demande a été conjointement déposée auprès des sites SdG et Pole des sépultures pour la mise à jour de la date de décès.
  Une double transcrition a été réalisée auprès du site MDH pour la rectification de la date de transcription du jugement de décès.

 


Tombe n° 278 :

 

GOUHIER René
Soldat 126e RI
Mort pour la France le 1-10-1915

 

GOUHIER René Georges né le 9 juillet 1897 à Bézu St-Eloi (Eure) de Victor Ernest Alfred et VIELLE Léontine Désirée. Soldat au 126e RI, 1er bataillon, 1ère Compagnie, classe 1917 matricule 5094 (Seine 4e Bureau). En réalité il est "de la classe 1914" car il s'est engagé à 17 ans, pour la durée de la guerre, le 7 septembre 1914 à Paris (12e) au 126e RI. Il est porté disparu le 25 septembre 1914 à Neuville-St-Vaast (Pas-de-Calais). Le régiment prend part à cette date à une attaque dans le secteur de Thélus.

Il est décédé le 1/10/1915 à l'hôpital d'étape de la 6e Armée situé au Lycée Henri Wallon, place de la République à Valenciennes.

Les archives du CICR disposent de plusieurs fiches à son nom, dont deux font référence à un soldat présumé anglais (référence PA). N'ayant pas été évacué vers le camp de Wahn (mention d'ailleurs biffée sur la fiche MdH), c'est, malgré son nom sur une liste à en-tête du camp, à Valenciennes que la totalité de la captivité s'est déroulée. On apprend à la lecture des registres que le décès est dû à un empoisonnements du sang consécutif à la perforation du poumon par une balle.


Le document le plus détaillé énumère la liste des objets personnels qui seront restitués à la famille qui sera prévenue le 29/2 ou le 17/4/1916.

Fiche R

Il est inhumé dans le cimetière d'honneur édifié par les Allemands, tombe B, cercueil 41, avant d'être déplacé dans l'actuel carré militaire édifié en 1923.

Curieusement, l'acte de décès enregistré à Valenciennes en 1915, et resté inaccessible à la famille (en zone libre) jusqu'à l'armistice, ne semble pas avoir été pris en compte : il a fallu un jugement du tribunal de la Seine en décembre 1920 pour déclarer ce décès constant.

Son état des service fait état de deux décorations :
La médaille militaire à titre posthume et la croix de guerre avec étoile d'argent.

JO 19230104 bis

Son nom figure au monument aux morts de Montreuil (Seine St-Denis)

 


Tombe n° 291 :

 

GOUMENT Gaston
Soldat 5e Génie
Mort pour la France en 1914-1918

 

GOUMENT Gaston Marcel, né le 14 septembre 1897 (et non le 4 comme indiqué sur son état des services et  sa fiche MDH) à Bretteville (du-Grand-Caux, Seine-Inférieure) de François Georges et MARICAL Alphonsine Amélie. Matricule 1449 classe 1917 au Havre, il est incorporé par anticipation le 10/01/1916 au 5e régiment de Génie, composé de "sapeurs du chemin de fer" affectés aux :

  • Missions d'avant-garde et d'arrière-garde.
  • Constructions de lignes nouvelles (lignes stratégiques), déviations, voies d'A. L. G. P. et de raccordements militaires, création, amélioration, agrandissement de gares.
  • Constructions d'embranchements particuliers pour les divers services : Artillerie, génie, intendance, « aviation », service de santé, service des routes.
  • Réparation d'ouvrages d'art détruits et construction d'ouvrages d'art neufs.
  • Exploitation et entretien de lignes préexistantes ou de lignes nouvelles.
  • A ce rôle de la guerre s'est ajouté, dès l'armistice, le travail considérable de remise en état des voies ferrées dans les régions libérées, où l'ennemi les avait, avant sa retraite, presque complètement détruites.

 C'est dans ce dernier cadre que l'on retrouve ces soldats dans le Valenciennois. 3 y sont décédés en 1919.

Gaston GOUMENT décède à 7h du matin le 09/03/1919 à l'Hopital Général de Valenciennes de broncho-pneumonie grippale (grippe dite espagnole). Son décès est enregistré à Valenciennes où il est inhumé.

Son nom figure (écrit GOUEMENT) sur le Mémorial aux Morts à l'intérieur de l'église de Bretteville du Grand Caux et est gravé "GOUMENT M." sur le monument aux morts de cette commune.

  Une demande a été déposée auprès du site Sépultures de Guerres pour mise à jour de sa date de décès.
  Une demande a été déposée auprès du Pole des Sépultures pour inscription de sa date de décès.

 


 

Tombe n° 301 :

 

GRENET Barthélémy
Soldat 21e R.I.T
Mort pour la France le 24-8-1914

 

GRENET Barthélémy Edouard né le 17/02/1874 à Beaubec la Rosière (Seine-Inférieure) de Pierre Alcibiade et LEGRAIN Odile. Matricule 1504 classe 1894 à Rouen, il effectue un service de 3 ans (1895-98) au 36e RI, puis deux périodes en 1901 et 1904 au 39e RI et au 21e RI en 1911. Rappelé au 21e R.I.T. le 4 août 1914, il est tué à Orchies (Nord) le 24 août. Le 21e régiment d'infanterie territoriale faisait partie du très mince rideau de forces alliées opposées aux armées allemandes arrivant par la Belgique malgré sa neutralité.
"La tâche confiée aux Territoriaux était visiblement au-dessus de leurs forces, car le front à garder était immense, et l’extrême nécessité explique seule que le Commandement ait eu recours à un pareil expédient."

Voir le cas de ABRAHAM du 21e RIT pour les combats d'Orchies.


L'acte de décès dressé à Orchies le 26 août n'est plus disponible, la ville ayant été délibérément incendiée par représailles le 27 septembre 1914 sur ordre du Major Von Mehring. Quelques actes ont pu être reconstitués, car la municipalité avait dès le 10 septembre 1914 adressé copie de ces actes à la mairie de résidence, dont celui de Grenet à Beaussault (Seine-Inférieure). Malheureusement, en dépit des recherches effectuées en 1923, celui de Bathélémy Grenet ne sera pas reconstitué.

Il y est dit que "Le 25 août 1914 à 6h30 du matin, nous avons constaté dans le champ situé derrière la maison habitée par monsieur Cordonnier, faubourg de Douai qu'un soldat du 21e RIT en garnison à Rouen, porteur d'une plaque d'identité portant les indications suivantes : Grenet Barthelemy, 1894, Rouen (nord) 1504 est décédé hier lors de l'entrée des Allemands à Orchies"

     Enterré initialement à Orchies, Grenet Barthélémy sera réinhumé au carré militaire St-Roch à Valenciennes lors de la création de celui-ci en 1923.

Son nom figure au monument aux morts de Beaussault :

MaM

 


 

Tombe n° 243 :

 

GRENON Fernand
Soldat 3e Escadron du Train
Mort pour la France le 6-12-1918

 

GRENON Fernand né le 4 février 1886 à Ste-Gemme (Charente-Inférieure) de Jean et BOUTIN Marie. Matricule 1163 classe 1906, classé "service auxiliaire" suite à une ancienne fracture, il est affecté au 14e Bataillon d'Artillerie à Pied pour 2 ans en 1907. Rappelé à l'activité il arrive le 3/08/1914 au régiment d'infanterie de Saintes (6e RI). Il passe au service automobile du 13e Régiment d'artillerie en 1915, au 19e Escadron du Train en 1916, puis au 3e Escadron du Train des Équipages Militaires, convoi automobiles Section TP (transport de personnel) n° 111 le 22/06/1917.

Il décède à l'Hotel-Dieu de Valenciennes le 6/12/1918 de grippe (probablement celle dénommée "espagnole") selon sa fiche MDH.

Il est inhumé à Valenciennes au cimetière St Roch et sera transféré dans le carré militaire lors de sa création en 1923.

Son nom ne semble figurer sur aucun monument aux morts.

 


Tombe n° 212 :

 

GRICH Addah
Soldat 6e Tir.
Mort pour la France le 9-3-1919

 

GRICH Addah "soldat de deuxième classe Matricule 19468 au 6e Régiment de Tirailleurs Algériens, classe 1917 au recrutement d'Alger, est décédé à l'Hopital Général le 11 mars 1919" selon l'acte de décès dressé le 12 à Valenciennes, cause de la mort : grippe, congestion pulmonaire, complication cardiaque selon sa fiche Mémoire des Hommes (grippe de type H1N1 dite "espagnole").

Ce sont les seules informations dont on dispose.
Le "6e tirailleurs" s'est vu confier -selon son historique- des tâches plus modestes que la poursuite de l'ennemi ou l'occupation de la Rhénanie : la mise à disposition des municipalités pour des travaux d'utilité publique dans les régions libérées qui manquent de tout.
Le 6e régiment "de marche" de Tirailleurs Algériens (ex 3e régiment mixte de zouaves depuis mai 1918) a été dirigé sur Valenciennes le 24 Janvier 1919, il y relève à partir du 27 le 165e RI parti pour la garde sur le Rhin. Les bataillons sont affectés essentiellement à la surveillance frontalière et au service de place.

     Une demande a été conjointement déposée auprès du site SdG et du Pole des sépultures pour la mise à jour de la date de décès. (11 et non 9 mars 1919)

 


 

◄ De CASTELAIN à FAVERGEON

FERRAND Léon Eugène
FOUQUÉ Florent Jean Marie
FRANQUET Emile Alexandre Amédée
GAUDRAN ou A. GUNDRAU
GERVOISE Elie Désiré
GOUHIER René Georges
GOUMENT Gaston Marcel
GRENET Barthélémy Edouard
GRENON Fernand
GRICH Addah

De GROFFOS à LEGRAND E. ►

 

27 juin 2018

02-Soldats français inhumés dans l'actuel carré militaire St Roch : de BERSON à CARPENTIER

 

◄ De ABRAHAM à BERNARD

BERSON Isidore Ferdinand
BLAISE Paul Frédéric
BLED Mohamed
RICHARD-BOLLE Louis François Lucien
BOURDA Laurent dit "Lacoste"
BOURGES Isaïe Lucien
BRANTHÔME Georges Louis Clément
CALATAYUD Roberto Raphaël
CAO VAN XUAN
CARPENTIER Alfred Louis

De CASTELAIN à FAVERGEON ►

 

La migration du blog vers le https a fait perdre les liens initiaux vers les photos ;
 je les remets au fur et à mesure,
 elles figurent toutes
dans cet album.

 

Tombe n° 218 :

Source: Externe
BERSON Isidore
Soldat 26e R.I.T.
Mort pour la France le 24-8-1914

 

BERSON Isidore Ferdinand né à Javron (Mayenne) le 17 mars 1874 de Isidore François et RAIMBAULT Marie Joséphine. Matricule 408 classe 1894, il effectue 3 ans de service au 89e régiment d'infanterie. Après deux périodes d'exercices au 130e RI puis une au 36e RI, il est rappelé au 26e Régiment Territorial d'Infanterie le 4 Août 1914. Il est tué à Crespin (Nord) le 24 août 1914 à 10h du matin lorsque son régiment tente de faire face à la 1ère armée allemande qui vient de traverser la Belgique, neutre, et donc réputée inviolable. (Voir le cas de AURECHE ci-dessus). Il est inhumé à Crespin, puis transféré à Valenciennes à l'ouverture en novembre 1923 de l'actuel carré militaire.

Comme souvent en pareil cas, soit que l'information n'était pas parvenue aux familles, soit qu'elles se refusaient à y croire, on trouve deux fiches de recherche au CICR correspondant à la parution du décès dans la Gazette des Ardennes du 11 juin 1916. Espérons que la famille avait été prévenue bien avant.

CICR Berson fiche 2

Son nom figure au monument aux morts qui se trouve dans le cimetière communal de Javron, actuellement Javron-les-Chapelles.

 


Tombe n° 287 :

 

BLAISE Paul
Soldat 26e RI
Mort pour la France le 10-6-1915

BLAISE Paul Frédéric né le 21 mars 1893 à Chanteheux (Meurthe et Moselle) de Eugène et LEGRAS Marie. Matricule 932 classe 1913 au recrutement de Nancy. On ne sait rien de son parcours avant son décès, son Etat Signalétique et des Services ne décrivant rien de ses services. Soldat du 26e RI 2éme compagnie, il est déclaré Mort pour la France le 10 juin 1915 au Lazaret de la 6ème armée allemande (Collège de jeunes filles Boulevard Pater) à Valenciennes ce que confirme l'acte de décès établi en mairie.

Comme toujours, la famille restée sans nouvelle s'adresse à la Croix-Rouge depuis la France libre :

fiche Blaise

Les trois références (de décès) confirment l'information en apportant quelques détails. (Il aurait été dans la 31e compagnie 1ère section, ce qui n'est pas conforme à l'acte de décès, peut-être a-t-il été muté entre-temps).

2665
Ce document révèle sa blessure à la tête

 6329
"Les livrets des soldats décédés suivants et qui avaient déjà été signalés"
ont été reçus du camp de prisonniers de guerre du Ministère bavarois
de la guerre sans plus de détails.
Les registres sont triés par liste.
Lorsque les matricules sont disponibles, ils ont été indiqués.

6961
Inhumé au cimetière d'honneur de Valenciennes,
Tombe "A", cercueil 31.

Le Journal de Marche et Opérations du régiment n'est pas très renseigné sur cette période, mais l'historique rend bien compte de la situation :
     Le 26 février 1915, le 26e RI est embarqué en autos et va relever le 160e RI devant Ypres. Cette fois le régiment tient le secteur du saillant d'Ypres en face de Passchendaele [aux mains des Allemands], et le PC du colonel est à Fortuin (est de saint-Julien). Alors commence une nouvelle période de secteur pendant laquelle le 26e reste alternativement 4 jours aux tranchées et 4 jours au repos (soit en réserve de Division dans les fermes à l'est du canal de l'Yser - ferme Vercruyse - soit en réserve de Corps d'Armée à Westoen).

28b

Son nom figure au monument aux morts de Chanteheux.

 


Tombe n° 213 :

 

BLED Mohamed
Soldat 6e Tir.
Mort Pour la France le 28-2-1919

BLED Mohamed. N'eut été le site Sépultures de Guerre qui le recense on ne saurait rien de plus de ce soldat du 6e Régiment de Tirailleurs Algériens, Classe 1917 matricule 18464 au recrutement d'Oran (Algérie) appartenant à la première compagnie d'après son acte de décès en Mairie qui précise : "décédé à 4 heures du soir à l'Hopital Général".
Il est absent du site Mémoire des Hommes (et n'est donc officiellement ni mort ni non mort pour la France bien que la mention igure sur sa tombe) et son Etat des Services est indisponible comme le précise le site des archives de l'outremer : "Les registres conservés aux Archives nationales d'outre-mer concernent uniquement les personnes disposant du statut de citoyen français au moment de leur recrutement ou celles ayant obtenu ultérieurement la citoyenneté française : les registres concernant les recrues ne disposant pas du statut de citoyen français sont conservés par le Service historique du ministère de la Défense."
C'est donc une recherche groupée qu'il faudrait envisager pour les soldats du 6e RTA.
 Une demande a été déposée auprès du site "Mémoire des Hommes" (et le cas échéant à La Division des Archives des Victimes des Conflits Contemporains à Caen.)

 


Tombe n° 242 :

 

BOLLE Richard
Soldat 417e R.I. ou 13e R.I.
Mort pour la France le 23-12-1918

RICHARD-BOLLE Louis François Lucien. C'est le nom du soldat figurant parmi les Morts pour la France dont les date et lieu de décès coïncident.
Né le 27 janvier 1896 (et non le 2, Acte de naissance en main) à Pouligney dans le Doubs, de François Félicien Richard (garde forestier) et de Marie Jean Appoline CRETIN.
Matricule 2199 classe 1916 au recrutement de Belfort il est ajourné en 1915 (classe anticipée), mais incorporé le 8/8/1916 au 44e RI. Il passe au 273e RI le 5 juin 1917 selon son état signalétique et des services qui termine en le signalant disparu le 12 juin 1918, rayé des contrôles, et décédé à Laversy (Aisne) "avis ministériel du 18/07/1918" - le nom de la commune de l'Aisne étant en réalité Laversine.
Son acte de décès en mairie de Valenciennes est établi au nom de Richard Louis BOLLE, soldat au 13e RI, "prisonnier de guerre rapatrié ( sans autres renseignements), décédé à l'ambulance de l'asile des petites soeurs des pauvres 21 avenue Duchesnois le 23 décembre 1918 à 10h45". A cet endroit ( actuel n° 104 de l'avenue) était établi depuis la libération de la ville la 2e Casualty Clearing Station anglaise restée jusqu'en juillet 1919. (CCS : poste avancé de soins au plus près du front mais en zone sécurisée.)

A noter que le site "Sépulture de guerre" donne le soldat BOLLE Richard au 417e RI.

  • Décembre 1918 est un peu tôt pour un prisonnier de guerre rapatrié, et il n'y a guère d'information dans les archives de la Croix-Rouge, sauf une fiche au nom de BOLLE Louis du 73e RI, mais qui renvoie vers un document de 1917, bien antérieur à sa capture.
    Il s'agit plus probablement d'un prisonnier soigné par les allemands et abandonné lors de leur retraite.
  • Quant au numéro du régiment :
    • le 273e RI assure la défense de Cutry (Meurthe & Moselle)
    • le 13e RI est dans l'Oise (Fretoy le château - Le Tronquoy)
    • Le 417e tient le secteur d'Urvillers (au sud de St Quentin)

      Seul le 73e RI est dans l'Aisne à Laversine - à l'ouest de Soissons- ; pour la seule journée du 12 août 1918, son historique fait état de 28 morts.
       

Son nom figure au monument aux morts de Pouligney ainsi que sur la plaque de l'église.

 Une demande de rectification du nom et du régiment a été déposée auprès du site des Sépultures de guerre.
 Une demande de rectification du nom et du régiment a été déposée auprès du pôle des Sépultures.
 Une demande de rectification de la date de naissance a été déposée auprès du site Mémoire des Hommes.

 


Tombe n° 254 :

 

BOURDA Laurent
Soldat 49e R.I.
Mort pour la France le 16-3-1919

BOURDA Laurent dit "Lacoste" né le 9/09/1898 à Bouillon (Basses-Pyrénées) de Jean et LABORDE Marianne. Matricule 1638 (et non 1618 comme indiqué sur la fiche MdH), classe 1918 appelé par anticipation le 2 mai 1917 au 34e RI. Passé au 49e RI 10e Compagnie le 12 avril 1918, il est porté disparu le 9 juin 1918. Fait prisonnier, il décède à l'Hotel-Dieu de Valenciennes le 16/03/1919 à 1h du matin. Son état des services ne mentionne pas sa détention, cependant une fiche dans les archives du CICR renvoie à une liste établie début novembre. Elle concerne le camp de Soltau, ou ont été regroupés des soldats venant de Rollot, commune la plus méridionale de la Somme, où se trouvait le régiment le 9 juin 1918.

98847
 5a)&b) Gefangennahme (Capture) : Rollot, le 9-6-18,
5c) Vorhergehender Aufenthaltsort (précédemment à) : Front de l'ouest.

 L'historique du régiment donne un aperçu des évènements du 9 juin, dans un style un peu lyrique :

Rollot-Courcelles
carte d'état-major du secteur

     Dans ces combats [précédents], dont cependant il n'est qu'un des acteurs, partout le régiment s'est couvert de gloire. Bientôt, il aura de nouveau à montrer sa valeur ; l'holocauste de Courcelles va venir.
La rage au cœur, l'ennemi arrêté se recueille, et de nouveau c'est la menace ; l'Allemagne a besoin d'en finir.
     Chez nous, nuit et jour, on s'organise et parce qu'il en est le seul artisan, le soldat prend goût à ce secteur dont il connaît la moindre pelletée de terre. Il en sait le secret intime. Il en connaît le jeu de la défense. Aussi l'aube du 9 juin, malgré son infernale et suffocante horreur, ne brisera-t-elle pas cette énergie farouche qui fait des réduits de Courcelles un nouveau Verdun.

     Presque complètement entourés, dès 5 heures du matin, les défenseurs de Courcelles se sont groupés autour du clocher, qui, droit encore, semble symboliser la résistance. Sentant bien tout le prix de la position, l'ennemi s'acharne (1).
Sous une pluie de fer, quatre fois il attaque en masse ; quatre fois il est repoussé par une poignée de braves. Et cependant épuisés, souffrant les pires privations, les hommes ne réclament qu'une chose : « des cartouches ».
Contre un ennemi cinq fois supérieur en nombre ils n'ont pas perdu leur humeur joyeuse ; ils restent confiants dans l'avenir.

Le 11 au matin , la situation déjà critique semble encore s'aggraver.
Dans le bois de Rollot le Boche masse encore des troupes fraîches. On voit même circuler à découvert de l'artillerie.
En grâce, le commandement demande un suprême effort. C'est que la réplique se prépare et que, dans l'ardeur d'un midi triomphant, les gros tanks Schneider vont tracer une de leurs plus belles pages de gloire


(1) Le 9 juin, vers 2 heures du matin, toute la première position reçoit de nombreux obus toxiques, explosifs et fumigènes ; la cote 110 est soumise à un tir d'écrasement de torpilles de gros calibre.
La poussière soulevée par les projectiles, la fumée des obus, les fumigènes, la brume font un nuage d'une opacité complète.
C'est vers 3 h.40 que les Allemands ont dû déclencher leur attaque.
Dissimulés par le nuage couvrant la première ligne, ils ont pu s'approcher du réseau, se tapir contre lui, et de là s'élancer sur les groupes de combat couvrant les mitrailleuses.
La progression ennemie est lente, les groupes des deux premières lignes se défendent avec acharnement.
A 5 h.03, un groupe d'Allemands a pu pénétrer dans Courcelles ; il est capturé ou détruit.
Sur tout le front le contact est pris avec acharnement. L'ennemi cherche sans cesse les points faibles pour s'infiltrer.
A 7 heures, la situation est inchangée, nos contre-attaques rétablissant à chaque instant les positions que nous avons ordre de tenir.
A 11 h.50, l'ennemi semble monter une nouvelle attaque, des infiltrations se produisent à droite dans les éléments voisins.
A 12 h.40, le régiment se trouve complètement en flèche par rapport à ses voisins. Il ne peut donc que s'acharner à tenir sur place, sur la parallèle des réduits. Le bataillon MESQUI se replie sur cette parallèle.

☞ Une rectification du n° matricule a été effectuée auprès du site MdH.

Son nom figure au monument aux morts de Bouillon.

 


Tombe n° 266 :

 

BOURGES Isaïe
Soldat 26e R.I.T.
Mort pour la France le 30-8-1914

BOURGES Isaïe Lucien né le 12/09/1877 à Hardanges (Mayenne) de Augustin François et MOGIS Anne Florentine. Matricule 684 de la classe 1897, il effectue un service militaire de 3 ans au 94e RI ; après 2 période d'exercices au 130e RI en 1905 et 1911, il est rappelé à l'activité au 26e RIT 2ème Compagnie où il arrive le 4/08/1914 et y sera infirmier. Il décède le 30/08/1914 à Valenciennes, à "3 heures du soir, à l'ambulance du collège de Jeunes filles, 8 boulevard Pater". Il est inhumé au cimetière St-Roch, tombe collective cercueil n°5, partie élaborée par l'occupant avant que ne soit créé en 1923 le Carré militaire réservé aux alliés.

plaque cimetière allemand
Cliquer pour accéder à la plaque de 1914


Comme souvent en pareil cas, la famille s'adresse à la Croix-Rouge, l'espérant prisonnier. Il y a plusieurs fiches à son nom, l'une renvoyant à une Gräberlist dressée le 30.5.1917, l'autre à une liste parue dans la Gazette des Ardennes n° 389 du 29.4.1917.

Fiche 1 Fiche 2

6962

Le 30/08/1914, le régiment qui a commencer à reculer face à la pression de  la 1ère armée allemande est à Haspres, dont le nom est déformé sur les fiches, la communication ne passant plus entre France libre et territoires occupés.

Le journal officiel du 08/11/1920 contient sa citation pour la remise de la croix de guerre :

JO 19201108 CGEB

Son nom figure au monument aux morts de Colombiers

 


 

Tombe n° 258 :

BRANTHOME Georges
Caporal 31e B.C.P.
Mort pour la France le 16-2-1919

BRANTHÔME Georges Louis Clément né le 09/04/1894 à La Trimouille (Vienne) de Eugène et NIBODEAU Louise. Matricule 546 (et non 5216 comme indique sur la fiche MdH) classe 1914, il est "incorporé immédiatement et sans délai" (sic) le 3/09/1914 au 31e Bataillon de Chasseurs à Pieds. Après sa formation il part "aux armées" le 12/01/1915.

Il est cité à l'ordre du bataillon le 8 octobre 1915 :
"S'est vaillamment porté en avant, a sauté des premiers dans les tranchées ennemies. Par son entrain et son élan a entraîné ses camarades"

Nommé caporal le 21/03/1916, blessé le 2/04/01916 à Verdun (plaie à la cuisse gauche), il est porté disparu le 29/05/1918 à Branges (Aisne) puis considéré comme prisonnier, rapatrié le 28 janvier 1919 à l'ambulance 3/56 située à la caserne Ronzier de Valenciennes, en observation pour "état général défectueux". Il y décède le 16/02/1919 à 5h30 du matin.

Je n'ai pas trouvé trace d'une fiche à son nom dans les archives du CICR, ce qui signifierait qu'il est resté en territoire occupé depuis sa capture.

Faute d'accès au JMO tant que le site du ministère de la défense est en panne, voici un extrait de l'historique :

Le 27 mai [1918], le Bataillon qui se trouve dans la région Morienval-Fresnoy est alerté et part en camions sous le commandement du Capitaine de Rohan-Chabot. Le Commandant Clayeux, alors en permission, rejoindra le 29.
Débarqué le 28 mai, à Arcy-Sainte-Restitue, il doit aussitôt se déployer : l'ennemi n'est plus qu'à quelques kilomètres. Puis, en réserve de division, il s'établit entre Loupeigne et Branges, sur un front de quatre kilomètres où il est violemment assailli le soir même. C'est la ruée puissante qui se hâte, se jette à 5 contre 1 sur toute la ligne, puis fonce au point qui cède pour tourner les éléments solidement ancrés au terrain.
Le 28 au soir, le groupe des 2e et 4e Compagnies subit un choc très rude : la 4e ne rejoindra que deux jours après ; encerclée dans un village par deux bataillons ennemis munis de lance-flammes, la 2e luttera tout un jour, puis succombera après avoir brûlé toutes ses cartouches.

Cruellement éprouvé, le Bataillon reçoit l'ordre de se replier. Ainsi, jusqu'au 1er juin, sans repos ni sommeil, manquant parfois de vivres et de munitions, il accrochera ses Compagnies squelettes aux positions successives, se débattra sous des enveloppements répétés, échappera chaque fois à l'étreinte, puis se rétablira obstinément après avoir transporté sur des kilomètres ses blessés et son matériel. Branges, Loupeigne, le Bois de Vaux, Saponay, La Poterie, Coincy, Grisolles, le Bois de Bonnes, sont les points que le 31e dut abandonner l'un après l'autre, sur ordre, après une résistance opiniâtre.

Il est décoré de la croix de guerre avec étoile de bronze.

☞ Une rectification du n° matricule a été effectué dans la transcription sur le site Mémoire des Hommes.

Son nom ne semble figurer sur aucun monument aux morts

 


Tombe n° 245 :

 

CALATAYND Robert
Sapeur-Mineur 2e Rgt. de Génie
Mort pour la France le 4-2-1919

CALATAYUD Roberto Raphaël né le 25/10/1892 à Tlemcen (Algérie, département d'Oran) de Esteban Raphael et Maria Oel Carmen GONSALEZ. Matricule 1004 au recrutement d'Oran. Incorporé le 18/09/1914 au 19e bataillon du Génie, passé au 2e régiment du Génie (19ème bataillon 2ème compagnie), le 16/12/1914. Porté disparu au cours des combats livrés le 9 juin 1918 dans la région N-E d'Elincourt (Oise), présumé prisonnier. Décédé à Valenciennes le 4/02/1919 à 2h du soir à l'Hotel-Dieu. (à noter que sur son acte de décès le nom est orthographié CALATAYND comme sur la fiche MDH, la tombe et -de fait- le site Sépultures de Guerre.)

Son Etat Signalétique et des services mentionne 2 citations à l'ordre du régiment et la croix de guerre avec étoile de bronze :

citations

La citation du 31 mai figure dans le JMO :

citation JMO


L'historique de la compagnie 19/3, toujours plus sommaire que les Journaux de Marches et Opérations, donne un bref aperçu de la situation le 9 juin 1918 :

DÉFENSIVE DE LA RÉGION DE LASSIGNY.

L'ennemi commence une préparation le 9 juin par un violent tir d'artillerie. La Compagnie rassemblée aussitôt, reçoit l'ordre d'occuper ses emplacements d'alerte (ligne intermédiaire à cheval sur la corne sud du Parc du Plessier et la route de Lassigny). Toute la journée, les sapeurs font le coup de feu, se repliant devant un ennemi dont malgré leurs efforts, ils n'arrivent pas à entraver la marche victorieuse. La Compagnie se retire d'abord derrière le mur du Parc Plessier, tirant toujours. A ce moment, sa situation devient critique.

L'ennemi a débordé de tous côtés et elle doit en traverser des éléments à hauteur des carrières Madame, pour rentrer dans nos lignes.
Quelques heures plus tard, le même fait se présente : en se repliant sur Marest et Villers-s.-Coudun, des détachements ennemis s'opposent, mais inutilement, à son passage à Elincourt.

Au cours des divers combats qu'elle a livrés pendant ce jour, la Compagnie a eu de nombreuses pertes: 77 gradés et sapeurs sont portés disparus; 13 hommes blessés ont été évacués sur l'ambulance.

Le 10 juin, la Compagnie arrive à Villers-s.-Coudun et garde les fourneaux prêts à jouer sur les carrefours des routes de cette région.

     Comme toujours en pareil cas, on trouve une fiche dans les dossiers de la Croix-Rouge : le nom a été une fois de plus déformé, cette fois en CALATAYD ; tous les autres renseignement concordent, mais il semble fort peu probable qu'il soit allé jusqu'au camp de Soltau.

99392

 

Son nom ne semble (plus ?) figurer sur aucun monument aux morts.

☞   Une demande conjointe de rectification du nom sera déposée auprès du "pôle des sépultures" et du site "sépultures de Guerre".
 Une demande de modification du nom a été déposée auprès du site Mémoire des Hommes.

 


Tombe n° 257 :

 

CAO VAN XUAN
5e Rgt de Génie
Mort pour la France le 12-4-1919


CAO VAN XUAN né en 1892 à Cien Chan (Tonkin) fils de Cao Van Chi, décédé à l'Hopital Général de Valenciennes le 12 avril 1919, de pneumonie précise sa fiche MDH très incomplète. Travailleur Indochinois en subsistance au 5e régiment de Génie, composé de "sapeurs du chemin de fer" affectés aux :

  • Missions d'avant-garde et d'arrière-garde.
  • Constructions de lignes nouvelles (lignes stratégiques), déviations, voies d'A. L. G. P. et de raccordements militaires, création, amélioration, agrandissement de gares.
  • Constructions d'embranchements particuliers pour les divers services : Artillerie, génie, intendance, « aviation », service de santé, service des routes.
  • Réparation d'ouvrages d'art détruits et construction d'ouvrages d'art neufs.
  • Exploitation et entretien de lignes préexistantes ou de lignes nouvelles.
  • A ce rôle de la guerre s'est ajouté, dès l'armistice, le travail considérable de remise en état des voies ferrées dans les régions libérées, où l'ennemi les avait, avant sa retraite, presque complètement détruites.

 C'est dans ce dernier cadre que l'on retrouve ces soldats dans le Valenciennois. 3 y sont décédés en 1919.

  Une demande de mise à jour de l'année de naissance sera déposée auprès du site MdH (dès son retour en ligne).

 


Tombe n° 305 :

 

CARPENTIER Alfred
Soldat 21e R.I.T.
Mort pour la France le 24-8-1914

CARPENTIER Alfred Louis, né le 9/02/1873 à Bois-Guillaume (Seine-Inférieure) de Louis Pierre et MULOT Désirée. Matricule 2555 classe 1893, il est incorporé pour 2 ans le 7/01/1896 au 37e RI. Après 2 périodes d'exercices aux 24e et 39e RI en 1900 et 1904, puis au 21e RI en 1909, il est mobilisé le 4/08/1914 au 21e RIT.
Il est tué à Orchies (Nord) le 24/08/1914 au lieu dit "Chemin des prières" (rue menant au cimetière) et identifié le lendemain par sa plaque de soldat : le 21e régiment d'infanterie territoriale faisait partie du très mince rideau de forces alliées opposées aux armées allemandes arrivant par la Belgique envahie malgré sa neutralité.
"La tâche confiée aux Territoriaux était visiblement au-dessus de leurs forces, car le front à garder était immense, et l’extrême nécessité explique seule que le Commandement ait eu recours à un pareil expédient."

Voir le cas de ABRAHAM du 21e RIT pour les combats d'Orchies.

   Son nom est - peut-être - celui qui figure au monument aux morts de ROUEN (où il demeurait depuis 1907) sous l'inscription CARPENTIER A.
Il n'y a pas d'acte de décès à Orchies, la ville ayant été incendiée par représailles le 27 septembre de la même année (voir sur ce même blog La destruction d'Orchies ) mais une transcription en a été faite à Rouen le 7/10/1914. Ce qui est intéressant c'est qu'une copie de l'acte de décès dressé le 26/08/1914 à Orchies a pu être transmise à Rouen le 10 septembre, preuve qu'à l'ouest de Valenciennes, occupé depuis le 24 août, les communications fonctionnaient encore. Il ne reste à Orchies que quelques copies d'actes reconstitués (Loi du 15/9/1923), dont deux récupérées auprès des mairies destinataires.

Inhumé initialement à Orchies, il sera déplacé dans le carré militaire du cimetière St Roch lors de sa création en 1923.

 

 

◄ De ABRAHAM à BERNARD

BERSON Isidore Ferdinand
BLAISE Paul Frédéric
BLED Mohamed
RICHARD-BOLLE Louis François Lucien
BOURDA Laurent dit "Lacoste"
BOURGES Isaïe Lucien
BRANTHÔME Georges Louis Clément
CALATAYUD Roberto Raphaël
CAO VAN XUAN
CARPENTIER Alfred Louis

De CASTELAIN à FAVERGEON ►

 

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24 avril 2013

1916 - Soldats Français décédés à et de Valenciennes

Retour au tableau des nationalités par année

 

L'accès aux actes se fait  (via la vue et le n° d'acte) dans le registre de 1916 aux
Archives Départementales du Nord cote 3 E 5782

 

 

DANHIERE Léon
Décédé à Bois de Wavrille (Meuse) le 23/02/1916
Acte n° 108 vue n° 28 en date du 28/07/1921
 
CATALA Louis george
Décédé à Verdun le 24/02/1916
Acte n° 109b vue n° 28 en date du 13/07/1919
 
CONTRERAS François Henri
Décédé à Beaumont (Meuse) le 24/02/1916
Acte n° 110 vue n° 28 en date du 01/01/1920
 
FROMONT Auguste Adonis
Décédé à Douaumont (Meuse) le 27/02/1916
Acte n° 120 vue n° 31 en date du 10/11/1920
 
WOITTEQUAND Apollon Joseph
Décédé à Fontaine les Cappy (Somme) le 29/02/1916
Acte n° 131 vue n° 34 en date du 06/08/1921
 
FINK Henri Edouard
Décédé à Cote du Poivre le 05/03/1916
Acte n° 151b vue n° 39 en date du 08/12/1920
 
BURY Léonard
Décédé à Fresnes en Woëvre le 07/03/1916
Acte n° 155 vue n° 40 en date du 06/05/1921
 
LEMAIRE Léon Charles
Décédé à Vaux devant Damloup le 08/03/1916
Acte n° 158 vue n° 40 en date du 02/10/1920
 
FOLLET Léon
Décédé à Vaux devant Damloup (Meuse) le 08/03/1916
Acte n° 159 vue n° 41 en date du 13/08/1921
 
DELATTRE René Joseph Alfred
Décédé à Bethincourt le 09/04/1916
Acte n° 253B vue n° 64 en date du 22/07/1919
 
LANCELOT Clovis Alfred rené
Décédé à Douaumont le 18/04/1916
Acte n° 280 vue n° 71 en date du 05/01/1920
 
LIBRE Jules
Décédé à Bois de la Caillette le 19/04/1916
Acte n° 281 vue n° 71 en date du 23/03/1921
 
CHARKET Albéric Michel Bernard
Décédé à Bras (Meuse) (disparu) le 23/05/1916
Acte n° 370 vue n° 92 en date du 20/04/1921
 
BRUNIAUX Marcel Maxime Alfred
Décédé à Verdun (meuse) (disparu) le 25/05/1916
Acte n° 372 vue n° 93 en date du 05/08/1921
 
PLOUCHARD Bruno
Décédé à Chattencourt (Meuse) le 25/05/1916
Acte n° 373 vue n° 93 en date du 14/03/1921
 
OSTER Henri
Décédé à Douaumont (Meuse) le 08/06/1916
Acte n° 405 vue n° 101 en date du 23/02/1921
 
COURIL Octave Jean Baptiste
Décédé à Douaumont (Meuse) le 08/06/1916
Acte n° 406 vue n° 101 en date du 14/04/1921
 
DELOT Alfred Edmond
Décédé à Douaumont (Meuse) le 08/06/1916
Acte n° 407 vue n° 102 en date du 19/07/1921
 
DUNK Gustave
Décédé à Ambulance 2/53 (Inhumé au cimetière de Blercourt (Meuse)) le 13/06/1916
Acte n° 430 vue n° 107 en date du 13/10/1921
 
LEMAHIEU Alphonse Marius
Décédé à Ljumnica (Serbie) le 21/08/1916
Acte n° 565 vue n° 141 en date du 16/11/1921
 
DELSARTE Charles
Décédé à Bois Etoile (Somme) le 03/09/1916
Acte n° 590 vue n° 147 en date du 15/09/1920
 
DAUPHIN César
Décédé à Maurepas (Somme) le 04/09/1916
Acte n° 591 vue n° 148 en date du 21/05/1921
 
ADAM Eugène Louis Espérance
Décédé à Maisonette (Somme) le 20/10/1916
Acte n° 743 vue n° 186 en date du 08/10/1920
 
TREHOUT Charles
Escadrille F24
Décédé à "Le plessis Belleville" (disparu) le 03/11/1916
Acte n° 790&791 vue n° 197 en date du 07/12/1920
Né le 03 oct 1888 à Lecelles
 

 

Retour au tableau des nationalités par année  

 

Liste alphabétique des 24 noms ci-dessus.

 

  Liste des affectations connues.

 

Noms Acte
ADAM, Eugène Louis Espérance 743
BRUNIAUX, Marcel Maxime Alfred 372
BURY, Léonard 155
CATALA, Louis george 109b
CHARKET, Albéric Michel Bernard 370
CONTRERAS, François Henri 110
COURIL, Octave Jean Baptiste 406
DANHIERE, Léon 108
DAUPHIN, César 591
DELATTRE, René Joseph Alfred 253B
DELOT, Alfred Edmond 407
DELSARTE, Charles 590
DUNK, Gustave 430
FINK, Henri Edouard 151b
FOLLET, Léon 159
FROMONT, Auguste Adonis 120
LANCELOT, Clovis Alfred rené 280
LEMAHIEU, Alphonse Marius 565
LEMAIRE, Léon Charles 158
LIBRE, Jules 281
OSTER, Henri 405
PLOUCHARD, Bruno 373
TREHOUT, Charles 790&791
WOITTEQUAND, Apollon Joseph 131
 
Affectation Acte
Escadrille F24 790&791

 


 

11 février 2018

Tombes Françaises Cimetière St Roch

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1 septembre 2014

14-18 en famille ....

 

  4 grand-parents ...certes ! Mais qui avaient des frères et sœurs, et pour certains de la tranche d'âge directement concernée par la mobilisation lors de la Grande Guerre :

 

              Pour bien situer les personnages, je remonte d'un cran vers chacun des 4 couples de mes arrière-grand-parents (AGPs) ; parmi leurs enfants - mes grands-oncles et tantes - mes grands-parents.


   38 cas ont été traités traités au 28/04/2016 :

  • 2 Grand'Pères,
  • 17 Grands-Oncles,
  • 3 Petits-Cousins qui ont participé à la Grande Guerre, dont 2 Morts pour la France.
  • 27 soldats en lien direct ( c'est à dire portant l'un des 4 noms de départ, ou leurs conjoints : DUBOIS, DEBEVE, DUVERGER, DANHIEZ, NOTELET) dont
    • 12 Morts pour la France
    • 3 civils fusillés par les Allemands à Quérénaing (page DANHIEZ),

 

La suite sur cette page
jonas


 

3 juillet 2013

Fusillés!

 

Le 8 Novembre 1915 une affiche apparaissait à Valenciennes, énonçant le verdict d'un nouveau conseil de guerre  :


 

AVIS

 

Il est porté à la connaissance du public que le conseil de guerre du rayon de la Commandanture de Maubeuge a prononcé en date du 22 Octobre 1915, les arrêts suivants, contre les personnes ci-dessous énumérées pour s'être livrées à des actes d'espionnage, de recels d'espions, d'assistance à l'espionnage et des tentatives d'amener des soldats sur le front ennemi: 

Arrêts de mort 

 1. Daluin Eugène, surveillant dans une fabrique de machines aratoires, de Croix.
 2. Doucedame Achille, fonctionnaire des chemins de fer en retraite, de Cambrai.

15 ans de réclusion

 3. Vandamme Marie, née Laroche, de Maubeuge.

13 ans de réclusion 

 4. Lauridon Clémentine, née Nevejans, d'Avesnes-les-Aubert.
 5. Vandamme Auguste, employé d'une fabrique, à Maubeuge.

12 ans et demi de réclusion 

 6. Hublart Oscar, garde-voie, Louvroil.

12 ans de réclusion 

 7. Colenthier Henri, rentier, de Cambrai.
 8. Corbent Arthur, aubergiste, de Cambrai.

10 ans de réclusion

 9. Dauchez Marie, née Pontdieux, ménagère de Cambrai.
10. Dislaire Auguste, maire et fabricant, de Rieux.
11. Pierquin Paul, Tonnelier, de Hautmont.

2 ans et demi de réclusion

12. Woël Charles, de Cambrai.

3 ans de prison


13. Lestoquoy Henri, collégien, de Cambrai.
14. Fierquin Germaine, couturière, de Hautmont. 

D'autres personnes inculpées ont été acquittées de l'accusation d'espionnage.
Les arrêts de morts prononcés contre Daluin et Doucedame ont été exécutés.

 ETAPPEN-INSPEKTION 6. 


