J'ai déjà abordé le thème à propos des carrés militaires, français (105 noms), russes et britanniques, puis du cimetière allemand créé pendant la guerre. Dans le premier sujet, je n'ai fait que citer (et photographier) les plaques lues sur les tombes, même si pour quelques-unes j'avais déjà eu l'occasion de demander rectification.

     Le hasard de la recherche dans les registres du CICR m'ayant fait découvrir trois noms de prisonniers de guerre décédés à l'hôpital militaire allemand de Valenciennes durant la guerre, je passe maintenant en revue, parfois avec une certaine surprise, les informations disponibles sur les soldats français du carré militaire.

     Le site officiel "Sépultures de Guerre" reprend simplement les noms, ainsi que régiment et date de décès quand ils figurent. Il faut donc chercher dans les fiches des "Morts pour la France" quand on en trouve avec ces pauvres informations de départ. On peut alors compléter avec les États Signalétiques et des Services et acte ou jugement de décès (original, transcription) disponibles aux archives départementales quand ces documents sont accessibles.

     Les soldats décédés en Août 1914 (22) sont victimes des combats auxquels ont pris part les rares troupes françaises du secteur qui faisaient face à l'envahisseur, notamment à Crespin. S'y ajoutent 9 autres inhumations jusqu'en décembre.

On compte également :

  •  7 décès en 1915
  •  1 en 1916
  • 11 en 1917
  • 17 en 1918
  • 20 en 1919
  •  9 en "1914-1918"

Ainsi que 8 sans information mais qui passent pour être de la seconde guerre mondiale (avéré pour quelques-uns), ainsi qu'un soldat belge décédé en 1940.

      Même si Valenciennes n'a plus été le lieu de combats durant la guerre, les civils qui ne manquaient pas de se rendre sur les tombes des soldats Français (ou d'assister comme mon père à leur enterrement comme enfant de chœur) en ont été les témoins.

Je tente de rendre hommage à ceux qui sont "un peu oubliés" en publiant au fur et à mesure de mes investigations, jetant parfois une bouteille dans la mer du web, en espérant ....

 


 

Je commence avec un cas "exemplaire", celui de la
Tombe n° 265 :

 Source: Externe

PETIT Marcel, Soldat, 27e R.I.T.
Mort Pour la France le 1-9-1914

 

     Rien d'étonnant à trouver une fiche "Mort pour la France", sauf qu'il y en a deux ! Les prénoms diffèrent, après rectification, les dates et lieux de naissance et décès sont identiques, mais les lieux de transcription de ces derniers différent :

MPLF Petit MMLA    MPLF Petit MP

 C'est à partir des registres de décès que l'on découvre qu'il s'agit de deux soldats différents :

PETIT Marcel Pierre apparaît bien dans le registre de Valenciennes en 1914, acte N°563 dressé le 2 septembre 1914 :

"Le premier Septembre mil neuf cent quatorze, une heure du soir, Marcel PETIT, soldat au 27e régiment territorial d'infanterie, 8e compagnie, matricule 174, classe 1899, (sans autre renseignements) est décédé à l'ambulance du collège de jeunes filles, boulevard Pater, 8, canton est, ....."

    Probablement a-t-il été blessé le 25 Août lorsque la 8e Cie du 2nd Bataillon cherche à se dégager de Valenciennes devant la progression ennemie. La compagnie embarque à Le Cateau vers Amiens le lendemain.

JMO 19140825

L'acte de naissance (n°6) à La Bosse (Sarthe) le 29 juillet 1879 de Marcelle (sic) Pierre, fils de Louis Joseph PETIT et de Louise MEDAR ainsi que son ESS à Mamers confirment les données de la fiche.

Bien entendu, sans nouvelle, la famille a tenté d'en savoir plus via la Croix-Rouge. On trouve pas moins de 6 fiches à son nom, suite à enquète : on le croit à Wurzburg, où il n'est pas ( une lettre du soldat PETIT Pierre conservée en témoigne). Son épouse renouvelle ses demandes en donnant un maximum d'information.  On peut espérer qu'une réponse lui a été donnée dès que le Comité à obtenu l'information suivante le 21 octobre 1916 :

DC 5788


sinon, c'est avec la Gazette des Ardennes du 29 avril 1917
dont dispose le CICR mais qui n'est pas distribuée en France libre que l'on apprend son inhumation à Valenciennes.

