Comme je l'ai déjà fait pour le 55e Régiment d'infanterie de réserve, je transcris ici les derniers jours du 359e Régiment d'infanterie lors de la retraite (puis son retour en Allemagne). Comme beaucoup de régiments, il était d'abord prévu qu'il s’appuie sur des lignes "préparées à l'avance" : la Hermann-Hundig Stellung (en bleu ci-dessous) qu'il ne fera que traverser. La position de défense la plus reculée était la ligne Antwerpen-Maas qui joignait Anvers à la Meuse, en rouge sur le croquis allemand ci-dessous qui la donne atteinte au jour de l'armistice. Pourtant les unités qui passent par et aux environs de Valenciennes, poussées par l'armée britannique dont les Canadiens, ne dépasseront pas Mons le 11 Novembre à 11h.
A la lecture de l’historique du 359 régiment d'infanterie édité en 1922, on constate une fois de plus un retour "tranquille" mais organisé, avec armes et bagages (de lourds chariots), à travers la Belgique en direction de la frontière allemande que le régiment, ou du moins ce qu’il en reste, atteint à marche forcée le 23 novembre. La traversée ensuite des villes allemandes sera "festive" sinon triomphale. Édité juste après la guerre, l'historique n'a pas cependant l'accent revanchard, voire très politisé, de ceux qui seront édités dans les années 1930.
2 photos non localisées de la retraite en Belgique (source)
8 Octobre 1918 (.......)
(.......) Grâce à la défense héroïque et à l'excellente coopération de toutes les armes, le gain de terrain de l'ennemi en ce jour de combat colossal est relativement faible, et la percée espérée de notre front n'est une fois de plus pas atteinte. Cependant, nos forces limitées ne sont plus suffisantes pour une plus longue défense.
Combats devant et dans la ligne de défense Hermann. (du 9 au 23 octobre 1918.)
9 Octobre : La division est retranchée sur la position peu développée «S III» au sud-ouest de Carnières (7 km à l'est de Cambrai). Le désengagement passe inaperçu de l'ennemi. Les restes des 3 régiments 359, 394 et 4 sont regroupés en un seul et même régiment et renforcés par les recrues du dépôt de recrutement de la division. Ceux qui sont pris au piège anglais à Forenville [S-O Cambrai] se dégagent à 4 heures du matin, laissant derrière eux les blessés, dont le lieutenant Krotki*. L'ennemi, qui avait pilonné les positions déjà abandonnées au lever du jour, hésitait à s'approcher de notre nouvelle ligne et s'était retranché devant elle. A 10 heures du soir, la 206e I.D. se retire, tandis que le front recule ; l'infanterie et les régiments combinés s'installe à la position reconnue par la 208e I.D. à Saulzoir, à 17 km au nord-est de Cambrai. Nous y trouvons du logement sur place.
10 octobre : Le régiment 359 est tactiquement divisé en 3 compagnies d'infanterie (1 de chaque Ier, IIe et IIIe bataillons.), 1 M.G.K. et 1 M-W-K, avec 1 état-major de bataillon (IIIe btn.). Sur le plan organisationnel, les anciennes compagnies existent toujours. Le commandement de toute l'infanterie passe aux commandants régimentaires de la division.
11 octobre : Déploiement à 16 heures au sud-est de Saulzoir ; déploiement en couverture à 17 heures en avant de Haspres. 11h30 départ pour Verchain, 11 km au sud de Valenciennes.
12 au 19 octobre : La Division est le Corps de Réserve du XIVe Corps de Réserve. Hébergement des bataillons combiné du 359 : le 14 à Verchain, jusqu'au 17 à Vendegies, les 18 et 19 à Villers-Pol, car les divisions de front sont en position sur la ligne Hermann. Le 14, le IIe btn. est dissous et réparti dans les Ier et IIIe.
20 au 22 octobre : La division est la réserve de l'armée. Logement du 359e régiment à Erquennes -à 7 km au nord de Bavai- juste au nord de la frontière franco-belge. La relève arrive le 22.
23 octobre : Départ pour Sebourquiaux (9 km à l'est de Valenciennes) en tant qu'élément d'intervention.
Les n°s sur la carte correspondent à la chronologie et non aux dates.
Bataille de Valenciennes (24 Octobre -4 Novembre 1918)
24 octobre : La division est à nouveau placée sous l'autorité du XIVe Corps de réserve. 9 heures à Préseau (6 km au sud-est de Valenciennes), 13h30 à Maresches (3 km au sud). 20 heures déploiement à Villers-Pol (10 km au sud-est de Valenciennes), qui devient la ligne de front le 25.
25 octobre au 2 novembre : opérations à Villers-Pol. Disposition : Ier Bataillon à droite (lisière nord de Villers-Pol) avec les 1er et 2e comp. en première ligne, IIIe à gauche (lisière ouest) avec les 12e et 9e comp. Le tir de harcèlement ennemi augmente de jour en jour en vivacité et est fortement soutenu par sa propre artillerie en prévision de nouvelles attaques importantes. Le 29, les signes de l'attaque imminente se multiplient. Les patrouilles sont très actives des deux côtés. Pendant le raid aérien, le 3e Compagnie de mitrailleuses abat un avion ennemi. Départs quotidiens en raison de la grippe. Au petit matin du 1er novembre, l'ennemi avance immédiatement à droite de la section régimentaire après avoir soudainement déclenché un feu d'enfer et gagne temporairement du terrain. Pendant la journée, plusieurs contre-attaques avec des succès variables. Le 1er btn du 394e est subordonné au régiment comme protection du flanc droit. Le 2 à 6 heures du matin, l'attaque est renouvelée. Comme l'aile droite du régiment est sans appui, elle est temporairement repliée, mais repoussée vers l'avant après que l'espace ait été comblé par le Ier bataillon du 394e régiment.
3 novembre : Les bataillons se retirent de nuit derrière la route Jenlain-Orsinval et creusent des tranchées. Les patrouilles d'officiers qui restent en contact avec l'ennemi sont repoussées à midi. Lorsqu'un tir d'annihilation est nécessaire pour repousser l'ennemi, notre artillerie tire sur sa propre ligne de front.
4 novembre : L'ennemi renouvelle l'attaque à 6h30 du matin. Après un court et lourd bombardement destructeur, il avance sous un écran de fumée. Nos propres tirs d'artillerie s'abattent à nouveau, malgré les rapports répétés, en partie sur nos positions, de sorte que les chefs de compagnie peuvent difficilement maintenir leurs hommes rassemblés. L'ennemi pénètre à la limite de la jonction des deux bataillons, et contourne les compagnies qui font front et se défendent jusqu'à la dernière cartouche, ou se constituent prisonniers. Pendant la journée, les survivants arrêtent la progression de l'ennemi au nord et au sud de Wargnies-le-Petit.
Combats de repli devant la ligne Anvers-Meuse. (du 5 au 11 novembre 1918.)
5 novembre : Le front de la division est ramené sur la ligne Bellignies-St. Waast, à 3 km au nord-ouest de Bavay. Le Regt. 359 est en réserve de la division à Bellignies. A partir des restes du régiment d'environ 100 hommes, un bataillon est formé de deux compagnies. Le soir, occupation des nids de mitrailleuses comme protection de l'infanterie.
6 novembre : Le bataillon combiné 359 est tactiquement subordonné au 4e. 10 heures du soir, retraite vers une nouvelle position à Hergies, 4 km au nord de Bavay .
7 novembre : L'opposant ne suit pas. Le soir, retraite sur la ligne Blaugies-Ruinsette, à 8 km au nord de Bavay, maintenant enfin sur le sol belge.
8 novembre : Patrouilles. Dans la soirée, repli de 15 km vers Hyon, à 1 km au sud de Mons.
9 novembre : La journée se déroule dans le calme. Ce n'est que le soir que l'ennemi réapparaît devant le front.
10 novembre : Journée de repos. Le soir, 11 km de retraite vers Thieu, 10 km à l'est de Mons. La patrouille d'officiers reste en contact avec l'ennemi.
11 novembre : Patrouilles et affrontements entre avant-postes. Les combats cesseront à midi [heure allemande]. L'armistice entre en vigueur.
Les n°s sur la carte correspondent à la chronologie et non aux dates.
Du cessez-le-feu à la démobilisation. (du 11 novembre au 22 décembre 1918.)
Du 12 au 23 novembre : retour à la frontière allemande par temps sec et ensoleillé.
Le 12, retraite anticipée depuis la dernière position et marche (de 13 km) vers Familleureux, Le 13, marche le long de la ligne Anvers-Meuse jusqu'à NivelIes (13 km), Le 14, vers Ottignies, à 25 km au sud-est de Bruxelles (22 km). Le 15, les restes du 3e bataillon stationnent comme garde de chemin de fer, le personnel des régiments et le 1er Btn. marchent vers Longueville, 6 km à l'est de Wavre (11 km). Le 16, l'état-major du régiment et le 1er Battalion atteignent Merdorp, à 12 km au sud-est de Jodoigne (23 km), le 3e Btn. est à Glimes, à 5 km au sud de Jodoigne (27 km). Le 17, le régiment est réuni à Latinne, à 30 km à l'ouest de Liège (marche de 15km pour le 1er Btn, de 30 pour le 3e). Le 18 marche vers Verlaine, 18 km à l'ouest de Liège (13 km), Le 19 le personnel et le 3e Btn sont à Seraing (17 km), le 1er à Angleur (23 km) comme garde du dépôt. Le 20, marche vers à Pepinster (26 ou 20 km). Le 3e Btn et des éléments du 1er y restent jusqu'au 22 comme protection ferroviaire le long de la ligne Pepinster-Verviers, le reste marche et se trouve Le 21 à Limbourg (14 km), où le 22 est jour de repos. Le 23 Novembre 1918 à 10h40 du matin, entre Limbourg et Eupen, la frontière allemande [de l'époque] est atteinte.
Les n°s sur la carte correspondent à la chronologie et non aux dates.
Du 23 novembre au 4 décembre :
Le 23 marche vers Rötgen, à 12 km à l'est d'Eupen (marche de 27 km), Le 24 par un léger gel sur les Hautes Fagnes arrivons à Gey, à 8 km au sud-ouest de Düren (26 km), Le 25 à Hochkirchen (20 km), Le 26 à Brüggen (15 km). Les soldats originaires de la rive gauche du Rhin sont renvoyés dans leurs foyers. Le 27 marche à Hermülheim (9 km). Là, le 28, jour de repos, ont lieu les préparatifs pour la marche à travers Cologne en grande tenue. Le 29 au matin, traversée de Cologne décorée de façon festive, passons devant le commandant de la division et traversons le pont du sud (suspendu) [Hindenburgbrücke ensuite] sur deux colonnes côte à côte pour rejoindre la 17e armée.
Passage du pont de Cologne
Logement local à Untereschbach (27 km de marche). Le 30 marche vers Forsten (28 km), 1er décembre à Klüppelberg (24 km), Le 2 à Altena (33 km), Le 3 à Werl (40 km).
Du 4 au 8 décembre : repos à Werl. Le 5 à midi, défilé du régiment devant Herr Oberst von Wurmb et discours du commandant : Reconnaissance du bon esprit et de l'ordre impeccable pendant le retour, approbation des officiers et des hommes devant être libérés.
9 au 19 décembre : jours de repos à Neheim. Une compagnie régulière "J.R. 359" est constituée, composée des plus jeunes (nés en 1896-99) et de certains volontaires et soldats confirmés Les autres hommes sont libérés. 19-22 décembre : transport ferroviaire du matériel et du personnel vers Küstrin. Transfert des dossiers et du bataillon de remplacement au 48e régiment d'infanterie. 22 décembre : La compagnie régulière est dissoute à Küstrin et versée au bataillon de remplacement.
Pertes des combats autour de Valenciennes et retraite de novembre (du 24 octobre au 11 novembre ).
Tués : le lieutenant Boelke* et 6 hommes ; Blessés, disparus ou capturés : 6 officiers et 192 hommes. Pertes totales : 205.
Pertes totales du régiment pendant la guerre mondiale : 7264 officiers, sous-officiers et hommes du rang.
*Le lieutenant KROTKI Franz, 5e compagnie, né à Berlin le 10/04/1889 a d'abord été signalé disparu, puis légèrement blessé et prisonnier. Les archives du CICR révèlent un peu plus d'information : blessé au coté et au cou et fait prisonnier le 9/10 à Cambrai. Renseignements communiqués à la famille le 26/12/1918.
*Le lieutenant BOELKE Hermann signalé tué entre le 24 oct et le 11 nov est probablement celui inhumé au cimetière de Frasnoy (Nord) Carré 10, tombe 10 ; la date de décès indiquée est le 30/10/1918
16 sont actuellement répertoriés, dont 10 lors des combats fin mai 1940 ; 5 sont des aviateurs décédés en 1943 et 1944, le dernier connu est un prisonnier de guerre affecté aux mines d'Anzin.
L'un d'entre eux mérite une attention particulière car c'est un vétéran de la guerre précédente alors que la majorité des autres sont nés pendant celle-ci ou juste après. En y réfléchissant, de 1919 (traité de paix) à 1939 (déclaration de guerre) il y a 20 ans, juste le temps d'élever de nouveaux guerriers (et ceci vaut pour toutes les nations belligérantes).
HASSELMANN Karl (dit aussi "Berend") : Capitaine et commandant de compagnie d'un régiment d'infanterie.
Né le 11.12.1891 à Brockdorf-Holstein
Décédé le 26.05.1940 lors de la bataille pour les ponts de Valenciennes.
Il est inhumé au cimetière militaire de Bourdon (Somme), bloc 23, rangée 8, tombe 127.
Lors de la grande guerre il était lieutenant et commandait la 3e compagnie du 1er régiment d'Infanterie de la Garde (1. Garde Regiment zu Fuß). Il est fait prisonnier le 14/07/1916 à Oviller (Somme, maintenant Ovillers-la-Boisselle) où il est d'abord porté disparu ; blessé au visage, capturé par les britanniques, initialement interné à "Donington Hall", Manoir à Derby, dans le Derbyshire,
Donington Hall durant la guerre
il sera finalement interné en Suisse à Lenzerheide (canton des Grisons) à compter du 26/11/1917.
Une adresse figure sur les fiches de recherche du CICR :
Frau Pastor HASSELMANN : Halle a/Saale, Kronprinzenstrasse 32. Brockdof. (probablement sa mère, épouse du pasteur)
Il avait reçu les Croix de Fer de 1e et 2e classe ainsi que l'insigne pour les blessés.
Titulaire d'un doctorat, il enseignait au Johanneum de Lübeck.
La chaîne Info (LCI) titre ce 8/11/2018 :"A l'approche de l'Armistice du 11 novembre 1918, il n'était pas facile de trouver des drapeaux tricolores. Des articles de journaux de l'époque rapporte qu'au célèbre Bazar de l'Hôtel de Ville (l'actuel BHV), on était en en rupture de stock."
Et bien pour une fois, depuis le début de l'invasion (25/8/1914 en ce qui concerne Valenciennes), il y aurait eu un avantage à être des territoires occupés; c'est du moins ce que dévoile dans son numéro du 14 au 20 novembre 1918 le journal :
Voici l'article en question :
Il est vrai qu'au vu des photos prises à Valenciennes dès après la libération de la ville le 2/11/1918, il est légitime de se poser la question .....
"Civilians in Valenciennes cheer a Canadian ammunition column passing through the town". November, 1918 "Civils acclamant une colonne canadienne de munitions traversant la ville"
La scène se passe au débouché de la rue de Paris sur la place d'Armes, coin aussi célèbre que la Mercerie " Au coin de Rue" qui a subsisté jusqu'aux années 70. Les drapeaux sont nombreux : France, Commonwealth, États-Unis, Italie (Armes du roi), etc.
Les panneaux indicateurs sont toujours en allemand, et un Wechselstube -Bureau de change- côtoie la Taverne Lorraine ; à l'étage de celle-ci on distingue un opérateur de prise de vues avec caméra sur trépied, et l'on aperçoit un officier en képi, probablement de la mission française auprès de l'armée britannique ; préparent-ils la visite du Président de la République (Raymond Poincaré) le 10 ? Les vestiges trop visibles de l'occupant auront alors disparu.
La migration du blog vers le https a fait perdre les liens initiaux vers les photos ; je les remets au fur et à mesure,
elles figurent toutesdans cet album.
Tombe n° 306 :
LEGRAND Léon
Soldat 21e R.I.T.
Mort pour la France le 26-08-1914
LEGRAND Léon Hypolitené le 12 novembre 1876 à Ménerval (Seine-Inférieure) de Louis Toussaint et Marie Virginie Céleste MALIVOIRE. Matricule 128 classe 1896 à Rouen Nord, il effectue un service de 3 ans d'abord au 39e RI puis au 154e RI suivi de périodes d'exercice au 39e RI en 1904 puis 1907 (dispensé de la 3e période comme sapeur-pompier).
Mobilisé le 4 août 1914 au 21e RIT, il est tué le 26 août à 4h du matin à Orchies ou il est inhumé avant son transfert en 1923 à la création du carré militaire de Valenciennes. Copie de l'acte de décès sera transmis par Orchies le 10 septembre 1914 : la ville, non occupée, pouvant encore correspondre avec la zone libre ; il sera transcrit le 30 septembre à Dampierre-en-Bray.
Le 21e régiment d'infanterie territoriale faisait partie du très mince rideau de forces alliées opposées aux armées allemandes arrivant par la Belgique malgré sa neutralité.
"La tâche confiée aux Territoriaux était visiblement au-dessus de leurs forces, car le front à garder était immense, et l’extrême nécessité explique seule que le Commandement ait eu recours à un pareil expédient."
L'acte de décès dressé à Orchies n'est plus disponible, la ville ayant étédélibérément incendiéepar représailles le 27 septembre 1914 sur ordre du Major Von Mehring. Quelques actes ont pu être reconstitués à partir de ceux adressés le 10, mais pas celui de Legrand Léon.
Son nom figure au monument aux morts de Dampierre-en-Bray :
☞Une demande a été déposée auprès du site Mémoire des Hommes pour l'énoncé des prénoms (Léon Hypolite)
Tombe n° 240 :
LEGUAY Charles
Soldat 25e R.I.
Mort pour la France le 18/07/1917
LEGUAY Charles Françoisné le 15/06/1881 à St-Vaast (Manche) de Louis Charles et NOEL Marie Edouarine. Matricule 1248 Classe 1901 au recrutement de Cherbourg, il est incorporé au 25e RI en 1904 pour un service d'un an (après 2 ajournements ; il effectue ensuite deux périodes au même régiment en 1908 et 1910. Rappelé à la mobilisation générale il rejoint le 25e RI 11e compagnie le 12/08/1914.
En septembre 1916 il est cité à l'ordre du régiment :
"Sous la conduite de son chef de section, s'est résolument lancé sur une tranchée ennemie fortement occupée malgré un feu violent de mitrailleuses et les pertes subies a réussi à prendre position à courte distance d'un réduit de mitrailleuses et a ainsi contribué à la reddition d'un fortin fortement organisé."
Il est porté disparu le 13/10/1916 au Bois de Chaulnes (Somme).
Son état des services indique un internement à Vahn, puis décédé le 18/7/1916, sans précision de lieu, mais il est mort au Lazaret Bavarois de Valenciennes.
C'est ce que confirment les registres du CICR dont celui-ci :
La famille avait contacté la Croix-Rouge en l'absence de nouvelles :
Il a été inhumé en tombe commune (Sammelgrab) mais avec cercueil (ici n°263) avant la création du carré militaire en 1923.
Son nom figure au monument aux morts de St-Vaast-la-Hougue :
Tombe n° 270 :
LELANDAIS Eugène
Soldat au 26e R.I.
Mort pour la France le 24-8-1914
LELANDAIS Eugène Constantné le 16/02/1877 à Gorron (Mayenne) fils de jean-Baptiste et de FOUGERES Justine. Matricule 1195 classe 1897 recrutement de Mayenne. Il effectue un service de 3 ans au 104e RI de 1898 à 1901, suivi de 2 périodes au 130e RI en 1904 et 1907 et une autre au 26e RIT en 1912. Rappelé à l'activité et arrivé au 26e RIT le 4/8/1914, il est tué à Crespin le 20 jours plus tard à 10h du matin selon l'acte de décès, alors que le régiment tente -avec d'autres forces en nombre très insuffisant- de contenir la première armée allemande qui vient d'envahir la Belgique malgré sa neutralité. Voir le cas dePREVERTsur ce blog.
Il y a deux fiches à son nom au CICR, dont une faisant état de recherches ; c'est en juin 1916 que paraîtra dans la Gazette des Ardennes N°206une liste des soldats inhumés "derrière le front allemand".
Il est inhumé à Crespin, puis transféré au carré militaire St Roch à sa création en 1923.
L'acte de décès établi en mairie de Crespin, situé en zone occupée jusque novembre 1918, n'étant pas accessible, la famille obtiendra un jugement qui sera transcrit à Paris 18e le 20 octobre 1917 (et non le 21/09 comme indiqué sur sa fiche MdH).
Son nom figure au monument aux morts de Gorron et au mémorial virtuel de la ville de Paris.
Tombe n° 256 :
LESOIN Gaston
Soldat 401e R.I.
Mort pour la France le 30-3-1919
LESOIN Gaston Louisné le 8/11/1895 à Marchiennes (Nord) de Lucien et PION Camille. Matricule 363 classe 1915 recrutement de Valenciennes-Douai (et non de Cambrai comme indiqué sur la fiche MdH).
Il a été incorporé au 148e RI le 16/11/1914, puis au 62e RI et au 93e RI 11e compagnie selon son état de services. Il y est affecté lorsqu'il est porté disparu à Mesnil-les-Hurlus le 25/09/1915 et signalé comme prisonnier de guerre à "Marchienneg (Allemagne)"
sic ESS.
L'une des fiches d'enquête de la Croix-Rouge le signale interné à Munster II le 1er mai 1916, matricule 642, Corvée M.64, mais deux autres registres le donnent à Giessen puis évacué de Giessen vers Soltau.
Il sera rapatrié le 20/12/1919 et après un passage au 165e RI, affecté au 401e d'infanterie 6e compagnie le 24/01/1919, puis évacué malade le 26/03 il décède à l'hopital général de Valenciennes (maladie contractée en en service) le 30/03/1919 à 5h du matin.
Son nom figure au monument aux morts de Marchiennes.
Tombe n° 285 :
LETISSIER Arsène
Soldat 330e R.I.
Mort pour la France de 12-8-1917
LETISSIER Arsène Victorné le 21/07/1886 à St-Denis-de-Gastines (Mayenne) de Joseph et GOBE Adèle. Matricule 809 classe 1906 au recrutment de Mayenne, il effectue un service de 2 ans (1907-1909) au 115e RI ainsi qu'une période d'exercice en 1912. Rappelé à l'activité au 130e RI le 3 août 1914, puis versé au 330e RI (de réserve) 5e bataillon (Btn Jacquinot), 18e compagnie, il est porté disparu le 6/09/1916 à Vermandovillers (Somme), présumé prisonnier (il a été capturé le 4 septembre selon les registres du CICR) et interné à Wahn qu'il n'a jamais atteint mais où ont été internés ceux capturés en même temps que lui.
Carte du S-O de Vermandovillers issue duJMO du 330e RI page 11
où l'on retrouve les principales tranchées citées.
En réalité, blessé, il est soigné à l'hôpital Bavarois de Valenciennes où il décède le 12 août 1917. Il n'y a pas d'acte de décès enregistré en mairie : depuis le 30 juillet 1917 l'occupant ne transmet plus les décès survenus dans ses hôpitaux. Il sera d'abord inhumé dans le cimetière d'honneur tombe 280 avant son transfert dans le carré militaire du même cimetière St-Roch le 17/11/1923.
Il faudra un jugement rendu par le tribunal de Mayenne en 1921 pour déclarer le décès constant. L'acte sera transcrit en mairie de St-Denis-de-Gastines le 27/10/1921.
Son nom figure au monument aux morts de St-Denis-de-Gastines :
Tombe n° 254 :
LUNEL Auguste
Soldat 27e R.I.T.
Mort pour la France le 6-9-1914
LUNEL Auguste Jean Pierrené le 9 avril 1875 à St-Calez-en-Saosnois (Sarthe) de Pierre et TESSIER Lucie.
Matricule 1251 Classe 1895 au recrutement de Mamers, il effectue un service militaire de 3 ans (1896-99) au 117e RI, puis au 103e RI pour une campagne en Algérie du 16/02 au 10/08/1899 et revient au 117e RI ; il effectue 3 périodes d'exercices : au 115e RI en 1903 et 1905 puis au 27e RIT en 1911.
A la mobilisation générale du 2/8/1914 il est rappelé dans ce dernier régiment, 2d bataillon, 8e compagnie.
Extrait de l'historique du 27e RIT pour la journé du 25 août.
Selon la famille qui s'inquiète auprès du CICR du manque de nouvelles il est "disparu depuis le 25 août à Douai". La croix-rouge ne dispose pas d'information, jusqu'à la parution d'une liste dansLa Gazette des Ardennes n°389 du 29-4-17qui le signale enterré à Valenciennes ; (je ne sais comment interpréter la mention "fin août 1894)".
Toujours est-il que son décès le 6 septembre 1914 à 11h du soir à l'ambulance du Collège de Jeunes Filles, 8, Boulevard Pater à Valenciennes, enregistré en mairie mais indisponible pour la zone libre jusqu'en novembre 1918, ne sera communiqué à la famille que le 29/05/1917.
Il est inhumé dans le cimetière allemand avant d'être transféré en 1923 dans l'actuel carré militaire.
Plaque du monument allemand 1914. (cliquer)
Malgré l'armistice et la libération des territoires occupés, il y aura jugement en 1921 et transcription à Vivoin (Sarthe) le 14/03/1921.
Son nom figure au monument aux morts de Vivoin "LUNEL A."
Tombe n° 236 :
MALHEOT Léonard
Soldat 60e B.C.P.
Mort pour la France le 28-7-1915
MALHEOT Léonardné le 27/04/1878 à Alleyrat (Corrèze) de Léger et FOURNOL Marie. Matricule 1879 classe 1898 au recrutement de Tulle, il effectue un service d'un an (1901-1902) au 80e RI suivi de deux périodes au 80e RI en 1905 et au 300e RI en 1908. Rappelé à la mobilisation générale au 92e RI, il passe au 18e BCP en décembre 1914 puis au 60e Bataillon de Chasseurs à Pied, 9e compagnie, en juin 1915.
En juillet le bataillon participe à la 2de bataille d'Artois dans le secteur du cimetière de Souchez et du Cabaret Rouge :
(JMO de l'artillerie de la 77e division d'infanterie)
Le 12 juillet 1915 le secteur est soumis à unbombardement d'une violence excessive(sic JMO 60eBCP) à la fin de la journée on dénombre 12 morts, 28 blessés et 45 disparus. Parmi ces derniers Malhéot Léonard qui, blessé, a été capturé et soigné à l'hôpital Bavarois de Valenciennes (ambulance du Lycée Wallon, place de la République, Hôpital 61 de la 6e Armée) où il décède le 28 juillet 1915.
Sans nouvelles, la famille s'adresse à la croix-rouge. Il y a 5 fiches à son nom dont une de recherche mais la référence (R 16288) n'est pas accessible. Il semble qu'une première communication ait été faite le 16/10/1915, et une seconde 14/06/1917.
Plusieurs pages de registre donnent un peu plus d'information :
et celle-ci qui précise "fosse commune avec cercueil" (N° 37) :
Il existe cependant un acte de décès enregistré à la mairie de Valenciennes, au nom de MALHIOT, qui est également le nom qui figure sur son état des services (mais il est né Malhéot). L'acte est resté inconnu de la famille malgré la libération des territoires occupés, elle obtiendra en 1921 un jugement du tribunal d'Ussel qui sera transcrit à Meymac le 30/03/1921.
Son nom figure aux monuments aux morts d'Alleyrat et de Meymac.
Tombe n° 275 :
MANOT ou NANOT Léonard
Soldat 327e R.I.