Valenciennes, 8 Novembre 1915.

 



Daluin Eugène, dont le nom s'orthographie D'HALLUIN a été reconnu Mort pour la France, il a été fait Chevalier de la Légion d'Honneur le 11 janvier 1921 :

 

Doucedame Achille a une rue à son nom à Cambrai, fait Chevalier de la Légion d'Honneur le 11 janvier 1921, mais ne semble pas avoir de fiche sur Mémoire des Hommes.

 

  • Dans leur livre "Cinquante mois d'occupation allemande.... Vol. 1. 1914-1915", les auteurs : Louis Gille, Alphonse Ooms et Paul Delandsheere ajoutent d'autres noms

 

maubeuge

  Retrouvez Charles SIMONET sur le site Médecins de la Grande Guerre

 

  • Le 22 janvier 1921, "La Presse" publie un article, à la suite, dit-il, d'une remarque faite à la générale de la pièce de Maeterlinck "Le Bourgmestre de Stilmonde" [voir ci-dessous], alors que la Légion d'Honneur vient d'être attribuée à certains des fusillés !

 

                         DÉCORÉS A TITRE POSTHUME

Treize Héros français fusillés par les Allemands

     Les actes de courage des Français pendant la guerre sont légion. Combien sont restés anonymes ! Combien de civils tombés sous les  balles allemandes, pour avoir voulu servir leur pays, ou ne pas trahir la cause sainte de la Patrie ! Combien ont accepté de notre gouvernement des missions périlleuses au cours desquelles ils ont laissé leur vie.
     Dans la pièce de Maeterlinck, qui se joue actuellement au Théâtre Moncey, Le Bourgmestre de Stilmonde, on voit les Allemands fusiller un bourgmestre qui ne veut pas laisser exécuter un vieux jardinier. "Effet de théâtre ! " ont dit quelques spectateurs à la répétition générale .
 
    Or, lisez le Journal officiel, parmi la liste de tant de décorations posthumes, vous découvrirez, comme on en découvre si souvent, treize noms civils, treize héros auxquels vient d'être décernée la croix de chevalier de la Légion d'Honneur. Qu'ont-ils fait ? Des actions d'éclat que l'on rappelle et qui leur ont valu d'être fusillés par nos ennemis.


Paul-Jean-Baptiste Jacquemin, Emile Raijot, tous deux de Monthermé (Ardennes), sont restés en territoire occupé pour servir la France. Fusillés !
Même sort, pour des motifs semblables fut réservé à
Achille Doucedame, de Cambrai
Augustin Delbecque, de Maing (Nord)
Joseph-Henri-Victor Fréal, de Chaumont-Porcien (Ardennes)
Eugène Dhalluin de Croix, près Roubaix
Jules Mohr, de Valenciennes
Emile Gressier, de Saint-Amand-les-Eaux
Henri Legrand, de Bapaume
Félix Lemoine et Ernest Boizard, de la Vallée d'Aouste (Ardennes)
Ernest Hugueville, Charles Aubry et Léon Oudart, de Flaignes-les-Oliviers, (Ardennes).

La croix d'honneur honore leur mémoire, moins que la reconnaissance de leurs compatriotes.
Leurs noms doivent rester au livre d'or de la postérité.

 

JACQUEMIN Paul, fusillé à Monthermé le 24 juin 1915, a été fait chevalier de la Légion d'Honneur par décret du 11 Janvier 1921

Le nom de Raijot Emile est BAIJOT Emile "Victime civile, né en 1863 - fusillé par les allemands au Fort des Ayvelles pour faits de résistance à l'ennemi. Citation à l'ordre de l'armée lu le samedi 10 avril 1919 au cours d'une prise d'armes à Monthermé, par le lieutenant colonel Germain, commandant le 91ème Régiment d'Infanterie de Mézières : - "Resté en territoire occupé, à apporté le concours le plus précieux à l'accomplissement d'une mission périlleuse, a donné en outre, à maintes reprises, des secours dévoués à des soldats français. Victime d'une trahison, et arrêté par l'ennemi, a gardé au cours de son procès, la plus fière attitude. - Condamné à mort, a refusé de laisser bander les yeux et est tombé sous les balles allemandes, le 6 janvier 1916. - Signé : - Général PETAIN"
Au même endroit ont été fusillés le douanier GOULARD Charles, (36 ans) le 28 octobre 1915, et PRATDESSUS Gabriel (46 ans), le 7 octobre 1915.

DOUCEDAME ET DHALLUIN ont été évoqués ci-dessus.

FREAL Joseph a été fusillé à HIRSON le 10 avril 1917, il a été fait chevalier de la légion d'Honneur avec JACQUEMIN.
(Seuls FREAL et GOULARD ont une fiche MDH)

Felix LEMOINE, BOIZARD Ernest, HUGUEVILLE Ernest, AUBRY Charles et OUDART Léon ont été fusillés à Laon le 3 Août 1916 et faits chevalier de la Légion d'Honneur (même décret).

L'abbé DELBECQUE, fusillé à Valenciennes le 17 septembre 1914 est évoqué  ICI

Jules MOHR et Henri GRESSIER, fusillés à Bruxelles le 19 avril 1916 ont leur page sur ce blog.

Henri LEGRAND, fusillé à Valenciennes le 23 janvier 1918 est honoré  ICI.

 

 


Feuilleter, depuis le site http://archive.org :

25 août 2019

Rapatriés, mais sans changer de pays ! ...

 

Il est difficile parfois de trouver le mot juste quand on tente de qualifier exactement une situation :

  • réfugiés, ayant fui devant l'avance ennemie,
  • évacués, quand le front s'installe ou avance,
  • déportés, quand l'occupant envoie en Allemagne des hommes et de jeunes filles en camp de travail,
  • prisonniers civils, quand ils rejoignent des camps d'internement,
  • prisonniers, quand la décision d'un tribunal militaire envoyait en forteresse pour infraction au sacro-saint règlement d'occupation dont les affiches couvraient quotidiennement les murs,
  • otages, quand sur place ou à des centaines de kilomètres, jusqu'en Lithuanie, leur vie dépendait du comportement de leurs concitoyens - ou du gouvernement de France libre,
  • rapatriés, revenir dans sa patrie, mais quand on quitte les départements français occupés pour rejoindre la France libre  ... ??
  • déplacés quand on change simplement (?) de département pour diverses raisons.

    Si les résidents des territoires occupés, taillables et corvéables à merci, devaient finir par se croire "en Germanie", pourquoi ce terme a-t-il été utilisé en zone libre ? Le gouvernement français aurait-il, même inconsciemment, fait son deuil de la partie occupée de la France ?
     

Avaient droit au terme "rapatriés" les soldats prisonniers en Allemagne, que leur état de santé autorisaient à revenir au pays, par opposition à ceux que la Suisse devait détenir jusqu'à la fin de la guerre, et dont le régime -remboursé aux Suisses par la France- était bien meilleur que dans les camps.

 

 Aussi ai-je été content de trouver sous la plume de Benjamin Valloton (1877-1962), dans son ouvrage "Les loups" composé de 12 nouvelles, (Payot 1918), celle, intitulée "Évacués", où l'on fait connaissance de ces gens paisibles que la guerre a arraché de leur village natal, et que je reproduis à l'identique ci-dessous.
Le style et le ton sont ceux de 1918, mais tout concorde et recoupe tous les autres témoignages.

Loups

 

Évacués ! ...
____________

 On dit, souvent : les rapatriés. Et l'on a tort, puisqu'ils ne viennent pas de l'étranger, mais de ces terres qu'un long martyre attache plus étroitement à la patrie. Partis de la France meurtrie, retrouvant la France qui sourit, malgré ses deuils, ils vont de la servitude à la liberté. Mais ils n'ont pas quitté la France.
 On les appelle aussi les évacués. Et c'est le mot juste, sinistre, ignoble, qui fait de milliers et de milliers de vieux, de femmes, d'enfants, de pauvres choses que le vent emporte, que la misère accable, que le désespoir tient à la gorge.
 Ils vivaient paisibles. Ils avaient les petites passions et les petites joies des gens qui n'ont pas d'histoire. Ils aimaient le village natal avec son clocher, ses toits larges, sa rivière clapotant sous le pont en dos d'âne, sa couronne de vergers et de champs; ses routes qui mènent vers l'horizon. Que faut-il de plus ?
 Le tocsin de la guerre ! ... Et soudain l'avalanche qui broie, l'ouragan qui lance ses tourbillons à l'assaut, l'incendie qui secoue sa torche, le sang, la folie, les ignominies. Et on a vécu là dedans, subi, maigri, courbé l'échine, souffert jusqu'à l'épuisement du corps et de l'âme.
 Depuis des mois, et chaque jour, des trains charrient des pays où l'on se bat aux villes où l'on villégiature toute cette misère. Ce n'est pas une marmaille au biberon, des octogénaires aux mains nouées qui peuvent creuser les tranchées ! D'autre part, ça boit du lait, ça mange, les gosses pour grandir, les vieux on ne sait pas trop pourquoi. Ça mange, ça boit, mais ça ne rapporte rien.
 Dans la grisaille d'un premier matin, donc, un poing a frappé aux volets de la petite maison. Une voix dure a jeté l'ordre. Alors le vieux s'est levé en toute hâte, la mère, entourée de sa bande qui piaille. Dans un châle qu'on nouera aux quatre coins, on a jeté pêle-mêle un peigne, des photographies, du linge. On a quitté cette maisonnette où l'on vivait depuis toujours, où vivait le grand-père, où vivait le grand-père du grand-père... Le rosier grimpant est un bouquet parfumé. La lucarne contemple l'horizon. Derrière le treillis de caisse les lapins remuent le nez... On s'est massé sur la place, près de la fontaine aux quatre goulots, au pied du clocher d'où cent hommes, l'autre jour, à grand renfort de cordes et de poulies, ont descendu les cloches. Puisque ces cloches, enfermées dans leur cage de pierre depuis cinq siècles et dont la voix était celle des collines, des toits, des champs de blé, des chemins, des dimanches matin, des aubes et des crépuscules, de la mort aussi à chaque fois que la double grille du cimetière criait sur ses gonds, puisque les cloches sont parties, pourquoi les humains ne partiraient-ils pas aussi, abandonnant aux obus ces parois derrière lesquelles danse le rythme des souffrances et des plaisirs par quoi s'établit une vie ?
 Et la colonne s'est ébranlée. Et les baluchons se balancent au bout des cannes portées sur l'épaule comme un fusil. On monte dans le wagon où attendent, recoquillés, d'autres vieux, d'autres vieilles, qui tiennent sur les genoux le même châle noué aux quatre coins, qui montrent sur leurs fronts les mêmes rides fatalistes, dans leurs regards la même stupeur résignée. On part. Comme elles craquent les parois de ces wagons aussi délabrés, aussi antiques que leur chargement humain ! On roule lentement, si lentement, mais si continûment qu'il semble qu'on soit déjà dans l'éternité. Aux gares, des baïonnettes. Que de gares ! Que de rivières ! Que de fleuves ! Que de villes ! Que d'usines ! ... Et les vieux aux crânes roses, et les vieilles en bonnet blanc (elles ont encore cette coquetterie) arrondissent un peu plus le dos.
 Qu'est-ce qu'il a dit l'infirmier apparu soudain et qui porte un uniforme inconnu ? Qu'on a changé de pays ?... Qu'on est en Suisse ?... Des enfants courent dans les prés en agitant des mouchoirs. Des hommes, debout derrière la charrue, ôtent le chapeau. A la première gare, une foule immense, des gens avec des paniers, des gosses qui tendent des jouets, une clameur de sympathie, des sourires et des larmes. Alors, ces vieux qui se terrent et se taisent depuis trois ans, ils s'essayent aussi à envoyer un signe de la main, à crier des choses. Un homme très maigre, incroyablement grand, aux yeux si enfoncés, aux joues si creuses, à la mâchoire si proéminente, à l'échine si menue, aux jambes si grêles que s'il tenait une faux on le prendrait pour la Camarde en personne, hurle par trois fois : « Mort aux Boches ! » On le regarde. Mais il ne s'agit pas de cela : sur les tables des soupières fument, les saucisses craquent dans leur peau, les pains s'amoncellent. On ne comprend pas encore très bien, mais on mange, on mange...
 Maintenant on roule de nouveau. Et partout, aux fenêtres des chalets, des jeunes filles qui saluent de la tête, des enfants dans les bras de leur père qui envoient des baisers.
 Et voici que le train, après les ténèbres d'un tunnel, court dans la belle lumière à la rencontre du bleu des collines, de l'espace et des eaux.... Est-ce qu'on rêve ?... Est-ce que peut-être on est mort et se réveille au paradis ?... Ce lac, ces cygnes, ces mouettes, ces barques aux voiles croisées, ce reflet dansant des montagnes ?...
 — C'est pas vrai, tout ça ! fait une vieille, sceptique.
 Car elle ne sait guère si elle doit se fier à sa tète qui dodeline. Quant aux gosses, frimousses aux portières, en grappe, bouche ouverte, ils hument ce bleu, cette fraîcheur, et ils rient d'aise comme si les Boches n'existaient pas.... Une gare encore. Le drapeau tricolore Une fanfare. Un discours, des fleurs. Mais ils en ont trop vu, ces vieux, et en si peu de temps ! Ils ne peuvent vraiment pas réagir à mesure. Et ils regardent ce drapeau avec de grands yeux vitreux d'où coulent des larmes ; ils écoutent ce discours sans cesser de tenir des dix doigts leur châle noué aux quatre coins ; ils contemplent ces vergers, ces jardins, qui sont les arbres et la terre de la patrie. Après quoi, le train court de nouveau au bord de l'eau limpide.
Evian !

*
*       *
 

 Ils hésitent à descendre, habitués qu'ils sont à attendre des ordres, à obéir. On ne sait plus bien, tant ils embrassent à pleins bras leurs paquets, si c'est les vieux qui les portent, ces paquets, ou si c'est les paquets qui les portent, ces vieux. Enfin, les voici sur le quai, tous pêle-mêle (quelle cour des miracles !), boiteux, borgnes, aveugles, bossus, paralytiques étendus sur des brancards, ancêtres en enfance, grand'mères appuyées sur deux cannes, orphelins apeurés, marmots à la douzaine agrippés aux jupes maternelles, pauvre troupeau d'où monte un affreux relent de misère. Une seconde suffit pour métamorphoser cette masse dolente. C'est alors comme une électricité qui court dans les bras, allume une flamme dans les yeux, gonfle les poitrines. Si bien que cette masse frémit, pousse des cris, chante, gesticule. Une vieille danse. Une autre pleure et rit à la fois. Ceux qui sont encore dans les wagons se mettent aux portières, agitant foulards et mouchoirs. Ceux qui sont sur le quai brandissent les chapeaux. Et c'est une rumeur, une clameur où s'unissent toutes les voix, du marmot de trois ans au nonagénaire assis sur ses hardes, quelque chose d'étrange, d'ardent, de fou, de magnifique : « Vive la France ! »... C'est que des clairons, là-bas, sonnent la bienvenue, des notes claires, pressées, stridentes. Depuis quarante mois cette foule n'a entendu que les aigres trompettes de l'ennemi et voici que chante l'allègre clairon de la France ! Avec lui, c'est tout le passé qui renaît, c'est l'espoir qui s'élance, c'est la patrie elle-même qui parle et fleurit les cœurs !
 Cependant des infirmiers entourent un vieillard tête nue, l'entraînent doucement. Le pauvre a laissé en route le peu de cervelle qu'il avait encore. Sitôt que le train s'arrêtait dans une gare inconnue, prestement descendu de son wagon, il filait par la campagne en vociférant : « Tas de scélérats... » On le rattrapait. On le réintégrait. Le cauchemar qui dure depuis trois ans lui a chaviré les entendements. Et il ne trouve plus rien à dire que ça : « Tas de scélérats... », où passent les souvenirs des souffrances endurées. .Un monsieur bien mis s'approche, explique gentiment des choses, encourage. Mais le vieux se redresse. Il est effrayant avec ses yeux qui clignotent, le rictus qui lui tord la bouche, ses mains squelettiques qui repoussent au loin des visions. Toisant le monsieur bien mis, il lui assène: « Tas de scélérats... ».
 Le monsieur bien mis se retire.
 — Eh bien ! Vous êtes contente, maintenant ? dit un sergent décoré à une femme.
 — Autant qu'on peut l'être quand on n'a plus rien.
 — Plus rien ?... Et ces gosses ?
 Le sergent compte avec le doigt. Ils sont onze cramponnés à la jupe, et pour ceux qui n'ont pas la place cramponnés au fond de culotte d'un frère, à la robe d'une sœur.
 La voix basse, la femme s'excuse.
 — Oh ! il y en a trois qui ne sont pas à moi... Des orphelins ! ...
 Clairons en tête, le cortège descend vers la ville, défilé de revenants, plutôt, dans la clarté clignotante des réverbères. On devine la fatigue, l'affaissement, des profils hallucinés, des yeux caves. Oh ! Le sinistre piétinement de ce troupeau qui, une fois encore, marche dans la nuit. C'est la délivrance, sans doute, mais il y a l'obsession de la maison détruite, des arbres sciés, des morts qu'on a laissés, là-bas, l'oiseau aux ailes de deuil qui plane sur toutes les têtes... Douce et touchante ironie, voici que passe une vieille qui n'a sauvé de la catastrophe qu'une cage ou piaille un perroquet. Et cette fillette, promue mère de famille à treize ans, surveille sept frères et sœurs et la boîte à claire-voie où, pépient deux serins. Un aveugle suit son chien.

 Ils gravissent maintenant l'escalier du casino fastueux, hésitent comme un vol de chauves-souris devant les mille lumières qui éclairent, la salle des fêtes (encore l'ironie des mots) dominée par une coupole azurée. Mais il y a des bancs, des tables, sur ces tables des assiettes, des soupières, des quignons de pain, des choses qui font plaisir à l'œil et aux narines. On s'installe. On case les paquets entre les pieds, les talons solidement posés dessus. Tous les coudes sont plantés sur ces tables, les mentons inclinés sur ces assiettes, les regards fixés sur le pain blanc et on mange rituellement, avec une gravité biblique. La bouche pleine, mastiquant vaille que vaille, une vieille fait avec une extrême simplicité :
 — On avait oublié le goût du manger... Vous comprenez, nous, on laissait presque tout aux enfants.
 Et voici qu'un homme s'adresse à cette foule. Il lui dit la sollicitude de la république. « Nous nous inclinons avec respect devant vos souffrances... La victoire est en marche. Bien ne pourra l'arrêter... Vous rentrerez dans vos villages reconstruits et vous connaîtrez à nouveau les douceurs du foyer. »
 La foule écoute comme une foule n'a jamais écouté. Elle boit ces paroles. Et parfois une rumeur, qui n'est pas tout à fait une acclamation, parce qu'on n'ose pas encore, monte de ses rangs.
 Un vieux répond à ces paroles de bienvenue : « Nous n'avons plus beaucoup de forces, mais celles qui nous restent, nous les mettons à la disposition de la patrie. »
 Alors c'est une rumeur plus forte. Et c'est une rumeur plus forte encore quand une voix parle de ces milliers de braves gens qui, de Bâle à Lausanne, se sont découverts devant le malheur.
 Des larmes dans la voix, une femme crie : « Merci, messieurs de la Suisse !... » Une autre : « Ils nous ont reçus comme des rois !... »
 Soudain, massée sur la tribune, une fanfare attaque un air de bravoure. On cesse de manger. Tous les yeux regardent en haut. Un vieux qui porte la médaille des vétérans s'est levé, puis une vieille à l'autre bout de la salle qui, du geste, dresse ses cinq petits-enfants. Et les voici tous debout, maintenant. La Marseillaise ! L'hymne des peuples ressuscités ! Des femmes, des hommes sanglotent. D'autres, les poings fermés, se raidissent, serrent les lèvres, mais des larmes roulent sur leurs joues. D'autres encore battent la mesure avec une frénésie mystique, tandis que des fillettes, extatiques, vraies Jeanne d'Arc écoutant les voix, joignent les mains et prient... Indicible émotion !

Ils viennent jusque dans nos bras
Egorger nos fils, nos compagnes ...

 Une femme s'évanouit. Le vétéran secoue les deux poings. Malgré le fracas des cuivres, on perçoit nettement les soupirs de cette foule, le serrement de ces gorges, le halètement de ces poitrines serrées dans l'étau de l'angoisse et de la joie. Beaucoup, sans force, se sont assis. Accoudés, la tête dans les mains, ils fredonnent les paroles sacrées, puis se lèvent à nouveau, électrisés, les yeux dilatés, le geste véhément, pour lancer ce cri suprême : « Aux armes, citoyens ! »
 Et c'est fini. Une acclamation formidable, oppressée, rauque, monte jusque dans la coupole où elle bourdonne longtemps.
 — N. de D., on est chez nous ! conclut l'ancien soldat.
 — A bas les Boches ! répond une voix d'enfant.
 Et la même acclamation monte et vibre.
 Alors, à qui veut les entendre, chacun raconte ses histoires, les poules et les lapins numérotés, réquisitionnés, les perquisitions de jour et de nuit, le départ des hommes et des jeunes filles emmenés on ne sait où, les bombes des avions, les obus des pièces à longue portée, le cauchemar de chaque minute. Beaucoup sont de Chauny, de Trosly-Loire, des villages environnants. On les déporta en masse. Ils racontent les morts tragiques. Et ils demandent :
 — C'est vrai qu'ils ont tout détruit, chez nous ?
 On fait semblant de ne pas savoir exactement. Et on regarde la vieille qui a subi treize mois de prison pour avoir traité de barbares ceux qui brisaient son mobilier.
 — Oui, monsieur, treize mois...
 La vieille est fière de ces treize mois d'incarcération comme d'un certificat de civisme. Elle plastronne. Et ceux du même village plastronnent autour d'elle.
 Adressez-vous la parole à un octogénaire, il se lève pour répondre, il s'immobilise dans la position militaire, et il parle simplement, avec une sincérité de la voix et du regard impressionnante.
 — Le soldat, monsieur, ne serait pas toujours méchant. Il y en a des bons, des gentils. Il y en a qui rendent des services, qui préviennent l'habitant des jours de perquisition. Mais c'est pourtant des drôles d'hommes. Dès qu'un sous-officier, un officier est derrière, ils feraient n'importe quoi, le double de ce qu'on demande, pour se faire remarquer. Ils vivent avec nous. On s'habitue, quoi, les uns aux autres, il le faut bien. Ils nous montrent la photographie de leur femme, de leurs enfants... Un ordre ! Et les voilà qui reviennent avec une hache pour tout briser, avec de la paille pour tout incendier... Non, on ne comprend rien à ces gens-là...
 Et cet autre vieux :
 — Oh ! Nous, on a à peine le droit de gémir. Mais c'est les Russes, les Polonais, les Roumains, les Belges et nos civils en âge de tenir une pelle !... Quand ils reviennent du travail aux tranchées - ils n'en reviennent pas toujours ! ça n'a plus figure d'hommes. C'est vieux, c'est courbe, ça marche cassé en deux. De la chair à cercueil, quoi ! Dans notre village, le même jour, il est tombé dix-sept Roumains, dix-sept, sur la route, morts d'épuisement. On les a ramassés sur une charrette, et allez ! au cimetière.
 — Les avez-vous vus ?
 — Comme je vous vois. C'était pas même des cadavres tant ça tenait peu de place. Est-ce vrai, vous autres ?
 — On les a vus.
 — Si vous venez chez nous, après la guerre, on vous montrera le coin où on les a mis. Dix-sept, monsieur, et d'un seul jour... Ceux qui survivent, quand ils passent devant nos maisons, ils se frappent sur les dents avec les ongles pour dire qu'ils ont faim. Mais on n'a pas le droit de leur rien donner. Ceux qui ont essayé n'ont pas eu envie de recommencer.
 Un vieux de quatre-vingt-onze ans s'est endormi, la tête sur l'épaule d'un voisin. Son visage parcheminé, sa bouche édentée, ses petits yeux mi-clos, les rides qui sillonnent son front semé de taches noirâtres, disent l'hébétude, la résignation totale, une sorte de torpeur mortelle. Près de lui, des orphelins jouent à se pincer les mollets.
 Grâce aux fiches minutieusement tenues à jour, chacun trouve des nouvelles des siens, sait qui le réclame, où il va.
 — Vous, madame, vous êtes demandée à Tours par votre sœur. Sur ce papier vous trouverez tous les renseignements, l'heure de votre départ, l'itinéraire.
 — Et les trois enfants ?
 — Votre sœur réclame tout le monde. Mais vous avez quatre enfants, et non pas trois ?
 — Je vais vous expliquer. C'était la nuit, dans une gare. On ouvre la portière. J'étais là... On me met cet enfant dans les bras... Le train part...
 — Quelle gare ?
 — Oh l... c'était la nuit... On roulait depuis un jour...
 — Et alors ?
 — Tant pis, je le garde...
 Quelle anxiété quand la fiche apparaît ! ... Quelques mots et c'est une explosion de joie. Un silence et c'est un pas lourd d'angoisse qui s'éloigne.
 — Votre mari vous réclame, madame. Voici une lettre de lui
 — Mon mari ? murmure la femme qui sourit sans croire encore à la bonne nouvelle. Il n'est donc pas mort comme on me l'avait dit là-bas ?...
 Elle s'évanouit. On l'emporte. Et c'est une autre femme qui crie à son tour, les mains jointes, puis les bras au ciel, tandis que ses lèvres tremblent convulsivement :
 — Mon Dieu ! ... Ils sont vivants tous les deux !...
 D'autres, qui n'ont rien appris, l'œil terne, le dos rond, regardent cette joie.
 Tout en renseignant on questionne. On dit à une grand'mère de quatre-vingt-cinq ans :
 — Pas trop fatiguée par le voyage, madame ?
 — Mais non. Et puis je n'avais pas fait de voyage de noce, dans le temps, alors ça remplace. Et je n'avais jamais entendu un aussi beau concert...
 A quoi une fillette ajoute :
 — Quand on montait l'escalier et qu'on voyait toutes ces lumières, j'ai cru qu'on montait au paradis...
 Après la salle des fiches, la visite médicale. On retient les malades, les épuisés, on en retient même quelques-uns pour toujours puisque trois cents «évacués» dorment au cimetière d'Evian. Puis le vestiaire où s'entassent layettes, vêtements, souliers, chapeaux. Puis un contrôle discret des « fiches de fortune » : une femme et ses sept enfants se présentent avec soixante centimes. Un homme, un bébé de deux mois dans les bras, trois autres enfants de deux à sept ans autour de lui, déclare un franc cinquante.
 — Vous avez une maison ?
 — Brûlée !
 — Et... (on hésite) votre femme ?
 — Morte le lendemain du jour qu'on a été chassés de chez nous.
 — Et qu'allez-vous faire ?
 — Travailler... Il faut bien élever ça...
 « Ça », c'est les quatre gosses, c'est le bébé aux longs cils baisses sur un teint de cire.
 L'homme écrase une larme.
 — Personne ne saura jamais ce qu'on a vécu là-bas...
 Très digne, il prend ce qu'on lui offre.
 — Merci !... Je suis menuisier... Ça fera pour les outils.
 Groupe par groupe, on conduit les « évacués » dans les hôtels. La paix descend sur ces souffrances. A minuit, tout dort dans la petite ville.

 

*
*       *

 

 Au matin, un peu reposés, avant de partir pour le centre ou le midi de la France, gosses, mamans et vieux arpentent les quais. Quelques-uns ne comprennent pas encore. Ils en ont tant vu !... Sont-ils en Angleterre ?... Peut-être. Ils lèvent les yeux sur les montagnes.
 — Est-ce qu'on peut grimper dessus ?
 — Ouais ! répond une voix cassée.
 Sur un banc, face aux flots bleus, une petite vieille est assise qui porte, épinglée au corsage, une étiquette avec un numéro. Elle est proprette, cette vieille, avec un peu de rose aux pommettes.
 — Dites donc, monsieur, c'est la mer ?
 — Non. C'est un lac.
 — Un lac ?... Que non, c'est trop grand !
 Elle se sent perdue.
 — On nous dit que c'est encore la France, ici...
 — Sans doute.
 — Et Hirson, c'est dans quelle direction ?
 Un bras se tend qui montre un point par delà les eaux.
 La petite vieille se pelotonne.
 — Hé !... mon Dieu !
 Assise sur ce banc, elle ne voit pas ces flots, ces monts, mais bien sa maison, son jardin, les sentiers connus. Que c'est loin ! Et elle répète, secouant sa tête blanche dont le menton branle :
 — Hé !... mon Dieu !...

 

 Pour en savoir plus :

 

 

1 avril 2019

Civils récompensés, Médaille de la reconnaissance Française (3)

 

Lorsqu'est créée en 1917 la Médaille de la reconnaissance Française, il s'agit de, je cite :

Remercier et distinguer les auteurs des actes de dévouement accomplis dans l'intérêt public, à l'occasion de la guerre et pendant la durée des hostilités.

     Les décrets parus au Journal Officiel de la République Française permettent aujourd'hui de retrouver les noms de ceux et celles qui l'ont reçue, malgré le peu d'information que représente la citation.
J'ai déjà traité les JO du 11/03/1923 et du 10/02/1924 , je fais de même ici avec celui du 19/06/1923.

3mrf

  • 90 noms de récipiendaires des 3 classes : Vermeil, Argent, Bronze,
  • 25 femmes (dont une citée 2 fois) et 55 hommes, tous civils,
  • des départements occupés dont : NORD (56), HAUT et BAS-RHIN (9), AISNE (6), etc ... ainsi que plusieurs civils d'Ile-de-France, mais qui ne pouvaient que se trouver au nord du front.

J'ai pu les répartir en 4 catégories :

  • Aide aux soldats : essentiellement ceux que la fermeture du front avait isolé de l'armée alliée, (Français, dont Alsaciens réfractaires, Anglais, Russes), mais également des hommes désirant rejoindre la France libre via les Pays-Bas (neutre) pour s'engager.
    35 hommes et femmes y ont participé.

    Au moins 112 soldats sont ainsi hébergés, cachés ou aidés, en ne comptant a minima que 2 pour la mention "plusieurs".

    Le maximum est atteint avec "30 soldats anglais cachés dans la forêt de Mormal et ravitaillés pendant deux mois".
     
  • Espionnage dont la détention et le lâcher de pigeons, appartenance au comité Jacquet, etc. :
    22 sont dans ce cas.

  • Actes de Résistance (même si le mot n'avait pas alors la valeur qu'on lui a accordé lors de la guerre suivante) envers l'occupant sous des formes diverses : refus de travailler, diffusion de documents (ex : "L'Oiseau de France"), écoute de la TSF de la France libre via un poste caché, détention d'armes (parfois laissées par des soldats hébergés) malgré les interdictions, ou encore en détournant un train blindé, prémices de "résistance-fer".
    19 sont dans ce cas.
     
  • Civils condamnés, otages (notamment en Lithuanie), déportés, fusillés ou décédés : 15.

 

Les voici, en commençant pour chaque catégorie, par les dames :

     Les peines encourues, appliquées avec sévérité comme savait le faire l'occupant, vont de la peine de prison de quelques mois à 20 ans, parfois assortis d'amende (à payer en Marks) ou de la déportation pour plusieurs années, à la peine capitale.

Seuls ceux qui survécurent jusqu'à leur libération peu après l'armistice verront leur temps écourté.

     Quelques cas ont été traités sur ce même blog, auquel cas un lien renvoie vers le sujet (nom souligné et repéré par *) ;
pour d'autres les archives du Ministère de la Défense, de la Croix-Rouge (CICR), de la Légion d'honneur, permettent d'en savoir un peu plus sur le bénéficiaire, parfois les circonstances.
J'ajoute ce que je sais d'eux, indiqué sous leur citation, en complétant désormais au fur et à mesure, parfois en rectiffiant les erreurs au journal officiel.

 

1. Aide aux soldats

 
BROYART Eugénie (Mme), ménagère à Méru (Oise).
  Vermeil




Condamnée à 3 ans de prison pour avoir refusé d'indiquer le refuge d'un soldat français. Séparée de son mari et de ses quatre enfants. Internée à Siegburg où elle fit deux ans de cellule.
BERANGER Marguerite Blanche, née le 19/05/1884 à Ugny-le-Gay (Aisne) de Alfred et MINART Claire, mariée à BROYART Lucien Virgile le 10/05/1902.
Sa fiche du CICR indique un seul prénom "Eugène" (sic) ce qui semble faire d'Eugénie son prénom d'usage. Faite prisonnière à Vouel (Aisne) où elle résidait en famille. Les registres la situent à Siegburg le 31/01/1917.
 
MASSE Zénaïde (Mme, née Michaux), ménagère à Villers-Outréaux (Nord).
  Argent

A caché et nourri pendant deux ans un soldat : découverte, a été emmenée en captivité en Allemagne où elle est restée internée pendant six mois.
MICHAUX Joraine Céline Virginie, née à Villers-Outréaux le 11/06/1874 de Louis et LEMAIRE Marie Josèphe, mariée à MASSE Auguste le 11/04/1896.
Sa fiche au CICR signale qu'lle a été faite prisonnière à Caudry le 01/10/1916 ; début décembre 1916 elle est à la prison de Siegburg, d'ù elle est transférée le 31/05/1917 vers Limbourg a/Lahn. Il n'y a aucune indication sur la durée de son emprisonnement.
Sa fille Alice née le 11/04/1898, arrêtée en même temps, la suit dans sa captivité (elle a 16 ans en 1916). Elle sera citée au JO du 25/07/1923 pour la même médaille ; sa captivité durera 2 ans.

MASSE Alice JORF 19230725

 
AUTIER Léonie (Mme), couturière à Thilay (Ardennes).
  Argent

Emmenée en captivité pour avoir caché un de ses neveux qui atteignait l’âge de la mobilisation, a eu l'attitude la plus ferme vis-à-vis de l'ennemi ; a été mise en cellule pendant un an par suite de son refus obstiné de servir les Allemands.
Née le 06/06/1872 à Thilay de Jean-Baptiste et LEDUC Marie Marceline. Son dossier au CICR mentionne qu'elle a été emprisonnée à Siegburg, (venant de Limburg a/Lahn) le 27/02/1917. A une demande de renseignements de la famille résidant en France libre, la Croix-Rouge répond en mars 1918 que, graciée, elle a été renvoyée à Thilay le 23/11/1917.
*
BAUDUIN Julia-Célestine (Mme, née Farcage), ménagère au Cateau (Nord).
  Argent A caché pendant la guerre du 26 août 1914 au 10 septembre 1916 un soldat anglais ; arrêtée ainsi que ce soldat par les Allemands, a été condamnée à deux ans de réclusion.
 
CARLIER Berthe (Mme), demeurant à Etampes (Seine-et-Oise).
  Argent



A fait preuve, pendant l'occupation, d'un grand dévouement à l'égard des soldats alliés. A, pendant onze mois, caché et ravitaillé deux soldats russes, prisonniers évadés ; dénoncée, a été condamnée, le 15 décembre 1916, par un conseil de guerre allemand à deux ans de prison, dont un de cellule, qu'elle a subis intégralement.
CARLIER Berthe Nathalie, née à Reims le 27/01/1894 de Célestin et DURSY Marie Victorine.Célibataire, elle habite à Dizy-le-Gros (Aisne) lorsqu'elle est arrêtée à 22 ans, et conduite à Aix-la-Chapelle. Le CICR la trouve à la prison de Bonn le 01/02/1918 d'où elle sera transférée à Limbourg a/Lahn en mai 1917. Sans nouvelles, la famille en zone libre apprendra le 04/01/1919 qu'elle a été envoyée à Rastatt le 22/11/1918 en vue de son rapatriement.
Ce n'est qu'après la guerre qu'elle se fixe à Etampes, où elle épouse Henri CRINIERE en 1930. Elle décède à Poitiers en 1978.
 
CONIA Marie-Josèphe-Célina (Mme, née Dusautoir), ménagère à Wasquehal (Nord).
  Argent


Condamné à 3 ans et demi de réclusion pour avoir caché son frère, soldat au 7e régiment d'infanterie, échappé des mains de l’ennemi. A subi sa peine pendant 18 mois, en cellule à Siegburg.
DUSSAUTOIR Marie-Josèphe-Célina, née le 24/10/1871 à Bouvelinghem (Pas-de-Calais), fille de DUSAUTOIR Sophie. Elle épouse MINEBOIS Théodore Joseph qui décède en 1909, puis le 09/12/1920 à Tourcoing, CONIA Louis.
Sa fiche aux archives du CICR la situe à Siegburg le 11/11/1916 (avec Louise de Bettignies).

Elle figure dans cette même liste sous le nom de son premier mari : Minebois.

Le frère, DUSSAUTOIR Louis Joseph Lucien, né le 15/05/1874 à Bouvelinghem, bien que père de 6 enfants le 24/08/1914, a été rappelé au 7e RIT.
Porté disparu aux environs de Tournai le 27/09/1914, capturé -chez sa sœur- le 26/07/1915 à Wasquehal, il a été emprisonné à Gösloh (à l'Ouest de Hannovre) puis à Soltau dont il a été rapatrié le 05/01/1919.
 
LEGRAND Blanche (Mme, née Sohier), ménagère à Obies-lez-Bavay (Nord).
  Argent

A ravitaillé pendant deux mois trente soldats anglais cachés dans la forêt de Mormal et caché pendant trois années un civil condamné à mort par l'autorité allemande.
SOHIER Blanche, née le 06/02/1891 à Gommegnies (Nord) de Jules et LESNES Léocadie. Mariée à Obies le 23/07/1921 avec LEGRAND Jules Désiré. Décédée à Obies le 11/11/1969.
Cet épisode concerne des blessés anglais ainsi que des soldats (dont le lieutenant C.H. BUSHELL) pris au piège du retournement du front.
Il est relaté dans le livre de Louise Thuliez "Condamnée à mort", disponible sur Gallica, où apparait le nom de Léocadie SOHIER, mère de Blanche. Celle-ci a été décorée par les britanniques : "The Allied Subjects' Medal" réservée aux civils ayant aidé des militaires britanniques.
Le même épisode est relaté d'un autre point de vue dans les mémoires de René Delame.
 
TOUROLLE Madeleine-Georgette (Mme, née Berteaux), demeurant à Saint-Michel (Aisne).
  Argent


A ravitaillé pendant onze mois un aviateur français venu en mission à Saint-Michel. Condamnée à quatre ans de travaux forcés par le conseil de guerre d'Hirson, a fait vingt-sept mois de prison en Allemagne (avait vingt ans).
BERTEAUX Madeleine Georgette née le 09/09/1896 à Ramousies (Nord) de Charles Félix et FAITROP Mathilde. Elle épousera André TOUROLLE à St Michel en 1919.
Selon les documents du CICR, capturée à St Michel (Sougland) le 29/8/1916, elle est à Hirson le 19/09/1916, à Siegburg les 10/10 et 11/11/1916, à Limburg a/Lahn le 31/5/1917.
Dans chacune de ses détentions elle est accompagnée de sa mère FAITROP Mathilde épouse BERTEAUX et de sa soeur Marguerite-Blanche épouse BEAUBE, son père BERTEAUX Charles et le mari de sa soeur, BEAUBE Paul ont également été emprisonnés (je les ai traités avec le JO du 11/03/1923)
 
CAUCHETEUX Marie (Mme, née Maillart), ménagère à Escaudain (Nord).
  Bronze

A subi une peine de quarante-cinq jours de prison pour avoir essayé de faire franchir la frontière hollandaise à ses deux fils.
MAILLARD Marie-Joseph née le 13/03/1872 à Escaudain de François et MARQUANT Marie Joseph, mariée le 31/10/1891 à Escaudain avec CAUCHETEUX Edouard.
2 fils : Léon, né le 5 mars 1892, exempté avec sa classe, "resté en pays envahi, retrouvé en pays reconquis" (sic) et Edouard, né le 05/02/1894, dont l'état des service a été détruit à Valenciennes en mai 1940, et non reconstitué.
 
DELECOURT Amélie-Jeanne-Adèle (Mme, née Fontaine), coupeuse à Paris.
  Bronze

A recueilli et abrité pendant de longs mois des soldats français blessés. Collaboratrice du comité Jacquet.

FONTAINE Amélie Jeanne Adèle, née à Lille le 7 octobre 1874 de Jean François et VASSEUR Adèle. Mariée à Louis Jules DELECOUR (coupeur en confection) le 22/11/1897 à Lille.
Voir sur la résistance dont le Comité Jacquet.
 
FERTIN Louise (Mme), lingère à Lille.
  Bronze A caché pendant trois ans un soldat français ayant participé à la défense de Lille en 1914.
 
MINEBOIS Marie (Mme, née Dusoitoir), ménagère a Wasquehal (Nord).
  Bronze

A subi dix-huit mois d'internement pour avoir donné asile à son frère, soldat français échappé du siège de Lille.
DUSSAUTOIR Marie Josephe Célina. Elle figure dans cette même liste, pour les mêmes faits, sous le nom de son second mari : CONIA.
 
MOUGENOT Louise-Rosine (Mme, née Cresson), couturière à Rumegies (Nord).
  Bronze

A ravitaillé et fait [=aidé à] fuir en juillet 1917 deux soldats anglais prisonniers évadés, qui tentaient de rejoindre leur unité par la Hollande.
CRESSON Louise Rosine, née le 23/01/1883 à Salomé (Nord) de Louis et MANNECIER Sophie, mariée le 29/01/1901 à Lille avec MOUGENOT Léon Pierre. Décédée le 25/01/1963 à Thivencelles.
Elle a reçu des autorités britanniques une lettre de remerciements pour son aide aux soldats.
 
PERRIEZ Marie-Elise (Mme, née Lemay), ménagère à Bermerain (Nord).
  Bronze


Condamnée à un an de prison par les autorités allemandes pour avoir caché et hébergé un soldat anglais, a subi sa peine à la maison d'arrêt de Valenciennes de mai 1917 à mai 1918.
LEMAY Marie Elise, née le 28/07/1878 à Bermerain de Firmin et CHEVAL Uranie. Mariée à Bermerain le 06/09/1909 avec Joseph PERRIEZ.
Elle a reçu des autorités britanniques une lettre de remerciements pour son aide au soldat.
 
PHILOUZE Suzanne-Odette (Mme, née Pequel), directrice de bazar à Cambrai (Nord).
  Bronze Le 26 août 1914 a donné asile à deux soldats français qu’elle a gardés, l’un jusqu'au 3 septembre, l'autre jusqu'en octobre de la même année. A la fin d'octobre 1914, a caché un soldat alsacien déserteur de l'armée allemande et l'a gardé jusqu'au 15 décembre 1916.
 
BLINTZ Joseph-Xavier (M.), inspecteur de police spéciale à Mulhouse (Haut-Rhin).
  Argent Avant de déserter les rangs de l'armée allemande pour venir servir en France s'est exposé aux plus grands dangers en facilitant l'évasion de divers soldats français prisonniers, pendant qu'il était employé dans un hôpital militaire allemand ; a été, pour ce fait, arrêté et incarcéré.
 