Son nom figure pourtant dès 1915 sur la plaque apposée dans le cimetière d'honneur (Ehrenfriedhof) où étaient enterrés les militaires (Allemands et Alliés)

PETIT MaMStRoch

 



C'est bien à Châtillon-sur-Seine que l'on retrouve (acte n°156 du 23/10/1918) la transcription du décès de :

PETIT Marcel Marie Louis Albert "...sergent, 6e Compagnie , 27e régiment d'infanterie, n° matricule 07085, né le 6/01/1889 à Champeix (Puy-de-Dôme) domicilié en dernier lieu à Pontailler-sur-Saône (Côte-d'Or) décédé au secteur Ouest du Mont Cornillet près de Reims, le 17 avril 1917 à six heures. Mort pour la France ; lieu d'inhumation inconnu..." le lieu de résidence est rectifié dans le même acte : Châtillon-sur-Seine.
L'acte de naissance à Champeix confirme les données de l'acte de décès : les parents sont PETIT Louis Albéric et MENETRIER Jeanne Léopoldine.
L'ESS révèle que le sergent PETIT, classe 1909, matricule 374 au recrutement d'Auxonne, était avocat et qu'il avait déjà été blessé, d'un éclat d'obus à la tête, au bois de Baugny (Meuse) le 11 octobre 1914.

Il s'agit donc bien de deux soldats distincts, une demande de rectification a été déposée auprès du site Mémoire des Hommes concernant PETIT Marcel Marie Louis Albert. Le souci, une fois celle-ci réalisée, sera la mise à jour des sites de généalogie qui ont exploité ces données sans vérification.

 


 Tombe n° 261:

Source: Externe
PHAM VAN HANG travailleur indochinois
Mort pour la France en 1919

     C'est l'un des travailleurs indochinois restés bien après l'armistice et qui est - probablement- décédé de la grippe espagnole (la version officielle est "bronchopneumonie") à l'hôpital militarisé de Valenciennes le 13 juillet 1919. Sa fiche MDH est le seul document officiel dont on dispose avec l'acte de décès (vue 127, n°501) enregistré à Valenciennes.
Le nom est PHAM VAN LONG 1ère Compagnie, groupe 130, né en 1889 à Jengia, Thanh Hoa, Tonkin, actuel Viet-Nam. Je n'ai pas trouvé la localisation de Jengia (Zengia ?) : un lieu de la circonscription de Thanh Hoa dans une version phonétique altérée du mot ? Peut-être Yen Giao.

Une demande de rectification du nom et de la date a été déposée auprès du Pôle des sépultures de guerre.

 


 Tombe n° 272 :

Source: Externe
PIGUET L.
Mort pour la France en 1914-1918

 

     PIGUET Louis Hippolyte est né le 24/10/1897 à St Amour (Jura) de Jules Marie Victor et BACHELARD Jeanne Marie, matricule 993 de la classe 1917 à Lons-le-Saunier, il est incorporé avec celle-ci par anticipation le 8 janvier 1916 au 5e Bataillon de Chasseurs à Pied et passe au 67e BCP 6e compagnie le 19/02/1917.

Il est blessé à Chevreux près de Craonne, Chemin des Dames le 3 juin 1917.

Chevreux

 

Puis cité à l'ordre du bataillon le 26/01/1918 :

Piguet Citation

Il est fait prisonnier le 12/07/1918, probablement avec ceux du Bois du Billot près de Moreuil (Somme), actuel Bois des couleuvres.

PG Bois du Billot

Bois du Billot

PIGUET PG


Probablement blessé, il décède au Kriegslazarett 122 de Valenciennes le 8 septembre 1918.