Mort pour la France le 20-8-1917
NANOT Léonardné le 21/09/1896 à La Porcherie (Haute-Vienne) de Jean et MEDARD Marie. Matricule 503 classe 1916 au recrutement de Brive(-la-gaillarde, Corrèze, mais figurant dans un registre de la Haute-Vienne), incorporé le 10/04/1915 au 9e RI, passé au 7e RI le 3/12/1915 puis au 327e RI 5e bataillon 17e compagnie le 21/8/1916. Il est porté disparu le 4 septembre au bois blockhaus au nord-est de Lihons :
Selon l'historique : "Le régiment prend part, les 4, 5, 6 et 7 Septembre, à l'attaque d'une série de tranchées en direction du Bois des Chaulnes, il se heurte à des blockhaus garnis de mitrailleuses et à des troupes excellentes manœuvrières, il leur fait de nombreux prisonniers et leur occasionne des pertes sérieuses. Pendant ces quatre journées, les pertes du Régiment s'élevèrent à 32 Officiers et 1013 hommes"(in Historique du 327e RI). Le JMO rapporte pour la seule journée du 4 : 44 tués, 142 blessés et 247 disparus :
Il est en réalité prisonnier, comme d'autres du 327 à Lihons ou Pressoir et figure sur les listes de mars et octobre (?) 1917 du camp de Limburg a.d. Lahn. A-t-il réellement atteint le camp ? Toujours est-il qu'il est soigné au lazarett bavarois, division 62, feldpost 45 de Valenciennes : il y décède le 12 août 1917 des suites de maladie (verstorben infolge Krankheit) et est inhumé au cimetière allemand, tombe 282 avant d'être déplacé en 1923 dans le carré militaire actuel.
Il n'y a pas d'acte enregistré en mairie, l'occupant ne transmettant plus les décès survenus dans ses hôpitaux depuis mi-juillet 1917. La famille a obtenu en janvier 1922 un jugementde décès, transcrit à La Porcherie le 01/03/1922.
Son nom figure au monument aux morts de La Porcherie :
☞ Une demande a été déposée auprès du Pôle des Sépultures pour rectification du nom et de la date de décès.
Tombe n° 267 :
MARTIN Auguste
Soldat 27e R.I.
Mort pour la France le 28-8-1914
MARTIN Auguste Jeanné le 27/08/1877 à Paris-13e de Jean Benoit et GUILLEMOT Marie Julie. Matricule 2573 classe 1897 (mais inscrit sur le registre de 1898 - et non matricule 1898 comme sur la fiche MdH) au recrutement de la Seine-3e bureau, il effectue un service de 2 ans au 93e RI, puis . périodes au 115e RI en 1904 et 1907 et 1913.
Rappelé à la mobilisation il rejoint le 27e RIT le 4/08/1914, blessé dans les premiers combats le long de la frontière belge il décède à l'hôpital auxiliaire de Valenciennes, ambulance du Collège de Jeunes Filles 8 boulevard Pater le 28/8/1914 à 2h du matin (et non "au cimetière" comme indiqué sur la fiche MdH) ; il est inhumé au cimetière des soldats créé par l'occupant, tombe commune cercueil n°4. Il sera déplacé en 1923 dans l'actuel carré militaire.
Monument allemand de 1914 (cliquer)
Sans nouvelles, la famille s'adresse à la Croix-Rouge, une fiche de recherche parmi celles à son nom renvoie versLa Gazette des Ardennes n°389 du 29-4-17qui le signale enterré à Valenciennes. Les références barrées concernent d'autres Martin.
Seule la référence de décès +7097 le concerne :
Son nom figure dans le livre d'or de la ville de Bagnolet où il résidait. Le monument aux morts communal ne porte aucun nom. ☞Une demande de rectification a été déposée auprès du site MdH : matricule et lieu de décès (fiche non réindexable)
Tombe n° 223 :
MESLIN Constant
Soldat 26e R.I.T.
Mort pour la France le 24-8-1914
MESLIN Constant Josephné le 24/06/1876 à Hercé (Mayenne) de Louis Emmanuel et BENARD Hortense. Matricule 1204 classe 1896 au recrutement de Mayenne, il effectue un service militaire de 3 ans (1897-1900) au 103e RI, puis deux périodes au 130e RI en 1903 et 1906 suivi d'une troisième au 26e RIT en 1912. C'est dans ce régiment qu'il est rappelé à l'activité à la mobilisation générale : il y arrive le 4 août 1914, et est tué à Crespin (Nord) le 24/08/1914 à 10h du matin selon l'acte de décès, alors que le régiment tente -avec d'autres forces en nombre très insuffisant- de contenir la première armée allemande qui vient d'envahir la Belgique malgré sa neutralité. Voir le cas dePREVERTsur ce blog.
Il est d'abord inhumé au cimetière de Crespin, puis transféré au carré militaire de Valenciennes lors de sa création en 1923.
Il y a deux fiches à son nom au CICR, dont une faisant état de recherches ; c'est en juin 1916 que paraîtra dans la Gazette des Ardennes N°206une liste des soldats inhumés "derrière le front allemand" (R 7401). Il semble que la famille n'ait été prévenu par ce biais qu'en avril 1917
Malgré l'acte de décès dressé à Crespin et disponible dès l'armistice, la famillee obtiendra en 1919 un jugement du tribunal de Mortagne(-au-Perche) transcrit à Pervenchères (Orne) le 5/07/1919.
Son nom figure au monument aux morts de Pervenchères :
Dans le sujet sur les premiers mois de l'occupation est apparu le rôle de Léon DREYFUS, aidant les hommes mobilisables à s'échapper vers la zone libre tant que le front n'était pas continu de la mer à la Suisse. Le 20 octobre 1914 c'est malheureusement chose faite et le front est infranchissable. Une seule éventualité possible : fuir vers la Hollande, neutre et que les Allemands n'ont pas occupée, contrairement à la Belgique qu'il faut traverser. La frontière Belgo-Néerlandaise deviendra au fil du temps de plus en plus difficile à franchir, et l'occupant de plus en plus efficace dans la recherche et l'arrestation des passeurs et des espions.
Léon DREYFUS est né le 14 août 1859 à Valenciennes ; industriel, il est ancien maire de Lourches.
.... Les Allemands s'installaient plus que jamais dans la région, et leur force ne paraissait absolument pas diminuer. En face de cette organisation notre pensée à tous était de lutter en secret, non plus par des actes isolés, mais avec méthode.
Les jours suivants, Léon Dreyfus, qui s'était mis à la disposition du Maire et de M.Dugardin, délégué Sous-Préfet, pour s'occuper de questions administratives, obtint un sauf-conduit pour Bruxelles et en profita pour demander à ses amis belges quelques renseignements sur les possibilités de passage des hommes à travers la frontière.
Il put se mettre en rapport avec des guides professionnels qui demandaient 30 francs par tête pour assurer la fuite par Quiévrain, Boussu, Lierre, Anvers, Liège, Maestrich. Dès lors l'organisation de passage était créée.
Trois jeunes gens partirent avec un guide et notre ami reçut au Cécil-Hôtel une lettre de Hollande portant seulement les mots suivants : "Wagon pommes de terre est expédié". C'était l'annonce impatiemment attendue de l'arrivée à bon port des jeunes soldats.
Peu à peu l'organisation se perfectionnant, les passages se multiplièrent. La confiance était née. M. Bataille, bourgmestre de Quiévrain, servait d'intermédiaire. Un excellent passeur, en rapport avec Dreyfus réussit à apporter de Flessingue, des lettres pour Cambrai, Valenciennes et ses environs. Peu à peu la nouvelle du passage des hommes à la frontière se répandait dans la ville. De plus en plus les demandes affluaient.
Bien souvent Léon Dreyfus donnait rendez-vous à la Mairie aux jeunes gens désireux de s'enfuir. Les appariteurs prirent même l'habitude, quand les hommes venaient demander des conseils, de leur dire : "Allez voir M. Delame ou M. Dreyfus". Ces renseignements étant donnés parfois sur le palier sur lequel s'ouvraient les bureaux de la commandature. Les jeunes gens ainsi envoyés étaient reçus par Dreyfus sans aucune précaution. Inquiet de ces imprudences, je tentai de lui conseiller un peu plus de prudence. En particulier je l'avertis le 20 juillet 1915 de la nécessité de s'assurer de l'identité des jeunes gens avant de leur donner des renseignements et de les inscrire. Mais à cette époque, le bruit ayant couru en ville qu'il y aurait des sanctions contre ceux qui ne se seraient pas présentés au recrutement de France (suppression des droits électoraux, envoi aux colonies, etc...) les jeunes gens se présentèrent plus nombreux encore qu’habituellement et les précautions furent de nouveau moins strictement prises.
Le 31 juillet 1915, de nouvelles mesures de coercition furent établies par les Allemands.
Un local au patronage Saint-Jean fut réquisitionné par eux afin d'aménager des prisons destinées aux notables de la ville. Je devais plus tard, faire connaissance avec certaines des cellules qu'ils y avaient aménagées. Des agents de la police secrète multipliaient les recherches et essayaient par tous les moyens de surprendre les guides et les jeunes gens passant les lignes. Il y eut même des primes pour chaque arrestation ou chaque dénonciation. 40 francs pour une lettre, 100 francs pour un jeune homme, 500 francs pour un notable.
Un malaise général régnait en ville et la population s'inquiétait.
Le même soir, vers quatre heures, un homme se présentait à Léon Dreyfus qui le reçut dans son cabinet. Il se disait guide belge et venait réclamer le salaire de 200 francs, prix du passage de dix hommes à travers les lignes. A l'appui de ces dires il montrait un fragment de billet qui avait été confié effectivement quelques jours auparavant à l'un des jeunes gens et que celui-ci devait remettre à son guide une fois en sûreté. Cette preuve, jointe à quelques lettres de France pour les habitants de Valenciennes inspira confiance à M. Dreyfus. A ce même moment on lui apportait un mot d'un M. Lenne, qui demandait à faire passer son fils et un de ses amis en France. Pensant dédommager le pseudo-guide, de sa perte de 200 francs tout en rendant un service à son compatriote, Léon mit les deux hommes en rapport et le lendemain matin à Sebourg, les jeunes gens ainsi guidés tombaient dans une souricière. En même temps, Léon Dreyfus arrêté à son domicile était emmené à la caserne Vincent où il devait être interrogé.
Tout ce drame provenait de la trahison du guide Vaillant, arrêté par les Allemands. Il avait livré les preuves destinées à inspirer confiance à notre infortuné compatriote, déjà suspect à la Commandanture, mais qu'on n'avait pas osé inquiéter faute de faits précis à lui reprocher. Je me trouvais sur la Grand'Place, quand je rencontrai Dreyfus en simple veston d'alpaga, qu'on emmenait sans l'avoir laissé prendre une valise, ni ses papiers.
Dès son arrivée à la caserne Vincent, le premier interrogatoire eut lieu. Le commissaire Rutlingen lui annonça qu'il était accusé d'être à la tête d'une organisation de recrutement et le somma de lui livrer le nom de ses complices. Sur les dénégations de Dreyfus, affirmant qu'il ne comprenait rien à ces accusations, le commissaire changea de méthode et dès lors l’interrogatoire se poursuivit, employant vainement tous les procédés de chantage moral pendant plusieurs heures.
"Tous les noms sont connus dit Rutlingen, on va lire la liste et il suffira que vous incliniez la tête en entendant citer ceux que vous connaissez. " Après l'échec de cette manœuvre, une confrontation eut lieu avec Vaillant à qui le commissaire dit : " Vous pouvez parler devant M. Dreyfus, sans crainte de vengeance future, car c'est un homme mort et pratiquement vous pouvez le considérer comme fusillé. "
Voyant qu'il n'obtenait aucune réponse, Rutlingen se fâcha et insulta sa victime : " Vous paierez pour tous, lui dit-il, vous êtes un menteur et un juif, je vous ferai fusiller soyez-en certain. D'ailleurs j'exige que vous soyez respectueux, tenez-vous droit et enlevez vos mains de vos poches, comme il convient en présence d'un supérieur. " Léon protestant contre ce ton, Rutlingen termina enfin la séance en lui intimant l'ordre de se taire, et l'envoya dans sa cellule.
Un deuxième interrogatoire eut lieu avant le départ de Valenciennes en présence du faux guide qui l'avait dénoncé. Dreyfus fut de nouveau cuisiné ; on lui affirma que les jeunes gens qu'il avait cru sauvés avaient été livrés par leurs guides et le considéraient comme responsable de leur arrestation.
Déprimé physiquement et moralement par ces épreuves, le prisonnier fut transféré en secret à la prison de Saint-Gilles à Bruxelles où il resta pendant les trois mois que dura le procès du 4 août au 22 octobre 1915.
Chargé par Arthur Vaillant qui espérait ainsi échapper à son sort, Léon Dreyfus fut condamné par le tribunal de campagne à trois ans de travaux forcés ; l'absence de preuves certaines, l'adroite défense de l'avocat belge Sadi Kirschen avaient évité à notre compatriote la peine de mort que Miss Cavell devait subir quelques jours après.
A cet arrêt, était jointe une amende de 1.000 Marks ou de soixante-six jours supplémentaires de réclusion pour transmission illicite de correspondance. D'abord envoyé à la prison cellulaire de Reinbach (Prusse rhénane), notre ami fut transféré après un an, le 20 juin 1916 à la prison royale de Siegburg, à la suite d'une série de démarches tentées par sa famille qu'inquiétait son état de santé.
Le 17 juillet 1916, Mme Léon Dreyfus qui avait fait faire une démarche par Mgr Ruch aumônier militaire, auprès du Saint Père, recevait du cardinal Gaspari les lettres suivantes :
Segretaria di Stato di Sua Santita, N° 18.551. dal Vaticano, le 17 juillet 1916. " Madame, " Dans sa tendresse pour ses enfants et dans sa souveraine sollicitude à adoucir, autant qu'il est en son pouvoir, les douloureuses conséquences de la guerre, le Saint-Père a daigné s'intéresser particulièrement au sort de votre mari, M. Léon Dreyfus, ancien Maire de Lourches, condamné à trois ans de réclusion et détenu à la prison cellulaire de Rheinbach. " Des démarches et des instances ont été faites, par voie diplomatique auprès des autorités compétentes en vue d'obtenir la mise en liberté de M. Dreyfus ou au moins la commutation de la peine de réclusion en celle de prison ordinaire. " Je m'empresse de vous prévenir que le Saint-Siège a été officiellement informé en date du 1er juillet 1916, que, la première faveur n'ayant pu être accordée, les autorités ont bien voulu, à la demande du Saint-Siège, commuer la peine de réclusion en celle de prison. " Tout en regrettant que la demande d'élargissement pour votre mari n'ait pu être octroyée, j'ai le plaisir de vous faire part au moins de la concession de la seconde faveur, et je profite de l'occasion pour vous exprimer, Madame, mes sentiments distingués. " Signé : P. Cardo GASPARI . "
En juin 1917, après deux ans de réclusion, très fatigué et souffrant Léon Dreyfus put enfin être libéré sous caution de 100.000 Marks fournis par ses amis de Bruxelles le Baron Lambert et M. Gaston Périer. Il était placé sous la surveillance de la police allemande avec résidence officielle à Bruxelles.
Après un court repos, Léon Dreyfus voulut de nouveau se rendre utile et il se mit à la disposition du comité national de secours et d'alimentation espagnol qui lui confia le bureau des réfugiés. Ce rôle de charité entraînait parfois notre compatriote à quelques imprudences, mais la protection de l'ambassadeur d'Espagne, son Excellence le marquis de Villalobar, son répondant officiel, le couvrait. La police allemande, qui le surveillait de très près s’employa pour le faire arrêter à nouveau un subterfuge. .
En mai 1918, Léon Dreyfus se trouvant dans un théâtre, fut accusé par un soldat d'avoir tenu des propos anti-allemands. Malgré ses dénégations et les témoignages de ses amis, il fut condamné pour ce fait à une peine légère mais qui entraînait le renvoi en prison pour y subir la fin de sa condamnation antérieure.
Ce n'est que le 8 novembre 1918 que les portes de la geôle allemande lui furent définitivement ouvertes par les soldats révolutionnaires et qu'il put enfin revoir son pays victorieux et sa famille.
En récompense de ses services et de sa captivité, le Gouvernement français le nomma dès l'armistice, Chevalier de Légion d’Honneur avec la citation suivante :
" Légion d'Honneur, au grade de chevalier, Dreyfus (Léon) industriel à Lourches (Nord), trente-trois ans de pratique industrielle. Pendant toute la durée de l'occupation, a montré l'attitude la plus digne et la plus énergique à l'égard de l'ennemi. A été condamné et déporté en Allemagne dans des conditions particulièrement pénibles. "
Le 18 septembre 1927, [à Chatou, Yvelines] notre compatriote après quelques années de calme, s'éteignait entouré des siens, après une pénible maladie, suite des épreuves courageusement supportées.
René Delame : "Valenciennes Occupation allemande 1914-1918. Faits de guerre et souvenirs" Hollande & Fils ed. 1933
extrait du dossier pour la Légion d'honneur
Comme souvent, notamment quand il y avait de la famille en zone libre, des recherches ont été entreprises via la Croix-Rouge pour obtenir des nouvelles. On trouve donc dans les archives du CICR 5 cartes (du 8/9/1915 au 16/11/1918) à son nom :
Celles-ci renvoient vers 3 registres qui permettent de le situer :
le 11/10/1916 à la prison de Siegburg
le 31/05/1917 au camp de Limbourg an der Lahn
le 19/06/1916 au même camp de Limbourg a/Lahn
Selon les fiches du CICR il était toujours à Siegburg le 16/11/1918
On trouve dans la presse des échos de sa détention :
"Le Journal de Débats Politiques et Littéraires" du 13/05/1917
"Le Matin" du 12/05/1917
La rectification apportée par "Le Matin", reprise par "L'Univers Israélite" du 15/06/1917
Le "Bulletin des réfugiés du département du Nord" du 23/11/1918
Le bulletin, devenu journal, publiera le 1er janvier 1919 des nouvelles du 327e RI, régiment de Valenciennes, et de la famille Dreyfus-See. On sent que la guerre est finie .... :
Enfin déclarée officiellement "Morte pour la France" !
Source : Archives départementales du Nord
Il y a trop de livres et sites accessibles par une simple recherche pour que je retrace une fois de plus la vie - et la mort- de Louise de BETTIGNIES.
Cependant il manquait quelque chose à son panégyrique : elle ne figurait pas dans la base "Mémoire des Hommes" et n'avait pas été déclarée "Morte pour la France", ce qui m'avait fortement étonné.
Il fallait retrouver son acte de décès à Cologne - maintenant en ligne à cette adresse - en faire une traduction que les services de l'ONAC accepteraient de valider pour que la nomination soit effective et reportée dans la base "Mémoire des Hommes " du Ministère de la Défense :
C'est chose faite aujourd'hui, petite fierté pour un ex-Amandinois:
Je recevrai ensuite copie de l'acte de décès en français déposé à l'ambassade de France à Berlin
source : AD59 (merci ND)
Stèle à la prison de St Gilles à Bruxelles
Quelques photos prises par l'auteur :
Le monument à Lille :
Au monument aux morts de St Amand les Eaux :
Hommage en la basilique de Notre-Dame de Lorette (Ablain St-Nazaire, Pas de Calais):
La tombe au cimetière de Bichendorf, composition de B. Naudin
Le caveau familial au cimetière de St Amand les Eaux :
A noter au dos du monument la plaque dédiée au neveu de Louise :
Affiche de la condamnation :
A St-Amand, au 112 de la rue Louise de Bettignies, se trouve la maison où est née Louise. Menaçant ruine, rachetée en 2004 par la municipalité, cette maison doit devenir un lieu de mémoire comme l'indique l'affiche apposée depuis des années sans qu'il ne se passe rien. (voir) Une plaque est apposée au dessus de la porte. (Merci à majolec pour les photos)
Delame ( "Valenciennes Occupation allemande 1914-1918. Faits de guerre et souvenirs" Hollande & Fils ed. 1933) raconte la saisie des dernières statues de la ville en 1918 :
ENLÈVEMENT DES STATUES -MONUMENT DE LA VICTOIRE
Jusqu'ici, les Allemands avaient respecté le monument de la Victoire, œuvre du sculpteur Crauck qui faisait le plus bel ornement de la petite place Verte. Dans l'après-midi du 25 février 1918, le Lieutenant Kollmann me pria de prévenir officiellement M. Billiet qu'il avait reçu des ordres supérieurs pour l'enlever et le fondre, ainsi que le « Brennus» du jardin de la Rhônelle et le « Joueur de Billes» du sculpteur Raset. Il ajouta qu'afin d'éviter tout ennui avec la population, il se chargerait de l'enlèvement. Je lui répondis que pour mettre la Ville à couvert, il fallait un ordre écrit, et que, de toute façon, M. Billiet adresserait à la Commandanture une requête, afin de conserver ses sculptures artistiques.
En me quittant, il ajouta qu'il en serait de même du monument «Duchesnois », à Saint-Saulve, et du monument « Fontaine », à Anzin, et qu'il ne pouvait rien contre les ordres supérieurs.
Après en avoir conféré avec le conservateur allemand, il fut décidé que le. « Joueur de Billes» et le « Brennus» seraient pris, et que la « Victoire » serait laissée à la Ville, seuls le socle et la colonne devant être fondus.
En effet, le samedi 6 avril 1918, les Allemands apportaient, sur la petite place Verte, des madriers pour construire un grand échafaudage devant servir à l'enlèvement de la statue.
J'obtins qu'elle fût déposée dans mon jardin du boulevard Watteau, espérant la sauver. En effet, les Allemands l'apportèrent le 18, mais le soldat allemand, pour avoir plus de bronze, scia, sous la plante des pieds, le socle en forme de boule sur lequel elle reposait.
Je me rendis immédiatement à la Commandanture pour reprendre le socle : il était naturellement trop tard. A cinq heures, le Commandant Von Witzendorff, accompagné du Capitaine Krauss vinrent la voir, afin de donner suite à ma réclamation ; il voulut faire un mot d'esprit et me répondit: « Vous n'avez qu'à l'asseoir ».
Cet enlèvement leur coûta cher : trois soldats furent tués en la descendant. De plus, la colonne qu'ils croyaient pleine n'était formée que d'un bloc de ciment recouvert d'une mince couche de bronze.
La Municipalité replaça la « Victoire » sur son socle le 14 juillet 1932, au milieu d'une nombreuse assistance.
Le monument de la Défense Nationale :
Le monument avant-guerre
Les ruines du monument.
Monument actuel
Le monument à La Duchesnoy, tragédienne, née Catherine Raffin (St-Saulve 11777, Paris 1835) :
Le monument à La Duchesnoy avant 1914
Un enlèvement qui n'a pas plu !
Le monument après la guerre 14-18
La seconde guerre mondiale est passée par là, une fois de plus le bronze a été récupéré par l'occupant ; ne reste que le socle, à l'avenir incertain, quasi-oublié, le long d'une ancienne voie ferrée, au bas marais de St Saulve.
Le monument à Pierre-Joseph Fontaine :
A Anzin, le monument à l'inventeur d'un parachute destiné à freiner la chute des cages de mines.
Le monument de Brennus : chef gaulois du IVe siècle avant Jesus-Christ, à qui l'on attribue "Vae victis!"
A l'entrée du Boulevard Carpeaux, par Henri Gauquié, et une copie vendue sur le net il y a quelques années
Le joueur de billes d'Elie Raset (Valenciennes 1874-1956) :
Disparurent également en 1917 la plupart des cloches (écoles, usines, églises), après moult tractations pour conserver les plus historiques dont la bancloque (cloche du ban) dite "Jehanne de Flandre" ; enlevés aussi en avril 1918 les 1200 réverbères en fonte de la commune, plongée dans le noir. Les grilles et balustrades des balcons échapperont à la saisie pour cause de libération ........
Comme expliqué plus haut, les oeuvres du Musée des Beaux-Arts, ainsi que celles qui avaient été razziées à Lille, Douai, etc, seront emmenées pour être ensuite restituées au fur et à mesure de leurs découvertes.
Seule la tapisserie du Tournoi, enlevée en octobre 1914 comme appartenant au roi de Saxe sera restituée par celui-ci un mois plus tard, (mais c'est une autre histoire).
La London Gazette publie dans 3 suppléments de 1919 (1er Août,29 Août, 15 Septembre) les noms de 2725 volontaires (essentiellement Belges, Français, parfois avec confusion des nationalités, et quelques Britanniques) attachés à l'Armée Britannique en France, section I, section II et C.O.A. (qui connait la signification de ces catégories ?) avec mention "Died" réservée à ceux qui ont été exécutés.
J'ai repris les noms et localités rectifiés des erreurs d'OCR mais sans corriger l'orthographe d'origine. Certains figurent dans la liste des 52 fusillés de Gand de la page Alfred PAGNIEN.
On y trouve :
1982 Hommes et 743 Femmes,
2498 Belges, 224 Français et 3 sujets Britanniques,
L'historique édité en 1922 du 121e Régiment d'Infanterie de Réserve allemand (Königlich Württembergisches Reserve-Infanterie-Regiment) fait état d'un court répit alors que les batailles d'Arras, puis de St Quentin font rage sur la ligne Siegfried (Siegfried Stellung).
De février à mars 1917, l'armée allemande a effectué un repli stratégique, nommé "Opération Alberich", lui permettant, en s'appuyant désormais sur des positions fortifiées à l'avance, de réduire la longueur du front.
Le parcours du régiment (en bleu). En noir l'ancienne ligne de front, En rougela Ligne Siegfried.
J'encadre le récit par des extraits situant le régiment avant et après cette période de repos :
Le 2 avril 1917, à 5 heures du matin, de violents tirs de barrage ont commencé sur Ecoust et Noreuil se sont déclenchés (...) une brigade anglaise attaqua les avant-postes. Ensuite les Anglais ont réussi à percer la position avancée et à prendre les autres postes à revers. (...) C'en était fini de la belle période de calme à Bullecourt. Les Anglais ne dépassèrent pas Ecoust, mais la ligne Siegfried était maintenant en première ligne. (...) Le village de Bullecourt, encore bien conservé il y a quelques jours, tomba en ruines et même à Hendecourt, il était conseillé de se trouver une cave sure à s'aménager en lieu d'hébergement.
Le Chateau d'Hendecourt-lez-Cagnicourt, fin avril 1917
(...) Les Anglais ont tiré à très grande distance avec des obus de gros calibre à trajectoire tendue. C'était une grande performance pour eux d'amener ce matériel lourd à travers le terrain entièrement détruit. Mais comme ils n'avaient pas besoin d'économiser en matériel ou en main-d'œuvre comme nous, ils pouvaient se le permettre. (...) Toute l'activité de combat de l'adversaire indiquait la préparation d'une grande attaque. Comme le régiment n'avait jamais été au repos depuis mars 1916, et que la division [51. Reserve-Infanterie-Brigade / 26. Reserve-Division / XIV. Reserve-Korps / 7. Armee] n'avait jamais été au repos pour se reposer et s'entraîner, il n'était pas conseillé de la laisser s'engager à nouveau sur un front de grand combat. C'est pourquoi la relève de la division par la 27e division d'infanterie wurtembergeoise a commencé le 6 avril
Le 6 avril 1917, à 11 heures du soir, le IIe bataillon a embarqué à Marquion. Les 7&8 avril le Ier bataillon relevé par le I/120, s'est rassemblé à Cagnicourt et a embarqué le 8 avril également à Marquion. Les 8 & 9, le IIIe bataillon a été relevé par le III/120 et s'est également rassemblé à Cagnicourt.
Pendant que l'état-major du régiment, le Ier et le IIe Bataillon arrivés en gare de Valenciennes marchaient vers les lieux d'hébergement, le IIIe Bataillon était arrêté peu avant le départ et subordonné à la 220e division d'infanterie à Vis-en-Artois, et ensuite affecté au groupe A comme réserve de groupe. Seule la 3e compagnie de mitrailleurs qui était déjà en marche vers ses nouveaux quartiers n'a pu être jointe.
Au repos près de Valenciennes.
Alors que le IIIe bataillon était engagé dans de violents combats(1) près d'Arras, les autres bataillons prirent leurs quartiers de repos. Il s'agissait pour :
L'Etat-major du régiment : Artres.
Le Ier. Bataillon :
Etat-major, 2e et 4e compagnies : Artres ;
1re compagnie : Vendegies ;
3ème compagnie et 1ère compagnie de mitrailleuses (MGK) : Querenaing.
Le IIe bataillon : Maing ;
3e M.G.K. : Maresches.
Le logement était correct, après que l'aménagement des quartiers ait été fait par les habitants. Les gens eux-mêmes avaient vidé des chambres, car quand le régiment est arrivé, il n'a trouvé que des chambres vides. Les premiers jours ont été occupés par la grande lessive, les revues des armes, des masques à gaz et vêtements. En outre, il restait encore suffisamment de temps pour se reposer. Tout le monde en avait un besoin urgent. Une excursion à Valenciennes avec bain, épouillage et sortie au cinéma offrit une agréable distraction.