COURBEZ Ildefonse (M.), cordonnier à Somain (Nord).
  Argent


A été condamné à deux mois de prison et dix ans de réclusion, incarcéré dans une forteresse du 11 septembre 1917 au 17 novembre 1918 pour avoir favorisé l'évasion en France libre de jeunes gens mobilisables.
COURBEZ Ildephonse, né le 15/05/1880 à Somain, de Ildephonse et BETREMIEUX Clotilde.
Son dossier au CICR le signale capturé à Herve (Belgique) le 11/09/1917, au pénitencier (Strafanstalt) de Rheinbach en février 1918, puis au camp de Limburg a/Lahn le mois suivant.
A chaque localisation il apparait à coté de BETREMIEUX Alphé, frère de sa mère, né le 08/04/1865 à Aubry (Nord), employé de chemin de fer (Bahnbeamter) capturé à Somain le 12/09/1917.
Il est cité pour la même médaille au JO du 15/05/1923.

BETREMIEUX A JO 19230515 MRF

Le fils de celui-ci, BETREMIEUX Alphé Ernest, né le 7 mars 1896 à Somain, donc classe 1916, sera incorporé au 73e RI le 08/04/1915 ; il recevra en 1928 la médaille des évadés pour n'être pas resté en zone occupée : peut-être faisait-il partie de ceux aidés par Ildephonse COURBEZ.

 
DELAPORTE Eugène (M.), boulanger à Ham (Somme).
  Argent

A été emprisonné en Allemagne pendant trente-deux mois pour avoir fourni du pain à deux soldats français restés dans les lignes ennemies.

DELAPORTE Eugène Charles, né à Anguilcourt-le-Sart (Aisne)le 17/12/1897 de Charles et DELIGAT Marie. Selon le registre du CICR le 13/11/1916 il est détenu à Diez. "Non recensé en temps utile parsuite d'un cas de force majeure (et pour cause) il intégrera le 12e BCP en mars 1919. Il décède à Ham le 25/02/1936.
 
DUFOUR Charles-Bruno (Feu M.), mineur à Loos-en-Gohelle (Pas-de-Calais).
  Argent


Condamné à 10 ans de travaux forcés pour avoir secouru et caché un soldat français ; est décédé de la suite des privations et souffrances endurées au cours de trois ans et demi de captivité.
DUFOUR Charles Bruno né le 25/03/1855 à Waziers (Nord) de Charles Bruno et GAMBIER Adéline. Il épouse en 1910 Marie PLAYE, veuve de COLARD Jean Pierre, dont COLARD Angèle née le 01/02/1878 qui épouse LEMAIRE Auguste en 1896.
Charles DUFOUR figure sur le monument aux morts de Loos-en-Gohelle, sa fiche personnelle sur le site MémorialGenWeb donne le récit suivant :
"M. Charles DUFOUR, ancien Conseiller municipal de Loos-en-Gohelle,rencontra dans Lens un homme blessé et affamé. Cet homme M. GEROME Augustin de Divion (62) avait été blessé le 01/10/1914 à Douai (59). Il avait pu s'échapper et avait gagné Lens. M. DUFOUR le conduisit chez sa belle-fille Angèle COLARD. Du 11 octobre 1914 au 6 février 1915, ils vécurent tous trois en continuelle alerte. Le 6 février 1915, ils furent dénoncés, emmenés, condamnés à 10 ans de réclusion puis jetés dans une forteresse allemande. M. DUFOUR fut transféré dans la cellule 7 du [camp d'Absendung au] camp de Rheinbach. Il y décède de maladie le 27/07/1918. Angèle COLARD mourra le 01/12/1926 à Loos-en-Gohelle des suites de sa déportation. Elle recevra la Légion d'Honneur. Le dénonciateur fut condamné après la guerre par le Conseil de Guerre de Lille (59)."
Le dossier au CICR indique qu'après sa capture à Lens le 12/02/1915, il était interné à Siegurg en mars 1917, puis transferé à Limburg a/Lahn en mai de la même année. Il sera inhumé au cimetière de Ehrang (au nord de Trèves), tombe n°647.

Angèle LEMAIRE, née COLARD est faite Chevalier de Légion d'honneur par décret du 4/10/1918, au motif suivant :
"Au mois d'octobre 1914, étant encore à Lens a recueilli un soldat français blessé, l'a soigné et a pourvu à sa subsistance pendant 5 mois environ. Arrêtée par les Allemands a été condamnée à 10 ans de travaux forcés. Conduite en Allemagne est restée en prison jusqu'au 7 novembre dernier"
L'une de ses fiches du CICR indique simplement qu'elle n'est pas à Rheinbach; l'autre  au nom de "COLARD née LEMAIRE" (sic) qu'elle est à la prison de Siegburg en avril 1917 puis Limburg a/Lahn en juin 1917 après internement à Ziegenhain en novembre 1916.
 
QUENNESSON Emile (M.), fabricant de tissus à Villers-Outréaux (Nord).
  Argent

Maire de la commune ; fut condamné à cinq années de prison pour avoir pourvu à l' entretien de trois soldats anglais ; a subi dix-neuf mois de cellule en Allemagne.
QUENNESSON Emile né le 22/03/1857 à Clary (Nord) de Pierre Joseph et MONTAY Catherine.
Son dossier du CICR le situe au camp de Friedrichsfeld/Wesel en mars-avril 1917, transféré de Clève.
Fait chevalier de la Légion d'honneur par décret du 24/07/1934 au motif suivant :
"A mis à l'abri, pendant l'invasion allemande, au péril de sa vie, plus de cent soldats français et anglais, et fut, faut de preuves, condamné à 5 ans de forteresse en Allemagne. Quatre fils morts pour la France"

Il a été décorée par les britanniques : médaille de bronze, "The Allied Subjects' Medal", réservée aux civils alliés ayant aidé des militaires britanniques.
 
RURSCH Eugène (M.), garde forestier à Haguenau (Bas-Rhin).
  Argent A, pendant un an et demi, recueilli et hébergé en forêt, au péril de sa vie, trois jeunes Alsaciens réfractaires.
 
TRICOTTEUX Fénelon (M.), cultivateur à Barenton-sur-Serre (Aisne).
  Argent


Traduit devant un conseil de guerre allemand pour avoir donné abri à des soldats français, a été condamné, le 26 juin 1915, à 5 années de prison pour ce fait ; est resté incarcéré pendant 17 mois.
TRICOTEUX Charles Fénelon né le 26/03/1861 à Busigny (Nord) de Charles et DELHAYE Eugénie.
Selon les renseignements du CICR il est à Wittlich en novembre 1916.
 
CACHEUX André dit Florent (M.), négociant en rouennerie à Saint-Quentin (Aisne).
  Bronze


Lors de l'arrivée de l'ennemi à Saint-Quentin, le 28 août 1914, a préservé de la captivité 4 officiers et 18 soldats français en leur procurant des vêtements civils. A caché dans sa maison, au péril de sa vie, leurs armes, munitions et équipements.
CACHEUX Pierre André (dit par la suite Florent) né le 01/11/1853 à St-Aubert (Nord) de CACHEUX Marie Catherine.
 
CROP Michel-Théodore-Joseph (M.), secrétaire de mairie à Bousbecque (Nord).
  Bronze

Emprisonné par les Allemands, du 19 janvier au 31 juillet 1918, pour avoir procuré à trois jeunes gens les moyens de traverser la Belgique pour gagner la Hollande.
Né le 02/05/1891 à Bousbesque de Ernest et CASTEL Jeanne.
Il recevra également en 1938 la Médaille des prisonniers civils, déportés et otages de la grande guerre.
 
DELAPLACE Léon-Charles-Henri (M.), employé de commerce à Roubaix (Nord).
  Bronze A trois reprises différentes, en 1915 et en 1916, a tenté de regagner la France non occupée par la Hollande ; arrêté par les Allemands, a subi deux détentions d'une durée de sept mois et quinze jours de prison.
 
DELECAUX Henri-Joseph-Louis (M.), propriétaire à Lambersart (Nord).
  Bronze


A favorisé l'évasion de 6 soldats du 8° régiment d'infanterie territoriale en leur fournissant des effets civils. A été emprisonné pendant quinze jours, en 1915, pour avoir refusé de faire confectionner des sacs à terre.
DELECAUX Henri Joseph Louis, né le 08/10/1859 à Orchies de Jean-Baptiste et LAMBERT Catherine.
Chevalier de la Légion d'honneur en 1932, parmi les motifs :
"A assuré pendant l'occupation le ravitaillement de la commune de Lambersart dont il était maire [1916-1925]. Emmené comme otage pendant la guerre".
 
DEMOUSTIER Henri (M.), comptable à Maubeuge (Nord).
  Bronze




Arrêté par les Allemands le 21 août 1917 alors qu'il tentait, à Hombourg (Belgique), de passer en Hollande pour gagner ensuite les lignes françaises. A été condamné par le conseil de guerre de Liège, après deux mois de prévention, à six mois de prison. A subi sa peine dans un des forts de cette ville, puis a été dirigé sur le camp de Sennelager, où il est resté jusqu'à la conclusion de l'armistice.
DEMOUSTIER Henri Victor Joseph né à Maubeuge le 15/06/1895 de Henri et MOURY Ambroisine.
Selon le dossier du CICR il a été capturé à Hombourg le 23/08/1917. Détenu initialement à Lüttich (Liège en Allemand), il est au camp de Senne le 25/02/1918.
Il y est accompagné de BOUGUIN Gabriel (fiché "Bonquin") né le 31/07/1897 à Néris-les-Bains (Allier), DRUON Charles Ernest Camille né le 06/01/1896 à Paris et TITON Eugène (Georges) né le 21/02/1891 à Sancerre (Cher) capturés en même temps.


Bien que considérés comme civils par le CICR, ce sont en fait des militaires qui se sont trouvés derrière les lignes allemandes :

Charles Druon matricule 1400 classe 1916 à Paris 1er bureau a été incorporé le 12/04/1915. Il est au 35e RI lorsqu'il est porté disparu le 16/04/1917 au combat de Berméricourt (Marne) au nord de Reims. Une fois libéré à l'armistice, il sera réintégré pour n'être libéré qu'en septembre 1919.
Gabriel Bouguin matricule 1846 à Moulins a été incorporé au 60e RI le 09/01/1916.  Porté disparu le 16/04/1917 à Berméricourt. Une fois libéré à l'armistice, il sera réintégré pour n'être libéré qu'en octobre 1919.
Eugène Titon matricule 3264 classe 1911 à Paris 1er bureau, était mobilisé au 44e RI, prisonnier de guerre le 16 avril 1917 à la ferme Godat (5km à l'est de Berméricourt), cité à l'ordre du régiment le 30/04/1917 pour des faits déroulés à la date de sa disparition. Une fois libéré à l'armistice, il sera réintégré pour n'être libéré qu'en août 1919. Il décède le 14 juillet 1921.

Tous les 3 participaient à la même attaque dite "2e bataille de l'Aisne" parmi la 14e Division d'infanterie (2e flèche bleue en partant de la droite) :

19170416
(voir le site Carto 14-18)

et ont donc nécessairement échappé aux Allemands avant de tenter de passer en Hollande lorsqu'ils sont repris 4 mois plus tard.

Henri Demou
stier, une fois libéré du camp allemand, et décrété bon pour le service armé, sera incorporé (à Paris) au 62e RI en mai 1919, alors qu'il est à l'Hopital Militaire de l'école St-Nicolas d'Issy-les-Moulilneaux, probablement les séquelles de son incarcération. Il sera rendu à la vie civile le 14/09/1919. Son état signalétique et des services, porte  -comme pour tous ceux qui étaient en zone occupée- la mention "Non recensé  en temps utile par suite d'un cas de force majeure" ...
 
BISIAUX Lucien (M.), agriculteur à Fontaine-au-Pire (Nord).
  Bronze



Voulant se rendre en France non occupée pour être incorporé, a été arrêté, le 10 juin 1915, et fait prisonnier à la frontière de Hollande ; maintenu pour ce fait pendant deux mois en cellule à Aix-la-Chapelle, a été dirigé ensuite sur Darmstadt, où il a travaillé dans une ferme jusqu'à l'armistice.
BISIAUX Edouard Lucien né le 26/10/1897 à Caudry (Nord) de Jules et LERICHE Elise.
Il ne semble pas y avoir de fiche à son nom dans les archives du CICR. "Non recensé  en temps utile par suite d'un cas de force majeure", il est affecté au 81e RI dont il sera libéré le 16/09/1919. Cependant, avec la guerre suivante, la notion de déporté résistant va apparaître, et son état des services (Matricule 2387, classe 1917 Cambrai) porte la mention suivante :

Déporté-Résistant

 
HEGO Alphara (M.), employé de commerce à Aniche (Nord).
 

Bronze


A recueilli et tenu caché chez lui en août 1914, pendant un mois un soldat français qui malade n'avait pu suivre son régiment ; a fait une propagande française des plus actives de 1914 à 1918, en faisant reproduire à la machine à écrire des extraits de journaux favorables à notre cause et en les distribuant parmi la population.
HEGO Alphara, né le 03/03/1877 à Aniche de Alphara et WAGNEZ Catherine.
 
HENRY Jean-Marie-Léon (M.), banquier à Courcelles-Chaussy (Moselle).
  Bronze
Interprète dans un camp de prisonniers anglais et français, a facilité au péril de sa vie, l'évasion de plusieurs de ceux-ci.
 
LEROY Alfred (M.), ouvrier métallurgiste à Bermerain (Nord).
  Bronze


Fait prisonnier par les Allemands en 1915, au moment où il essayait de franchir la frontière de Hollande pour rejoindre les troupes françaises, a été incarcéré jusqu'à l'armistice.
LEROY Alfred né le 08/05/1895 à Anzin de Jean-Baptiste et PAYEN Ruffine. Initialement matricule 2131 à Reims pour cause de résidence à Auxonne, inscrit à Cambrai matricule 2276 classe 1915 "Non recensé en temps utile par suite d'un cas de force majeure" il est affecté le 18/07/1919 au 1er régiment de Dragons, libéré le 03/09/1919.
En 1954 il obtiendra le statut de déporté résistant eu égard au comportement qui lui vaut la citation ci-dessus ; de ce fait la période du 22/07/1915 au 19/11/1918, soit 3 ans, 9 mois 20 jours sera comptée (double) comme service militaire actif dans la zone de combat et dans une unité combattante.

DR1

Il ne semble pas y avoir de fiche à son nom au CICR.

 
ROY Louis-Auguste-Joseph (M.), employé à Paris.
  Bronze Condamné à quatre-vingt-quinze jours de cellule qu'il a subis pour avoir tenté de franchir la frontière hollandaise. Arrêté aux environs de Tournai (Belgique).
 
SANTIERE Jules-André (M.), tulliste à Caudry (Nord).
  Bronze


Condamné pour avoir transporté les correspondances des territoires occupés en Belgique et servi de guide à des jeunes gens qui ont réussi à franchir la frontière hollandaise pour rentrer en France. A subi un an d'emprisonnement en Allemagne.
SAUTIERE Jules André né le 11/06/1886 à Beaumont-en-Cambrésis (Nord) de Jules et BOUDANT Marie. Son dossier au CICR le situe à Rheinbach le 10/01/1916, puis à Siegburg-Brückberg le 14/08/1916, et Holzminden le 02/11/1916.
Son état des sevices militaires (matricule 108, classe 1906 Avesnes) signale "Resté en pays envahi, n'ayant pu être touché par un ordre de route individuel"
 
VERMESSE Victor-Louis-Joseph (M.), secrétaire des établissements Thiriez à Loos (Nord).
  Bronze


Pendant l'occupation allemande, a caché et ravitaillé quatre soldats français. A fait évader deux personnes recherchées par les Allemands. Suspect à l'ennemi, a été l'objet de nombreuses vexations et emprisonné à la commandanture de Lille.
VERMESSE Victor Louis Joseph, né à Lille le 28/6/1873 de Louis et WALLART Elvina.
 
VEYMERINGER Jean-Pierre (M.), menuisier à Basse-Yutz (Moselle).
  Bronze

Gardien de prisonniers français, a facilité l'évasion de plusieurs d'entre eux au péril de sa vie.
VEYMERINGER Jean Pierre né le 6 janvier 1870 à Basse-Yutz (Moselle) de Jean et NEUBERGER Marie.

2. Espionnage.

 
GEHIN Augustine (Mme, née Delattre), cultivatrice à Colleret (Nord).
  Vermeil



Arrêtée sous inculpation d'espionnage, 15 ans de travaux forcés, incarcérée du 21 janvier 1918 au 15 novembre 1918 (Hautmont, Maubeuge et Namur), régime cellulaire, santé très altérée. A eu son fils fusillé sous ses yeux ; sa fille condamnée à mort eut sa peine commuée en celle de la détention perpétuelle.

DELATTRE Augustine Marie Joseph née à Thy-le-Chateau (Belgique) le 13/07/1856 de François et DEVERGNIES Amérante. Mariée la 22/04/1880 à Colleret avec GEHIN Gustave; ils ont eu 11 enfants, dont :
Marcel GEHIN, né le 24/07/1896 à Colleret fusillé le 04/05/1918 à Maubeuge pour avoir relâché un pigeon voyageur porteur de renseignements.
Marthe GEHIN, née le 02/08/1899 à Colleret, dont la peine de mort fut commuée en travaux forcés à perpétuité ; incarcérée à Mons puis Namur où la trouva l'armistice.

Leur histoire commence ainsi :
"Maubeuge, le 4 mai 1918
Ce matin, à 10h, tandis que les gendarmes boches interdisaient aux passants l'accès de la porte de Mons, un peloton fusillait dans les fossés des remparts trois héroïques habitants de Colleret : Marcel GEHIN, 22 ans, Jules NICOLAS, 32 ans, tous deux célibataires, et Eugène DEBRUXELLES, 42 ans, père de 3 enfants.
Le 24 novembre 1917, Marcel Géhin avait ramassé dans une prairie auprès de sa maison, un léger panier d'osier suspendue à un ballonnet rouge et contenant un pigeon voyageur, un numéro du Petit Parisien, un questionnaire à remplir ..."
La suite est retranscrite dans le livre de Georges DUBUT-MASION "Journal d'un bourgeois de Maubeuge", édité en 1923 et disponible sur le site nordnum.univ-lille pp240 à 244

Un autre fils, Jules GEHIN, né le 06/05/1894 à Colleret, Brigadier au 4e Régiment de Chasseurs d'Afrique est Mort pour la France le 20/10/1918 à Lesnica (Albanie).
 
JACQUET Marie-Jeanne (Mme, née Pauzié), à Lille (Nord).
  Vermeil


A été la collaboratrice la plus intime et la plus dévouée et le soutien moral constant de son mari dans l'œuvre admirable accomplie par lui et pour laquelle il fut condamné à mort et fusillé par l'ennemi.

PAUZIE Jeanne Marie née le 07/074/1874 à Paris (XIe) de César et DUSSAULT Marie, décédée à Marc-en-Baroeul le 31/03/1944, mariée à JACQUET Eugène Camille né le 22/09/1869 à Compiègne de Camille et LECALA Lucie,  fusillé le 22/03/1915 à la citadelle de Lille.

"Eugène Jacquet, grossiste en vin, secrétaire général de la Fédération du Nord de la Ligue des Droits de l’Homme, socialiste franc-maçon et pacifiste, s’est rallié en 1914 à l’Union sacrée. Il parle couramment anglais pour avoir résidé aux U.S.A. (Chicago) et en Grande-Bretagne. Avec des amis, Georges Maertens, Ernest Deconninck et le Belge Sylvère Verhulst, il met sur pied, avec l’appui du préfet Trépont, un réseau d’évasion et de renseignements. On y trouve outre les frères Plouvier, industriels du textile qui donnent des subsides, des fraudeurs professionnels qui assurent le convoyage (Gaston Lécuyer, Léon Vestens ou Hyppolyte Cloots) ainsi que Jean Vandenbosch chargé du renseignement.

Le Comité Jacquet est démantelé à la suite de l’affaire Mapplebeck. En mars 1915, un avion britannique est contraint, après avoir bombardé le quartier d’Esquermes à Lille, d’atterrir à Wattignies. Pris en charge par le réseau Jacquet et rapatrié en Grande-Bretagne, le pilote Mapplebeck survole de nouveau Lille et largue une lettre où il se moque du gouverneur Heinrich. Trahis par un certain Richard (qui sera condamné à la déportation en 1919), les membres du réseau sont arrêtés et les Allemands découvrent, caché dans le bras d’un fauteuil, le journal de l’aviateur. Plus de 200 personnes sont arrêtées. Jacquet est condamné à mort par le Tribunal militaire de Lille le 21 septembre 1915, ainsi que Verhulst, Maertens et Deconinck. Ils sont exécutés le 22 à l’aube. Les autres membres du Comité sont condamnés à des peines de prison et à la déportation." in http://www.cheminsdememoire-nordpasdecalais.fr
 
MAERTENS Joséphine (Mme, née Tambrun), employée de bureau à Lille (Nord).
  Vermeil Collaboratrice et soutien moral de son mari dans l'œuvre admirable accomplie par lui et pour laquelle il fut condamné à mort et fusillé par l'ennemi.
TAMBRUN Joséphine née à Lille le 09/08/1868 de léon et LESPAGNOL Joséphine, mariée le 13/05/1889 à Lille avec MAERTENS Georges Charles né à Lille le 03/10/1865 de Charles et LOYEZ Céline.
Voir "Le Comité Jacquet" ci-dessus.
 
VAN CAUTEREN Jeanne-Hortense (Mme, née Rossi), journalière à Lille (Nord).
  Vermeil


Collaboratrice dévouée du comité Jacquet. Ravitaillait les soldats que celui-ci faisait évader, en a caché deux chez elle ; condamnée à trois ans de travaux forcés. A subi jusqu'à l'armistice dix-huit mois de détention.
ROSSI Jeanne Hortense née à Lille le 08/03/1882 à Lille de François et BRAYETTE Marie, mariée à Emile VAN CAUTEREN le 06/04/1919 à Lille. Son dossier au CICR la signale à Siegburg en juin 1917 puis à Limburg a/Lahn.
 
NIOT Catherine-Marie (Mme, née Carlier) ménagère à Dechy (Nord).
  Bronze


Condamnée à dix ans de travaux forcés à Aix-la-Chapelle pour recel de pigeons voyageurs. A subi pendant vingt mois les mauvais traitements du régime cellulaire de la prison de Sitzburg.
CARLIER Catherine Marie, née à Dechy le 30/12/1880 de Auguste et BERNARD Ernestine, mariée le 16/09/1907 à Dechy avec NIOT Charles.
Sa fiche au CICR indique qu'elle a été capturée à Douai le 30/05/1916 et internée à Siegburg (présence en novembre 1916) puis Limburg a/Lahn où elle se trouve en mai 1917.
 
BOUFFLERS Emile (M.), journalier à Hermies (Pas-de-Calais).
  Vermeil


Collaborateur dévoué au comité Jacquet. Condamné à 10 ans de travaux forcés, a fait 15 mois de cellule et de longs mois de captivité dans les marais de Soltau ; libéré à l'armistice.
BOUFFLERS Emile Jules né à Hermies  le 12/07/1879 de Jean Baptiste et RICQUE Anne. Sa fiche au CICR indique qu'en novembre 1915 il est au pénitencier (Strafanstalt) de Rheinbach.
 
BARATTE Jean (M.), secrétaire de la fédération agricole de Lambersart (Nord).
  Argent

A fait partie du comité Jacquet à Lille, et a été condamné à trois ans de prison par les Allemands.
BARATTE Jean Baptiste Louis né 27/02/1896 à Mons-en-Pévèle (Nord) de Jean-Baptiste et AGACHE Catherine. Il n'y a à son sujet au CICR qu'une demande de renseignements provenant du bureau des réfugiés de Lyon. Appelé à l'activité classe 1916 au 168e RI le 9/05/1919 et libéré le 3/09/1919.
 
BECKER Jean-Ernest (M.), vigneron, maire de Zellenberg (Haut-Rhin).
  Argent
Services précieux rendus pendant la guerre, et au péril de sa vie, à l'armée française.
BECKER Jean Ernest né le 06/12/1857 à Zellenberg de Joseph et RUDOLF Marie.
 
BORER Alfred (M.), débitant à Guebwiller (Haut-Rhin).
  Argent


A, au péril de sa vie, d'une part, aidé plusieurs citoyens belges à passer en Hollande, et d’autre part, a recueilli et transmis à l'armée française, de précieux renseignements.

Au touriste
Guebwiller, 140 rue de la république

 
CHIMOT Ernest-Emile (M.), demeurant à Laon (Aisne).
  Argent

Arrêté comme espion par les Allemands, a été, pour ce fait, détenu a la citadelle de Laon, de septembre 1914 à janvier 1917.
CHIMOT Ernest Emile né le 29/04/1896 à Boué (Aisne) de Pierre-Ernest et COUSIN Zima. Selon le CICR il a été pris à Lens le 10/10/1914. En février 1915 il fait partie des civils incarcérés à Merseburg.
 
DEBENATH Charles (M.), scieur de bois à Linthal (Haut-Rhin).
  Argent

A réussi à diverses reprises à franchir les lignes pour apporter, au péril de sa vie, de précieux renseignements à l'armée française.
DEBENATH Charles né le 01/12/1860 à Linthal de Nicolas et HUEN Catherine.
 
DELATTE Charles-Ghislain-Langey (M.), épicier à Fourmies (Nord).
  Argent


Dénoncé à l'autorité allemande comme faisant de l'espionnage, a été condamné à mort par le conseil de guerre de la 7° armée (juin 1917), peine commuée faute de preuves en celle de cinq années de réclusion ; est resté incarcéré jusqu'à l'armistice.
DELATTE Charles Ghislain Langey né le 19/09/1863 à Solre-le-Chateau (Nord) de Guislain et PORTEMONT Julie. Il n'y a qu'une fiche au CICR qui lui corresponde, sans preuve formelle, à Siegburg en novembre 1916.
 
FRANCK Bernard (M.), aubergiste à Sengern (Haut-Rhin).
  Argent

A franchi plusieurs fois les lignes pour apporter au péril de sa vie de précieux renseignements à l'armée française.
FRANCK Bernard né le 07/10/1864 à Sengern de Michel et RISSER Françoise.
 
KASTLER Auguste-Léon (M.), ingénieur à Guebwiller (Haut-Rhin).
  Argent

A fourni pendant deux ans de précieux renseignements militaires à l'armée française. Dénoncé en 1916, arrêté et, faute de preuves, envoyé en Ukraine.
KASTLER Auguste né le 07/06/1876 à Guebwiller de Laurent et PFIFFERLING Philippine. Il n'y a pas de fiche à ce nom au CICR.
 
BROUART Eugène (M.), comptable à Nouvion-en-Thiérache (Aisne).
  Bronze Condamné pour espionnage, a été emprisonné du 2 mars 1918 à l'armistice.
 
DAUPHIN Omer (M.), cultivateur à Estrées (Nord).
  Bronze



A été condamné à douze ans de travaux forcés pour détention de pigeons voyageurs et interné à Werden d'octobre 1916 à mai 1917. Se ressent encore de la maladie qu'il a contractée dans ce camp de prisonniers où il a été victime de mauvais traitements de la part des autorités allemandes.
DAUPHIN Homère né le 10/11/1866 à Estrées de Alexandre et BRIEZ Adèle. Une unique fiche de recherche au CICR indique qu'il est couvreur.
 
DORLEZ Louis (M.), chef de bureau à la préfecture du Nord, à Lille.
  Bronze


Condamné à six mois de prison comme ayant servi d'intermédiaire pour la correspondance avec la France non occupée. Au cours de sa détention, a eu à subir de mauvais traitements.

DORLEZ Louis Joseph né le 24/03/1861 à Bauvin (Nord) de DORLEZ Elisabeth.
 
FRANÇOIS Moreau-Maurice (M.), maçon à Athiers (Somme).
  Bronze


Bien que retenu prisonnier civil par les Allemands, a lâché, en 1917, un pigeon voyageur porteur de renseignements destinés aux troupes alliées. Arrêté par les Allemands, a été condamné pour ce fait à trois mois de cellule, qu'il a faits à la prison de Maubeuge.

FRANÇOIS Marceau Maurice né le 12/07/1896 à Athies (Somme) de  Léonor et DHOLLANDE Angelina.
 
PARENTIN Paul (M.), conseiller municipal de Loudrefing (Moselle).
  Bronze A rendu, au péril de sa vie, de précieux services à l'armée française pendant la bataille de Morhange.
 
RIETHMULLER Aimé (M.), cultivateur à Linthal (Haut-Rhin).
  Bronze

Dès le début de la guerre, fut, au péril de sa vie, un guide précieux pour les troupes françaises.
RIETHMULLER Aimé Emile né le 20/01/1891 à Linthal de Emile et WAGNER Marie.
 
SCHALL Isidore (M.), curé à Plaine (Bas-Rhin).
  Bronze A été incarcéré par l'ennemi en raison des services rendus à l'armée française, en août 1914 à Neuf-Brisach
 
WASSIER Albert (M.), directeur d'école libre à Marcq-en-Baroeul (Nord).
  Bronze




En 1916, a répondu à deux questionnaires dont étaient porteurs des pigeons voyageurs tombés à Mouvaux et recueillis par M. Montaigne, pharmacien de cette commune. De fin 1915 à avril 1917, de concert avec M. l'abbé Pinte, de Roubaix, a contribué au fonctionnement d'un poste secret de télégraphie sans fil qui fournissait les renseignements destinés à l' « Oiseau de France ».
WASIER Albert né le 08/04/1872 à Cysoing (Nord) de Rémi Joseph et LEMERRE Adeline. Abbé, puis chanoine honoraire, directeur du Collège (privé catholique) de Marc-en-Baroeul.
L'abbé PINTE à la TSF. Collection Archives Départmentales

Abbé Pinte t

3. Actes de résistance.

 
VILLOT Marie-Thérèse-Augustine-Léonie (Mme veuve, née Helbecque), à la Madeleine (Nord).
  Vermeil


A collaboré avec son mari à la diffusion du journal l'Oiseau de France. Internée le 21 décembre 1916, fut remise en liberté en janvier 1917 pour cause de maladie grave. Gardée à vue jusqu'à la fin des hostilités.
HELBECQUE Marie Augustine Léonie née le 15/05/1884 à Somain (Nord) de Charles et COCHEZ Louise, mariée à WILLOT Joseph Albert le 24/07/1906 à Croix (Nord).
"Pendant l'occupation allemande, Mme Vve Willot a été la collaboratrice de son mari pour la publication et la diffusion de l'« Oiseau de France », journal qui, pendant deux ans, soutint le moral des habitants de la région Lille-Roubaix-Tourcoing.
Emprisonnée par les Allemands puis relâchée parce que gravement malade, Mme Willot continua à recueillir à son domicile à Roubaix, des nouvelles par TSF, les communiqua autour d'elle, les porta à Lille et renseigna journellement un grand nombre de personnes jusqu'à l'armistice."

WILLOT Joseph Albert né le 25/11/1876 à Roubaix de Joseph et DISPA Elisabeth, décédé le 01/04/1919. Chevalier de la Légion d'honneur, décret du 12/08/1921 :
"Publiciste de guerre, professeur de pharmacologie à la Faculté libre de Lille, pharmacien. Cité à l'ordre de la Nation le 14/07/1919.
Au cours des années 1915 et 1916, durant l'occupation ennemie, a organisé la rédaction, l'impression et la diffusion du journal l'« Oiseau de France » dont le rôle contre les menées allemandes fut admirable et héroïque. A ainsi puissamment aidé à maintenir très haut le moral des populations envahies.
Arrêté à Roubaix le 19/12/1916, condamné à 10 ans de réclusion à Rheinbach (Westphalie) a enduré durant sa détention les pires tortures morales et physiques.
Rentré à Roubaix à l'armistice, est décédé le 1er avril 1919 des suites des mauvais traitements qu'il avait subis.
Magnifique exemple de courage et d'énergie, glorieuse victime volontaire du devoir et de son amour pour la Patrie."
Son dossier aux archives du CICR le situe au camp de Rheinbach en mai 1917, à celui de Limburg a/Lahn en juillet 1917, au pénitencier (Strafanstalt) de Brandenburg fin janvier 1918 et à celui de Rheinbach en mai 1918.
 
APLINE (Mme veuve, cabaretière à Lille Nord).
  Bronze Condamnée par un conseil de guerre allemand à six mois de réclusion (peine subie en Allemagne) pour avoir reçu et communiqué des journaux français à divers habitants de Lille.
 
BAUGÉ Caroline (Mme, née Bekelaer), ménagère à Lille (Nord).
  Bronze

Arrêtée pour avoir caché des armes et des effets militaires, a été internée dans une forteresse allemande de juillet 1915 à mars 1917.
BEKELAER Caroline née le 13/03/1862 à Bruxelles de Chrétien et VAN DROOGENBROEK Anne Catherine.
Les archives du CICR indique que, faite prisonnière à Lille le 26/07/1915, elle est à Siegburg en septembre 1915 et novembre 1916, à Limburg a/Lahn en mai 1917.
 
WORMSER Florestine (Mme veuve, née WORMSER), demeurant à Paris.
 

Bronze



Alsacienne dont les trois fils ont servi volontairement sous les drapeaux français. A été, pour cette raison et malgré son grand âge, de la part des autorités allemandes, l'objet de vexations, de mesures brutales et d'emprisonnement, auxquels elle a toujours opposé le mépris le plus parfait et le plus grand courage.
WORMSER Florestine, née à Grussenheim (Haut-Rhin) le 01/11/1851 de Paul dit Raphaël et LEVY Joséphine, mariée le 15/06/1878 à Grussenheim avec WORMSER Léopold, né à Grussenheim le 05/12/1847 de Samuel et SEE Caroline.
Les 3 fils sont :
Camille WORMSER, né le 09/03/1883, engagé volontaire en mars 1916, sous le nom de Varnier "emprunté" légalement pour les alsaciens pour la durée de la guerre,nom qu'il reprendra officiellement en 1950. Affecté au 83e régiment d'Artillerie. Intoxiqué par les gaz asphyxiants le 12/09/1917, cité à l'ordre du régiment, médaille militaire, croix de guerre, croix du combattant.
Edouard WORMSER, né le 26/01/1879, rappelé à l'activité à la mobilisation, affecté au 48e RIT, puis 22e section C.O.A.
Paul WORMSER, né le 05/05/1890, je n'ai pas -encore- son parcours militaire. Décédé le 15/12/1977 à Mussidan (Dordogne)
4 filles complètent la fratrie, l'une d'elles :
Florence WORMSER, épouse SCHWAB, née le 21/02/1885, déportée de Drancy, décède à Auschwitz le 24/08/1942. Mention "Morte en déportation", arrêté du 4 mars 2014.
 
CHOQUET Kléber (M.), tourneur sur métaux à Denain (Nord).
  Argent Jeune homme (quinze ans lors de l'invasion) de ferme caractère auquel son énergique refus de travailler pour l'ennemi a valu plusieurs années de déportation.
 
CLIQUENNOIS Louis-Désiré (M.), instituteur à Sommaing-sur-Ecaillon (Nord).
  Argent
Condamné à mort pour avoir caché des armes et des munitions. Peine commuée en 10 ans de travaux forcés. A été l'objet de mauvais traitements au cours de deux ans et demi de détention.
CLIQUENNOIS Louis-Désiré né le 14/09/1865 à Emmerin (Nord) de Jules et BOCQUET Angélique. Son dossier au CICR le situe à Münster (in Westfalen) en novembre 1916. Voir HUGO Désiré ci-dessous.
 
DROULERS Albert-Paul (M.), prêtre, demeurant à Loos (Nord).
  Argent




A été frappé d'une peine de 40 jours de prison ou 200 marks d'amende, en juillet 1916, pour avoir organisé des réunions patriotiques de jeunes gens et avoir publié une brochure polycopiée. A contribué à l'évasion par la Hollande de plusieurs jeunes gens et installé un poste de télégraphie sans fil qui lui a permis de recevoir des communiqués de la tour Eiffel.
DROULERS Albert Paul Emmanuel Marie Joseph né le 22/12/1887 à Tourcoing (Nord) de Georges et SCREPEL Mathilde. Décédé le 03/06/1950 à Amiens dont il était l'évèque depuis 1947.
Il a également fait partie des otages de représailles emmenés en Lithuanie de janvier à juillet 1918.
Croix de guerre.
Auteur de deux livres "Sous le poing de fer : quatre ans dans un faubourg de Lille" (1918) et "Le boche tel qu'il est" (1919).
 
JACOBY Henri Alfred (M.), cordonnier à Mons-en-Baroeul (Nord).
  Argent


A fait une active propagande pour détourner les ouvriers de travailler au profit des Allemands, arrêté et condamné, pour ce fait, à la peine de mort, cette condamnation ayant été commuée, a subi plus de trois ans de captivité.
JACOBY Henri Alfred né le 30/07/1869 à Reims de Michel et HOURT Anne Marie.
Selon le CICR, il est au pénitencier (Strafanstalt) de Rheinbach en septembre 1915.
 
LIÉNARD Julien-Lucien (M.), gardien de prison à Haubourdin (Nord).
  Argent



Condamné par le conseil de guerre allemand, le 23 juillet 1915, à 5 ans de prison pour dissimulation d'armes et munitions. Envoyé à Werden (Allemagne), puis en représailles en régions envahies à Longwy et Sedan. A été blessé au pied gauche par un coup de pioche donné par un Allemand ; a été privé de nourriture et a subi des mauvais traitements pour refus de travail. Libéré à l'armistice.
LIÉNARD Julien Lucien né le 04/10/1884 à Marcq en Baroeul (Nord) de Lucien et DESMONS Marie.
Il existe une fiche de recherche au CICR, qui confirme le métier, mais indique "originaire de Sars-Poteries". Il ne figure sur aucune liste de prisonniers.
 
MANCHE Louis-Constant-Alexis (M.), premier surveillant a la prison de Metz.
  Argent Pour avoir courageusement refusé de travailler au service de l'ennemi, a encouru plusieurs condamnations à la prison, dont la dernière à un an, peine qu'il subit sur le front russe, dans les conditions les plus pénibles.
 
BEAUVAIS Louis-Ferdinand (M.), receveur à la compagnie des chemins de fer du Nord à Baisieux (Nord).
  Bronze


Au début d'octobre 1914, a signalé un train blindé allemand se dirigeant sur Lille, ce qui a permis de l'aiguiller sur un cul de sac. Condamné pour ce fait à six mois de prison, a été déporté à Herford, puis à Holzminden, jusqu'en septembre 1917.
BEAUVAIS Louis-Ferdinand né à Montdidier (Somme) le 10/08/1883 de Elisé et LEDOUX Marie.
Les fiches de recherches au CICR le donnent disparu le 09/10/1914, en tant que receveur chef à la compagnie des chemins de fer du Nord. En mai 1916 il est au camp de Holzminden, en septembre 1917 il est transféré dans le Valais suisse, transféré pour raison sanitaire.
 
CALLENS Charles-Hyacinthe-Waltrand-Marie-Joseph (M.), négociant en liqueurs à Wambrechies (Nord).
  Bronze

A subi vingt-trois jours d'emprisonnement à Loos, pour n'être pas intervenu auprès de la population afin de l'amener à confectionner des sacs à terre.
CALLENS Charles Hyacinthe Waltrand Marie Joseph, né le 07/12/1871 à Linselles (Nord) de Charles et LECAT Marie
 
DELVINQUIER Charles-Emile (M.), directeur de cartonnerie à Lille (Nord).
  Bronze

Condamné, le 28 juillet 1916 pour avoir supprimé les secours aux civils qui travaillaient pour les Allemands, fut interné au camp de Holzminden.
DELVINQUIER Charles-Emile né  le 09/06/1869 à Carvin de Charles et BRUNAUX Céline.
Selon le CICR en octobre 1917, il a été évacué de Holzminden via  Constance vers le Valais suisse pour raison sanitaires (troubles hépatiques).
 
FACQ Lucien (M.), de Bully-Grenay (Nord) (sic).
  Bronze


Agé de quinze ans, fut réquisitionné par les Allemands pour de durs travaux en Flandre occidentale. Après cinq semaines de captivité, tenta de s'évader, fut arrêté et condamné à sept mois de prison qu'il subit à Elberfeld. Libéré le 11 août 1918, il gagna la Belgique, d'où il revint à l'armistice.
Je n'ai à son sujet qu'une fiche de recherche émise par Mme PETIT-FACQ de Le Portel auprès de la croix-rouge, qui confirme l'internement à Elberfeld puis le déplacement vers Berlin en octobre 1918.
 
HEGO Désiré (M.), garde champêtre à Sommaing-sur-Ecaillon (Nord).
  Bronze

Condamné à mort, peine commuée en dix ans de travaux forcés pour avoir caché des armes, subit une douloureuse détention de deux ans et demi dans les forteresses allemandes.
HEGO Désiré né le 11/08/1852 à Sommaing sur Ecaillon de Damas et FONTAINE Sophie. Interné à Münster in Westphalen en novembre 1916 selon le CICR. Voir CLIQUENNOIS ci-dessus.
 
JUNG Jacques (M.), rentier à Strasbourg.
  Bronze

Surpris par l'invasion à Douai, il a été traduit devant un conseil de guerre allemand pour avoir caché des armes et condamné à quinze ans de réclusion. Interné en Allemagne de novembre 1916 à novembre 1918.
JUNG Jacques né à Hoerdt (Bas-Rhin) le 02/01/1845 de François et MAECHLING Marie. Sa fiche au CICR le situe au camp de Cassel-Wehlheiden en mars 1917 venant de Douai.
 
LELEU Gustave-Anatole (M.), conseiller municipal à Lille (Nord).
  Bronze A été puni d'emprisonnement en cellule par l'autorité ennemie, pour avoir fourni de faux renseignements aux Allemands.
 
PLAISANT Edmond (M.), libraire à Douai (Nord).
  Bronze

Emprisonné par l'ennemi et conduit en Allemagne à Aix-la-Chapelle et Holzminden pendant un an et demi pour avoir caché deux voitures automobiles qui ont été découvertes en 1917.
PLAISANT Edmond né le15/09/1872 à Sin-le-Noble (Nord) de Charles et ABRAHAM Catherine. Selon le CICR après son arrestation à Douai il es à Holzminden en septembre 1915.
 
VAILLE Léon-Juvénal (M.), marchand de bois à Englefontaine (Nord).
  Bronze Condamné à six mois de prison, en sa qualité de maire, pour avoir caché une personne étrangère à la commune.