Il n'y a pas d'acte de décès à son nom à Valenciennes, l'occupant ne transmettant plus à cette époque les informations à l'état-civil. Ses actes de naissance et de décès (transcription du 15/10/1920) à St-Amour ne sont pas disponibles.

    Si l'on peut aujourd'hui dérouler la chronologie, il n'en était pas de même au moment du décès. On trouve en effet dans les fiches du CICR une demande de renseignement faite le 22 janvier 1919 par Melle Léa PIGUET. Peut-on imaginer la détresse de la famille sans nouvelle 6 mois après le décès, la Croix-Rouge ne trouvant rien au camp de Limburg. Espérons qu'ils ont été avertis avant la transcription de 1920.

  • Sa fiche "Mort pour la France" sur le site Mémoire des Hommes.
  • Son État Signalétique et des Services fait état de la Croix de Guerre étoile de bronze.
  • Son nom figure au monument aux morts de St-Amour.

 

Une demande a été déposée auprès du Pôle des sépultures pour que la plaque de la tombe comporte prénom, date et régiment.


 Tombe n° 248 :

Source: Externe
PLANTIN Antoine Soldat 12e Chasseurs à cheval
Mort pour la France le 24/04/1918

 

 PLANTIN Antoine Laurent est né le 28/06/1891 à Simiane (basses-Alpes) d'Auguste et de ARNAUD Caroline. De la classe 1911 il est engagé volontaire pour 3 ans le 16/08/1909 au 13e Régiment de chasseurs à cheval. Nommé brigadier, réengagé à partir du 16/8/1912 au 12e RCC pour un an, puis pour un second. Parti aux armées à la mobilisation, il est blessé au combat du 7/8/1914 à Champey (Meurthe et Moselle) et cité à l'ordre du régiment.

ESS citation 1


Maréchal des Logis en 1915, Croix de guerre avec étoile de bronze en juillet 1915, il cité à l'ordre du 67eRI, auquel le 1er escadron du 12e RCC a été associé, la 12e DI ne disposant pas initialement de cavalerie divisionnaire, dans l'opération du 12 Août 1917.

12eDI 1917


Croix de guerre avec 2 étoiles de bronze.

ESS citation 2


     Il est porté disparu le 31/03/1918 à Grivesnes (Somme). L'avis du ministère du 16/5/1918, précise officieusement qu'il est prisonnier.

12DI 19180330


L'enquête auprès de la Croix-Rouge le signale décédé au Lazaret de Valenciennes le 21/04/1918, son ESS indique qu'il y a été inhumé au cimetière des Héros. (Ehrenfriedhof dans les documents allemands.)

CICR Plantin

Il n'y a pas d'acte de décès dans les registres de Valenciennes, les Allemands ne communicant plus l'information. La transcription faite à Simiane le 7/12/1921 n'est pas disponible en ligne.

Le décret présidentiel du 4/10/1919 lui attribue la croix de guerre avec palme à titre posthume.

JORF 19191119


Son nom figure au monument aux morts de Simiane-la-Rotonde.


Tombe n° 276 :

Source: Externe
POIRRIER C.
Mort pour la France en 1914-1918

     On ne pouvait pas démarrer avec moins d'information. A ces nom et initiale ne correspondent que 3 soldats morts pour la France qui n'ont pas été faits prisonniers ni déclarés disparus et dont le lieu de décès est clairement exprimé. Même constatation parmi les prisonniers recensés par le site de la Croix-Rouge (45 avec ces références) dont seuls 3 sont décédés en captivité sans que rien n'indique que ce soit à Valenciennes ou environs. Si le nombre de réponses augmente avec la recherche sur la variante POIRIER C. (32 sur Mémoire des Hommes, voire plus avec un second prénom) aucun ne correspond au lieu d'inhumation. Les variantes POIRIEZ/POIRRIEZ/POURRIER n'apportent rien de plus.

Pour le moment ce soldat est un inconnu avec pour seul élément de mémoire un nom de famille sans certitude.