A cette époque, des cours d'instruction sur la bataille défensive avaient lieu à Valenciennes pour les chefs de troupe et les officiers d'état-major général, cours auxquels participaient également des officiers du régiment. La division était la division d'entraînement pour ces cours et devait faire une démonstration pratique dans une salle du musée de Valenciennes. A cet effet, le 1er bataillon avait fait un exercice préliminaire sur la place de Vendegies. Mais les choses en restèrent là, car le 16 avril, à 4 heures du matin, la division fut placée en ordre de marche et le transfert commença à 11 heures du matin. Ainsi, cette période de repos, comme les précédentes, fut interrompue avant même d'avoir commencé. Outre le repos si nécessaire, la formation des chefs et des équipes était encore plus importante en raison du changement continu de ces derniers. Le manque de troupes et la supériorité numérique de l'ennemi étaient constamment ressentis sur le front occidental et ne nous en laissaient pas le temps. La division a également été particulièrement malchanceuse lors de sa relève et il semblait qu'elle était plus exploitée que les autres unités. Les officiers et les hommes de troupe se sentaient mal à l'aise, surtout lorsqu'ils apprenaient que d'autres troupes restaient au repos pendant des semaines à l'étape.
En position près de St. Quentin.
Le 16 avril 1917, l'état-major du régiment et le 1er bataillon depuis d'Artres et le 2e bataillon depuis Denain partent vers l'inconnu. Le train régimentaire devait marcher en direction de St-Quentin. Dans la nuit, sous une pluie battante et dans une obscurité totale, les transports arrivèrent à Fresnoy-le-Grand et s'installèrent dans une usine.
(...) Le 17 avril, marche vers les nouveaux quartiers : Quartier Général et 1er Bataillon : Courcelles—Fonsomme ; II Bataillon : Fieulaine ; 5e Compagnie et 2e M.-G.-.K. : Montigny-Carotte (...) La raison du départ soudain de la division était la suivante : à Saint-Quentin, les Français avaient attaqué les avant-postes qui étaient loin devant la position Siegfried et avaient rejeté les troupes allemandes sur la ligne Siegfried. (... ...
A noter que le rédacteur (Hauptmann Freiherr (Capitaine baron) Georg vom Holtz) utilise pour Montigny-en-Arrouaise le nom qui lui avait été un temps attribué : Montigny-Carotte. (en voir ici la raison- ou l'histoire)
(1)↑ dans son récit le IIIe bataillon signale entre autres : "l'ennemi [troupes britaniques] savait exactement où se trouvaient nos bataillons et les engageait tout au long de la journée"
A peine plus de 20 ans (une petite génération) séparent la libération de 1918 et l'exode de 1940 ; les hasards des recherches généalogiques m'ont conduit au 21 mai 1940 : pour cette seule journée la base de données des victimes civiles recense 810 noms, dont 223 sont natifs du Nord.
Parmi ces victimes civiles, 4 d'une même famille d'Haulchin : le père, la mère et les deux filles. Norbert DEBEVE, père de Céline DEBEVE ci-dessous, et ma grand-mère Nathalie DEBEVE étaient cousins issus de germains.
Le père : Joseph BRIDE 46 ans, 8 mois et 14 jours
Décédé le 21-05-1940 (Crépy, 62 - Pas-de-Calais, France)
Né le 07-09-1893 à Thiant (59 - Nord, France)
Céline Félicie BRIDE 18 ans, 11 mois et 0 jour
Décédée le 21-05-1940 à Crépy, 62 - Pas-de-Calais, France)
Née le 21-06-1921 à Haulchin (59 - Nord, France)
Maria Philomène BRIDE 15 ans, 10 mois et 14 jours
Décédée le 21-05-1940 (Crépy, 62 - Pas-de-Calais, France)
Née le 07-07-1924 à Haulchin (59 - Nord, France)
La mère - probablement blessée- est décédée 6 jours plus tard à 15km de Crépy. Céline DEBEVE 41 ans, 5 mois et 23 jours
Décédée le 27-05-1940 (Saint-Pol-sur-Ternoise, 62 - Pas-de-Calais, France)
Née le 04-12-1898 à Haulchin (59 - Nord, France)
Ils sont inhumés dans la même tombe au cimetière d'Haulchin, leurs noms figurent au monument aux morts de la ville.
A noter : la campagne contre l'Allemagne du père durant la Grande Guerre est comptabilisée du 2 août 1914 au 22 août 1919. (rédaction en cours sur le blog familial)
Par 2 fois ce régiment–école séjourne à Valenciennes et dans les environs immédiats, pour des périodes de repos mais surtout de formation, puisque c’est le but du Lehr-Infanterie-Régiment. Je me limite donc dans son historique à ces deux périodes, juin 1916 et décembre 1917.
Combats de position en Champagne
du 12 avril au 7 juin 1916
(……………….)
Le régiment occupe notamment une position près de La Butte du Mesnil(Minaucourt-le-Mesnil-lès-Hurlus). Il laisse en partant des instructions pour les remplaçants, sans savoir si elles seront suivies d’effet :
La butte du Mesnil, actuellement dans le camp militaire de Suippes ( clic pour accéder à geoportail)
"Les « cavaliers espagnols » en fer (eisernen spanischen Reiter) [chevaux de frise] n'avaient pas fait leurs preuves contre les tirs de mines. Ils étaient jetés par la pression de l'air dans la tranchée ou sur sa paroi arrière et rendaient les travaux de déblaiement difficiles, car il était impossible de les couper. Les obstacles en fil de fer rapide, ancrés dans le sol, ont été préférés car ils étaient plus souples face à la pression de l'air. Les tranchées étroites et profondes renforcées par des sacs de sable ont été immédiatement ensevelies. -- La transmission de cette expérience de combat était le dernier service que le 2e Bataillon pouvait rendre à ses successeurs sur la Butte du Mesnil. Peut-être que ces suggestions pourraient être utiles et sauver la vie de bons soldats."
L'ancien Sergent Kreibohm raconte comment il a vécu cette période de la guerre de position en Champagne.
(………………………………..)
"Le 25 avril, nous avons atteint la position.[près de Ripont] Nous avions les yeux exorbités. Une colline, creuse à l'intérieur. De grands tunnels, tout en craie. Le train de campagne s'enfonce dans la montagne. Il y a des cuisines, une centrale électrique, un abri sanitaire, de la lumière électrique. Deux grands tunnels, le « Ditfurthtunnel » et le « Grenadierlager ». Des deux côtés, des hamacs. Tout le bataillon est logé en bas. La première position est en haut de 60 marches."
Entrée du Ditfurth tunnel, Champagne , Mai 1916Entrée du grenadier tunnel, Champagne, Mai 1916
[Sous la Butte du Mesnil, le tunnel Ditfurth, d'une longueur de 500 mètres, a été creusé avec beaucoup d'efforts, avec deux tunnels latéraux supplémentaires de 80 à 150 mètres chacun. Le tunnel peut accueillir 600 hommes. Il était éclairé à l'électricité, avec une réserve de lampes à pétrole en cas de coupure de courant, et était correctement ventilé grâce à de nombreux puits d'aération. Avec une couverture végétale de 4 à 15 mètres, il était extrêmement résistant aux projectiles. De nombreuses sorties menaient à des positions de combat jusqu'à la tranchée de première ligne.]
La Butte du Mesnil, et à sa droite le tracé en pointillé du Ditfurth Tunnel sur carte allemande d'époque.
(…………………….)
Suite du récit de l'auteur du livre :
Le 8 juin, à 12h30, le 2e bataillon était prêt à être embarqué à la gare de Vrizy. Il y avait marché depuis Vouziers. A 3 heures de l'après-midi, le transport est parti pour Valenciennes.
Entre-temps, le IIIe bataillon, la 1ère Compagnie de mitrailleuses, le reste de la 2de encore en position et l'état-major du régiment avaient précédé le IIe bataillon dans son départ pour Valenciennes.
Le 5 juin au soir, le 1er bataillon de l'IR 113 avait déjà relevé l'état-major et les compagnies du 3e bataillon. La relève des deux compagnies d'attente - la 9e dans le tunnel de Ditfurtht par la 1ère du 113 et la 2e compagnie au camp des grenadiers par la 2e du 113 - a également pu être achevée sans pertes.
Mais la période pendant laquelle le 3e Bataillon était en alerte et en réserve de brigade, du 30 mai au 5 juin, ne s'était pas déroulée sans pertes. Le 2 juin, un homme de la 2e Bataillon avait été tué et un autre blessé au camp de grenadiers. Le 5 juin, dans la nuit, le 3e Bataillon était à nouveau réuni dans le camp de la piste d'aviation nord.
Le 7 juin, l'état-major du 3e Bataillon avec les 9e, 10e et 11e compagnies fut embarqué à Savigny-Ouest à 11 heures du matin et partit pour Valenciennes à 12h58. La 12e compagnie a été chargée à la même gare avec une batterie du 5e régiment d'artillerie de campagne de la Garde à 1 heure de l'après-midi pour être également transporté à Valenciennes.
La 1ère Compagnie de mitrailleuses a été relevée le 7 juin vers 3 heures du matin par la Compagnie de mitrailleuses 113 et a embarqué à 9 heures du matin avec l'état-major du régiment Bataillon à St. Morel-Nord. A 11h39 du matin, le transport est parti pour Valenciennes via Martigny— Leuze — La Chapelle — Bussigny — Cambrai.
Les éléments de la 2e Compagnie de Mitrailleuses qui étaient restés après le transport du 1er Bataillon le 1er juin, à savoir les quatre mitrailleuses en position de réserve près de Ripont, avaient été relevés le 4 juin au matin et avaient rejoint leur ancien cantonnement à St. Morel.
Le 5 juin, ils avaient quitté Vrizy avec les trois fourgons restés sur place et y avaient été logés.
(………………..)
Dans l'après-midi du 29 mai, notre compagnie avait été convoquée à l'enterrement de trois morts du 2e Bataillon : Salves d'honneur, chant : « J'avais un camarade ! ». [Ich hatt ein Kameraden] Ils reposent à Monthois.
Le 7 juin, rassemblement pour l’embarquement à Savigny pour Valenciennes.
(…………..)
Du 7.6 au 1.7. 1916. Repos et formation à Valenciennes
Lorsque la formation du régiment à la Butte du Mesnil fut terminée, les transports avaient été effectués de Vouziers à Valenciennes via Amagne-Wasigny-Liart-Hirson-Avesnes. Le trajet [120km] n'avait pas été très long en temps de guerre. Départ le matin, arrivée le soir.
Le 1er Bataillon avait été déchargé avec son premier transport le 1er juin à 5 heures de l'après-midi à Wallers et s'était installé avec les 2e et 3e compagnies à Wallers, avec l'état-major et la 1ère compagnie à Bellaing. Dans la nuit, le deuxième transport est arrivé à Valenciennes. La 4e compagnie est arrivée à Wallers, la 2e compagnie de mitrailleuses à Hérin. Le temps pendant le voyage avait été ensoleillé et chaud. Le 3e Bataillon. avait été débarqué avec son premier transport, état-major, 9e et 10e compagnies, le 7 juin, à 9h40 du soir à Valenciennes et s'était mis en marche vers Anzin où il avait pris ses quartiers. Quelques heures plus tard, la 12e compagnie est arrivée et a marché jusqu'à son cantonnement de Petite-Forêt. La 1ère compagnie de mitrailleuses, après son arrivée à Valenciennes, a fait route vers Hérin où elle a été logée. L'état-major du régiment, arrivé avec elle, s'installa au château d'Aubry.
Le reste de la 2e compagnie de mitrailleuses, qui était parti avec la compagnie de mitrailleuses du Groupe de Réserve n°9 de Vrizy en Champagne, arriva le 7 juin, vers 8 heures du soir à Trith St.-Léger et marcha de là vers le cantonnement de la compagnie à Hérin, où il prit ses quartiers à 11 heures du soir.
Le 2e Bataillon. a été débarqué à Valenciennes le 8 juin, vers 12 heures du soir. L'état-major et la 6e compagnie furent logés à Aubry, les 5e et 7e compagnies à La Sentinelle, la 8e compagnie à Oisy.
Le logement était en général très bon, l'hébergement très détendu, les lits n'étaient pas rares.
La guerre ne se faisait guère sentir autour de Valenciennes. Même les grands fourgons, que l'on voyait rarement, étaient réunis avec leurs formations.
La 3e division d'infanterie de la Garde était venue ici en tant que réserve du commandement suprême de l'armée. C'était très honorable, car elle faisait ainsi partie de l'ultima ratio de la guerre. Mais cette disposition laissait présager des sacrifices de sang imminents.
Notre division n'était certainement pas la seule réserve du commandement suprême des armées sur le front occidental. Un certain nombre de divisions avaient certainement été rassemblées le long du front, ou du moins aux points névralgiques présumés des combats à venir, pour des missions similaires. Mais si quelque part, à proximité immédiate, le tonnerre amplifié des canons devait annoncer un grand incendie, le calme serait certainement rompu. Mais pour l'instant, nous étions tranquilles et nous profitions des jours et des semaines qui s'offraient à nous. Certains voulaient prendre des vacances dont ils avaient été privés depuis longtemps et pouvaient vivre ici la réalisation de leurs souhaits.
( …
[ici prend place une période d’instruction tandis qu’au loin
le régiment entend l'écho d'une violente bataille d'artillerie qui ne cessait de rouler
(unaufhörlich rollenden Artillerieschlacht)]
… )
Le tonnerre lointain des canons retentissait sans cesse. Le soir, la 2e compagnie de mitrailleuses célébrait sa fête de compagnie. Jour et nuit, la bataille d'artillerie lointaine chantait sa chanson émouvante. Le 28 juin, le commandant du régiment a visité le 3e Bataillon avec la 1ère compagnie de mitrailleuses dans la Forêt de Raismes. Le général von Gallwitz était présent. Le 30 juin, le 2e Bataillon a été visité par le lieutenant-colonel Kumme. Le 1er juillet, le commandant de la division, le lieutenant-général von Lindequist, a passé en revue une compagnie guerrière composée de pionniers et d'infanterie en train de franchir des fossés de fortification au fort de Curgies [site actuel]. Des commandants de régiment et de bataillon y ont participé en tant que spectateurs. La musique lointaine de la bataille résonnait toujours sans s'affaiblir. Comment se faisait-il que l'on nous laissât encore tranquilles ? Nous n'avions encore jamais entendu de tirs d'artillerie aussi violents et continus. Il était impensable que nous ne soyons pas utilisés là-bas. Cela dura une semaine entière.
Le fort de Curgies sous la neige, photo IGN prise le 25/01/1940, ce qui explique les tranchées (d'exercice). Il a maintenant totalement disparu, étant devenu site d'enfouissement des poubelles des communes avoisinantes.
Enfin, le soir du 1er juillet, l'ordre de la division tant attendu arriva : « La 3e division d'infanterie de la Garde sera déplacée par train en tant que réserve de l'armée. Premier transport prévu dès le 2 juillet au matin».
La bataille de la Somme.
Du 1.7. au 23. 7. 19I6.
Maintenant, ça chauffe. L'attaque d'infanterie ennemie avait certainement eu lieu. Notre vie était à nouveau au plus bas. Mais le régiment était à la hauteur de ses capacités. Il n'allait certainement pas échouer.
Dans la nuit du 1er au 2 juillet, les heures de départ des transports ont été communiquées. Les choses se précipitaient.
Le 1er Bataillon est parti de Wallers le 2 juillet à 7h22 du matin.
Le 3e Bataillon à 7h57 du matin de Valenciennes.
L'état-major du Régiment et la 2ème compagnie de mitrailleuses partent à 9h38 du matin de Trith- St.Léger
Le 2e Bataillon à 12h22 de l'après-midi de Wallers.
La 1ère compagnie de mitrailleuses et les restes des transports précédents à 2h38 de l'après-midi de Trith-St.Léger ; tous les autres à 5h33 de l'après-midi depuis Marly.
Le voyage s'est déroulé via Denain-Cambrai. Il n'a pas duré longtemps, quelques heures seulement.
Nous aurions volontiers voyagé cinq jours. La nostalgie de la mort n'était nulle part grande.
(…………………………..)
[Après les combats de la bataille de la Somme, le régiment-école fera l’objet de nombreuses affectations : ]
Les combats de l'Yser
La bataille de la Narajowka[Rivière Narayvka, alors en Autriche-Hongrie, actuellement en Ukraine, 50 km au SE de Lviv]
Repos et période de formation à Mulhouse.
Combats de position en Lorraine
Repos et travail à Metz
La bataille de printemps à Arras
Combats de position en Artois
Préparation à la bataille d'été en Flandre
La bataille d'été en Flandre
Jours de repos en terre allemande
Combats de position en Haute-Alsace
Combats de position près de Reims
La bataille d'automne en Flandre
La protection de la frontière belgo-hollandaise
Bourlon et forêt de Bourlon
Puis :
La préparation à l'année décisive.
I. Entrainement à Valenciennes
Du 6. 12. 1917 au 3. 01. 1918
Le 6 décembre 1917, en fin d'après-midi, le régiment arriva à Valenciennes et rejoignit ses quartiers à Anzin, un faubourg au nord-ouest de l'ancienne ville industrielle. La troupe fut bien logée, en partie dans des casernes, en partie dans des logements bourgeois. Les citoyens ont accueilli avec joie le régiment qu'ils connaissaient bien, même s'ils ne retrouvaient plus beaucoup de visages familiers de 1916. C'était une réfutation éloquente du slogan de propagande sur les « Huns et les barbares ». Le bain et l'épouillage ont tout d'abord créé les bases d'un nouveau dynamisme, puis la civilisation nous envoie à la tonte des cheveux, au rasage, au nettoyage des affaires Les bons repas et les quatre plats ont fait remonter les esprits à la surface. Ensuite, nous sommes allés au cinéma et au théâtre. Ici, au théâtre municipal de Valenciennes, on était bien mieux assis dans la représentation gratuite que dans l'entonnoir d'obus de Bourlon [position précédente], et le « Comte de Luxembourg » [opérette de Franz Lehar] trouva des auditeurs et des spectateurs attentifs et reconnaissants. Plus d'un guerrier sauvage sacrifiait un mark ou plus pour assister à une représentation dansante de Lucie Kieselhausen et passer du monde de la volonté et de la résignation héroïques à une attitude béate et sans regret. [je laisse à l'auteur la responsabilité de la phrase soulignée ....]
Lucy Kieselhausen était déjà venue à Valenciennes en 1916
Affiche apposée à Valenciennes pour notamment l'opérette de Franz Lehar "le Comte de Luwembourg"qui sera suivie de "La Chauve-Souris" de Johan Strauss, puis de celle de Shubert "La Maison des trois jeunes filles""
Affiche apposée à Valenciennes en Décembre 1917 pour le spectacle de Danse.
La 3e division d'infanterie de la Garde a été désignée comme division d'entraînement pour un tel cours de formation de commandants de troupe supérieurs, qui était hébergé à Valenciennes. Le terrain d'exercice se trouvait à Monchaux, à quelques kilomètres au sud-ouest de la ville. Le 11 décembre, le régiment-école a occupé de nouveaux quartiers afin de se rapprocher du lieu de ses activités. L'état-major du régiment et le 1er Bataillon se trouvaient désormais à Maing, le 2e Bataillon à Trith, le 3e Bataillon à Haulchin, avec la compagnie de mitrailleuses à Rouvignies. Le logement était bon, à l'exception de celui de Rouvignies ; là où il manquait quelque chose, on y remédiait rapidement.
Pendant près de quatre semaines, l'activité du régiment fut désormais axée sur cette nouvelle tâche, qui ne laissait que peu de place à une organisation approfondie à partir de la base. Les conférences au musée de Valenciennes, auxquelles seuls quelques officiers étaient convoqués, étaient les moins gênantes. Les visites et les défilés plus importants, auxquels des sections plus importantes du régiment étaient convoquées, aussi honorable que soit l'occasion, interféraient davantage dans l'instruction. C'est ainsi que le 22 décembre, le régiment a fourni 500 hommes pour le cordon de sécurité et la haie d'honneur lors d'une visite de l'empereur aux délégations de la division de Cambrai et que, l'après-midi du même jour, il était présent à l'église Notre Dame de Valenciennes pour la fête de Noël, à laquelle Sa Majesté a donné une note festive particulière.
(………………………….)
Le 1er janvier 1918, les chefs du régiment reçurent l'ordre de relever la 21e R.D. en position à Mœuvres, ce qui marqua un début prometteur pour la nouvelle année.
Mais avant cela, nous avons pu célébrer dans nos quartiers le bon vieux Noël allemand. Il y a eut des décorations ; le sous-officier Schneider (5e compagnie) a reçu la croix de fer de 1ère classe. Dehors, la neige était épaisse. Le sapin était allumé et les dons abondants venus de la patrie nous montraient, à nous qui étions éloignés de la famille, que l'on se souvenait de nous à la maison. Nos pensées allaient vers nos proches. Le quatrième Noël de la guerre ! Personne ne pouvait savoir que c'était le dernier. Mais les bougies rayonnantes allumaient notre espoir et notre foi en une victoire allemande qui nous offrirait à nouveau la paix et la patrie l'année suivante. — Bénie soit la sagesse de la Providence, qui nous a gracieusement voilé l'avenir !
La nuit du Nouvel An s'est écoulée avec les pétards habituels, qui étaient en fait interdits, et l'activité non négligeable d'hommes qui savaient boire et qui avaient couvert à temps leurs besoins à la cantine et ailleurs. Là aussi, nous espérions que ce serait notre première fête de la Saint-Sylvestre sur le terrain.
L'année décisive 1918 s'annonçait ! Elle débuta par des
Combats sur la position Siegfried [Siegfried Stellung]
Le 29 Janvier 1918 le tribunal de Guerre Allemand condamne pour "Espionnage par pigeons voyageurs"
Edouard LEFEBVRE
Léon FAUX
Le 25 Février 1918 ils sont fusillés dans les remparts de Condé sur l'Escaut où un monument leur rend hommage.
Face à leurs actes de décès, le registre d'état civil contient la note suivante :
Ville de Condé
Extrait de la traduction en français d'une note écrite en allemand de la Commandanture de Condé n°707 du 25 février 1918.
"A la Ville de Condé
" Les deux Français Lefebvre Edouard et Faux Léon, qui ont été condamnés à mort par le conseil de guerre de la Commandature pour espionnage, ont été exécutés ce matin.
" Les deux corps seront rendus à la Ville pour faire le nécessaire pour l'enterrement
"C. 25.2.18
" Le commandant d'étape (signé) : Lidl, général major Pour extrait conforme, à annexer au registre des actes de décès de l'année courante
Le Maire
Condé le 25 février 1918
Léon FAUX est né à Vieux-Condé le 1er mars 1882, de Napoléon et PLICHARD Clarisse, Matricule 1902 classe 1902 à Valenciennes, le registre a été détruit en 1940. Ouvrier mineur, il fait chevalier de la Légion d'Honneur à titre posthume par décret du 25 mars 1924. Son acte de décès établi sous l'autorité d'occupation mentionne simplement "est décédé dans les fortifications en cette ville".
"Mobilisé en Août 1914, est resté sous les drapeaux jusqu'en Octobre 1915. Placé en sursis d'appel, pour être employé dans les mines en octobre 1915."
"Etant en sursis d'appel et employé dans les mines du Pas-de-Calais, a été mis, en 1916 ou 1917, à la disposition de l'autorité militaire britannique qui l'a chargé d'une mission d'espionnage à Condé et Vieux-Condé, d'où il était originaire. Dénoncé aux Allemands qui occupaient le pays, a été fusillé à Condé, le 26 Février 1918."
Les Britanniques lui ont décerné la British War Medal.
Son épouse à reçu la Médaille d'argent de la Reconnaissance Française (JO du 13/03/1923) "Mme veuve Faux, née Defossez (Céline), au Vieux-Condé (Nord) : condamnée à 10 ans de travaux forcés pour avoir caché son mari déposé à Bavay par un avion allié, avec mission de relâcher, munis de renseignements, des pigeons voyageurs. A subi pendant sa détention les pires traitements."
Edouard LEFEBVRE est né à Condé-sur-l'Escaut le 27 Mars 1886, ouvrier mineur, il fait chevalier de la Légion d'Honneur à titre posthume par décret du 25 mars 1924. Son acte de décès établi sous l'autorité d'occupation mentionne simplement "est décédé dans les fortifications en cette ville".
"Mobilisé en Août 1914 jusqu'en 1916, mis en 1916 en sursis d'appel comme mineur pour travailler en France libre."
"Étant en sursis d'appel et employé comme mineur en France libre, a été mis en 1917 à la disposition de l'autorité militaire britannique qui l'a chargé d'une mission d'espionnage à Condé-Vieux-Condé d'où il était originaire. Dénoncé aux autorités allemandes d'occupation Lefebvre a été pris et fusillé à Condé le 26 Février 1918. "
A noter que les dossiers de la légion d'honneur ont interverti les dates de Naissance de Faux et Lefebvre, ce qui tendrait à montrer qu'ils ont été traités simultanément, et les citent fusillés le 26/02.
De même, sur l'acte de décès de Léon FAUX la date de naissance est majorée d'un an.
Portraits de LEFEBVRE (à gauche) et FAUX (à droite) conservées aux Archives Générales du Royaume de Belgique Commission des Archives des Services patriotiques établis en Territoire occupé au Front l'Ouest
Ces mêmes Archives Générales du Royaume possèdent les photos recto-verso des dernières lettres adressées à leur famille par les condamnés le matin de leur exécution (Léon Faux la signe en écrivant 26 février, il s'agit bien du 25).
Malheureusement, ce sont des tirages sur plaque de verre sans contraste, de documents originaux qui ont été pliés en 8 puis maintenus à plat par des punaises (!), ce qui les rend peu facile à déchiffrer (encore plus sous le grand tampon des AGR), et je n'ai pu malgré mes efforts obtenir une copie lisible, aussi en ai-je fait une transcription dans laquelle j'ai repris la syntaxe originale, mais utilisé une orthographe exempte de fautes.
Mes chers parents. Voila Léon Faux qui fait ses à Dieux à sa femme et à ses enfants. Ma chère femme et mes chers enfants, Voici les dernières paroles que je te dis par écrit ; je vais te quitter pour toujours, mais ne prend pas trop de chagrin, car il faut que tu vives pour élever nos enfants. Tu leur parleras souvent de leur Père qu'ils se rappellent de moi et les les embrasseras assez souvent pour moi. Maintenant chère femme voici ce que je peux donner pour souvenir à les enfants : tu donneras ma montre à Léon, et ma pipe et à blague à tabac à Eugène ; et mon cache-nez à Napoléon ; et à mes deux filles tu lui donneras les mouchoirs; et toi chère Céline tu prendras le panier et mon portefeuille pour toi, la bague ce sera pour mon frère Lucien ; et (partie barrée illisible). Maintenant chère femme que nos enfants seront très sages avec toi leur maman, et tâche bien ma chère Céline d'être sérieux avec nos enfants, tu seras heureux avec eux, car il vont tous travailler pour toi. Maintenant tu passeras la lettre à mon frère Lucien il passera à nos sœurs et à tes tan(???) et il pourra la lire à ton père que je fais mes à Dieux avant de mourir à toute la famille. Maintenant chère Aline, et mes enfants, et mes frères et mes soeurs et mon père Eugène et mes tandres. Au revoir* ma femme, au revoir mes enfants, au revoir toute la famille, au revoir et encore au revoir encore au revoir à toute la famille pour toujours Enfin ma chère femme et mes enfants et mes frères et mes soeurs Je vais mourir prenez courage. Je vous embrasse pour la dernière fois (illisible p-e Avoire) à tous, Le 26 février fusillé à Condé à 6 heures du matin. Faux Léon
Condé le 25 Février 1918 Chère femme Voici ma lettre d'adieu car je vais te quitter pour toujours, ne prend pas trop de chagrin car il faut que tu vives pour nos enfants ; tu leur parleras souvent de leur père et tu les embrasseras souvent aussi pour qu'il se rappellent de moi. Maintenant chère femme voici ce que je laisse comme souvenir à mes enfants, chacun une montre à mes garçons, et chacun un rasoir, tu réclameras celui que Charles Abraham a en sa possession qu'il est à moi. Le petit mouchoir de pochette en tulle à ma fille. Ma belle pipe est pour Théodore et celle que j'ai en poche pour mon frère Adolphe.
Chère femme voici ma dernière demande que je te fais et j'espère que tu m'obéiras même en étant dans mon tombeau.
Je (... ... illisible ... pliure ...) te remarier car je pense qu'ils pourraient avoir un beau-père et qu'ils auraient de la misère, Tu auras du mal pour les élever pendant leur jeunesse et tu seras heureuse quand ils auront l'âge de travailler.
Enfin chère femme et chers enfants je vais mourir prenez courage. Je vous embrasse pour la dernière fois. Lefebvre Edouard
La partie illisible à la pliure de la lettre pourrait être interprétée par "te demande de ne pas" au vu de ce qui suit.
Les deux lettres portent au verso un tampon du Tribunal de la Commandanture d'Etape n°113 (Gericht von Etappen Kommandantur Nr 113) ainsi qu'une mention manuscrite en allemand.