4. Civils condamnés, déportés, fusillés, otages.

 
CHOSSELAIR (Feue Mme veuve, à Etain Meuse).
  Bronze

Agée de quatre-vingt-cinq ans. A été emmenée, en août 1914, comme otage à Zwickau, où elle est décédée en octobre 1914.
BIZET Anne née le 12/08/1829 à Etain (Meuse) de Barthélémy et MILLARD Barbe, mariée en 1853 à Etain avec CHOSSELAIRE Jules décédé en 1867. Chevalier de la légion d'honneur à titre posthume, décret du 21 septembre 1923. Pas de fiche au CICR, détention et décès trop précoces. Son nom figure au monument aux morts d'Etain, ainsi que sur la plaque de l'église.
 
MOREAU Marie-Thérèse (Mme), avocat à la cour d'appel de Paris.
  Bronze
Evacuée comme otage de représailles en janvier 1918, et transportée dans le camp de Holzminden. Rapatriée en juillet suivant.
MOREAU Marie Thérèse, née à Tonnerre (Yonne) le 06/05/1883 de Georges et VILLEREAL Pauline. Résidant à Douai, elle a fait partie des 396 otages féminins de représailles emmenés au camp de Holzminden de janvier à juillet 1918. Par décret du 10 août 1923 elle est faite chevalier de la Légion d'honneur :

JORF 19231012 LH

 
LECLERCQ Jean-Baptiste (Feu M.), tisserand à Lys-lez-Lannois (Nord).
  Vermeil

Fusillé avec trois autres habitants de Lys-lez-Lannois parce qu'une tranchée avait été creusée au travers de la grande route, le 26 août 1914.

Le 26 août 1914 à 5 h du matin, une centaine de cavaliers allemands arrivent dans le quartier du Bon-Poste à Lys-lez-Lannois et fusillent rue de Lannoy 4 hommes âgés de 19 à 71 ans, par représailles  :
  • HENNION Pierre, (71 ans), Veilleur de nuit à l'usine Defrennes, né le 04/09/1843 à Néchin (Belgique) de nationalité française, résidant quartier du Bon Poste. Chevalier de la Legion d'honneur. [Le seul dont l'acte de décès ne figure pas à Lys.]
     
  • LEBEAU Jean Baptiste Alphonse (58 ans), blanchisseur, né à Tourmignies (Nord) le 11/1/1855 de Augustin et DEBOURREZ Angélique. Inhumé dans le carré militaire de  Lys-lez-Lannoy. Chevalier de la Legion d'honneur
     
  • LECLERCQ Jean-Baptiste (57 ans), tisserand, né à Templeuve (Belgique) le 14/04/1857 de Ferdinand et BOUTRY Catherine. Inhumé dans le carré militaire de  Lys-lez-Lannoy.
     
  • SALEMBIER Floris Casimir Louis (19 ans), ouvrier fileur, né à Lannoy le 02/17/1895 de Louis et WIMEAU Léopoldine. Chevalier de la Legion d'honneur

    Le monument qui leur est dédié à Lys-Lez-Lannoy, avec d'autres, Square des Combattants :

    Source: Externe

 
DELDIQUE Charles (M.) Ingénieur à Saint-Cloud (Seine-et-Oise).
  Argent



A Lille, lors de l’avance allemande en 1914, a procédé, sur sa seule initiative, au déménagement et au transport à Dunkerque des poudres et des obus abandonnés au fort de Marcq-en-Baroeul, près Lille. A été ensuite déporté et interné au camp de Milejgany (Lithuanie).
DELDIQUE Charles Jean Octave né le 30/04/1869 à St-Quentin (Aisne) de Charles et LEBLANC Marie. A fait partie des 5596 otages masculins de représailles emmenés en Lithuanie. Médaille de Vermeil des victimes de l'invasion. Médaille d'honneur de Vermeil du ministère de l'industrie :

JORF 19240408

Chevalier de la Légion d'honneur. Son dossier porte l'observation suivante :

Obs LH

 
LÉGER Paul (M.), facteur des postes à Douai (Nord).
  Argent

Déporté et interné en Allemagne pendant la presque totalité des hostilités ; a toujours eu une attitude très digne vis-à-vis de l'ennemi.
Une seule fiche du CICR à ces nom et profession (Briefträger). Né (Geburtsort) à Lucy (sans précision), appréhendé (Festnahme) à Douchy. Il est à Holzminden en juillet 1915.
 
BEAUSSART Jean-Baptiste-François (M.), vicaire à Haubourdin (Nord).
  Bronze
A été déporté et interné en Lithuanie comme otage de représailles.
BEAUSSART Jean Baptiste François Joseph, né le 24/12/1889 à Fromelles (Nord) de Jean Baptiste Joseph et MOUQUET Célestine Victoire. A fait partie des 596 otages masculins de représailles emmenés en Lithuanie. Médaille des victimes de l'invasion (JO du 27/12/1922). Décédé en 1950.
 
BUIRONFOSSE Alfred-Eugène (M.), clerc de notaire à Origny-Sainte-Benoite (Aisne).
  Bronze
Déporté comme otage en Lithuanie, du 5 janvier 1918 au 28 juillet 1918.
Ce nom ne figure pas parmi 596 otages masculins de représailles emmenés en Lithuanie, mais il y a dans cette liste BURONFOSSE Léon de la même commune. BURONFOSSE Alfred-Eugène est né le 08/05/1878 à Origny-Ste-B. de Eugène et LEU Léontine.
 
CORBEAU Georges-Louis-Edmond (M.).
  Bronze




Ancien négociant à Sempigny (Oise). A été envoyé dans le Nord comme otage, du 17 février au 10 novembre 1917 et du 10 mars au 21 juin 1917. A la mobilisation, a rempli les fonctions de maire. A constamment lutté avec énergie contre la kommandantur et obtenu, par sa ténacité, un adoucissement aux ordres sévères concernant les travailleurs. A été menacé plusieurs fois d'être fusillé.
maire de sempigny
"En février [le 17] 1917, les Allemands ont emmené un grand nombre d'otages de la commune de Sempigny, notamment le maire, M. CORBEAU, M. et Mme Fournier, M. et Mme Bierre, l'instituteur et sa femme, M. et Mme Boulet, ainsi que leurs jeunes filles malades, M. Orial Ognier, des jeunes gens, notamment Maurice Nacry, dix ans, Émile Olive, quatorze ans et demi, Albert Varon, dix-sept ans." (Déposition de DELAHAYE (Victor-Julien) 64 ans, garde champêtre de la commune de Bailly (Oise) et demeurant depuis l'invasion allemande à Sempigny, reçue le 29 mars 1917 à SEMPIGNY (Oise), par M. le capitaine DE WAROQUIER)
 
DELESALLE Edouard-Louis (M.), rentier à la Madeleine (Nord).
  Bronze

Le 6 Janvier 1918, a été désigné comme otage de représailles et transporté en Lithuanie, jusqu'au 18 juillet suivant.
Ce nom ne figure pas parmi 596 otages masculins de représailles emmenés en Lithuanie, mais il y a dans cette liste 7 otages venant de La Madeleine, dont DELESALLE Emile, les 3 autres de même patronyme sont Auguste et Maurice de Lille et Alfred de St André. On trouve également DEWACRE Edouard de La Madeleine. DELESALLE Edouard Louis serait né le 18/03/1860 à Lille.
 
DUTERTE Jean-Baptiste-Auguste (M.), curé de Marquette-lez-Lille (Nord).
  Bronze

A été désigné comme otage de représailles, le 5 janvier 1918, et transporté en Lithuanie, jusqu'en juillet suivant.
DUTERTE Jean-Baptiste-Augustin né à Merlimont (pas-de-Calais) le 28/05/1860 de Jacques et WACOGNE Marie Christine. L'un des 596 otages masculins de représailles emmenés en Lithuanie. Médaille des victimes de l'invasion.
 
GENOT (M. l'abbé, curé doyen à La Capelle Somme).
  Bronze

Lorsqu'il était prêtre à Leschelles, a été arrêté et après un simulacre de jugement condamné a être interné en Allemagne où il est resté de décembre 1914 à avril 1916.
GENOT Alfred né le 11/12/1867 à Guise (Aisne) de Benoit et HUGUET Athalie. Curé de Leschelle (Aisne) en 1914.
"A maintenu devant les juges, malgré toutes les tentatives d'intimidation, que le pillage du château de Leschelle était le fait des soldats allemands et non des Français ou des Anglais ; accusé de manque de respect à l'autorité allemande et d'influence néfaste sur la population."
(in Livre d'or du clergé)

Source: Externe
Inventaire des Hauts de France

Médaille des Victimes de l'invasion (Journal officiel du 2 mars 1923)
Arrêté à Guise (Gaize sic); prisonnier en mai 1915 au château de Celle (Hanovre) chambre 107. (source CICR)
 
MASQUELIER Georges-Auguste-Emile (M.), négociant à Lille (Nord).
  Bronze

A été déporté et interné à Holzminden comme otage de représailles du 1er novembre 1916 au 23 avril 1917.
MASQUELIER Georges Auguste Emile né le 1/08/1860 à Lille de Auguste et VERLEY Clémence. Chevalier de la légion d'honneur (décret du 23/02/1924) :
"Resté à Lille pendant l'invasion allemande, a rendu comme Administrateur de la Banque d'émission de Lille puis comme Administrateur de la Banque Lilloise de prêts temporaires chargée de venir en aide aux personnes privées de ressources, les plus signalés services.
Envoyé comme otage en Allemagne au camp d'Holzminden de novembre 1916 à avril 1917."
Médaille d'argent des victimes de l'invasion.
 
MASSART Camille-Etienne (M.), juge de paix Suppléant à Lille.
  Bronze
A été déporté et interné en Lithuanie, comme otage de représailles, en 1916.
MASSART Camille Etienne né le 12/02/1865 à Lille de Adolphe et DRUET Théodosie. Le dossier au CICR confirme la contradiction de date entre les déportés en Lithuanie (1er semestre 1918), son arrestation le 26/12/1916 et sa présence à Holzminden le 16/03/1917, ce qui ne lui retire pas la qualité d'otage.
 
THIBAUT Emile (M.), menuisier à Lezennes (Nord).
  Bronze
A été déporté et interné en Lithuanie comme otage de représailles.
THIBAUT Emile Jean Joseph né le 15/05/1864 à Lezennes de Jean et MOREL Adeline. C'est l'un des 596 otages masculins de représailles emmenés en Lithuanie.
 
WALLAERT Maurice-Alfred-Joseph (M.), industriel à Lille (Nord).
  Bronze

Evacué comme otage de représailles le novembre 1916, et interné dans le camp de Holzminden, jusqu'au 23 avril 1917.
WALLAERT Maurice Alfred Joseph né le 17/10/1857 à Lille-Moulins de Emile et DESCAMPS Louise. Je n'ai pas trouvé de fiche à son nom au CICR.
21 septembre 2016

Valenciennes et l'aviation

 

    Suivant : 1915

 

La ville de Valenciennes terminait l'installation de son champ d'aviation à la "Briquette" et la Société aéronautique venait de se constituer, lorsque la guerre éclata; de sorte que les Allemands trouvèrent des abris et un terrain prêts à les recevoir.

Les officiers aviateurs réquisitionnèrent les maisons de M. Henri Dupont et de Mme Denis attenantes au champ d'aviation, et firent de grands travaux pour les raccorder à la gare de Marly.
Par la suite, ce camp devint trop petit; aussi en installèrent-ils deux autres, l'un à Famars, l'autre à Saultain, organisant des abris recouverts d'arbres superposés les uns sur les autres, pour leur magasin d'essence. Ils creusèrent également une grande galerie sous le Mont-Houy, à proximité de Famars.

Les Allemands qui n'avaient pas encore organisé leurs moyens de défense contre avion, tiraient simplement avec leur fusil, stupéfaits de l'audace des aviateurs français et anglais.
Puis ils reçurent des canons contre avions, qui furent placés aux quatre coins de la ville, et furent munis de grands réflecteurs. Un de ces postes fut établi derrière mon jardin, de sorte que j'étais aux premières loges pour assister à des batailles aériennes, des plus émouvantes.

Dès qu'un avion était signalé, la sirène se faisait entendre pour avertir les habitants de descendre dans leur cave. Dans les rues il y avait des écriteaux, indiquant le nombre de personnes pouvant être admises dans un certain nombre de caves très spacieuses qui devaient rester ouvertes jour et nuit. Ajoutons que, surtout au début, les obus en retombant, tuaient plus de civils que d'aviateurs.
Je dois avouer que rarement je profitai de cet abri, car je tenais à assister à ces combats tout ensemble tragiques et palpitants d'intérêt.

Les escadrilles se composaient généralement de sept avions marchant en triangle, comme un vol de canards; souvent, un huitième fermait la marche.
Immédiatement, les aviateurs allemands prenaient leur vol, et la bataille s'engageait, s'efforçant d'abord de diviser la bande à coups de mitrailleuses, puis essayaient de descendre celui des avions qui pouvait être encerclé.

Parfois, au contraire, l'artillerie seule donnait. Dans un de ces combats, j'eus la tristesse de voir descendre six avions sur sept, tombant, soit en feuille morte, soit en piquant le nez.
L'impression était pénible, et cependant, chaque fois qu'une escadrille était signalée, je montais sur le toit, ou je regardais à la fenêtre, afin d'assister à ce spectacle angoissant, pendant que les officiers allemands, qui avaient une terreur folle des avions, se précipitaient à la cave.

Au début de décembre 1914, les aviateurs français jetaient des fléchettes en acier, qui faisaient des blessures terribles, la plupart mortelles. Ces fléchettes, longues de 12 centimètres, pesaient 22 grammes; lancées à mille mètres, elles avaient la force de 140 kgr., traversant même un cheval. Contenues dans une boîte dont on tirait le fond, les fléchettes tombaient en pivotant, ce qui leur donnait plus de force encore, mais elles furent bientôt supprimées pour épargner les non-combattants.

Extrait du livre de René Delame : "Valenciennes Occupation allemande 1914-1918. Faits de guerre et souvenirs" Hollande & Fils ed. 1933

       L'auteur termine avec les fameuses fléchettes en acier, cédant à la légende quant à leur force de pénétration, on n'est pas loin de Durandal, épée merveilleuse de Roland, avec laquelle il pourfendait un Sarrasin et son cheval. Doutant personnellement de l'humanité des combattants, on peut plutôt croire que leur efficacité était faible comparé à une bombe et son explosion au sol. Il est vrai cependant que l'image de la blessure à l'arme blanche semble toujours plus prompte à faire frissonner le lecteur que celle de l'arme à feu.

Les Cahiers de la Guerre publiés en 1914, disponibles sur Gallica, les présentent dans "Pourquoi nous serons vainqueurs",

Cahiersdelaguerre1914    Cahiersdelaguerre1914b

 

On pourra lire au sujet des fléchettes, une étude concernant Metz sur le site de Woippy

     Bien entendu la presse s'empare de situations tournant l'adversaire en dérision, comme dans Le Petit Journal Illustré du 15/08/1915, disponible sur Gallica

 

le petit journal 19150815 b

     On remarquera - pour peu que la pluie de fléchettes soit aussi dense, et qu'elles arrivent bien toutes "dans le bon sens" - que le pouvoir de perforation est plus modéré et réaliste.

 

  • Voici la fléchette signalée par Philippe DE BRUYN dans le commentaire ci-dessous :

    flechette
    Photo Ph. De BRUYN

 


 

 

     J'ai rassemblé dans différents sujets de ce blog les témoignages concernant actions aériennes et bombardements dont je dispose, les complétant au fur et à mesure.

 

 

 

17 mai 2013

CANONNE Alfred, COTTEAU Edouard & HERBAUX Victor

 

affiche

 
René Delame : "Valenciennes Occupation allemande 1914-1918. Faits de guerre et souvenirs" Hollande & Fils ed. 1933

  • Le Mardi 16 octobre 1917 fut pour nous une jounée de deuil, car la ville recevait de la Commandanture l'avis suivant:
    " Les trois civils dénommés ci-dessous, fusillés ce matin, à 7 heures, suivant la loi martiale, ont été enterrés au cimetière civil de St-Roch.
    " Les numéros des tombes sont les suivants:
    Canonne Alfred, tombe 360;
    Cotteau Edouard, tombe 361;
    Herbaux Victor, tombe 362. "
    Les murs de la ville furent immédiatement recouverts d'affiches rouges destinées à impressionner la population, en annonçant l'exécution de ces trois braves Français, morts pour la Patrie.

    Nous n'eûmes à leur sujet que de très vagues renseignements deux de ces prisonniers étaient domiciliés à Honnechy, le troisième seulement habitait Valenciennes. Cannone et Cotteau ayant trouvé un pigeon voyageur porteur d'un message questionnaire, étaient accusés d 'y avoir répondu.
    Herbaux aurait été déposé, paraît-il, en territoire occupé, par un aéroplane, pour y accomplir un service de renseignements. Je rencontrai l'employé des pompes funèbres Dautel, qui, ayant assisté à l'exécution me dit que les condamnés étaient arrivés à sept heures du matin en camion automobile au champ de tir. Une corde avait été tendue le long de la butte, devant laquelle ils furent alignés à deux mètres les uns des autres, le dos tourné au peloton qui devait les fusiller.
    Ils se rendirent à leur place très courageusement, les yeux non bandés et sans être ligotés.
    Tous trois après la salve, tombèrent à la renverse, puis leurs cadavres furent déposés dans des cercueils et conduits par Dautel au cimetière Saint-Roch, pour y être inhumés.
    On ne saura jamais rendre suffisamment hommage à ces braves Français qui tombèrent victimes de leur patriotisme.
    A cette époque, les prisons regorgeaient de monde, et les Allemands durent préparer d'autres locaux. A la prison de St.Jean, où je devais être enfermé le mois suivant, se trouvaient un colonel et une douzaine d'officiers qui avaient tenté de s'évader, c'est pourquoi les patrouilles circulaient jour et nuit, et arrêtaient les passants pour leur demander leurs papiers. La Commandanture voyait partout des espions.
    C'est ainsi qu'au cimetière Saint-Roch ils arrêtèrent un pauvre évadé, qui, depuis deux mois y était caché, des personnes charitables allaient lui porter à manger.
     
  • Les actes de décès des 3 hommes figurent dans le registre des décès de la Ville de Valenciennes de 1917, en ligne sur le site des Archives départementales du Nord, Cote 3E 5783 actes N°s 1117, 1118, 1119 pages 278 & 279.
    Ils portent la même mention :

    "Décédé au lieu-dit le Rôleur, Canton Est. Dressé le 23/10/1917 sur l'ordre de la Commandanture.
     Signé: Sellschopp, Lieutenant et Adjudant.
    "


     

    afiche



    Rien à la lecture de ces actes ne laisse deviner qu'il s'agit d'une exécution. Cependant, ils donnent ou confirment les renseignements suivants :
     

HERBAUX Victor Edmond

  • Meunier, né à Lille le 07/01/1882, domicilié à Valenciennes, faubourg de Paris, Chemin Latéral, Canton Nord, époux de Maxelende Morchin, il est fusillé à Valenciennes le 16 octobre  1917.
    Déclaré "Mort pour la France".
     
  • "A été fusillé pour avoir atterri par moyen d'un ballon libre derrière nos lignes, dans l'intention de faire de l'espionnage."
    (Der Oberbefehlshaber)
     
  • Fait Chevalier de la Légion d'Honneur à titre posthume par décret du 21 septembre 1923.
     
  • Son nom est cité dans la "London Gazette"
  • Sa fiche sur le site Mémoire des Hommes, où il est bien considéré comme soldat du 100e RI (rien cependant dans son Etat Signalétique et des Services ne permet de savoir s'il était en service commandé) :

    MDHerbaux

  •  Les archives royales de Belgique disposent d'une lettre de la mairie de Valenciennes, en réponse semble-t-il à un organisme (belge) recensant les victimes de l'invasion :
     

    archivesB
    A noter que l'acte de décès porte bien la date du 16 octobre 1917

  • Sa tombe au Cimetière St Roch de Valenciennes : il y est qualifié de "prisonnier civil", dommage que la mention fusillé ne figure pas (et que, malgré ma demande, la plaque ne puisse être rectifiée !)
    De même sur le site "Sépultures de Guerre" auprès duquel une demande de rectification a été déposée.
     

    Tombe St Roch

     

  •  Il exite aux Archives du Royaume de Belgique un dossier de 10 pièces, maheureusement non numérisé "concernant Jules Bar et Victor Herbaux, aviateurs sous la direction du GQG britannique et fusillés. 1920-1921.
    Algemeen Rijksarchief / Archives générales du Royaume - I 581 - 2901"


 

COTTEAU Edmond Frédéric

  • Menuisier, né à Honnechy le 03/03/1884, de Frédéric Edmond et PROYE Marie Louise, domicilié à Ors (Nord).
  • Classe 1904, Mle 170 au recrutement d'Avesnes - appelé à la 6° section de commis et ouvriers d'Etat à Châlons sur Marne, puis à Verdun, ensuite à la 6° section Mézières-Charleville. Rentré en 1915 en qualité de menuisier aux ateliers de la Compagnie du Nord à Tergnier.
  • Citation à l'ordre de l'armée
    Médaille militaire.
  • "A été fusillé à Valenciennes le 16 Octobre 1917, pour avoir tenté de faire parvenir des nouvelles, par pigeon voyageur, aux troupes françaises."

    Les pigeons étaient lachés depuis des avions, français ou britanniques, dans des boites les protégeant au mieux des chocs. A l'intérieur on demandait à celui qui trouverait l'oiseau de rédiger un message avec un maximum d'informations et de relacher le pigeon qui ne manquerait pas de revenir à son pigeonnier.  Ceux qui prenaient le risque d'informer les alliés essayaient le plus souvent de se démarquer de fausses informations rédigées par l'ennemi en donnant une information qui devait permettre de les reconnaires ; cette information a souvent servi aux allemands pour retrouver l'expéditeur lorsque le pigeon était capturé par eux.

     
  • Fait Chevalier de la Légion d'Honneur à titre posthume par décret du 25 mars 1924.
  • Le 29 juillet 1919, le Journal Officiel publie sa citation à l'ordre de l'armée 

citation COTTEAU



CANONNE Alfred Amédée

  • Cultivateur, né à Honnechy le 15/05/1856, domicilié à Ors, rue de Landrecies.
  • "A été fusillé à Valenciennes le 16 Octobre 1917, pour avoir tenté de faire parvenir des nouvelles, par pigeon voyageur, aux troupes françaises."
     
  • Fait Chevalier de la légion d'Honneur à titre posthume par décret du 21 septembre 1923.
  • Le 29 juillet 1919, le Journal Officiel publie sa citation à l'ordre de l'armée (ci-dessus)
  • Sa fiche sur le site "Mémoire des Hommes"

    MDH CANONNE

 

 

Le lieu de décès, donc de l'exécution : le champ de tir du Rôleur, est le même que pour Henri LEGRAND et ses compagnons BEAUVOIS Nicolas et THUILLIEZ Pierre-Joseph qui seront fusillés le 23/02/1918.

Voir la page du blog qui leur est dédiée

       C'est au même endroit que le 28 Août 1944 les nazis fusilleront avant de s'enfuir devant l'arrivée de la 30°Division US "Old Hickory" qui pénètre dans Valenciennes le 2 Septembre, 21 civils dont les noms figurent sur le monument à l'entrée de l'ancien champ de tir : Bacquet François, Charon Isisdore, Cuvelier Pierre, Denys Damien, Farineau Arthur, Farineau Léon, Farineau Arthur fils, Farineau-Deker Clémence, Fabry Gilles, Gontier Jean, Kulpa Charles, Kulpa-Krass Madeleine, Krupa Jean, Lecocq Laurent, Lutas Jean, Millot Albert, Perrin Louis, Perrin Denis, Persiaux César, Pichon Albert, Riquoir Louis.
 

Roleur
(photo de l'auteur)

 

27 janvier 2011

LEGRAND Henri, BEAUVOIS Nicolas, THUILLIEZ Pierre-Joseph

 

HENRI LEGRAND
(07/02/1885-18/02/1918)

 

portrait HLsmall


Nous pensions la question des pigeons terminée, quand le 5 février 1918, la Commandanture faisait afficher l'avis suivant :

" En vertu du jugement du Conseil de guerre de la Commandanture d'Etape 148, du 3 janvier 1918,
l'ouvrier français Huret a été condamné à mort pour avoir fait lâcher un pigeon voyageur avec des nouvelles destinées à l'armée française, au lieu de le remettre à l'autorité allemande avec le parachute et les accessoires trouvés en même temps.
" De plus, le journalier Vandenberg a été condamné à 5 ans de prison pour ne pas avoir averti l'autorité allemande de l'intention de lâcher ce pigeon voyageur avec des nouvelles. "


Quelques jours plus tard, le 25 février, la Commandanture informait la Municipalité de la triple exécution suivante :

Avis


" Les civils de nationalité française, fusillés le 23 de ce mois, à 7 h 15 du matin, selon la loi martiale, pour espionnage :
Legrand Henri, né le 7 février 1885, à Quesnoy-sur-Deûle, professeur, en dernier lieu à Bruay-sur-Escaut ;
Beauvais Nicolas, né le 4 juin 1864, à Rieux, tisserand, demeurant à Rieux  ; 
Thuillez Pierre-Joseph, né le 1er novembre 1870, à Carnières, employé communal, demeurant à Rieux,

   ont été inhumés le même jour au cimetière Saint-Roch, Legrand fosse 66, Beauvais fosse 65, et Thuilliez fosse 64. "

 



NDR : J'ai retranscrit les informations telles que rédigées, n'ayant pas connaissance à ce moment de l'affiche en question, or l'arrière-petit-fils du second fusillé m'avertit que son aïeul se nomme en réalité

BEAUVOIS Nicolas

né le 4 juin 1854 à Rieux (en Cambrésis). Cette information m'a permis de retrouver le dossier d'attribution de la Légion d'Honneur à M. Beauvois, fait Chevalier en 1924, où figurent les circonstances de son décès :

Beauvois_Nicolas_Leonore_FRDAFAN83_OL0159007v003_L

Sa fiche sur le site Mémoire des Hommes :

BEAUVOIS MDH

Voici le récit de l'arrestation de Nicolas Beauvois :

         Aimée BEAUVOIS, fille de Nicolas Beauvois avait trouvé en travaillant dans les champs un panier attaché à un parachute. Celui-ci renfermait un pigeon voyageur avec un questionnaire demendant des renseignements sur les positions des troupes allemandes et l'état de la population.

       Son père, Nicolas BEAUVOIS et le garde champêtre Pierre-Joseph THUILLEZ collaborèrent avec le maire Edouard BOUDAILLEZ à l'envoi des renseignements demandés par le grand quartier général basé à Provins.

Malheureusement l'affaire s'ébruité et ils furent dénoncés.

Nicolas BEAUVOIS et Pierre-Joseph THUILLIEZ furent condamnés à mort et fusillés.
Aimée BEAUVOIS échappa à la mort mais elle fut emprisonnée et torturée. Sa santé en fut profondément altérée et cette épreuve la marqua toute sa vie.
Edouard BOUDAILLIEZ fut déporté et condamné à 10 ans de prison.

A la libération ils furent cités à l'ordre de l'armée et reçurent la croix de guerre.

Document transmis par un petit-fils de N.Beauvois

 

JO 19190620 BEAUVOIS Nicolas

JO 19190620 BEAUVOIS Aimée
Citations de Nicolas BEAUVOIS et de sa fille Aimée
au JO du 20/06/1919, ordre du 8 mars 1919.

 

Récit fait par Aimée BEAUVOIS, décorée de la croix de guerre avec palme :

       Agée de 25 ans, lisseuse de mon état, je fus enrôlée de force par les Allemands. Le 20 octobre 1917, étant occupée aux champs, je trouvai, dans un panier attaché à un parachute un pigeon porteur d'un questionnaire. Je le rapportais à la maison. Là mon père et son ami le garde pierre-Joseph THUILLIEZ, donnèrent tous les renseignements qu'ils pouvaient fournir.
     Malheureusement l'affaire s'ébruita. Mon père et son ami furent arrêtés et fusillés le 23 février 1918.
     Arrêtée également, je fus condamnée à six mois de prison et eus à subir mille tortures physiques et morales.

Document transmis par un petit-fils de N.Beauvois

 

 Nicolas BEAUVOIS et Pierre Joseph THUILLIEZ reposent maintenant au Cimetière de Rieux en Cambrésis.


 

De même :

THUILL(I)EZ Pierre-Joseph Henri

a été décoré de la Légion d'honneur à titre posthumeIl est à noter que la table décennale de Carnières fait état de "Pierre Jh Henri THIEULLEZ né le 2/11/1870", le nom ayant pris l'orthographe actuelle le 27 Janvier 1891. ( Cf Mention marginale de l'acte de naissance)

Les services extraordinaires rendus pour l'obtention de la Légion d'Honneur sont ainsi énoncés :

     "Espionnage par pigeons-voyageurs pour le compte ds armées alliées. N'a pas hésité à lâcher un pigeon trouvé en pays occupé après avoir rempli et signé la fiche de renseignements demandés.
      " Arrêté par les Allemands fut condamné à mort et fusillé à Valenciennes le 23/02/1918"

Avis favorable, Lille le 15 avril 1924
Le Préfet du Nord

 

JO 19190620 THUILLIEZ Pierre Joseph
Citations de THUILLIEZ Pierre Joseph
au JO du 20/06/1919,

 

 Pierre Joseph THUILLIEZ et Nicolas BEAUVOIS reposent maintenant au Cimetière de Rieux en Cambrésis.


 

 

Revenons à Henri LEGRAND :
Le contenu du message, très détaillé, ne laissait planer aucun doute sur la "communication avec l'ennemi", et les renseignements personnels ont trop facilement permis de retrouver leur auteur :

          Conformément à votre demande de renseignements et tenant compte de vos recommandations au point de vue de la précision des notes à vous fournir, un trio d'amis français s’est mis à I'œuvre et vous envoie les documents exacts ci-dessous.
          Du 24 au 27 mars sont passés à Valenciennes par routes venant de la direction de Cambrai 50 000 soldats (Infanterie, Artillerie) se dirigeant vers Mons et Tournai avec canons de tous calibres: 77, 80, 120, obusiers de 24 et nombreux mortiers. Sur la ligne venant du Cambrésis, du 22 au 25, il est passé de nombreux trains se dirigeant vers Mons, matériel et soldats. Pendant ces mêmes dates, nuit et jour, il est passé venant de Valenciennes se dirigeant sur Saint-Amand, 105 trains (Infanterie, Artillerie, munitions, voitures de ravitaillement, matériel du génie, 92 canons de 77 et 8 gros canons d’artillerie lourde). Il y a actuellement dans la ville d’Anzin un dépôt de 600 chevaux, 2 colonnes de boulangerie avec fours en maçonnerie, 12 colonnes formant 250 autos venant du front de la Somme. En outre : 5° et 6° Compagnies du 127° d’Infanterie, 2° et 3° Compagnies du 93° d’Infanterie, 2 Compagnies du 86° d’Infanterie, une école d'artillerie, de T.S.F. et de téléphone, 1 compagnie du 261° pionniers, 2 batteries d’artillerie lourde, 2 colonnes de munitions. Cette ville est prévenue de préparer des logements pour un Etat-Major général très important. Le 86° régiment du Génie d’Hambourg est réparti entre Bruay, Beuvrages, et Aubry. Beuvrages a en outre une section de mitrailleuses et un dépôt de chevaux. Bruay a 3 batteries du 45° Régiment d’Artillerie légère (de 77 mm.), Petite Forêt, Denain et Hérin ont de l’Infanterie (sections de mitrailleuses) et autres troupes. A Fresnes et à Condé, les 132° et 134° Régiments d’Infanterie et autres régiments sont en voie de reformation. Ils exécutent chaque jour des exercices à la grenade. A Flesquières, près de Cambrai, il est établi une forte ligne de tranchées. Derrière cette ligne le terrain est libre jusqu’à Valenciennes. Un dépôt de munitions se trouve aux forges de Denain, au Bessemer.
         A Anzin, l’établissement de l’Escaut-et-Meuse fait la réparation des canons. A Valenciennes de nombreuses réunions d’officiers supérieurs au nombre de 100 dont 30 Généraux (Allemands, Autrichiens, Turcs, Bulgares) se tiennent au nouveau Musée et prennent leurs repas à l'Hôtel du Commerce. Chaque matin ils vont en auto à Vendegies-sur-Ecaillon, Monchaux, Somain-sur-Ecaillon, où de grands exercices d’Artillerie ont lieu. Valenciennes est occupée par de nombreuses ambulances établies dans les grandes maisons de la ville.
         Nous avons la sensation que nos ennemis veulent parer ou préparer une offensive importante vers l’extrême ouest, côté Nord. Toutes les troupes en repos sont en général mal nourries. La population de notre région endure vaillamment les souffrances de toutes natures. Elle est calme, confiante et escompte une délivrance prochaine. Il serait encourageant pour tous si vous pouviez de temps à autre nous semer par la voie des airs vos journaux intitulés « La Voix du Pays » qui relateraient l’exacte vérité sur notre situation militaire.


Vivent notre chère France et ses Alliés.


Brigadier retraité
Rue de Millam à Watten (Nord) 
L'oncle de Paul et de Jeanne 
1er avril 1917

 

 

René Delame continue :
Je fus d'autant plus attristé de cette exécution que Henri Legrand avait été mon voisin de cellule pendant les dix-sept jours que je passai à la prison Saint-Jean. J'avais obtenu qu'il vînt chaque jour dans ma cellule, pour m'aider à faire le ménage que nous prolongions le plus longtemps possible, sous la surveillance de la sentinelle.
Il put cependant me dire qu'il fut instituteur à Bapaume, et avait été recueilli, lors de son évacuation, par M. Hélart, qui l'avait fait entrer comme professeur à l'école primaire de Valenciennes, où il avait fait venir sa femme, qui était également institutrice à l'école communale de Bruay.
Naturellement, il me raconta les motifs de son arrestation : le 30 mars 1917, il avait trouvé six pigeons voyageurs près de la fosse Thiers, porteurs d'un questionnaire auquel il avait répondu, après avoir pris les renseignements auprès de trois de ses amis.
Le 1er avril, il relâchait ses précieux pigeons messagers, ayant signé la réponse au questionnaire, ce qui fut sa perte, un pigeon ayant été capturé près de Landrecies par les Allemands.
Après avoir ouvert une enquête auprès de cent trente-neuf familles portant le nom de Legrand, l'autorité allemande le découvrit à Bruay, et il fut arrêté un mois plus tard, alors qu'il terminait son cours à Valenciennes.
Au début de sa captivité, enfermé dans un cachot, les Allemands le traitèrent très durement, pour le faire parler ; mais ils y renoncèrent, Legrand ayant supporté cette terrible épreuve avec une grande énergie. Il me dit : " Nous étions trois qui avions rédigé la note, nous avions juré que quoi qu'il arrive, nous ne nous vendrions pas. " Sans jamais vouloir me les nommer, il me répétait chaque matin : " Dites aux amis de ne pas avoir peur, je ne mangerai jamais le morceau. "
Il tint parole ; aussi ai-je conservé pour lui toute mon admiration pour son courage, sa discrétion et sa résignation.
Chaque dimanche, sa femme venait à la prison, essayant de le voir ; seule, sa petite fille, mignonne blonde, était autorisée à monter dans sa cellule, le poste allemand lui refusant impitoyablement d'embrasser son mari.
MM. Baron et Golder ayant réussi à me faire passer quelques tablettes de chocolat, je les conservais précieusement et les remettais à Legrand qui, le dimanche, les offrait à sa fille ; celle-ci, joyeuse, demandait innocemment à son père " où étaient ses élèves et quand il recommencerait la classe "
Au bout de dix minutes, la sentinelle venait reprendre l'enfant, qui s'était à plusieurs reprises jetée dans les bras de son père. Mais la double porte se refermait, et j'entendais un sanglot, auquel je m'associais.
Quoique le rassurant, et lui donnant espoir (bien que pensant son cas très grave) je lui passai une Imitation que j'avais emportée dans ma cellule, et lui recommandai d'en lire quelques passages.
Le lendemain, il me fit cette réflexion : " Il y a de bien belles choses dans ce livre, jamais on ne m'a appris cela. "
Après ma libération, ayant une très grande estime pour mon voisin d'infortune, je ne cessai de m'intéresser à lui, espérant toujours qu'il ne serait pas condamné à mort. Il tint parole, et " ne mangea pas le morceau " , mourant en brave, sans forfanterie, pour la France.
Aussi, ne puis-je que féliciter le Comité, présidé par M. Jean Saint-Quentin, qui prit l'initiative d'ériger un monument à ce glorieux instituteur qui, devant la mort, sut garder son secret.
Cette œuvre, admirablement exécutée par Desruelles, représente bien Legrand tel que je l'ai connu, debout, dans une attitude ferme et résignée, attendant la mort.
L'inauguration en eut lieu le dimanche 22 juillet 1928, sous la présidence de M. Hudelo, préfet du Nord.
Je ne puis mieux faire que de reproduire un extrait du discours que prononça M. Jean Saint-Quentin, adjoint, en remettant le monument à la Ville.

Extrait du livre de René Delame : "Valenciennes Occupation allemande 1914-1918. Faits de guerre et souvenirs" Hollande & Fils ed. 1933


  • Extrait de la dernière lettre de Henri LEGRAND à son épouse :

    (...)      
    Embrasse bien mes parents pour moi.
    Oui que mes parents bien aimés sachent qu'ils ont occupé une large place dans les dernières heures de ma vie.
    Console-les bien, montre-toi bien affectueuse envers eux, je suis heureux qu'ils puissent reporter l'amour qu'ils me témoignent vers notre fille Claude qui j'en suis persuadée saura leur rendre.
    Embrasse également tes parents pour moi, ils ont toujours été si bon pour moi.
    Je passe cette dernière nuit avec deux condamnés à mort de Rieux, mes amis Beauvois le tisseur et Thuilliez le garde-champêtre, nous saurons tous trois mourir en braves.

    Document transmis par un petit-fils de N.Beauvois

     

  • Document que publia le Petit Valenciennois, dans son numéro du 28 juillet 1928

DISCOURS DE M. JEAN SAINT QUENTIN

Mesdames, Messieurs,

Le 30 mars 1917, à dix heures et demie du matin, un aéroplane français vint survoler le territoire de la commune de Vicq, et lâcha six pigeons attachés par des corsets à un petit parachute et un sachet contenant des instructions.
Le tout fut ramassé par M. Achille Coupin, électricien à la Compagnie des Mines d'Anzin, demeurant à Bruay-sur-Escaut, et fut déposé par lui chez M. Henri Legrand, professeur à l'Ecole primaire supérieure de Bapaume, évacué à Bruay depuis le 17 octobre 1916, professeur intérimaire à l'Ecole primaire supérieure de Valenciennes.
Tous deux se rendirent chez M. Mathieu Hélard, maire de Bruay-sur-Escaut, et lui demandèrent si, par sa situation, il pouvait fournir les renseignements désirés.
Des démarches furent immédiatement tentées par lui auprès des personnes dignes de confiance, notamment M. le docteur Tauchon, maire de Valenciennes.
Dans la nuit du 30 mars, MM. Legrand, Coupin et Hélard résumèrent de concert les renseignements recueillis. La transcription fut faite à la main en six exemplaires, dont quatre copiés par Henri Legrand, et deux par Mme Henri Legrand. Les pigeons furent relâchés le 1er avril, à cinq heures du matin. Le document confié aux pigeons se terminait par ces mots :
La population de notre région endure vaillamment les souffrances de toute nature. Elle est très calme, très confiante, et escompte une délivrance prochaine.
Il serait encourageant pour tous si vous pouviez de temps à autre amener par la voie des airs vos journaux intitulés La Voix du Pays qui relateraient l'exacte vérité sur notre situation militaire. Vivent notre chère France et ses alliés.
Et en forme de signature, ce fut certes une imprudence : Brigadier retraité, rue de Millam à Watten (Nord), l'oncle de Paul et de Jeanne, 1er avril matin.
Pour authentiquer sa missive, Henri Legrand avait signé sa condamnation à mort.
A la façon des soldats de la Révolution, au moment d'envoyer le document, un pacte d 'honneur avait été conclu entre ces trois braves, s'engageant dans le cas où l'un serait arrêté, à ne jamais faiblir et à supporter seul le courroux de l'ennemi.
Un des pigeons tomba à Landrecies dans les mains des Allemands.
En mai, Henri Legrand terminait son cours à l'Ecole professionnelle, lorsque deux officiers allemands se présentèrent et lui imposèrent la dictée du document. Il eut aussitôt l'impression qu'il était perdu. Il le dit à M. Adde, son directeur. Aux conseils de fuite qui lui étaient donnés, il refusa de se conformer, dans l'intérêt des siens.
En juin, il était arrêté définitivement en sortant de classe, et conduit à la prison du patronage Saint-Nicolas. Une minutieuse instruction commença aussitôt.
Son premier interrogatoire devant un Conseil de Guerre eut lieu le 23 janvier 1918.
Avec force d'âme, il entendit requérir contre lui, sans frémir, dit-il, la peine de mort.
Aucune décision ne fut prise à cette audience.
Un deuxième Conseil de Guerre se réunit le 18 février, et cette fois, le condamna à mort pour crime de haute trahison et participation à un acte d'espionnage. A chaque audience, il fut assisté d'office en des plaidoiries que, pour l'honneur de la défense, il qualifie d'énergiques.
Son système était habile, la preuve n'était pas faite. Une enquête avait été menée sur cent trente-neuf familles du nom de Legrand. Une expertise en écriture apportait son incertitude complémentaire : à tous les arguments il avait trouvé une réplique plausible et péremptoire, le doute aurait dû lui bénéficier. Mais, malgré une protestation d'une logique serrée, la peine fut confirmée le 19 février.
Sa grâce, au moins, aurait dû aboutir ; présentée le 20 février, elle fut refusée, et il fut fusillé le 23 février 1918, par un matin brumeux, sur le champ de tir, et sans que personne de ceux qui n'avaient cessé de l'entourer de leur vigilance affectueuse eût été avisé.
Contre lui, comme le Lillois Jacquet et ses amis, s'étaient dressées les rancunes de l'occupant qui ne pardonnait pas la haine ou l'ironie dont il se sentait entouré par l'occupé, avec la rage peut-être de sentir s'approcher l'effondrement de son entreprise sinistre.
Legrand avait tenu sa parole d'homme, accompli son devoir de citoyen et de soldat non mobilisé, donné un exemple de Français et ajouté un nouveau titre à la gloire des instituteurs.
Imaginons, au cours de cette détention qui dura huit mois et d'une procédure remplie d'alternatives d'espoirs et de déceptions, cette volonté constamment tendue pour vaincre le mauvais sort, pour donner à son argumentation la force persuasive pour conserver le silence sur la vérité qu'il détenait et qui aurait livré, dans une minute d'inobservation, ses collaborateurs.
Un de ses codétenus qui, tous les matins, s'entretenait avec lui, nous a rapporté son admiration pour son courage, sa discrétion et sa résignation.
Il se savait condamné, et attendait la mort froidement, la mort solitaire du condamné, sans entraînement ni apparat, si différente! de celle du soldat, avec la dignité stoïque qu'il avait enseignée à des enfants.
Dans une guerre qui devenait chaque jour plus méthodique, lui, que les conseils de révision avaient écarté, pour sa plus grande tristesse, il voulait quand même, serviteur et fils de serviteur de la France, prendre part à la lutte : il voulait servir.
L'occasion s'était offerte, et désormais, il avait le strict devoir de se taire, la bouche serrée, comme quiconque au cours de cette vaste captivité qu'est l'occupation, devait craindre que le propos le plus anodin ne puisse permettre les inductions de l'ennemi.
De ce silence nécessaire à l'amitié et à la patrie, ce monument est le symbole.
Il synthétise aussi la résistance de toute une région, la nôtre, pendant les années abominables. Sous la faim, sous la pression, sous l'abus de la force, une population de femmes, d'enfants, de non-armés, enragés par une occupation abhorrée et sans fin, a conservé jour après jour, le sang-froid, la vaillance et le sourire souvent, et toujours la confiance et l'espoir, s'ingéniant à pratiquer la guerre avec les seules armes à sa disposition, celles auxquelles ont recouru tous les opprimés pour secouer le joug, recouvrer leur liberté et leur indépendance.
Legrand est mort en se proclamant innocent, et il l'était en vérité du point de vue de la conscience humaine ; c'est le fait de la guerre qui a créé son crime, c'est la guerre seule qui, dans sa déformation monstrueuse, a renversé la parole venue du fond des siècles, et que Legrand enseignait à ses élèves :

" Aimez-vous les uns les autres. "

 

 

  • Le 16 Septembre 1919 a lieu une cérémonie à Bruay sur Escaut où il enseignait, avant rapatriement de sa dépouille à Watten

Mardi 16 Septembre 1919 Bruay sur Escaut b

 

  • Le monument de Valenciennes, place des Acacias, œuvre de Félix-Alexandre Desruelles, né en 1865 à Valenciennes et décédé en 1943 à La Flèche :

monument

On peut y lire en bas à droite "Se dévouer pour la Patrie "

  • Lors de la guerre suivante, soldats Allemands posant  sur le monument :

monument2

 

  • Ebauche taille réduite de la statue, exposée à Valenciennes pour les journées du patrimoine 2014 :

    Ebauche

  • Dans une communication du 23 NOVEMBRE 1998,   M. Raymond DURUT ajoute

La police militaire allemande agit avec son efficacité habituelle : 150 LEGRAND et parmi eux Henri sont interrogés, le 10 avril il doit recopier, sous surveillance policière, le message délictueux. Il le fait sans manifester d’émotion apparente. Deux jours après il est arrêté et incarcéré. Il a refusé de fuir pour ne pas exposer sa famille. Interrogé il se défend habilement, mais refuse la libération qui lui est offerte contre renseignements et dénonciations. Il réussit à faire passer en fraude des lettres à sa famille dans lesquelles il fait part de sa détermination.