 

Tombe n° 284 :

Source: Externe
POURCELLE Paul
15e Section Infirmiers Formation Sanitaire
Mort pour la france le 26-4-1918

 

POURCELLE Paul Isidore est né le 14/01/1888 à Lille de Théophile et CARDINAEL Léonie. Matricule 1427 classe 1908 à Lille, il fait son service dans les Sapeurs-Pompiers.

Rappelé le 2/8/1914 à la 1ère Section d'Infirmiers Militaires, puis à la 15e SIM ; il est porté disparu à Hangard(-en-Santerre) "lors de la prise de ce village par l'ennemi" d'après son ESS qui donne la date du 12 Août (1917), alors le combat débute le 12 avril 1918, qui s'accorde mieux avec la date de décès du 26 avril. Son décès ne sera notifié que le 10/10/1918.
Récit du Capitaine Delvert (source BNF) :

Delvert

     Ces douze journées du 13 au 25 Avril, au milieu des nappes de gaz asphyxiants, ont causé de lourdes pertes au régiment, le 165e RI : 29 officiers, 89 sous-officiers, 840 caporaux et soldats sont tués, blessés (181 hommes seront intoxiqués et devront être évacués) ou disparus dont le chef de bataillon Delache (cité ci-dessus) fait partie.

Paul POURCELLE apparait 3 fois dans les liste de décès du CICR, sans apporter plus de précision quant à sa capture ; cette version décrit cependant les causes du décès

11718
Soldat à la 15e Unité Sanitaire, né le 14.1.1888 résidant à Lille, - décédé le 26.4.1918
à la suite d'une amputation de la cuisse droite à l'hôpital de guerre de Valenciennes.
- Enterré dans le cimetière d'honneur de cette ville.

Il est déclaré Mort pour la France : sa fiche MDH confirme les circonstance du décès.

Son nom figure au monument aux morts d'Haubourdin (Nord).

 


Tombe n° 220 :

Source: Externe
PREVERT Alfred Soldat 26e R.I.T
Mort pour la France le 24-8-1914


PREVERT Alfred Alexandre
est né à Courberie (Mayenne) le 01/10/1878 d'Etienne et RIOULT Victoire. Matricule 562 classe 1898 à Mayenne, il effectue son service au 102e RI. Rappelé au 26e Régiment d'Infanterie Territoriale à la mobilisation, il est tué le 24 Août 1914 à Crespin (Nord) et y est inhumé avant de l'être dans le carré militaire de Valenciennes.

Le 84e Division d'infanterie Territoriale (25, 26, 27 et 28emes RIT) ne pouvait espérer repousser la 1ère armée allemande arrivant par la Belgique -dont tous les plans français adoptés estimaient que la neutralité serait respectée- et qui repousse le petit Corps Expéditionnaire Britannique (en orange sur la carte ci-desous). Le désavantage est si net que douaniers et gendarmes feront également le coup de feu. L'état-civil de Crespin -première ville après la frontière- a dédié un registre particulier aux 51 morts (dont 45 du 26eRIT) de cette journée.

carto19140824
(extrait de la carte du jour sur le site carto14-18)

Historique du 26e RIT.

Il est déclaré Mort pour la France : sa fiche MDH

Son nom figure sur la plaque d'église faisant office de monument aux morts de Courberie, maintenant Lassay-les-Châteaux.

 


 Tombe n°231 :

Source: Externe
QUESNE Casimir Soldat du 26e RIT
Mort pour la France le 15-10-1914

QUESNE Casimir Joseph né à Courcité (Mayenne) le 28/09/1873 est l'ainé des 7 enfants d'Isidore et MAITRE Anne. Classe 1893 il fait son service en 1894 au 102e RI. Rappelé lors de la mobilisation au 26e Régiment d'Infanterie Territoriale, 3e bataillon, 9e Compagnie, il est déclaré Mort pour la France le 18 octobre 1914 à l'hôpital auxiliaire n°2a, sis au Collège de Jeunes filles, 8 Boulevard Watteau (actuel Collège Watteau) de Valenciennes (en territoire occupé depuis près de 2 mois). Son acte de décès (n°688) est disponible à l'état-civil de cette ville.