En 1954 une carte d'"Interné -Résistant" au titre de la première guerre mondiale sera délivrée à un ayant cause, en l’occurrence l'épouse de Léon FAUX par le Ministre des Anciens Combattants et Victimes de Guerre
Je n'en ai pas trouvé sur le site Mémoire des Hommes au nom d'Edouard Lefebvre.
En octobre 1918, Eth, (254 habitants en 1921), commune limitrophe de Sebourg, accueille des réfugiés du Nord et du Pas‑de‑Calais que l'occupant, qui se replie devant la poussée des alliés et qui veut avoir les coudées franches, évacue vers la Belgique.
On relève leur présence dans les actes de décès, comme je l'ai fait à Sebourg, et pour les évacués de Quérénaing. 20 adultes et enfants de 4 à 85 ans, dont 12 de sexe féminin. Il y a cependant un cas étonnant : un acte de décès commun dressé le 5 novembre 1918.
"Familles COURMONT, WOCQUIER, GUILBERT (et BÉDU) : Le 4 novembre à 5h du soir ..... tous les onze décédés à Eth, rue de Bry, en la demeure de LIÉNARD Ernest, où ils se trouvaient évacués."
Rien ne permet de l'affirmer, mais la grippe dite "espagnole" (de type H1N1 dont la propagation en Europe est due à la présence de soldats de l'Oncle Sam) est probablement responsable d'une telle hécatombe. La famille COURMONT : le père, la mère et 4 enfants de 4 à 14 ans, évacués de Lambres-lez-Douai, a été la plus touchée.
Villes d'où proviennent les évacués.
Leurs noms figurent dans la liste chronologique ci-dessous
TONNOIR Albertine
née le 09/09/1887 à Maing (59) de Henri et BARA Albertine,
évacuée de Maing,
décédée à Eth le 17 octobre 1918 à l'âge de 31 ans et 11 mois, acte n° 4.
BRASSEUR Aldegonde
née le 11/05/1880 à Préseau (59) de Louis et BOY Mathilde,
épouse de FOUGNIES Albert,
évacuée de Préseau,
décédée à Eth le 21 octobre 1918 à l'âge de 38 ans et 5 mois, acte n° 5.
LAGRENÉ Élise
née le 20/02/1846 à Ruyaulcourt (62) de Adrien et HOMBERT Joséphine,
épouse de LABY Emile,
évacuée de Ruyaulcourt,
décédée à Eth le 24 octobre 1918 à l'âge de 72 ans et 8 mois, acte n° 7.
TAQUET Augustine
née le 25/03/1838 à Vendegies-sur-Ecaillon (59) de Pierre Joseph et PAYEN Henriette,
épouse de DUCORNET Édouard, décédé,
évacuée de Vendegies-sur-Ecaillon,
décédée à Eth le 24 octobre 1918 à l'âge de 80 ans et 7 mois, acte n° 8.
SEMAIL (écrit SEMAL) Alfred
né le 31/03/1858 à Vendegies-sur-Ecaillon (59) de Pierre Joseph et HOT Emeline,
époux de BERNARD Amélie,
évacué de Vendegies-sur-Ecaillon,
décédé à Eth le 24 octobre 1918 à l'âge de 60 ans et 7 mois, acte n° 9.
MESSAGER Claude Ernest Alcide
né le 25/12/1912 à Wargnies-le-Grand (59) de Jules Ernest et LAMBERT Sylvie Rosalie Célénie,
évacué de Wargnies-le-Grand,
décédé à Eth le 26 octobre 1918 à l'âge de 5 ans et 10 mois, acte n° 10.
CARON Joséphine Euphémie
née le 05/06/1836 à Breteuil (60) de Pierre Alexandre Maurice et ? Joséphine Juliette,
épouse de DECAIX Denis Prosper, décédé,
évacuée de Lambres (59),
décédée à Eth le 31 octobre 1918 à l'âge de 81 ans et 4 mois, acte n° 11.
CORNILLE Louis
né le 15/01/1834 à Lambres (59) de Louis et MOLLET Augustine,
époux de GUINET Augustine,
évacué de Lambres,
décédé à Eth le 3 novembre 1918 à l'âge de 84 ans et 10 mois, acte n° 12.
DEVAUX Louis
né le 04/07/1902 à Vaulx-Vraucourt (62) de Alfred et HOMBERT Olympe,
évacué de Vaulx-Vraucourt,
décédé à Eth le 3 novembre 1918 à l'âge de 16 ans et 4 mois, acte n° 13.
COURMONT Henri
né le 10/04/1865 à Corbehem (62) de Benjamin et HECQUEFEUILLE Stéphanie,
époux de RAZEMON Pauline,
évacué de Lambres (59),
décédé à Eth le 4 novembre 1918 à l'âge de 53 ans et 7 mois, acte n° 14.
RAZEMON Pauline
née le 24/03/1870 à Lambres (59) de Philippe et BÉHAGUE Thérèse,
épouse de COURMONT Henri,
évacuée de Lambres,
décédée à Eth le 4 novembre 1918 à l'âge de 48 ans et 7 mois, acte n° 14.
COURMONT Marthe
née le 12/01/1894 à Corbehem (62) de Henri et COURMONT Marthe,
évacuée de Lambres (59),
décédée à Eth le 4 novembre 1918 à l'âge de 24 ans et 10 mois, acte n° 14.
COURMONT Jeanne
née le 24/09/1904 à Corbehem (62) de Henri et COURMONT Marthe,
évacuée de Lambres (59),
décédée à Eth le 4 novembre 1918 à l'âge de 14 ans et 2 mois, acte n° 14.
COURMONT Paul
né le 08/04/1911 à Corbehem (62) de Henri et COURMONT Marthe,
évacué de Lambres (59),
décédé à Eth le 4 novembre 1918 à l'âge de 7 ans et 7 mois, acte n° 14.
COURMONT Henri
né le 18/10/1906 à Lambres (59) de Henri et COURMONT Marthe,
évacué de Lambres,
décédé à Eth le 4 novembre 1918 à l'âge de 12 ans, acte n° 14.
COURMONT Raymond
né le 24/03/1914 à Corbehem (62) de Henri et COURMONT Marthe,
évacué de Lambres (59),
décédé à Eth le 4 novembre 1918 à l'âge de 4 ans et 7 mois, acte n° 14.
WOCQUIER Gabrielle
née le 12/06/1893 à Lambres (59) de Victor et BÉDU Virginie,
épouse de GUILBERT Louis,
évacuée de Lambres,
décédée à Eth le 4 novembre 1918 à l'âge de 25 ans et 5 mois, acte n° 14.
GUILBERT Julienne
née le 15/10/1913 à Lambres (59) de Louis et WOCQUIER Gabrielle,
évacuée de Lambres,
décédée à Eth le 4 novembre 1918 à l'âge de 5 ans, acte n° 14.
WOCQUIER Catherine
née le 06/04/1886 à Lambres (59) de Victor et BÉDU Virginie,
évacuée de Lambres,
décédée à Eth le 4 novembre 1918 à l'âge de 32 ans et 7 mois, acte n° 14.
BÉDU Julienne
née le 14/01/1860 à Courchelettes (59) de Augustin et FOULON Marianne,
épouse de MOREL Joseph,
évacuée de Lambres (59),
décédée à Eth le 4 novembre 1918 à l'âge de 58 ans et 10 mois, acte n° 14.
Dans le précédent sujet, j'ai traité de deux des 4 héroïnes présentes sur cette photo de l'agence Rol que Gallica à mis en ligne récemment, Mme BELMONT-GOBERT et sa fille Angèle.
De gauche à droite sur cette photo prise à Mansion House, résidence officielle du lord-maire de Londres le 8 avril 1927 :
Elles étaient accompagnées de M. Bracq, maire de Bertry, et de M. Lebeau, maire de Le Cateau,
qui ne figurent pas sur la photo.
Il est probable qu'elles aient en main document remis par le lord-maire (voir ceux conservés de Mmes Bauduin et Belmont)
Je reprends donc le récit fait en annexe de "Liaison, 1914. A narrative of the great retreat" du brigadier-général E.L. Spears disponible en anglais sur archive.org
HISTOIRE DE SOLDATS ANGLAIS RESTES EN ARRIÈRE DES LIGNES ALLEMANDES PENDANT LA RETRAITE
(J'avais l'intention de comprendre le récit suivant dans le corps de mon ouvrage, j'ai décidé de le rejeter dans un appendice pour des raisons qui apparaîtront au cours de la lecture.)
Le soldat Patrick Fowler et deux autres hommes virent leur retraite coupée après la bataille de Le Cateau et errèrent à cheval au hasard, complètement perdus. Il leur parut évident qu'ils se trouvaient en arrière des lignes allemandes, car ils aperçurent de l'artillerie ennemie en position. Les routes étaient couvertes de convois allemands, les villages pleins de troupes allemandes et, comme leurs chevaux les mettaient dans l'impossibilité de se cacher, ils les abandonnèrent dans une ferme. Le fermier leur donna des vivres et les trois hommes se séparèrent pour que chacun courût sa chance et s'efforçât de regagner les lignes anglaises.
Fowler vint à savoir qu'un autre homme de son régiment vivait aussi caché à Bertry. C'était le caporal Hull, qui était caché dans la maison de M. et Mme Cardon. Fowler et Hull se virent un soir et combinèrent de gagner la Hollande, mais ce projet ne devait jamais se réaliser. L'histoire du caporal Hull eut une fin beaucoup plus tragique.
La femme qui le livra, Irma Ferlicot (moins on en parlera, mieux cela vaudra) était connue dans toute la région comme « la mauvaise Française » Le dédain qu'on lui manifestait pendant l'invasion se mua en accusation dès la retraite allemande. Désignée par la voix publique, elle fut condamnée aux travaux forcés à perpétuité par un Conseil de guerre français et mourut en prison il y a peu de temps. Ce châtiment était mérité, car sa trahison envers Hull coûta la vie à ce dernier et fut cause de malheurs sans nombre pour les Cardon, qui l'avaient caché.
Par une nuit de septembre 1915, sur les indications fournies par la traîtresse, des policiers allemands se rendirent à la maison de Cardon et allèrent droit à la cachette de Hull. Cardon, voyant que tout était perdu, jeta par terre l'Allemand le plus proche et réussit à s'échapper. La rapidité de son action lui sauva la vie pour le moment, mais une agonie interminable, pire que la mort, l'attendait. Jusqu'à la fin de la guerre il resta caché dans les bois. Il errait çà et là, glanant quelques aliments reçus de gens qui n'osaient pas lui offrir l'hospitalité. Une ou deux fois il put trouver du travail, mais il dut toujours l'abandonner et gagner les bois de crainte d'être arrêté. Jamais il ne reçut de nouvelles de sa famille, sa santé fut ruinée, sa raison fut atteinte. Il ne cessait de répéter les noms de sa femme, de ses enfants et de Albert Hull. A la fin de la guerre ce n'était plus qu'une épave humaine, incapable de faire vivre sa famille, il est mort il y a sept ans.
Cardon a laissé un document curieux, le récit de ses aventures. En dépit de ses malheurs, en dépit des souffrances de sa famille, il n'a jamais regretté d'avoir pris chez lui le soldat anglais qu'il avait relevé, épuisé, sur le champ de bataille du Cateau. Il écrivit comment «obéissant à la voix de sa conscience, en pleine conscience des risques qu'il courait, il porta Hull jusqu'à sa chaumière, et lui aménagea adroitement une cachette dans un petit grenier au-dessus de son charbonnier ; la trappe qui le fermait était dissimulée par un morceau de toile blanchie pour imiter le plafond.
Lorsque Cardon disparut dans la nuit, les Allemands qui étaient venus l'arrêter avec son protégé pensèrent que l'on prendrait facilement le Français le lendemain, et emmenèrent Mme Cardon et Hull. Ces derniers furent transférés à Caudry et, d'après Mme Cardon, à leurs tortures morales s'ajoutèrent les souffrances physiques dues à la brutalité allemande. Hull, en particulier, fut traité d'une manière abominable. A moitié affamé, il fut emprisonné dans un trou humide et nauséabond. Leur sort à tous les deux était si lamentable que les paysans essayèrent de leur faire passer quelques aliments, courant ainsi de gros risques.
Au bout de huit jours, la paysanne française et le caporal anglais furent traduits devant un Conseil de guerre allemand. Ils n'avaient personne pour les défendre. Tous deux furent condamnés à mort mais la peine prononcée contre Mme Cardon fut commuée, par la suite, en vingt ans de travaux forcés en Allemagne.
Après le procès, on les enferma dans des cellules voisines, Hull était enchaîné, on ne lui déliait les mains que pour manger.
Les prisonniers pouvaient de temps à autre communiquer par une fente de la muraille, et la noble femme fit tout ce qu'elle pouvait pour maintenir le moral de Hull. Il n'avait aucun espoir. Mme Cardon essaya de lui faire comprendre, à l'aide des mots qu'il connaissait, qu'après tout sa sentence pouvait être adoucie, mais il ne conservait aucune illusion. Sa grande préoccupation était la crainte que ses parents ne connussent jamais son sort. Il fit promettre à Mme Cardon qu'elle les en instruirait... après. Il n'avait pas le droit d'écrire et il était des plus difficiles de faire apprendre à Mme Cardon l'adresse de sa famille. Il fallut à cette dernière de grands efforts pour retenir ces mots anglais d'apparence barbare, pour apprendre l'adresse que le hussard dans sa détresse, ne cessait de lui murmurer à voix basse par la fente de la cloison. Il ne servait de rien d'épeler, les lettres prononcées en anglais n'avaient aucun sens pour elle, ils durent s'en tenir au son des mots.
Mais elle se souvint. Elle se souvint de la nuit du 21 octobre quand elle entendit les Allemands entrer dans la cellule de Hull et l'emmener. Elle se souvint de la journée du lendemain quand elle apprit qu'il avait été fusillé et était mort en soldat. Elle s'en souvint encore dans la prison d'Aix-la-Chapelle, où elle fut incarcérée, elle n'oublia pas davantage dans les prisons de Delitzsch et de Siegburg, où on l'envoya plus tard. La tragique vision du soldat anglais ne cessa de la hanter : son souvenir se mêlait de manière inextricable à ceux de son mari, Gustave, et de ses petits enfants, Marie-Jeanne [née en 1909], Gustave [né en 1910], de son bébé, Gabrielle [née en 1912].
En 1927, Mme Cardon était veuve et vivait misérablement dans une cabane au Cateau. Elle travaillait à l'usine avec sa petite Gabrielle, âgée maintenant de quatorze ans, pendant de longues heures pour ne pas mourir de faim. Les deux autres enfants ont été aidés par des amis et sont en mesure de gagner leur vie. Les parents du caporal Hull voulurent adopter un des enfants Cardon, mais cette mère, que rien ne pouvait abattre, décida que tant qu'elle en aurait la force, elle élèverait sa famille et tout en se montrant très reconnaissante, elle déclina cette offre.
Le journal Néo-Zélandais "Otago Daily Times du 13 juillet 1928" donne quelques détails supplémentaires sur la capture et les détentions :
Un jour, Hull s’aventura dans le jardin et fut aperçu par un voisin. Les Allemands soupçonnaient que des fugitifs se cachaient dans le village et le voisin qui avait fait cette découverte était en bons termes avec un espion à la solde de l'Allemagne. Sous la pression de l'espion, le voisin a vendu le secret pour 400 francs. Cardon raconte qu'il parlait à Hull dans sa cachette quand, le 22 septembre au soir, sa maison fut soudainement encerclée par des soldats allemands. Ils se sont dirigés directement vers les dépendances et, ne trouvant pas la trappe, ils ont déchiré son toit, laissant apparaître Cardon et Hull ensemble. Le Français savait que sa vie était perdue. Il est passé à travers la trappe et a été confronté à deux Allemands. Sentant qu'il importait peu qu'on lui ait tiré dessus à ce moment-là ou plus tard, il prit ses ravisseurs au dépourvu et, frappant l'un d'eux au nez, les dépassa dans la pénombre et se sauva. Sa position était terrible, car il ne pouvait pas rejoindre sa femme, qui était restée seule avec les enfants.
Madame Cardon et Hull ont été emmenés sous escorte dans une ville voisine où, avec à peine de quoi se nourrir, ils sont restés huit jours jusqu'à leur cour martiale. Ils n'ont pas eu droit à un avocat et ils ont tous deux été condamnés à mort. La peine de Madame Cardon a été commuée en une peine de vingt ans d’emprisonnement avec travaux forcés et une amende de 2000 marks. A défaut de paiement, la peine devait être augmentée d’un jour par 15 marks, une alternative qui ne provoqua rien d’autre que le rire de la victime.
Pendant plusieurs jours, Mme Cardon et Hull ont occupé des cellules adjacentes et ils ont pu converser occasionnellement par une ouverture dans le mur de séparation. Dans la nuit du 21 octobre, à 10 heures, ils ont entendu un véhicule s’arrêter sous le mur de la prison. Il y eut un piétinement dans la cellule suivante et, à travers le trou, Mme Cardon vit Hull s'éloigner entre des soldats baïonnette au canon. Elle n'a pas eu besoin d'être informée de son exécution le lendemain.
De janvier 1916 au 21 novembre 1918, Mme Cardon a été traitée comme criminelle de droit commun dans les geôles allemandes, connue par un numéro et non par un nom, et punie par une réduction de la ration pour la moindre faute.
Le sort de son mari était encore pire. Dès la nuit de son évasion, il a été traqué dans le nord de la France et en Belgique comme une bête sauvage. Quelques personnes courageuses se liaient parfois avec lui, mais le risque qu'elles couraient était trop grand pour qu'il l'imposât longtemps. Deux ou trois fois, il faillit atteindre la Hollande, mais il échoua au dernier moment. La plupart du temps, il dormait sous des haies ou dans un abri possible. Seul l'armistice mit fin à sa souffrance. Sa santé était tellement affectée par les difficultés que M. Cardon est mort en 1924.
Herbert S Hull est né à Mile End, London, UK en 1882. Matricule 6389, il appartenait au 11e régiment de Hussards (Prince Albert's Own).
Son exécution le 21 octobre 1915 a eu lieu au stand de tir de Caudry, la ville où avait été jugé et détenu. L'endroit n'existe plus en tant que tel, il figure sur les cartes anglaises de l'époque (dans le carré 17) et l'on peut pouvait encore l'apercevoir sur cette photo aérienne de l'IGN de 1947.
Le caporal H.S. Hull est inhumé dans le carré britannique du cimetière communal de Caudry, dont les pierres tombales sont inhabituellement couchées, tombe B.7. en compagnie de 138 autres soldats du Commonwealth dont 40 sont inconnus.
(photo CWGC)
La pierre tombale du caporal Hull porte l'écusson de son régiment adopté avec le nom en 1840. Y est écrite la devise "Treu und Fest" : Force et Loyauté ; c'est celle du prince Albert, époux de la reine Victoria. L'écusson était porté en "cap badge" sur la casquette des soldats.
Coïncidence de l'Histoire, ce même régiment, alors 11e Dragons Légers, participait en juin-juillet 1793 au siège de Valenciennes, puis à celui de Landrecies l'année suivante, ces deux villes ayant capitulé dans cette autre campagne de Flandres...
Marie-Louise MATON est née le 13 mai 1887 à Le Cateau, elle est décédée le 15 décembre 1971 à Fâche Thumesnil (59), elle épouse à Le Cateau le 20/04/1908 Gustave Arsène CARDON né le 4 décembre 1881 à Maurois (59) et décédé en 1924.
Ils ont eu 3 enfants : Marie-Jeanne née à Le Cateau le 24/03/1909, Gustave né le 20/07/1910 à Le Cateau (décédé en 1946) et Gabrielle, née le 02/04/1912 à Le Cateau, et qui sera adoptée par la Nation en 1928, suite au décès de son père.
Avec le recul de l'occupant selon les vicissitudes de la guerre, que ce soit un repli stratégique vers des positions préparées à l'avance, ou un reflux sous la pression des alliés durant les derniers mois de la guerre, les civils des territoires occupés ont été obligés de quitter leur commune pour fuir vers le Nord et la Belgique, chassés par les troupes d'occupation qui voulaient leur éviter de se retrouver sur la ligne de front et plus certainement leur laisser le champ libre, autant pour la défense des positions que pour les destructions organisées, si ce n'est le pillage des maisons. S'il est encore difficile aujourd'hui de retracer leur parcours, on peut en découvrir les grandes lignes par les traces laissés dans les actes de décès des communes qui les ont hébergés.
Ainsi à Sebourg, 1.350 habitants au recensement de 1921, 20 civils évacués du Nord et du Pas-de-Calais sont décédés majoritairement de fatigue et de maladie bien que la cause ne soit pas précisée, pour la plupart entre mi-octobre et fin novembre 1918. Il s'agit de femmes et d'enfants ainsi que d'hommes pour la plupart très âgés. Leur nombre ne permet malheureusement pas de présumer de celui des réfugiés qui sont passés (et ont probablement séjourné) à Sebourg.
Sur la carte ci-dessous, Sebourg est marqué d'une étoile, les autres balises indiquent la provenance des évacués y décédés. (cliquer pour élargir la carte)
En élargissant le point de vue, on imagine facilement leur destination : Mons en Belgique. Valenciennes avait déjà vu arriver mi-septembre 1918 les évacués de Cambrai qui apparaît ici sur l'axe d'évacuation, à 65 km de Mons.
Voici, dans l'ordre chronologique des décès, les noms des évacués relevés dans les registres de Sebourg :
GUINET Henri Casimir Joseph
né le 04/10/1846 à Ribécourt (59) de Louis et DEBUS Catherine,
époux de PEUGNET Azéma Marie Joseph,
évacué de Ribécourt,
décédé à Sebourg le 5 janvier 1918 à l'âge de 71 ans.
VITEL Agnès
née le 04/07/1841 à Vaulx-Vraucourt (62) de Alexandre et TOURNANT Sophie,
épouse de FOURNIER Nicolas, décédé,
évacuée de Vaulx-Vraucourt,
décédée à Sebourg le 7 janvier 1918 à l'âge de 76 ans et 6 mois.
FULLOY Adèle
née le 25/11/1832 à Saint-Léger (62) de Charles Marie et DUBOIS Marie Joseph,
épouse de TOURNANT Louis, décédé,
évacuée de Vaulx-Vraucourt,
décédée à Sebourg le 10 juillet 1918 à l'âge de 85 ans et 7 mois.
TISON Elise
née le 20/11/1843 à Maing (59) de Timothée et LESAGE Amélie,
épouse de BERSEZ Henri, décédé,
évacuée de Maing,
décédée à Sebourg le 14 octobre 1918 à l'âge de 74 ans et 10 mois.
MARTINAGE Angélique
née le 10/08/1897 à Maing (59) de Maxime et SCIELLET Julie,
évacuée de Maing,
décédée à Sebourg le 15 octobre 1918 à l'âge de 21 ans.
MOTTE Suzanne
née le 08/12/1903 à Quérénaing (59) de Henri et BLEUSSE Emelie,
évacuée de Quérénaing,
décédée à Sebourg le 15 octobre 1918 à l'âge de 14 ans et 10 mois.
DELMOTTE Marie Ambroise
née le 08/12/1881 à Saulzoir (59) de Léon et MATHIEU Adelaïde,
épouse de MOREAU Henri Léon,
évacuée de Saulzoir,
décédée à Sebourg le 15 octobre 1918 à l'âge de 36 ans et 10 mois.
GOSSELIN François
né le 29/03/1860 à Préseau (59) de François et MICHAUX Joséphine,
époux de WUILLOT Augustine,
évacué de Préseau,
décédé à Sebourg le 17 octobre 1918 à l'âge de 58 ans et 7 mois.
(DE)NOYELLE Auguste
né le 26/05/1881 à Villers-en-Cauchies (59) de Auguste et COLAU Marie Joseph,
époux de PLACE Alphonsine,
évacué de Villers-en-Cauchies,
décédé à Sebourg le 17 octobre 1918 à l'âge de 37 ans et 5 mois.
GILLERON Robertine
née le 09/03/1878 à Verchain-Maugré (59) de et GILLERON Florentine,
épouse de FIEVET Léon,
évacuée de Verchain-Maugré,
décédée à Sebourg le 21 octobre 1918 à l'âge de 40 ans et 7 mois.
DANNAT Maurice
né le 25/07/1898 à Vendegies-sur-Ecaillon (59) de François et CACHEUX Célénie,
évacué de Maing,
décédé à Sebourg le 22 octobre 1918 à l'âge de 20 ans.
LENNE Philomène
née le 02/09/1883 à Artres (59) de Nestor et PRINCE Philomène,
épouse de DELFOSSE Henri,
évacuée de Artres,
décédée à Sebourg le 23 octobre 1918 à l'âge de 35 ans.
LASSELIN Anatole
né le 31/03/1882 à Estourmel (59) de Amand et LANGRAND Sophie,
évacué de Estourmel,
décédé à Sebourg le 24 octobre 1918 à l'âge de 36 ans et 6 mois.
DARTOIS Marie
née le 11/04/1902 à Fontaine-Notre-Dame (59) de François et TREPANT Blanche,
évacuée de Fontaine-Notre-Dame,
décédée à Sebourg le 27 octobre 1918 à l'âge de 16 ans et 6 mois.
DARTOIS Marcel
né le 16/01/1896 à Fontaine-Notre-Dame (59) de François et TREPANT Blanche,
évacué de Fontaine-Notre-Dame,
décédé à Sebourg le 28 octobre 1918 à l'âge de 22 ans et 9 mois.
BOULANGER Amand
né le 06/09/1852 à Marcoing (59) de Valentin et MARCHEUX Marie Joseph,
époux de BOUDAILLIEZ Rose Emilia Joseph,
évacué de Marcoing,
décédé à Sebourg le 30 octobre 1918 à l'âge de 66 ans.
GUINET Marie
née le 14/01/1873 à Ribécourt (59) de Louis et DEBUS Victoire,
épouse de LAMOURET Auguste,
évacuée de Ribécourt,
décédée à Sebourg le 31 octobre 1918 à l'âge de 45 ans.
CAUBERT Adolphe Prudent
né le 14/04/1846 à Sélincourt (80) de Adolphe et CAUCHOIS Catherine,
époux de LEFEBVRE Marie,
évacué de Lambres,
décédé à Sebourg le 5 novembre 1918 à l'âge de 72 ans et 5 mois. (tué par obus)
LAURENT Judith
née le 20/01/1843 à Verchain-Maugré (59) de Isidore Joseph et BLARY Julie,
épouse de BLARY Elie Joseph,
évacuée de Verchain-Maugré,
décédée à Sebourg le 22 novembre 1918 à l'âge de 75 ans et 10 mois. (tué par obus)
LECLERCQ Palmyre
née le 21/10/1872 à Ruyaulcourt (62) de Auguste et DELOFFRE Marie Joseph,
épouse de CUVILLIER Emile,
évacuée de Ruyaulcourt,
décédée à Sebourg le 26 février 1919 à l'âge de 46 ans.
A noter un Sebourgeois, tué également par obus, peut-être le même que CAUBERT Adolphe :
HOUZÉ Emile
né le 22/03/1898 à Sebourg (59) de Achille Hubert et DEROMBISE Octavie Augustine,
décédé à Sebourg le 6 novembre 1918 à l'âge de 20 ans et 7 mois.
et les décès d'un frère et d'une soeur de la famille DARTOIS évacuée de Fontaine-Notre-Dame : Marie (16 ans) et Marcel (22 ans) à une journée d'intervalle. Les circonstances ne nous sont pas connues.
On trouve également deux naissances :
NOYELLE Emile né le 15/10/1918 à Sebourg de Gustave et GARDEZ Angèle, évacués de Saint-Aubert (59)
GOUBET Maurice né le 05/05/1919 à Sebourg de Henri Charles et LENGRAND Julie, évacués de Ribécourt (59)
Avec le 73e régiment de fusiliers hanovriens « General-Feldmarschall prince Albert de Prusse »
et le 164e régiment d'infanterie (4e régiment hanovrien);
le 76e régiment d'infanterie « Hambourg » (2e régiment d'infanterie hanséatique) forme la 221e brigade d'infanterie intégrée à la 111e Division d'infanterie sous le commandement de le 17e Armée.
A 20h le 11/10/1918, le 76e RI est transporté en camions depuis Flines-les-Raches, où il bivouaque, vers Trith-Saint-Léger via Bouchain ; il y arrive le 12 octobre 1918 à 7h30, d'où il marche vers Thiant ; il se prépare au sud de cet endroit pour une éventuelle contre-attaque.
Le rédacteur de l'historique publié en 1922 transcrit avec précision les déplacements et offensives destinées retarder les alliés, alors que les armées d'occupation de ce secteur ont amorcé la retraite vers Mons où le régiment se trouve le 8/11 ; la destination est la ligne Anvers-Meuse (Antwerpen-Maas Stellung] qui ne sera pas atteinte à l'armistice. L'auteur fait remarquer en passant à Mons qu'ils avaient déjà combattu dans ce secteur, à St-Symphorien précisément, en Août 1914. Avançant vite, le régiment sera à hauteur de Bruxelles le jour de l'Armistice.