En janvier 1917 il comparait devant un conseil de guerre, et se défend pied à pied, n’avouant rien. Il affirme ne pas connaître la région où il a été évacué, ne pas y avoir d’amis. Le plan des tranchées creusées près de Marcoing lui est particulièrement reproché : le document accusateur a été rédigé 5 mois après son départ de cette région. La similitude des écritures est, dit-il, sans signification : ses fonctions d’enseignant faisaient connaître son écriture par plus de 400 personnes qui pouvaient l’imiter.

Malgré ses dénégations, l’accusé est condamné à mort. Il est fusillé le 23 février 1918, ayant conservé jusqu’au bout sa courageuse attitude.
Son corps sera exhumé au lendemain de la guerre. On trouve dans son portefeuille une ultime lettre dans laquelle il renouvelle son affection pour les siens et affirme avec force son innocence : il voulait disculper sa famille si cette lettre était lue par les occupants.
Il repose depuis le 16 septembre 1919 à Watten.

 

  •  Citation de Henri LEGRAND au JO du 20/06/1919

    JO 19190620 LEGRAND Henri

  • Le 24 Octobre 1919, le Journal officiel publie une liste de "citoyens Français qui se sont particulièrement distingués au cours des hostilités. On y trouve page 11797 sa citation :
    "Le Gouvernement porte à la connaissance du pays la belle conduite de :" :

    JO 19191024 LEGRAND Henri




  • Henri Ferdinand Joseph LEGRAND né le 7 Février 1885 à Quesnoy sur Deule (Nord) est fait Chevalier de la Légion d'Honneur à titre posthume le 15 avril 1924 :

FRDAFAN83_OL1561024v003_L


"M. Legrand ayant trouvé des pigeons voyageurs dans la plaine de Bruay-Thiers, remplit les questionnaires qu'il trouva sur ces volatiles indiquant les mouvements de troupes, le commandement des unités allemandes, etc. Les pigeons furent lâchés le 18 avril 1917 au matin, mais l'un d'eux fut abattu et quelque temps après, au moyen d'expertise d'écriture, il fut découvert que l'auteur des renseignements était M. Legrand. Celui-ci fut arrêté aussitôt et, après 11 mois de cellule, passa devant le Conseil de Guerre allemand qui siégeait à Valeniennes. Condamné à mort, il fut fusillé en cette ville, le 19 Février 1918."

 

  • Henri LEGRAND a été fusillé au champ de tir du Rôleur,  il n'est cependant pas indiqué dans l'acte de décès dressé le 26 février qu'il a été fusillé, seulement "décédé" sur ordre de la commandanture signé de Von Witzendorf Major et Commandant. Il en est de même pour ses compagnons BEAUVOIS Nicolas et THUILLIEZ Pierre-Joseph. Rien à la lecture de l'acte ne laisse deviner qu'il s'agit d'une exécution.

  • Le lieu est le même que pour CANONNE Alfred,  COTTEAU Edouard,  HERBAUX Victor,  fusillés le 16 octobre 1917 pour espionnage.

voir la page du blog qui leur est dédié

 

  • C'est au même endroit que le 28 Août 1944 les nazis fusilleront avant de s'enfuir 21 civils dont les noms figurent sur le monument à l'entrée de l'ancien champ de tir (Bacquet François, Charon Isidore, Cuvelier Pierre, Denys Damien, Farineau Arthur, Farineau Léon, Farineau Arthur fils, Farineau-Deker Clémence, Fabry Gilles, Gontier Jean, Kulpa Charles, Kulpa-Krass Madeleine, Krupa Jean, Lecocq Laurent, Lutas Jean, Millot Albert, Perrin Louis, Perrin Denis, Persiaux César, Pichon Albert, Riquoir Louis.)

Roleur
(photo de l'auteur)


.

  • Le 10 février 1924 le Journal Officiel publie le décret lui attribuant de la Médaille de la Reconnaissance Française de 1ere classe (vermeil) :

  • Le même journal publie le décret attribuant de la Médaille de la Reconnaissance Française de 2ème classe (argent) à son épouse :

 

 


 


     Si je n'ai encore rien trouvé de très précis sur le maire, M. Edouard BOUDAILLIEZ, j'ai  retrouvé dans le dossier de la Légion d'Honneur de son prédécesseur,  Auguste Henri DISLAIRE, officier d'académie, Croix de guerre, né le 9 Janvier 1876 à Rieux, y décédé le 27 juillet 1921, les "Détails sur les services extraordinaires" :

     "Est resté à son poste au moment de l'invasion. A organisé un service de renseignements pour les alliés pendant l'occupation. Dénoncé il fut condamné à 10 ans de travaux forcés et accomplit 39 mois de cellule à Reimbach [sic pour Rheinbach au sud de Cologne].
    " Décédé le 27 juillet 1921 des suites des mauvais traitements subis."

          Lille le 22/2/1924, le Préfet du Nord.


Voir également sur ce blog

 

      Le 14/07/1919, le Journal Officiel de la République Française publie l'une des liste de citations "Le Gouvernement porte à la connaissance du pays la belle conduite de :"
On y trouve page 7305 celles des deux maires de Rieux :

Dislaire_Boudailliez_BC

 

 

 

 

 

 

14 décembre 2018

Héroïnes françaises : Mme Belmont et le soldat Fowler.

 Suite : Mme CARDON et le caporal HULL

 

     Lorsque le site Gallica de la Bibliothèque Nationale de France a mis en ligne cette image de 1927 de l'agence Rol numérisée, il n'y avait aucune autre information que : "Les héroïnes françaises de guerre reçues par le lord-maire de Londres".

     Aucun des personnages n'était nommé, hormis le lord-maire que l'on pouvait reconnaître. Mais le plus curieux était cet homme qui semblait sortir de l'armoire en arrière-plan ... Un raté d'instantané ? La présence de ces Françaises à Londres en 1927 me rappelait une histoire lue dans "Liaison, 1914. A narrative of the great retreat" du brigadier-général E.L. Spears disponible en anglais sur archive.org , l'auteur réserve l'une des annexes à une histoire singulière à propos de "British soldiers cut off behind the german lines".

Londres

Après recherches, les identités se sont dévoilées :

      De gauche à droite sur cette photo prise à Mansion House, résidence officielle du lord-maire de Londres le 8 avril 1927 :

Lord Burnham, propriétaire du Daily Telegraph,
Mme Marie-Louise Cardon, de Bertry,
Mme Angèle Lesur, de Bertry,
Patrick Fowler, au centre de cette histoire, sortant de la fameuse armoire-cachette,
Mme Veuve Marie Belmont-Gobert, de Bertry, mère d'Angèle Lesur,
Sir Rowland Blades, lord-maire,
Mme Julie-Célestine Baudhuin, de Le Cateau-Cambrésis
M. de Fleuriau, ambassadeur de France,
L'épouse du lord-maire.

                              Elles étaient accompagnées de M. Bracq, maire de Bertry, et de M. Lebeau, maire de Le Cateau qui ne figurent pas sur la photo.

Note : L'ensemble des documents rencontrés parlent de
Mme Belmont-Gobert, mais pour l'état-civil,
son mari est né Belmant, orthographe qui
figure également sur leur acte de mariage.

Il est probable qu'elles aient en main le document remis par le lord-maire (voir en bas de cette page)

     Il existe du livre une traduction en français "En liaison 1914" auquel j'emprunte la relation de cette histoire. L'auteur (E.L. Spears) parle à la première personne :

HISTOIRE DE SOLDATS ANGLAIS RESTES EN ARRIÈRE DES LIGNES ALLEMANDES PENDANT LA RETRAITE


(J'avais l'intention de comprendre le récit suivant dans le corps de mon ouvrage, j'ai décidé de le rejeter dans un appendice pour des raisons qui apparaîtront au cours de la lecture.)

L'étrange histoire du soldat Fowler du 11° Hussards.

Le soldat Patrick Fowler et deux autres hommes virent leur retraite coupée après la bataille de Le Cateau et errèrent à cheval au hasard, complètement perdus. Il leur parut évident qu'ils se trouvaient en arrière des lignes allemandes, car ils aperçurent de l'artillerie ennemie en position. Les routes étaient couvertes de convois allemands, les villages pleins de troupes allemandes et, comme leurs chevaux les mettaient dans l'impossibilité de se cacher, ils les abandonnèrent dans une ferme. Le fermier leur donna des vivres et les trois hommes se séparèrent pour que chacun courût sa chance et s'efforçât de regagner les lignes anglaises. Fowler gagna les bois, ce sera toujours un mystère de savoir comment il y vécut jusque dans le cœur de l'hiver. Complètement perdu, ignorant la langue du pays, sachant à peine où il était, redoutait toute rencontre, il resta caché dans les bois jusque dans le courant de janvier 1915. Il eut un jour la chance d'être découvert par un homme vraiment admirable, Louis Basquin, qui le cacha dans une meule de foin et lui porta de quoi manger. Basquin habitait une maison toute petite, trop petite pour y cacher quelqu'un, dans le petit village de Bertry, sur le champ de bataille du Cateau-Cambrésis. Il ne pouvait héberger personne, cependant l'Anglais serait certainement mort s'il était resté dans les bois, exposé à toutes les rigueurs de la saison. Basquin consulta sa belle-mère, Mme Belmont-Gobert, qui habitait le même village avec sa fille, Angèle. Son autre fille, Euphémie, était dans les lignes françaises et complètement séparée des siens.

Angèle et sa mère étaient très pauvres, car elles vivaient uniquement de ce que la jeune fille gagnait en brodant. Mises au courant par Basquin, elles se trouvèrent en face d'un problème terrible. Un soldat inconnu, un étranger, vivait dans une cachette en plein air ; elles étaient parmi les plus pauvres du village, la nourriture était rare, chère et très strictement rationnée ; recéler un soldat allié c'était, en cas de découverte, risquer leur vie. Pourquoi se mêler de cette affaire ? C'est pourtant ce qu'elles firent. Bien qu'il ne sût pas un mot de français, ce soldat s'était battu pour la France. Si elles se refusaient à le recevoir c'était la mort pour lui, elles risquèrent délibérément leur vie pour sauver la sienne. C'était, en vérité, une décision héroïque. Au cours des années longues et lugubres pendant lesquelles elles devaient l'abriter, jamais elles n'eurent une défaillance, jamais elles ne regrettèrent ce qu'elles avaient fait, leur résolution ne fit que s'affermir avec le temps.

Et pendant quatre années, leur existence ne fut que l'interminable martyre de l'attente, en risquant chaque jour leur vie pour sauver celle d'un autre. A tout autre, les difficultés matérielles auraient paru insurmontables. Il y avait dans leur chaumière quatre pièces, et ce jour-là vingt soldats allemands occupaient les deux pièces de l'unique étage. Cependant on envoya Basquin chercher Fowler dès la tombée de la nuit. Il revint avec un être qui avait à peine une apparence humaine, personne n'aurait pu s'imaginer qu'il appartenait à un des régiments les plus chics de l'armée anglaise. La barbe inculte, dans un état de saleté incroyable, le hussard portait un uniforme crasseux et déchiré. Il avait la figure et les mains couturées de cicatrices encore couvertes de croûtes, traces d'égratignures et de coupures innombrables. Tout effaré, tout ahuri, ne comprenant rien aux paroles chuchotées à la hâte, on le poussa tout droit dans ce qui devait être sa cachette pendant quatre ans.

Les deux femmes lui avaient préparé une espèce de niche dans la grande armoire de la salle commune. Ce meuble carré avait environ 1,75m de hauteur, autant de largeur et près de 50cm de profondeur. Il était divisé en deux parties, dans celle de droite il y avait des rayons, dans celle de gauche on cacha Fowler.

Dans sa prison de 85cm sur 50cm l'Anglais endura des alarmes et des anxiétés probablement moins cruelles que celles ressenties par les deux femmes qui le cachaient, car elles avaient à redouter des dangers dont il n'avait pas la moindre notion dans l'obscurité de son armoire. Il ne voyait pas la main d'un soldat se poser sur la clef de sa porte ; il ne savait pas comment Angèle et sa mère détourneraient l'attention de cet Allemand. Il ne pouvait comprendre les lourdes plaisanteries du Feldwebel lorsqu'il disait à Mme Belmont-Gobert qu'elle avait à coup sûr des provisions cachées dans son armoire et que Fritz les rechercherait dès qu'elle aurait le dos tourné. Il ne voyait pas le chien du voisin flairer l'armoire où il était caché.

Dans les moments les plus périlleux Mme Belmont-Gobert avait recours à un stratagème qui réussit toujours. Quand on fouillait la maison, ce qui était fréquent, lorsqu'on avait minutieusement inspecté le moindre recoin, la plus petite fissure, qu'on avait enfoncé les baïonnettes dans la literie, dans les sacs et les habits pendus au porte-manteau dans un coin de la pièce, quand enfin un Allemand marchait droit à l'armoire, Mme Belmont-Gobert jouait sa dernière carte. Elle attirait l'attention des soldats sur une photographie de sa seconde fille, Euphémie. Euphémie était jolie, en outre elle était en sûreté à Marseille, cette carte était bonne. Les Allemands oubliaient l'armoire et se pressaient autour de la photographie, demandant avec curiosité où ils pourraient voir cette jeune personne. Mme Belmont-Gobert leur laissait croire que sa fille reviendrait bientôt et la porte de l'armoire restait close, sauf une fois où une patrouille allemande se présenta à l'improviste Fowler était assis dans la chambre : les deux femmes eurent une inspiration admirable, elles le poussèrent vers le lit, loin de l'armoire et le cachèrent dans le bois même du lit, sous le matelas. Les Allemands allèrent droit à l'armoire et l'ouvrirent à deux battants. Ils enfoncèrent ensuite leurs baïonnettes dans le lit, grâce au ciel Fowler ne fut pas atteint.

En dépit de cette aventure, on ne perdit pas confiance dans l'armoire, au fond de laquelle Fowler passait la plus grande partie de son temps. Un trou pratiqué dans la cloison qui la séparait en deux lui permettait de respirer, c'est encore par là qu'on lui passait à manger, souvent même pendant que les soldats Allemands étaient assis dans la pièce. Ce qui contribua surtout au succès du stratagème employé, c'est que Mme Belmont-Gobert laissait toujours ouverte la partie de l'armoire divisée en rayons et en sortait fréquemment des objets en présence des Allemands. Quiconque l'observait supposait naturellement que les rayons se prolongeaient dans toute la largeur de l'armoire et, dans ce cas, on n'aurait rien pu y cacher de plus gros qu'un chat.

Les nuits étaient pour Fowler une épreuve très pénible. Il n'était pas question de sommeil pour lui, car les Allemands qui dormaient à l'étage ne se faisaient point faute de se glisser en bas pour voler des pommes de terre sur le haut de l'armoire. Un jour les Belmont-Gobert reçurent l'ordre de vider les lieux et d'emménager dans une maison plus petite. Nullement effrayés, Basquin et les deux femmes déménagèrent les meubles dans leur nouvelle habitation, Fowler y fut conduit de nuit et la même vie, si l'on peut appeler cela une vie, reprit son cours. Même dans cette petite maison on logeait des Allemands au grenier.

Cette existence misérable ne tarda pas à produire ses effets. Fowler qui ne pouvait dormir que le jour dans l'armoire, eut de fréquentes indispositions. Le pharmacien de la localité, M. Baudet, un homme remarquable, fut mis dans la confidence et fournit des médicaments. Puis ce fut le tour de Mme Belmont-Gobert d'être victime de cette tension perpétuelle. Elle se refusait à avouer qu'elle avait peur, mais elle commença à avoir des crises nerveuses inquiétantes. Un jour terrible, elle eut une crise alors que les Allemands étaient dans la maison même, à l'étage, et Fowler la soigna avec la frénésie du désespoir. Après cela on ne la laissa jamais seule à la maison. Quelques voisins étaient dans le secret. Ils venaient à l'aide, donnaient à l'occasion une ou deux pommes de terre, un peu de lait. Il y avait des jours où la faim se faisait vivement sentir. Les Gobert avaient deux poules et devaient donner aux Allemands un œuf par jour. S'ils ne le fournissaient pas, ils avaient un mark d'amende, et dans ce cas, Angèle avait à travailler la moitié de la nuit pour gagner ce mark.

Fowler vint à savoir qu'un autre homme de son régiment vivait aussi caché à Bertry. C'était le caporal Hull, qui était caché dans la maison de M. et Mme Cardon. Fowler et Hull se virent un soir et combinèrent de gagner la Hollande, mais ce projet ne devait jamais se réaliser. Hull fut trahi par une femme qui le livra aux Allemands, ses protecteurs et lui furent voués à la même tragédie. Fowler et les Belmont-Gobert échappèrent à un sort semblable ; leur discrétion, leur esprit toujours en éveil et par-dessus tout la chance les favorisèrent jusqu'à la fin de la guerre.

En 1918, les premières troupes alliées qui firent leur entrée à Bertry, virent venir au-devant d'elles un individu courbé en deux, qui poussait des cris délirants et ne purent jamais croire qu'il était comme il le disait, un soldat anglais. Elles l'arrêtèrent comme espion et le renvoyèrent à l'arrière sous escorte. Heureusement pour lui, le premier officier anglais qu'il rencontra fut le commandant Drake, sous les ordres duquel il avait servi en 1914. Fowler fut mis en liberté, et la même nuit le colonel Anderson, commandant le 11e hussards, le fit chercher, car le régiment avançait sur le même terrain qu'il avait parcouru au cours de sa retraite après Mons.

 

J'avais eu à m'occuper de l'affaire de Mme Belmont-Gobert aussitôt après la fin de la guerre, car mon régiment, très ému par son dévouement, me demanda de m'occuper d'elle. Les officiers et les soldats lui offrirent, par souscription un plat d'argent, pour lequel je composai une inscription. Puis, apprenant qu'elle était dans la misère, je soumis son cas au War Office. Cette démarche fut l'occasion de longues cogitations et, à Londres, on se gratta la tête. Ce n'était pas la bonne volonté qui manquait, mais elle était malheureusement entravée par la bureaucratie. La réponse finale fut la suivante : il n'y avait pas de précédent au cas de Mme Belmont-Gobert, aucun règlement ne le prévoyait, en conséquence on ne pouvait lui allouer aucune somme. D'autre part, on pouvait admettre que, dans des circonstances à vrai dire assez irrégulières, Fowler pouvait être considéré comme cantonné chez elle pendant quatre ans. A Bertry, pendant la guerre, la seule autorité constituée était l'autorité allemande, en dépit de cette fâcheuse anomalie et bien que les pièces nécessaires n'eussent pas été fournies en temps utile, on interpréta très largement le règlement et on décida que Madame Belmont-Gobert avait droit à l'indemnité supplémentaire de vivres de Fowler, à raison de deux pence par jour et qu'on se passerait des formalités réglementaires. On lui envoya deux mille quarante-quatre francs cinquante centimes. Il n'est que juste d'ajouter que le War Office appela l'attention du roi sur son héroïsme et qu'elle reçut la Croix d'officier de l'Empire britannique.

On apprit peu après que la somme payée par le War Office avait été consacrée à payer aux voisins des dettes contractées pour assurer l'existence de Fowler et pour subvenir aux frais occasionnés par sa maladie. Dès qu'ils furent mis au courant, les officiers du 11° hussards souscrivirent une autre somme qui, toutefois, ne dura pas longtemps. Ces deux femmes, étaient pauvres, sans grande instruction, c'étaient de laborieuses paysannes caractéristiques du type campagnard. Elles pouvaient paraître dures, parcimonieuses, d'idées étroites, mais elles avaient des cœurs d'or. Ce n'était que de simples paysannes de France, il y en a des milliers comme celles-là qui, soumises à la même épreuve, auraient agi de même.

Des actes d'héroïsme de ce genre ont dû être fréquents car l'attitude des provinces envahies fut magnifique pendant toute la guerre. Chaque fois que l'occasion s'offrait de montrer son dévouement pour la cause alliée, on ne manquait pas de la saisir. Sans la publication accidentelle de cet ouvrage, ces récits seraient probablement demeurés longtemps dans l'oubli. Le paysan français travaille trop durement, il est trop proche de la terre pour parler beaucoup du passé. Après tout, ces épisodes ne sont que des incidents de guerre, chacun faisait ce qu'il pouvait, tout le monde souffrait, pourquoi s'arrêter sur un fait plutôt que sur un autre ?

Je me souvenais du magnifique dévouement de la famille Belmont-Gobert et je désirais faire ressortir leur héroïsme dans mon récit, je fis quelques démarches pour vérifier les faits. J'appris alors que ces femmes menaient une existence besogneuse et misérable, avec des santés ébranlées, c'était là le résultat immédiat de leur sacrifice volontaire pour des soldats anglais. Je décidai de mettre au courant de ces récits Lord Burnham qui les fit vérifier et les publia dans le Daily Telegraph. Grâce à ses efforts justice leur a été rendue et la souscription recueillie a été suffisante pour permettre aux deux Françaises de vivre à l'abri du besoin. On les fit venir à Londres, le Roi et la Reine leur offrirent une réception magnifique ainsi que le Lord-Maire et le grand public anglais, montrant ainsi à la nation française toute entière, que l'Angleterre sait reconnaitre et honorer l'héroïsme et l'esprit de sacrifice.

Il reste encore quelque chose à faire. J'espère que si on n'élève pas, quelque part en Angleterre, une statue, on posera au moins une plaque commémorative pour rappeler ces actes d'héroïsme. Cet honneur est dû à ces femmes ; il le faut pour elles comme pour nous.

Garder leur souvenir intact, c'est perpétuer l'un des traits les plus nobles de la nature humaine.
  • Le soldat Hull dont il est question dans ce récit, caché par Mme Cardon, a été dénoncé et fusillé.
  • Mme Baudhuin a caché le soldat David Cruickshank ; finalement dénoncé, elle le sauvera de la peine capitale.
    Ils feront l'objet d'un autre récit.

 

    Le seul dont je n'ai pas encore parlé est le buffet qui a servi de cache au soldat Patrick Fowler. Acheté à Mme Belmont par Sir Charles Wakefield, exposé pour les besoins de la photo, il a été cédé à l'Imperial War museum qui actuellement le prête au King's Royal Hussars Museum à Winchester, Hampshire. Adroitement mis en scène il y a reçu dernièrement la visite du petit-fils de Patrick Fowler (voir sur le site en date du 10/07/2018, la photo ci-dessous en provient)

buffet

    Ce type de buffet (ou bahut) haut, de style Louis-Philippe en chêne massif, ne se démontait pas. Tout au plus peut-on en enlever les portes. La rigidité de celui-ci est assurée par le montant central, inamovible. Hormis la taille réduite de l'espace destiné à Fowler, c'est la cachette idéale, dont le poids respectable assurait la stabilité. Comme un bon magicien, Mme Belmont-Gobert réussissait à faire croire que la partie gauche (qui faisait initialement penderie) était à l'identique de la droite, remplie de vivres. L'IWM en détient un croquis :

amoire

Sur le cliché suivant (Référence IWM Q 61741) on voit Mme Belmont-Gobert et sa fille Angèle, devant le bahut, présentant le plateau en argent et son inscription (tel que le décrit E.L. Spears) :

"Offert
à Mme Belment-Gobert
à Melle Angèle Mme Belment-Gobert
à Melle Euphèmie Mme Belment-Gobert
et à M. Louis Basquin
par le Colonel et les officiers du 11e Hussards Britanniques
en témoignage de gratitude et d'admiration
pour la bravoure constante qu'ils montrèrent
en cachant chez eux au péril de leurs vies
pendant près de 4 ans d'occupation allemande,
le cavalier Patrick Fowler du 11e Hussards
15 janvier 1915-10 octobre 1918
"

Silver plate

Cette photo a été prise dans leur intérieur, sur le meuble on peut apercevoir une horloge, qui avec le cadre en argent de Fowler sur la table est un cadeau des soldats et sous-officiers portant l'inscription "Avec l'admiration la plus cordiale des soldats du 11e Hussards Britanniques ".

IWMr

Chacune avait reçu la médaille de l'ordre de l'Empire britannique (Most Excellent Order of the British Empire) dans la version dédiée aux dames, qu'elles portent sur la photo faite à Mansion House :

Médaille

Selon l'IWM elles furent nommées "Honorary Officers of the Civil Division of the Order of the British Empire" le 4 mars 1919. Officiers honoraires, titre réservé aux non-britanniques, ce qui explique peut-être que je n'ai pas retrouvé leur nomination dans la London Gazette.

Je n'ai pas beaucoup d'information à leurs sujets, l'IWM dispose d'une photo (reference Q 64300) prise en août 1938 de Mme Belmont-Gobert.

Mme Belmont-Gobert IWMr

Angèle Marie Gobert est née à Elincourt le 5/01/1872, elle est décédée en 1948 et inhumée au cimetière de Bertry. Sa tombe porte le nom de Belmant-Gobert, le patronyme de son mari Léon Augustin, épousé à Elincourt en 1891, s'écrivant effectivement avec un "a" . Sa mère et sa fille Angèle sont inhumées avec elle. La tombe porte fièrement la reproduction de la médaille reçue par les deux femmes.

Tombe Belmant

Veuve depuis le 8/3/1904, elle avait eut 3 filles :
Julie, née à Elincourt rue Gabry le 24/11/1892 qui avait épousé en 1912 Louis Basquin le bûcheron (décédé en 1937) qui découvrit Fowler ; Julie est décédée à Bertry en 1976.
Angèle, née à Elincourt le 16/04/1894 (devenue Mme Lesur en 1921)
Euphémie, née le 10/03/1896 à Elincourt. Cette dernière fit partie d'un convoi d'évacuation pour la France libre via la Suisse le 13 novembre 1916. L'occupant procédait ainsi envers ceux et celles qu'il qualifiait de bouches inutiles. Les archives des rapatriés la situent à Lyon en janvier 1917.
Selon le journal l'Egalité de Roubaix-Tourcoing du 27 juillet 1938, elle put faire connaître à Mme Fowler l'étrange aventure de son mari que les autorités militaires considéraient comme décédé, n'ayant aucune preuve d'une détention en camp de prisonniers. Elle deviendra Mme Lepilliez en 1921.

Il y avait effectivement eu concernant Fowler une recherche infructueuse auprès du CICR qui détient une fiche à son nom.

fiche

 

 

PATRICK_FOWLER

Patrick Fowler est né à Dublin en Irlande en 1877, il s'est enrôlé à 19 ans le 30/06/1896 dans le 5e Royal Dublin Fusiliers, matricule #4219. Lorsque la guerre s'est déclarée il avait déjà servi en Inde et en Egypte, et fut intégré au 11e régiment de Hussards (Prince Albert's Own).

Le régiment a quitté la caserne d'Aldershot le 15 août 1914 et rejoint le Corps Expéditionnaire Britannique dans sa retraite au niveau de Le Cateau.
Arrivés sous les ordres du Lieutenant Frederik Drake, Fowler et Hull ont été séparés des autres le 26 août 1914 et ont choisi d'attendre, se cachant dans les bois, volant et récupérant de la nourriture, la suite est racontée ci-dessus.

 

La veille de Noël 1915, le War office apprit à sa femme et ses deux filles que le soldat Fowler était considéré comme mort, le formulaire de l'armée "B" 2090C en attestait. Quelques mois plus tard un officier dont Patrick avait été l'ordonnance lui a déclaré que le cavalier Fowler avait été tué en août 1914 à quatre milles au sud de Cambrai.

Au début de 1918, sa peau était presque translucide, ses yeux étaient enfoncés et il était dangereusement mince. Ses cheveux étaient devenus blancs, affaibli physiquement et mentalement il était loin de la forme de cavalerie requise.
Lorsque Bertry fut finalement libéré par les troupes alliées le 9 octobre 1918, il se précipita hors de sa cachette. Un officier sud-africain a d'abord pensé qu'il s'agissait d'un espion et a ordonné qu'il soit emmené et abattu.
De l'autre côté de la route, un groupe d'officiers discutait. Parmi eux, Fowler a reconnu un visage. Frederick Drake (à présent commandant) qui s'est porté garant de son compatriote.

Revétu d'un nouvel uniforme, accueilli à la gare de Devizes, Wiltshire, il a été autorisé à passer un mois avec sa famille avant de rejoindre le CEB en France où il a été affecté au mess des officiers.
Lorsqu'il a finalement été autorisé à mettre fin à ses 23 années de service et à quitter l'armée, l'honorable Robert Bruce, ancien commandant du 11e Hussards leur a donné une maison dans son domaine de Morayshire où Patrick est devenu garde forestier. Son 3e enfant, une fille, sera prénommée Angèle.

Ses médailles, présentées par son petit-fils lors de sa visite au musée du 11e Hussards (voir ci-dessus) :

medailles

De gauche à droite :

  • The 1914 Star avec barette "5th Aug.-22nd Nov. 1914" et deux rosettes argentées.
        attribuée le 11/04/1927
        en-dessous le badge "Old contemptibles Mons 1914 British Isles"
  • British War Medal George V
  • Médaille interalliée, version britannique, revers.
  • Long Service & Good Conduct Medal George V.


Patrick Fowler est décédés à Forres, Morayshire UK en 1964

 

On a vu que le gouvernement et le peuple britannique avaient montré leur reconnaissance à la famille Belmont-Gobert, non seulement par des cadeaux (et l'horloge n'était pas des moindres, car il est notoire que nombre d'entr'elles ont disparu du fait des occupants) mais également par des souscriptions qui n'ont pas fait d'elles des gens fortunés. Reste la France :

 J'avais déjà signalé en 2015 que par décret paru au journal officiel du 26/04/1921, "Le Gouvernement porte à la connaissance du pays la belle conduite de"

     Mme veuve Belmont-Gobert, à Bertry (Nord) : a logé et nourri, pendant toute la durée de l'occupation un soldat anglais blessé. A ainsi couru les plus sérieux dangers.

Elle aurait également reçu la Médaille d'Honneur du Ministère des Affaires Etrangères. Mais ce n'est qu'en 1927, lors des réceptions à Londres, que la presse française a largement diffusé leur histoire.

     Lors de la réception par le Lord-Maire de Londres, chacune des héroïnes recevra un document personnalisé comme celui ci-dessous en témoignage de gratitude :

testimonial

 

This Testimonial
was presented to
Madame BELMONT-GOBERT
by the Lord Mayor of London
at the Mansion House, on April 8, 1927

on behalf of a large number of readers of
The Daily Telegraph
who, deeply stirred by the story of the superb courage with which she succoured a British soldier at the risk of her own life in the Great War, subscribes for the purchase of an annuity as a token of the honour due from the British people to a brave Frenchwoman.


Disdaining danger Madame Belmont Gobert provided food and shelter for nearly four years to a soldier cut off in the enemy lines, even though the invaders were continuously billeted in her house.


Wherever the wonderful story has been told it has excited le deepest and purest emotion and the subscribers of the annuity have been spontaneously moved to offer with their thanks and their admiration this testimonial of their earnest desire for her well-being and of their pride at being able to shew their appreciation of her rare magnanimity, her unflinching bravery during the years that the invader remained on her hearth, and her womanly loving-kindness to one whom her devotion saved.
Ce témoignage
a été offert à
Madame BELMONT-GOBERT
par le maire de Londres
à Mansion House, le 8 avril 1927

au nom d'un grand nombre de lecteurs du
Daily Telegraph
qui, profondément émus par l'histoire du  magnifique courage avec lequel elle a secouru un soldat britannique au risque de sa propre vie durant la Grande Guerre, ont souscrit au paiement d'une rente en témoignage de l'hommage dû par le peuple britannique à une courageuse femme française.

Dédaignant le danger Madame Belmont Gobert a fourni nourriture et abri pendant près de quatre ans à un soldat coupé des siens dans les lignes ennemies, bien que les envahisseurs aient été logés en permanence dans sa propre maison.

Partout où la merveilleuse histoire a été racontée, elle a suscité l’émotion la plus profonde et la plus pure et les souscripteurs de la rente ont été spontanément disposés à offrir, avec leurs remerciements et leur admiration, ce témoignage de leur sincère désir de son bien-être et la fierté d'être capable de montrer leur estime pour sa rare grandeur d'âme et sa bravoure sans faille au cours des années où l'envahisseur est resté dans son foyer ainsi que sa féminine bonté envers celui que son dévouement à sauvé.

 

Toujours est-il que Paul Painlevé, ministre de la Guerre de novembre 1925 à octobre 1929, a demandé que le gouvernement britannique ne verse plus d'argent à Mme Belmont-Gobert, car il lui allouait désormais une pension. Il n'y eut plus guère de trace de l'histoire dans la presse, sauf pour la venue du roi George VI en 1938 à Paris, que Mme Belmont tenait à voir, mais, trop fatiguée, ne put se déplacer.

 

     Les britanniques ne semblent pas avoir la mémoire courte : le 4 novembre 2018, un spectacle musical intitulé "Wardrobe" (la garde-robe) a été présenté à Londres, mettant en scène Fowler, Hull, Angèle, Mme Belmont et Edith Fowler.

wardrobe


     A l'occasion du 11 novembre 2019 une cérémonie a eu lieu au cimetière de Bertry où une plaque en l'honneur de Mme Belmant a été apposée :

plaque

     Une exposition s'est tenue également à Bertry retraçant l'épopée de Mme Belmant-Gobert et du Soldat Fowler. On pouvait y voir les diplômes remis à Londres, le plateau d'argent offert par les camarades de Fowler. Y participaient les descendantes de Mme Belmant  : son arrière-petite-fille et 2 arrière-arrière-petite-filles, ainsi que l'auteur John Anderson et son épouse :

11112019
De g à d : Mrs Anderson, Brigitte Halut (arrière, arrière petite fille de Mme Belmant-Gobert), John Anderson,
Anaïs Forrierre (arrière, arrière petite fille) et Claudine Forrierre (arrière petite fille)

 


 

 

    L'épisode de la libération du soldat Fowler est retracé dans le livre de Ben Macintyre : "A foreign Field", qui relate l'histoire (vraie) entre le soldat Robert DIGBY, fusillé à Le Catelet (Aisne) le 30 mai 1916 "pour espionnage", bien qu'il se fût rendu aux autorités allemandes, après avoir été caché par une habitante de Villeret et sa fille avec laquelle il aura un enfant.

Voici la traduction de l'extrait :

    Le 9 octobre [1918], un "homme maigre aux cheveux gris, vêtu de vêtements civils en loques" a subitement échappé aux deux fantassins sud-africains qui l'escortaient sur la voie romaine à une quinzaine de kilomètres de Villeret, et a couru vers un cavalier qui passait. Sautillant devant le major Francis Drake du 11e Hussards survenu par hasard, le petit homme malingre ne cessait de crier : "C'est mon officier". Après quatre ans de clandestinité, la plupart du temps dans un buffet en chêne de la taille d'un cercueil, Patrick Fowler était enfin libre, mais aussitôt arrêté par son propre camp. Une demi-heure plus tôt, une frêle apparition, "gesticulant frénétiquement" et racontant une incroyable histoire de survie, s'était précipitée vers les troupes sud-africaines qui entraient dans Bertry. Il avait été immédiatement arrêté comme espion et renvoyé vers l'arrière sous escorte. Drake était "l'un des rares hommes en France qui pouvait le reconnaître" et sans leur rencontre fortuite sur cette voie romaine, Fowler aurait pu partager un sort identique à celui de Digby.

 

 

 

 

Suite : Mme Cardon et le caporal Hull

26 janvier 2015

Médaille des victimes de l'invasion

 

      Hormis les récits des Valenciennois, témoins et acteurs,  la liste des otages est imparfaite bien que les archives municipales en détiennent certainement plusieurs listes (sinon toutes).

     On peut cependant retrouver trace de certains d'entre eux dans les listes publiées au Journal Officiel lorque la Médaille des victimes de l'invasion leur a été attribuée. Cette dernière a été créée par décret du 30 juin 1921 portant création d'une médaille dite : « des victimes de l'invasion » (J.O. du 4 juillet 1921 - Page 7613)

MVI

  • Gravée par Pierre DAUTEL né en 1873 à Valenciennes, décédé en 1951, Premier Grand Prix de Rome en 1902.
    Rondes en bronze, en bronze argenté, argent ou vermeil et du module de 30 mm.
    elles sont remises avec un diplôme.
  • Sur l’avers : une femme coiffée d’un foulard, mains liées et le regard tourné vers le mot  FRANCE,  est représentée sur un fond de village ruiné, surmonté par une ligne de feu coupant l’horizon.
    Le revers porte l’inscription  AUX  VICTIMES  DE L’INVASION - LA  FRANCE  RECONNAISSANTE inscrite à l’intérieur d’une couronne de palmes portant les dates  1914 - 1918. La médaille est surmontée d’une large bélière rectangulaire fixe, constituée par un motif de chaînes.
  • Le ruban est bleu marine avec une raie centrale noire de 2 mm et une bande rouge de 5 mm de chaque côté, à 5 mm du bord.
  • S'y adjoindront 2 agrafes dorées, d’un modèle particulier :
    PRISONNIERS POLITIQUES et OTAGES DE GUERRE.

Médaille


 

     Une médaille destinée à distinguer les otages et prisonniers emmenés en captivité de ceux qui ont subi l'invasion mais sont restés au pays sera créée ensuite : décret du 25 août 1936 portant application de la loi du 14 mars 1936 instituant une Médaille des prisonniers civils, déportés et otages de la grande guerre. (J.O. du 27 août 1936 - Page 9182)

Voir également sur ce blog.


N.B. : Je ne cite ici au fur et à mesure de mes lectures du JO que les noms du valenciennois.

 

Journal officiel du 04 mai 1922  (figurent dans cette liste de nombreux otages en Lithuanie)

  • Médaille de vermeil
    • M. MAURICE-FONTAINE (François-Charles), 15 rue Tholozé à Valenciennes. Otage à quatre reprises différentes et déporté à Holzminden.

  • Médaille de bronze
    • M. DEHECQ (Joseph) à Villers-Pol. Otage en Lithuanie
    • M. l'abbé DIENNE (Ernest-Eugène-Camille) rue des Remparts à Valenciennes. Otage en Lithuanie.
    • M. DOYE (Lucien), 3 rue Corbeau à Raismes. Prisonnier et travailleur forcé.
    • M. DUPAS (Maurice), rue Milhomme à Valenciennes. Interné à Holzminden.
    • M. DUPONT (Albert-Jean), place du Canada à Valenciennes. Otage à Holzminden.
    • M. DUPONT (Charles-Gabriel), 80 boulevard Saly à Valenciennes. Otage à Holzminden.
    • M. DUPONT (Léon), 30 place d'Armes à Valenciennes. Otage à Holzminden.
    • M. DUPONT (Maurice-Ghislain), 19 rue Nouvelle-Hollande à Valenciennes. Otage à Holzminden.
    • M. DUPONT (Paul-Léon), 1 Boulevard Watteau à Valenciennes. Otage à Holzminden.
    • M. DUPONT de Saint-Ouen (fernand-louis-Joseph) 137, rue de Paris à Valenciennes. Otage en Lithuanie.
    • Mme veuve Fally, née Lanthiez (Elvire-Adelaïde-Aubertine), 3 rue Mathieu de Quinvigny à Valenciennes. Otage à Holzminden.
    • M. d'HAUSSY (Georges-Dorothée), à Artres. Otage en Lithuanie.
    • Mme MALLEZ, née Candelot (Marie-Eléonore), 3 rue d'Haspres à Thiant. Otage à Holzminden.
    • M. EWBANK (Georges-Aimable), 64 rue de Courcelles à Paris. Précédemment à Valenciennes rue du Grand-Fossart. Otage en Lithuanie.