    Les recherches effectuées auprès du Comité International de la Croix-Rouge par son épouse et le curé de Courcité indiquent dans une première réponse du 17/12/1914 qu'il est porté disparu de sa compagnie le 9 octobre au combat de Mouchy les Aeillettes qui pourrait être Douchy les Ayettes, au sud d'Arras.

En réalité à cette date le 3e Bataillon recule en retardant l'ennemi qui tente de le déborder sur la route de Ransart à Monchy-aux-Bois, plus à l'ouest que Douchy, et à la gauche de laquelle se tient le 3e bataillon ; il y aura probablement été blessé, capturé et soigné à Valenciennes. La journée du 9/10 aura coûté 5 officiers et 637 hommes au régiment.

19141009
carte complète des positions sur carto14-18


Une autre réponse du CICR à la famille indique également la capture à Solesmes le 25/8 de Quesne Joseph du 26RIT, date à laquelle le régiment faisait effectivement face à la 1ère armée allemande (voir le parcours de PREVERT Alfred ci-dessus).

    Il faudra cependant attendre la parution de l'information dans l'une des listes de "soldats inhumés derrière le front" par la Gazette des Ardennes du 29 avril 1917 pour que le CICR communique la nouvelle aux demandeurs le 16 juin de la même année.

Son nom figure sur la plaque apposée dans le cimetière d'honneur (Ehrenfriedhof) où étaient enterrés les militaires (Allemands et Alliés)

plaque

Sa fiche sur le site Mémoire des Hommes

Son nom figure au monument aux morts de Courcité :

courcité

 

Une demande a été déposée auprès du pôle des sépulture pour la rectification de la date de décès.


 Tombe n° 233 :

Source: Externe
RECOURT Eugène Soldat 7e R.I.T.
Mort pour la France le 25/10/1914

RÉCOURT Eugène est né le 11/10/1879 à Eperlecques (Pas-de-Calais) d'Albéric et DELHELLE Marie. Classe 1899, il effectue son service au 127eRI. Rappelé au 7e Régiment d'Infanterie Territoriale (2e bataillon, 6e compagnie, 1re section) lors de la mobilisation, il décède le 25/10/1914 à l'Hôpital Auxiliaire n°2bis de Valenciennes.

     On n'a pas de détail sur sa capture ni sa blessure : le Journal de Marches et Opérations du 7eRIT, comme souvent dans les JMO de cette période, ne donne pas d'information précise. Seul l'Historique du régiment reconstitue les faits, alors que le celui-ci était affecté à la défense du camp retranché de Calais. Dès le recul des Allemand sur la Marne, il faut placer entre eux et la mer un "rideau de troupes pour donner l'illusion" que les forces françaises y sont déjà concentrées.

 Le 25 septembre 1914, un bataillon de marche avait été formé à Calais. Un premier détachement, comprenant la 1ère et la 2e compagnie, avec la première section de mitrailleuses, est dirigé avec des éléments du 5e territorial, sur Douai, sous le commandement du chef de bataillon Bricout, du 7e. Il prend part aux combats de septembre et d'octobre, devant Douai, à Hénin-Liétard et à Beaumont et est capturé presque en entier par un ennemi infiniment supérieur en nombre. Le 27 septembre 1914, les deux autres compagnies du bataillon de marche (6e et 7e) partent sur Tournai avec la deuxième section de mitrailleuses, sous le commandement du chef de bataillon Caron, du 5e territorial, et participent aux combats livrés au nord de Lille, notamment à Lesquin. Ces deux détachements ont été particulièrement éprouvés.

C'est donc dans l'action au Nord de Lille que RÉCOURT Eugène aura été blessé et capturé.

     Comme toujours dans le cas de soldats décédés en territoire occupé, la famille tarde à recevoir des informations ; il y a 3 fiches au CICR : n'ayant plus de nouvelle depuis le 2 octobre 1914, Mme Récourt à Wisques questionne la Croix-Rouge.

L'une des réponses, dont on espère qu'elle a précédé la date de communication écrite, donne des précisions sur le lieu et sur le fait que le cercueil (n°18) a été déposé en fosse commune.