Il se dirige immédiatement à marches forcées vers la frontière allemande qu'il franchit le 18 pour se diriger vers Cologne, où comme le 359e RI, le régiment est acclamé au passage du Rhin.
Au sud de Valenciennes, sur la rive droite de l'Escaut, le 76e RI exploite avec d'autres éléments de renfort les obstacles naturels que représentent les affluents : La Selle, L'Écaillon, la Rhonelle et l'Aunelle.
Le 12.10.18. à 12h30, la 4e batterie du 10e régiment d'artillerie de campagne bavarois affectée au régiment comme artillerie d'intervention arrive à Thiant.
A 5 heures de l'après-midi, les régiments de la brigade sont rassemblés.
A 8 heures du soir, les bataillon arrivent à Noyelles-sur-Selle et sont mis à disposition au sud du village avec le front orienté au sud-ouest, 1er bataillon devant à droite, 3e bataillon devant à gauche, 2e bataillon derrière.
Le régiment est corps de réserve.
Avesnes [le-Sec] est pris par l'ennemi. 13.10.18. Bivouac local à Noyelles pendant la nuit. A 9 heures, l'infanterie, l'artillerie, la cavalerie et les chars ennemis sont signalés en manœuvre de Naves à Avesnes [le-Sec]
Les bataillons sont déployés au sud de Noyelles.
A 10 heures, le feu ennemi se fait également sentir sur Noyelles.
A 11 heures, la nouvelle arrive que les régiments 176 et 369 subissent de fortes attaques ennemies avec de lourdes pertes pour celui-ci.
A 1h50 du matin, le régiment sera doté de 6 mitrailleuses provenant du 164e régiment.
Un contact étroit est maintenu avec les positions du 369e régiment. La principale ligne de résistance, qui va de Lieu-Saint-Amand à Haspres en passant par Maison blanche, est tenue. Le capitaine von Nerée, commandant du 2e bataillon, est blessé. Avec lui, le dernier officier supérieur actif du régiment prend sa retraite. En 1914, il était le commandant de la 8e compagnie, et après quelques interruptions dues à ses blessures, il a vécu toute la campagne à des postes de commandement du régiment.
Les pertes suivantes se produisent encore : Lieutenant Kuschel, lieutenants de Réserve Dreher, Koch, Engel, Nittke blessés.11 morts, 61 blessés, 3 malades. 14.10.18. Les avions ennemis opèrent à pleine puissance. Les batteries ennemies qui avancent ont tirés sur notre artillerie avec l'observation de leur armée de l'air. Des lance-mines légers et des mitrailleuses lourdes sont utilisés aux passages de la Selle pour combattre les chars ennemis qui pourraient percer. 15.10.18. La 111e Division d'infanterie est affectée au XVIIIe Corps d'armée. En raison de cette subordination, le 73e régiment de fusiliers et le 164e régiment d'infanterie sont déplacés vers le nord. Notre régiment reste sur sa position précédente. A l'exception de tirs dérangeants de l'artillerie ennemie, aucune activité de combat. 16.10.18. Le sous-lieutenant Holm avait initialement pris la tête du 2e bataillon, à partir d'aujourd'hui, le lieutenant von Kleist est chargé de diriger le bataillon. Les officiers effectuent une reconnaissance des positions arrière. Le train de combat du Bataillon se trouve à Rouvignies, à l'est de Denain, le train régimentaire au sud de St. Ghislain (Belgique). Le feu incessant et déstabilisant sur la zone de Noyelles provoque le déplacement des compagnies individuelles en fonction de la localisation des tirs. 17.10.18. Petits tirs d'artillerie dans un brouillard épais. Vers le soir, la zone arrière est sous le feu des obus à gaz. Au poste de commandement du régiment, un incendie se développe, l'état-major est donc déplacé vers le remblai de la voie ferrée, à 400 m à l'est.
Pertes : Lieutenant de réserve Späth blessé, 3 morts, 21 blessés. 18.10.18. Intense bombardement au gaz de la zone arrière pendant la nuit. Dans l'après-midi, le régiment reçoit l'ordre de se replier sur Maresches, au sud de Valenciennes. Les lignes elles-mêmes doivent être déplacées derrière le ruisseau de l'Ecaillon pendant la nuit. Le 2e bataillon avec la compagnie de lance-mines et la 3e batterie du 94e régiment d'artillerie de campagne, qui a repris le rôle de la batterie d'escorte, partent à 19h.
Le 1er bataillon suit à 19h30 et le 3e bataillon à 8h de l'après-midi. A son arrivée dans la nouvelle zone d'hébergement, la 111e Division d'infanterie passe à nouveau sous le commandement du XIVe Corps de réserve et remplace la 18e Division de réserve dans la section d'Haspres. 19.10.18. Hébergement à Maresches, le capitaine Belfrage est nommé commandant local.
Le transfert a lieu dans l'après-midi : Etat-major du régiment et 2e Bataillon à Artres. 1er Bataillon (Bataillon d'intervention) à Quérénaing.
Le remplacement de la 18e division de réserve sur ses positions est effectué par les 73e et 164e régiments. Le 76e est le régiment d'intervention.
Chacun des régiments en ligne fait face à un bataillon ennemi, situés sur les hauteurs à l'est d'Haspres.
Les bataillons restants sont sur la position Hermann et la position avancée vers le ruisseau de l'Ecaillon. 20.10.18. Le front des régiments de 1ère ligne est enfoncé par l'ennemi. Quérénaing et Artres sont sous le feu de l'ennemi. Le train régimentaire recevra les ordres de marche directement de la division.
Vue d'ensemble de la situation : état-major du régiment, 1er et 2e bataillons à Artres, 3e bataillon à Quérénaing. Trains de combat à Maresches, train régimentaire dans la région de Saint-Ghislain [Belgique]. 21.10.18. Exploration des zones de rassemblement en cas d'attaques ennemies. 23.10.18. à 4 heures du matin, feu ennemi intense contre nos positions et sur les villages de l'arrière. État-major régimentaire, 1er et 2e bataillons sont déplacés d'Artres à Maresches en raison des bombardements continus, où les bataillons arrivent à 5 heures de l'après-midi.
La 111e Division d'infanterie est opposée aux 4e et 51e Divisions anglaises, qui sont des divisions d'attaque expérimentées.
(les numéros donnent l'ordre d'apparition des lieux dans le récit ci-dessus)
Bataille de Valenciennes et combats lors de la retraite vers la position Anvers-Meuse. Du 24 octobre au 11.11.18.
24.10.18. à partir de 3 heures du matin, intense bombardement de l'artillerie ennemie sur un large front, suivi d'attaques ennemies au lever du jour. Dans les sections des régiments 73 et 164, l'attaque ennemie gagne du terrain. Vers 8h20 du matin, le 3e Bataillon, qui vient de s'installer dans la section du 164e, est mis à la disposition du 73e régiment de Fusiliers. L'ennemi est entré dans le secteur de l'Ecaillon sur le front de la division. Plus au sud, Vendegies et Bermeraing sont pris. La situation près de Sommaing n'est pas claire.
Vers 8h35 du matin, le bataillon se rend à Sepmeries (venant de Maresches), où le régiment est mis à disposition en tant que corps de réserve. Par l'intermédiaire de la 96e brigade d'infanterie de réserve, le premier et le deuxième bataillon sont amenés à la sortie sud de Sepmeries.
A 10h30, le régiment est à nouveau placé sous les ordres de la 221e brigade d'infanterie et occupe, dans la partie gauche de la section de la division, le talus ferroviaire depuis la gare d'Artres, jusqu'à 200 m au sud de l'intersection de la route Sepmeries-Vendegies avec la voie ferrée. Poste de commandement du régiment dans le moulin à eau à 300 m à l'ouest des Maresches.
Le flanc gauche, menacé, est protégé face à la Ferme Mortry par des positionnements et des patrouilles. Vers midi, l'occupation du remblai de la voie ferrée par les 1er et 2e Bataillons a été achevée. Un peloton de chaque compagnie de lance-mines est placé sous le commandement des bataillons
A 4h30 de l'après-midi, ordre de la division pour une nouvelle retraite. Le régiment doit occuper la position sur la route Artres-Maresches verrouillant l'accès à Préseau: frontière droite coin nord d'Artres, frontière gauche sortie ouest de Maresches.
Les 1er et 2e bataillons avec toutes les compagnies sont utilisés côte à côte. Chaque compagnie dispose d'une troupe d'assaut. Les deux compagnies de mitrailleuses des bataillons déploieront une section chacun à la hauteur au nord de la route.
La 3e section de mitrailleurs d'élite, mise à la disposition du régiment, est déployée sur les hauteurs au nord-ouest de Maresches. Le 3e bataillon est à Préseau. Le Poste de commandement du régiment dans la Ferme Wult, au nord de Maresches 25.10.18. Pendant la journée, l'ennemi tente de traverser le talus de la voie ferrée. Il est empêché de le faire par nos mitrailleuses. Pour que l'artillerie puisse tirer sur le talus de la voie ferrée, les patrouilles d'officiers qui se trouvent sur le talus sont retirées pendant la journée. Dans la soirée, elles avanceront à nouveau.
La 1ère compagnie de l'aile droite du régiment est déployée depuis la droite. 26.10.18. à 11 heures, bombardement roulant dans la section voisine de droite où l'infanterie ennemie traverse le ruisseau de la Rhonelle. La 11e compagnie est avancée depuis les hauteurs au nord-ouest de Maresches. A partir de 12 heures, feu nourri sur Artres et l'aile droite du 1er Bataillon
La 1ère compagnie –située à droite- est déployée comme aile droite du Régiment. Une contre-attaque menée dans l'après-midi par le 3e bataillon avance à la nuit tombée à environ 300 m d'Artres.
Puis un fort tir de mitrailleuses de l'ennemi oblige le bataillon à retirer sa compagnie. 27.10.18. Vive activité de l'artillerie ennemie à partir de 9h30 du matin. À 10h15, le 2e bataillon a signalé que l'ennemi avait débordé le 1er bataillon et que celui-ci avait replié son aile droite.
A 11h35 du matin, le 1er Bataillon a signalé que l'ennemi avait fait irruption dans le 2e Bataillon et que le Bataillon (dont le 3e) avait replié son aile gauche.
La brigade qui est informée par le régiment que l'ennemi a fait irruption à peu près au milieu de la zone du régiment ordonne la contre-attaque du 73e régiment de fusiliers.
Le 73e réorganise les ailes à l'intérieur des bataillons dans une action rapide et atteint la route Maresches-Artres à 3h30 de l'après-midi.
Le soir, les bataillons sont réorganisés. 28.10.18. Les attaques partielles commençant le matin après une courte préparation au tir sont rejetées. Le 2e bataillon ramène un mort et 8 blessés anglais de la 61e division. Après la tombée de la nuit, le 164e régiment prend en charge la section du 2e bataillon 29.10.18. Après le remplacement, la sous-section de droite précédente est occupée par : le 3e Bataillon avec les 12e et 10e compagnies sur la droite, 1er Bataillon avec les 2e, 4e et 11e compagnies sur la gauche, et 7e compagnie stationnée derrière l'aile droite du 3e Bataillon. Les 5ème et 6ème compagnies sont en réserve sur la limite ouest de Préseau
Dans l'après-midi, des patrouilles ennemies se dirigent vers la 2e compagnie après avoir précédemment lancé des obus fumigènes sur nos lignes. Ils sont repoussés. De même, une patrouille ennemie est repoussée par la 12e compagnie dans la soirée. La 3e section de mitrailleurs d'élite, toujours affectée au régiment, sera transférée au 164e régiment. 30.10.18. L'activité des aviateurs ennemis est extrêmement intense par temps clair. Les postes de commandement des 1er et 3e bataillons sont sous un feu nourri. Ils sont transférés à l'extrémité ouest de Préseau. Poste de commandement du régiment au Fort de Curgies. 31.10.18. L'attaque ennemie à grande échelle généralement attendue n'a pas lieu. Les pelotons d'obusiers légers sont renforcés par des fusils anti-char. 20 000 cartouches de munitions pour mitrailleuses sont distribuées 01.11.18. A partir de 6h15 du matin bombardement massif sur la largeur du front. À 6h45 du matin, la 111e compagnie d'assaut s'avance vers le Fort de Curgies. A 7 heures du matin, l'ennemi tire des obus fumigènes sur le secteur, puis c'est le rouleau de feu.
Malgré une résistance héroïque, l'attaque ennemie sur la route Artres-Préseau ne tarde pas à gagner du terrain. Les nouvelles parviennent aux états-majors des bataillons que l'ennemi a percé les 10e et 12e compagnies.
A 8h20, les Anglais ont signalé avoir pénétré dans Préseau par le nord. Il semble que l'aile droite du régiment ait été capturée par la droite. En réponse à ce rapport, la 111e compagnie d'assaut est déployée à 8h30 du matin, sur la hauteur entre Préseau et Fort de Curgies.
A 8h50, la 28e division de réserve avec ses chars, prête à intervenir, est déployée.
Dans la section du régiment, le 110e régiment d'infanterie de réserve a la priorité. Quand à 9h15 du matin, les troupes d'intervention, rejointes par le reste de la 111e Division d'infanterie, se sont mises en route, le feu de l'artillerie ennemie était dans la région de Préseau. Notre propre artillerie participe à la contre-attaque au mieux de ses capacités. Leurs munitions sont presque épuisées.
A 10h50, le lieutenant de réserve Bohnsteen signale que la contre-attaque a atteint Préseau et que l'angle nord a été repris. A 11h30, Préseau est dégagé de l'ennemi.
Le reste de l'attaque, dont la cible est la route Artres-Maresches, s'enlise entre Préseau et Maresches vers 12h30 de l'après-midi. Vers le soir, les Anglais attaquent à nouveau, leur artillerie se rapprochant de l'infanterie. Ils ne gagnent pas plus de terrain, mais augmentent l'incertitude de la situation et provoquent un fort mélange des unités. Les pertes du régiment sont lourdes. Parmi les disparus figure le splendide lieutenant de réserve [Hans] Hofeldt, dont le nom, en tant que chef de la 6e compagnie, reste à jamais lié à celle-ci. Remarque : depuis la mission au sud de Valenciennes, je ne suis plus en mesure de donner les chiffres des pertes, car il n'y a pas de documentation disponible. En pièce jointe, je fais suivre les pertes totales du régiment, compilées par le Lt. Hennings. 02.11.18. Pendant la nuit, les formations sont mises en ordre. La 111e division d'infanterie est retirée de la position avancée et occupe une position de protection de l'artillerie, qui se trouve à l'extrémité ouest de Curgies, vers le matin. Le reste du régiment est déployé sur l'aile droite de la division sous la direction du capitaine Beuttel.
Les tirs d'artillerie ennemis qui ont commencé tôt annoncent de nouvelles attaques des Anglais. La position avancée est bousculée
Les éléments du 110e régiment d'infanterie de réserve qui battent en retraite seront utilisés en protection de l'artillerie. Cela rend nécessaire une nouvelle réorganisation de la position.
La moitié droite entre sous le commandement du 76e régiment d'infanterie, la moitié gauche sous le commandement du 110e Régiment d'Infanterie de Réserve. Dans la section du régiment, 2 sous-sections formées sous la direction du lieutenant de la réserve de [Hans] Haugk (IR 164) et du lieutenant Petersen
Etat-Major du régiment à Sebourg.
Train combat à Autreppe
Dans la soirée, silence complet dans la section.
Après la tombée de la nuit, la ligne de résistance principale est ramenée au bord de la colline à l'est du ruisseau Aunelle.
Les patrouilles d'officiers restent au contact de l'ennemi 03.11.18. Vers le matin, le transfert des lignes est achevé sans problème. Une fois de plus, il y a un ordre de réorganisation des unités. Les restes des régiments d'infanterie 76 et 164, de fusiliers n°73 et du bataillon d'entraînement Gerlach [officier adjoint du bataillon ; et si Albert, porté disparu] est placé sous le commandement du commandant du 76e régiment d'infanterie.
Les soldats dispersés, recueillis lors des rassemblements des effets du train sont répartis dans les régiments. Dans le courant de la journée, l'ennemi repousse les patrouilles d'officiers et fait temporairement irruption dans la nouvelle ligne du régiment voisin sur la gauche. Cela nécessite un repli temporaire du flanc gauche et une forte protection par mitrailleuse après ce flanc.
L'Etat-major du régiment se déplace à Eth. 04.11.18. La 8e batterie du régiment d'artillerie de campagne n° 94 est affectée au régiment en tant que batterie d'escorte.
6h15 : des bombardements intensifs commencent sur la section, suite à des attaques d'infanterie repoussant notre principale ligne de résistance sur les hauteurs à l'est de Sebourg et Eth. D'autres attaques échouent. Avant que [n'arrive] le 109e Régiment d'infanterie de réserve, qui a été mis en place pour contre-attaquer, le régiment a repoussé l'ennemi vers la route de Sebourg-Eth dans une contre-attaque indépendante vers 10 heures.
A cette occasion, 38 Anglais sont capturés, que l'adjudant du bataillon Gerlach fait prisonnier en quittant la ligne de front n° 31.
En utilisant le 109e Régiment d'Infanterie de Réserve juste à côté du régiment, la zone de combat est réduite. La situation, surtout sur le flanc gauche, n'est pas claire. 05.11.18. La principale ligne de résistance est ramenée au ruisseau de l'Honelle pendant la nuit.
L'ancienne ligne de résistance principale reste une position d'arrière-garde sous le commandement du Major Zeska, occupée par le 76e régiment et la 111e compagnie d'assaut, soit un total d'environ 50 hommes. Les patrouilles d'officiers seront abandonnées à l'ennemi.
La nouvelle ligne de résistance principale est occupée par les 73e et 164e régiments.
(les numéros correspondent aux positions successives dans le récit ci-dessus)
Vers 3 heures du matin [5/11/18], l'arrière-garde, divisée en 6 patrouilles, retourne sur les hauteurs à l'ouest de Roisin en Belgique.
A 10 heures, l'arrière-garde évite une forte pression ennemie sur les hauteurs à l'ouest d'Autreppe. L'ennemi suit très nettement en tirailleurs suivis de colonnes denses dirigées par des officiers à cheval et des villageois [sic (Einwohnern)].
Vers midi, le commandant du régiment donne ses ordres au 73e régiment de fusiliers et 164e d'infanterie. Les restes du régiment se rassemblent à Blaugies.
Après avoir rassemblé les dispersés, sont créées une compagnie sous la direction du Lt. de réserve Riecken et une unité de mitrailleurs sous les ordres du Lt. Becker. 06.11.18. La compagnie Riecken et l'unité de mitrailleurs Becker sont intégrées au 73e régiment de fusiliers. Les états-majors, éléments du train et les malades du régiment sont logés à Pâturages. 07.11.18. La 111e division d'infanterie est retirée de la zone de combat. 08.11.18. Les restes du régiment servant dans le 73e régiment de fusiliers atteignent Pâturages. De là, le bataillon se dirige vers Mons, où de la nourriture chaude est distribuée. Les positions sont ramenées avant Mons. À 16 heures, le bataillon se rend à Le Roeulx, où il est logé vers minuit. Le 23 août 1914, le régiment a eu son premier véritable baptême du feu dans la région de Mons, près de St Symphorien. C'est une étrange coïncidence que les dernières batailles du régiment pendant la Grande Guerre se soient déroulées dans la même zone. 09.11.18. Marche vers Feluy. Les éléments du train sont avec les bataillons. 10.11.18. Personnel d'encadrement, 1er et 2e Bataillon à Baulers, 3e Bataillon à Alzémont. Les bataillons utilisent des routes secondaires pour les marches suivantes, car les routes principales sont fortement encombrées par les colonnes, ce qui explique pourquoi les effets arrivent souvent aux abris avec beaucoup de retard.
Sur le champ de bataille de Waterloo, qui est atteint au cours de la marche, le commandant du régiment annonce l'abdication de Sa Majesté l'Empereur et Roi.
Retraite, retour et dissolution du régiment, du 11/11 au 17/12/18.
11.11.18. Marche sur Limal, au sud de Wavre, où le train régimentaire rejoint le régiment. Les hostilités cessent à midi [heure allemande] aujourd'hui.
12.11.18. Marche continue et logement : état-major régimentaire et 2e Bataillon à Roux-Miroir, 1er Bataillon à Incourt, 3e Bataillon à Piétrebais. 13.11.18. Marche sur Thisnes. En marche, le commandant de la division, le général [Johannes] von Busse, salue le régiment. Il annonce les derniers événements et déclare que le Reich allemand est défait par la supériorité de l'ennemi, mais que le régiment "Hamburg" rentre chez lui invaincu. Le discours de ce chef très estimé est accueilli avec enthousiasme par les troupes, il se termine par une exhortation à maintenir les hommes dans la tradition. 14.11.18. Jour de repos à Thisnes. 15.11.18. Marche vers Viemme. 16.11.18. Vers midi, la Meuse est franchie à Ougrée. Le régiment s'installe à Angleur, près de Liège. 17.11.18. Continuons via Fraipont jusqu'à Ensival près de Verviers. Le 1er Bataillon est laissé en arrière à Fraipont pour garder un dépôt de nourriture.
18.11.18. Après la relève du 1er Battalion, marche sur Haas près d'Eupen. La frontière allemande est franchie sur la route Limbourg-Eupen. La musique du régiment est, comme souvent dans les marches, le compagnon fidèle des bataillons qui rentrent dans la patrie. Sous la direction de son excellent chef de musique Günzel, il a gagné la sincère gratitude de tous ceux qui ont fait partie du régiment dans ses actions. 19.11.18. Logement local à Roetgen, [frontière B-D actuelle] au sud-est d'Aix-la-Chapelle. 20.11.18. Hébergement local Bergstein et Brandenberg. 21.11.18. Logement local à Vettweiß, où le régiment prend un jour de repos. 23.11.18. État-major du régiment, 1er et une moitié du 2e Bataillon à Dirmerzheim ; l'autre moitié et 3e Bataillon à Konradsheim. 24.11.18. Marche vers Kendenich, repos. Dans l'après-midi, le régiment entre dans Cologne sous les acclamations de la population et prend la relève avec le 1er Bataillon pour garder la partie ouest du pont sur le Rhin.
Le 3e Bataillon reste à la disposition de la Division sur la rive ouest du Rhin. Le bataillon prend en charge la garde du district et fournit des gardes de pont en cas de besoin.
(..................)
[Le 16.12.18, le régiment arrive à Hanovre.]
(..................)
Le 17.12.18 commence la démobilisation du régiment. Les casernes des régiments sont occupées par les formations du bataillon de remplacement. Ce bataillon de remplacement, qui a donné un nouveau souffle au régiment et des forces fraîches pendant 4 ans, et sous l'excellente direction d'anciens officiers tels que les Majors [Chefs de bataillon] Baron von der Tann, von Kalckstein et von Nattermöller, pourrait être qualifié de troupe de remplacement de première classe, est maintenant sous le commandement des conseils des soldats [élus depuis novembre 1918].
(.....................)
Jusqu'au 30. 9. 20, le 76e d'infanterie existe, mais avec sa dissolution les derniers restes du régiment disparaissent. Le régiment d'infanterie "Hambourg" (2e Hanséatique) n° 76 appartient aujourd'hui à l'Histoire. La mémoire de notre régiment, qui peut se compter parmi les meilleurs de l'ancienne armée, va continuer à vivre dans la jeune Reichsheer (sic), où nous pouvons aujourd'hui observer avec joie la culture de l'esprit des anciens soldats dans la
« 9e compagnie du 6e régiment d'infanterie »
qui perpétue la tradition de notre beau régiment.
Sur plus de 3 000 hommes de l'IR 76 qui sont partis à la guerre en 1914, seuls 647 ont survécu à celle-ci.
Cet épisode est relaté bien après les faits dans 2 articles du journal
"Le Grand Echo du Nord de la France" des 19 et 20 octobre 1937
GOSSELIN Clovis, né le 28 juillet 1890 à Valenciennes de Joseph et Rosalie Louise BIGARE, encore vivant au mariage de sa fille le 24/12/1932, demeurant avec son épouse Adolphine DEUDON au 16, rue du Faubourg Ste Catherine.
DUMOULIN Joseph Adolphe, né le 11 aout 1869 à Douai de Adolphe Désiré et Thérèse LESENT, décédé le 29 mai 1932 à Valenciennes, 12, rue Comtesse, où il exerçait le métier de "peintre en voitures" autrefois appelé "peintre en équipages" (dont on trouvera un traité sur le site de la BNF).
A l'époque des faits il résidait à Marly, route de St-Saulve depuis 1907, une maison située sur les "pentes du Mont" du Rôleur - quelques 55m, mais qui a justifié longtemps la présence d'un moulin à vent et le grand gibet de Valenciennes - ce qui lui permettait d'aller facilement "aux pissenlits".
CLARK William Bertram, né à Ripley, district de Belper, comté de Derbyshire le 31/05/1892. Décédé le 03/06/1961, inhumé à Chaddesden, comté de Derbyshire. Ancien officier-chevalier de la Sussex Yeomanry, breveté comme Flying Officer le 22/10/1916, rapatrié le 19/12/1918.
Le 19 novembre 1915 il est 2nd Lieutenant, puis passe Lieutenant le 1 juillet 1917, 2/1st Sussex Yeomanry, "Serving under Air Ministry"
Le document du CICR précise sa date de capture : 26 novembre 1916 (non blessé)
Document du RAF Museum (licence non commerciale) attestant de son rapatriement
Son nom apparait ensuite dans The London Gazette
du 29/11/1919FLYING BRANCH: The undermentioned are transferred to unempld.
ainsi que dans celle du 4 mars 1921TERRITORIAL FORCE. YEOMANRY.
Sa Medal Card pour la médaille de la victoire :
Toute information complémentaire sera la bienvenue, merci aux membres du forum pages14-18 pour leur aide sur la recherche de l'aviateur.
C'est dans la presse locale de 1919 qu'un article du Grand Echo du Nord d'avril relate la création à Valenciennes d'un hôpital néerlandais.
Une page internet en néerlandais relatant le service d'une infirmière (Jannie Folmer) à l'hopital-ambulance hollandais situé dans les locaux du Pré Catelan au Bois de Boulogne (Paris XVIe) en donne l'explication : je traduis ici (texte en bleu) ce qui concerne l'implantation de ces services dans notre ville.
Source : BDIC
Fin de l'ambulance à Paris.
Après l'armistice, l'hôpital [du Pré Catelan] a continué à fonctionner pendant un certain temps, mais le 15 janvier 1919, après plus de trois ans, l'ambulance néerlandaise s'est définitivement arrêtée. Le départ a été célébré le 28 janvier par un repas festif pour le personnel de l'Hôtel du Quai d'Orsay. Parmi les plus de 200 invités se trouvaient des membres de la colonie néerlandaise, des ministres et secrétaires d'État français, de hauts militaires, d'anciens hommes politiques, quelques écrivains.
Dans les discours, les remerciements ont été exprimés envers tout le personnel ambulancier et un toast a été porté. Les politiques ont souligné l'importance des relations morales et politiques entre la France et les Pays-Bas.
Le dernier chef de l'ambulance, le Dr Van Tienhoven*, a souligné que le travail n'était pas terminé et que l'ambulance se rendrait de Paris à Valenciennes pour poursuivre sa tâche dans les régions touchées du nord de la France.
* Arius van TIENHOVEN Médecin néerlandais (1886-1965). Il avait précédemment servi comme chirurgien en Serbie durant la guerre des Balkans et la Grande Guerre.
Il est ici photographié à son retour aux Pays-Bas avec à ses côtés l'infirmière en chef Adrie SCHIPPER.
De Paris à Valenciennes.
Il avait été décidé de ne pas emmener le matériel du Pré Catelan en Hollande, mais de le donner en cadeau à l'une des villes détruites du nord de la France, pour y installer un hôpital pour la population civile. Le choix s'est porté sur Valenciennes. Elle s'appellerait "Fondation Néerlandaise". Le personnel de l'ambulance parisienne se déplace et restera quelque temps à Valenciennes pour installer l'hôpital. Dans la seconde moitié du mois de février, l'ensemble de l'installation a été chargé dans huit wagons de chemin de fer et conduit vers sa nouvelle destination. Dans un délai d'environ quatorze jours, un hôpital pleinement opérationnel pourrait être remis aux autorités françaises.