 

 Journal officiel du 11 novembre 1922

  • Médaille de vermeil
  • Médaille d'argent
    Médaille de bronze
    • Mme veuve SAINT-QUENTIN née CELLIER (Aimée-Louise 17 rue des Viviers à Valenciennes : déportée à Holzminden.
    • M. SAVOYE (Aristide) 13 rue Abel-de-Pujol à Valenciennes : otage à Holzminden.
    • M. THIETARD (Gustave) 159 rue de Saint-Amand à Anzin : mis au secret à Anzin.
    • Melle TORREZ (Marguerite-Marie-Anne) 19 rue des Porchelets à Valenciennes : otage à Holzminden.
    • Mme veuve VAN MERRIS née TRINQUET (Laure-Sophie) 15 rue Abel-de-Pujol à Valenciennes : otage à Holzminden.
    • Mme veuve VERDAVAINE née GIRAUD (Berthe-Marie-Louise) rue d'oultreman à Valenciennes : otage à Holzminden.
    • M. VRECQ (Emile) à Vieux-Condé : Otage à Milejgany et Block-Roon
    • M. l'abbé WUIOT (george-Alfred) 12 place Saint-jean à Valenciennes : otage en Lithuanie.
    • Mme veuve ZOUDE née DREMEAUX (Juliette) avenue du général Horne à Valenciennes : otage à Holzminden.

Journal officiel du 26/27 décembre 1922 

  •  Médaille de vermeil
    • Feu M. VALLIN (Louis-Joseph), ayant demeuré grand-Rue, à Ostricourt : tué à l'age de neuf ans par un soldat allemand ivre.

  • Médaille d'argent
    • M. COINT (Georges-Louis-Aimé) 33 rue Colart-Creste à Valenciennes : travailleur forcé, réfractaire, mis en cellule, évadé à plusieurs reprises.
    • M. FLANDROY (Camille-Joseph) au Poirier n°3 à Trith-Saint-léger : interné dans divers camps d'Allemagne ; s'est évadé et s'est engagé.
    • M. HOTTON (Julien) au Poirier n°1 à Trith-Saint-léger : emprisonné dans divers camps ; s'est évadé ; s'est engagé.
    • Mme RIVART née DEUDON (Marie-Antoinette) 46 rue Jean-Jaurès à Marly : six mois de cellule ; est restée six mois aveugle ; emprisonnée par la suite pour refus de travail.
    • M. TAHON (Louis) 66 coron de la Lune à Trith-Saint-Léger ; emprisonné pour refus de travail : blessé grièvement.
    • Feu M. VIART (Augustin) ayant demeuré à Anzin : déporté dans divers camps ; mort des suites d'une chute au cours d'un travail forcé. Médaille à titre posthume.

  • Médaille de bronze
    • M. AUBRY (Emile) au Poirier n°2 à Trith-Saint-léger : déporté dans divers camps d'Allemagne.
    • M. BASTIN (Henri) au Poirier à Trith-Saint-Léger ; déporté dans divers camps d'Allemagne.
    • M. BIRON (Arthur) au Poirier à Trith-Saint-Léger ; déporté dans divers camps d'Allemagne.
    • M. BONTEMPS (Armand-Felix-Joseph) au Poirier à Trith-Saint-Léger ; déporté dans divers camps d'Allemagne.
    • M. BOONE (Lucien-René-Jérôme) 217 rue de Valenciennes à Fresnes-sur-Escaut : otage ; victime de sévices.
    • M. BRISART (Fernand) 4 rue de l'Egalité à Trith-Saint-Léger : travailleur forcé dans la zone du front.
    • M. BULLAERT ( Gustave) Faubourg de paris à Valenciennes : travailleur dans la zone du front ; frappé et blessé.
    • M. CARETTE (Ernest-Louis-François-Joseph) à Maresches : déporté à Mecklembourg.
    • M. CARETTE (François-Ernest-Marie-Joseph) à Maresches : déporté à Mecklembourg.
    • M. CARTON (Fernand-Jules) faubourg de Cambrai à Valenciennes : déporté dans divers camps d'Allemagne.
    • M. CAZIN (Emile-Nicolas-François) 29 rue Edmond-Guillaume à Valenciennes ; incarcéré à Valenciennes, Aix-la-Chapelle et Anrath.
    • M. COPIN (Désiré) à Fresnes-sur-Escaut : otage en Lithuanie.
    • M. COUDOUX (Auguste) 66 rue de la collinière à Saint-Amand : déporté dans divers camps d'Allemagne ; malade.
    • M. DARGENT (Isidore) au Poirier n° 230 à Trith-Saint-Léger : déporté et travailleur réfractaire.
    • M. DELVAUX (Alphonse) au Poirier n° 27 à Trith-Saint-Léger : déporté dans divers camps allemands.
    • M. DEMOTTE (Ernest) au Poirier n° 88 à Trith-Saint-Léger : déporté dans divers camps d'Allemagne.
    • M. DENIS (Aldophe-Désiré-Joseph) au Poirier n° 134 à Trith-Saint-Léger : déporté dans divers camps d'Allemagne.
    • M. DEPAS (Auguste) au Poirier n° 4 à Trith-Saint-Léger : déporté dans divers camps d'Allemagne.
    • M. DESMET (Henri) 182 au Poirier à Trith-Saint-Léger : déporté au camp de Cassel.
    • M. DUBOIS (Marius-Louis) 40 rue de Tinchon à Saint-Waast-le-Haut, Valenciennes ; travailleur forcé ; victime de sévices.
    • M. DUCULOT (Auguste) au Poirier à Trith-Saint-Léger : déporté dans divers camps d'Allemagne.
    • M. DUPAGNE (Gustave) au Poirier 73 à Trith-Saint-Léger : déporté dans divers camps d'Allemagne.
    • M. FABRY (Gilles-Joseph) au Poirier à Trith-Saint-Léger : déporté dans divers camps d'Allemagne.
    • Melle FELY (Flore-Augustine-Celina) ferme Heurtebise à Trith-Saint-léger : emprisonnée à Rouvignies.
    • M. FOLLARD (Oscar) Chemin-vert à Aulnoy-lez-Valenciennes  : déporté dans divers camps d'Allemagne.
    • M. GOISSE (Maurice-Pierre-Louis) faubourg de cambrai à valenciennes : déporté dans divers camps d'Allemagne.
    • M. HAUSSY (René-Hubert-Edouard) 7 rue péclet à Valenciennes : travailleur forcé victime de sévices.
    • M. HISTACE (Désiré-Ferdinand) au Poirier n° 185 à Trith-Saint-Léger : déporté dans divers camps d'Allemagne.
    • Mme RODRIGUE née PERSYN (Philomène) 15 Place du neuf-Bourg à Valenciennes : mise en cellule à deux reprises à Valenciennes.
    • M. ROYE (Eugène-jean-Baptiste-Louis 181 route de Mons à Saint-Saul(ve) : interné à Senne et Holzminden puis travailleur forcé ; évadé.
    • M. SABLON (Emile) au Poirier n° 140 à Trith-Saint-léger : déporté dans divers camps d'Allemagne.
    • M. SAINT-MOULIN (Adolphe) au Poirier n° 210 à Trith-Saint-Léger : déporté dans divers camps d'Allemagne ; malade.
    • M. THIRION (jean) au Poirier n° 199 à Trith-Saint-Léger : déporté dans divers camps allemands.
    • M. TONNON (Ernest) au Poirier n° 114 à Trith-Saint-Léger : déporté dans divers camps d'Allemagne.
    • M. URBAIN (Gaston) au Poirier n° 259 à Trith-Saint-Léger : déporté dans divers camps d'Allemagne.
    • Mme VAN CANEGHEM née Brereton (Adrienne-Joséphine) 16 rue Ferrand à Valenciennes : incarcérée puis déportée à Holzminden.
    • M. VANDENGERGHE (Joseph) au Poirier n° 65 à Trith-Saint-Léger : déporté dans divers camps allemands.
    • M. VAN HERZEELE (Florisse) 39 rue de la gare à Trith-Saint-Léger : déporté dans divers camps et travailleur forcé.
    • M. WALLET (Emile-Désiré) au Poirier n° 111 à Trith-Saint-Léger : déporté dans divers camps allemands.
    • M. WILLEM (Léon-Félix) au Poirier n° 244 à Trith-Saint-Léger.

 


Journal officiel du 2 mars 1923

Journal officiel du 7 mars 1922

Journal officiel du 30 mai 1924

 A suivre ...

 

17 avril 2019

Britanniques prisonniers civils en Pologne (1918)

 

 C'est en parcourant les registres du CICR, plutôt que les fiches nominatives, que mon attention a été attirée par une courte liste de civiles britanniques détenues en 1918, 14 femmes et enfants de même provenance. Un premier coup d'oeil révèle des enfants de 4 à 13 ans, dont certains semblent être seuls, si l'on en juge par leur nom. Une liste voisine énumère 27 noms d'hommes et de garçons, capturés (fait prisonniers) au même lieu, mais dont peu de noms coïncident avec ceux des femmes et enfants.

 Le camp de détention est celui de Tuchel/Tuchola, ville actuellement polonaise, située 50km au nord de Bydgoszcz ; édifié en 1914 au sud est de la ville par les allemands dans ce qui était alors la Prusse occidentale (Westpreußen) ; l'emplacement est actuellement occupé par un ensemble de résidences :

campT1
voir sur le site de Dawid Kobiałka


 Tristement connu pour la détention de prisonniers de guerre Russes et Roumains dans des conditions abominables, des soldats alliés de diverses nations y ont été détenus : c'est par exemple l'un des camps où a été détenu l'un des premiers prisonniers de guerre américain, le sergent Edgar Halyburton.
Fait prisonnier lors du raid allemand du 3 novembre 1917, il passe 7 mois dans le camp de Tuchel avec 17 autres prisonniers américains avant d’être transféré à Rastadt dans le Bade-Wurtemberg.

 Le camp est réutilisé par les Polonais pendant la guerre entre la Pologne et l'Union Soviétique (1919-1921), ce seront près de 8000 Russes qui y seront détenus jusqu'à son démantèlement en 1923, sans trace visible sur les cartes (voir ci-dessous). Il ne reste plus qu'une partie du cimetière essentiellement composé de fosses communes creusées dès 1914 pour probablement plus de 4500 décès (certains rédacteurs russes vont jusqu'à 20.000 !)
Bien que l'emplacement de ce cimetière apparaisse sur les cartes des années 1930,

Cmentarz roojsk


une cimenterie a été construite dans les années 70 sur une grande partie de son emplacement :

Cmentarz
voir d'autres photos
Cmentarz jeńców wojennych z wojny polsko-bolszewickiej 1920 - 1921

Que venaient donc y faire des civils britanniques ?

 Les maigres informations contenues dans les pages du registre (et reprises quasi à l'identique par les fiches individuelles établies le 30/04/1918) indiquent qu'ils viennent tous de l'ile d'Åland (notée Aaland/Uland-Insel). Actuellement province autonome de Finlande : préalablement suédoise, elle avait été cédée aux Russes avec la Finlande en 1809, jusqu'à ce que le pays reprenne son indépendance en 1917 ; à la suite de troubles, l'intervention allemande commence avec l'occupation des îles Åland au début du mois de mars 1918, c'est alors que les civils alliés y sont arrêtés par les allemands (14/03/1918).

 Les 14 femmes et enfants ont tous comme provenance précédente Saint-Pétersbourg où il est plausible qu'ils se soient réfugiés dans un premier temps pour cause de révolution bolchevique, dans l'espoir d'être rapatriés par l'escadre de la Royal Navy en Baltique ; les îles d'Åland ont ensuite été une étape pour tenter de gagner Stockholm en Suède, neutre. Notons pour l'Histoire que les troupes françaises débarquent à Åland le 8 août 1854. Elles assiègent et bombardent la forteresse durant huit jours avant de pouvoir l'occuper. Avant leur départ, les Français détruisent complètement la forteresse. Après la guerre, l'Angleterre et la France exigeront que les îles soient démilitarisées.

parcoursb

Les 27 hommes et garçons sont déclarés venir de Danzig (Gdansk) port sur la Baltique quelques 100km au Nord de Tuchel/Tuchola, qui avait dû être leur premier lieu d'internement après capture dans les îles.

 Ces citoyens britanniques qui sont, pour les plus anciens, nés au Royaume-Uni, faisaient probablement des affaires en Russie tsariste. Tous ou presque font référence à un parent proche en Grande-Bretagne et le registre indique une ou 2 fois pour chacun la mention "Petersburg". Seuls les enfants sont parfois nés en Russie, Manchourie ou Suède.

 

Les femmes (et les enfants)
CIV 8470&8471

 Tous portent la mention : Date et lieu de capture : Ile d'Åland le 14 mars 1918, séjour précédent : Petersburg.

0138

 Le prénom du père n'est normalement reporté que pour les Russes (nur bei Russen Vorname des Vaters), mais il semble qu'il soit ajouté pour quasiment tous : je le fais figurer entre parenthèses ; si commun, il permet de reconstituer les fratries. Viennent ensuite la date et le lieu de naissance, permettant de connaitre l'age à la date de la détention, ainsi que les nom et adresse d'une personne proche.
Il y a enfin pour chacun une mention supplémentaire faisant référence à une ville de Russie, parfois contradictoire comme Petersburg (pour St. Petersbourg/Petrograd/Sankt-Petersburg) et Kurgan Sibirien.
Une fiche individuelle de recherche supplémentaire donne alors une adresse de contact différente.

L'écriture originale des noms propres, de personne ou de lieu, est parfois approximative : j'ai ajouté un lien (à survoler) vers ce qui devrait être l'orthographe correcte.

Je les ai regroupées par nom, sans preuve formelle d'un lien familial.

  • BUTCHER


    • C_G1_F_13_01_0021_0631_0May Tregenza (Henry Butcher), née le 12/09/1904, Bellvedere Kent.
      (Fille, 13 ans 1/2)
      contact : Mrs Rogers The Terrace Pensanze.
      mention : Kurgan Sibirien

    • C_G1_F_13_01_0021_0632_0(Mrs) May (James), née le 24/03/1878, St Erth Cornwall.
      (Femme, 40 ans)
      contact : Mrs Ragors (sic) The Terrace Pensanze.
      mention : Kurgan Sibirien
       
  • CAMPELL (CAMPBELL)
    • C_G1_F_13_01_0022_0514_0Sara (Edward), née le 29/09/1893 à Newry Irrland.
      (Femme, 24 ans 1/2)
      contact : Edward Campell Lurgancoohone Newry Jreland
      mention : Petersburg

  • CROW
     
  • DRUMON-EPSWORTH (DRUMMOND)
    • C_G1_F_13_01_0055_1178_0James (Charles) né le 12/07/1910 à Petersbug.
      (Garçon, 7 ans 1/2)
      contact : nicht bekannt
      mention : Petersburg

  • FABER
    • C_G1_F_13_01_0062_0365_0Floren Beatrice (George Louis Feber), née le 07/03/1876, Wien (Autriche)
      (Femme, 42 ans)
      contact : Mrs Olivier Dawis, 37 Clarence Parade, Southsea
      mention : Petersburg

  • HAWKINS IBBETSON
    • C_G1_F_13_01_0079_1206_0Mary (), née le 24/11/1892 à Varsovie (PL)
      (Femme, 25 ans 1/2)
      contact : nicht bekannt (inconnu)
      mention : Petersburg

  • SEVIER
    • C_G1_F_13_01_0148_0102_0 Olga Charlotte May (Roberts) née le 05/03/1896, Petersburg
      (Femme, 22 ans)
      contact : Holmes Barnat Castle Durham
      mention :Petersburg

    • C_G1_F_13_01_0148_0101_0Alice Julia (Roberts Niemen), née le 26/07/1890, Petersburg
      (Femme, 27 ans 1/2)
      contact : Holmes Barnat Castle Durham
      mention :Petersburg

  • TAYLOR


     

Les hommes (de 14 à 60 ans)
CIV 8467 à 8469

 Tous portent la mention : Date et lieu de capture : Ile d'Åland, date inconnue (seuls les deux derniers de la liste, Perkinson et Havery) ont droit à une date : 16.3.1918 ; séjour précédent : Danzig.

0137

 Viennent ensuite la date et le lieu de naissance, permettant de connaître l'âge à la date de la détention, ainsi que les nom et adresse d'une personne proche.
Il y a enfin pour tous une mention supplémentaire faisant référence à une ville de Russie, Petersburg (pour St. Petersbourg/Petrograd/Sankt-Petersburg)
Pour 2 d'entre eux, une fiche individuelle de recherche vient s'ajouter à la fiche qui reprend les données du registre. (voir celle d'Ebsworth FG, qui complète son itinéraire, sans preuve que les autres l'aient suivi)

 L'écriture originale des noms propres, de personne ou de lieu, est parfois approximative : j'ai ajouté un lien (actif, dont le survol  donne la destination correcte lorsque je l'ai trouvée, certaines rues ayant probablement disparu) vers ce qui devrait être l'orthographe correcte.

Je les cite dans l'ordre alphabétique, sans preuve formelle d'un lien familial pour ceux qui ont le même patronyme (Ebsworth et Sevier).

 

  • CARR
    • Alfred C., né le 27/12/1869 à Petersburg, (Russie).
      (48 ans).
      contact : Carr, Broomilknow Lasswade Scotland

      • Une fiche supplémentaire de recherche d'un "Civil anglais de Finlande signalé à Danzig" donne le résultat (en date du 14.6.18) d'une enquête télégraphique à Berlin (par ?) le "Service civil du Dr Ferrière" : "interné au camp de Ruhleben depuis le 21.IV.18".
        Aucun autre document ne confirme sa présence dans ce camp.
  • EBSWORTH
    • Charles D., né le 12/11/1869 à Edinburg, (UK).
      (48 ans).
      contact : Ebsworth, 37 George St. Edinburg

    • Frederick G, né le 11/01/1878 à Petrograd, (Russie).
      (40 ans).
      contact : Absworth, 60 Constitution St. Leith

      • Il existe une fiche supplémentaire de recherche à son nom :
        "Employé chez M.M. Miller et C° à Petrograd, fait prisonnier aux iles Aaland en cours de route de petrograd à Stockholm.
        Arrêté le 13 ou le 14 mars ; transféré à Danzig avec 14 autres prisonniers anglais."
        Enquête à Berlin. Réponse de Berlin. Transféré à Ruhleben (illisible) 28/6.18.
        Prière de répondre à : Mrs J. Agnès Ebsworth, Sunny meadows, 10 North Road, Cardiff, South Wales, England.

      • C'est le seul dont j'ai trouvé la généalogie, fils de George Clement et de STEPHENS Jessie Agnes, marié en 1907 à CARRINGTON Alice Ida. Décédé à Merano, Bolzano, Italie le 28/05/1923.

  • GRIMSHAW
    • David St., né le 22/12/1866 à Leeds, (UK).
      (51 ans).
      contact : Oban Villas Wetherby

      • Dans le registre n°2 commencé au camp de Ruhleben par Neville Stanley Wilkinson vers 1916 et consacré au casernement n°5,  David Henry Grimshaw est enregistré comme étant né le 22 décembre 1866 à Leeds et avoir été ingénieur de fonderie avant son internement ; son adresse était c/o Mrs Bailey, Oban Villas, Wetherby, Yorkshire. Il a été noté que Grimshaw, arrivé de Tuchel le 21 avril 1918, résidait dans le baraquement 27 ; le 13 mai il avait déménagé pour le "tea house". Source : The Ruhleben Story
  • HARTLEY
    • William S., né le 23/03/1873 à Skipton, (UK).
      (45 ans).
      contact : Hartley, 33 L(i/u)nafield St. Accrington Engl.

      • Dans le registre n°2 du camp de Ruhleben, commencé par Neville Stanley Wilkinson vers 1916 et consacré au casernement n°5, William Spires Hartley est enregistré comme étant né le 23 mars 1872 à Skipton, Yorkshire, titulaire d'un brevet avant son internement, domicilié au 32, rue Limefield, à Accrington, dans le Lancashire. Il a été noté que Hartley, arrivé de Tuchel le 21 avril 1918, résidait dans le baraquement 23. Source : The Ruhleben Story
  • HAYES
    • Frank W., né le 15/08/1887 à London, (UK).
      (30 ans).
      contact : Hayes, 29 St Johns Park Mansions Pemberton Gds.

      • Je n'ai pas trouvé de fiche individuelle reprenant les information du registre, mais il existe une fiche de recherche à son nom : "Civil anglais de Finlande signalé à Danzig" qui donne le résultat (en date du 14.6.18) d'une enquête télégraphique à Berlin (par ?) le "Service civil du Dr Ferrière" : "interné au camp de Ruhleben depuis le 21.IV.18".
        Aucun autre document ne confirme sa présence dans ce camp.
  • TRAVIS
    • Edward, né le 02/03/1871 à Oldham, (UK).
      (47 ans).
      contact : Travis, 75 Dickham Road Blackpool England

      • Dans le registre n°2 du camp de Ruhleben commencé par Neville Stanley Wilkinson vers 1916 et consacré au casernement n°5,  Edward Travis est enregistré comme étant né le 2 mars 1871 et avoir travaillé dans une filature avant son internement ; domicilié au 75 Dickson Road, Blackpool. Il a été noté que Wilkinson, arrivé de Tuchel le 24 avril 1918, résidait dans le baraquement 23. Source : The Ruhleben Story

 

 Hors CICR les renseignement sont rares, mais au moins pour certains hommes il apparaît que le transfert a été réalisé de Tuchel vers le camp de Ruhleben dans la banlieue ouest de Berlin, où étaient emprisonnés de nombreux civils anglais, et ce depuis Août 1914 pour ceux qui se trouvaient sur le territoire allemand lors de la déclaration de guerre.
Le camp de Ruhleben se situait entre la rivière Sprée et la voie ferrée menant à Berlin, l'emplacement est maintenant occupé par une zone industrielle.

Ruhleben now    Ruhleben then

 Pour des raisons d'abord humanitaires, puis de plus en plus fréquemment au fur et à mesure que la fin de la guerre se faisait plus certaine, des évacuations ont eu lieu vers la Hollande, neutre, où les ressortissants des nations belligérantes restaient plus hébergés que détenus. Sauf pour Ibber(t)son et Ebsworth, il n'y a aucune preuve formelle d'évacuation des détenus ci-dessus, ni même de transfert de tous ceux de Tuchel vers Ruhleben. Et encore moins d'indice pour les femmes et enfants.

parcours2b

 

12 mars 2023

Raismes-Vicoigne suite : les militaires

précédemment : les civils fusillés


S'agissant des militaires, la recherche est délicate sans nom précis, sauf pour ceux cités par Delame (voir le récit dans le sujet sur les civils) :

  • RONDEAU Gustave Louis Auguste : né le 23/12/1890 à Neuville-sur-Touques (Orne) d'Alfred Louis Auguste et de GUÉRIN Valentine Joséphine; de la classe 1910, il est incorporé au 14e Régiment de Hussards le 10/10/1911. Libéré le 8/11/1913, il est rappelé dans le même régiment lors de la mobilisation générale. Son état des services signale une action d'éclat dans la nuit du 14 au 15 mars 1917 qui lui vaut la croix de guerre.
    Selon ce même document, il est "tué à l'ennemi par la suite d'un bombardement ennemi antérieurement au 4 avril 1917 et inhumé au cimetière de Châlons [en-Champagne] (Marne), avis de décès du 22/06/1917".
    Sa fiche Mémoire des Hommes le dit tué le 30 avril 1917 à Mourmelon-le-Grand (Marne), date qui est celle indiquée dans le Journal de Marches et Opérations du 14e RH.

    Il est inhumé à la , tombe 2246 sous le seul prénom Auguste.
    Il figure au monument aux morts de la ville d'OCCAGNES (Orne), ainsi qu'au Monument aux Morts du 14e Régiment de Hussards à Alençon (Orne).

  • DUEZ Etienne Louis : né le 07/02/1891 au 16, rue Gustave Courbet, Paris-16e de Désiré Jean Baptiste et TOUZOT Catherine Philiberte ; de la classe 1911, il s'engage pour 3 ans au 14e régiment de Hussards ; trompette, puis cavalier. Maintenu au corps il est au même régiment à la mobilisation.
    Le 25 août 1914 il est blessé à la cheville à Vicoigne. Soigné jusqu'au 7 septembre, il ne réintègre le service actif qu'en février 1915 au 115e RI ; il reçoit une balle à la pointe du cœur le 17 août 1915 "aux Marquises" alors qu'il est prévu qu'il passe au 21e colonial.

    les marquises
    Extrait de carte du JMO de la 119e Brigade: réduit des Marquises


    Soigné jusqu'en février 1916 il est alors détaché successivement à la Maison Clément à Lyon, puis à la Société des Moteurs Salmson à Billancourt. Muté au 21e RI en juillet 1917 il est démobilisé par le 23e colonial et mis en congé le 28/07/1919.
    Il aura été cité à l'ordre de l'armée : "Se trouvant blessé [en 1915] et dans les lignes allemandes a réussi à en sortir et à rejoindre son corps". La médaille militaire ainsi que la croix de guerre lui sont conférées en 1916.

    Citation DUEZ E JO 19160418 p3288

    Affecté après la guerre au 8e régiment de chasseurs à cheval, classé service auxiliaire par la commission de réforme en 1924, il est passe successivement au 1er puis au 11e régiment du Génie en 1925 pour recevoir finalement une affectation spéciale à la compagnie des chemins de fer métropolitains de Paris, et ce malgré les séquelles de sa blessure au thorax.
    Nouveau passage devant la commission de réforme le 5 octobre 1938, après le divorce prononcé le 07/07/1938 d'avec Alice CHAUTARD, épousée le 03/02/1917.
    Il décède à Paris 4e, au 71 rue St Martin le 07/08/1941. Il n'a que 50 ans, mais probablement très handicapé des suites de sa blessure aux Marquises.

 ___________________________________

C'est bien du 14e régiment de Hussards basé à Alençon dont il s'agit ici, deux escadrons, les 7e et 8e ont été incorporés à la 84e Division d'Infanterie Territoriale jusqu'à sa dissolution début juillet 1915. Le 8e escadron est affecté à la région de Valenciennes, alors que -ne l'oublions pas- ce n'est pas le chemin attendu de l'invasion ; or c'est bien toute la première armée allemande (230 600 combattants), la seconde armée en flanc gauche, qui, traversant la Belgique, est à Bruxelles le 21 Août et fonce via Mons -que le Corps Expéditionnaire Britannique devra évacuer- en direction de Cambrai : il n'y a devant elle que des divisions territoriales (n°s 81, 82 et 84) affectées à des travaux de défense.

Aufmarsch im Westen 1914
Zones de concentration des armées allemandes à partir du 6 août 1914
et leurs mouvements jusqu'au 20. (source)

 

24 Aout 1914
24 Août 1914 (source)

On ne s'étonnera donc pas de quelques flottements -voire lacunes- dans la rédaction des journaux de marche, d'autant que les unités dispersées seront ponctuellement renforcées par des soldats d'autres unités rencontrés "par hasard", voire des douaniers (armés à l'époque). Il est question parfois de position "entre Marchiennes et St Amand" (15km), de disparition "à Bourghelles" dernier lieu pour lequel on a pu trouver un témoignage en 1914, mais une inhumation à Raismes (30km). 
Ajoutez à cela une désorganisation, comme celle qui sera fatale à 2 cavaliers anglais tués "par méprise" (sic le JMO de la 84eDIT du 22/08/1914)

C'est ainsi que l'on retrouve face à l'invasion des "pépères" de l'infanterie territoriale : la 84e DTI comprenait outre les 2 escadrons de hussards et des unités d'artillerie du 44e RAC, la 167e brigade (25e et 26e RIT) et la 168e brigade (27e et 28e RIT).
Pourtant, les deux cités par Delame, Menet et Baconnet, sont du 81e RIT appartenant à la 88eDIT (175e Brigade : 81e et 82e RIT ; 176e Brigade : 83e et 84e RIT). Le 24 août 1914 à 17h le 81e RIT est sur la ligne Templeuve-Douai-Seclin, à l'ouest de la 84 DIT. Au soir du 24, pour le seul 81eRIT on dénombre semble-t-il aucun tué mais 81 hommes et 2 sous-officiers disparus.

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En croisant les données de Mémoire des Hommes (Morts pour la France et JMOs), les actes d'état-civil disponibles, les États des Services, les recherches des disparus, notamment au CICR, on peut dresser une liste plus précise :

  • GONNET Almyre Vital né le 09/04/1878 à Champéon (Mayenne) de Prudent et AUBERT Eléonore Perpétue. De la classe 1898, il effectue son service au 13e régiment de Cuirassiers ; rappelé au 26e régiment territorial d'infanterie à la mobilisation, il est porté disparu le 24 août 1914 dans la forêt de Raismes. Cette date sera celle du décès fixé par jugement déclaratif du 6/11/1920 par le tribunal de Mayenne, transcrit le 18/09/1920 à Champéon.


  • BACONNET Jules Auguste né le 15/02/1878 à St-Nazaire (Loire Inférieure) de Jean Marie et BACQUEL Jeanne Marie. De la classe 1898, il effectue son service au 90e de ligne. Marié le 31/01/1910 à Fégréac avec Clémentine Marie GUIHO. Rappelé à la mobilisation au 81e Régiment territorial d'Infanterie, il est "aux armées" le 14/08/1914 et porté disparu le 24/08/1914 à Bourghelles (Nord). Il sera déclaré décédé à Raismes le 31/08/1914 par un Avis Officiel du Bureau de Renseignement des Familles en date du 2/07/1918.
    La ville n'étant pas libérée, ils n'avaient cependant pas connaissance de l'acte de décès n°141, enregistré à l'état-civil de Raismes, où il est dit "décédé à l'ambulance de la Société Franco-Belge à Raismes". Il faudra malgré tout un jugement du tribunal de St-Nazaire du 24/01/1919, transcrit le 02/02/1919 à Fégréac où réside la famille pour officialiser la date de décès. Entre-temps la famille aura fait des recherches auprès de la croix-rouge, où l'on trouve une fiche de recherches (négatives, s'étendant de juin 1915 à juillet 1917). Initialement inhumé dans le cimetière de Raismes, il repose actuellement dans le carré mixte du cimetière principal de Douai, tombe 293.


  • MENET Pierre Marie né le 09/06/1873 à Vigneux (Loire-inférieure) de Piere et ROLAND Marie. De la classe 1893 il effectue son service au 154e de ligne. Rappelé à la mobilisation au 81e régiment d'infanterie territoriale, il est porté disparu le 24 Août à Bourghelles (Nord). Avis officiel du19/04/1917. Déclaré tué à l'ennemi, date et lieu inconnus, inhumé au cimetière de Raismes le 02/07/1917.  N'ayant jamais pu trouver aucun échange de documents entre les zones libre et occupée, l'information n'a pu provenir en 1917 que de la croix-rouge : une fiche de recherche (à l'instigation de la Société de Secours aux Blessés Militaires) le présume  initialement interné au camp d'Erfurt. La parution dans la Gazette des Ardennes (voir ci-dessous) permettra d'envisager une inhumation à Raismes ; il repose actuellement dans le carré mixte du cimetière principal de Douai, tombe 294.


  • LEGEAY Paul Camille né le 18/07/1885 à Montreuil le Henri (Sarthe) de Louis Frimbault et de LEMOINE Agathe Marie Aimée. De la classe 1905, il effectue son service au 1er régiment de Chasseurs. Marié en 1912. Parti "au front le 16 août 1914 avec le 14e régiment de Hussards, 7e escadron 3e peloton, il est porté disparu le 24 août 1914 "entre Marchiennes et St-Amand [les Eaux]". Déclaré "tué à l'ennemi", décès constaté le 25 août 1914 place de Vicoigne, commune de Raismes (avis du 6 mai 1919) (Acte de décès à Raismes n°128). La famille aura fait en 1914 une demande de recherche auprès de la croix-rouge, le tenant pour disparu le 20/8 au combat de Marville (B). L'acte de décès sera transcrit à Montreuil-le-Henri le 18/09/1921. Initialement inhumé dans le cimetière de Raismes, il repose actuellement dans le carré mixte du cimetière principal de Douai, tombe 307.

A noter : Les noms des 3 soldats ci-dessus figure dans la liste de "Soldats français inhumés derrière le front allemand" publiée comme beaucoup d'autres dans la Gazette des Ardennes, ici du 26 avril 1917, avec une erreur sur le régiment de Legeay :

GdA R-V

 

Mais le 14e hussards a eu d'autres pertes sur cette courte période : 6 dont LEGEAY cité plus haut,

  • JOSEPH Fernand Isaac né le 25/11/1884 à Briey (Meurthe et Moselle) de Benoit et BLOCQ Henriette. De la classe 1904 il effectue son service au 6e régiment de chasseurs. Rappelé à la mobilisation au 14e régiment de hussards, il décède des suites de blessures de guerre à l'Hôpital auxiliaire n°2 de Valenciennes (Collège de jeunes filles boulevard Pater) le 28 août 1914 à 3h du matin. (Acte dressé à Valenciennes). Initialement inhumé à Valenciennes, il est transporté le 21/04/1901 au cimetière de Montmartre. Bien que sa fiche Mémoire des Hommes indique que l'acte de décès a été transmis à Paris 14e, lieu du domicile, je n'ai pas trouvé trace de transcription. Son nom figure au livre d'or de Paris 14e et sur la plaque commémorative de Paris.


ainsi que 4 cavaliers du 14e RH qui pourraient bien correspondre aux 4 soldats inconnus inhumés au cimetière de Vicoigne et signalés par la Gazette des Ardennes du 26 avril 1917. S'il ne semble plus y avoir une fosse commune à Vicoigne, il y a au cimetière de Raismes une tombe sans nom ni information, réputée contenir les restes de soldat(s) français.

  • CHOPLIN Georges Henri né le 06/04/1886 à La Chapelle-Huon ( Sarthe) de François Eugène et CHAVE Héloïse Henriette. de la classe 1906 il effectue son service au 1er régiment de chasseurs. Rappelé à la mobilisation au 14e régiment de hussards, parti au front le 16 août 1914, il est porté disparu le 24/08/1914 "entre Marchiennes et St-Amand [les-Eaux]". Un jugement rendu le 18/06/1921 par le tribunal de St-Calais (Sarthe) et transcris à Conflans (Sarthe) le déclare décédé le 24/08/1914. (Pas de registre disponible en ligne). Entre-temps la famille s'est adressée à la croix-rouge comme en témoignent les fiches de recherche. L'une d'elle fait état d'une disparition -supposée- au combat d'Hasnon (Nord) les 25-26 août.


  • MARCADÉ Adrien Auguste né le 05/10/1890 à Laval (Mayenne) de Pierre Alphonse et BOCHLER Caroline. De la classe 1910 il est incorporé au 14e régiment de hussards. Rappelé à l'activité par le décret de mobilisation générale il arrive au corps le 02/08/1914 et est porté disparu le 24 du même mois à Marchiennes. Le décès est fixé au 24/08/1914 par jugement déclaratif rendu par le tribunal de Laval, et transcrit à l'état-civil de Laval le 12/11/1920. Une fiche de recherche auprès de la croix-rouge témoigne de l'inquiétude des familles.


  • QUENTIN Charles Henri né le 04/12/1887 à Conflans (Sarthe) de Ernest Philippe et HAUDEBOURG Céline Henriette. De la classe 1907, il effectue son service au 1er régiment de chasseurs. Rappelé à l'activité par suite de mobilisation générale au 14e régiment de Hussards, parti au front le 16/081914 il est porté disparu le 25 Août 1914 à Virton (Belgique). Un jugement déclaratif de décès rendu par le tribunal de St-Calais le 14/08/1920 et transcrit le 04/09/1920 sur les registres de la mairie de Conflans fixe le décès à la date du 24 août 1914.

    • En recherchant parmi les fiches de la croix-rouge une fiche au nom de QUENTIN Charles soldat au 14e RH, mais 4e escadron, fait état d'un prisonnier de guerre à ce nom au camp de Darmstat en 1917. Curieusement cet homonyme est déclaré avoir été fait prisonnier le 25/08/1914 à Valenciennes (l'état des service laisse cependant le lieu de capture en blanc) par contre des liste datées 28/11/1914 et 16/12/1914 établies au camp d'Altengrabow reprennent Valenciennes comme lieu de capture. Il en est de même pour une liste du camp de Mainz du 5 juin 1915.

      La date de naissance (16/04/1887) ne correspond pas, mais le régiment le lieu et la date prêtent à confusion. On sait maintenant qu'il s'agit de QUENTIN Charles Auguste né le 16 mars 1887 à St Fraimbault-sur-Pisse (Orne), mort pour la France à l’hôpital d'évacuation de Metz le 12/12/1918, des suites de maladie contractée en captivité.

    • Les fiches de recherches concernant QUENTIN Charles Henri, mélangent d'ailleurs les informations avec celles concernant Charles Auguste "pris à Valenciennes le 25/08". Jusqu'à une fiche ou une demande se Mme Quentin de St Calais porte la mention "8/4 (1915) réponse d'Altengrabow - y est" puis "15/4 communiqué famille". Une autre fiche précisant bien la date de naissance de Charles Henri (04/12/1887) reçoit le 9/03/1917 la réponse d'Altengrabow " il n'y est pas" - communiqué à la famille le 21/03/1917.

       On imagine facilement les inquiétudes et (dés)espoirs de la famille.

 

  • VALLÉE Alfred Henri Constant né le 27/04/1885 à Maisoncelles (Sarthe) de Henri Valentin et PASQUIER Valentine désirée. De la classe 1905, il effectue son service au 1er régiment de chasseurs. Il épouse en 1909 FOUQUET Cécile Désirée. Rappelé à la mobilisation au 14e régiment de hussards, parti au front le 16/08/1914 il est porté disparu le 24 août 1914 entre Marchiennes et St Amand-les-Eaux. Le décès sera fixé à cette date par jugement du tribunal de Vendôme et transcrit le 5 mars 1921 sur les registres de l'état-civil de la mairie de Savigny-sur-Braye (Loir et Cher) dont j'attends copie de l'acte, les jugements du tribunal de Vendôme ayant été détruit lors d'un bombardement de 1945. Une fiche de recherche au CICR indique : "Doit s'être battu en Belgique. Sans nouvelle depuis le 24 août 1914. Disparu ce jour avec tout son peloton"


Les 11 soldats ci-dessus ont été déclarés "Morts pour la France"


 

Coté allemand, Delame indique qu'ils emmenèrent leurs morts, et effectivement on ne note rien dans les registres d'état-civil, ce qui complique les recherches. Le régiment de poméramiens a bien été identifié : Colbergsches Grenadier-Regiment Graf Gneisenau (2. Pommersches) Nr. 9, 7. Kompagnie. (7e Compagnie du 9e Régiment de Grenadiers Colbergeois «comte Gneisenau», 2e régiment d'infanterie poméranien). J'ai trouvé 5 décès en date du 25 Août 1914 à Raismes, avant qu'ils ne se dirigent vers Cambrai, puis Moislains et Proyart.

  • Uffz. MARSAL Hans  né le 3.10.1891 à Anklam. Inhumé à Frasnoy

  • Gren. FLEHN (ou FIEHN) Karl né le 29.4.1892 à Fiddichow. Pas de tombe connue selon Volksbund.de

  • Gren. LEMKE Max né le 7.4.1892 à Pan(z/g)erin. Pas de tombe connue selon Volksbund.de

  • Gren. TANK Reinhold né le 10.2.1892 à Brunn. Pas de tombe connue selon Volksbund.de

  • Gren. TOBIAS (ou TOBAIA) Stanislaus né le 20.9.1888 à Banken/Bankau. Pas d'information.

 

Le même jour, le Grenadier-Regiment zu Pferde Freiherr von Derfflinger (Neumärkisches) Nr. 3 (Regiment de Grenadiers à cheval No. 3 -Baron von Derfflinger, ou 3e régiment de Dragons) déplore 4 blessés au 3e Escadron près de Raismes :

  • Gefreiter GEHRTZ Erich, né à Amthal, district de Thorn

  • Grenadier HASE Friedrich, né à Hohenbüssow, district de Demmin

  • Grenadier PAASCH Fritz, né à Ruman, district de Czarnikau

  • Grenadier WINTER Johannes né à Kaudenborn

 

 précédemment : les civils fusillés


26 octobre 2013

Dr. Charles TAUCHON, Maire

 

 

     Le Docteur Charles Joseph Tauchon, né le 25 juin 1840 à Montigny-en-Gohelle (Pas-de-Calais) était maire de Valenciennes à la déclaration de guerre. Capitaine de Mobiles en 1869, volontaire en 1870, il a fait campagne et a été blessé à Pont-Noyelles à la tête de son bataillon, cité à l'ordre du jour de l'armée, prisonnier de guerre à Glogau pour avoir refusé de s'engager à ne plus servir, il a conservé son grade jusqu'à 65 ans, puis a été désigné comme Président de la commission de réception de vivres de Maubeuge, il y aurait été mobilisé à l'age de 74 ans s'il n'avait été en Mai 1912 élu maire de Valenciennes dont il était conseiller municipal depuis 35 ans.

   Le 28 octobre 1898, le Colonel du 127°RI : Fernand, Louis, Armand, Marie de Langle de Cary, futur général,  le fait Chevalier de la Légion d'Honneur. Il est vrai que la liste de ses états de service, tant civils que militaires dépeignent un homme au service des autres et de sa patrie. Il est à cette date chirurgien en chef de l'Hospice général de Valenciennes, aussi bien que Chef de bataillon territorial et président-fondateur de la société de tir à l'arme de guerre ainsi que le la société de gymnastique "La Vaillante".

           Même si l'on pouvait imaginer les difficultés d'être maire dans une ville de région envahie pour une durée indéterminée (Valenciennes le fut du 24 Août 1914 au 2 Novembre 1918), l'emprisonnement, la déportation puis l'exil n'étaient certainement pas envisagés par un septuagénaire.

 Dans" Par la trouée du Nord, La ruée sur Paris en 1914", Robert Corrnilleau raconte :

    Je me rendis, avec un grand nombre d`entre eux, [de Blanc-Misseron] à Valenciennes, où notre arrivée, le récit de ce que nous avions vu, causèrent une vive émotion.
     Le maire, M. le docteur Tauchon, qui, durant toute l'occupation, fit preuve d'une énergie et d'une dignité au-dessus de tout loge, rassura la population et recommanda le plus grand calme. Les troupes françaises ayant évacué la région, Valenciennes, ville ouverte, ne devait avoir rien a craindre... Deux jours après mon arrivée, les Allemands faisaient leur entrée à Valenciennes [le 25 août 1914]. Ils n'étaient guère qu'un millier environ, uhlans et fantassins. Ils occupèrent aussitôt la mairie, la sous-préfecture et la gare, où le drapeau allemand fut arboré et où s'installa le colonel. Auparavant, la Compagnie du Nord avait fait partir tout le matériel. Il ne restait pas une locomotive, pas un wagon en gare de Valenciennes. L'empressement avec lequel les Allemands s'assurèrent de la possession de ce nœud important de voies ferrées, le soin qu'ils mirent à inspecter les rails, les embranchements, le fonctionnement des aiguilles, ne nous furent que trop compréhensibles le lendemain. Nous vîmes, en effet, arriver une quantité de trains allemands qui déchargèrent des régiments entiers. Toutes ces troupes ne firent d'ailleurs que passer à Valenciennes, les unes poursuivant leur route par chemin de fer, les autres à pied. La ville restait complètement calme.      M. le docteur Tauchon avait répondu de sa tranquillité. Le premier, il s'offrit comme otage. Les autorités allemandes exigèrent une rançon d'un million, selon certains, davantage même selon d'autres, et des vivres. Puis tous les jours, ce furent des réquisitions. M. Tauchon protesta contre les exigences et les tracasseries allemandes et comme il tenait tête au colonel qui qui s'était institué commandant de la place, ce dernier lui dit un jour brutalement :
« Après tout, je commence à en avoir assez de votre ville de Valenciennes.
Le docteur-maire  répliqua :
« Il ne tient qu'à vous de déménager. Ce n'est pas moi qui vous retiens !...
Le docteur Tauchon donna la mesure de son courage, quand il refusa d'être complice du coup classique contre les hommes mobilisables. Le colonel présenta au maire l'affiche enjoignant à ceux-ci de venir faire leur déclaration, et lui demanda de la contresigner. M. Tauchon s'y refusa énergiquement :
« Fusillez-moi si vous voulez, mais je ne signerai pas cela...  On ne le fusilla pas, mais on apposa l'affiche sans sa signature et malgré ses protestations.