Réponse Récourt

La référence (+7152) correspond à l'une des multiples listes de soldats inhumés (Gräberliste),

DC 7152

Information qui est de la même époque que la parution dans la Gazette des Ardennes d'une liste de "Soldats Français inhumés derrière le front" le 29 avril 1917, mais qui n'est pas accessible aux Français du territoire non occupé.

Il a été déclaré Mort pour la France : (fiche MDH)

Son nom figure aux monuments aux morts de Wisques et d'Eperlecques


 Tombe n° 259 :

Source: Externe
RENAUD Joseph Soldat 6e Tir.
Mort pour la France 14-2-1919

RENAUD Joseph Marie Grégoire : tout est dit et illustré sur le blog familial.


Tombe n° 227 :

Source: Externe
RENAULT Joseph Soldat 6e R.I.T.
Mort pour le France le 24-8-1914

 

RENAULT Joseph Michel Florentin René, né le 1/10/1876 à Larchamp (Mayenne) de Florentin et PORTAIS Marie, Matricule 877 classe 1896 a effectué son service au 103e RI puis au 2e Régiment d'Infanterie de Marine. Rappelé à la mobilisation il est affecté au 26e Régiment d'infanterie territoriale qui se trouve confronté à l'avance de la 1ère Armée allemande, alors que la défense du secteur était plus que légère le long de la frontière, la Belgique -neutre- ne devant pas être envahie selon les plans français. (voir carte ci- dessus, parcours du soldat PREVERT).

Sa fiche Mémoire des Hommes le signale décédé à Crespin le 24 Août 1914.
Il n'y a cependant pas d'acte à ce nom dans le registre spécial de Crespin pour ce jour où le 26eRIT y subit de lourdes pertes (44 morts), mais on y trouve celui-ci :

AD RENAULT Crespin
qui est sans conteste (malgré une inversion nom/prénoms due probablement à des documents abimés) celui de RENAULT Joseph. C'est d'ailleurs à ce même nom déformé que l'on trouve une fiche du CICR renvoyant vers une liste parue dans la Gazette des Ardennes N°206 du 11 juin 1916 qui relève les soldats inhumés originellement à Crespin. Il ne semble donc pas qu'une enquête ait été demandée durant la guerre : peut-être la famille a-t-elle été avertie rapidement par un camarade de combat.

Son nom figure au Monument aux Morts de Larchamp :

MaM_Larchamp

 


Tombe n° 238 :

 Tombe
RIBLIER Alcide Soldat 233e RI
Mort pour la France 3-8-1918

RIBLIER Alcide Octave André, né le 21 août 1897 au Chènedouit, canton de Putanges, arrondissement d'Argentan, département de l'Orne, de Louis Auguste Isidore et DUFAY Maria Zoé. De la classe 1917, matricule 455 au recrutement d'Argentan, il est incorporé le 7 janvier 1916 au 5e RI, passe au 36e RI le 11 novembre 1916, puis au 233e RI, 23e Cie le 17 août 1917.
Il est tout d'abord porté disparu au combat de Corgy le 12 juin 1918 :

JMO p99 sur 167

Gorcy


      Déclaré prisonnier (depuis le 8 juin) en Allemagne sur les informations reçues de la mairie de Chènedouit qui avait entamé des recherches auprès du CICR, le comité, près avoir mentionné qu'il a écrit "par" Limbourg qu'il était malade le 17 juin, reçoit une nouvelle demande d'information de M. Pierre Riblier à Paris le 7/10/1918, pour apprendre ensuite qu'il est décédé le 3 août 1918 à Valenciennes.