Le colossal bâtiment carré, l'Hospice général de l'époque de Louis XV, [inauguré en 1767] qui était destiné à l'hôpital, avait servi d'hôpital pour les prisonniers alliés pendant l'occupation allemande. [voir]
Lorsque cette '' Fondation Neerlandaise '' (ou '' Fondation Deterding* '') a été remise au conseil municipal début avril, Van Tienhoven, nommé directeur médical, a fortement désapprouvé un acte des Allemands (également appelé par lui les '' Messieurs d'Europe centrale. "
Juste avant leur expulsion, ils avaient ouvert le compteur de la conduite d'eau et l'avaient entouré de chiffons contaminés. De cette façon, ils espéraient provoquer une contamination, mais heureusement la tentative a été découverte à temps : Van Tienhoven et ses employés ont signé cependant, un rapport officiel de ce crime.
Le bâtiment était dans un état de saleté indescriptible, ce que le Dr Van Tienhoven a traduit par ces mots : "Nous nous sommes demandé si c'étaient des êtres humains ou des porcs qui vivaient ici".
* Henri Wilhelm August DETERDING, né le 19 avril 1866 à Amsterdam et mort le 4 février 1939 à Saint-Moritz.
Au départ, l'argent a été collecté pour permettre à l'hôpital parisien de fonctionner pendant six mois. Les dons continuaient d'arriver et lorsque l'ambulance est partie [des Pays-Bas], le capital était déjà suffisant pour plus d'un an. La pérennité de l'ambulance a été assurée par un don de M. H.W.A. Deterding, qui a couvert les frais de l'ensemble de l'ambulance pendant un an. Henri Wilhelm August Deterding, l'homme qui a fait du groupe Royal Shell une entreprise mondiale, appelé par son biographe le "Napoléon du pétrole", était l'un des hommes les plus puissants et les plus riches de son temps. En juillet 1917, il se déclare même prêt à en supporter les frais jusqu'à la fin de la guerre, quelle qu'en soit la durée. De cette façon, la position financière de l'ambulance était assurée et le travail n'a pas dû être arrêté avant la fin de la guerre elle-même.
L'inauguration officielle du nouvel hôpital a eu lieu le 31 mars. Lors de l'inauguration, tous les membres de l'ambulance étaient présents, le sous-préfet[M. CAUWEZ] et le maire de Valenciennes [le Dr TAUCHON], un représentant du ministère néerlandais des Affaires étrangères, de nombreux politiciens et administrateurs régionaux et locaux français[dont le Dr de LAUWEREYNS, chef du service de santé], des officiers anglais, le consul néerlandais.
(Le Grand Echo du Nord)
Lors de cette inauguration solennelle, tout le matériel de l'ambulance a été officiellement remis à la Commission des Hospices de la Ville de Valenciennes.
L'occupation de cet hôpital était composée de trois médecins, les Drs. Van Tienhoven, Eldering et Leyba, de M. Max J. Meijer comme administrateur, de Mme Van Bevervoorde-Van Rappard, directrice, de Mme Diephuis, chef de service, de 15 infirmières dont Mme Adrie Schipper comme infirmière-chef et d'un infirmier. Ils sont restés quelques semaines de plus, après quoi le personnel français a repris le service.
Retour du personnel ambulancier aux Pays-Bas en 1919.
Dans l'après-midi du samedi 19 avril 1919, à 5h38, l'ambulance néerlandaise fut accueillie de manière festive dans la salle d'attente de première classe de la gare centrale d'Amsterdam, décorée de fleurs.
Lorsque les ambulanciers sont entrés dans la salle d'attente, un grand cri de joie a retenti, suivi d'étreintes et de larmes. Un chœur de femmes a chanté "Wien Dutch blood" et la "Marseillaise". Lorsque le calme est revenu, des discours ont suivi, dans lesquels les participants ont été remerciés pour la manière splendide dont le travail a été accompli dans des circonstances souvent difficiles.
On se souvient également de l'importance que l'hôpital a eue pour les relations franco-néerlandaises. Au nom du gouvernement français, Van Tienhoven a pu promettre à toutes les infirmières la "médaille des épidémies", à son avis la plus belle médaille qui puisse être donnée à une infirmière en France.
L'homme assis au milieu est le Dr VAN TIENHOVEN. La sœur portant le numéro 16 est Adrie SCHIPPER ; au numéro 4 Margaretha PIMENTEL.
Avant de rechercher dans le Journal Officiel si la promesse faite envers les infirmières a été tenue, je fais part du désappointement de l'auteur de la page web sur le devenir de l'ambulance, sentiment peut-être partagé à l'époque.
Malgré la promesse solennelle du maire de Valenciennes de donner au bâtiment de façon permanente le nom de Fondation Néerlandaise (ou Fondation Deterding), ce ne sont pas les Pays-Bas mais Monaco qui est honoré en tant que reconstructeur du bâtiment en 1919. Entre autres avec une référence dans le nom de la rue : Avenue Monaco, et la section des enfants s'appelle Maternité Monaco. Actuellement, l'Hospice Général, le plus ancien monument de Valenciennes, est devenu [après restauration] un hôtel de luxe, avec spa et appartements.
Les Valenciennois savent bien qu'il s'agit de deux bâtiments différents ; il est fort probable que le matériel laissé par le comité néerlandais a continué de servir dans ce qui était alors l"Hôpital Général", situé en centre ville, et qui a ensuite accueilli exclusivement des personnes âgées requérant des soins.
Il existe bien un hôpital subventionné par la Principauté de Monaco, dont une maternité édifiée en 1960, seule unité de soins à porter ce nom (et qui permet à bien des Valenciennois de se dire "né à Monaco"). Cet hôpital avait été décidé en 1913, pour remplacer l'Hötel-Dieu qui se situait Boulevard Saly.
Interrompue par la guerre, la construction n'a pu reprendre qu'en 1926 pour s'achever en 1934. Le nom de l'avenue a été donné en hommage à la principauté amie, marraine de Valenciennes, et qui avait fait don d'une somme importante pour la construction du nouvel Hôtel-Dieu.
Conseil municipal du 10/02/1921
(Un peu plus de la même somme en euros).
Avenue de Monaco et le nouvel hôpital
La recherche des médailles remises à des ressortissants néerlandais au titre de la grande guerre ne relève rien de spécifique à Valenciennes. On y trouve cependant le personnel qui a reçu la médaille d'honneur des épidémies pour ses services à l'hopital du Pré Catelan.
J'ai relevé les noms apparaisant dans les pages déjà citées, notamment à partir d'une photographie légendée provenant du même site. Cette liste n'est pas exhaustive, le poste occupé apparait parfois avec plus de détails.
Zuster (Soeur)
Docteur
Autres
de Groote
de Kempenaer
de Lange
de Langen
den Arend
Disper
Dutry van Hareven
Hoven
Jacobson
Loeb-Wichers
Meijers
Mincke
Muus
Nonhebel
Obreen
Pimentel
Schepper
Schipper Adrie
Schutte,
Van Blijswijk
Van Dantzich
Van der Kemp
van der Plaats
Van Schermbeek
Visser
Broeder (Frère)
Das
Schutte
Bierens de Haan
Hannema
Keukenschrijver
Roes
Viëtor
Van Tienhoven,
Eldering
Leyba
Mme Van Bevervoorde-Van Rappard, directrice
Veschuur (administrateur)
M. Max J. Meijer , administrateur
Blysurjet
Fauet
Van den Wall Bake
Melle Milders (service de maison)
Mme Diephuis
Melle Slichtenbree,
Mme la baronne Lewe van Middelstum
Mme Loeb
Mme Viëtor
Ameshoff (service de maison)
Van Rees (cuisinier)
Régnier (courrier)
Je n'en ai retrouvé que peu, mais la recherche dans les exemplaires du JO numérisés sur Gallica est délicate, la reconnaissance de caractères du journal y étant peu aisée.
La Médaille de la Reconnaissance Française de 1ère classe (vermeil) a été attribuée au JO du 6 mars 1918 à TREUB (Hector), de nationalité hollandaise, docteur en médecine, professeur a l'université d'Amsterdam : a pris l'initiative d'envoyer une ambulance néerlandaise en France (ambulance du Pré Catelan), membre de tous les comités en faveur des œuvres françaises en Hollande.
La médaille de bronze a été attribuée (JO du 15/11/1915) à OBREEN Jacoba :
que l'on retrouve dans la liste ci-dessus
La première Médaille des Epidémies est remise à titre posthume ; le journal l'Exelsior du 27 mai 1918 nous apprend le décès de : Mme J DOORENBOS, née de GROOT, médecin à l'hôpital bénévole néerlandais du Pré-Catelan, morte à l'age de 27 ans, à la suite d'une maladie contractée dans l'exercice de ses fontions.
La médaille de vermeil lui est remise le 12 juin :
Peu de noms coïncident avec l'un de ceux cités précédemment :
PIMENTEL Margaretha
Médaille d'argent JO du 18 mai 1920
MUUS Petronella
Médaille d'argent JO du 18 mai 1920
Van der KEMP Catherine
Médaille de bronze JO du 18 mai 1920
Mais il y a d'autres noms relatifs au Pré Catelan :
Médailles de Vermeil JO du 18 Mai 1920
Médailles d'argent JO du 18 mai 1920
Médailles d'argent JO du 18 mai 1920
Médailles de bronze JO du 18 mai 1920 (dont Melle Van der Kemp, déjà citée)
Médailles de bronze JO du 18 mai 1920
de LEEUW Denis, Médaille d'argent de la Reconnaissance Française (JO du 21/12/1920)
KOPPESCHAAR Anna Maria Clasina, Médaille de bronze de la Reconnaissance Française (JO du 02/04/1919)
WOLFF Jacob Pinéhas, Médaille de bronze de la Reconnaissance Française (JO du 21/02/1921)
J'ai déjà eu l’occasion de signaler la présence de l'artiste britannique Inglis SHELDON-WILLIAMS qui accompagnait la 2e brigade canadienne d'automitrailleuses notamment lors de son passage à Valenciennes. Ayant résidé au Canada, il n’est pas étonnant qu'il aît aimé suivre une unité canadienne. Ayant réalisé des croquis et dessins lors de son parcours qui prend fin avec l'armistice, il publie en 1920, avec Ralf Frederic Lardy Sheldon-Williams pour les textes, un livre intitulé "The canadian front in France and Flanders" : Le front Canadien en France et en Flandres.
A Denain, où eut lieu un office en présence du prince de Galles dans l'église St-Martin, l'auteur rapporte à propos de l'accueil : "Le curé du Sacré-Cœur, depuis les marches du maître-autel - que nous avions aidé à remettre en place - avait dit à ses ouailles que si jamais un soldat Canadien entrait dans Denain chacun devait renoncer à son lit, quand bien même il n'en ait eu qu'un seul. " Mais également : "Les femmes nous ont raconté ces quatre années d'esclavage davantage par leur silence que par des mots. Un étrange engourdissement les saisissait, une transe qui, en de rares occasions, faisait jaillir une flamme de colère et de honte, bientôt éteinte dans sa propre chaleur blanche." qui reflète parfaitement l'état d'esprit des populations libérées.
Le corps expéditionnaire se dirige ensuite vers Valenciennes. La guerre se termine à Mons le 11/11/1918. Ce sont ces 10 derniers jours que je traduis ci-dessous en bleu. (2 dessins ont déjà été signalés ICI)
La progression de Valenciennes à Mons
Les avant-postes britanniques entrèrent dans Valenciennes dès le 22 octobre, mais la ville ne fut effectivement prise que le 2 novembre. Lassés du va-et-vient le long de l'Escaut, le Haut Commandement ordonna une grande opération des troupes britanniques et canadiennes pour le 1er novembre, et dans les vingt-quatre heures qui suivirent l'un des bombardements les plus féroces de la guerre,(1) nous avons chassé l'ennemi de ses positions fortes au sud de la ville, et le jour suivant nous avons achevé notre travail.
(1) Il est ici notamment question de la prise du Mont Houy par les troupes canadiennes, après plusieurs tentatives (25, 26 et 27 nov.) de la part des britanniques. Le succès est effectivement largement dû au bombardement réalisé sous le commandement du général A.G.L. McNaughton. Le traité établi par celui-ci sur la tactique ayant permis la délivrance de Valenciennes est un sujet d'école d'artillerie.
Le terrain, en grande partie marécageux, entre le château de Prés [à Maing] et Valenciennes, était une horrible étendue de morts allemands. Notre barrage avait été établi avec la plus grande précision, et à travers [Trith-]St. Léger, [Trith-le-]Poirier et Aulnoy[-lez-Valenciennes], sa zone de destruction était si précise qu'elle aurait pu être définie à la règle. Ce que nos canons avaient omis d'éliminer fut réglé au coup par coup par baïonnette et mitrailleuse, le Boche, d'ailleurs, venait en masse se rendre. Il n'était pas nécessaire de garder ces prisonniers volontaires. Leurs morts servaient de leçon, ils gisaient dans tous les caniveaux des faubourgs, et je crains qu'ils n'aient été laissés ainsi durant de nombreux jours [mon père, 12 ans en 1918, témoignait souvent de ce fait qui laissait les gamins indifférents]. Nous devions continuer, cimenter la victoire de Valenciennes et rendre le front infranchissable au nord et à l'est. La progression devenait de plus en plus facile chaque jour. L'ennemi était maintenant complètement brisé et sa résistance réduite.
Des rumeurs d'armistice étaient dans toutes les bouches, et les paris dans les mess étaient tous en faveur d'une paix réelle, sinon formelle, dès le dimanche suivant. [ce fut un lundi] L'assurance qu'une cessation des hostilités était imminente a été accueillie avec des sentiments mitigés. Nous avions le sentiment, comme toutes les armées, que les Alliés avaient maintenant une influence négative sur Frère Boche [souvent employé à la place de boche seul] et que, si nous ne disposions que d'une quinzaine ou d'un mois de plus, nous pourrions lui écraser le visage dans la boue si profondément qu'il ne voudrait plus jamais regarder le soleil dans les yeux, et encore moins y chercher une place. Peu de gens, à part le généralissime, sont en mesure de dire jusqu'où cela a pu aller en vérité. J'ai entendu dire, dans des milieux quasi officiels, que les Allemands n'étaient pas aussi déprimés que la plupart d'entre nous le pensaient, ni aussi forts, et que si nous avions refusé l'armistice, nous n'aurions peut-être pas été en mesure de terminer la guerre avant une nouvelle offensive de printemps. Le boche est certainement un "rusé volatile" doté de pouvoirs de résilience semblables à ceux du phénix, et peut-être n'était-il pas dans une situation aussi difficile que nous le pensions, au pire pas in extremis.
Je ne crois pas qu'il y ait eu de pusillanimité dans l'esprit de nos dirigeants, fondée sur un dégoût pour de nouvelles effusions de sang coûteuses qui ne sont pas absolument nécessaires.
L'histoire des cent derniers jours met cette théorie hors de cause. Et mieux vaut un autre mois de combats encore plus intenses que ce que nous avions des raisons de prévoir, une recrudescence de la guerre dans un délai d'un certain nombre d'années. Nous devons supposer que ceux qui sont les mieux placés pour juger, ont jugé sagement en annonçant "Il est temps ! "alors que pour la plupart d'entre nous il semblait qu'on puisse envelopper ce qui restait des armées allemandes dans un grand Sedan, [allusion à l'enveloppement de la place forte en 1870, l'auteur ne pouvant prévoir ce qui allait se produire en mai 1940, même si l'idée d'une autre guerre est évoquée juste au-dessus] si seulement on nous en donnait la possibilité.
En attendant, cette digression nous laisse toujours sur la route qui pointe au nord-est vers Mons, en longeant la grande forêt de Raismes. Mons ! Je pense que tous les hommes du Corps Expéditionnaire espéraient qu'il aurait une place dans le spectacle qui libérerait inévitablement en Belgique l'endroit consacré par les traditions du petit corps expéditionnaire britannique de 1914.
Dessin de l'auteur intitulé "La progression de Valenciennes à Mons"
Mons est tombé aux mains des Canadiens le matin du jour de l'Armistice, le 11 novembre.
Que la prise de cette ville couronne une guerre victorieuse était l'un de ces sublimes coups du sort, qui a fait naître chez certains d'entre nous l'idée d'une influence bienfaisante au service de notre cause, et dont j'ai déjà fait mon hobby. C'était une pure justice si éloquente. Et je ne lis aucune qualification de cette justice dans le fait que c'était la haute prérogative des Canadiens de mettre cette touche finale à la guerre. Votre chicaneur en psychologie protestera contre le fait que les divisions britanniques (impériales) auraient dû avoir la priorité pour entrer dans un lieu dont le nom est synonyme d'une série d'actions d'arrière-garde plus splendides que toute victoire. Mais, à mon avis, l'événement était un signe et un symbole de la fraternité de sang entre Anglais et Canadiens qui ne tient aucun compte des nuances de race, une fraternité dans laquelle l'Angleterre et le Canada deviennent un et indivisibles. La chute de Mons a été la fin du Kaiser-Dom [jeu de mots sur Kingdom : Royaume]. C'est aussi le carillon qui annonce la consécration de l'union d'un Empire libre et démocratique. Il y a un autre point (mineur) concernant la prise de Mons qui a été fructueux de discussion, non sans acrimonie. Il a été demandé à notre commandant en chef d'envoyer le corps d'armée attaquer Mons le matin du 11 novembre, c'est-à-dire à une heure où l'armistice était pratiquement acquise de facto, sinon de jure.
La vérité est que les ordres d'opération pour la prise de la ville étaient énoncés depuis la veille au soir, et indiquaient que nous devions entrer dans Mons cette nuit-là dès qu'il ferait nuit. L'opération a commencé à l'heure prévue, et bien que les Canadiens ne soient pas entrés dans la ville avant 3 heures du matin le 11 novembre, c'était deux heures avant la signature de l'armistice. L'armistice ne fut signé qu'à 5 heures du matin le 11 novembre, et jusqu'à ce qu'il soit signé, personne ne savait qu'il était signé. Tous les grades ont reçu l'ordre permanent de continuer à se battre comme si la paix était à douze mois de distance, et de ne pas tenir compte des rumeurs, officielles ou non. Selon les termes de l'armistice, toutes les hostilités devaient cesser à 11 heures du matin. Elles ont donc cessé. Mais pas avant.
Nous connaissions Frère Boche. Il est regrettable qu'il y ait eu de nombreuses victimes de notre côté dans les dernières heures de la guerre, mais cela prouve seulement que le soldat allemand avait l'intention de continuer à se battre jusqu'à ce qu'on lui ordonne d'arrêter. Son dernier combat a été courageux et a prouvé qu'il était meilleur que ses supérieurs à Potsdam. [la Cour résidait à Potsdam. La ville perdit son statut de deuxième capitale à l'abdication de l'empereur Guillaume II.]
Mais je suppose que lorsqu'il a su que le document était signé et scellé, il était plus satisfait que nous. Ainsi, au sens large, la Grande Guerre se termina, avec le Corps d'armée canadien, par la grâce de la générosité de ses alliés et de ses proches, et en vertu de sa bravoure avérée, dans la fournaise jusqu'à la fin.
Occupation officielle de Mons, 15/11/1918
Ultime tableau sur la guerre, ou plutôt premier d'après guerre : Arrivée sur le Rhin
Le monument aux morts de Quérénaing, dont j'ai traité l'histoire des fusillés de 1914 sur ce même blog, énumère sur l'une de ses faces la liste de victimes de l'évacuation de 1918. Il s'agit de civils que le recul de l'occupant, qu'il s'agisse d'un repli stratégique vers des positions défensives préparées à l'avance, ou un reflux sous la pression des alliés durant les derniers mois de la guerre, a obligé à quitter leur commune pour fuir plus au nord et vers la Belgique. Les troupes d'occupation voulaient ainsi éviter aux populations de se retrouver sur la ligne de front et plus certainement avoir le champ libre, autant pour la défense des positions que pour les destructions organisées, si ce n'est le pillage des maisons.
On ne dispose que des noms, prénoms et âges au moment du décès de 21 personnes : 8 de sexe féminin, 13 hommes et garçons. Certains âges -d'enfants trop jeunes : 4, 6, 9 et 12 ans - ne sont pas indiqués. Les décès connus vont actuellement du 15 octobre au 13 décembre 1918 où la victime décède au retour.
3 familles ont été particulièrement touchées :
BIDAULT : 3 frère et soeurs : Yvonne (6 ans) Raimond (9 ans) et Odette (15 ans).
LENNE : 3 enfants et leur père : François (46 ans), Albert (12 ans) André (17 ans) et Marcelle (20 ans)
MOTTE : le frère et la soeur : Robert 4 ans et Suzanne (15 ans).
NB : l'acte de décès à Roisin de DANHIEZ Georgina comporte une date de naissance postérieure jour pour jour d'un an à celle de DANHIEZ Elisabeth (dite Georgina, autre prénom usuel comme cela se faisait encore au début du 20e siècle) et à celle que l'âge du monument suggère ; le prénom de son père est confondu avec celui de l'un de ses frères (Martial) : les témoins ne sont pas de Quérénaing.
carte des lieux de décès
Voici la liste des victimes, regroupées par patronymes, qui sera mise à jour au fur et à mesure de la découverte des actes de décès qui n'ont pas fait l'objet de transcriptions à Quérénaing (12 retrouvés sur les 21) :
BIDAULT Yvonne Eugénie
née le 03/10/1912 à Quérénaing (59) de Constant Lucien et BLEUSSE Florine,
évacuée de Quérénaing,
décédée à l'âge de 6 ans.
BIDAULT Raymond Arsène Emile
né le 05/05/1909 à Quérénaing (59) de Constant Lucien et BLEUSSE Florine,
évacué de Quérénaing,
décédé à l'âge de 9 ans.
BIDAULT Odette Florine Marie
née le 23/02/1905 à Quérénaing (59) de Constant Lucien et BLEUSSE Florine,
évacuée de Quérénaing,
décédée à l'âge de 15 ans.
BULTEZ René Alexis
né le 25/03/1897 à Quérénaing (59) de Alexis et MOTTE Zélia,
évacué de Quérénaing,
décédé à Quérénaing (59) le 13 décembre 1918 à l'âge de 21 ans.
BULTEZ Victor Joseph
né le 06/09/1875 à Quérénaing (59) de Augustin et GAILLIEZ Catherine,
évacué de Quérénaing,
décédé à l'âge de 43 ans.
BULTEZ Emile
né le 04/06/1858 à Quérénaing (59) de Alexandre et FROMONT Rosalie,
époux de MARECHAL Joséphine,
évacué de Quérénaing,
décédé à Audregnies (B) le 23 octobre 1918 à l'âge de 60 ans.
BULTEZ Jean-Baptiste
né le 02/12/1835 à Quérénaing (59) de Albert et MOTTE Louise,
évacué de Quérénaing,
décédé à l'âge de 83 ans.
DANHIEZ Elisabeth dite Georgina
née le 11/11/1873 à Quérénaing (59) de Charles et DRECQ Louise,
épouse de CARLIER Carlos, boulanger,
évacuée de Quérénaing,
décédée à Roisin (B) le 2 novembre 1918 à l'âge de 68 ans.
DANHIEZ Augustin
né le 06/07/1851 à Quérénaing (59) de Auguste et DEFER Marie Joseph,
évacué de Quérénaing,
décédé à l'âge de 67 ans.
DEFER Celenie
née le 16/01/1855 à Quérénaing (59) de Célestin et BISIAUX Octavie,
épouse de FIERIN Adolphe, décédé,
évacuée de Quérénaing,
décédée à Hornu (B) le 14 octobre 1918 à l'âge de 60 ans.
DEFER Armand
né le 24/03/1848 à Quérénaing (59) de Célestin et BISIAUX Octavie,
évacué de Quérénaing,
décédé à Roisin (B) le 21 octobre 1918 à l'âge de 70 ans.
LEDUC Arthémise Joseph
née le 19/06/1850 à Quérénaing (59) de Hubert et FRECQ Albertine,
évacuée de Quérénaing,
décédée à l'âge de 68 ans.
LENNE Albert Célestin
né le 10/07/1906 à Quérénaing (59) de François et RAVALARD Rosina,
évacué de Quérénaing,
décédé à Roisin (B) le 19 octobre 1918 à l'âge de 12 ans.
LENNE André François
né le 03/12/1901 à Quérénaing (59) de François et RAVALARD Rosina,
évacué de Quérénaing,
décédé à Dour (B) le 3 novembre 1918 à l'âge de 17 ans.
LENNE Marcelle Léontune Isabelle
née le 13/07/1898 à Quérénaing (59) de François et RAVALARD Rosina,
évacuée de Quérénaing,
décédée à Dour (B) le 28 octobre 1918 à l'âge de 20 ans.
LENNE François
né le 08/03/1872 à Artres (59) de Célestin et GARIN Isabelle,
époux de RAVALARD Rosina,
évacué de Quérénaing,
décédé à Roisin (B) le 24 octobre 1918 à l'âge de 46 ans.
LION Gustave
né le 08/06/1853 à Solesmes (59) de François Xavier et CHEVAL Rosalie,
évacué de Quérénaing,
décédé à l'âge de 64 ans.
MARECHAL Eugénie Augustine
née le 22/06/1858 à Maing (59) de Charles et LEDUC Augustine,
évacuée de Quérénaing,
décédée à Audregnies (B) le 30 octobre 1918 à l'âge de 60 ans.
MOTTE Robert
né le 20/06/1914 à Quérénaing (59) de Henri et BLEUSSE Emelie,
évacué de Quérénaing,
décédé à Quérénaing (59) le 14 novembre 1918 à l'âge de 4 ans.
MOTTE Suzanne
née le 08/12/1903 à Quérénaing (59) de Henri et BLEUSSE Emelie,
évacuée de Quérénaing,
décédée à Sebourg (59) le 15 octobre 1918 à l'âge de 15 ans.
VILFROY Eloi
né le 01/12/1854 à Woignarue (80) de Jonas et ALLEN Mélina,
évacué de Quérénaing,
décédé à l'âge de 64 ans.
Il manque actuellement 9 dates et lieux de décès, malgré un examen des localités possibles entre Quérénaing et Mons :
A noter : le couple BIDAULT Constant Lucien - BLEUSSE Florine a eu d'autres enfants par la suite, dont :
BIDAULT Yvonne Raymonde Odette, dont les prénoms rappellent ceux des 3 décédés, née le 16/01/1919 à Noisy-le-sec, et décédée le 14/09/2011 à Quérénaing
BIDAULT Odette Florine Marie née le 25/06/1921 à Quérénaing et décédée le 13/05/1998 à Quérénaing.
Le plus souvent les drapeaux des régiments font état de leurs grandes batailles, remportées de préférence. Ceux des Canadiens qui ont participé à la grande guerre n'échappent pas à la règle, et, pour les unités qui s'y sont battues, "Valenciennes " figure dans la liste des batailles méritant une inscription (battle honour) au drapeau ; cette mention recouvre bien entendu la prise du Mont Houy (10e & 11e Brigades, par le sud puis l'est) -où s'est illustrée l'artillerie canadienne sous les ordres du général A.G.L. McNaughton- et la libération de Valenciennes (12e Brigade, par l'ouest).
Pour autant le nom de la ville n'est pas toujours inscrit sur le drapeau, mais il faut le deviner par exemple dans "Pursuit to Mons", parfois également "Final advance" (de Cambrai à Mons) même si on retrouve la ville citée dans l'historique du régiment ou du bataillon.
Signalons pour commencer que le nom de Valenciennes est gravé -avec celui de Mons- à Ottawa dans le sol de la Chapelle du Souvenir que l'on peut visiter virtuellement. La dalle est à l'entrée, au pied à gauche de l'autel central portant le Livre du Souvenir de la Grande Guerre :
Le bronze vient de douilles d'obus de la guerre
Avec ceux des 7 autres autels, les 8 registres rassemblent les noms de plus de 118 000 soldats canadiens qui ont combattu et qui ont donné leur vie au service du pays. Chaque matin, à onze heures, une page de chaque livre est tournée au cours d'une cérémonie.
On retrouve Valenciennes gravé sur l'un des panneaux énumérant toutes les batailles de la grande guerre méritant un honour, encadrant le poème de John Mc Rae "In Flanders Fields"
De même il existe de nombreux lieux au Canada qui ont pris, ou à qui on a donné le nom d'une bataille où se sont illustrées les troupes canadiennes. Il y a ainsi une "Valenciennes River", affluent de la Bush River dans les rocheuses canadiennes en Colombie Britannique. Un parcours pédestre existe le long du canyon :
Il y a également, toujours en Colombie Britannique, à 20 km à l'est de la rivière, un sommet appelé Valenciennes Peak (ou Mountain) 3085 m, situé entre Cambrai et Zillebeke mountains et au sud de Mons Peak : voir ICI
Voici les drapeaux que j'ai pu trouver, à commencer par le
46th bataillon canadien : "South Saskatchewan", auquel appartenaient le sergent Hugh CAIRNS VC, DCM, mortellement blessé à Valenciennes le 1/11/1918 et son frère Albert décédé le 10/09/1918 de blessures reçues sur la ligne Drocourt-Quéant.