René Delame signale, entre autres :

     Les Allemands ne manquaient jamais d'humilier le Maire ou ses administrés. C'est ainsi que la Ville étant menacée de disette d'eau, dont les Allemands faisaient un usage exagéré, le Maire dut prendre un arrêté commençant ainsi :
« Nous, Maire de la Ville de Valenciennes, Chevalier de la Légion d'Honneur... »
Le Commandant Von Bernstorff, qui devait contresigner l'arrêté, fit supprimer « Chevalier de la Légion d'Honneur ».

    Les relations de la Ville et de la Commandature, à la tête de laquelle se trouvait le Comte Von Bernstorff, étaient très tendues. Les Allemands devenaient de plus en plus exigeants pour les réquisitions de tous genres. C'est ainsi que M. Tauchon reçut par deux fois l'ordre de livrer tous les fils de fer barbelés qui se trouvaient sur le territoire de Valenciennes, même ceux qui clôturaient les jardins et les prairies. M. le Maire ne répondit pas au premier ordre, mais à la seconde injonction, il adressa au Commandant la lettre suivante :
« Je reçois de la Gendarmerie l'ordre de faire enlever, rouler et livrer tous les fils de fer qui se trouvent actuellement dans les jardins et prairies de Saint-Vaast-là-Haut.
« Vous comprendrez, j'en suis persuadé, Monsieur le Comte, ce que peut avoir de pénible pour moi l'exécution d'un pareil ordre, et vous consentirez à m'en dispenser.
« Avec ce ferme espoir, je vous prie d'agréer, Monsieur le Comte, l'expression de mes salutations distinguées. »
     Cinq jours plus tard, le brigadier de gendarmerie demandait de faire prévenir par le garde les habitants de Saint-Vaast que l'autorité allemande leur donnait l'ordre d'enlever des pâtures les fils de fer barbelés, de les rouler et de les déposer à l'école pour le 27 juin.
Il ne devait rester que deux fils de fer unis en clôture.
     Le 6 juillet [1917], le Maire se trouvant dans le bureau du Commandant Von Bernstorff, celui-ci demanda brutalement :
- Allez-vous enfin livrer les fils de fer barbelés ?
Dignement, M. Tauchon lui répondit:
- Chaque fois que l'honneur de la Ville ne sera pas en jeu, j'obéirai. Je préfère être fusillé que vous obéir dans les circonstances actuelles; vous-même le feriez-vous?
Le Commandant s'étant gardé de répondre à cette apostrophe, ne sut que répéter à maintes reprises:
- Vous obéirez, je vous forcerai à obéir

puis l'auteur retrace l'annonce et le départ :

La séance du Conseil municipal du 18 juillet [1917] fut une des plus émouvantes de l'occupation. Le Maire ayant fait promettre à ses collègues de ne pas divulguer, du moins pour cette journée, ce qu'il allait leur dire, s'exprima en ces termes :

« Messieurs,
« Je pars demain matin en Allemagne, par ordre de l'autorité allemande.
« A onze heures, j'ai été appelé par le chef de la Commandature, le Comte Von Bernstorff, qui m'a simplement dit:
« - Vous prendrez demain matin le train pour l'Allemagné.
« - Pourquoi, pour quelles raisons ? J'ai tout au moins à vous poser cette question.
« Silence du Commandant.
« - Je suis âgé, mon état de santé laisse à désirer.
« Silence du Commandant.
« - Je n'ai cependant rien fait de grave? Je n'ai pas contredit vos ordonnances ?
« Haussement d'épaules du Commandant.

« Sans me prévenir, M. Billiet s'est rendu une heure après à la Commandature, mais n'a pas été reçu.
« Pourquoi suis-je devenu tout à coup indésirable?
« J'ai la certitude d'avoir fait mon devoir simplement, sans bravade, sans exagération, mais de l'avoir fait en toute circonstance, avec vous et en m'appuyant sur vous.
« Je suppose que l'ordre a pour cause quelques froissements survenus entre la Commandanture et la Mairie. D'abord, l'incident des fils de fer barbelés, puis celui des agents de police que la Commandature voulait transformer en auxiliaires de sa justice. Peut-être ma lettre écrite relativement au nouvel impôt exigé de la région y a-t-elle été pour quelque chose.
« Bref, demain, à 7 h. 45 du matin, je dois être à la Commandature. Sous la conduite et la garde d'un officier, je prendrai, quelques moments plus tard, le train pour l'Allemagne... »

Pendant quelques instants, les Conseillers restèrent muets d'accablement et de stupeur. M. Lajoie prit le premier la parole, disant que le Conseil ne pouvait laisser partir le Maire ainsi, et proposa. de renouveler la démarche qu'avait faite le matin M. Billiet.
M. le Maire répondit qu'il était très touché de ce sentiment généreux qui ne l'étonnait pas, mais que si une démarche était faite au nom du Conseil, le Commandant pourrait croire que c'était à son instigation.
Il ajouta qu'aujourd'hui moins que jamais, il ne voulait se mettre aux genoux de ces gens-là, et qu'il nous reverrait bientôt, mais qu'avant de nous quitter, il avait tenu à nous serrer la main dans le cercle de l'intimité que formait chacune de nos séances.
M. Mabille de Poncheville, à son tour, tint à dire combien les Conseillers étaient sensibles à l'acte de violence qui atteignait la Ville et le Conseil, autant que son Maire, mais que cet cte honorait grandement notre premier magistrat.

C'est alors que fut prise la délibération suivante:
« Le Conseil municipal de Valenciennes, réuni hors séance, douloureusement affecté de la mesure qui frappe M. le Maire, estime qu'il est de son devoir, et tient à l'honneur d'appeler l'attention de l'autorité allemande sur les graves conséquences que peut avoir dans l'administration de la Ville le départ de son Maire, avec lequel il était en si parfaite communauté d'idées et de sentiments.

« Étant donné, d'autre part, le grand âge de ce vieillard si loyal et si universellement estimé, il prie l'autorité allemande de vouloir bien revenir sur la décision prise, et accéder aux vœux unanimes de ses membres. »
La séance fut suspendue, afin de permettre à M. Billiet de partir immédiatement porter au Commandant cette délibération.
Ces quelques minutes d'attente nous parurent terriblement longues.

M. Billiet n'ayant pas été reçu par le Commandant, nous rendit compte, en ces termes, de son entrevue avec le Capitaine Adjudant de service :
« Toutes les instances en faveur de M. le Maire seraient vaines, car les ordres venaient du Grand Quartier Général.
« Le motif de la déportation était la résistance aux ordres donnés. Le Comte Von Bernstorff, partisan absolu de l'obéissance passive, avait fait lui-même la proposition de sévir. »
Tout en ne donnant aucun espoir, le Capitaine promit de présenter la délibération au Commandant, mais la réponse ne se fit pas attendre: le Commandant confirmait l'ordre donné à M. Tauchon de se trouver le lendemain matin, à 7 h. 3/4 à la Commandature.

Il y eut à ce moment une scène pathétique.
M. le Maire ayant demandé à M. Damien de le suppléer dans ses fonctions de Maire, ce dernier regretta de ne pouvoir accepter, ne se sentant pas les aptitudes nécessaires, ni une pratique suffisante de l'administration pour faire un Maire.
M. Tauchon, se retournant vers M. Billiet, lui demanda de bien vouloir assumer cette tâche.
Très modestement, M. Billiet lui répondit:
« Bien qu'elle soit excessivement lourde, je l'accepte, par déférence et affection pour vous, Monsieur le Maire, et par dévouement pour mes concitoyens. »
Puis le Maire, très ému, serra la main des Conseillers en adressant un mot très aimable à chacun d'eux.

Le jeudi 20 juillet, à l'heure indiquée, M. Billiet accompagna M. Tauchon à la Commandature ; on les fit entrer dans l'ancien cabinet de M. Thiroux, transformé en salle d'attente.
L'officier, qui parlait correctement le français, se présenta, et après s'être assuré de l'identité de M. Tauchon, demanda à M. Billiet s'il désirait se rendre avec M. Tauchon à la gare.
Mais M. Tauchon préféra faire de suite ses adieux, et embrassa M. Billiet.
L'officier fit alors monter M. le Maire dans la voiture du Commandant, et ils arrivèrent seuls à la gare, où on les fit monter dans un wagon-salon, sans que personne ne connût
encore ce départ.

La Commandature nous avait d'ailleurs prévenus qu'à la moindre manifestation, la Ville serait sérieusement punie.
Naturellement, après son départ, le bruit de cette arrestation se répandit comme une traînée de poudre, et ce fut une véritable consternation.

Puis, à dix heures, en ouvrant la séance du Conseil municipal, M. Damien, premier adjoint, s'exprima en ces termes:
« Notre première parole, comme notre première pensée, toute faite de respect, d'affection et de reconnaissance, sera pour notre cher Maire, le Docteur Tauchon, dont le départ si imprévu laisse parmi nous un vide douloureux. Si nous ne pouvons plus désormais nous inspirer de ses conseils et de sa direction, nous saurons néanmoins nous inspirer de ses exemples.
« Je dois vous faire une déclaration personnelle : si mes forces trahissent ma bonne volonté, je n'entends pas me dérober à aucune des responsabilités qui découlent des fonctions auxquelles votre confiance m'a appelé il y a cinq ans. Je signerai avec mon cher collègue et ami Billiet toutes les communications à l'autorité allemande. »
Puis, tous deux se serrèrent la main, se promettant une aide réciproque pour éviter le minimum de souffrances à la population valenciennoise.

Après la réunion du Conseil, M. Billiet porta à la Commandature le certificat délivré par le Docteur Mariage sur l'état de santé de M. Tauchon, et demanda au Capitaine adjoint de
bien vouloir le faire suivre au lieu d'internement du Maire.
Celui-ci répondit qu'il le ferait suivre à Holzminden. C'est ainsi que nous sûmes le nom du camp où il avait été envoyé.

Puis, M. Billiet ayant été introduit auprès du Commandant pour lui annoncer la prise de possession de ses fonctions, lui exprima l'espoir qu'il avait d'éviter tout dissentiment ou tout heurt avec l'autorité allemande.
Le Commandant lui répondit qu'il le souhaitait, et le pria de venir le trouver si quelque chose n'allait pas.
Ajoutons que M. Billiet, jusqu'à la fin des hostilités, se montra à hauteur de la lourde tâche qu'il avait assumée.

     Voici, vu par Lucien FERNEZ, qui parfois égratigne gentiment un certain nombre de Valenciennois dans ses opuscules intitulés "Souvenirs de l'invasion à Valenciennes 1914-1918", publiés dès 1919 où il relate des faits, marquants ou personnels, l'arrestation du Maire, ultime vexation après tant d'autres, comme celle subie dès l'invasion avec l'affaire du Testament de Guillaume .

 

Le Départ
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    La Mairie est située actuellement rue Capron, dans les bâtiments de la Caisse d’Épargne. C'est naturellement là que le Maire se tient à la disposition de ses concitoyens. M. Charles Tauchon était maire avant la guerre et était resté jusqu'à présent le grand manitou de la Mairie. Comme taille il dépasse l'ordinaire, comme âge il a soixante-dix-sept ans ; ses épaules ne sont pas courbées, il a conservé la verticale et malgré tout se porte comme un chêne. Comme physique, un front haut, un nez très accentué en hauteur et au sommet de son appendice nasal est accroché un lorgnon. Les pommettes sont plates, mais une grande moustache et une impériale toutes blanches donnent un certain relief à la physionomie. Figure peu banale, figure qui se maintient dans vos souvenirs et à la deuxième rencontre vous s'écriez tout de suite : c'est Tauchon. Vieux routier, ayant plus d'un tour dans son sac pour la riposte, mais ce qui ne l'a pas empêché un beau jour de recevoir une bombe sur la tête sous forme d'un ordre d'avoir à décamper de Valenciennes dans les douze heures et sans faire de rouspétance. Et voilà pourquoi Charles Tauchon, Maire de Valenciennes a rassemblé mercredi les derniers vestiges du Conseil Municipal. D'une voix grave, émue, émotionnante, il fit à ses chers amis et dévoués collaborateurs des adieux touchants et leur fit promettre de conserver le secret le plus absolu jusqu'à sa complète disparition. Et la simple, imposante, funèbre cérémonie des adieux commença. Ni cierges, si sarcophage, pas d'eau bénite, pas d'absoute. Il se plaça à la porte de sortie et les conseillers, graves et tristes comme le comportent les circonstances, marchant solennellement à la queue leu leu, s'inclinèrent profondément et serrèrent les phalanges de celui qui allait disparaitre.

    Le Jeudi 19 juillet, vers sept heures du matin, heure d'été, une voiture attelée de deux chevaux, débouchait de la Grand'Place, traversait la rue de Paris et s’arrêtait à la gare pour y laisser descendre un Monsieur accompagné d'un officier allemand qui s'engouffrèrent tous deux dans l'embarcadère.

    Et en cet instant précis, un bruit se précisait, courrait, volait de bouche en bouche : le maire de Valenciennes était parti pour l'Allemagne dans un camp d'internement.

    On l'a conduit à la gare : il a disparu simplement sans prendre congé, avec une simplicité spartiate : ni adieux, ni discours, ni fleurs, ni couronnes. C'est fini ! Il a disparu jusqu'au jour de sa résurrection ! Jusqu'au jour où il réapparaitra, lui vieux payen auréolé comme les saints et les martyrs.

Juillet 1917.

 

 

fiche croix rouge
La fiche de la Croix-Rouge

     Le désarroi des Valenciennois se ressent dans cette relation du départ du Maire, qui s'était tant battu pour sa ville. Ce que le narrateur ne sait pas encore, c'est qu'il s'agit d'une déportation de "représailles". Ceux qui iront à Holzminden, ceux qui seront  déporté jusqu'en Lithuanie, dans les camps abominables de Milejgany, Jewie, Roon, qu'on ne peut que comparer aux futurs camps d'extermination, "payent" comme le dit l'occupant, pour une France libre qui ferait à leurs dires subir des outrages équivalents à des ressortissants allemands :

«  Vous n'avez qu'à vous en prendre à la France ! »

     Même si en temps de guerre, il n'y a pas vraiment besoin de raison, l'occupant prétendait bel et bien en avoir une, qu'il avait exposé fin 1916 dans "La Gazette des Ardennes" et qui servit de prétexte aux déportations :

     A leur arrivée en Alsace en 1914, les troupes françaises ont emmené les fonctionnaires impériaux en poste dans les villes sous contrôle de l’armée française ainsi que leur famille. Ceux-ci ont été internés dans des camps en France et en Algérie. De longues tractations ont commencé entre la France et l’Allemagne pour régler leur sort. Afin de faire céder le gouvernement français, les Allemands décident en novembre 1916 de déporter 300 civils du Nord. Ces otages – hommes et femmes – sont choisis dans les mêmes catégories socioprofessionnelles que les Allemands emprisonnés. Parmi eux se trouvent de grands industriels (Prouvost, Pollet, Motte, Masurel, Tiberghien…), des élus, des juristes, des avocats, des médecins… Un début d’accord ayant été signé entre les gouvernements français et allemand, ces premiers otages sont rapatriés en avril 1917.

   Comme les négociations franco-allemandes piétinent, les Allemands procèdent à une deuxième déportation massive (600 personnes) en janvier 1918. Cette fois, seules les femmes sont internées à Holzminden. Les hommes sont déportés en Lituanie dans les camps de Jewie, Milejgany et Roon, dans des conditions bien plus dures : vingt-six d'entre eux y trouvent la mort.

(source : Holzminden: l'histoire par l'image)
 
    Dans le cas de Charles Tauchon, l’occupant prétextera qu'il n'a pas voulu donner les registres d'état-civil, une résistance de trop !
           Le départ du maire s'est fait dans la discrétion, mais on trouve cependant, 6 mois plus tard, des articles de presse qui relatent son séjour, son semi-retour en exil, puis son rapatriement .... manqué !
Extraits de journaux :
Le Petit Parisien du 11 Janvier 1918

Le petit parisien 19180111 p2

 On trouve le même article dans "Le Temps" du 12/01/1918

 

Le Petit Parisien du 1er Septembre 1918

Le petit parisien 19180901 p2

La dépêche de Brest du 4 Novembre 1918

depeche de brest 19181104

 article repris par "Le Cherbourg-Eclair" du 17 novembre 1918

 

Le Petit Parisien du 23 Novembre 1918

Le petit parisien 19181123 p2

 

Le Petit Parisien du 28 Novembre 1918

Le petit parisien 19181128 p2

 

La Presse, du 27 novembre 1918

La Presse 19181127

 

Il figure en couverture du Petit Journal du 17/11/1918, avec le général Horne. LPJ19181117b

PJ19181117

Le 1er Janvier 1919, le Journal des réfugiés du département du Nord, publiera sa lettre au comité central : il avait repris saplace à la Mairie.

Journal des Ref du Nord 19190101

 


 

  •  La tombe de Charles Tauchon au cimetière St Roch de Valenciennes :
P1460024

 

  • Hommage rendu par la municipalité lors des journées du patrimoine 2014 :

    P1030816

    buste
    Oeuvre du sculpteur valenciennois Félix Desruelles

 

. .

  • Le 3 novembre 1918, soit le lendemain de la libération de Valenciennes, paraissait dans "Le petit journal" du parti social français l'article ci-dessous, sous la plume de Jean Lecocq :

    Le Petit journal

 

 

11 juillet 2017

Enfants évacués aux Pays-Bas

 

    En 1917, à la suite de près de 6 mois de négociations entre ce que l'on appellerait aujourd'hui des associations humanitaires néerlandaises et l'Allemagne, paraît à Lille (et dans d'autres villes) l'affiche suivante :

affiche Lille

 

     Cruel dilemme probablement pour ceux qui, enfermés dans les territoires occupés depuis l'invasion d'août 1914, au plus tard fin octobre après la fermeture du front dite course à la mer, constatent que leur situation se déteriore, n'aperçoivent pas le bout du tunnel (il leur faudra encore 22 mois pour être libérés), et voient se raréfier la nourriture, en même temps qu'empirent les conditions de vie au fur et à mesure des réquisitions de l'occupant qui n'épargnent personne.
   Il ne faut pas non plus trop croire à la bonne volonté de l'ennemi, comme il le fait déjà pour des civils qui obtiennent le droit de regagner la France non occupée par un long et épuisant voyage payant contournant le front par la Belgique, l'Allemagne et la Suisse, il y voit un moyen de réduire le nombre de "bouches inutiles" selon ses propres termes, ces enfants étant trop jeunes pour le travail forcé.

   Je m'en serais tenu à cette affiche des archives municipales de Lille si je n'y avais aussi trouvé la lettre d'une maman de Saultain, non loin de Valenciennes, qui relate en 1919 le retour de sa fille Blanche TANIEL qu'elle avait été rechercher à Zuydcoote quelques mois après l'armistice.

015

016

 

 Cette lettre termine le rapport du CCH,

011 rapport

rapport qui figure en tête d'un recueil offert après-guerre à son épouse par M. DE GOEIJEN, du comité directeur directeur du havre de Klarenbeek-Harnhem.

    125 enfants français (dont je cite les noms plus bas) seront hébergés à Klarenbeek-Arnhem, 30 de passage et 95 du 8/03/1917 au 15/02/1919, de même qu'un second groupe de 95 à Arnhem. Ce ne sont pas les seuls lieux d'accueil, les comités de : Amsterdam, Arnhem, Bréda, Doorn, Eindhoven, Gravenhage, Groningen, Haarlem, Shertogenbosch, Hilversum, Maastricht, Middelburg, Rotterdam, Utrecht, Zutphen recevront au total 1121 enfants répartis en 38 groupes. Dans l'esprit des fondateurs il devait s'agir de séjours de 2 mois, mais le gouvernement allemand a exigé que le retour soit interdit pour la durée de la guerre.

La présidence d'honneur était composé de :

Madame A. ALLIZÉ, présidente, épouse du ministre de la France à La Haye :

Allizé


Monsieur le Marquis de VILLALOBAR, ministre d'Espagne à Bruxelles,
Monsieur M.W.R. VAN VOLLENHOVEN, chargé d'affaires des Pays-Bas à Bruxelles.

    A Klarenbeek les enfants sont dans une grande maison entourée d'un parc, achetés en 1913 par Jan DE GOEIJEN (à noter que la ville de De Queen, comté de Sevier dans l'Arkansas, porte son nom après déformation - vue la difficulté de prononciation par les résidents ; une plaque commémorative est apposée près du palais de justice).

klarenbek 01

La maison

klarenbek 02
Le parc

    Ils y vont à l'école (3 classes) ont des activités sportives et artistiques, font des sorties, participent à des cérémonies : en l'honneur des USA le 4 juillet, ou du 14 juillet. La directrice est surnommée "Maman Klarenbeek" :

klarenbeek 03

     Bâtiments et parc sont restés en l'état jusqu'à une date récente, ensemble sportif, lieu de promenade, puis des résidences ont été construites, et la maison, "de Huise", a disparue dans les années 1960-70. En voici une photo aérienne :

klarenbeek home

En se promenant dans le quartier on peut encore y retrouver les pièces d'eau comme celle-ci :

klarenbeek 04
Cliquer pour agrandir la carte, le repère localise l'emplacement de la maison

    2 ans de séparation : mais quel courrier pouvaient-ils envoyer et recevoir ? Pas même les cartes à l'expression réduite et surveillée des prisonniers de guerre ! Les enfants remplissaient une ligne dans un registre, en s'exprimant dans une petite case prévue à cet effet et .... en espérant une réponse. Les plus chanceux recevront 2 réponses pour la durée du séjour, via la croix-rouge de Francfort, non de la main de leurs parents, mais transcrite en allemand et tapée à la machine .......................
Comme l'écrit M. DE GOEIJEN , c'était une manière gracieuse de faire.

courrier 01

Parfois, bien entendu, pas de réponse ........ :

courrier 02cliquer pour agrandir

En voici un autre exemple, montrant l'application à correspondre au mieux malgré l'espace minuscule :

courrier 03

   On pourra remarquer que malgré l'application des Allemands à contrôler le courrier pour éviter toute communication, Clotilde DAUBRESSE de Roubaix informe sa maman de l'état de santé du reste de la famille ....

   Voici une photo du groupe d'enfants, où l'on peut les voir tous dans la salle de jeu. Au centre la directrice, à sa gauche en tablier blanc la sous-directrice.

groupe enfantscliquer pour agrandir, si vous reconnaissez quelqu'un faites-m'en part

 

Voici les noms des 125 enfants passés par Klarenbeek, 90 d'entre eux, en photo ci-dessus, y sont restés près de 2 ans.

BEAUMONT      FIVES LES LILLE
     Lemaire Jeanne           Cauterlier Lucien
                   Cauterlier Victor
BEAUVOIS              
     Deudon Célestine      FLAVIGNY LE GRAND
     Deudon Célestin           Harvin Simone
     Deudon René           Harvin Marie
                      
CAMBRAI      FOLAMBÉ
     Chauvin Abdon           Dax Lucien
     Duquesne Marcel              
     Hosdez Pierre      FONTAINE NOTRE-DAME
     Lavtiez Marcel           Gaillard Louis
     Nivar Félix              
     Dewyse Regina      HOUILLES SEINE-ET-OISE
     Giffard Raymond           Wilbaut Alfred
     Giffard Robert              
     Payen Arthur      BOUQUEMAISON
     Wallé André           Benoit Marie
                   Benoit Germaine
CAUDRY           Benoit Joseph
     Beauvillain Fernande              
     Carrière Charles      LEBUCQUIÈRE
     Carrière Gaston           Peugnet Augustine
     Carrière Raymond              
     Lefèbvre Ida      LILLE
     Lefèbvre Amédé           Decknut Josephine
     Lefèbvre Marie           Decknut Léon
     Plet Philomène           Deschamps Germaine
     Soisson Jean           Deswarte Lucien
     Soisson Robert           Dupuis Louis
                   Fiévez Raymond
DENAIN           Fiévez Gustave
     Van Der Linden Jules           Fiévez Félix
                   Gambier Jean
DOUAI           Gambier Simone
     Blassel Émilienne           Fournier Raymond
     Blassel Jean           Fournier Eugène
     Cauchy Robert           Fournier Joseph
     Cauchy Marcelle              
     Delhaye George      ROUBAIX
     Delhaye Désiré           Fiévet Henri
     Delhaye Suzanne           Fiévet Roger
     Delhaye Paul           Bracquiéné Élisa
     Delplace Simone           Chantry Georges
     Delplace Jules           Christiaens Charles
     Delplace Madeleine           Christiaens Bernadette
     Delplace Valentine           Daubresse Clotilde
     Dubarry André           Daubresse Émile
     Dubarry Jeanne           Derrumaux Marcelle
     Havret Georges           Durieux Albert
     Havret Robert           Provoyeur Jacques
     Lacroix Louis           Renart Marie
     Lacroix Madeleine           Vial Lucien
     Leduc Jeanne              
     Leduc Amanda      TOURCOING
     Leduc Firmin           Guéret Geneviève
     Lefebvre Idelphonse           Guéret Jacques
     Lucas Berthe           Halluin Marie
     Lucas Émile           Halluin Lucienne
     Lucas Edmond           Hannotte Joseph
     Martinache Maurice           Hannotte Victoire
     Mora Marie           Leyerlé Eugénie
     Mora Gustave           Leyerlé Charles
     Obert Louisa           Vandenhaegh Donatienne
     Obert Edouard           Vandenhaegh Fortunet
     Ringeval Raymonde              
     Tailliez Suzanne      VALENCIENNES
     Tailliez Raymond           Bisiaux Edmond
     Valin Jean           Bisiaux Louise
     Valin Marie           Bisiaux Lucien
     Valin Germaine              
     Van De Walle Germaine      WASQUEHAL
                   Lacour André
ESNES           Lacour Andréa
     Champagne François              
     Champagne Eugène      ???
                   Laboue Juliette
ETREUX           Légal Gaston
     Grésillon Berthe           Mannsché Paul
     Grésillon Camille           Mannsché Rosemonde
     Grésillon André              
              BALAN
                   Daret Jean
            Daret Maurice

    Des erreurs ont pu se produire dans le document original, comme par exemple la commune de Folembé, plus probablement Folembray (Aisne) ou le nom Lavtiez, peut-être Lantiez.

 


 

    La Gazette des Ardennes Illustrée publie dans son numéro 49 du 11 novembre 1917 deux photographies d'enfants réfugiés en Hollande, avec un commentaire que l'on peut lire sous la 1ère photo. Une fois reproduites, les gravures ne sont pas de très bonne qualité, mais ont l'avantage d'être associées chacune à une liste de noms que je retranscris dans l'ordre de publication, qui correspond peut-être (pas ?) à celui des photos.
45 et 81 garçons et filles, malheureusement sans prénom dans la seconde liste, en presque totalité du Nord et du Pas-de-Calais.

     Bien entendu la Gazette donne le beau rôle à l'occupant, mais comme je l'expliquais ci-dessus, ces enfants sont trop jeunes pour des réquisitions comme travailleurs (on ne parlait pas encore de STO mais de bataillons de travailleurs civils : ZivilArbeiter Bataillon ZAB, créés en 1916) et sont considérés comme des bouches inutiles.

 

GDAI 49a(cliquer pour la taille originale)

FOINE Jean 21, rue St Nicaise Lille Nord
SCHAEFFLEN Eugène   Noumeia-les-Fouquières Pas de Calais
LALOY Edouard 6, rue St Sauveur Lille Nord
DECKNUT Léon 25 bis, rue Princesse Lille Nord
SCHAEFFLEN Victor   Noumeia-les-Fouquières Pas de Calais
DECKNUT Joséphine 25 bis, rue Princesse Lille Nord
GRENEZ Marcel rue de la petite Chouchai Fouquières les Lens Pas de Calais
SMITH Anna 39, rue d'Arras lille Nord
MAYER Jacob 90, rue de juliers Lille Nord
LEFEVRE Andréa partie pour Paris  
FIEVEZ Félix 14, Rue Emile Zola Mons en Baroeul Nord
WANTE Raymonde 29, rue des Minimes Courbevoie Seine
FIEVEZ Gustave 14, Rue Emile Zola Mons en Baroeul Nord
FIEVEZ Raymond 14, Rue Emile Zola Mons en Baroeul Nord
ANSELIN Charles 58, rue d'Arcole Lille Nord
SERGEANT Jeanne 80, rue du Mont-Cenis Paris Seine
ANSELIN Alfred 58, rue d'Arcole Lille Nord
SMITH Edith 39, rue d'Arras Lille Nord
FOINE Abel 21, rue St Nicaise Lille Nord
HERMEZ Lucien 25 bis, rue Princesse Lille Nord
FLEURIMONT Robert rue de la petite Chouchai Fouquières les Lens Pas de Calais
MICHEL Marcel parti pour Heerlerheide Hollande
V. GANSBECK Renée 114, rue de Paris Lille Nord
WANTE Alphonse 29, rue des Minimes Courbevoie Seine
SMITH Robert 39, rue d'Arras Lille Nord
MICHAUX Renée 56, rue de Flandre Lille Nord
DURIBEUX Désiré 30, rue Racine Lille Nord
DEMUYNCK Victor 11 bis, rue des Célestines Lille Nord
DEMUYNCK Eleonore 11 bis, rue des Célestines Lille Nord
LAMMENS Lucien partie pour Paris ou Angoulème  
DEMUYNCK Marie 11 bis, rue des Célestines Lille Nord
HAVET Eugène parti pour Paris  
HENNEBELLE Auguste 371, place de Barthélémy Doré Lille Nord
DEBELSANCE Adèle 21, rue St Nicaise Lille Nord
HAVET Théodore parti pour Paris Nord
BAILLEU Gabrielle 89 bis, rue Tournois Lille Nord
VANDALINDEN Pierre parti pour Heerlerheide Hollande
FREELS Robert 16, rue du Marché Paris Nord
SERGEANT Raymonde 80, rue du Mont-Cenis Paris Seine
BAILLEU Cyprienne 89 bis, rue Tournois Lille Nord
RIES Serge      
WANTE Henri 29, rue des Minimes Courbevoie Seine
HEINTSCH Paul rue du Bleu-Mouton Lille Nord
NOULETTE Fernand 41, rue Charles de Mussard Lille Nord
SUIN Armand 117, rue Colbert Lille Nord

 

 

GDAI 49b(cliquer pour la taille originale)

RAMMERY Avenue de Dunkerque Cambrai Nord
DUMORTIER rue des Moulins prolongée, 9, cité Castel Haubourdin Nord
GERREBOO 158, rue Kulmann Marais-de-Lomme Nord
WILDUMEERCH 5, cour du Sentier Haubourdin Nord
GERREBOO 158, rue Kulmann Haubourdin Nord
BOCQUET rue Victor Hugo, 3 cour du progrès Haubourdin Nord
PIOT 310, rue de Gransart Gommegnies Nord
LENGLART 78, rue des Moulins aux ciments Haubourdin Nord
WERQUIN rue de Seclin, 19, cité St Georges Haubourdin Nord
DUPREZ 110, rue Canteleu Marais-de-Lomme Nord
BRIATTE   Trith St Léger Nord
FRANCOIS 13, Digue du Canal Cambrai Nord
WERQUIN rue de Seclin, 19, cité St Georges Haubourdin Nord
DUPREZ 110, rue Canteleu Marais-de-Lomme Nord
DECOTTIGNIES      
CATEL      
RAMMERY avenue de Dunkerque Cambrai Nord
BRIATTE   Trith St Léger Nord
DEPRETZ rue aux poissons Fouquières lez Lens Nord
POLLET 125, rue de la planche à Quesnoy Marais-de-Lomme Nord
DUPREZ 7, cité St Georges Haubourdin Nord
BRIATTE   Trith St Léger Nord
SABADEY 26, rue Abel de Pujol Valenciennes Nord
LECOURT 131, rue Nationale Lomme Nord
VANGERMESCH 10, rue de la planche à Quesnoy Marais-de-Lomme Nord
CONSTANT rue de Lannoy, 14, cité Brunswicj Fives-Lille Nord
SABADEY 26, rue Abel de Pujol Valenciennes Nord
DERMINGHEM      
TOUILLEZ 25, rue de Péronne Fouquières lez Lens P-de-C
DAUVERCHAIN Hameau de St Roch Valenciennes Nord
DERMINGHEM      
DEPRETZ rue aux poissons Fouquières lez Lens Nord
HUTIN évacué à Ombres Belgique
HUTIN évacué à Ombres Belgique
POLLET 125, rue de la planche à Quesnoy Marais-de-Lomme Nord
VERHAEGEN 26, sentier Wuibert Haubourdin Nord
CARNI      
CREVECOEUR   Rouvroy P-de-C
POLLET 125, rue de la planche à Quesnoy Marais-de-Lomme Nord
LUCAS 59, rue Auguste Potier Haubourdin Nord
CREVECOEUR   Rouvroy P-de-C
LEPOUTRE 13, rue de Seclin Haubourdin Nord
POLLET      
CARNI      
DUGARDIN 19, cité Jacquart Haubourdin Nord
TOUILLEZ 25, rue de Péronne Fouquières lez Lens P-de-C
DUGARDIN 19, cité Jacquart Haubourdin Nord
DEPRETZ rue aux Poissons Fouquières lez Lens Nord
HENDRICK rue du bourg Wavrin Nord
DUPREZ 110, rue Canteleu Marais-de-Lomme Nord
DAUVERCHAIN Hameau de St Roch Valenciennes Nord
DELEPIERRE 3, rue du clocher Haubourdin Nord
PIOT 310, rue de Gransart Gommegnies Nord
MULLER rue Kulmann Marais-de-Lomme Nord
RENARD      
CROMBET 9, rue des bois Marais-de-Lomme Nord
PIOT 310, rue de Gransart Gommegnies Nord
CROMBET 9, rue des bois Marais-de-Lomme Nord
WILDUMEERCH 5, cour du Sentier Haubourdin Nord
HERBIN      
COUTTENIER marché de Wazemmes Lille Nord
PHILIPPAULT 41, avenue de Dunkerque Cambrai Nord
WILDUMEERCH 5, cour du Sentier Haubourdin Nord
CLAUS      
DERMINGHEM      
TETART      
PIOT 310, rue de Gransart Gommegnies Nord
DUPREZ 7, cité St Georges Haubourdin Nord
MULLER rue Kulmann Marais-de-Lomme Nord
MULLER rue Kulmann Marais-de-Lomme Nord
LUCAS 59, rue Auguste Potier Haubourdin Nord
DUPREZ 7, cité St Georges Haubourdin Nord
MULLER rue Kulmann Marais-de-Lomme Nord
BOCQUET rue Victor Hugo, 3 cour du progrès Haubourdin Nord
WILDUMEERCH 5, cour du Sentier Haubourdin Nord
LENGLART 78, rue des Moulins aux ciments Haubourdin Nord
DEMARQUOY 1, cour Lopé Lomme Nord
LUCAS 59, rue Auguste Potier Haubourdin Nord
LAGASSE      
DUPREZ 7, cité St Georges Haubourdin Nord
PIOT 310, rue de Gransart Gommegnies Nord

 
     Comme toujours, "les journaux en ont parlé", comme Le Temps du 12 septembre 1917,

Le temps

ou De Nieuwe Rotterdamsche Courant, journal néerlandais distribué également en Belgique occupée (15.000 exemplaires quotidiens), sous réserve de rester strictement neutre, ce qui, les obligeant à jouer avec la susceptibilité de l'occupant, leur fut reproché après-guerre. :

287
(cité dans "Lille Martyre" p287)

 

L'article suivant, de Tison, Frank. « Une neutralité bienveillante : les Pays-Bas au chevet des enfants du nord de la France. (1916-1919) », Guerres mondiales et conflits contemporains, et publié dans cairn.info, revient sur les conditions d'accueil :

 


 


   Il ne faut pas non plus oublier les Pays-Bas ont également été terre d'asile pour les soldats belges réfugiés militaires (et  désarmés), pour des soldats français évadés d'Allemagne, et pour ceux qui ont pu franchir la frontière avec la Belgique ; certains y sont d'ailleurs toujours inhumés.

 A suivre ...........

 

21 septembre 2016

Bombardements de 1915

 

  Valenciennes et l'aviation Suivant : 1916

 

     Le 22 mars 1915, à onze heures et demie, des aviateurs français viennent jeter des bombes, visant le champ d'aviation [de la Briquette] et le dépôt de munitions.

La revue l'Aérophile, dans son numéro du 15 avril 1915, relaye le communiqué des Services de l'aviation militaire française :
"
Dans la journée de lundi nous avons bombardé en Belgique la gare de Staden près de Roulers et divers cantonnements. Plusieurs obus ont été lancés avec succès sur le champ d'aviation de La Bruquette (sic) près de Valenciennes."

A l'usine des wagons-lits, il y eut de grands dégâts. Les Allemands, postés à la Pyramide Dampierre, tiraient sur eux, sans les atteindre. L'une des bombes françaises tomba sur la Place Cardon, sans éclater. Les pionniers allemands la firent aussitôt sauter.  

     Le 19 Avril 1915, un dirigeable français étant venu nous rendre une visite nocturne, et ayant jeté des bombes sur l'usine des wagons-lits à Marly, devenue centre d'aviation pour l'armée allemande, le génie voulut faire installer une plate-forme sur l'ancienne poudrière de la Citadelle, afin d'y placer une batterie contre aéronefs et aéroplanes.

[au lieu dit : "Le pas de cheval", n°122 sur l'extrait de plan des fortifications dressé par Mariage en 1871. La batterie y fut  installée, comme le montre cette photo de Maurice Bauchond (source:MBAV)]

Front sud-ouest de la Citadelle-Ouvrage en terre n° 122 - Pas de Cheval

122 pas de cheval b

Après un examen juridique de la question, examen spécial et bien précis, la Municipalité refusa les équipes qui devaient être chargées d'établir socles et plate-formes. Elle fit valoir qu'il y aurait en cela participation directe de nos concitoyens à des actes indubitables d'hostilité contre leur patrie, et que leur devoir nettement défini par la Convention de La Haye, était de s'abstenir.
La Commandature s'inclina, et l'ordre de réquisitions fut retiré.

Batterie Allemande 75
Une autre photographie de la batterie :
Archives générales Karlsruhe
"Canon de campagne français (75mm) installé sur la citadelle de Valenciennes à des fins anti-aériennes.
Mai 1915"

 

     Le 5 juin 1915, nous avons assisté à un combat d'avions vraiment impressionnant. Les Français survolaient la ville, les canons tirant sur les avions de tête, tandis que les avions allemands attaquaient les derniers avec leurs mitrailleuses, afin de les séparer du groupe.


     Mardi 14 septembre 1915 : les avions viennent de plus en plus souvent survoler la ville. Alors que nous sortions à cinq heures de la Chambre de Commerce, M. Turbot et moi, le canon nous annonça la présence d'un avion français. Il n'était qu'à 1.500 mètres environ, semblant se moquer des projectiles qui éclataient autour de lui. Au lieu de s'éloigner, il scruta l'horizon, faisant le tour complet de la ville. Nous le voyons par deux fois lâcher des pigeons qui devaient rendre compte de sa mission dans le cas où il aurait été mis hors de combat. Après avoir essuyé plus de cent coups de canon, il s'éloigna pendant que tous, nous poussions un soupir de soulagement et d'admiration.

Extrait du livre de René Delame : "Valenciennes Occupation allemande 1914-1918. Faits de guerre et souvenirs" Hollande & Fils ed. 1933

 

 Ici se place chronologiquement le Jeudi 23 septembre 1915 l'épisode dit "de l'avion 56"

 

Réné Delame poursuit son récit :

     Le dimanche 26 septembre 1915 : A une heure et demie de l'après-midi, les canons nous annoncèrent la présence d'aviateurs français. Je me trouvais à ce moment, chez M. Charles Dubois, à Saint-Saulve, lorsque nous voyons sortir des nuages à 5 ou 600 mètres de hauteur, un avion qui laissa tomber une première bombe, puis une seconde, qui fut suivie de détonations se faisant d'instant en instant plus fortes et plus fréquentes. L'aviateur, en dépit des obus, revint prendre une photographie pour faire constater qu'il avait atteint son but, un train de munitions faisait explosion. Une colonne de fumée épaisse s'éleva vers le ciel, et les projectiles éclataient en sifflant au-dessus de nos têtes, ce qui nous obligea à chercher un abri.

 

Photos du train prises par le service des transports de la 6e armée bavaroise


Trente cinq wagons de munitions firent explosion, aussi les soldats allemands, étaient-ils exaspérés et maltraitèrent-ils ceux de nos compatriotes, hommes et femmes, qui ne circulaient pas assez vite. Un électricien de la rue des Récollets, qui se trouvait sur le toit du Café Français, ayant été aperçu, immédiatement l'immeuble fut cerné, et les Allemands se précipitèrent sur le toit afin de se rendre compte si l'on pouvait faire des signaux, et mettant en prison les personnes qui s 'y trouvaient.
Naturellement, les Valenciennois félicitèrent, dans leur cœur, ce courageux aviateur, qui était venu nous montrer que l'on ne nous oubliait pas de l'autre côté des lignes. Par contre, le général allemand fit des reproches à ses hommes pour n'avoir pas continué la poursuite.
Les Allemands firent ensuite venir une nouvelle escadrille et demandèrent au Maire d'envoyer les maçons de la ville afin de construire un abri pour leurs mitrailleuses, au champ d'aviation. Le Maire, naturellement s'y refusa, ne voulant pas donner ses ouvriers pour des travaux de guerre. L'officier chargé du travail, lui répondit que c'était pour nous protéger. " Cela n'a pas d'importance ", ajouta-t-il, mais il renonça cependant aux travaux.

     La revue l'Aérophile dans son numéro du 15 octobre 1915 relaye les informations de l'Armée britannique : bombardements de Valenciennes le 27 septembre et le 1er octobre.