  • A-t-il réellement été prisonnier au camp de Limburg, qui l'aurait renvoyé au Lazarett de Valenciennes et pourquoi ?? Son état signalétique et des Services indique qu'il est décédé dans ce camp .....
    Son nom figure bien sur les listes de décès de Limburg du 10 octobre, avec toutefois quelques inconnues, comme son lieu de capture :

    Riblier Limburg

    Son nom figure sur le monument aux morts de Chenedouit :

    MaMChenedouit


Tombe n° : 228

Source: Externe
RIVIERE Charles Soldat 7e R.I.T.
Mort pour la France 9-5-1918

RIVIERE Charles né le 03/12/1886 à La Chapelaude (Allier) de Blaise et DECHET Marie. Classe 1906 matricule 1203, il effectue son service militaire au 139e RI ; rappelé à l'activité le 9 juin 1915 il est affecté à la maison Courbaise à Maurs (extraction du tanin du bois de châtaignier), puis à la poudrerie de St Thomas. Affecté au 3e RI le 01/07/1917, puis au 7e RI le 13/03/1918, il est porté disparu au combat de Hangard le 24 avril 1918.

Hangard
Le JMO du régiment le 24 Avril est visible ici
L'Historique du 7eRI (qui cite le nom de Rivière) ici.

En réalité prisonnier, blessé et soigné à Le Quesnoy (Nord), il y décède  le 09/05/1918.

CICR Rivière
Soldat au 7e régiment d'infanterie, 131e division d'infanterie,
né le 06/12/1886 à la Chape-Claude, décédé le 09/05/1918
  suite à un éclat d'obus dans la cuisse droite
à l'hôpital de guerre bavarois de Le Quesnoy.
Enterré au cimetière municipal local.
(source CICR)

Son nom figure au monument aux morts de La Chapelaude.

MaM Chapelaude

  Une demande va être déposée auprès du pôle des sépultures pour la rectification du régiment.


Tombe n° 298 :

Source: Externe
RIVIERE Hippolyte Soldat 21eRI
Mort pour la France 20-1-1915

 

RIVIERE Hippolyte né le 23/10/1881 à Valay (Haute-Saône) de Jean Baptiste et LAPRET Marie. Classe 1901 matricule 1013, il effectue son service au 109e RI. Rappelé au 21eRI à la mobilisation, parti le 6/9/1914 il est fait prisonnier le 4 ou 5/10/1914 à Ronchin (59) au sud de Lille, lors de l'encerclement de la ville par les troupes allemandes qui - cherchant à déborder nos troupes par l'Ouest - remontent vers la côte belge.

JMO 19141005


Blessé par balle, il est soigné à l'Hôpital Auxiliaire n°2 de Valenciennes que les allemands ont investi le 24 Août ; ambulance initialement française située au lycée de jeunes filles, boulevard Pater. Il y décède le 20 janvier 1915, et est inhumé au cimetière St Roch, carré militaire construit par l'occupant, tombe n°25. Les communications à travers le front étant inexistantes, la famille a tenté les démarches habituelles auprès de la Croix-Rouge. Il semble qu'il ait fallu attendre juillet 1917 pour que le décès leur soit communiqué alors que l'acte d'état-civil avait été dressé en mairie.

7152

Son nom figure au monument aux morts de Valay :

MaM Valay


Tombe n° 221 :

Source: Externe
ROMME Jean-Marie Soldat au 26e R.I.T.
Mort pour la France le 24-8-1914

 

ROMMÉ Jean-Marie Ernest né le 16/03/1878 à Averton (Mayenne) de Clément et BOUVIER Marie, classe 1898 matricule 386. Il effectue son service militaire au 102e RI. Rappelé au 26e Régiment territorial d'infanterie à la mobilisation, il est tué le 24 août 1914 à Crespin (Nord) et inhumé dans le cimetière municipal.
(Voir les détails de l'affrontement à Crespin dans le parcours ci-dessus du soldat PREVERT)


      L'acte de décès à l'état-civil de Crespin, ainsi que la fiche du CICR sont établis au nom de RAUMET Jean ou J. Marie. Il ne semble pas qu'il y ait eu de recherche menée par la famille, la seule fiche de la croix-rouge renvoie vers une liste parue dans la Gazette des Ardennes N°206 du 11 juin 1916 qui relève les soldats inhumés originellement à Crespin.

Son nom figure au monument aux morts d'Averton :


Site : Pierres de Mémoire


 

A suivre ....