Le 46e Bataillon canadien d'infanterie a été créé le 1er février 1915, avec pour quartier général le manège militaire de Moose Jaw. Le commandement a été confié au Lieutenant-colonel Herbert Snell, un marchand et conseiller municipal de Moose Jaw qui, jusqu'alors, avait commandé le 60e Rifles. Le 46e s'est installé au Camp Sewell, Manitoba (également connu sous le nom de Camp Hughes) le 28 mai 1915. Partis le 18/10 pour Halifax, ils s'embarquent pour l'Angleterre le 23 octobre et arrivent à Plymouth une semaine plus tard. Leur effectif au départ du Canada était de 36 officiers et de 1115 sous-officiers et soldats. Pendant leur entraînement en Angleterre, certaines parties du bataillon furent séparées et confiées à d'autres unités. En retour, le 46e reçoit du personnel d'autres bataillons, comme le 65e Bataillon (Saskatoon). Embarqués à Southampton le 10 août 1916, ils arrivent au Havre le lendemain.
Le 46e Bataillon a servi avec la 10e Brigade d'infanterie, 4e Division canadienne, du 11 août 1916 jusqu'à l'Armistice. L'unité est connue sous le nom de "The Suicide Battalion". Le 46e Bataillon a perdu 1 433 tués et 3 484 blessés - un taux de pertes de 91,5 % - et a remporté 16 honorables batailles en 27 mois. (source : Canadian Expeditionary Force Study Group "The Matrix Project")
Le bataillon a maintenant un successeur qui reprend honneurs et traditions, le régiment "Saskatchewan Dragoons" dont les faits d'armes sont :
Mount Sorrel, SOMME, 1916, Ancre Heights, ANCRE 1916, Arras 1917-1918, VIMY 1917, HILL 70, YPRES 1917, PASSCHENDAELE , Amiens, Scarpe 1918, Drocourt-Quéant, Hindenburg Line, Canal du Nord, VALENCIENNES, France and Flanders 1916-18.
et dont j'ai la chance d'avoir une photo hors-vitrine du drapeau sur lequel figurent les batailles en gras ci-dessus parmi les batailles principales (major battles) :
Les dragoons ont depuis peu un nouveau "Guidon" ajoutant l'Afghanistan à la liste :
La 1ère Compagnie Canadienne de Mitrailleuses est créée au Mont du Cats en janvier 1916,
rebaptisée 1ère compagnie de mitrailleuses canadienne en juillet 1916, composée de sections de mitrailleuses des bataillons d'infanterie de la 1ère Brigade d'infanterie canadienne, 1ère Division canadienne. Les 1ère, 2ème, 3ème et 13ème compagnies de mitrailleuses canadiennes sont détachées de leurs brigades respectives en septembre 1917 et forment les 1ère, 2ème, 3ème et 13ème compagnies du 1er bataillon de mitrailleuses de la 1ère division canadienne, réorganisées le 27 mars 1918 pour former le 1er bataillon du corps de mitrailleuses canadien. (source)
Depuis 1958 c'est le Royal Canadian Hussars qui assure la lignée, reprenant notamment les battle honour de la Grande Guerre dont celles en gras figurent sur le "Guidon" parmi les batailles principales (major battles) :
Mount Sorrel, Somme 1916-18, Flers-Courcelette, Thiepval, Arras 1917-18, Vimy 1917, Hill 70, Ypres 1917, PASSCHENDAELE , Bapaume 1918, Rosières, Avre, Amiens, Scarpe 1918, Docourt-Quéant, Hindenburg Line, Canal du Nord, Cambrai 1918, VALENCIENNES, Sambre, France et Flandres 1915-18.
Le 72e Bataillon d'infanterie canadien a été créé en septembre 1915, il a recruté et mobilisé à Vancouver.
Embarqué à Halifax le 25 avril 1916 à bord de l'EMPRESS OF BRITAIN, il débarque en Angleterre le 5 mai 1916. D'un effectif de 34 officiers et 1094 autres grades, il arrive en France le 12 août 1916, où il fait partie de la 4e Division, 12e Brigade d'infanterie canadienne. De retour au Canada le 13 juin 1919, il fut dissous le 15 septembre 1920. (source :"The Matrix Project")
Les traditions et honneurs du 72e Bataillon d'infanterie sont perpétués par le Seaforth Highlanders of Canada dont les battle honours de la Grande Guerre (en gras parmi les batailles principales) figurent sur le "Guidon" actuel dont je n'ai encore qu'un dessin.
Ypres 1915-1917 ; Festubert 1915 ; Somme 1916 ; Ancre Heights ; Ancre 1916 ; Arras 1917-1918 ; Vimy 1917 ; PASSCHENDAELE ; Amiens ; Scarpe 1918, Drocourt-Quéant ; Hindenburg Line ; Canal du Nord ; VALENCIENNES ; Sambre ; France and Flanders 1915-1918.
Ci-dessous un drapeau plus ancien, les 2 sont issus des couleurs du LXXIIe bataillon comme on le voit sur la photo N&B :
Le 38e Bataillon d'infanterie canadien a été créé en janvier 1915 à Ottawa.
Débarqué en Angleterre le 9 juin 1916, les effectifs étaient de 35 officiers et de 1001 sous-officiers et soldats. Le bataillon est arrivé en France le 13 août 1916, faisant partie de la 4e Division canadienne, 12e Brigade. Il fut ensuite renforcé par le 7e Bataillon de réserve canadien.(source :"The Matrix Project")
Les traditions et honneurs du 38e Bataillon d'infanterie sont perpétués par The Cameron Highlanders of Ottawa (Duke of Edinburgh's Own) dont les battle honours de la Grande Guerre (en gras parmi les batailles principales) figurent sur le drapeau consacré régimentaire actuel dont je n'ai qu'un dessin.
Mount Sorrel ; SOMME 1916 ; Ancre Heights ; Ancre 1916 ; ARRAS 1917, 1918 ; VIMY 1917 ; YPRES 1917 ; PASSCHENDAELE ; AMIENS ; Scarpe 1918; DROCOURT-QUEANT ; HINDENBURG LINE ; CANAL DU NORD ; VALENCIENNES ; Sambre ; France and Flanders 1915-1918.
On retrouve également Valenciennes dans la liste des honneurs de bataille gravée sur la plaque qui se trouve au Governor General's Foot Guards Regimental Museum à Ottawa.
Le 85e Bataillon d'infanterie canadien a été créé en septembre 1915 et mobilisé à Halifax.
Il y embarque le 13 octobre 1916 à bord de l'OLYMPIC, et débarque en Angleterre le 19 octobre 1916. Son effectif était de 34 officiers et de 1001 autres grades. Le bataillon est arrivé en France le 11 février 1917, faisant partie de la 4e Division canadienne, 12e Brigade. Il a ensuite été renforcé par le 17e bataillon de réserve canadien. (source :"The Matrix Project")
Les traditions et honneurs du 85e Bataillon d'infanterie sont perpétués par le Cape Breton Highlanders dont les battle honours de la Grande Guerre (en gras parmi les batailles principales) figurent sur le "Guidon" actuel présenté ci-dessous.
ARRAS 1917, 1918 ; VIMY 1917 ; YPRES 1917 ; PASSCHENDAELE ; AMIENS ; Scarpe 1918 ; DROCOURT-QUEANT ; HINDENBURG LINE ; CANAL DU NORD ; VALENCIENNES ; Sambre ; FRANCE AND FLANDERS 1917-1918.
Le 50e Bataillon d'infanterie canadien a été créé en décembre 1914 et recrute dès janvier 1915.
Le bataillon est parti de Halifax le 27 octobre 1915, et arrive en Angleterre le 4 novembre. Il est affecté à la 10e Brigade, 4e Division canadienne, et sert dans les tranchées de France et de Flandre du 11 août 1916 jusqu'à l'Armistice du 11 novembre 1918. (source :"The Matrix Project")
Les traditions et honneurs du 50e Bataillon d'infanterie sont perpétués par le King's Own Calgary Regiment dont les battle honours de la Grande Guerre (en gras parmi les batailles principales) figurent sur le "Guidon".
YPRES 1915, '17 ; FESTUBERT 1915 ; Mont-Sorrel ; Somme 1916 ; Crête d'Ancre ; ANCRE 1916 ; ARRAS 1917, '18 ; VIMY 1917 ; Côte 70 ; PASSCHENDAELE ; AMIENS ; Scarpe 1918 ; DROCOURT-QUÉANT ; Ligne Hindenburg ; CANAL DU NORD ; VALENCIENNES ; France et Flandres, 1915-18.
Le 52e Bataillon d'infanterie canadien a été créé au printemps 1915 dans le nord de l'Ontario,
Son quartier général de mobilisation était à Port Arthur (Thunder Bay), Ontario. Le Bataillon a rejoint la 9e Brigade, 3e Division canadienne, le 23 février 1916.(source :"The Matrix Project")
Les traditions et honneurs du 52e Bataillon d'infanterie sont perpétués par le Lake Superior Scottish Regiment dont les battle honours de la Grande Guerre (en gras parmi les batailles principales) figurent sur le "Guidon" actuel (dessin ci-dessous).
YPRES 1915, '17 ; Festubert 1915 ; MONT-SORREL ; SOMME, 1916 ; Flers-Courcelette; Crête d'Ancre; Arras 1917, '18 ; VIMY, 1917 ; CÔTE 70 ; PASSCHENDAELE ; AMIENS ; Scarpe, 1918 ; Drocourt-Quéant ; LIGNE HINDENBURG ; Canal du Nord ; CAMBRAI, 1918 ; VALENCIENNES ; France et Flandres, 1915-18.
Le 116e Bataillon d'infanterie canadien a été créé en décembre 1915. Embarqué pour la Grande-Bretagne en juillet 1916, il débarque en France en février 1917. Il a combattu comme composante de la 9e Brigade d'infanterie canadienne, 3e Division.(source :"The Matrix Project")
Les traditions et honneurs du 116e Bataillon d'infanterie sont perpétués par le Ontario Regiment dont les battle honours de la Grande Guerre (en gras parmi les batailles principales) figurent sur le "Guidon" actuel (dessin ci-dessous).
Somme 1916 ; Arras 1917, '18 ; Vimy, 1917 ; CÔTE 70 ; YPRES, 1917 ; PASSCHENDAELE ; AMIENS ; Scarpe 1918 ; DROCOURT-QUÉANT; Ligne Hindenburg ; CANAL DU NORD ; CAMBRAI, 1918 ; VALENCIENNES ; FRANCE ET FLANDRES, 1916-18.
Le 172e Bataillon d'infanterie canadien a été créé en juillet 1916. Il embarque pour la Grande-Bretagne le 25 octobre 1916. Son personnel passe au « 24th Reserve Battalion, CEF » le 1er janvier 1917, fournissant des renforts au Corps d'Armée canadien en campagne. (source :"lignées officielles")
Les traditions et honneurs du 172e Bataillon d'infanterie sont perpétués par The Rocky Mountains Rangers dont les battle honours de la Grande Guerre (en gras parmi les batailles principales) figurent sur le "Guidon" actuel (dessin ci-dessous).
Le 47e Bataillon d'infanterie canadien a été créé en février 1915 et mobilisé à New Westminster.
Le bataillon embarque à Montréal le 13 novembre 1915 à bord du MISSINABIE, et débarque en Angleterre le 22 novembre 1915. Son effectif était de 36 officiers et de 1115 autres grades. Le bataillon est arrivé en France le 10 août 1916, faisant partie de la 4e Division canadienne, 10e Brigade. (source :"The Matrix Project")
Les traditions et honneurs du 47e Bataillon d'infanterie sont perpétués par le Royal Westminster Regiment dont les battle honours de la Grande Guerre (en gras parmi les batailles principales) figurent sur le "Guidon" actuel (dessin ci-dessous).
MONT-SORREL; SOMME, 1916; Crête d'Ancre; Ancre, 1916; ARRAS, 1917, '18; Vimy, 1917; CÔTE 70; YPRES, 1917; PASSCHENDAELE ; AMIENS; Scarpe, 1918; Drocourt-Quéant; LIGNE HINDENBURG; Canal du Nord; VALENCIENNES; FRANCE ET FLANDRES, 1916-18.
Le 5e Bataillon de fusiliers à cheval canadiens "5th Battalion, Canadian Mounted Rifles" a été formé en 1915 à partir du 17e et du 6e "Duke of York Royal Canadian Hussars" ; transportés en Angleterre, ils sont convertis en 1916 en un bataillon d'infanterie rattaché à la 8e Brigade d'infanterie canadienne, 3e Division canadienne, actif en France et dans les Flandres de 1916 à 1918.
Les traditions et honneurs du 5e Bataillon de fusiliers à cheval sont perpétués par le Sherbrooke Hussars dont les battle honours de la Grande Guerre (en gras parmi les batailles principales) figurent sur le "Guidon" actuel (dessin ci-dessous).
MONT-SORREL; SOMME, 1916; Flers-Courcelette; Crête d'Ancre; ARRAS, 1917, '18; Vimy, 1917; CÔTE 70; YPRES, 1917; PASSCHENDAELE ; AMIENS; Scarpe, 1918; LIGNE HINDENBURG; Canal du Nord; Cambrai, 1918; VALENCIENNES; SAMBRE; FRANCE ET FLANDRES, 1915 18.
Le 75e Bataillon d'infanterie canadien a été créé en juin 1915 et a mobilisé à Toronto. Un premier contingent de 5 officiers et 250 autres grades est envoyé en Angleterre le 1er octobre 1915. Le bataillon lui-même s'embarque à Halifax le 1er avril 1916 à bord de l'EMPRESS OF BRITAIN, et débarque en Angleterre le 9 avril 1916. Son effectif était de 36 officiers et de 1114 autres grades. Le bataillon est arrivé en France le 12 août 1916, faisant partie de la 4e Division canadienne, 11e Brigade d'infanterie canadienne. Il a ensuite été renforcé par le 12e Bataillon de réserve canadien.(source : "The Matrix Project")
Les traditions et honneurs du 75e Bataillon d'infanterie sont perpétués par le Toronto Scottish Regiment dont les battle honours de la Grande Guerre (en gras parmi les batailles principales) figurent sur le "Guidon" actuel (dessin ci-dessous).
SOMME, 1916; Crête d'Ancre; Ancre, 1916; ARRAS, 1917, '18; Vimy, 1917; CÔTE 70; YPRES, 1917; PASSCHENDAELE ; AMIENS; Scarpe, 1918; Drocourt-Quéant; LIGNE HINDENBURG: Canal du Nord; VALENCIENNES; SAMBRE; FRANCE ET FLANDRES, 1916-18.
Le 78e Bataillon d'infanterie canadien a été créé en juillet 1915 Le bataillon fut mobilisé à Winnipeg Un premier groupe de 5 officiers et de 250 autres grades est envoyé en Angleterre le 25 septembre 1915. Le bataillon lui-même embarque à Halifax le 22 mai 1916 à bord de l'EMPRESS OF BRITAIN, et débarque en Angleterre le 29 mai 1916. Son effectif était de 37 officiers et de 1097 autres grades. Le bataillon est arrivé en France le 12 août 1916, faisant partie de la 4e Division canadienne, 12e Brigade.(source :"The Matrix Project")
Les traditions et honneurs du 78e Bataillon d'infanterie sont perpétués par le Winnipeg Grenadiers dont les battle honours de la Grande Guerre (en gras parmi les batailles principales) figurent sur le "Guidon" actuel (dessin ci-dessous).
YPRES, 1915, '17; FESTUBERT, 1915; MONT-SORREL; SOMME, 1916; Crête d'Ancre; Ancre, 1916; ARRAS 1917, '18; Vimy, 1917; CÔTE 70; PASSCHENDAELE ; AMIENS; Scarpe, 1918; Drocourt-Quéant; LIGNE HINDENBURG; Canal du Nord; VALENCIENNES; SAMBRE; FRANCE ET FLANDRES, 1915 18.
6 autres régiments ont obtenu de faire figurer Valenciennes dans la liste de leur battle honours, sans que le nom de la ville soit inscrit sur leur drapeau :
On pourrait se demander pourquoi le 44e bataillon (voir le plan de la libération de Valenciennes plus haut), ne porte pas Valenciennes sur son drapeau, mais les attributions d'honneurs de bataille sont très réglementés. C'est actuellement le "successeur" du bataillon qui porte ces honneurs, ainsi : Le régiment [The Royal Winnipeg Rifles] possédait, en raison de la perpétuation des unités du CEC, l'honneur de bataille POURSUITE VERS MONS de la Première Guerre mondiale. Toutefois, cet honneur ne peut être perpétué si un régiment se voit attribué l'honneur VALENCIENNES ou SAMBRE. Un des deux honneurs fut attribué au régiment lors de la perpétuation du « 44th Battalion, CEF ».
Enfin le nom de la ville de Valenciennes apparaît sur ce que nous appelons en France des "Monuments aux Morts" que je recenserai ici au fur et à mesure :
Mémorial de Mattawa, Ontario, Canada. Une ancienne carte postale montre Valenciennes écrit sur la face avant du socle :
Le monument a été déplacé, et Valenciennes figure maintenant sur la face arrière :
Mémorial de Niagara Falls, Ontario Canada. Situé comme son nom l'indique non loin des chutes du Niagara.
Comme les autres régiments allemands déjà étudiés ( IR 76, IR 359, RIR 55, IR 66) le 64e régiment d'infanterie (Infanterie-Regiment General-Feldmarschall Prinz Friedrich Karl von Preußen, 8. Brandenburgisches) protège le repli de l'armée allemande, celle qui combat sur la ligne de front mais également celle d'occupation. Comme le relate l'historique (publié en 1929) dont je transcris (ci-dessous en bleu) le repli de la ligne Hermann vers la ligne Anvers-Meuse. Le récit est dense et le parcours très détaillé, montrant la fierté de ce recul défensif qui sauve une partie essentielle de l'armée allemande, malgré les pertes du régiment.
10 octobre 1918. Il était déjà clair que le caractère de la guerre avait changé. Après l'effondrement de tous nos alliés, il n'y avait plus d'attente pour la victoire. L'objectif final était d'empêcher l'ennemi de pénétrer sur le sol allemand et de gagner du temps pour les négociations diplomatiques de paix. Après la perte de la position Siegfried, le front se retire sur la position Hermann, qui s'étend de Gand en Belgique à Valenciennes-Le Cateau. Pour que ce mouvement se fasse dans l'ordre et que le précieux matériel de guerre soit transporté avant la prochaine phase, l'ennemi en progression devait être arrêté à des endroits appropriés. Cette tâche est attribuée au sud de Douai sur le canal de l'Escaut à la 6e Division d'Infanterie.
L'essentiel est clairement énoncé, un retour "invaincu" de ce qui reste de l'armée.
Combats devant et dans la Ligne Hermann. Bataille de Valenciennes. Les combats de retraite devant la ligne Anvers-Meuse.
Le 64e RI est arrivé à Haspres [venant de Verchain-Maugré] le 10 octobre à 1 heure du matin et a été amené à Loffre, à l'est de Douai ; il est arrivé à Montigny, au nord de celui-ci, vers 6 heures du matin, où, avec quelques difficultés, il s'est installé. Au cours de la matinée, les éléments montés dans les véhicules ont atteint à pied l'endroit qui a déjà fait l'objet de tirs nourris la nuit suivante. Le bataillon Stockmann a été réuni avec les restes du 396e régiment d'infanterie en un "régiment von Tresckow" celui-ci est devenu le 12/10 à 4 heures de l'après-midi, commandant des troupes de soutien à Cantin.
Avec dix heures de travail par jour, la position Hagen a dû être déplacée et reliée par câble [téléphonique]. Le travail était souvent perturbé par l'artillerie ennemie avec des tirs et des gazages. Une attaque sur la section dont le commandant de l'IR. 64 avait pris la tête, n’a cependant pas eu lieu. Derrière le front à Erre, où les équipements étaient stationnés, les remplaçants sont arrivés, qui ont d'abord été envoyés dans un bataillon sous les ordres du lieutenant de la territoriale Gollmann et ont formé la réserve de la division. Le temps disponible a été utilisé pour une formation très nécessaire La position du canal des deux côtés de Douai a été abandonnée le 16/10. La marche de retour vers la position Hermann a commencé. Le bataillon Stockmann a atteint Wallers, où le bataillon Gollmann s'était déjà installé, le matin du 17 octobre. Deux patrouilles d'officiers fortes de deux groupes chacune et d'une mitrailleuse chacun, sous les ordres du Lt. Ifland et du vice-sergent Donath dissimulent la marche par une large occupation de la position Hagen et reprennent les patrouilles restantes sur la rive ouest du canal ; elles se succèdent au cours du 17/10. Le 18 octobre, le régiment marche sur de mauvais chemins à travers la forêt de Vicoigne vers Fresnes au sud de Condé. Il est formé ici avec les remplaçants nouvellement arrivés en trois bataillons, trois compagnies d'infanterie et une compagnie de mitrailleuses chacun. Le 1er bataillon a été pris en charge par le capitaine Stockmann, le 2e par le lieutenant Schala, le 3e capitaine de réserve Wesche. Ce sera la dernière fois que le régiment disposera de trois bataillons en tant qu'unités tactiques, qui ne méritent cependant pas d'être appelés par leur nom en termes d’effectifs. Le 2e Bataillon (sans la 2e compagnie de mitrailleuses) et le 3e Bataillon traversent le canal de l'Escaut le 19 octobre et prennent leurs quartiers à Vicq, tandis que le 1er Bataillon reste pour l'instant sur le canal.
Les troupes ont été chargées de renforcer leur section dans la position encore parfaitement achevée d’Hermann. Pour sécuriser la section du régiment qui s'étendait de Fresnes à Bruay, la 3e compagnie du Lt. Schlüter fut avancée comme compagnie d'avant-poste sur la rive ouest du canal vers la forêt de Raismes. Ils avaient patrouillé dans la zone pour détecter à temps l'approche de l'ennemi et ont pu rendre leurs rapports par signaux optiques. Dans la nuit du 20 au 21 octobre, les Anglais avaient suivi si loin que la position Hermann devait être prise. La principale ligne de résistance était occupée à droite du IIIe bataillon avec la 5e, respectivement 11e, compagnie. Au-delà des passages, des têtes de pont ont été installées. Les mitrailleuses ont trouvé des positions surélevées sur les talus de la voie ferrée et les terrils. Les lanceurs de mines sont restés mobiles et changeaient de position. La position a été élargie pendant la semaine où le régiment l'a tenue, ce qui a entraîné des modifications mineures des frontières Ces changements étaient liés à l'évolution du niveau de l'eau : en raison de l'accumulation de celle-ci dans le canal, il s'est élevé de jour en jour dans le terrain, qui était sillonné de nombreux fossés, de sorte que bientôt, à Bruay et au nord, un seul grand lac s'est formé, duquel seules quelques îles dépassaient. La principale ligne de résistance avait donc été réduite à la hauteur de la bifurcation de la route à 1 km au nord-ouest de Vicq. Le 1er Bataillon, en tant que bataillon de réserve, était logé dans la partie nord de Crespin, où le personnel du régiment prenait également ses quartiers. Ses compagnies ont aidé au raccordement des têtes de pont et ont été utilisées pour le transport de matériel. La zone arrière a également été renforcée et câblée aussi loin que l'eau le permettait. Lorsque l'ennemi a continué à approcher le 22 octobre, les pionniers ont commencé à faire sauter les ponts, ce qui n'a été que partiellement réussi.
Après que les dernières arrière-gardes eurent traversé les avant-postes le 22/10 au matin, l'ennemi se sentit sur ses gardes avec des forces plus fortes à travers la forêt de Raismes dans l'après-midi ; le soir, de plus grandes divisions semblaient s'installer derrière des pièges dans la forêt. Les avant-postes avaient maintenant rempli leur fonction et reçu l'ordre de nettoyer la rive ouest. Mais avant que ce mouvement ne puisse avoir lieu, la 3e compagnie a été attaquée de façon surprenante sur le flanc gauche. Un dépôt de charbon, qui avait été sécurisé par un peloton et une mitrailleuse, a été perdu au cours du processus. Cependant, la compagnie a réussi à atteindre son point de transition et a rejoint son bataillon à Crespin. Le 23 octobre, des patrouilles d'infanterie et de cavalerie ennemies plus fortes ont attaqué nos positions, mais ont été facilement repoussées par le feu des sentinelles et des mitrailleuses. Vers midi, la côte est a reçu les premiers tirs d'artillerie, qui se répétaient désormais quotidiennement sans causer trop de dégâts. En général, les jours sont calmes pour le régiment dans la section entre Condé et Valenciennes. Les troupes, qui savaient que la montée des eaux les mettrait à l'abri des attaques, attendaient avec impatience les événements à venir. La puissance des armes continuait à diminuer et il n'y avait plus de perspective de remplacement utile.
Mine de charbon en feu près de Valenciennes
Une fois de plus l'historique dévoile un aspect peu évoqué. Y a-t-il eu de la part des populations occupées, (ici en Belgique) des tentatives de soulèvement à l'approche de l'Armistice, qu'on ne pouvait manquer de deviner en voyant le recul des Allemands ?
"Néanmoins, le régiment, qui était heureux d'avoir tous les fusils au front, dut mettre deux pelotons, chacun avec deux mitrailleuses, sous la direction de chefs particulièrement énergiques qui devaient intervenir en cas de troubles, même contre les habitants, en raison des conditions incroyables qui s'étaient créées dans la région de l'étape, à St Ghislain et à Baudour, au nord de celle-ci."
Le 25 octobre, les Anglais avaient attaqué avec succès ; dans la soirée du 26 octobre, le 1er bataillon avec des éléments du 396e régiment d'infanterie fut ramené derrière le front menacé par les tirs d'Estreux, à 5 km à l'est de Valenciennes. Les 27 et 28 octobre, les compagnies restent en alerte dans Estreux, qui est par moments sous un feu nourri ; ce n'est certainement pas un mauvais point pour les troupes du front qu'elles poursuivent néanmoins leur entraînement, notamment la 1ère unité de mitrailleuses. Dans la soirée du 28, les deux autres bataillons sont relevés au canal de l'Escaut et se dirigent après un court repos vers Crespin le 29 octobre, à 3 heures du matin, de même vers Estreux. Ici, le régiment était prêt à l'action jusqu'au matin du 1er novembre. Les bataillons se sont répartis à l'extrémité ouest du village, en utilisant les caves et les jardins comme couverture. Avec célérité, ils ont travaillé sur la fortification du village. Les fortifications ont été renforcées et des mesures ont été prises pour la défense aérienne et contre les chars.
Le 1er novembre, toute la région était sous un feu nourri. De nombreux aviateurs survolent le secteur et bombardent les villages et les positions des batteries. Une attaque anglaise est en cours. Le 2e Bataillon à droite, le 1er à gauche occupaient la position de verrou au sud-ouest de Saultain, qui avait été explorée les jours précédents. Le 3e bataillon est resté en deuxième ligne au nord de Saultain. Les projectiles des batteries situées près du barrage ont également touché les bataillons ; le capitaine Wesche a été blessé ici, entre autres. Bientôt les hommes dispersés sortent de la ligne de front, le couloir Marly-Préseau, et l'on apprend que l'ennemi avance sur ce dernier village. La position Hermann est ainsi franchie et devient intenable si la percée ne peut être contenue. À cette fin, le 214e Inf. Div. fait une avancée contre Préseau, qui est rejoint par le 1er Bataillon, aile droite sur la route de Famars. Au cours de la rapide avancée dans la zone de tir, le commandant de la 214e division d'infanterie a remercié tout particulièrement le lieutenant Gollmann, commandant du bataillon, pour son action rapide ; la route Marly-Préseau, position de départ de l'attaque, a été atteinte. Ici, les compagnies se mettent à l'abri des tirs de l'artillerie et de l'infanterie avec une simple bêche. L'aile droite était désemparée, car l'action attendue sur le côté droit ne s'est pas concrétisée. Lorsque le feu s'est un peu apaisé, les compagnies du 1er Bataillon se sont à nouveau précipitées et ont poussé à environ 150 m au-dessus de la route. Puis ils ont cloué au sol les nids de mitrailleuses qui avaient balayé la zone depuis les hauteurs à l'est d'Aulnoy. Des tirs d'artillerie ont été demandés et des mortiers ont été utilisés contre eux. Une fois de plus, des unités affaiblies se sont levées pour envahir l'ennemi, qu'ils croyaient avoir secoué. Puis une forte contre-attaque anglaise a éclaté depuis Préseau, attaque qui a enfoncé le flanc gauche et repoussé le 1er Bataillon en arrière.