L'aérophile 19151015
Source Gallica

 

     Le lundi 4 octobre 1915 : Il semble qu'une grande bataille est en préparation car nous recevons très fréquemment la visite des avions français. En lançant des bombes sur Cambrai, ils blessent ou tuent trente allemands. A Douai, le chef de gare allemand est tué, ainsi que sept soldats. A Aniche, dix-huit bombes sont lancées. Aussi, pour intimider la population, la Commandanture fit-elle placarder une grande affiche rouge. nous apprenant que plusieurs personnes avaient été fusillées à Lille, le 22 septembre dernier pour avoir, six mois plus tôt (le 11 mars) reçu des aviateurs anglais, et les avoir aidés à regagner les lignes françaises.
Ces bons patriotes étaient MM. Camille Jacquet, Ernest de Conninck, Sylvestre Verhulst.

     Le dimanche 14 novembre 1915, à huit heures et demie du matin, trois avions anglais survolaient la ville, et l'artillerie tirait sans les atteindre. A un certain moment, avant de s'éloigner, ils se groupèrent si près les uns des autres, que nous éprouvons une grande émotion en voyant les projectiles menacer de très près leurs appareils.

Des soldats allemands, qui attendaient devant l'église Saint. Nicolas, la fin de la messe pour assister ensuite à l'office protestant, se mirent d'abord à l'abri contre les maisons, mais les shrapnells retombant autour d'eux, l'officier ordonna à ses hommes d'entrer dans l'église. Ils y firent irruption au moment de la communion, sans se préoccuper des fidèles qui s'approchaient de la Sainte Table ; aussi pour éviter le scandale, le doyen fit-il sortir ses fidèles par la sacristie.
Ajoutons que chaque dimanche, les troupes devaient assister à l'office, soit catholique, soit protestant. Les catholiques se rendaient à l'église Notre-Dame, et à Saint-Géry, et les protestants à Saint-Nicolas.


     Le mercredi 15 décembre 1915, à huit heures et demie du matin, nous assistons à un triste spectacle, un combat d'avions ayant lieu à 200 mètres d'altitude. Un gros biplan allemand, nouveau modèle, armé de mitrailleuses, poursuivait un appareil français qui venait d'être offert à l'armée par la ville de Beauvais; il était monté par un sous-officier et un officier anglais. La lutte engagée à Douai, eut son dénouement à Raismes, car l'avion allemand, très puissant, gagna facilement de vitesse l'avion français et le sous-officier vint s'abattre, la tête percée de plusieurs balles, sur le boulevard près du passage à niveau de la gare de Raismes.
L'avion, après avoir tourbillonné, tomba entre les propriétés de MM. Gavrois et Wauters, à peu de distance de la place. Pendant leur chute, M. le Curé, qui assistait à ce combat aérien, donna l'absolution à ces braves ; le Sous-Officier, qui respirait encore, ayant reçu une balle dans le cou, mourut quelques minutes après. Il s'appelait Jackson [sic], était âgé de 26 ans, et avait sur lui la photographie de sa fiancée. L'officier, nommé Hobbes, âgé de trente et un ans, avait dans son portefeuille, le portrait de sa femme et de son bébé! Dans sa dernière lettre, elle suppliait son mari d'abandonner son poste périlleux, semblant avoir eu, hélas, le pressentiment du malheur qui allait la frapper.


Au dire de M. Lepez, Maire de Raismes, l'aviateur allemand aurait maquillé son appareil, ce qui lui avait permis d'approcher son adversaire, et de le mitrailler. D'autres affirmèrent que l'appareil était un avion français, grand modèle, récemment capturé par les Allemands.
Le capitaine Simon, commandant de Raismes, se fit photographier aussitôt la chute, à côté de l'appareil. Six personnes, dont le Curé, M. Paul Piérard, et cinq Conseillers municipaux furent autorisés à suivre le corbillard. Les Allemands avaient mis leurs victimes dans de beaux cercueils, et ils furent ensuite placés par les soins du Maire, dans de beaux coffres en chêne, afin, qu'après les hostilités, les corps de ces braves fussent rendus à leurs familles.

J'arrivai justement à Raismes au moment de ce combat, et fus très impressionné de ce triste spectacle.

     Voir à propos de ce dernier ce sujet :  L'affaire de Décembre 1915  pour plus de détails sur l'accident et sur les deux aviateurs anglais ( en réalité HOBBS, ALAN VICTOR et TUDOR-JONES, CHARLES EDWARD TUDOR ).

 

  Valenciennes et l'aviation Suivant : 1916

 

 

6 mars 2015

Opgeëischten gestorven in ballingschap.

Travailleurs requis décédés en exil.

 

    C'est une carte souvenir de la ville de Verrebroek en Belgique, quelques kilomètres à l'ouest d'Anvers, qui commémore militaires morts pour leur patrie et civils décédés en exil :

 Gemeente Verrebroek ( Waas)

carteR°

carteV°

 

     3 des civils sont décédés à Valenciennes en 1917, si leurs noms n'apparaissent pas dans la liste des décès de 1917, c'est parce que contrairement à d'autres, leur acte de décès ne mentionne pas la qualité de prisonnier civil ou de travailleur requis, ou que leur pseudonyme a été déformé à la lecture du document présenté.
Je répare ici cet "oubli" en transcrivant strictement l'état-civil d'époque :

civils25pc

  • D'HAENE Gustaaf, décédé à Valenciennes le 4 Avril 1917 (21 ans) :
    • Le six avril mil neuf cent dix sept Gustave DAHURE (sic), travailleur civil Belge, né en mil huit cent quatrevint seize à Veerenbrok (Flandre Orientale) (sans autres renseignements) est décédé à l'ambulance du Lycée Wallon place de la République Canton Sud. Dressé le huit avril mil neuf cent dix sept neuf heures du matin sur la déclaration de Jules Thiroux, quarante deux ans, Secrétaire Général de la Mairie et Octave Delhaye cinquante deux ans, Employé, domiciliés à Valenciennes, qui lecture faite ont signé avec nous François Damien, Chevalier de la légion d'Honneur, Adjoint au Maire de Valenciennes, Officier de l'Etat Civil par délégation.


  • VAN GYSEL Edmond, décédé à Valenciennes en 1917 (36 ans) :
    • Le quatorze Aout mil neuf cent dix sept cinq heures du matin, heure actuelle de l'Hotel de Ville, Edmond VAN GYSEL journalier, né à Verrebroeck (Belgique) le treize septembre mil huit cent quatre vint un y domicilié fils de Emile Van Gysel et de Colette Schen (sans autres renseignements) époux de Madeleine LOUREYS, est décédé à l'Hospice de l'Hotel Dieu Canton Nord. Dressé le quatorze Août mil neuf cent dix sept quatre heures du soir sur la déclaration de Désiré Deltombe vingt huit ans et Albert Coquelet, soixante treize ans, domiciliés à Valenciennes, qui lecture faite ont signé avec nous François Damien, Chevalier de la légion d'Honneur, Adjoint au Maire de Valenciennes, Officier de l'Etat Civil par délégation.


  • BIDDELO Aloisius, décédé à Valenciennes en 1917 (19 ans) :
    • Le onze Août Mil neuf cent dix sept, sept heures du matin, heure actuelle de l'Hotel de Ville Louis BIDDELO, journalier, né à Meerdoncke (Belgique) le quatorze mars mil huit cent quatre vingt dix huit domicilié à Verrebrock (Belgique) fils de feu Pierre Biddelo et de marie Verbuchte, domicilié à Verrebroecke (sans autres renseignements) célibataire est décédé à l'Hospice de l'Hotel-Dieu, Canton Nord. Dressé le onze Août mil neuf cent dix sept, dix heures et demi du matin, sur la déclaration de Désiré Deltombe vingt huit ans et Albert Coquelet, soixante treize ans, Commissionnaires, domiciliés à Valenciennes, qui lecture faite ont signé avec nous François Damien, Chevalier de la légion d'Honneur, Adjoint au Maire de Valenciennes, Officier de l'Etat Civil par délégation.

 Chez les coeurs nobles
Les douleurs profondes
Sont la promesse
D'actions d'éclat
.

 

  • Sont également cités :
    • LAUREYS Frans, décédé à Caudry le 19 janvier 1917.
      Les registres d'état civil de Caudry n'étant pas séparés (Naissance/Mariage/Décès), ils ne sont en ligne que jusqu'en 1914 (plus de 100 ans). Une demande a été faite auprès de la mairie qui a recherché l'acte le plus plausible :
      • Le dix sept janvier mil neuf cent dix sept huit heures du matin François LAVEIRS (sic) présumé né à Verrebronck (Belgique) le quatre décembre mil huit cent quatre vingt dix huit, charpentier, fils de Louis Laveirs et de Stephanie Pissens, son épouse, célibataire, sans autre renseignements est décédé au domicile rue d'Alsace numéro cent vingt cinq. Dressé le dix sept janvier mil neuf cent dix sept dix heures du matin sur la déclaration de Ernest Vaille, cinquante deux ans, docteur en médecine, domicilié à Caudry non parent du défunt et de Henri Berlemont, trente huit ans, employé, domicilié à Caudry, qui lecture faite ont signé avec nous Henri Carpentier, conseiller municipal, remplissant par délégation les fonctions de maire de Caudry.


    • VAN BRUSSEL César, décédé à Vracene le 21 février 1918.
      A moins d'une homonymie, il était le moins loin de chez lui, Vrasene est à 5 km au sud de Verrebroek, ce qui n'exclut pas un déplacement pour travail forcé.

     


 

 

L'autre moitié de la carte concerne 5 soldats morts pour leur patrie :

  • MAES Eduard : 8e regiment. Disparu à Namur en 1914
  • VAN ROEYEN Leopold : grenadier, décédé à Wygmael (Wijgmaal au nord de Louvain) le 12 septembre 1914
  • ONGHENA Charles (Karel) : grenadier, disparu à Oud-Stuivekenskerke (secteur de Dixmude) le 1er ou le 5 novembre 1914
  • LAUREYS Emiel : caporal, 1er Chasseurs à pied. Tué à Pervyse (secteur de Dixmude) le 3 octobre 1917
  • VERCRUYSSEN Adolf : 3e batterie d'artillerie, décédé à Harderwyk (Pays-Bas) le 19 novembre 1918.

 

 

 

 

7 février 2016

Les fusillés du valenciennois

     Même si l'expression "du valenciennois" peut paraître réductrice, ils ont tous un lien avec notre ville : la plaque du monument aux morts de Valenciennes qui les recense ne cite que les noms, en voici les détails avec, sous leur nom, un lien vers la page qui leur est consacrée.

 

DELBECQUE Augustin Curé de Maing (Nord).  Né à Lillers (Pas-de-Calais) le 02/11/1868.     Fusillé à Valenciennes au Faubourg de Paris le 17/09/1914 pour espionnage en revenant de Dunkerque
 
CAZER Hérasse  Verrier à Aniche (Nord)  Né à Aniche (Nord)  le 01/03/1855.     Fusillé à Valenciennes près du cimetière St Jean le 25/09/1914 accusé d'avoir tiré sur des soldats allemands
 
LEGEL Léon  "de Lourches"       Fusillé à Valenciennes près du cimetière St Jean le 25/09/1914 accusé d'avoir tiré sur des soldats allemands
 
CANONNE Alfred  Cultivateur, domicilié à Ors, rue de Landrecies (Nord).  Né à Honnechy (Nord) le 15/05/1856.      Fusillé à Valenciennes au Rôleur le 16/10/1917, pour avoir tenté de faire parvenir des nouvelles, par pigeon voyageur, aux troupes françaises.
 
COTTEAU Edmond  Menuisier à Ors (Nord).  Né à Honnechy (Nord) le 03/03/1884.     Fusillé à Valenciennes au Rôleur le 16/10/1917, pour avoir tenté de faire parvenir des nouvelles, par pigeon voyageur, aux troupes françaises.
 
HERBAUX Victor Meunier, domicilié à Valenciennes, faubourg de Paris, Chemin Latéral.  Né à Lille le 07/01/1882.      Fusillé au Rôleur à Valenciennes le 16/10/1917 pour avoir atterri par moyen d'un ballon libre derrière nos lignes, dans l'intention de faire de l'espionnage.
 
LEGRAND Henri Instituteur, évacué ;
en exercice à l'Ecole primaire supérieure de Valenciennes.
 Né à Quesnoy-s-Deule (Nord) le 07/02/1885.

    Fusillé au Rôleur à Valenciennes le 23/02/1918 à 7 h 15 du matin,
pour espionnage par pigeon voyageur.

BEAUVOIS Nicolas Tisserand, demeurant à Rieux (Nord).  Né à Rieux en Cambrésis (Nord) le 04/06/1854.     Fusillé au Rôleur à Valenciennes le 23/02/1918 à 7 h 15 du matin,
pour espionnage par pigeon voyageur.

 
THUILLIEZ Pierre Employé communal, demeurant à Rieux (Nord).  Né à Carnières (Nord) le 01/11/1870.     Fusillé au Rôleur à Valenciennes le 23/02/1918 à 7 h 15 du matin,
pour espionnage par pigeon voyageur.

 
MOHR Jules Inspecteur d'assurances à Valenciennes.  Né à Ham (Somme) le 06/12/1858.

    Fusillé au "Tir National" à Bruxelles (B) le 19/04/1916 pour espionnage.
 

GRESSIER Emile Cantonnier-chef à St-Amand-les-Eaux (Nord).  Né à Sars-et-Rosières (Nord) le 13/07/1860.     Fusillé au "Tir National" à Bruxelles (B) le 19/04/1916 pour espionnage.
 
PAGNIEN Alfred Ingénieur, résidant à Valenciennes.  Né à Valenciennes le 28/06/1878.     Fusillé à Gand (B) le 23/03/1918 pour espionnage.
       

 

     Comme on pourra le constater à la lecture de chacune des pages qui leur est consacrée, il n'ont pas été les seuls à être fusillés. Français, Belges ou Britanniques, certains avaient simplement "tenté" de servir leur pays, d'autres avaient mis au point de véritables réseaux d'espionnage, le plus souvent en liaison avec les services britanniques, ou des filières d'évasion vers les Pays-Bas.

        De nombreux noms dont j'ai traité le cas figurent aux monuments de Condé-sur-l'Escaut, Estreux ou St-Amand-les-Eaux par exemple : voir le sommaire.

 

      Les archives royales de Belgique signalent avec les fusillés dont elles rappellent la liste deux civils qui ont été condamnées à de lourdes peines de prison pour espionnage ou aide au passage de la frontière :

condamnés

DREYFUS Léon et LIENARD Albert : 10 ans de travaux forcés.
 

  • Bien que tous l'aient mérité, aucune carte d'Interné Résistant n'a été délivrée - après la seconde guerre - à un ayant cause de fusillé Valenciennois, comme ce fut le cas pour l'épouse de Léon FAUX fusillé à Condé.

 

 

 

26 mai 2013

Cahier d'un sous-oficier Allemand

 

                    En 1918 parait aux éditions Payot "Souvenirs de guerre d'un sous-officier allemand (1914-1915-1916)" avec une préface par Louis-Paul Alaux.
 L'un des chapitres relate le séjour à Valenciennes du Feldwebel C_, dont le nom restera inconnu, et dont le destin s'achève en 1916 lorsqu'il abandonne l'armée allemande pour passer au Danemark. La préface conclut :

Une édition anglaise, fidèle traduction, parait en 1919.
Ce qui m'intéresse est le chapitre sur Valenciennes, intitulé  : "Kommandatur (sic) à Valenciennes" que je transcris ci-dessous et qui décrit un peu de la vie de la cité durant l'occupation.

 

XXV
La Kommandantur de Valenciennes


La Kommandantur. - Administration de, la ville. -Trafic de journaux. -Evasions en Hollande. -Bataille entre Bavarois et Prussiens. - Assassinat d'une jeune fille française par un soldat allemand.

En juillet 1915, les bureaux de la Kommandantur de Valenciennes étaient installés dans la Mairie. Le maire avait été autorisé à garder quelques petites pièces pour lui et ses employés. Dans le bâtiment de la cour où se trouvaient avant la guerre le service des eaux et les pompiers, les Allemands avaient installé un dépôt de revolvers, fusils de chasse, munitions, bicyclettes, harnachements de chevaux et autres objets qui avaient été confisqués. Au 2° étage se trouvait la prison des prévenus civils et celle des militaires allemands.


Le chef de la Kommandantur était le lieutenant-colonel Spiers qui faisait partie d'un régiment de uhlans du 13e corps d'armée. Son adjudant, qui le remplaçait au besoin, était le capitaine Kolb. Le lieutenant de réserve Korneman, commis-voyageur en cafés dans le civil, était aussi attaché à la Kommandantur. Le conseil de guerre se composait du commissaire impérial Dr Wunder (notaire à Karlsruhe dans le civil), du Dr Lewin qui le remplaçait au besoin et du sergent-major Sohn, secrétaire-interprète. On ne se servait pas toujours de ce dernier, parce qu'on se méfiait de lui ; mais on ne pouvait pas le chasser à cause des secrets qu'il savait et qu'il aurait pu rendre publics pour se venger.
Dans l'aile droite se trouvait le bureau des passeports où les Français et les Belges qui s'occupaient du ravitaillement des civils recevaient leurs permis de voyager.
La commission de ravitaillement se composait d'un capitaine de réserve, d'un lieutenant de landwehr, de quelques Américains et d'un certain nombre de civils français. Parmi ces derniers, je citerai M. Dreyfus, qui n'a fait que du bien pour ses compatriotes et pour son pays.
Pendant le peu de temps que je restai à Valenciennes -c'est-à-dire jusqu'au départ de la 56" division pour le front- je vis et j'appris des choses extrêmement intéressantes sur le régime auxquels étaient soumis les civils dans cette ville envahie.
Les civils étaient autorisés à circuler en ville et à fréquenter les cafés, les restaurants et les établissements publics de 6 heures du matin à 8 heures du soir. Les magasins et les cafés étaient ouverts de 8 heures du matin à 7 heures du soir.
Dans presque toutes les maisons logeaient des militaires appartenant aux troupes d'étapes.
La musique du 88e régiment jouait tous les jours devant la Kommandantur de midi à une heure. Sur la porte de la mairie flottaient le drapeau impérial allemand et le drapeau royal de Bavière. Sur un grand écusson on lisait: ETAPPEN KOMMANDANTUR


Pendant la journée la circulation dans les rues était très mouvementée.
Une cantine allemande ne vendait qu'aux soldats allemands. Les officiers et les hommes des troupes d'étape vivaient beaucoup mieux qu'ils n'avaient jamais vécu en Allemagne.
Outre leur traitement ou leur prêt, le commandant recevait une indemnité payée par la ville de 35 francs par jour; les autres officiers recevaient 10 francs, les sergents-majors 6 francs, les sous-officiers et soldats 4 francs. De plus, ils logeaient tous gratis dans les hôtels moyennant des bons municipaux d'une valeur de 4 francs. En principe, l'indemnité était une indemnité de nourriture, parce que leur service pouvait les empêcher de manger à l'ordinaire ou au mess. En réalité, tous mangeaient où cela ne leur coûtait rien et gardaient pour eux l'indemnité. Ils mangeaient tous à la caserne Saint-Vincent, rue de Lille. [NDR Caserne Vincent]


En somme, on peut dire que les troupes d'étapes étaient à peu près entretenues aux frais de la population.
Bien qu'au moment où j'arrivai la guerre eût déjà duré près d'un an et que presque tout eût été pris, les réquisitions étaient toujours excessives. On prenait tout ce qui pouvait avoir une valeur quelconque. Toutes les bicyclettes, par exemple, avaient été envoyées en Allemagne, mais on en découvrait tous les jours.


Les mines et les établissements industriels d'Anzin étaient exploités par les Allemands; beaucoup de civils devaient travailler dans les mines pour un salaire misérable. Les champs étaient labourés par leurs propriétaires ou par des ouvriers civils, mais le gouvernement allemand réquisitionnait toute la récolte, ne laissant au propriétaire que le strict nécessaire pour se nourrir et semer au printemps prochain. Les grains étaient envoyés dans un grand moulin de Valenciennes dirigé par un sous-officier; toute la farine devait être employée pour les besoins de l'armée ; le surplus était expédié en Allemagne.


Beaucoup de difficultés auraient pu être évitées par les civils s'ils avaient su rester étroitement unis; mais ils étaient souvent en désaccord, se plaignaient les uns des autres.
Les amendes étant payables en monnaie allemande et la ville n'ayant que des bons, ils étaient obligés, pour pouvoir s'acquitter, de s'adresser à un changeur, ce qui leur coûtait beaucoup plus cher.
Les gendarmes de la Kommandantur se conduisaient en véritables brutes, surtout un nommé Ruff.


Mes fonctions consistaient à interpréter pour le conseil de guerre, surtout pour le Dr Wunder, et à réquisitionner en ville et aux environs des moteurs et certains instruments, machines et outils nécessaires pour la récolte. C'est ainsi que j'eus souvent l'occasion de me trouver en rapports avec des Français en prévention de conseil de guerre. La plupart des détenus civils étaient inculpés de contrebande de correspondance ou de marchandises de France en Belgique ou réciproquement.


C'est ainsi qu'un fabriquant de porcelaine de Saint-Amand, qui se rendait à Valenciennes très souvent avec un permis, fut arrêté et inculpé d'avoir servi d'intermédiaire entre Français et Belges pour des échanges de lettres. Au moment de son arrestation on ne trouva rien de compromettant sur lui et il protesta de son innocence. Il n'en fut pas moins condamné à cinq cents marks d'amende avec défense expresse de quitter Saint-Amand où se trouvait sa fabrique.


Une autre affaire assez curieuse fut l'affaire M... et L... Un certain M..., d'origine belge, mais habitant Valenciennes, fut arrêté et inculpé d'avoir vendu des journaux français qui venaient de Hollande par la Belgique. Voici comment se pratiquait ce petit jeu : des civils, membres de la commission de ravitaillement, étaient autorisés à se rendre à la frontière hollandaise pour les achats de denrées. Là, des Hollandais leur passaient facilement des journaux français. L..., rédacteur à la Gazette de Valenciennes, vendait ces journaux 15 francs pièce à M... qui les louait aux habitants de 3 à 5 francs l'heure. Quand ses clients les avaient lus il allait les vendre à Douai. Quand on arrêta M..., on trouva chez lui quelques vers satiriques qu'il avait faits sur le Kaiser, ce qui lui valut une seconde inculpation. Pendant tout le temps de la prévention; le sergent-major Sohn ne cessa de poursuivre de ses assiduités Mme M... qui était fort jolie, l'assurant que si elle consentait à être aimable il se faisait fort d'arranger l'affaire de son mari. L... et M... furent condamnés chacun à 1.000 marks d'amende pour le trafic de journaux. M... récolta en outre trois mois de prison pour ses vers sur Guillaume II. Le maire de Marly, M. Druy, se trouvait en prison pour avoir fait un voyage en France, par la Hollande et l'Angleterre, pour aller voir son fils qui se trouvait à Brest. Il était ensuite revenu. La chose était possible, parce qu'il y avait en France et en Belgique toute une organisation secrète d'étapes clandestines pour les personnes qui voulaient s'enfuir. Tout était préparé pour faire franchir au fuyard la barrière de fils de fer dans lesquels passait un fort courant électrique : on se servait pour cela d'une double échelle qu'on mettait à cheval sur la barrière. Cela naturellement coûtait assez cher. Quelquefois aussi on achetait la sentinelle. M. Dreyfus, membre de la commission du ravitaillement de Valenciennes, fit ainsi évader plus de 1.500 jeunes gens. Il fut condamné à trois ans de travaux forcés, à peu près en même temps que miss Edith Cavell. Quant au maire de Marly, je ne pus savoir à quoi il fut condamné parce que je quittai Valenciennes avant son jugement.


Deux femmes qui avaient frappé des gendarmes furent condamnées à 1.000 marks d'amende et à trois mois de prison.


Dans la prison de la Kommandantur se trouvaient aussi beaucoup de soldats allemands en prévention de conseil de guerre pour avoir prolongé leur permission ou s'en être octroyée une eux-mêmes; il y avait aussi des cas de refus d'obéissance et de voies de fait envers des supérieurs. Si leur conduite antérieure avait été bonne, on les condamnait à une peine relativement légère, mais on les renvoyait toujours au front en première ligne, leur peine étant suspendue jusqu'à la fin de la guerre. S'ils se conduisaient bien ils pourraient être graciés. On agissait ainsi parce que beaucoup de soldats commettaient exprès des délits pour se faire condamner, espérant ainsi échapper à la guerre.
Lorsque Prussiens et Bavarois se trouvaient dans la même localité, il y avait souvent des rixes. Au mois d'août 1915, il y eut à Douai une véritable bataille entre les troupes de ces deux pays; huit officiers furent tués, ainsi qu'un grand nombre d'hommes; il y eut aussi beaucoup de blessés. Quatre cents hommes furent condamnés par le conseil de guerre de Lille à des peines variant de un an à douze ans de prison ou de travaux forcés. On n'a jamais parlé de cette affaire dans la presse allemande.


Tous les mardis, un convoi de militaires et de civils condamnés ou déportés partait pour l'Allemagne. Un grand nombre de civils furent déportés sans jugement, par simple mesure administrative.


Tout le personnel de la Kommandantur, depuis le lieutenant-colonel Spiers jusqu'aux gendarmes, se faisait faire des quantités de chaussures avec le cuir réquisitionné pour les besoins de l'armée; ils envoyaient ces chaussures en Allemagne. Le Dr Wunder recommandait aux sous-officiers d'agir discrètement pour que ce truc ne s'ébruite pas et il marquait lui-même sur les colis : « Linge à laver » avec le timbre de la Kommandantur.

Mais de tout ce que j'appris pendant mon séjour à Valenciennes, voici certainement l'histoire la plus intéressante:
Il y avait, au parc d'automobiles de Valenciennes, un fils de famille de Munich qui était chauffeur et qui, bien que n'ayant pas fait son volontariat d'un an, ne fréquentait que les officiers : un jeune embusqué de haute volée. Ce jeune homme qui passait son temps agréablement à l'arrière, avait remarqué une jeune fille très jolie : d'environ dix-huit ans, qui était la fille d'une dame qui tenait une auberge sur la route de Marly à Saultain. Le jeune chauffeur se mit à fréquenter l'auberge assidûment, commandant toujours ce qu'il y avait de plus cher comme vins et liqueurs, et cherchant par tous les moyens à entrer en relation avec cette jeune fille. Mais cette dernière paraissait éprouver pour lui une telle antipathie qu'elle quittait toujours la salle aussitôt qu'il arrivait. Le chauffeur, sans se décourager, la suivit plusieurs fois dans la rue, mais elle trouvait toujours moyen de l'éviter. Un jour enfin elle le rencontra au marché de Valenciennes. Le chauffeur qui avait son plan, l'accoste et lui intime l'ordre de le suivre immédiatement. La jeune fille, très effrayée, le suit docilement, car chaque fois qu'un militaire allemand déclare à un civil qu'il l'arrête, celui-ci doit le suivre sans protester, quitte à être mis plus tard en liberté après enquête. Le chauffeur conduit la jeune fille chez lui, la pousse dans sa chambre, l'y enferme à clef et ressort pour aller à son service. Le soir il rentre chez lui retrouver sa prisonnière. Quelques temps après il ressort, et va se constituer prisonnier à la Kommandantur où il déclare qu'il vient de tuer une jeune fille française par accident. On trouve, en effet, le corps de la jeune fille dans sa chambre: elle avait été tuée d'une balle de revolver au front.


La version -absurde- du chauffeur est la suivante: .
La jeune fille avait consenti à se livrer à lui. Comme il se déshabillait pour se coucher, son revolver qu'il avait l'habitude de déposer tous les soirs sur sa table de nuit, partit par suite d'un faux mouvement et la jeune fille fut tuée raide.
Les parents de la victime accusent au contraire le chauffeur d'avoir assassiné leur fille qu'il avait séquestrée, parce qu'elle refusait de se livrer à lui. L'examen médical démontra, en effet, que la jeune fille n'avait pas été outragée.
Le chauffeur fut condamné à six mois de prison pour séquestration arbitraire d'une personne, l'inculpation de meurtre ayant été écartée. Comme il avait fait cinq mois de prison préventive, il fut, quelques semaines après, mis en liberté.
En entendant la lecture de ce jugement inique, le père de la jeune fIlle adressa au conseil de guerre une violente protestation, disant que les Allemands acquittaient l'assassin de son enfant, que la justice allemande n'existait pas, etc... Le pauvre homme fut arrêté aussitôt et déporté en Allemagne quelques jours après.


La vieille dame en deuil est aujourd'hui seule dans l'auberge de la route de Marly, pleurant son enfant et son mari. Cette histoire m'a été confirmée par le sergent-major Sohn, qui assistait au procès en qualité d'interprète. Tout le personnel de la Kommandantur me la confirma également. Ce meurtre et cet acquittement avaient produit une émotion profonde dans toute la ville et n'avaient pas peu contribué à faire haïr encore davantage tout ce qui est allemand. .


Mon séjour à Valenciennes prit fin le 20 septembre, jour où je reçus l'ordre de me rendre à Saverne, en Alsace, où se trouvait mon régiment.

 

              Reste à décider ensuite si ce témoignage est authentique, ou s'il s'agit du œuvre de propagande, suffisamment proche de la réalité (réquisitions abusives, malversations, fraudes diverses), qui ne verse pas dans l' "anti-occupant" primaire reconnaissable d'emblée.

 

 

4 octobre 2014

Témoignage familial

 

   AD  Auguste DUBOIS, le frère aîné de mon père avait rédigé ses souvenirs pour le cinquantenaire de l'Armistice, c'est à partir de ce document plus précis que la simple mémoire orale que je suis parti à la recherche de cet extrait de film que j'ai déniché - déjà grâce à internet- il y a 20 ans à l'Imperial War Museums, auprès duquel j'avais pu obtenir une précieuse cassette vidéo.

Quand Jean, mon père, parlait de cette journée, il signalait un mort sur la place du faubourg en face de la Pharmacie Hedot au 36 rue du Faubourg de Paris, un autre cour Leroy, un chez Mme Armbruster, et plusieurs autres à l'écluse Notre-Dame et dans les rues. Après guerre la famille -qui venait d'Haulchin- dont la maison était inhabitable logeait au 23 avenue de Lorraine.

Les détails fournis par les souvenirs de l'ainé cadrent bien avec les très courtes séquences qui composent ce film passé dans les années 1920 "aux actualités" à Valenciennes : une chance inouïe qu'elle ait pu être vue par les intéressés qui ne devaient pas aller souvent au cinéma.

     Ne voulant pas couper le récit, j'ai ajouté des renvois numérotés vers un certain nombre d'explications, commentaires ou illustrations, voire à d'autres pages de ce blog.

 

     Nous avons vécu les dernières semaines de la guerre, mes parents mes trois frères et moi-même, dans la cave de notre maison du faubourg de Paris qui se trouvait sur le tracé de la rue établie depuis, quand disparut l’ancien passage à niveau et que fut construit le pont sur la voie ferrée.  1

    Nous n’avions pu être évacués en raison de la grippe espagnole dont nous étions presque tous atteints. Notre maison avait déjà reçu six obus quand un septième nous sortit littéralement de notre retraite. Par bonheur des poutres entrecroisées avaient soutenu les gravats et nous pûmes quitter notre trou.
     Nous allâmes alors rejoindre des voisins dans la cave d’une maison située juste en face de l’église.  1b Nous nous trouvions là une quinzaine de personnes. Un poêle avait été installé, relié à une cheminée du rez-de-chaussée par une buse qui traversait la voûte de la cave.
     Nous nous trouvions du coté de l’Escaut le plus exposé, les Allemands installés sur la voie ferrée offrant une résistance opiniâtre à l’avance des troupes britanniques.
 Nous savions les Anglais de l’autre coté du canal, mais nous ne nous risquions pas à y aller voir.

      Dans la première quinzaine d’octobre, les Allemands avaient fait sauter les maisons de l’avenue Faidherbe, de la rue Malplaquet  2 , la chapelle Notre Dame des Affligés,  2b  pour dégager leurs champs de tir.
Nous avions fait communiquer les caves des maisons entre elles pour nous ménager, en cas de besoin, des possibilités de fuite.  3

     Devant le presbytère des barbelés avaient été posés. Tout le quartier avait été recouvert par les eaux lors de l’inondation déclenchée par les occupants, mais le niveau devait heureusement baisser, sans quoi nous n’aurions pu rester dans nos abris.

      Un jour où j’étais allé chercher du ravitaillement rue de la Vieille Poissonnerie où les services étaient réfugiés, M. Gabet me dit « Vous n’allez pas rester là ». Nous restâmes cependant.
Revenant d’une distribution, un autre jour, trois obus vinrent éclater autour de moi. Un était tombé sur la voie ferrée, un autre sur l’église, et le troisième sur le presbytère.

      Le jour de la Toussaint -1er novembre-, à 5h du matin, se déclencha un feu roulant d’artillerie. Puis ce fut le silence et on n’entendit que des coups de fusil et le tir des mitrailleuses allemandes. Ceux-ci avaient fait une tranchée à l’angle de l’église et tenaient en respect le débouché de l’Escaut. Les Anglais qui, les premiers, purent franchir le Moulin Gilliard, avancèrent de maison en maison. 4

     Ils tiraient par les soupiraux dans les caves au cas où quelque ennemi s’y trouverait caché. Ils firent de même où nous étions. Par bonheur, le soupirail de la cave où nous campions était bien bouché avec de la maçonnerie, mais pas celui de la cave voisine de la notre,  dont le soupirail n’était obstrué que par une planche. Ils lâchèrent une rafale. J’en entends encore le bruit. Heureusement, il n’y avait personne à cet endroit. Quand ils pénétrèrent dans la cave où nous nous trouvions, ils avancèrent, l’arme prête à tirer, se méfiant d’un traquenard.

     De leurs musettes, il sortirent, pour nous l’offrir, du pain plus blanc qu’on ne pouvait l’imaginer après quatre ans de pain noir. Un voisin sorti trop vite et qui criait à sa femme : « Rosalie, nous somme Inglais » vit la manche de son veston traversée par une balle. Il dut bien vite rentrer à l’abri.

     Il était 10h du matin quand les premiers Canadiens arrivèrent devant l’église du faubourg de paris. Nous étions donc les premiers libérés. C’était le 1er Novembre, « à l’heure de la grand messe » comme disait ma mère.
Nos libérateurs ne purent toutefois progresser dans la direction du boulevard Saly qu’au cours de la nuit du 1er au 2 Novembre car les Allemands tenaient toujours la voie ferrée.
    De nombreux cadavres de soldats Allemands gisaient un peu partout et notamment dans la rue de l’Abreuvoir.
Devant la pharmacie Hedot, 5 l'un d’eux avait été frappé de 13 balles dans le dos. Le service cinématographique de l’armée britannique vint les filmer. Nous étions, mes frères et moi, sur cette bande et eûmes la surprise de nous reconnaître lors de sa projection, au milieu d’une bande d’actualités, quelques temps plus tard, dans un cinéma de la ville.  6

     Nous n’avons pas vu la suite. Nous avons continué à vivre dans notre cave, n’ayant pas d’autre logement. J’ai vu cependant les fêtes de la délivrance, 7 la réception du Président Poincaré  8 et le jour de la proclamation de l’Armistice.


     L’explosion de joie ne fut peut-être pas celle connue ailleurs, car pour nous, c’est lors de notre propre délivrance qu’elle s’était manifestée. Nous sortions de plus de quatre années de la plus dure des occupations que notre ville eût à subir, car, en 14-18, nous n’avions pas le droit de sortir des limites de la commune de notre domicile et devions nous passer les nouvelles d’une limite de territoire à l’autre.
Un maigre ravitaillement distribué deux fois par semaine, et encore, grâce à la  C.R.B. de M. Hoover 9 et au comité hispano-hollandais, 10 sans compter les représailles quotidiennes.
 

Auguste DUBOIS (1903-1971)

 


  1 
     Plans superposés montrant en rouge le "Chemin des planches" traversant la voie par un passage à niveau près de la halte (voir photos ci dessous), et en clair l'actuel tracé par le pont à hauteur de la gare du Faubourg de Paris, maintenant désaffectée. Du chemin des planches, coupé en deux par la voie ferrée au niveau de la Halte, il ne reste que la partie coté boulevard, appelée maintenant "Rue du Chemin des planches" ; l'autre tronçon, qui rejoignait la rue du Faubourg de Paris s'appelle maintenant rue Henri Caffiaux.
     Je n'ai pas l'adresse de la maison détruite, les DUBOIS ne figurent pas -encore- au recensement de Valenciennes en 1911, mais on peut l'imaginer à l'entrée de la rue du Faubourg de Paris en allant vers l'église que l'on aperçoit en arrière-plan de la seconde photo.

FaubourgdeParis superpo
 

halte FbgPa   halte FbgPb
 

maisons FbgP
Maisons de la rue du Faubourg de Paris.
Etant donné l'orientation de l'église, ces maisons sont probablement
celles vouées à la destruction pour la construction de la nouvelle rue.

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1b

      Dans ses notes mon père indique "la cave du café situé juste en face de l'église", peut-être l'actuel n°42.

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2

     La rue Malplaquet sur la rive gauche de l'Escaut

Malplaquet

     On aperçoit au fond la Brasserie-Malterie Dupont, 16 faubourg de Cambrai, (un petit km à vol d'oiseau) inscrite à l'Inventaire général du patrimoine culturel, dont les tours subsistent encore aujourd'hui.

Rue Malplaquet, faubourg de Paris, 1918

brasserie Dupont
P1130229


     Au premier plan aurait du figurer la brasserie Carlier, sise 27, rue Malplaquet, inscrite également à l'Inventaire général du patrimoine culturel, rasée, reconstruite, puis laissée à l'abandon, dont les derniers bâtiments seront transformés en résidence au début des années 2010 :

brasserie carlier

Brasserie malplaquet

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2b

 Chapelle Notre-Dame des affligés

       Sur un lieu connu pour sa dévotion depuis le 16e siècle, une chapelle avait été construite en 1829 ; située à l'entrée du cimetière St Jean (ouvert en 1855), rasée en 1918, remplacée par une chapelle provisoire en bois, puis reconstruite quasiment à l'identique en 1928.

nd des affligésb

ND des affligés 1

ND des affligés

Moyennechapelle provisoire des affligés

ND des affligés 2006

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3

    A la guerre suivante, mes parents avaient fait de même, la cave de la maison rue Charles-Quint communiquait avec les deux maisons voisines, je me souviens encore de ces étroites ouvertures faites ( puis rebouchées) dans les murs.

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4

     Il s'agit des soldats Canadiens du 38e bataillon qui, venant par l'Avenue Desandrouin et l'Avenue Faidherbe avaient passé le canal de l'Escaut à l'écluse Notre-Dame, s'étaient emparé du Moulin Gilliard et descendaient par la rue du Faubourg de Paris.
     Lire cette page qui renvoie à mon blog traitant spécifiquement des Canadiens.

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5

      La pharmacie Hédot était située au 36 de la rue du Faubourg de Paris : à gauche avec des volets sombres sur cette photo extraite du film tourné le 2 novembre 1918 dont il est question plus loin, devant les soldats alliés, le cadavre d'un soldat allemand.

placeFdP

et à droite sur cette carte postale :

placeFdP2

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6

       La séquence dont il est question est visible maintenant (grâce aux progrès de l'internet et des mises en ligne) à deux endroits distincts :

  • Sur le site de l'Imperial War Museums britannique, à 6'55 du début : la séquence complète sur Valenciennes, précédée par des vues la Croix d'Anzin commence à 4'48.
  • Sur le site allemand portal.de à du 8'07 début : la séquence complète sur Valenciennes débutant à 6'29, dans une meilleure qualité d'image et de cadrage. Il s'agit de la même séquence, assemblée avec d'autres décrites sur la page de chaque vidéo.

   J'ai pu en extraire des images,

  • Une photo très nette montrant au premier plan avec une casquette Jean DUBOIS, né en 1906 et derrière le groupe à droite Auguste DUBOIS, né en 1903, le narrateur :

    pourblogb

  • Pour plus de facilité, j'ai monté en boucle les rares secondes de cette séquence ICI ; dans ses notes mon père indique que les cadavres allemands sont restés jusqu'au 4 ou 5 novembre, sans en être gênés. En tous cas ce cadavre se retrouve sur d'autres photographies, dont celle-ci, où il avait encore son casque :

    cadavre seul


     
  • Un plan de la rue du Faubourg de Paris monté en panorama de la pharmacie Hédot (actuel n°36 rue du faubourg de Paris) à gauche jusqu'à l'église Notre-Dame du Sacré-Coeur :

    Pano FdP

    Le même panorama de nos jours : l'église achevée en 1879 reconstruite après la guerre n'a pas résisté aux années,  sa construction sur pieux en bois a été fragilisée par la baisse du niveau de la nappe aquifère lors des modifications des tracés des canaux et l'église a été détruite par sécurité en 1980.

    panow

  • L'église Notre-Dame du Sacré-Cœur avant la guerre (reconstruite à l'identique) et l'intérieur après les bombardements :

    EgiseFdP
    A droite le presbytère (photo avant guerre)

    place de leglise
    la place après la guerre (source IWM)

     

    RuinesEglise

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7

      Lire sur ce blog la Fête de la délivrance ou Victory parade, réalisée le 7 Novembre par les Troupes Britanniques et Canadiennes.

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8

      Lire sur ce blog la Visite du Président Poincaré le 10 Novembre 1918, veille de l'Armistice.

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9

 Commission for Relief in Belgium

     La Commission for Relief in Belgium (CRB) est une organisation internationale créée par Herbert Hoover, qui deviendra plus tard président des États-Unis. Elle était chargée du ravitaillement en Belgique et dans le nord de la France sous l’occupation allemande durant la guerre 1914-1918.

Dès 1915 les populations envahies, où les réfugiés affluent,  privées de toute ressource recevront blé, charbon, vêtements, médicaments, semences, par le biais de magasins communaux. Les prisonniers civils, otages, déportés ne seront pas oubliés.

Voir sur le site de la Belgian American Educational Foundation

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10

           Initialement Comité Hispano Américain fondé par le même H. Hoover que le CRB, le Comité hispano-néerlandais pour la protection du ravitaillement en Belgique et dans le Nord de la France, sous le haut patronage de LL. EE. MM. les Ministres d'Espagne et des Pays-Bas, était dirigé par un Espagnol : Pedro Saura et un Néerlandais G. Vandenbergh, dont les délégués surveillaient la distribution dans les régions d'Etape lorsque la CRB sera réorganisée pour maintenir sa neutralité quand les Etats-Unis entrent en guerre en 1917.

    Petit clin d'oeil de l'Histoire pour des régions qui avaient été longtemps province des Pays-Bas espagnols.......

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              Outre les pages citées ci-dessus, on pourra trouver de nombreuses vues de Valenciennes "à la libération" dans ce même blog

 

 

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