L'ennemi apparaît également sur le flanc droit ouvert depuis Aulnoy. De tous côtés, les courageuses troupes d'assaut ont été submergées par les tirs de mitrailleuses et ont subi de lourdes pertes ; entre autres, le Lt Kulcke, commandant la 4e compagnie, le Lt Malak, à la tête de la 1ère compagnie, ont été blessés. Le reste du bataillon a été inondé lors du feu roulant accompagnant l'attaque ennemie. Avec une trentaine d'hommes et une mitrailleuse légère, le lieutenant Gollmann garde la route Marly-Préseau, sur laquelle il parvient à repousser une nouvelle offensive des Anglais. Les IIe et IIIe bataillons, qui avaient pris en charge la protection du flanc droit de la division, devaient regagner la ligne Marly-Aulnoy par une attaque dans l'après-midi à 17h30 avec d'autres unités. L'action a cependant échoué dès le début, car une forte contre-attaque, surtout du côté droit, s'est mise en place.
Dans la nuit du 2 novembre, le régiment, qui avait considérablement fondu à cause des irremplaçables échecs de la journée, a été rassemblé et mis en ordre. Le IIe Bataillon, sur l'aile droite, était situé sur une colline au sud de la voie ferrée Saultain-Valenciennes et avait ses mitrailleuses en position élevée sur le talus de la voie ferrée. Elle prolongeait son aile gauche jusqu'à la route de Famars ; ici, quelques groupes de la 3e compagnie rejoignaient les restes du 1er bataillon, qui s'étaient établis sur la route Marly-Préseau. Les tirs continus de l'infanterie et des mitrailleuses ont maintenu l'ennemi à terre. Le IIIe Bataillon est devenu réserve dans la région au nord de Saultain. A peine le regroupement était-il terminé qu'à 6h30 du matin, soudain, le feu d'enfer commence ; l'ennemi apparut en épaisses masses derrière un fin rouleau de feu et repousse les fines lignes du Ier bataillon vers la grand-route Saultain-Valenciennes. Le bataillon a été dispersé et rassemblé à Estreux pendant la journée. Le IIe Bataillon a rejeté l'attaque, mais il n'y avait aucun lien avec la droite. Il a sécurisé son aile droite en utilisant des parties de la 8e compagnie sur la route à l'est de Marly ; derrière lui, le IIIe Bataillon a pris position sur la hauteur au nord de Saultain avec le front à l'ouest. Au petit matin, des colonnes marchant vers le nord depuis Famars ont été observées, signes qu'elles étaient prêtes pour une nouvelle attaque. Le feu de destruction nécessaire n'a cependant pas été assez fort pour briser les unités. Dans certains cas, les tirs étaient également trop courts et dans leur propre ligne. Après une forte préparation d'artillerie, les Anglais avancent vers 4 heures de l'après-midi. Devant le front du IIe Bataillon l'attaque s'est complètement effondrée sous le feu défensif des fusiliers et des mitrailleuses.
D'autre part, l'aile droite, dont la seule mitrailleuse a été neutralisée par un tir direct, n'a pas pu résister à un assaut soutenu par des véhicules blindés venant de Marly. Le bataillon doit d'abord être ramené sur le remblai de la voie ferrée, qui ne peut cependant pas être défendu à long terme contre les offensives du front et de l'arrière droit. C'est pourquoi les compagnies, couvertes par le feu des mitrailleuses, se sont lentement déplacées vers la route Marly-Sebourg et ont repris position avec le front au nord-ouest. Le lieutenant Schala conclut son rapport sur cette action par les mots suivants : "Le fait que nos fantassins, malgré toutes les épreuves qu'ils ont subies ces derniers temps, aient pu résister à un ennemi bien supérieur en nombre et en matériel est la preuve que l'esprit du régiment est resté le même que celui décrit dans les rapports de l'armée sur les périodes de combat précédentes ».
Il en va de même pour les deux autres bataillons. L'attitude du régiment a été explicitement reconnue par le commandant de la division. Mais la force de combat était devenue si faible qu'il était nécessaire de détacher le régiment de l'ennemi afin d'établir une nouvelle ligne défensive plus en arrière. Au petit matin du 3 novembre, les unités, pour autant qu'elles aient été réunies, ont été renvoyées dans la zone située au nord et au sud de Rombies. Ici, le IIe Bataillon devait occuper la principale ligne de résistance à l'extrémité ouest du village et avait la 11e compagnie comme réserve derrière lui. Au préalable, le Ier Bataillon s'est mis en place avec ses faibles forces et a mis en avant trois postes de sous-officiers. Pour sécuriser les mouvements, le IIe Bataillon occupe l'extrémité ouest et sud d'Estreux comme arrière-garde avec la 9e et la 10e compagnie, qui est retenue jusqu'à 10 heures du matin. Les patrouilles ont essayé en vain de rejoindre la droite et la gauche. Puis une deuxième position d'arrière-garde à l'est d'Estreux a été occupée, comme ordonné, et dans la première, deux premières patrouilles d'officiers, chacune avec une mitrailleuse légère, ont été laissées en arrière.L'ennemi n'a pas ressenti le besoin de les combattre avant le début de l'après-midi et a tenté de les isoler de l'ouest en coupant à travers la zone environnante. Tant que les munitions étaient suffisantes, les patrouilles tiraient avec un succès visible sur toutes les cibles qu'elles pouvaient trouver, pour ensuite passer à la 9e et à la 10e compagnie. L'ennemi progresse vers la route Estreux-Sebourg, mais est arrêté par un tir efficace devant le front des deux compagnies d'arrière-garde.
Le 4 novembre, l'Anglais gagne de nouveaux secteurs à Sebourg, de sorte que le flanc gauche du IIIe bataillon doit être replié. Enfin, le bataillon avec ses deux compagnies réduites risquait d'être repoussé, et comme aucune connexion n'a pu être trouvée du côté droit non plus, il est revenu se déployer à l'est de Rombies comme on le lui avait ordonné.
La 11e compagnie avait été poussée dans la ligne de front, qui était sous un feu nourri. Les Anglais n'ont pas réussi à faire face au petit nombre de défenseurs fatigués de Rombies avant la fin de l'après-midi. Malheureusement, les positions du 1er Bataillon sur l'aire de trafic avaient pris trop de temps ; elles avaient été dépassées et seuls quelques groupes étaient encore rassemblés à Rombies. Le Ier Bataillon en tant que tel a dû être dissous ; le reste des trois compagnies d'infanterie du Lt. Coulon et la compagnie de mitrailleuses du Lt. Roetdenbeck ont d'abord formé une réserve dans un ravin à l'est de Rombies, le Lt. Gollmann a repris le III. bataillon. La position Hermann est désormais définitivement abandonnée, et les combats de retraite ont commencé vers la position Anvers-Meuse, une ligne qui, partant de la Forteresse d'Anvers, passe à l'ouest de Bruxelles via Charleroi en direction de Givet vers la Meuse, puis remontait en amont. Ce mouvement ne pouvait pas non plus être réalisé en une seule fois. Des équipements de combat irremplaçables se trouvaient à nouveau en position hostile à la ligne, et quelque 80.000 blessés ont dû être ramenés des hôpitaux militaires qui s'y trouvaient. L'ennemi devait être stoppé avant chaque section appropriée. Mais la résistance ne pouvait durer longtemps nulle part. Les troupes étaient trop faibles en nombre pour cela, et étaient trop à plaindre mentalement et physiquement. Les unités ont clairement disparu sous les yeux des quelques chefs restants.
La 6e Division d'infanterie, pour autant qu'elle soit encore en discussion, s'est détachée de l'ennemi à minuit du 4 au 5 novembre à Rombies, grâce à la reprise des débris de ses régiments, afin de faire un nouveau front à Angre. Le bataillon Gollmann y a occupé la principale ligne de résistance le 5 novembre ; le 9ème à droite, la compagnie Coulon au milieu, le 10ème à gauche et le 11ème en réserve derrière l'aile gauche. Le bataillon Schala était troupe de soutien dans la partie nord d'Angre. L'ennemi a d'abord bombardé sur l'ancienne position à l'ouest de Rombies, puis a déplacé son feu vers la nouvelle ligne avec des batteries avancées. Sous la protection de ce rouleau de feu, son infanterie s'est approchée du front jusqu'à environ 1000 m, d’où les canons ont été retirés. En face de l'aile gauche, où le terrain favorisait l'approche, des troupes plus fortes ont réussi à s'approcher à environ 100 m. Le lieutenant Gollmann avait soutenu cette aile surtout avec des mitrailleuses, qui, en combinaison avec l'artillerie, essayaient de tenir l'ennemi en échec. À 17 h 30, le bombardement s'est intensifié jusqu'à devenir un feu roulant, et les troupes qui s'étaient accumulées entre-temps se sont avancées vers la tempête. A droite et au milieu, l'attaque a été repoussée dans le sang. Sur la gauche, cependant, notre ligne avait été repoussée jusqu'à la limite du village.
Mais jusqu'à la toute fin, fidèle au vieux principe du 64e selon lequel l'attaque est la meilleure défense, lorsque le feu de l'artillerie s'est à peine atténué, ces unités en lambeaux et usées, soutenues par quatre mitrailleuses de la 3e compagnie de mitrailleuses et des groupes de la compagnie Gropius, qui venaient d'arriver au bon moment, reprirent la contre-attaque et repoussèrent l'ennemi sur sa position initiale. Cet acte, qui a reçu la reconnaissance spéciale de tous les supérieurs hiérarchiques, montre ce qu'une poignée d'hommes courageux sont capables d'accomplir sous des chefs déterminés malgré la plus grande fatigue ; mais il montre aussi que la puissance d'attaque de l'ennemi a commencé à s'affaiblir sensiblement. Mais les troupes épuisées n'ont plus pu profiter de cette faiblesse. Au contraire, on peut seulement expliquer que le Lt Gollmann a dû signaler que ses hommes étaient maintenant trop épuisés pour résister à une attaque plus forte. Pour ne rien arranger, un temps froid et humide s'est installé pendant ces journées. Dans la nuit du 6 novembre, la ligne de résistance principale est renforcée par tout ce qui est encore susceptible de combattre au 64e ; la réserve forme une compagnie du 24e régiment d'infanterie. À 6h30 du matin - il fait encore complètement nuit - bombardement roulant recommencent sur un large front. Une heure plus tard, l'Anglais a attaqué sous la puissante protection de son artillerie et repoussé l'aile gauche au fond du ruisseau. Cependant, il n'osa pas pousser dans la partie sud d'Angre, de sorte qu'une partie des compagnies Marquardt (10e) et Peters (11e), qui s'étaient déjà retirées sur la rive est du ruisseau, put à nouveau occuper la bordure sud-ouest du village. Entre-temps, cependant, l'ennemi était entré dans le village par le nord-ouest, qui ne pouvait plus être tenu. Les unités qui s'accrochaient encore à la ligne de front étaient maintenant au bout de leurs forces physiques et de leurs nerfs. Au nord et au sud d'Angre, les Anglais étaient déjà passés par Baisieux et Autreppe à cette époque, de sorte qu'il était impossible de rester à Angre. Le reste des troupes de combat se retire donc vers midi sur Audregnies. C'est là que le Lt. Schala prend le commandement et dirige le petit détachement, composé des restes de toutes les compagnies, fatiguées et gelées jusqu'à Elouges à minuit, après avoir été relevées par le 8e bataillon d'assaut, où elles prennent des quartiers précaires dans la partie ouest. Des unités dispersées, que le Lt. Bechly avait encore recueillies à Audregnies et avec lesquelles la limite ouest du village était occupée, s'étaient jointes. Au cours de ces combats de retraite, le 6, le régiment perd un de ses derniers officiers d'active, le lieutenant Rödenbeck, chef de la 1ère compagnie de mitrailleuses. Il est grièvement blessé et meurt le 15 novembre au Kriegslazarett I à Bruxelles. [Rödenbeck Eduard (20.04.1892 Coblenz). Eduard Rödenbeck ruht auf der Kriegsgräberstätte in Brüssel-Evere. Endgrablage: Block 2 Reihe 23 Grab 499]
Le 7 novembre au matin, l’unité Schala, constituée de deux compagnies, occupe une position à la limite ouest d'Elouges. L'Anglais avait rapidement suivi et à 7h30 du matin, il progressait déjà dans la partie sud de la ville, acclamé par les habitants. Au début, les compagnies s'étaient installées à l'intérieur d'Elouges. Mais ensuite, ils se lancèrent dans une contre-attaque rapide le long du talus de la voie ferrée sud avec une compagnie du 61e régiment d'infanterie, repoussèrent les Anglais et leur prirent deux autres mitrailleuses. Finalement, ils ont occupé un terril au sud du village et ont tenu les patrouilles anglaises à distance. Ce fut la dernière action de combat du 64e régiment d'infanterie pendant la guerre mondiale. —
C'est un destin particulier que, à quelques kilomètres seulement d'Elouges, de Jemappes et de Frameries, le régiment ait pu cueillir, en août 1914, ses premiers lauriers victorieux : en 1914 et 1918, contre nos ennemis les plus acharnés, les Anglais. — [n'est-ce point là le sort de tout envahisseur ? NDT]
Après l'avancée réussie de l’unité Schala, les Anglais n'osent pas attaquer à nouveau. Ce n'est que vers 17h30, lorsque Elouges fut évacué selon les ordres, qu'ils revinrent dans la ville derrière les patrouilles qui étaient restées face à l'ennemi jusqu'à la fin ; il y avait encore des tirs dans les rues, l'officier d'ordonnance de l'état-major du régiment, Lt. Gropius, a été blessé à plusieurs reprises, mais il a pu être mis dans une voiture qui s'apprêtait à partir et emmené à temps. A 6 heures de l'après-midi, le dernier à quitter ce lieu très inhospitalier fut le commandant du régiment avec les officiers d'état-major et le fidèle compagnon d'armes du régiment pendant toute la guerre, le capitaine Gnügge du 3e régiment d’artillerie de campagne.
Dans la soirée du 7 novembre, le détachement Shala a marché via Jemappes-Mons jusqu'a Maisières (au nord de Mons), complètement surpeuplée, où ils ont trouvé un logement provisoire le 8 novembre au début de la journée. Sous une pluie battante et dans l'obscurité, ils ont marché en fin d'après-midi du même jour via Masnuy-St. Pierre jusqu'à la petite ferme de la Ramée, et le lendemain, 9 novembre, via Soignies jusqu'à Henripont, où les logements étaient également très exigus. Pour soulager les troupes, les matériels avaient été acheminés à bord de véhicules motorisés. A Henripont, ils sont réunis avec le régiment. On avait encore trouvé des unités éparses, de sorte qu'à des fins tactiques, un bataillon pouvait être constitué de trois compagnies d'infanterie et d'une compagnie de mitrailleuses. Ainsi, les troupes atteignirent Lillois-Witterzee le 10 novembre et Ohain le 11 novembre, où elles furent logées dans des quartiers convenables pour la première fois depuis longtemps.
Parmi les unités étudiées à ce jour, celle-ci est la plus en retrait au moment de l'armistice, ce qui lui permet de passer la frontière belgo-allemande (alors à Welkenraedt) le 18 novembre. A marche forcée le Rhin sera franchi le 23 novembre, "dans un ordre exemplaire - deux colonnes de marche de part et l'autre - sur le pont Hohenzollern entre Cologne et Deutz." Je reprends le récit à Ohain, à 20km au sud-est du centre de Bruxelles.
En ce lieu, le commandant du régiment, revenu de Spaa (sic) après une absence de plusieurs jours, a annoncé lors d'un appel nominatif durant l'après-midi que l'armistice était conclu depuis midi [heure allemande]. Il est compréhensible que le soldat se soit réjoui de la fin de la guerre, surtout d'une guerre comme celle qu'il avait menée ces dernières semaines. Cependant, l'annonce des conditions d'armistice a eu un effet dévastateur.
Le commandant a exprimé les sentiments du régiment en soulignant qu'une force qui se trouvait loin en territoire ennemi ne pouvait en aucun cas être considérée comme vaincue. —
C'est une vision poignante qui s'est déroulée sous nos yeux dans les dernières pages, la lutte à mort du 64e régiment d'infanterie, qui a été gravement éprouvé dans la bataille défensive de Cambrai, et qui a été remis en ligne sans interruption, juste temporairement comblé et réorganisé. À Valenciennes, il a tenté en vain de conjurer le sort en contre-attaquant et en tenant bon en défense. Finalement, il s’est vidé de son sang en durs sacrifices lors des combats de retraite devant ligne Anvers-Meuse. Son effectif était de plus en plus réduit. Mais dans le noyau qui tenait au drapeau, le vieil esprit est resté vivant. Le régiment était imprégné de la volonté de gagner jusqu'au dernier jour de la bataille et était inspiré par l'esprit d'attaque avec lequel il avait pris le terrain en 1914. Seul un petit nombre, à peine capable de se battre, a pu survivre invaincu à la fin de la guerre.
Le temps des héros fut, Le temps des héros sera, tant que les chants résonnent et que les gens écrivent. Nous, nous étions là, autorisés à mener les batailles ! Une chance inouïe d'être l'Histoire.
Né à Guise (Aisne) le 14 juillet 1883 de Jean Louis et LAURENT Virginie Louise, Guillaume ALBARET habite à Rousies (Nord) lors du recrutement de sa classe en 1903. Matricule 1343 à Avesnes, il est incorporé au 145e RI le 16/11/1904, où en vertu de l'article 21, il obtient une dispense pour ne faire qu'un an. Il épouse à Rousies le 28/03/1908 CORNUEZ Maria Adelaïde née à Maubeuge le 07/01/1891 Désiré et BOMBLET Elise.
Installé à St-Amand-les Eaux en 1914 comme chauffeur d'auto, réserviste au 84e RI, resté dans ses foyers à la mobilisation (il est réformé pour "perte de l'oeil droit" en 1910), il voit arriver l'occupant le 24/08/1914. A plusieurs reprises il ira porter lettre et colis aux prisonniers de Maubeuge. Il se rend ensuite en Hollande transmettre au consulat à Flessingue des renseignements recueillis en pays occupé. Passant en France libre, il est finalement classé "service auxiliaire pour diminution de l'acuité visuelle" au bureau de recrutement d'Avesnes à Brive et "renvoyé dans ses foyers" en fait à Amiens où il réside rue Denfert-Rochereau, devant son insistance, il est finalement affecté au service de renseignements de la 2e armée. Il est alors envoyé en mission dans les lignes ennemies : deux premières mission le conduisent à être déposé en avion près de Bohain ou il recueille des renseignements utiles à nos armées, et repart comme il était venu : en avion.
La décision est prise de l'envoyer une troisième fois à Saint-Amand cette fois ; le 10 septembre 1915, vers 6h30, Mme Palmyre DUFRESNES, cultivatrice à Nivelle voit un avion français, piloté par l'adjudant Lesort, atterrir près de sa ferme sur la route de St-Amand. Alors que les soldats allemands accourent, un homme saute de la carlingue et court se cacher dans un fossé, dans lequel il rampe jusqu'à la maison de Mme Dufresnes. S'étant présenté, elle décide de le cacher au grenier alors que les Allemands sont à la porte ; il lui a laissé sa sacoche contenant des pigeons qu'elle demande à sa fille d'emmener au dehors tandis qu'ils fouillent la maison. C'est au moment où ils allaient découvrir la cachette de l'espion comme ils le nommaient déjà, que l'un des soldats trouve un cheval caché par la fermière, qu'il s'empressent d'emmener, abandonnant la perquisition.
Albaret put alors se présenter, donnant à la fermière des journaux français et des lettres de soldats pour les habitants de St-Amand. C'est avec l'aide du commissaire de police NONON et de M. Paul MANCHE marchand de bicyclettes à St-Amand, qu'il remplit sa périlleuse mission, recueillant des renseignements à Valenciennes, Lille, Tournai, Douai. Les informations sont transmises grâce aux précieux pigeons-voyageurs.
Puis, au jour dit, un avion doit venir le reprendre, mais un épais brouillard empêche tout atterrissage, il attendra six jours de suite. Ne pouvant plus compter que sur lui-même, il se cache en foret de Raismes, M. Paul Manche insiste pour qu'il se réfugie chez lui, où durant trois mois et demi il se cache dans une citerne qu'il avait vidée à cet effet. Durant ce temps, les Allemands qui le cherchent interrogent et malmènent son épouse ; malgré son évacuation vers la France libre via la Belgique, l'Allemagne et la Suisse, elle décède le 14 Août 1917 à la villa Bellevue, hôpital auxiliaire d'Evian-les-Bains, première ville française libre à l'accueillir.
En janvier 1916, dans le but de rejoindre la France libre, il tente par trois fois de passer la frontière hollandaise, sans succès. Il revient à Rousies où demeurent ses beaux-parents : dénoncé, arrêté, il saute de l'automobile qui l'emmène à Maubeuge et reprend sa vie errante.
Le 1er mai 1916, il est de nouveau arrêté, à Jeumont, alors qu'il repartait vers la frontière hollandaise. Les Allemands n'ont que peu de renseignements à son sujet, ce qui n'empêche pas le conseil de guerre siégeant à Maubeuge de le condamner à mort pour espionnage. Le 1er juin, alors que le peloton s'apprête à l'exécuter, arrive l'ordre de surseoir : une nouvelle dénonciation confirme l'arrivée d'un espion le 10/09/1915 à St Amand, mais ses amis lui ont forgé un alibi, et c'est un soldat allemand qui déclare qu'à cette date le suspect se trouvait à Rousies.
Innocenté, il est cependant envoyé dans une colonne de travailleurs (ZAB) s'efforçant encore selon certains de renseigner les alliés. Une nouvelle fois son activité a été relatée en détail aux Allemands et le 10/10/1918 il est arrêté, emprisonné à Valenciennes, puis dirigé vers la prison de Mons pour l'instruction de son procès. Le 3 novembre 1918 il s'évade de sa cellule. Mons est libéré par les Canadiens le 11/11/1918, jour de l'Armistice, il est définitivement libre.
Il est cité à l'ordre du Grand Quartier Général en date du 01/01/1919. Sa citation lui vaut la médaille militaire et la croix de guerre avec palme.
JORF du 03/05/1919
La médaille des évadés, créée le 20/08/1926 lui sera accordée au titre de la guerre 1914-1918 par décret du 7/05/1929, avec citation à l'ordre de la division :
"Surpris par l'invasion, a réussi à s'évader pour se mettre à la disposition de l'autorité militaire". (JO du 07/06/1929)
En décembre 1932 son État des Services mentionne une maladie grave, il décède à St-Amand le 11/03/1933.
Dans l'immédiat après-guerre, les tribunaux ont jugé les traîtres et dénonciateurs, ce dont la presse s'est fait l'écho. Camille Albaret a témoigné dans les procès de deux d'entre eux :
En mars 1919, à la suite d'une enquête faite par M. Nonon (cité plus haut) commissaire de police, la femme T..., de la Zinguerie est arrêtée et transférée à Lille sous l'inculpation de dénonciation de Camille Albaret.
En mai 1920 se tint devant la cour d'assise de Mons (B) le procès du sieur Félix-Aimé Bréda, né à Liège le 26 mars 1879, ex-marchand d'articles de pêche à Maubeuge. De nombreux faits lui étaient reprochés, dont celui de l'arrestation de Camille Albaret :
Bréda fut, pour l'ensemble des charges, condamné à mort, et la sentence commuée en détention.
Sources : "L'Egalité" de Roubaix Tourcoing, Le Grand Écho du Nord.
Le livre "Unter dem Roten Kreuz im Weltkriege" (Sous la Croix-Rouge pendant la guerre mondiale) publié à Berlin en 1934 est disponible à la Bibliothèque Nationale Numérique de Haute-Autriche.
On y trouve sous forme d'illustrations des références à l'action de l'organisme dans le transfert des blessés à Valenciennes, sans malheureusement d'explications complémentaires ni de localisation précise.
Transport des blessés en péniches sur les canaux du Nord de la France, apparemment par beau temps.
Transports de blessés à Valenciennes, on remarquera l'utilisation de 2 remorques dites " Mannesmann" du nom du créateur-fabriquant pour le transport de blessés allongés. Celles-ci sont montées sur roues équipées de pneus.
La voiture attelée porte l'inscription Bayer.(ischer) Ländes Hilfs-Verein Société de secours de la croix rouge de Bavière
Voici une autre photographie, issue du fonds Maurice Bauchond (Archives du musée de Valenciennes) montrant un de ces convois. On peut imaginer le calvaire des malheureux blessés confrontés aux cahots des pavés.
Transport de blessés à Valenciennes (en civière et en profitant de fenêtres à allège basse)
Transport de blessés à Valenciennes, mettant à profit les tramways (Strassenbahn) réquisitionnés et transformés en ambulance. On remarque sur le coté de la voiture le marquage : E.S.K. A.6.A. pour " Etappen Sanitäts Kraftwagen Abteilung 6.Armee" Service d'ambulances d'Etape de la 6e Armée
Tramways (qualifiés de trains de banlieue) utilisés également à Cambrai. On y retrouve la même inscription E.S.K.A.6.A. ainsi que III. Zug. B.S.K.K. "Bayerische Sanitäts Kraftwagen Kolonne" Convois Bavarois d'Ambulance, 3e Section.
L' "Illustrierte Geschichte des Weltkrieges" (Histoire illustrée de la guerre mondiale) offre un court récit de l'évacuation de Valenciennes devant l'avancée des armées alliées fin octobre 1918 :
le texte se trouve dans le n° 220 page 315.
En voici la traduction :
L'évacuation de Valenciennes. Depuis des semaines, un cauchemar planait sur la ville si accueillante de Valenciennes. Le tonnerre du canon semblait se rapprocher chaque jour ; de Cambrai et de Douai les habitants fuyaient en masse vers l'est dans l'espoir de sauver leur vie devant les canons alliés qui tiraient sans pitié sur leur ville. Valenciennes devrait-elle subir le même sort que les autres villes françaises ?
Französische Landeseinwohner flüchten vor der französischen und englischen Beschießung. Les habitants français fuient les bombardements français et britanniques. (ville non située)
Cette angoissante question était omniprésente sur les visages inquiets des habitants. Alors que le crépitement des armes de petits calibres se faisait entendre dans la direction de Solesmes et que de lourds impacts s'approchaient de la ville, la peur panique s'empara de la population. Tout le monde a fait ses bagages et s'est préparé pour le voyage. Au cours des derniers jours, l'offre de paix allemande avait fait naître une forte lueur d'espoir dans l'ambiance sombre qui régnait parmi les Valenciennois : elle offrait le meilleur compromis possible. Quelques jours encore et le cessez-le-feu pouvait être là, Valenciennes serait sauvée !
Il en a été autrement.
Les tentatives désespérées des alliés qui visaient Valenciennes, ont provoqué la fuite des habitants. La ville condamnée se comporte alors comme une fourmilière affolée. Les plus incroyables moyens de transports furent utilisés pour transporter le plus possible de biens : des charrettes à bras à deux roues, des brouettes, des landaus et des vélos ont été chargés aux cotés de lourdes voitures de ferme et autres camions.
Pour ce qui pouvait ne pouvait être chargé sur des camions, des colonnes de chariots militaires tirées par des chevaux ont été fournis par les départements militaires. Naturellement, ces moyens de transport ne pouvaient suffire à plus de 30 000 âmes. Les cargaisons étaient entassées haut sur les charrettes, car tout le monde avait hâte d'en prendre le plus possible ; beaucoup de poussettes, comme on pouvait le prévoir, se sont effondrées sous le poids.
Perplexe sur un boulevard, l'infortunée propriétaire d'un tel équipage avec ses enfants ; ses prières adressées à ses compatriotes restent vaines. Le conducteur d'un équipage dont le véhicule est déjà lourdement chargé, ramasse et emballe tout le matériel avec la poussette sur sa voiture puis il met la femme avec ses enfants sur le siège du cocher et marche à pied à côté de ses chevaux.
Dans une rue, deux vieilles femmes gémissent à côté d'un landau brisé. Un capitaine redresse le chariot très chargé et aide les deux petites mères à se rendre au bureau du commandant, où elles déposent leurs affaires sur des chariots à bœufs, mis à la disposition des habitants qui ont des difficultés à marcher.
Partout les habitants sont pleins de louanges sur la serviabilité des Allemands. Les malédictions et les menaces ne s'appliquent qu'aux «libérateurs», les habitants innocents doivent maintenant fuir leurs projectiles.
"Que veulent-ils de plus que ce que les Allemands leur ont offert, pourquoi ne font-ils pas la paix maintenant ? Notre pauvre ville serait sauvée ! "
Cette description est à comparer avec le récit d'un Valenciennois :
Les civils du Valenciennois dans la Grande Guerre 1914-1918
Les victimes civiles, otages, prisonniers, internés, déportés, fusillés de Valenciennes, du Valenciennois et des territoires occupés durant la Grande Guerre 1914-1918 et les militaires directement concernés.